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  • Juste cause - Sauvez les traders !

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    Jean--Emmanuel Dubois (alias Jean-Emmanuel Deluxe) a attiré mon attention et celle d'autres internautes sur cette cause méconnue et pourtant délicate : les pauvres traders, on les accuse de tout, ce n'est pas de leur faute s'ils sont irresponsables et complètement amoraux, c'est la faute de la société, de leurs parents qui les ont mal éduqués. Il faut les aider, ils ont du mal à comprendre, quand vous en croiserez un , après avoir écouté cette chanson, vous lui donnerez une gifle de bon coeur afin qu'il se sente mieux, voire un coup de pied au cul et sa journée sera plus belle.  On les accuse de tout, des pauvres, des SDF, de la Crise, du bordel qu'est devenu ce monde, de tous les désastres, mais ce sont aussi des êtres humains sensibles.

  • On est toujours surpris par les cons

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    Ou jeu de con

    Il y a des cons que j'aime bien, tellement cons et candides que c'en est sympathique. On leur pardonne tout, ce n'est pas de leur faute. Et puis il y a les autres, les cons avec qui on commence une discussion que l'on pense être fructueuse et constructive, mais le con ne l'accepte pas, il insulte, éructe, se cabre, vibrant de jalousie, de colère et de sottise extravertie. Ce que le con pense, il a raison de le penser, un point c'est tout, et même lui prouver l'évidence de sa connerie et de son erreur n'y change rien. Le con est sourd à la raison. Avant je me laissais prendre à ce petit jeu des cons, maintenant c'est beaucoup plus difficile. Parfois on tente l'apaisement, car on se dit que c'est trop con, mais non, ça marche pas, le con répond par une saloperie, une allusion fielleuse voire verse carrément dans l'abject, mais il n'en a pas conscience car c'est celui ou celle qui ose le contester qui est con à ses yeux. Au bout d'un moment, ça lasse. J'ai ainsi suivi comme ça plusieurs débats sur des sites de "discussion" (rires), qui semblent être le refuge de cons haineux verbeux et aussi fins dans l'humour et la raillerie qu'un pilier de bistrot du bled perdu dans le trou du cul du monde que l'on a tous déjà une fois au moins rencontré, du genre à dragouiller les dames avec une élégance de chat de gouttière pelé queutard, prêt à pisser autour de son territoire par contre si un autre mâle alpha jette un oeil sur sa régulière. Car le con est aussi jaloux comme un pou. Il faut bien relever toutes les insultes reçues par un con, par une sorte de transfert inconscient, il décrira en long, en large, en travers sa pathologique connerie. Le con sera capable de me répondre en lisant ce petit texte, "c'est çui qui dit qui y est", car le con ose tout comme on sait, et plus c'est con, mieux c'est.

    Tout à l'heure, je m'apprêtais à me rejeter dans le gouffre au con et à discuter avec plusieurs types de cons d'un sujet d'actualité quand je me suis dit : "Non, quand même", ce serait trop con car en plus on fait passer alors le con pour une victime ce qu'il adore.

    Ci-dessous, encore une connerie de Régis (pardon aux régis qui me liraient ce n'est pas personnel)

  • Ami jeune pour réussir deviens l'enfant d'une star - un très mauvais conseil du Père Fouettard

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    Avertissement : cette note contient des vrais morceaux de second degré dedans

    Ami jeune, on te le dit, pour réussir, il faut travailler, mais c'est faux en France. De plus en plus chaque jour, l'ascenseur social n'étant pas en panne mais carrément bloqué au trente-sixième sous-sol.

    6-0711-innaugur.jpegation-illuminations-champs-elysees_debise-11.jpegQuand tu regardes les noms de ceux qui réussissent, ils ont presque tous un parent célèbre ou un peu connu, sont fils de notables, ou au moins l'ami de... (désintéressé bien sûr), ou la petite amie de..., ou le petit ami de... (dire le compagnon ou la compagne, et l'ami/e de coeur), ou copain avec quelqu'un qui compte (copain de Carla...), à tous les niveaux. Considère par exemple l'émission qui te passionne en ce moment, "la Nouvelle Star", sa présentatrice est la fille de l'ancien pédégé de France Télévisions : bien sûr je la crois sincère quand elle dit que "Non, non, ça ne m'a pas du tout aidé pour accèder à la présentation de cette émission".

    Donc, en conséquence, pour faire un boulot intéressant, réaliser quelque chose, épanouir tes dons, je te conseille donc, ami jeune, de te faire adopter par une vedette, ou par quelqu'un qui a au moins une petite notoriété. Bien sûr, tu peux toujours croire que tu y arriveras par ton travail, mais là il faut que tu te prépares à des années de galère, à alterner les CDD de courte durée avec les périodes de chômage, à gagner peu et toujours compter. Si la relation avec la star qui t'adopte se passe mal, tu pourras toujours en tirer quelques bénéfices en allant témoigner chez Mireille Dumas.

    Bien sûr, si tu deviens copain avec un puissant pour réussir, on t'insultera, on te trainera plus bas que terre, mais ceux qui conservent leur droiture dans ce monde ont peu de chances de réussir, alors, il faut être pragmatique.

  • Coupat et la justice de classes

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    5904-julien-coupat-menace-ou-fantasme.jpgJulien Coupat est bientôt libre, peut-être déjà à l'instant où j'écris ce petit texte. Il a profité de ses réseaux ou de ceux de sa famille et ses relations pour sortir de prison. Tant mieux pour lui, un jour de prison est un jour de trop surtout s'il s'avère que l'on est innocent, encore plus quand une personne subit le traitement d'isolement réservé aux terroristes. Mais finalement, son cas montre que la justice en France est bien une justice de classes. Sa libération rappelle celle de Magali Guillemot, libérée parce qu'elle était centralienne, connaissait bien les rouages du système et que sa famille y était bien implantée et respectée.

    A l'inverse, Patrick Dils n'aura pas eu la même chance, soupçonné, condamné parce qu'il était au mauvais endroit au mauvais moment ; il subit le pire en prison, quotidiennement, car les criminels sont beaucoup plus durs que la justice avec les présumés assassins d'enfants et les pédophiles, et puis la police comprend que le meurtre a sûrement été commis par Francis Heaulme. Patrick Dils n'est pas un petit bourgeois qui pense, c'est un gosse un peu paumé, avec des aspirations toutes simples, ses parents ne lui versent pas un pécule pour qu'il puisse vivre ses rêves librement. Mais dans le Landerneau qui pense, on s'en fout des Patrick Dils. Il ne fait pas partie du système, il n'a pas beaucoup lu, il n'écrit pas des livres qui se vendent à la FNAC.

    Je pense aussi aux innocents d'Outreau, condamnés sur la base d'accusations lancées par une mythomane, le tout gobé par un petit juge qui a certes suivi la loi avec application, avec sérieux, mais a oublié qu'elle doit s'appliquer avec humanité, sinon autant le remplacer par un robot. Et puis « n'est-ce pas, il n'y a pas de fumée sans feu chez ces gens là,  » : le résultat en est plusieurs familles brisées, un suicide, des couples éclatés, des enfants perdus. Eux ont d'abord été unanimement condamnés par les médias, car « chez ces gens-là, des prolos du Nord, il n'y a pas de fumée sans feu n'est-ce pas ? », avant qu'on puisse les entendre. Eux non plus n'ont pas bénéficié d'une tribune dans le Monde pour se défendre ou de l'indignation de beaux esprits.

    Justement, parlons de celle de Coupat qui en gros est anti-démocrate et révolutionnaire, révolution qui est "cruelle" mais ensuite, rassurez-vous, ça va mieux. J'en ai pour ma part ras le bol, par dessus la tête de tous ces gens à droite comme à gauche, y compris ces gamins chez Samuel Étienne sur France 4 dont je parlais hier, qui chipotent gravement, avec des mines de grands phares de la pensée qu'ils ne sont pas, sur la liberté d'expression ; on aurait trop de libertés en France, ou comme Besancenot incapable de dire ce qu'il adviendrait de ces libertés le lendemain du grand soir (on me dira qu'il n'a uranus.jpgpas besoin de le dire), balançant des idioties qui singularisent, certes, mais qui sont des idioties, comme cette cruauté nécessaire de la révolution. A partir du moment où l'on tue pour des idées, ces idées sont au moins perverties et puis tuer par amour de l'humanité c'est un peu contradictoire. Coupat, par ses propos, rappelle fort le personnage de Jourdan  (voir ci-contre) dans « Uranus » de Marcel Aymé, joué par Luchini dans le film de Claude Berri, professeur d'histoire enflammé par le communisme, affichant de très belles idées mais méprisant au final des prolos comme un autre militant, Gaigneux, joué par Michel Blanc. Les utopies qui commencent par un massacre, en l'occurrence un massacre d'innocents, sont inacceptables et non négociables, mais c'est aussi parfois la raison qui fait qu'elles attirent les âmes perdues, coupables ou souffrantes, en bonne voie d'autodestruction.

    Et puis, comme le dit très bien un commentaire de Causeur sur le sujet, Coupat est une marchandise de la société spectaculaire, celle-ci fabriquant elle-même sa propre contestation, disponible en magasin dans les rayons des supermarchés de la connaissance, ce qui annule son pouvoir de réel nuisance. En jouant un jeu de pistes dangereux avec la police, Coupat a en somme outrepassé son rôle défini par le système et a été puni pour cela. et peut-être n'y a-t-il derrière tout ça que la tentation du néant ? Quand il n'y a plus de but ni de sens à l'humanité, il ne reste que la violence comme le soulignait J.G. Ballard qui vient de mourir.

