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  • L'alter-bourgeois - 1

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    Avertissement quant à ce qui va suivre, je sais bien qu'il y a largement plus favorisé que les alter-bourgeois, les informations le montrent tous les jours avec ces patrons voyous qui s'offrent généreusement des indemnités faramineuses. Cela ne veut pas dire que ces alter-bourgeois ne pas favorisés du tout ou qu'ils n'ont pas les privilèges dont j'ai envie de parler.

    bobos.jpgCe qui caractérise l'alter-bourgeois c'est que le bourgeois c'est l'autre, il faut en avoir "le sentiment". Or, l'alter-bourgeois n'a pas le sentiment d'en être un mais il en est un, comme l'auteur de ces lignes en est un également (je prévois des commentaires désagréables et y répond d'avance). L'alter-bourgeois travaille dans la culture -officielle- ou dans le monde de l'Éducation, ou dans la pub, en tout cas, il arrive régulièrement qu'il soit dans un milieu réputé créatif, je dis bien réputé. Il se sent concerné par le monde qui l'entoure mais pas par les structures du monde qui l'entoure, qui lui conviennent très bien car elles lui offrent tout un tas de petits privilèges dont il veut pouvoir disposer : acheter une baraque, une voiture, partir en voyages quand il veut. Il habite souvent une grande ville mais on n'en trouve pas qu'à Paris, où là on les appelle "bobos", le bobo ou bourgeois-bohème étant toujours l'autre, on en trouve de droite et de gauche. L'alter-bourgeois part souvent en vacances à Concon au Mexique, pouf pouf, à Cancun, (ah, ah, ah, suis-je donc spirituel tout de même ?), ou dans un pays exotique dont le dirigeant est un président démocratiquement élu à vie et plutôt de sensibilité de gôche, de sensibilité surtout car la plupart du temps, le dirigeant est très à droite concernant son pognon et l'autorité du gouvernement, pour se justifier il dit alors : "Pour aider les populations les plus pauvres, en vérité je vous le dis, même si ça a l'air d'une dictature, il faut y aller en vacances pour les aider économiquement, en somme" (donc pour lui, se faire servir des "mojitos" au Mexique par des serviteurs locaux c'est de l'humanitaire pour lui).

    1546856454.jpgL'alter-bourgeois croit pouvoir se défausser de sa culpabilité d'avoir un peu de fric en achetant de temps en temps (pas tout le temps, faut pas déconner) une plaquette de chocolat fabriquée "équitablement" par des chtits n'enfants n'africains ou du moins n'étrangers exotiques (différents de ceux qui ramassent les poubelles ou nettoient les rues, ou encore différents de ceux qui "font naître un sentiment d'insécurité"). Il ne veut pas savoir l'alterbourgeois que ce sont toutes les structures économiques qui devraient être équitables, mais pour cela il devrait renoncer à son mode de vie pas si inconfortable. L'alter-bourgeois aime beaucoup tout ce qui est "bio" même si c'est finalement moins écologique finalement au bout du compte en y réfléchissant bien. Il lui arrive de faire l'éducation de ses amis en leur faisant boire de la piquette mais de la piquette "bio", il parle ainsi de ce sujet : "En vérité je vous le dis, il faut boire du vin non-souffré, et sans pesticides, cela permet aux producteurs d'écouler de la piquette en la vendant hors de prix". Il a raison bien sûr malgré tout, quand le vin servi est bon comme un vin noir des côtes du Roussillon. Le bourgeois en général a toujours aimé pontifier sur le pinard, l'alter-bourgeois trouve la parade en prétextant un souci d'écologie. L'alter-bourgeois n'aime la campagne que quand c'est comme dans une pub frelatée pour des saucisses qui jouent l'authenticité. Il n'aime pas trouver d'autres habitants que lui à la campagne, ou alors des locaux qui font exotiques, il pense par exemple que les paysans vivent encore comme au XVIIIème siècle, il écrase presque une larme tellement c'est drôlement authentique à ses yeux. Il bien sûr déçu quand il voit des tracteurs modernes qui marchent à l'électronique embarquée.

