Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

De "c'est que du bonheur" à "mais bon" - lexique franco-stéréotypé

Imprimer Pin it!

expressions_idiomatiques2.jpgLes idiomatiques à la mode ( de « ça le fait » à « ça gère »)

J'ai horreur des expressions toutes faites à la mode, que parfois même l'on utilise sans s'en rendre compte : moi c'est « par rapport à » mis à toutes les sauces. (en photo un cassage de sucre sur le dos de quelqu'un)

« ça le fait » : Je crois que c'est surtout normand, se dit de quelque chose ou quelqu'un destiné à réussir. Très agaçant malgré tout.

«  ça gère » : Très djeuns dans l'esprit, signifie, c'est bien, c'est excellent, j'aime beaucoup très chère : l'élégance se gère, la vie se gère...je suppose.

Ce qui nous amène à …

« Capital » assaisonné n'importe comment : on a un capital-vie, un capital-santé, un capital-charme, un capital-petit déjeuner (est-ce qu'on peut le jouer en bourse ?).

« Mais bon » : se prononce « mèbon » très vite, se dit d'un ton fataliste de quelque chose ou quelqu'un que l'on ne peut pas changer, que l'on désespère de changer, ou alors se dit d'une chose dont on ne veut plus discuter : variante souvent constatée :

« Mais bon enfin » ou « Mais enfin bon ».

«  Je l'aime bien mais... » : se dit de quelqu'un que l'on ne supporte pas ou que l'on n'aime pas.

«  C'est que du bonheur » : expression à prononcer en pleurnichant très fort tout en serrant ses amis dans les bras, à lier à un rire idiot.

« L.O.L », « M.D.R » : Il a déjà été question de ces acronymes sur ce blog, nous ne reviendrons pas sur le sujet.

«  Trop... » : s'emploie à tort et à travers pour désigner quelque chose que l'on aime bien, ou stigmatiser une attitude déplaisante ou contraire à la morale djeuns consommateur décervelé ; on dit alors : « ça se fait trop pas ».

Notez l'inversion.

«  ça me pète les couilles » : prononcé par une fille ou un garçon, indifféremment, se dit d'une chose exaspérante ; très élégant aux yeux des jeunes filles djeuns qui le disent très souvent.

« Absolument » prononcé d'un ton catégorique ou « Cool » tombent en désuétude en ce moment...

Commentaires

  • Les Maux de la langue



    « Nous sommes entourés d'amnésiques et de myopes qui voient de l'enrichissement dans la perte progressive de notre lexique et applaudissent la vitalité d'une syntaxe réduite à des rudiments qu'on a renoncé à enseigner » : ces lignes résument à merveille Les Maux de la langue, essai d'une rare lucidité sur l'indolence des francophones devant le déclin programmé de leur langue. Avec autant d'esprit que de bon sens, l'écrivain Michel Mourlet, actif depuis plus de quarante ans, s'en prend à la capitulation des « déshérités de la langue », hypnotisés par un discours dominant qui taxe de « ringarde » toute velléité de résistance à une pollution mentale s'attaquant aux structures mêmes de notre esprit. Michel Mourlet ne se contente pas d'analyser les causes du mal comme le rôle des agents destructeurs (cuistres de l'administration, pédocrates réformistes, zombies publicitaires…), il s'attaque aussi aux fautes les plus courantes de la novlangue techno-marchande : travailler sur Paris ; le servile votre attention s'il vous plaît ; les grotesques show room, deal et challenge ; l'absurde celles et ceux (bel exemple de gynagogie) ; sans oublier les inévitables incontournable ou addiction. Pourquoi cette manie du barbarisme (initialiser, finaliser), pourquoi cette docilité de perroquet devant la pensée unique? Œuvre de salubrité publique, Les Maux de la langue constitue non point je ne sais quel improbable must, mais bien le nec plus ultra d'un combat essentiel ; car perdre sa langue, c'est accepter l'asservissement.

    Novembre 2008


    © Le magazine des Livres / Christopher Gérard

  • article trouvé sur le site : http://www.magazinedeslivres.com/page10/page14/page14.html

  • La dernière phrase est très juste et excellente : "perdre sa langue c'est accepter l'asservissement"

  • Nathalie Justin-Najman at 6:20pm May 13
    Ca le fait carrément ! Vraiment trop top ! Comment tu gères ! lol

  • Il y a aussi "juste", utilisé à toutes les sauces, c'est JUSTE gonflant!

    J'ai par ailleurs noté la référence du livre de Mourlet, ça a l'air fort intéressant.

  • Je l'avais oublié celui-la

  • Parmis ces expressions pré-fabriquées, gadgets éphèmères de l'absence d'intellect, il est à noter aussi le fameux "VOILA" qui ponctue par une pseudo affirmation, le trou de fin de phrase. Béante crainte qui empêche le phraseur d'utiliser simplement le point.
    Tic viral de la langue !
    Le "ET TOUT" relève du même étalonnage de la pensée.
    L'usage de ces expressions pré-emballées permet à l'utilisateur d'être reconnu par son groupe d'abrutis. ça les rassure...
    N'oublions pas le fameux pléonasme à la mode : "AU JOUR D'AUJOURDHUI" qui permet au prétentieux de passer pour un puits de vocabulaires.
    Le "PAS DE SOUCIS" permet à l'hôtesse d'accueil de rassurer son interlocuteur quand à l'aboutissement de sa demande, souvent "stressée".
    Nombreuses autres expressions dénaturées, polluent le Verbe, je pense qu'il est amusant de les répertorier, afin d'en extraire la bêtise.

  • J'avais oublié le "voila", qui ressemble au "egzact !" ou "egzactement", il y a le "et tout stéréotypé" et il y a aussi celui d'Holden Caufield dans "l'Attrape coeurs" de Salinger mais je ne sais pas s'il a réellement inspiré le premier.

Les commentaires sont fermés.