  • Les djeuns et l'Europe sur France 4

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    01862908-photo-samuel-etienne-presente-questions-de-generation-sur-france-4.jpgHier sur France 4, j'ai regardé le débat sur les élections européennes organisé dans l'émission de Samuel Étienne qui propose aux politiques de répondre aux questions de djeuns, lycéens, censés représenter leur génération. Il y a un matheux, un littéraire, un bon élève, un type déjà engagé (ça se voit il a une queue de cheval et des lunettes), une passionaria (ça se voit, elle a un keffieh), une jeune pouffiasse de base qui ricane toutes les deux minutes derrière sa main. Si c'est ça leur génération, je m'inquiéte déjà. Comme invités politiques, il y avait Arlette Laguillier,Jean-Luc Mélenchon, Dupondt-Aignan dont j'apprécie le bon sens quand il décrit l'impossibilité de s'entendre à 27 mais qui reste un libéral pur sucre, Frédéric Lefèbvre, et son indéfrisable, un type du NPA en chemise super bien repassée, un jeune militant issus des minorités envoyé là au casse-pipes par le PS (dommage qu'aucun ténor ne soit venu), pouf pouf, désigné pour représenter la jeunesse et la diversité, avec un discours très lénifiant, Marielle de Sarnez et ses airs de bonne copine BCBG, Cécile Duflos des Verts, qui doit être très sympathique mais que l'on a envie de gifler quand on l'entend parler, et Bruno Gollnish, égal à lui-même, que les djeuns invités regardaient avec le dégoût qu'il convient, n'ayant pas compris que ce n'est qu'un épouvantail qui permet de pas aborder les sujets qui fâchent, et personne de "Libertas".

    Ce qui m'a frappé est que tout ce petit monde se connaît bien, et se tutoie, excepté Arlette qui est bloqué en 1974, cette connivence de prime abord me fait suer, c'est quand même gênant, finalement ces bonnes gens pourraient se passer du peuple, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon dont je me sentais le plus proche quant à ses considérations sur l'Europe et qui rappela que PS et Modem ont approuvé le traité de Lisbonne en passant par dessus la tête des électeurs. Mais on était là surtout dans le discours qui fait plaisir, les belles paroles bien creuses des djeuns : "J'veux dire, ouais, faudrait quand même qu'on s'entraide", "Ouais d'accord, on discute mais qu'est-ce qu'on fait maintenant, merde !" (cri de révolte post-pubertaire) ou encore le meilleur ou le pire "Ouais, j'veux dire, des pêcheurs y'en aura plus bientôt alors c'est pas grave ceux qui sont au chômage maintenant" ou le "c'est dommage que le débat politique il n'ait lieu que sur des thèmes français" etc...etc...arrêtons là le florilège. Samuel Étienne était manifestement de parti-pris, coupant les ex-"nonistes" (Ouuh pas bien) et laissant parler sans les interrompre les autres : "Europe = Progrès = Bien Universel" pour parler de manière aussi complexe que Cécile Duflos. La plupart de ces jeunes sont au bout du compte déjà conditionnés pour l'arbitraire de décisions prises unilatéralement sans l'accord des citoyens, quand c'est au nom de l'Empire du Bien.

  • Le confort des causes perdues

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    donquichotte.jpgJ'aime bien les causes dites perdues, parfois, ceux qui les défendent ont raison avant tout le monde. Ainsi il n'y avait que quelques rêveurs pour évoquer l'idée d'un état bi-national en Israël-Palestine, ces rêveurs apparaissent de plus en en plus comme des précurseurs d'une véritable solution de paix. Par contre je n'aime pas du tout quand ces causes perdues ne sont là que pour mettre en avant l'ego de la personne qui les défend, ou croit les défendre, le tout lié à un complexe d'infériorité. C'est également confortable les causes perdues, ce sentiment d'avoir raison contre tout le monde, de s'affirmer contre le monde entier, ce qui révèle parfois surtout la peur de s'y confronter vraiment.

    Il y a quelques temps déjà, j'avais demandé au représentant d'un « petit » parti combien son mouvement comptait faire en pourcentages des voix à des élections nationales, « sans rire », me sentis-je obligé de dire. Il me répondit le front ceint de la lumière de ceux qui savent qu'ils ont raison : « 30% bien sûr, au minimum ». Bien sûr, ils n'obtinrent que 1,25% des suffrages. Bien sûr c'était la faute aux médias, contre eux, aux grands partis qui les avaient accablés de sarcasmes. Personne dans ce petit mouvement ne s'était demandé si le fait de combattre des idées en jouant précisément selon les règles que ces idées combattues impliquent n'était pas justement la cause essentielle de la défaite. Ceux qui ont le pouvoir « gardent les cadres », détournent l'attention des vrais problèmes comme le prestidigitateur fait en occupant l'attention avec un leurre pour mieux duper les spectateurs de ses tours. Et personne dans ces « petits » partis n'en était réellement conscient. A moins que ce ne fût un alibi tout préparé pour justifier un échec. Et pendant le même temps, la société spectaculaire et consumériste progresse.

    Le dernier symptôme en est la deuxième coupure pub dans les films sur les chaînes privées. J'avais cru entendre pourtant qu'il n'était pas question de cela. C'est passé en catimini. J'en conclus que tout le monde s'en fout dans le Landerneau politique.

    L'Europe, telle qu'elle se conçoit en ce moment, est une cause perdue. Elle a été bâtie pour le bénéfice des puissants et des possédants sur la base de prétextes certes sympathiques mais creux. Le mouvement s'accentue en ce moment, malgré une timide baisse des taux d'intérêt, et mène à une politique de plus en plus monétariste : taux d'intérêt élevés, comme les prix, prépondérance des capitaux et de la prise de bénéfices (jusqu'à l'absurde) ce qui entraine la frilosité des investissements et bloque la dynamique de la société, également l'innovation par peur de la prise de risques, mise en place de la Loi d'Orientation Loi de Finances par la gauche en 2002, un cadeau tel pour la droite que l'UMPcratie revenue au pouvoir n'en croyait pas ses yeux.

    don-quichotte_s.jpgEn réponse à tout cela, la plupart des petits partis présentent des réponses disons amusantes, un peu comme ces adolescents qui demandent un distributeur de bonbons en préau et la vente de cigarettes à la récré pour se donner le genre rebelle, tout en sachant très bien que ça n'aboutira pas. Ou alors on se donne le genre rebelle ou cynique par jalousie, envie et haine, j'avoue que je préfère les premiers car la haine est dévastatrice, et elle gronde en ce moment, elle est inséparable de l'envie et la jalousie. Le système actuel motive la haine, l'entretient par la course à la consommation des produits dont le désir est dicté par la publicité et les médias, conditionnement dont peu de personnes sembleraient avoir réellement conscience à première vue alors que c'est tous simplement qu'il est volontaire et largement accepté. Être en dehors et l'on est considéré comme un idiot, un mouton noir en somme alors que c'est tout le reste du troupeau qui marche d'un bon pas vers l'abîme.

    La cause la plus désespérée c'est le combat contre la sottise et la haine, la cruauté et la perversité, car on doit le poursuivre encore et encore et encore...

  • Questions après une messe "tradi"

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    Messe_traditionnelle.jpgOn entend dans les médias :

    Benoît XVI a réintégré un évêque négationniste traditionaliste, le cardinal Williamson.

    Donc Benoît XVI est négationniste (finalement on retrouve là le lieu commun xénophobe qui veut qu'un allemand est une bouture de nazillon en puissance), donc, les « tradis » sont tous négationnistes et d'extrême-droite. A propos des considérations du Pape sur la sexualité, certains seraient étonnés de constater qu'il est rejoint sur plusieurs points par des féministes comme Elisabeth Badinter, Evelyne Sullereau, ou encore Catherine Millet et Sylviane Agacinsky.

    Alors que le cardinal n'est toujours pas réintégré, il est toujours « suspens a divinis » justement pour ses prises de position négationnistes.

    Hier je suis allé à une messe dite « tradi ». Je ne suis pas spécialement « tradi » ni progressiste mais comme on dit dans le Landerneau qui pense, cette messe « pose question »...

    A écouter les « on-dits »et les mises en garde des « gendebiens », je m'attendais à être mangé tout cru à l'entrée, à croiser quelque nostalgique du Troisième Reich en imper noir faisant le salut nazi, des « bécébégés » méprisants avec rang de perles et lodens (deux ou trois c'est tout), et puis, rien. Il n'y avait que des jeunes (moyenne d'âge à vue de nez 25 ans). Il n'y pas eu d'appel à la dictature, au fachiiisme ou au retour de l'Ordre moral et noir, ou à Vichy, le prêtre s'étant contenté de commenter l'Évangile : pas d'éloge du Maréchal Pétain ou de Charles Maurras. L'église était comble aux deux messes du dimanche matin. Les adultes s'occupent des jeunes enfants en leur expliquant patiemment les gestes du célébrant et leur signification. Le prêtre serre la main de tous ses paroissiens sans distinction de milieux.

    Systématiquement, ces « gens-là » seront stigmatisés à outrance, encore plus que les autres cathos, haïs et détestés, y compris par d'autres catholiques. Les paroissiens de l'église où j'assistais à la messe s'étaient d'abord vu refusé une autre église, ce qui avait été applaudi, ce qui témoigne en passant d'une conception étroite de la charité. Il est donc compréhensible qu'ils finissent pour quelques uns parfois par se radicaliser politiquement.