    en photos : deux couples d'alter-bourgeois

  • La micro-société d'un bus

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    bus.jpgUn bus de ville le matin est une micro-société à lui tout seul, hierarchisée et cadrée. C'est plus parlant que bien des traités de sociologie. Ceux qui réfléchissent sur la société devraient se pencher sur le problème, ces esprits forts qui parlent de tout et de rien et oublient le réel, qui veulent faire de la politique qui pense. Dans le bus, il y a donc ceux qui restent en ville, la première catégorie, qui se divisent en deux groupes, ceux qui vont au boulot, et ceux qui vont à l'agence ANPE (pardon Pôle Emploi, mais c'est toujours le même travail, à savoir rayer des statistiques les chômeurs de longue durée) ou faire leur PMU. On ne se mélange pas entre les deux groupes même si parfois on se salue. Il y a ceux qui vont à la gare prendre le train, parmi eux deux tribus là encore, celle qui va à Paris, le haut de l'échelle, se reconnait à son téléphone portable plus cher ou son ordinateur dans la sacoche à la main, c'est l'élite du bus. Il y a juste après ceux qui vont de province à province beaucoup plus mal considérés bien que le migrant pendulaire selon les termes z-officiels qui va à Paris devienne de fait "un parisien", c'est-à-dire une espèce honnie et redoutée en province pour ses railleries contre la province et pour son immoralité supposée (bien que l'on sait que des vrais parisiens, ça n'existe plus, ce sont tous d'anciens provinciaux, à de rares exceptions et que les vrais parisiens des milieux populaires sont devenus des banlieusards fichus progressivement dehors par la Bobolité). Il ne faudrait pas oublier dans le tableau les différentes catégories d'adolescents : l'adolescente maussade mais à la mode, frange, djin slime et tout, les écouteurs vissés à ses oreilles ; le boutonneux en survêt qui sent le "clearasil" et le déodorant "Axe" pour nous les hommes ; le boutonneux sérieux, qui repasse ses cours et profite que le troupeau habituel de ses congénères soit clairsemé ce qui lui assure de ne pas se faire insulter (être un "intello", c'est très grave pour un djeun, pire que la trahison).

  • "Gainsbourg en dix leçons"

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    serge%20gainsbourg%20anthracite.jpgBertrand Dicale a écrit à l'occasion de l'exposition à la Cité de la Musique ces dix leçons sur Gainsbourg. Elles supposent de déjà bien connaître l'oeuvre du chanteur. Les novices en la matière seront un peu perdus. Il écrit bien et le livre se lit rapidement, à quelques petits détails près : mettre sur le même plan Björk, David Bowie, Vincent Delerm et Camille, c'est un peu poussé et cela manque de discernement car les auteurs compositeurs interprètes qui sont dans la même veine et la même originalité que l'homme à la tête de chou, c'est Benjamin Biolay et Bertrand Burgalat, mais pas les deux précités. A part ça, on apprend beaucoup de choses sur le processus créatif de Gainsbourg, un faux dilletante gros travailleur, comme souvent, même pour ses chansons plus commerciales.

    On suit son cheminement de la peinture, la sienne était largement plus académique que sa musique, à la scène, de l'enfance, nimbée d'exigence artistique, son père qui méprisait la culture populaire tout en étant pianiste de bar, à la mâturité. D'autres choses qui gênent un peu dans les considérations de Bertrand Dicale est ce qu'il dit sur les opinions politique du chanteur qui adorait déplaire, aux cons, ce qui est facile on me dira, et aux esprits étroits, en allant à rebours de leurs grandes tirades ; ou alors ce que Dicale écrit de Marcel Aymé, qui soutient les premiers pas de Lucien-Serge qu'il voit comme un "moraliste sévère", dire ça prouve qu'il ne l'a pas lu. Ce que l'on apprend sur les "albums concepts" est passionnant tout comme les rapprochements avec Huysmans.

    Il a recherché la reconnaissance du public après quatre albums bien considérés mais confidentiels. Il faut dire qu'un chanteur qui déclame du Bossuet entre deux chansons, ce n'est pas courant : "

    Qu’est-ce autre chose que la vie des sens, qu’un mouvement alternatif qui va de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit, de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit…

    L’âme flottant toujours incertaine entre l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se ralentit, l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se ralentit…jane-serge.jpg

    Mais dans ce mouvement perpétuel, de l’appétit au dégoût, de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit, on ne laisse pas de divertir par l’image d’une liberté errante."

