Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Amélie Nothomb et l'excentricité « Prisunic »

Imprimer Pin it!

516582070.gifAprès le Clézio, écrivain romantique pour jeunes filles sages et concernées,pourquoi ne pas parler d'Amélie N.Je ne devrais peut-être pas car je risque, vu son louque, qu'elle me jette un sort. Il y a quelques années déjà, j'ai lu « Hygiène de l'assassin », le premier livre d'Amélie Nothomb, fille de diplomates belges, et nièce de « père blanc », qui pouvait encore faire illusion à cette époque. Je me souviens d'une fille pâle et nerveuse à « Nulle Part Ailleurs » sur Canal, j'avais trouvé ça intéressant qu'elle ne soit pas tout de suite rentré dans le jeu des médias, des rôles à jouer. On pouvait presque trouver ça original, un écrivain qui réhabilitait le romanesque, au lieu de raconter sa vie en long, en large et en travers. Et puis finalement, ses personnages sont des silhouettes en papier grosssièrement découpées, l'histoire se veut vaguement cynique ou caustique, cruelle ou plus moins satirique, mais on ne ressent au mieux qu'un ennui poli. Il y a deux ou trois saloperies du personnage pour donner des frissons au lecteur qui s'en délectera, croyant explorer le fond des abîmes alors qu'il ne fait que racler la porcelaine d'une fosse d'aisance.

L'auteure de la chose est excentrique comme on est excentrique pour le troupeau, seulement par l'apparence, elle porte des chapeaux improbables, elle se maquille comme une gothique, ça ça suffit aux yeux des gens, tout comme Anna Gavalda qui a le rôle de la super-copine drôlement épanouie et moderne, mère de famille et fâme accomplie, ou Christine Angot qui est l'intello « borderline », bourgeoise qui pense et « bonne cliente » des plateaux télé (comme chacun sait, les plateaux télé sont de la « junk food » le plus souvent). Il peut m'arriver d'aimer la « junk food » mais pas de trop et pas tout le temps, car ça lasse et ça écoeure au bout d'un moment. Certes c'est moins niais et gentillet (tout est relatif, c'est une gentillesse de pub pour détergents ménagers) que les tribulations d'Amélie Poulain que d'autres vont jusqu'à traiter de connasse du fait de son extrême candeur.

25_vib_photo.jpgElle puise ensuite dans sa réserve de cahiers déjà noircis au fil de la plume sans trop se corriger ; un écrivain français n'a pas besoin de se relire il paraît, que ce soit elle ou Angot, ou Gavalda. Amélie bouffe de la pourriture verte sur les fruits, Amélie se ronge les ongles. Qu'un psy s'en occupe car Amélie a perdu son goût, comme un Champagne éventé après trois jours sur le siège avant de la voiture de fonction d'un VRP en tournée des grands ducs. En tout cas, ça n'épate plus autant le bourgeois qui préfère explorer les profondeurs des organes internes de Catherine Millet ou les fantasmes inavouables d'un écrivain aussi exaltant qu'un mormon dépressif atteint de paralysie faciale, Michel Houellebecq.

Depuis, chaque année, elle ronronne et nous sort son roman de rentrée. Elle s'est mise à raconter sa vie elle aussi, ses humilitations vécues avec délice, histoire d'O chez les nippons (ne cherchez pas la contrepèterie, il n'y en a pas) puis le traumatisme fondateur de ses névroses distinguées d'écrivain qui l'est moins. Amélie est l'employée du mois de la littérature de grande distribution dans le genre qui se voudrait plus réflexif, plus chic que Marc Musso ou Guillaume Lévy (à moins que ce ne soit l'invers quant aux noms de famille). Comme Amélie est en tête des ventes, et ainsi que pour ses collègues, toute critique est perçue par le troupeau qui la lit comme le mépris d'un snob ou d'un méchant qui est bien sûr jaloux qu'elle vende bien sa camelote. A notre époque où le quantitatif est largement plus important que le qualitatif, elle a la majorité pour elle.

Commentaires