    Autre dimanche, la messe dominicale d'une cathédrale d'une ville moyenne de province : moyenne d'âge, 70 ans, beaucoup plus de « bécébégés » finalement, beaucoup de grandes et belles envolées lyriques mais sortis de la messe, beaucoup d'intentions très belles mais très vagues, un sermon qui ressemble comme deux gouttes d'eaux à un discours de candidate « Miss France », et chacun s'en va de son côté à la sortie. On ne se fréquente qu'entre représentants des mêmes professions ou des mêmes associations dont le « Rotary club » fortement représenté, on ne se mélange surtout pas. On se gargarise beaucoup, on se félicite d'être aussi ouverts d'esprit, d'aider autant les autres, de « les remettre debout », et puis on se contente surtout de parler, car finalement les vieux atavismes bourgeois sont toujours aussi vivaces car même quand on parle d'équité ou de justice, ou de droits de l'homme, personne ne songe réellement à œuvrer contre l'iniquité ou l'injustice.

  • Du recyclage des ordures intellectuelles...

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    g_00135915.jpgContrairement à ce que son titre laissait supposer, cet article ne va pas parler du contrat de requalification de Philippe Val ou du soutien de nombreux artistes dont certains sont de gôche à leurs dires apporté à l'imbécile loi Hadopi (Bedos, Arditi, et d'autres perdreaux de l'année). Quand j'entends quant à moi parler d'idéologies faisandées, y compris ces croyants qui font beaucoup de confusions quant à leur foi, la confondant souvent avec une sorte de gymnastique mentale, quand j'entends la louange de grands hommes qui ont commencé par massacrer leurs semblables pour leur apporter le bien universel malgré eux, je sens surtout une grande lassitude : d'un côté j'ai envie de suggérer aux dits porteurs de la vulgate de commencer à s'appliquer leurs théories à eux-mêmes, et c'est là que le bât blesse très vite car le partage des richesses, tout ça, c'est pour les autres, et d'un autre côté, c'est surtout un moyen de paraître un maximum à son avantage, de se mettre en valeur en énonçant quelques lieux communs qui feront passer, selon lui, celui qui les assènnent pour Robin des Bois. Ou alors c'est de l'opportunisme.

    Et j'ai surtout en tête en constatant tout cela l'image d'une immense déchetterie où tout un chacun vient faire son marché politique sans se soucier une seconde réellement de l'écologie en somme de la société justement. C'est pour la frime, pour émouvoir les jeunes femmes romantiques et se payer un vulgaire adultère bourgeois crapuleux en passant, ou simplement pour se faire cirer les pompes ou lécher le cul en évitant les frais de restaurant ou autres. Sous l'uniforme du beau parleur/belle parleresse, on trouve souvent (la règle se vérifie) un Fouquier-Tinville en kit ou une bouture de parfait indic. L'uniforme s'effiloche quand on leur met leurs contradictions sous le nez ou le ridicule de leurs déclarations péremptoires, comme celui-là qui se disait "hugolien-nietzchéen", et ta soeur ?.

  • "Porque te vas" - la chanson de "Cria Cuervos"

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    J'aime bien cette chanson que j'ai souvent entendu dans ma vie. C'est une petite musique lancinante qui revient souvent. C'est un des morceaux de ma bande originale, avec les chansons de Gainsbourg jusqu'à "Melody Nelson" et "Vu de l'extérieur", "Dieu fumeur de havanes" et "l'Anamour", les élucubrations intellectuelles et pataphysiques de Thelonious Monk et les "Gymnopédies" d'Erik Satie. C'est la musique des ballades de Clichy à Montmartre, les pieds en équilibre sur la ligne du trottoir, de la statue de Montaigne derrière la Sorbonne vers "Bertillon" en été, de la bombonnière de la "Maison Rose" aux Abbesses. Comment se fait-il que parfois la nostalgie ce soit comme dans un roman de Borgès où les souvenirs de l'être aimé et les regrets de l'avoir perdu envahissent le monde.

    Et j'aime bien le film dont elle est tirée.

  • Dans la catégorie on s'en fout : le sac de Carla Bruni

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    Carla_Bruni-Sarkozy__21326g.jpgSur un portail bien connu, je tombe sur un article proclamant que Carla « vide son sac ». Alléché par ce titre accrocheur et un rien racoleur, je me fais avoir comme un bleu et je vais voir et je tombe sur un texte écrit par un journaliste (?) ou du moins je le suppose, qui fait de sa carte de presse le même usage qu'une carpette. A force d'utiliser leur muscle lingual, celui-ci aura tendance je pense à râper à force. Carla, cette jeune femme merveilleuse qui déteste se plaindre comme elle l'avoue (il faut dire quand même que là elle aurait du culot à le faire) a donc ouvert en grand les portes de l'Elysée à quelques bécasses...pouf pouf, à des jeunes filles triées sur le volet, cinq lectrices de « Femmes Actuelles » ayant gagné un concours. On y apprend médusé, c'est important pour la campagne des européennes qui se profile il faut le dire, que Carla a deux paires de lunettes, une de vue (pour corriger les paroles de ses chansons je suppose là aussi), une de soleil (là le chœur du troupeau bêêle de ravissement, « comme c'est mignon ») et une boucle d'oreille, une seule car c'est une artiste quoi ? Une vraie. C'est sûr, elle transporte avec elle un grand carnet pour noter ses idées de chanson telle une George Sand moderne ou une sorte de Liane de Pougy plutôt, ou de belle Otéro, des mouchoirs, une pince à cheveux, mais aussi un petit nounours (que son fils lui demande de garder auprès d'elle car c'est une femme moderne et dynamique mais aussi une mère extraordinaire). Elle confie que ce qu'elle écrit dans son carnet est illisible car elle a une « écriture de psychopathe », je cite les saintes écritures, elle oublie aussi que c'est inaudible ensuite à l'écoute. Heureusement pour elle, sa carrière est fabuleuse, de maître Arno Klarsfeld -Non, s'il vous plaît, on ne rigole pas- au président Sarkozy, s'il y a un maître du monde qui traîne, ce sera l'accomplissement pour une telle femme.

    Ci-dessous le moment où le niveau politique français est passé en dessous de zéro, quand le président est venu (c'était une concidence bien sûr -BIEN sûr-) chercher un peu d'amour, nous l'appellerons donc maintenant Chouchou Ier talonnettes.

  • l'Europe communie dans le kitsch en attendant la guerre civile

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    Il paraît que l'Europe et la campagne pour les élections européennes ne passionne pas vraiment les citoyens, qui s'en foutent un peu visiblement, ne connaissant pas pour les trois quarts le fonctionnement des institutions. Comme un fait exprès, un paranoïaque dirait que c'est un complot pensé, des abrutis sans foi ni loi et dangereux décident de tirer à l'arme de guerre sur les policiers venus apréhender un gardé à vue : un animateur socio-cul interrogé ce matin sur une radio périphérique en a profité pour dire que "ça allait encore porter préjudice à l'image de la Courneuve dans les médias" ça, ben tiens ! Il a continué son discours sur le mode du "tout va très bien madame la marquise". Il ne voyait pas de problèmes à ce que les jeeeûnes aient un flingue par ailleurs (ils ont peur dans le noir ?) et a terminé sur la "culture rap" et la culture des "tags" qui sont quand même quand on considère le tout-venant l'expression de haines et de sottise satisfaites, phallocrates et totalement amorales.

    Ce genre de fusillade ferait quand même bigrement penser aux débuts de la guerre endiapo_sarkozy2.jpg ex-Yougoslavie. C'est plus qu'inquiétant si on en est là. Et on sait bien qu'envoyer des militaires n'y changera rien, comme le montre l'exemple précisément de l'ex-Yougoslavie ou de la guerre israélo-palestinienne. C'est une des raisons pour laquelle le vote que les français s'apprêtent à faire est pour l'instant à très forte majorité UMP qui continuera à encourager la désastreuse politique monétariste actuellement suivie par les institutions de l'Europe, en face, on est incapables de se confronter aux vrais problèmes, on retarde souvent d'un wagon, ou alors on se chicane sur des conflits de personnes.

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  • Le Pape émule de Ben Laden ?

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    breveon4558.jpgCertes, il y a les "anti-sionistes" comme Dieudonné, mais il y a aussi le délire inverse tout aussi haineux et tout aussi irrationnel comme j'ai pu m'en rendre compte sur le fil de cet article où l'on va jusqu'à décrire le Pape Benoît XVI comme un émule de Ben Laden, un "soutien du califat". J'y apprend, surpris, que les palestiniens sont en fait des arabes des pays frontaliers qui ont commencé à émigrer en Palestine à partir de la fin du XIXème siècle, au début des premières "aliyahs" modernes vers 1885, entre nous ça ne change rien, en quoi aurait-t-on le droit de plus les exproprier du fait de cette arrivée supposée tardive ? Rappelons d'ailleurs que ces premiers immigrants fonctionnaient en très bon entente avec les palestiniens qui se réjouissaient de l'aide ainsi apportée, dans les kibboutz, on apprenait l'arabe, on partageait les ressources (il y a là peut-être un embryon de solution). Certes, il n'y a pas de Palestine au sens étatique ni même de sentiment national avant 1916. Il s'est développé parallèlement au développement puis à l'indépendance d'Israël. Et il y a toujours des juifs en Palestine depuis la destruction du temple en 70 et la construction d'Aelia Capitolina après que Jérusalem eût été rasée par Hadrien, mais ceux-ci considèrent comme une sottise et parfois même un blasphème la reconstruction d'une nation juive sur cette terre. Les occidentaux y ont vu un double intérêt, se débarasser du "problème juif" en pleurant quelques larmes de crocodiles en passant, et ont cru installer durablement une enclave qui leur serait favorable. Que le Pape ait osé redire tout cela, et il a dû subir encore une fois un fleuve de haine et de calomnie irréfléchies.