    Et si c'est classieux, ce n'est pas tellement populaire. C'est gràce à France Gall et "Poupée de cire" que Gainsbourg devient plus sûr de lui, plus professionnel et moins désinvolte dans ses tours de chant où il traitait son public avec beaucoup de morgue et un doigt de mépris, juste un doigt certes. On se demande si c'était autant que cela du mépris car finalement, le bougre était surtout un timide hyper-émotif, un type laid qui a très vite pris conscience des conséquences de sa laideur sur sa vie sociale, sans parler du fait qu'aux yeux de quelques uns il a le "type" juif dans toute sa splendeur, autre sottise car il se fichait complètement de ses origines.

    Une interview ci-dessous pour "l'Eau à la bouche"

  • L'Anamour de monsieur Gainsbourg

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    Je suis en train de lire "Gainsbourg en dix leçons" de Bertrand Dicale, ça m'a donné envie de l'écouter encore un peu. Et pourtant j'ai de longues heures de Gainsbourg déjà derrière moi. Je crois que c'est la chanson de lui que je préfère, avec tout "Melody Nelson" bien sûr...

    Monsieur Gainsbourg n'a pas pris une ride, même s'il a fini dans un grand trou depuis dix-sept ans. Monsieur Gainsbourg était la chaînon manquant entre Des Esseintes de Huysmans (je le précise à l'intention des djeuns qui me lisent parfois) et la pop.

    Voilà du classieux...

  • J'ai CE vice dans la peau

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    wharton_pic.jpg« Peu de vices sont plus difficiles à éradiquer que ceux qui sont généralement considérés comme des vertus. Le premier d’entre eux est celui de la lecture. »

    «On peut répandre la lumière de deux façons : être la bougie, ou le miroir qui la reflète.»

    Edith Warton

    Elle parle là des lectures dites "obligatoires" mais ils sont nombreux ceux qui prennent cette citation au pied de la lettre...

  • 2009, c'était le bon temps...

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    18808841.jpgFinalement, peut-être que nos petits enfants se diront que 2009 était une année de rêve, un souvenir du pays de cocagne, que 2009 c'était pas si mal. Cela m'énerve quand j'entends parler d'Apocalypse, de "Réveil de la Bête" comme j'ai pu lire de manière sobre et mesuré sur un forum catho dont je fais partie pour défendre le Pape, d'autres sont persuadés que 2012 c'est la fin de tout, que nous sommes à la fin des temps. Il y aura des cataclysmes, des pleurs et des grincements de dents disent-ils. Se sentant isolés par cette société spectaculaire, mis à l'écart, ils sont certains que tout va être détruit puisque l'on ne veut pas d'eux, et font des rêves aussi consuméristes que les autres bêtes du troupeau.Et l'on court, on ne s'arrête jamais, on ne doit jamais prendre de temps pour soi, pour lire, pour simplement rêvasser (ça se perd de rêvasser, c'est dommage, on préfère sortir le portable et se donner une contenance, comme cette jeune fille attendant le train hier sur le quai de la gare d'Evreux, alternant les poses qu'elle estimait à son avantage). On construit des non-lieux de plus en plus inhumains, de plus en plus froids, souvent pour la gloire d'un notable ou d'une marionnette dotée d'un peu de pouvoir.

    Il faudrait préparer l'avenir, protéger l'environnement a minima, mais ceci tout le monde s'en fout, on préfère produire, ne rien réguler, et puis quand ça craquera, ça craquera. On remarquera que les publicités pour les bagnoles ou lessives n'abordent plus autant le plus "équitable" ou "écolo" qui de toutes façons était un cache-sexe du gâchis actuel. Les associatifs se trompent aussi sur le sujet, le problème n'est pas de trouver des ressources pour aider ceux qui en ont besoin, c'est de changer les bases du système, et essayer de le faire sans passer par la case massacre ou guerre. En parlant de fin du monde, ça me rappelle une nouvelle extrêmement pessimiste de Fritz Leiber : un jeune homme raconte la survie des êtres humains après l'holocauste nucléaire, on comprend peu à peu qu'il y a une chance pour que tout reparte, et puis la fin brutale révèle que les êtres humains ont mutés, et que de fait on ne peut plus vraiment parler d'humanité, mais seulement de descendants complètement dégénérés, ayant tout oublié de la civilisation qui leur paraît un âge d'or. En Palestine comme en Israèl, deux terres violentes il est vrai, cohabitaient deux conceptions de la vie complètement opposées, ceux qui n'ont que leur idéologie en tête, et parfois la foi devient une idéologie, et ceux qui essayaient de vivre simplement en appréciant le moment, en goûtant chaque seconde, non en jouisseurs mais parce que c'était plus sage et que l'on aurait regretté de ne pas profiter d'une minute, d'une seconde, d'une heure ou d'une journée. Comme Alexandre le bienheureux (voir ci-dessous).

  • L'anti-catholicisme discipline olympique ?

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    Actuellement, l'anti-catholicisme est un sport des plus prisés, comme me le faisait remarquer un correspondant facebook sur ma page, c'est même quasiment un sport obligatoire. Le seul interdit est que les cathos s'en plaignent, car les ingrats ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont.

    rubon72.jpgC'est toujours une question de rapports de force finalement. On réduit systèmatiquement un catholique qui ose exprimer ses avis, affirmer un rien sa foi, aux minorités caricaturales de l'Église, c'est forcément un réac, un fachiste, un bourgeois, qu'il soit adepte ou non du "Lodeune" voire du "dufeullcote". Certes, il y a bien les cathos que tout le monde trouve gentil, à savoir ceux qui sont d'accord avec la majorité, qui pensent que l'avortement, c'est bien dans tous les cas, que t'vois, on a tous le même dieu en fait, que t'vois, le Pape, dont peu de monde lit et les livres et ses lettres mais ce n'est pas grave on se permet de juger quand même, il est quand même un peu grave, qui se disent qu'aller à la messe c'est pas indispensable, qui pleurnichotent en choeur de temps en temps, sur les pôvres, les z-étrangers mais ne feraient rien pour changer les structures qui entretiennent l'iniquité, bref qui ne sont plus tellement cathos. Et puis c'est toujours une manière de se mettre en avant en prétendant entre autres que l'on "remet les gens debout" comme le prétendait une correspondante du pélerin, alter-dame patronesse d'un nouveau genre, qui a pourtant la charité très sélective dans les faits.

    i522183_EE36.jpgBien sûr, les cathos ne sont pas dans nos pays développés victimes de la même persécution que les chrétiens d'Irak depuis la deuxième guerre du Golfe par exemple, dont on ne parle jamais soit dit en passant, ce n'est pas comparable, mais c'est de bon ton de taper dessus et qu'en plus la victime que l'on tabasse ne se défende pas. Défendre le Pape et on se retrouve papolâtre. Bref, la discussion semble toujours extrèmement difficile, même quand on a prouvé par a+b que l'on était ouvert d'esprit ou capable d'entendre d'autres arguments que les siens, le problème est qu'en face on en est souvent incapables. En cas de polémique musclée, l'on ne manque jamais de rappeler au catho teigneux que "Dieu est amour" comme si cela justifiait qu'il se laisse écraser les arpions. Tout cela reste finalement une question de rapports de force, l'homme restant un primate social noyé dans un groupe où il y a les dominants et les dominés (qui se laissent dominer) et que le catholicisme est une religion largement en perte de vitesse face à l'Islam, il fait donc moins peur, on y va donc plus facilement dans l'invective, la plupart du temps injuste, on interroge le premier imbécile pompeux qui se prétend dans le secret du Vatican, on fait un sondage qui ne veut pas dire grand-chose et j'en passe et des meilleurs.

    Est-ce à dire que les catholiques ne sont pas critiquables ? Bien sûr que si, l'Église est composée d'êtres humains, donc imparfaite. De plus, bien souvent, il y a un manque de discernement évident quant à la répartition des tâches dans les paroisses : on confiera l'accueil à la personne la moins conviviale par exemple ou le dialogue avec les chrétiens d'Orient avec la personne la moins compétente sur la question. On oublie également trop souvent que c'est l'Incarnation une des notions les plus importantes, que c'est dans les petits gestes que la foi devrait aussi se manifester, dans les actes concrets loins des grandes tirades qui font plaisir à dire et que l'on oublie peu après. On parle beaucoup de charité et on oublie de saluer aussi les personnes que l'on connait moins. Je ne m'exclus absolument pas du lot de plus, étant tout autant faillible que les autres. Ce qui est assez ironique, quand je deviens, comme sur Causeur, sur le fil de l'article de François Miclo, le "catho type", car c'est très caricatural, j'aime beaucoup des écrivains qui ont "bouffé du curé à qui mieux mieux" et révère Desproges pourtant très anti-religieux mais avec largement plus de talent que les petits bourgeois hédonistes au petit pied ne le font maintenant.