    On a dit aussi que le Pape Benoît XVI n'irradiait pas l'amour car il n'a pas la même personnalité que son prédecesseur, il faudrait peut-être je suppose qu'il fasse comme ces candidats de téléréalité qui pleurent en choeur et se tapent dans le dos de manière pas du tout ostentatoire. Les mêmes qui prétendent cela se rappelleront qu'après que Jean-Paul II ait déposé un petit papier dans le Mur des lamentations, des rabbins ultra-orthodoxes sont venus laver à grandes eaux l'endroit après avoir craché sur le papier et déchiré leurs vêtements...

  • Moi l'élu - farce électorale de Say Salé, auteur burkinabé

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    À Le Revest, le 16 mai 2009

    Madame, monsieur, chers amis,

    marianne-echarpe-tricoloreelysee.jpgLes 4 Saisons d’Ailleurs et Les Cahiers de l’Égaré ont le plaisir de vous inviter à la lecture publique de Moi, l’élu, farce électorale de Say Salé, auteur burkinabé qui nous l’a envoyée en septembre 2008 par internet via le site http://www.theatre-contemporain.net.

    Cette pièce est une fiction et toute ressemblance avec un village, une ville, un pays, des personnes, des événements serait pure coïncidence. Mais de toute évidence, Say Salé connaît bien nos mœurs électorales.

    Cette farce a pour lieu, Gogoland. Gogos et gogoles sont sollicités lors d’élections municipales à renouveler le mandat du maire sortant : Avide, successeur d’Octave.

    La lecture d’une durée probable de 45 minutes commencera sur les gradins antiques du jardin public du Revest, dimanche 7 juin 2009, à partir de 19 heures, les élections européennes étant closes à cette heure et le dépouillement en cours ou achevé. Pensez à apporter un coussin pour votre confort.

    La coïncidence entre ces deux événements est fortuite, la campagne des élections européennes se déroulant dans le plus assourdissant silence à 3 semaines du vote, notre association ayant programmé cette manifestation dans le plus grand secret depuis 9 mois.

    La lecture se poursuivra par un partage de paniers nourriciers apportés par chaque participant. Ce partage vous éloignera du petit écran où comme pour toute consultation nationale on pourrait voir hommes et femmes politiques de tous bords se réjouir de leurs résultats.

    Bien évidemment, nous invitons Monsieur le Maire du Revest et son équipe municipale à ce partage démocratique.

    Nous souhaitons que la presse locale relaie cette information pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

    Nous vous invitons aussi à relayer cette invitation auprès de vos amis et réseaux.

    Si vous souhaitez nous informer de votre présence, laissez un message à l’adresse :

    mail@les4saisonsdurevest.com

    Recevez nos plus cordiales salutations et à bientôt.

    Gilles Desnots, directeur artistique des 4 Saisons d’Ailleurs

    Jean-Claude Grosse, président des 4 Saisons d’Ailleurs et directeur des Cahiers de l’Égaré

    Moi, l’élu

    Farce électorale de Say Salé, auteur burkinabé

    Lecture publique gratuite (45 minutes)

    Dimanche 7 juin 2009 à partir de 19 heures

    Gradins antiques du jardin public

    au Revest-les-Eaux

  • Peut-on parler sereinement d'Israël en 2009 ?

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    Haifa_Israel_by_David_Shankbone.jpgD'un côté on a les listes anti-sionistes de Dieudonné qui cache de plus en plus mal au bout du compte sa judéophobie, de l'autre côté on ne peut pas émettre la moindre critique sur Israël sans passer pour un affreux anti-sémite, une bouture de nazillon. Ces deux extrêmes ont pour conséquence l'impossibilité d'une discussion sereine sur le sujet, en exposant les faits simplement. De toutes façons, on ne discute pas avec un judéophobe, comme avec un stalinien ou un nostalgique de Salo, sa haine est irrationnelle, on ne peut donc pas être rationnel avec, c'est de plus lui faire de la publicité en le plaçant au cœur du débat (et s'en faire également en passant). Les deux démarches quant à moi m'inspirent la même dégoûtation car elles favorisent toute deux la haine. Le judéophobe voit le peuple juif comme dans les affiches de Vichy (nez crochu, etc...) ce qui est d'une stupidité monstrueuse, ceux qui poussent des cris d'orfraie dés qu'un taré graffite des croix gammées quelque part l'encouragent dans ce point de vue stéréotypé car finalement ils donnent le sentiment de partager la même vision d'une judéité qui se réduit au ghetto et le répandent en somme. On notera d'ailleurs que celles qui ont été faites sur les piliers de la basilique de Saint Denis, agrémentées d'injures haineuses contre les juifs, n'ont pas donné lieu à beaucoup de manifestations d'émotion. C'est aussi méconnaitre la réalité : en Israël, au moins quatorze communautés d'essence juive cohabitent ; on peut même se demander si ce n'est pas malheureusement la guerre le seul ciment de ce pays hétérogène. Des tensions très fortes existent entre elles, manifestées par des modes de vie et de compréhension de leur origine commune extrêmement divers : des falashas aux séfarades. Et comme en Occident, de plus en plus, on ne veut pas entendre parler de règlement raisonné de la question, on préfère l'affrontement, sans se soucier des conséquences là encore, et celles-ci peuvent être la guerre civile. Veut-on vraiment la guerre civile ? Oublie-t-on que ce sont toujours les plus faibles, en particulier les enfants, qui en pâtissent, et que cela finit toujours par une tyrannie imposée à un troupeau docile qui a suivi les plus violents par bêtise et, ou, lâcheté.

    actu1241370517_big.jpgPersonne ne peut remettre en cause l'existence d'Israël, qui est également la seule démocratie de cette région du monde. Personne ne peut remettre en cause non plus tout ce que les « kibbutzim » en particulier ont réalisé en faisant « fleurir le désert ». Mais personne ne devrait remettre en cause également le droit international et les décisions de l'ONU : le partage des terres, le respect de la liberté de circulation, de l'intégrité des territoires souverains. A Gaza ont été utilisées des bombes au phosphore par exemple, en quoi la souffrance infinie de la Shoah peut-elle justifier une seule seconde l'emploi de telles armes, car quand on parle de cette guerre on balance les morts de l'Holocauste dans la balance. Il me semble que non. On ne peut pas mettre des massacres en balance, on ne peut pas choisir sa compassion, ou le devoir de mémoire. On fonctionne également seulement à l'émotion, on doit pleurer à chaudes larmes mais surtout pas réfléchir aux moyens permettant d'éviter cette violence. C'est ce que l'on reproche au Pape actuel, de ne pas être assez expansif, alors que lui, comme son prédécesseur d'ailleurs, constate des injustices et des iniquités évidentes et en tire des propositions raisonnables. Les tirs de roquettes sur le Sud d'Israël ne sont absolument pas justifiables, personne ne niera la peur et l'angoisse des populations les subissant, tout comme on ne devrait pas nier les conséquences de l'intervention israélienne à Gaza. Il faut peut-être en chercher les causes ? Depuis vingt ans, on ne favorise le dialogue qu'avec la frange de l'Islam la plus radicale, par ignorance, par facilité, et par cynisme arguant de la corruption des partis Baas, ou des mouvements laïcs fondés par des chrétiens en majorité et inspirés par le baassisme comme le Fatah; les gouvernements occidentaux mais aussi les israéliens eux-mêmes qui étaient prêts à accorder à des fondamentalistes un terrain pour bâtir une mosquée en face de la Basilique de Nazareth.

    homepage.jpgC'est en plus un affrontement fratricide, israéliens et arabes partagent les mêmes origines sémites, l'affrontement est déjà de ce point de vue absurde. Il l'est d'autant plus que les israéliens ont besoin de la main d'œuvre palestinienne et de son savoir-faire, et que les palestiniens ont besoin des techniques développées par les israéliens, dont celles d'irrigation plus performantes. En Occident, on pousse en l'occurrence au crime un côté et l'autre en soutenant de manière acharnée et jusqu'au boutiste l'un ou l'autre côté, sans risques, d'aucuns pour se donner le grand frisson du combat politique confortable, d'autres parce qu'ils n'assument pas leurs haines qu'ils ne pouvaient plus afficher à cause de l'horreur d'Auschwitz, maintenant il y a beaucoup de « décomplexé », y compris parmi les représentants dévoyés des trois religions, sans parler des idiots utiles qui défilent pour soutenir la Palestine à côté de dingues qui scandent des slogans judéophobes d'une bêtise crasse et dangereuse, comme certain humoriste qui en retire, hélas, une grande popularité dans les banlieues dortoirs et les quartiers difficiles grâce à la jalousie et la frustration des uns et une religion mal comprise. La meilleure preuve que c'est une guerre fratricide ce sont les oranges de Gaza dites de Jaffa, cueillies par les palestiniens, distribuées par les israéliens, ceux d'Ashquelon ou Tel Aviv qui allaient faire leur marché à Gaza justement et acheter de la Hi-Fi à Ramallah, ceux de Haïfa défendant les droits des travailleurs de Palestine dés 1926. C'est comme si la solution était là à portée de main mais que personne ne fait l'effort de tenter la réconciliation qui n'est pas si difficile au bout du compte.