  • Affolement de la rebellitude professionnelle

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    fatals-picards.jpgCe matin, j'entends à la radio le journaliste annoncer que l'on a retrouvé sur le disque dur de l'ordinateur d'Yldune Lévy, la compagne de Julien Coupat toujours en prison quant à lui, les plans d'une bombe artisanale téléchargés sur Internet. Bien sûr, le fait que les informations filtrent montrent bien l'instrumentalisation de cette affaire et aussi on se dit qu'il n'y a vraiment pas grand-chose de probant dans le dossier. Les membres du comité invisible, leurs soutiens, se scandalisent et utilisent tous les moyens du système pour défendre Coupa et sa petite amie, ce qui est contradictoire. Quant à moi, je trouve ça naïf ou ironique qu'un traité de désobéissance civile soit vendu à la FNAC, que les rebelles aillent en justice, que les mêmes discutent de la Révolution qui ne va pas tarder si le temps le permet, à les entendre. C'est très différent des anarchistes que la Troisième République des « versaillais » a dû combattre. Si je n'ai pas beaucoup de sympathie pour un idéologue prêt à tuer et à massacrer sans remords pour sa cause, je n'en ai pas non plus pour ces notables qui dés que leurs privilèges et leur magot sont mis en question en tremblent dans leur froc, prêt à laisser aller leurs intestins.

    Ces plans téléchargés sur le Net, ça me rappelle deux incidents de mes années de collège : un soir, en bons petits saligauds, nous faisions éclater des pétards sur un parking et trouvions amusants d'enlever aux fusées que nous envoyions les bois permettant de leur assurer une trajectoire droite. L'une d'elles, manque de chance, éclata sous la voiture d'un enseignant qui passait et eut une belle frousse. Celui-ci, un homme entre deux âges, avec une barbiche méphistophélique, nous affirma qu'il allait prévenir la police et nos parents et que nous étions vraiment des voyous qui finiraient guillotinés. Cela nous amusait de traumatiser bruyamment tout un quartier, mais là nous eûmes la trouille de l'autorité. Votre serviteur n'en menait pas large, il balança dans la Seine l'équivalent d'un arsenal miniature. Une autre fois, nous avions trouvé dans un livre d'histoire la recette du coquetèle Molotov que nous nous repassions en douce en étude. Quand le surveillant nous confisqua le papier, nous voyions déjà sur nous les foudres de la justice. Coupat et Yldune Lévy, finalement ce n'est pas très différent, deux gamins qui se sont joués leur rebellitude, pour se faire peur, pour donner du piment à leur couple, que sais-je ? Mais qui n'y croyaient pas vraiment. Manque de chance, la justice leur est tombé dessus à la suite d'une équipée nocturne qu'ils percevaient peut-être plus au départ comme un jeu de pistes grandeur nature, en plus excitant. Manque de chance, il fallait des boucs-émissaires pour la com des politiques.

    afp-photo-178930.jpgCe qui m'amuse aussi sont ces activistes d'« Act Up » qui vont manifester devant Notre Dame (Ont-ils entendu la proposition du Pape qui reprend une des leurs ? La gratuité des soins pour les malades du SIDA, rien n'est moins sûr, toujours cette ironie des choses, si délicieuse...). Bien sûr, ils font ça car le catholique est perçu comme un agneau tout gentil qui ne proteste pas quand on l'insulte, il faudrait qu'il tende vraiment la joue gauche quand on le violente, (On l'aime bien le catho quand il est d'accord sur tout mais qu'il proteste et gare, il se fait traiter d'un peu de tout : Tartuffe (moi entre autres, moi qui n'est pas du tout pour que « l'on cache ces seins, ces jambes, ces chutes de reins que je [ne] saurais voir », prétentieux, moralisateur, facho, réac etc... ) Idéalement, cela devrait être le cas, on ne devrait pas s'engager dans une polémique, mais il faut bien se défendre et réagir avec énergie. On ne voit jamais d'actions de ce genre face à d'autres autorités religieuses largement plus homophobes. C'est plus simple et moins risqué de bouffer du chrétien. Manque de chance, ces pros de la rebellitude ont trouvé en face d'eux des gens pour leur répondre et leur balancer des œufs bien frais (bios je suppose). Mauvais joueurs, ces braves petits ont appelé les flics à l'aide. Voilà qui ne colle pas avec les habitudes et qui est loin de témoigner d'un esprit vraiment débarrassé de toutes les contingences bourgeoises. Les adeptes de la rebellitude seraient-ils donc encore finalement de bons petits bourgeois ?

    J'aimerais qu'il y ait le même emballement, personnellement, autour des questions autrement plus urgentes, comme la dégénérescence progressive du système économique, que ce soit financièrement ou pas. Les scandales à répétition quant aux stock options mirifiques que s'octroient des patrons aidés, les « golden parachutes » d'autres, les licenciements effectués par des entreprises ultra-bénéficiaires, tout cela n'a pas l'air de remuer vraiment grand-monde. On note quand même objectivement que ce monde court à sa perte dans l'indifférence.

    Les "Fatals picards" m'excuseront d'avoir emprunté un de leurs portraits, sur la deuxième photo, on voit qu'à Act Up on a le sens de la mesure.

     

  • Des raisons d'être caustique ?

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    Depuis longtemps on me dit que je suis caustique, que je tourne en dérision trop de choses et même certains me considèrent méchant comme une teigne (il faut dire que je pointe assez précisément leurs défauts et travers), pire qu'un raton-laveur privé de poubelles. A l'instar de Dalida, mais sans lever la jambe, je répondrai : "C'est vrai". D'ailleurs, je ne m'épargne pas dans ma causticité, peut-être pas assez d'ailleurs, car finalement au bout du compte, tout compte fait, je suis une bonne pâte.

    plomberie-deboucher-un-siphon_01.jpgDans ma profession aussi j'ai cette réputation, dans un établissement, on m'avait surnommé le "sniper" car mes petites réparties atteignaient toujours leurs cibles, après avoir cru, les malheureux, pendant quelques semaines que j'étais le bon con que l'on pouvait rouler sans difficultés. Je le répète, je ne suis pas un méchant, mais j'ai l'impression parfois de voir plus clair que d'autres, et de voir les autres tels qu'ils sont et non tels qu'ils voudraient qu'on les perçoive, ainsi que tous les grands émotifs, tous les grands nerveux. Et cela les gens détestent : ils adorent passer qui pour un explorateur aventurier alors qu'ils ne sont que touristes, qui pour un dandy, alors que l'on n'est qu'un petit bourgeois, telle autre pour une femme fatale alors que ce n'est qu'une pauvre gamine perdue et paumée qui se cogne aux vitres du réel comme un papillon de nuit un soir d'été (note personnelle : que voilà une belle métaphore, n'est-il pas ?). Enfin, et c'est un problème, je ne respecte l'autorité qu'à partir du moment où j'ai accepté la démonstration de sa légitimité. Etold-fashioned-way.jpg beaucoup de formes d'autorités sont basées actuellement surtout sur l'apparence, le pognon, un papelard quelconque mais officiel, ou une réputation fallacieuse. Je me demande souvent si ça sert à quelque chose d'être lucide, même quand les circonstances vous donnent raison, car on vous en voudra d'avoir prévu le désastre.