    En  photos : Haïfa, ville israélienne à mon avis modèle de ce que pourrait être la paix dans cette région, un individu que je ne nommerai pas et le mémorial Yad Vashem

  • L'indifférence des chrétiens d'Occident face aux chrétiens d'Orient - entretien avec Amin Maalouf

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    Cet entretien paru dans "le Temps", journal suisse, m'a été gentiment indiqué par Daniel Fattore, j'en publie le début. Il est d'actualité suite au voyage du Pape en Terre Sainte. Nous avons tout à gagner les chrétiens d'Orient car ce sont des vecteurs de paix au Proche Orient.

    e04782be-a6ee-11dc-b28f-32ea10151a2d.jpgY aura-t-il encore des chrétiens au Moyen-Orient dans vingt ans? Bien des observateurs en doutent. Tous les chrétiens ne risquent pas leur vie à rester chez eux, comme en Irak. Mais partout la situation devient pour eux de plus en plus inconfortable (LT 13.05). Nous allons donc probablement assister à ce spectacle inouï: la disparition, presque d’un seul coup, dans le berceau même du christianisme, de communautés qui ont résisté à tout depuis deux mille ans.

    Dans son dernier livre *, Amin Maalouf, le magistral passeur entre Orient et Occident, analyse les causes de cette accélération de l’Histoire. Il affirme aussi que la tragédie des chrétiens d’Orient est exemplaire du mal qui menace notre espèce: soit l’humanité apprend à mieux gérer sa diversité, soit elle va à sa perte.

    Le Temps: L’exode des chrétiens irakiens se poursuit. L’archevêque chaldéen de Kirkouk accuse l’Europe, en les accueillant, d’encourager un mouvement qui aboutira à vider sa terre de toute présence chrétienne. Le terme d’«épuration ethnique» n’est pas prononcé, mais c’est tout comme. Que faire? Faut-il fermer la porte aux réfugiés?

    Amin Maalouf: Ce qui arrive aux chrétiens d’Orient m’attriste profondément. Je respecte infiniment l’attitude des prélats qui restent là-bas et qui disent à leurs ouailles: notre devoir est de ne pas quitter la terre de nos ancêtres. Mais je serais outré si les Européens disaient à ceux qui sont persécutés: ne venez pas chez nous, votre devoir est de rester sur place. Les personnes ne sont pas la propriété de leur communauté. Y appartenir est pour elles un droit, pas un devoir. Et si elles éprouvent le besoin de demander l’asile, le devoir des pays occidentaux est de les accueillir. D’autant plus que la responsabilité de l’Occident est lourde dans l’accélération du processus de disparition de ces communautés.

    La suite ici

  • Le Théâtre des vanités – ou « les deux Roger », Planchon et Coggio

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    citation de « Dom Juan » de Molière :

    «L'hypocrisie est un vice privilégié, qui jouit en repos d'une impunité souveraine.»

    3f5baa6_0.jpgRoger Planchon est mort, paix à ses cendres. Comme il a adapté Ionesco et réalisé le film « Louis enfant roi » qui était loin d'être mauvais, ne serait-ce que dans sa vision excellente et très juste du XVIIème siècle, il lui sera beaucoup pardonné mais c'était quand même le parangon du théâtre à vision et visée idéologique type, très scolaire (d'ailleurs fort heureusement pour les deux Roger, les contingents d'élèves de collèges ou d'écoles diligentés par leurs enseignants permettaient de faire rentrer quelques espèces sonnantes et trébuchantes dans leur cassette). Me rappeler de Roger Planchon c'est aussi me rappeler de ce concert de Jazz « progressif » à la fin duquel le pianiste finit par disparaître dans le coffre de son instrument dont il pinçait directement les cordes. C'était complètement abscons, mais comme c'était estampillé intellectuel et tout le tremblement, il fallait absolument applaudir sans retenue ce genre de singeries creuses.

    Nous aimions bien les films de Roger Coggio quand nous étions au collège, cela permettait de sécher tel ou tel cours de maths, ou de sciences. Il y avait parfois le voyage en car jusqu'à Évreux (ou Paris), et une séance de cinéma en sus, donc nous ne nous plaignions pas trop. Et ce qui était le mieux chez lui c'était encore Fanny Cottençon. Excepté Coggio de plus, nous avons découvert des films en V.O. (ça se faisait encore à l'époque pour les adolescents) que nous n'aurions pas eu l'idée d'aller voir nous-mêmes dont des films allemands ou italiens.

    Roger Planchon participait quant à lui d'un préjugé répandu sur Molière qui suggère que jamais cet auteur n'a jamais vraiment compris son théâtre, et que même, comme certains le pensent encore dur comme fer, il n'a pas pu l'écrire, certains attribuant la paternité des pièces à Corneille. Un histrion, qui n'a même pas de doctorat d'état, n'a pas pu imaginer « le Misanthrope » ou « Dom Juan », à leurs yeux. C'est ce que l'on appelle la sottise diplômée. C'est la raison pour laquelle la grande mode était de jouer Molière comme si c'était une tragédie, des pièces à visée éducative pour les masses laborieuses. Surtout elles ne devaient pas faire rire, montrer le grotesque des puissants, le rire étant considéré comme futile. Pourtant, contrairement à ce qu'en pensent ses promoteurs c'est bien sûr un point de vue éminemment bourgeois sur le théâtre et un non-sens, faire rire (et de temps à autre amener à réfléchir) est infiniment plus difficile que de singer la gravité, faire rire avec finesse du moins, il est des clowns qui en ont perdu l'esprit ou la mesure, comme Jacques Tati.

    Je me souviens bien sûr de la version de « l'Avare » de Roger Planchon, souvent sinistre, mais aussi de celle de Jean-Paul Roussillon, un peu plus sombre et drôlement socio-économico-concernée tout comme le « Tartuffe » de Gérard Depardieu qui joua dans une adaptation « brechtienne » de « la fortune de Gaspard » d'après la Comtesse de Ségur en 1975 ou 76 je ne sais plus dont je garde encore le souvenir épouvanté au fin fond de ma mémoire. Au début des années 80, il y eut aussi une version de « Georges Dandin » montée comme un film d'épouvante. L'ensemble est dépassé en qualité par l'adaptation télévisuelle de « Dom Juam » par Marcel Bluwal qui préserve à la fois la tragédie du personnage mais aussi le grotesque et le sens de la dérision de certaines des situations, ainsi Sganarelle à genoux demandant encore ses gages car ne pensant qu'à ça finalement alors que la statue du Commandeur vient d'engloutir son maître aux enfers. Heureusement que Planchon avait Michel Serrault comme interprète, car celui-ci a évité à la pièce de sombrer totalement dans l'esprit de sérieux, tout comme pour «Knock ».

    En ce moment, il est beaucoup question des listes anti-sionistes de Dieudonné, on se tâte beaucoup, faut-il ou non l'interdire, discuter avec lui, dans tous les cas, on parle toujours de lui. Cette pub autour de sa personne est somme toute curieuse, tout comme celles et ceux qui voudraient somme toute profiter de sa notoriété et se laisse tomber dans son sillage médiatique. Un histrion, justement, a la réponse, plus jeune que Molière, Mel Brooks, mais je suis sûr que le premier eût été d'accord : on ne discute pas avec un fanatique haineux, que ce soit pour une idéologie ou une foi pervertie, il n'y a que la farce à lui opposer, le comique énorme et le grotesque, le burlesque qu'aimait bien Ionesco dont les pièces sont drôles et accessibles, il faut bien sûr les voir sur scène et non se borner à les lire.

  • Coup de théâtre fumeux !! Val quitte Charlie Hebdo !

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    Attention, ami lecteur militant ou candide, ou "no life" boutonneux qui n'a rien d'autres à foutre que de lire ce blog certes très bien fait (rien de mieux que les auto-compliments), ce texte contient peut-être des traces de second degré et de corrosivité.

    Je ne suis pas spécialement fan de "Siné Hebdo" mais la couverture est splendide...

    sine-hebdo-val-tragique.jpgAujourd'hui est un jour de deuil. Pourtant, il s'annonçait sans nuages. J'étais là à ma table à prendre mon café matinal en écoutant les nouvelles et voilà que le "spiqueure" annonce : "Val quitte la rédaction de Charlie Hebdo pour aller travailler à France Inter". Je me suis dit : "Mince, je ne m'y attendais pas une seconde, quelle surprise ! Mon dieu, ça alors". Alors que je "mondieuçaalors-é-je", je haussai le niveau du transistor pour voir si je n'avais pas halluciné, mais non le spiqueure répéta : "Val quitte Charlie Hebdo, vous avez bien entendu". Je me disais, ce n'est pas possible, Val est comme nos comiques morts, Desproges, Bedos, ce n'est pas un valet du pouvoir, au moins on va avoir de l'incorrect, et de l'irrévérencieux, car Sarkozy n'est certainement pour rien dans cette nomination qui a été décidée si j'ai bien compris dés l'affaire des caricatures, ce qui expliquerait le soutien surprenant de l'actuel président à l'hebdomadaire à cette période finalement. Je me suis rappellé des commentaires de tous les commentateurs qui ont dit gravement que c'était l'âge du soupçon qui commençait, et d'autres sottises du même genre, que non vraiment jamais une personnalité de gôche comme Philippe Val ne songerait à devenir un valet du pouvoir en place, ce n'était même pas envisageable. C'est un peu comme si Bedos était encore vivant et qu'il défende son bout de gras en défendant la loi Hadopi contre le téléchargement pour ne pas perdre un seul centime de droits d'auteur, c'est strictement impossible (On me dit que Bedos est toujours vivant et qu'il a effectivement soutenu la loi Hadopi d'Albanel, autant pour moi, tout arrive).