    En politique, par exemple, on apprend chaque jour en ce moment un nouveau scandale bancaire. A peu près toutes les banques qui ont touché de l'argent de l'État, c'est-à-dire votre argent, vous les joyeux contribuables, se sont largement servies pour se payer et licencier à tour de bras se foutant complètement des conséquences sociales. Hier, à Saint Quentin dans l'Aisne, qui est devenue la première ville de France le temps d'une soirée, ce qui me fait tout drôle, l'autre petit bonhomme a dit qu'il "voulait moraliser le capitalisme et les institutions financières" et on voudrait que je reste de marbre et que ça ne me fasse pas rigoler ? J'ai envie de lui dire au petit monsieur, que c'est tout le système qui est à jeter à la poubelle et qu'il est sclérosé jusqu'à la racine. De plus, la plupart des consommateurs ne veulent surtout pas que ça change, car ils sont contents de leur allégeance au consumérisme, et ravis d'être soumis à l'hyper-libéralisme actuel. Ils veulent en profiter le plus longtemps possible jusqu'à la denière goutte quitte à ce que tout croule après eux. Comme je l'ai entendu, "de toutes façons, on s'en fiche, on sera morts". Et on me reproche de ne voir que le grotesque ? Et ce qui prête à rire ? Mais tout y pousse.

    brave_new_world.jpgPlusieurs études scientifiques semblent me donner raison, et donner raison aux sales empêcheurs de positiver connement ou penser n'importe quoi, aux emmerdeurs qui ont besoin de mettre le nez sur ce qui ne va pas, ces études disent qu'une société de bonheur parfait sans nuages mais plus ou moins imposée par diverses mesures, serait une société délirante, une société de malades mentaux refusant de se confronter ne serait-ce qu'une fois au réel. L'esprit gentillet, bêtement positif, d'une sensiblerie sans pareil, domine actuellement, et contrairement à ce qu'avait prévu Aldous Huxley dans "Brave New World", il n'y a même pas besoin de soma, une drogue euphorisante, ni même d'ingéniérie génétique pour soumettre le troupeau docile à des règles d'une stupidité historiquement toute neuve et jamais vue à cette échelle. Le troupeau adore ne pas avoir à se servir de l'organe auquel il ne pense jamais et qui est son cerveau. Le troupeau est conditionné à obéir et croire en des opinions totalement arbitraires et la plupart du temps fausses, le sait, et s'en contente, par peur, par sottise. On fait semblant de croire que des réseaux informatiques peuvent permettre d'organiser une certaine résistance, mais elle le sera jusqu'à un certain point, quelqu'un abordera les vraies questions et l'importun deviendra un paria électronique, d'un nouveau genre en somme.

    photo : au centre, W.C Fields, un de mes cyniques, au sens correct du terme, préférés, et une photo qui représente bien l'idéal actuel collectif, l'oeuvre ressemble à du Robert Combas que j'aime beaucoup.

  • Adjani et moi

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    1523.jpgIl ne faudrait pas que je le dise car c'est un secret, mais entre Isabelle Adjani et moi, c'est une grande passion qui a commencée quand je l'ai vue dans "l'École des femmes" annoncer que "le petit chat était mort" il y a de cela quelques années. On la voyait à la télévision parler de ses études, et de son travail comme actrice alors qu'elle débutait. Ensuite, il y a eu "la Gifle" multidiffusée sur TF1 (avec le cadre qui annonçait le grand film du dimanche et sa musique tonitruante). Je comprenais qu'elle soit fâchée contre son père qui était vraiment trop injuste, je compatissais, mais je ne le comprenais pas du tout car son copain c'était Francis Perrin. c'est la première fois qu'Isabelle m'a déçue. Non, quand même, franchement, elle exagérait. Elle a tourné dans différents films dont "l'Histoire d'Adèle H." qui fait d'elle une morte vivante. Le trouble ressenti, bien vague au départ, a fini par se préciser quand elle a tourné "l'été meurtrier". C'était l'époque de l'album des chansons avec Gainsbourg qui, comme la plupart du temps avec les actrices, ne s'était pas foulé pour les rimes et les allitérations. Derrière ses yeux bleu d'eau de javel, il y avait comme un mystère. Et puis là encore, une autre déception, elle a tourné avec l'hystérique Zulavski un truc plus ou moins fantastique, mais un peu trop forcé, elle coupait un bras à son amant avec un couteau électrique de cuisine, le même qu'il y avait dans la cuisine de mes parents. J'étais content qu'ils l'utilisent pas, j'avais limite la trouille. Heureusement qu'il y eut alors "Mortelle Randonnée" et "les Soeurs Brönte".