    Je n'ai pas fini mon petit déjeuner sinon, j'avais soudain la nausée. Pourtant j'avais un bon souvenir de Val dans les sketchs de Font (période pré-animateur socio-cul pédophile et Val) où il était le clown blanc. C'était avant qu'il ne sombre dans son syndrôme actuel de Münchausen qui le pousse à se prendre pour Voltaire (rires) avec qui il partage au moins le parasitisme du pouvoir en place et le goût du bon pognon qui n'a pas d'odeur on le sait.

  • Rachida Dati punie par le Père Fouettard

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    Le Père Fouettard n'était pas intervenu depuis longtemps, il est de retour et en forme, le martinet toujours plus cinglant...

    En ce moment s'élève un grand concert de vierges effarouchées et de cris d'orfraie pour se scandaliser de l'attitude réputée désinvolte de Madame Dati alors qu'elle n'est somme toute que sincère et franche, plus en tout cas que la plupart des hommes politiques qui en ont autant à faire de l'Europe que de leur première prime de sous-commission à l'enregistrement. Elle, elle se marre, elle rigole franchement, elle fait comprendre qu'elle va à Strasbourg uniquement parce qu'elle est punie (mise au piquet) par notre et cher et bien aimé Lider Minimo (alias vous-savez-qui-, ou celui-dont-on-ne devrait-pas-dire-le-nom). Finalement, y'a-t-il un picador ou un torero de l'opposition qui est vraiment monté au créneau pour défendre les petites gens contre les intérêts des banques qui se sont largement servies sur le dos des mêmes petites gens pour se renflouer après avoir agi comme de jeunes donzelles lâchées dans un centre commercial un jour de soldes.

    Il me semble aussi qu'il y avait eu un référendum organisé pour demander au peuple français ce qu'il pensait du traité constitutionnel européen et de ses conséquences, sa réponse fût claire, non ? 55% de non contre 45% de oui. Par contre, là le foutage de gueule me parait beaucoup plus évident tout comme  les conséquences de l'Euro soient des prix multipliés par 8 ou 9 alors que l'on nous avait assuré que les salaires seraient indexés sur le coût de la vie. Que Rachida roule sur la table ou se tape sur les cuisses me semble beaucoup moins grave également que les augmentations conséquentes que les responsables de l'actuelle politique se sont octroyées, se goinfrant sur le dos des moutons consentants à se faire tondre que sont pour eux les électeurs. Il n'y a pas que Madame Dati qui rigole bien, il y aussi Michel Bernier qui est surtout là pour un poste confortable pour terminer une carrière honorable de second couteau du genre de ceux dont on oublie toujours le nom.

  • De "c'est que du bonheur" à "mais bon" - lexique franco-stéréotypé

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    expressions_idiomatiques2.jpgLes idiomatiques à la mode ( de « ça le fait » à « ça gère »)

    J'ai horreur des expressions toutes faites à la mode, que parfois même l'on utilise sans s'en rendre compte : moi c'est « par rapport à » mis à toutes les sauces. (en photo un cassage de sucre sur le dos de quelqu'un)

    « ça le fait » : Je crois que c'est surtout normand, se dit de quelque chose ou quelqu'un destiné à réussir. Très agaçant malgré tout.

    «  ça gère » : Très djeuns dans l'esprit, signifie, c'est bien, c'est excellent, j'aime beaucoup très chère : l'élégance se gère, la vie se gère...je suppose.

    Ce qui nous amène à …

    « Capital » assaisonné n'importe comment : on a un capital-vie, un capital-santé, un capital-charme, un capital-petit déjeuner (est-ce qu'on peut le jouer en bourse ?).

    « Mais bon » : se prononce « mèbon » très vite, se dit d'un ton fataliste de quelque chose ou quelqu'un que l'on ne peut pas changer, que l'on désespère de changer, ou alors se dit d'une chose dont on ne veut plus discuter : variante souvent constatée :

    « Mais bon enfin » ou « Mais enfin bon ».

    «  Je l'aime bien mais... » : se dit de quelqu'un que l'on ne supporte pas ou que l'on n'aime pas.

    «  C'est que du bonheur » : expression à prononcer en pleurnichant très fort tout en serrant ses amis dans les bras, à lier à un rire idiot.

    « L.O.L », « M.D.R » : Il a déjà été question de ces acronymes sur ce blog, nous ne reviendrons pas sur le sujet.

    «  Trop... » : s'emploie à tort et à travers pour désigner quelque chose que l'on aime bien, ou stigmatiser une attitude déplaisante ou contraire à la morale djeuns consommateur décervelé ; on dit alors : « ça se fait trop pas ».

    Notez l'inversion.

    «  ça me pète les couilles » : prononcé par une fille ou un garçon, indifféremment, se dit d'une chose exaspérante ; très élégant aux yeux des jeunes filles djeuns qui le disent très souvent.

    « Absolument » prononcé d'un ton catégorique ou « Cool » tombent en désuétude en ce moment...

  • L'intimité avec Dieu

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    Paris-Saint-Roch-Lorraine-Harcourt.JPGSur un fil de discussion d'un site de causette que je fréquente assidûment, j'ai lu sous la plume d'un sinistre crétin que les soldats de 14 étaient une masse imbécile, des abrutis menés par l'argent et les faux principes. C'est méconnaitre la valeur du sacrifice et de l'esprit de sacrifice de ces soldats, même si celui-ci a été dévoyé peu après. C'est plutôt maintenant que j'ai l'impression d'une masse stupide qui ne songe qu'à consommer, et consommer encore, se soumettant à une société toujours plus ignoble, inique ou prompte à la bassesse (là il suffit d'allumer sa télévision, à ce propos, je conseillerai à ceux qui miment des airs de vierge effarouchée devant Ruquier, Ardisson ou les Zemmour/Naulleau de tout simplement éteindre leur poste et prendre un livre).

    On dit la même chose des chrétiens d'antan, de ceux de notre libre et valeureuse époque en route sur la voie du bien et du bonheur parfait dans la consommation. Il y aurait eu entre deux des phares de la pensée, appelés à guider le reste du troupeau vers la lumière du progrés et d'un homme "libéré" du passé, de la nature et généralement de son humanité. Ces phares de la pensée nous expliquent généralement pourquoi avant en somme les croyants et les autres étaient une horde de crétins puisque EUX n'étaient pas encore là pour mener les autres vers le progrès. Les croyants catholiques sont perçus comme une masse de personnages stupides et superstitieux ; ce n'est pas qu'il n'y a pas parmi eux des imbéciles, il y en a partout de toutes manières. Mais c'est mépriser cette intimité avec Dieu de nos ancêtres quand on admire une petite église de village ou une cathédrale. la plupart des croyants sont parfaitement au courant des débats théologiques qui agitent leur temps, ainsi à l'époque du jansénisme et pendant la Réforme.

    Ils connaissent parfaitement l'Écriture et n'auraient pas fait d'énormes contresens sur par exemple le Judaîsme, pour eux l'anti-sémitisme (avant le XIXème siècle plus tranché et moins nuancé) était tout simplement inconcevable puisqu'ils avaient de la Bible une connaissance intime, et ce malgré la fameuse prière de la messe de rite traditionnel. Cette intimité avec Dieu était charnelle, concrète et tangible, presque sensuelle, elle entraînait des actions ne posant aucune réflexion, comme l'entretien dans tous les quartiers d'une maison pour les indigents et les pauvres. Cela a été perdu, combien de croyants ont l'air tout simplement ridicules à remuer de belles et grandes paroles de manière très volontariste et à surtout ne rien changer à leur mode de vie une fois sortis de l'église, moi le premier certainement. Cette intimité avec Dieu amenait à percevoir l'union de l'être humain avec la nature, la Création qui l'entoure, et non à nier ce lien constamment, et celui que nous avons avec nos semblables. Cette intimité avec Dieu ne nie pas une seconde ce qu'on apporté les humanistes, tel Montaigne, ou les philosophes du XVIIIème, même Jean-Jacques Rousseau ou Voltaire, qui apportent à chaque fois un peu plus de clarté afin que rien de ce qui est humain ne nous soit étranger.

  • Détente en peignoir avec Jean-Pierre Marielle

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    On ne sait plus faire des films comme ça mon p'tit... (Joèl Séria, "Comme la lune", auteur de l'immortel "Ces galettes de Pont Aven" où la réplique, "Ce cul, ce cul, ce cul, Ah, ce cul !" ou "Ah ton cul, ton cul, c’est mon génie !" peut prendre une résonnance soudain tragique)

  • « L'Amérique » de Joan Didion - chroniques

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    Je suis en train de terminer ce recueil d'une dizaine de chroniques sur l'Amérique principalement des années 60 au début des années 90 bien plus intéressants que les souvenirs de jeunesse et de coucheries d'autres auteurs.

    didion_pic.jpgJe me demande comment il se fait que les écrivains anglo-saxons arrivent à être aussi fins et d'une telle acuité sur leur époque, sur ses illusions et ses faux-semblants quand un écrivain français contemporain ne sera souvent capable que de se répandre sur son nombril, sa taille, sa forme, son odeur ou son goût, ainsi Marie D. ou encore Anna G.. Quand un écrivain anglo-saxon écrit ce genre de livres, il est capable d'y insuffler du romanesque, même s'il ne s'agit que de « non-fiction ». Il aura moins de scrupules à utiliser le style du roman noir, du polar, ou du livre de genre en général, pour parler de leur monde, qui est le socle du notre, un monde déjà consumériste à l'excès, jusqu'à la boulimie et la nausée. A rebours de tout le reste de la société, l'auteure prend le temps de réfléchir, contempler, parfois admirer, railler et se moquer, mais sans haine ni violence. Elle ne fait que constater la petitesse des aspirations, la médiocrité des rêves, très matérialistes, l'absence de grandeur.

    Joan Didion explore les marges des États-Unis, et ses figures emblématiques comme John Wayne voire celles que l'on craint mais qui fascinent comme Charles Manson et sa famille de tarés criminels, face sombre du mouvement hippie qui était surtout une mode au départ, si l'on excepte les « Diggers » de San Francisco qui avait de vrais points de vue, allant plus loin que « Peace and Love ». Elle traverse le pays dans sa Ford Gran torino, autre symbole de l'« americana » des années prospères, des grandes déclarations de principes qui ne mènent pas à grand-chose ; Kennedy reste la grande figure inattaquable, un président qui ressemblait à un personnage d'Hollywood, qui avait l'air tellement généreux, alors que déjà ce n'était que de la communication, ce qui transforme ce livre en « road-movie », et annonce les années de plomb, les années 70, beaucoup plus pessimistes. Elle choisit d'écrire dans un style dense et sec, mais l'on perçoit derrière les lignes toute la sensibilité et toute la passion dont elle semble capable, sa sensibilité à un monde qui rejette le vrai ou le beau pour ne retenir que les apparences : il n'y a pas besoin d'être vraiment hippie pour que les autres le croient, il n'y a pas besoin de vouloir réellement changer le monde, il suffit de donner le change en maintenant les apparences encore une fois.

    pretty2.jpgElle rencontre John Wayne au summum de sa gloire, persuadé qu'il a vaincu le grand C (le Cancer) contracté sur le tournage de « Gengis Kahn » filmé sur un site mal désaffecté d'essais nucléaires. Il est un peu comme le cow-boy Marlboro, une icône immédiatement identifiable, il rappelle les grands espaces, ce nouveau monde complètement vierge qui ne l'est plus depuis longtemps à la fin des années soixante, idéal que tout américain conserve au fond de son âme, avec l'esprit de la « Frontière », des pionniers en chariots. Elle monte sur les collines de Burbanks rencontrer les privilégiés du miroir aux alouettes, dont certains finiront mal, minés par l'autodestruction, comme Robert Evans, flamboyant et narcissique loser hollywoodien ; Tous terrorisés par le meurtre de Sharon Tate qui clôt dans le sang ce que l'on croyait être l'été de l'Amour universel, c'est la fin de l'utopie qui se termine dans un bain de sang. Avant l'assassinat de la jeune épouse de Roman Polanski, il était « hype » de laisser entrer des « freaks » comme Manson et ses enfants dégénérés, ou encore d'autres hippies, après les riches ont bâti des barrières un peu plus hautes, électrifiées, surveillées par vidéo, pour maintenir coûte que coûte le joli paravent laissant l'illusion d'un paradis résidentiel dans le vent. Joan Didion décrit ensuite les refuges des naufragés de luxe des « sixties », perdus au Maroc, vers Tanger ou ailleurs, passant leurs journées au bord de plages privées, faisant mine de penser à un livre qu'ils n'écriront jamais, singeant les autochtones, avides de retrouver une authenticité et une vérité perdue qu'ils sont bien incapables d'identifier quand ils la trouvent cependant.

    Photos : Joan Didion, en haut, Sharon Tate, en bas

  • Joyeux Anniversaire monsieur le Président !

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    Jo-yeux Anniversaire ! Jo-yeux Anniversaire !

    Un gâteau, ça fait toujours plaisir...

    Sinon, vous savez qu'il y a un sondage sorti la semaine denière qui donne encore notre mini-président vainqueur au deuxième tour ? Et Ségolène loin loin derrière, ne parlons pas du cas de figure avec Baille-roux.

    Hallucinant, je trouve ce sondage.

  • Torrents d'amour - Le goût de la lecture

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    Chelles_-_Bibliotheque_Georges_Brassens.jpgJ'ai toujours aimé lire du plus loin que je me souvienne. Dans la torpeur de l'été, sur la chaise en fer, peinte en blanc, d'un jardin paisible, je lisais « le Club des cinq » et plus tard Jules Verne sous un parasol. Parfois, je fermais les yeux, et je voyais les personnages s'animer. C'était une grande maison normande, à colombages authentiques et non rajoutés pour le folklore. Il y avait deux grandes portes en bois très bruns. Les propriétaires en étaient un quadragénaire dynamique, marié à une jeune femme beaucoup plus jeune que lui. Il conduisait des voitures de sport à la fois grondantes et élégantes.

    On remarquera pour soi-même que on parle de l'été, on doit toujours parler de torpeur ou de chaleur étouffante de l'été, de canicule impitoyable, comme si le reste de l'année, on dût se comporter de manière épileptique.

    J'ai su lire avant d'entrer au CP, grâce à un vieux manuel de français et à la patience de ma mère qui m'emmenait souvent à la bibliothèque architecturalement stalinienne. J'étais et je suis toujours un boulimique de littérature, un compulsif aussi qui lira tous les livres d'un auteur ou d'un genre que j'aime bien. Plus tard, j'ai appris à apprécier le style ou les idées d'un auteur, sons sens du romanesque, son humour. Il y avait parfois des adultes que cela dérangeait et qui voyait dans cette passion livresque le symptôme d'un désordre mental ou d'une perversion cachée, voire d'une inadaptation.

    Âgé d'une dizaine d'années, affalé sur un lit, alors que j'étais plongé dans des bandes dessinées, j'entendis deux adultes parler de moi, croyant que je dormais :

    - Il lit de trop ce gosse, il va s'abîmer les yeux.

    L'autre surenchérit :

    - Il est bizarre, ça ne m'étonnerait pas d'apprendre qu'il est homosexuel ou autre chose comme ça, dans le genre. Ses parents devraient le forcer à aller jouer au foûte dehors. C'est pas normal (déjà à l'époque, j'avais horreur du football).

    La deuxième harpie croit bon de surenchérir en affirmant :

    - Il y a plein d'écrivains qui étaient homosexuels, Proust, Montherlant. Ils étaient peut-être intelligents ces gens là mais ils étaient malsains.

    Puis je les entends s'éloigner, je n'ai plus envie de lire, je ne comprend pas le mot qu'elles ont utilisé, mais je saisis combien pour elles il est insultant et déshonorant. J'ai cherché la définition ensuite dans le dictionnaire, je n'ai pas compris, car j'étais amoureux, comme on peut l'être de manière enflammée et pure à cet âge, d'une petite rousse aux yeux couleur de feuilles d'automne, qui aimait les jeux de garçons.

    Ici, j'entends tout de suite le chœur antique pousser les hauts cris et affirmer que c'est justement un indice évident d'homosexualité, car une fois le soupçon instillé il s'implante de plus en plus profondément, y compris dans l'esprit de la personne soupçonné de toutes les tribulations immorales. Je crois que c'est à partir de là que j'ai commencé à douter de la bonté réputée naturelle de l'être humain.

    Entrer dans un livre c'est découvrir un monde, un univers, c'est apprendre à s'ouvrir aux autres, sauf si l'on confond l'humanité décrite dans les romans, qui est meilleure, avec la vraie. Même les futurs les plus anti-utopiques sont toujours plus supportables que le morne et terne présent, exacerbé et décrit dans ses arcanes les plus absurdes par Philip K. Dick.

    Je persistais dans cette confusion, lisant des romans me laissant croire que la passion amoureuse ne causait aucune souffrance, me passionnant pour des héros pour qui tout semblait facile. Et puis il y a des livres que j'ai lu trop tôt comme « le Voyage au bout de la Nuit » de Céline d'un nihilisme absolu et qui marque l'âme au fer rouge qu'on le partage ou pas. Bernanos, qui serait tout autant nihiliste et sombre, s'il n'était croyant aussi ardemment, m'a permis de ne pas sombrer dans l'acédie.

    À suivre...

  • Journal d'un groupe d'humanitaires israéliens au Vietnam et autres nouveautés sur Nikibar...

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    Nouveau sur nikibar.com :
    PUBLICATION
    VIETNAM 2008 - JOURNAL DE BORD
    Dr Jacky Bronstein
    Journal de bord retraçant le voyage au Vietnam d'un groupe de médecins et de paramédicaux israéliens.
    PORTRAIT
    Mireille Warshawski
    Je suis née 6 ans après la fin de la "grande guerre" (14-18). J’ai mis longtemps à m’apercevoir qu’à quelques années près j’aurais pu naître allemande, comme mes parents...
    (Extrait de "Sans œillères")
    EXPOSITION
    MAI 2009
    :
    Concepts innovants (Nouvelle rubrique d'art)
    Tchise - Planètes
    Tchise
    Un jeune artiste, après avoir acquis l'expérience des bombes aérosol sur les murs, traduit l'art du graffiti sur des toiles...
    ...et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • Sexe, drogues et pantalons à franges

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    c9_full.jpgAlain Dister - « Oh Hippie Days » (chez "J'ai lu")

    J'aime bien la littérature dite « rock », les livres de Nick Tosches, Greil Marcus ou encore Nik Cohn. A partir de l'analyse d'une musique, ces auteurs en disent beaucoup sur notre époque, ses ruptures, ses désillusions, ses espoirs, ses problèmes, même quand ils traitent d'une autre période. Et l'écriture de ces livres qui ressort aussi de la « Non-fiction », genre initié par Truman Capote avec « De sang froid » est toujours étonnamment énergique. C'est un peu en songeant à ces livres que j'ai commencé « Oh, Hippie Days » d'Alain Dister. Malheureusement, ce récit a un sérieux handicap qui est qu'il a le cul entre deux chaises. D'un côté, l'auteur veut raconter les communautés hippies, les années 60 sans mythe ni légende, de l'autre il égrène ses souvenirs de coucheries, bitures et soirées drogues dont on a franchement pas grand-chose à faire dans le propos. On a l'impression d'une petit bourgeois favorisé, propret qui s'est offert deux ou trois années sympathiques sans trop se poser de questions et en testant la véracité du fameux slogan « sex, drug and rock and roll ». Il rencontre beaucoup d'enfants perdus, d'héritières en rupture de ban, de fils à Papa en révolte post-pubertaire. Certains vont trop loin dans l'expérience psychédélique et sombrent dans l'hébétude des « Junkie hotels » où des gosses ne font rien d'autres que se piquer toute la journée, n'attendant que la prochaine dose et rien d'autre.

    On parle beaucoup de fraternité, d'amour et de tolérance, mais on se contente de fumer du « hash » en guise de réponse ou de projet, à une exception près qu'est le groupe des « Diggers », qui n'avaient pas besoin de franges, de fleurs dans les cheveux ou de combi Volskwagen pour rêver d'un tout petit peu plus d'équité. Il y avait une différence entre les enfants sages qui ne faisaient que sacrifier à la mode et se défouler sexuellement et moralement, sachant très bien que ça finirait par un « costume trois pièces » et un attaché-case, et les « freaks » qui y croyaient vraiment, s'imaginant pour de bon entrant enfin dans l'ère du Verseau. L'instinct grégaire y était tout autant développé que de nos jours, avec son corollaire habituel qui est l'absence totale de réflexion intellectuelle individuelle, ainsi un après-midi d'euphorie, un jeune auteur avait lu devant un public de hippies un texte sur la jeunesse, dont l'auteur était en fait Hitler qui avait lu ça devant les « Hitlerjugend » en 1935, ceci afin de démontrer la vacuité du mouvement. Après les réactions exaltées des auditeurs, l'auteur du canular avait vendu la mèche. Malgré les autocollants « Peace and Love », il manqua de se faire lyncher : « Gare à celui qui dit la vérité... », on connait la suite. L'auteur s'engage dans une communauté anti-guerre du Vietnam à la fin de son séjour, beaucoup s'enfuiront pour échapper aux combats, à la différence des noirs pauvres qui constitueront une « chair à canon » de substitution en somme. Quelques icônes entrent déjà au panthéon des héros universels, alibi des amateurs de lieux communs, prophètes sans grandeur d'un empire du Bien encore à venir. Kennedy à l'époque ou Obama maintenant, c'est un peu le même cliché.

    J'aimerais trouver ce livre sympathique mais je ressens un peu cela comme le témoignage d'un quinquagénaire pleurant à chaudes larmes sur un passé idéalisé pour une bonne raison, il l'a vécu, ce genre de personnages à catogan qui fait dans la culture après avoir glandé plusieurs années ou en université ou en pantouflant ailleurs, quitte à ce que ce soit la boîte de Papamaman. De leur expérience hédoniste de jouisseur bourgeois, il tirent parfois la croyance qu'ils sont là pour guider le reste du monde, l'amener au bonheur, parfois malgré lui, et finissent idéologues communs, dogmatiques sans pitié, ennemis de toute contradiction qui les amène pour certains à se comporter en miliciens de la pensée morale ou politique.

    Janis Joplin pour incarner l'esprit de cette époque...

  • Pandémies réelles (l'aveuglement est-il contagieux ?)

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    actu-monde-Des-Mexicains-portant-des-masques-dans-la-rue_articlephoto.jpgOn nous parle beaucoup de la grippe porcine, ça permet d'éviter les sujets qui fâchent, en l'occurrence les autres pandémies. Ce virus a pour l'instant fait très peu de victimes. Les mesures pour s'en protéger sont ridicules, le masque chirurgical laisse passer le virus (il ne protège que des projections de salive), les vaccins stockés ne sont pas efficaces. Ironiquement, les seuls masques vraiment utiles ressemblent à des groins de porc mais il y en a beaucoup moins en stock.

    Bien sûr, je suis très triste pour tous les alter-touristes qui ne pourront plus aller à Cancun ou Mexico.

    On oublie de parler du paludisme qui sévit dans les pays pauvres : 30 000 personnes par an,

    du SIDA en Afrique : un séropositif de plus toutes les 11 secondes en moyenne,

    de la famine, qui est une pandémie, une personne toutes les 13 secondes, du manque d'eau : un enfant meurt toutes les 6 secondes à cause de cela.

    Aborder ces pandémies remet en cause notre modèle de société et notre structure économique inique (mais vraisemblablement ça gêne concrètement peu de monde ces jeunes et moins jeunes de plus en plus à la rue.

    Sans oublier sous nos cieux l'épidémie d'esprit moutonnier et grégaire qui fait des ravages...

  • Le téléfilm sur Bérégovoy - Pas du même monde...

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    Un-20homme-20d-honneur.jpgHier soir, j'ai regardé le téléfilm sur la mort de Bérégovoy, au début par désoeuvrement, ensuite du fait des réflexions intéressantes que cette histoire bien jouée et bien écrite implique. Finalement, ce qui était et est toujours reproché à Bérégovoy (et cela on le voit que l'on partage ou non ses idées), c'est de ne pas être du même monde que les autres politiques, ne pas être un bon bourgeois, ne pas avoir fait les GRANDES écoles, ne pas avoir été docile socialement. Bérégovoy a cru à la méritocratie républicaine, il a cru que cela fonctionnait encore alors que ce n'était déjà qu'une blague. Il a pu s'élever mais les privilégiés n'en avaient pas pour autant fait l'un des leurs. Dans toutes les couches de la société, cette méritocratie est bloquée, au point mort, à quelques exceptions près qui sont autant d'alibis.

    Il a payé cher de pouvoir habiter le XVIème, il a payé cher de parler aux puissants, de soutenir aveuglément Mitterrand aussi, qui ne lui a rien rendu en échange. Il n'aurait pas dû accepter l'argent de Pelat. Il a pris pour les autres la défaite de la gauche en 1993, il a pris sur lui les conséquences de certaines amitiés dangereuses du président. Il avait compris simplement que quand on perd son idéal en politique, on est fichu, et qu'on le perd tôt ou tard de toute manière à cause de l'ivresse des cimes du pouvoir, des voitures de fonction, des chauffeurs, des huissiers dits républicains. A la fin il était redevenu élu local, proche vraisemblablement de ses électeurs. D'autres parmi eux ont préféré se laisser faire et hurler avec les loups, car le bon peuple est finalement fasciné par l'or et les dorures, le clinquant, ça le fait rêver.

    Pour le film, le suicide est une évidence, il reste quand même des doutes.

  • Est-ce que je ressemble au docteur House ?

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    Dr+House.jpgEgo-note sans scrupules...

    Sur un réseau social bien connu, j'ai fait un de ces tests addictifs à la longue pour voir à quel personnage de la série "Docteur House" je ressemble le plus. Et bien sûr, je suis House lui-même : selon le rédacteur du test, "un type qui ne croit pas en grand-chose, qui cherche la vérité à tout prix et est bourré d'humour". Selon une amie, la seule chose qui nous différencie est que je n'ai pas de canne. Il y a une autre différence, je crois en Dieu pour ne pas désespérer de la vie ou des autres êtres humains, et éviter de sombrer dans l'acédie.

    Je partage cependant avec le personnage cette conviction profonde que tout le monde (ou presque) ment ou joue une comédie : sociale, familiale ou personnelle, les gens détestant d'ailleurs être vus tels qu'ils sont, préférant qu'on les voit tels qu'ils se voient, eux. Cela vaut pour l'amour, dans bien des cas, on est amoureux d'une image, du sentiment amoureux lui-même et on appelle ça de la liberté amoureuse ou sexuelle. La lucidité sur ces points fait bien souvent que l'on arrive toujours à vérifier l'intuition ou l'impression première. Pour ma part, ça s'est rarement détrompé. On me trouve caustique ou méchant, personne n'aime vraiment complètement la vérité, moi y compris. La comédie sociale est encore maintenant de toutes façons une histoire de rapports de force, de pouvoir, et de séduction. Parfois, je me berce d'illusions, je pense que je suis trop sévère mais cette comédie me ramène toujours durement à la réalité, à la fausseté des attitudes, à l'hypocrisie des bons apôtres, des imprécateurs muselés qui aimeraient bien qu'on les voit un peu plus à la télévision. Ils ne pardonnent pas, ces mauvais acteurs qu'on leur tende un miroir, fût-ce un mythomane comme Lalanne. La lucidité est un handicap, elle empêche de prendre au sérieux ce qui pourrait amener plus de confort matériel ou intellectuel.