    Isabelle+Adjani.jpgOnt suivi le pitoyable "Ishtar" avec Warren Beatty et Dustin Hoffman (arriver à rendre ce dernier mauvais, fallait vraiment que le réalisateur soit nul) et le boursouflé "Camille Claudel". Quand elle reçoit le césar pour ce rôle, elle lit quelques extraits des "Versets Sataniques" pour emmerder les mollahs criminels qui avaient condamné l'écrivain pour un livre qui était plus dans la lignée des "mille et une nuits" ou Omar Khayam que dans celle des brûlots anti-religieux. Maintenant que les médias occidentaux et les politiques laissent croire que le Grand Satan c'est Benoît XVI, je me demande comment on en parlerait si elle le faisait maintenant. J'ai bien aimé aussi quand elle est allée en Algérie pour aider les opposants au FIS (Front Islamique du Salut). Et puis je l'ai un peu perdue de vue après "la Reine Margot". Un peu comme ces photos qui inspirent une certaine nostalgie mais sans le désir de revenir particulièrement en arrière. Et là, quand je l'ai revue dans "la Journée de la jupe", c'est comme si tout recommençait entre nous. Hier, je me suis infligé le show cire-pompes à paillettes de Canal + pour elle, "le Grand journal", et comme les jeunes acteurs autour d'elle, j'avais pour sa personne les yeux de Chimène.

  • Délit de sale gueule à Evreux - encore un peu de politique locale qui intéressera tout le monde

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    D5990.jpgTout à l'heure, je vais faire quelques courses dans une des supérettes d'une place du centre-ville d'Evreux, de celles qui sont ouvertes tard. Le charmant commerçant rougeaud qui m'accueille me demande de laisser mon sac à dos à la caisse. C'est la première fois qu'on me le demande dans cet endroit mais je m'éxécute quand même. Quand je reviens à la caisse, je m'aperçois que je suis le seul à qui la bouture de milicien qui tient le commerce a demandé de laisser le sac. D'autres clients derrière moi, dans le magasin, se baladent avec leurs musettes, sacs à provision et autres carnier, poche, cartable, sacoche, sachet, gibecière, serviette, besace, musette, bissac, havresac, bourse et j'en passe. Je demande à l'aimable épicier ce qui justifie que je sois le seul gros gâté, je suggère que c'est à cause de mon aimable minois. Il me répond de très mauvaise foi qu'il fait son boulot et qu'il demande à tout le monde, ce qui est faux manifestement et objectivement. Le taquin grossiste, juste avant, venait de compter ses pièces de monnaie de 2 et de 5 centimes sous mon nez. Serait-ce donc parce ce fripon revendeur de tout et de rien m'aurait vu distribué des tracts politiques qui ne lui ont pas plu ? Est-ce parce que ma tête ne lui revenait pas ? Je ne sais pas. Et peu importe. Mais je conseille d'éviter son échoppe très facile à situer dans notre bonne ville d'Evreux.

    Ce doit être ça un français de la France d'après...

  • Un film de balles - le retour de la vengeance mortelle de la cinéphilie honteuse

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    dodgeball.jpgHier soir, j'ai regardé pour la cinquième fois (et je n'en ai pas honte) "Dodgeball - même pas mal" avec Ben Stiller et Vince Vaughn. Le premier, White Goodman, est le dirigeant mégalomane à brushing et pectoraux saillants, paranoïaque et stupide d'une salle de gym géante, "Globo Gym", pleines d'écrans géants et de machines à torture aseptisées, et dans laquelle se précipite tous les obsédés de l'apparence, du bronzage à la carotène et du "bling-bling". Il veut racheter la salle du deuxième, Peter Lafleur, beaucoup plus décontracté, voire un peu "j'm'en foutiste" qui accepte chez lui des "freaks" beaucoup plus originaux, et beaucoup plus sympathiques. Son slogan propose de rester tel que l'on est mais de faire attention à sa santé. Bien sûr, il oublie de faire payer les cotisations et est au bord de la ruine. Pour sauver la petite salle, "Average Joe" (ou monsieur "tout le monde), un des freaks a l'idée de participer à un tournoi de "Dodgeball", sorte de balle au prisonnier en plus kitsch. White Goodman est un névrosé qui se fait des séances "pornographiques" en douce (il sniffe de la pizza et regarde des émissions culinaires), plus ou moins homosexuel latent, et qui s'habille tel un survivant des années 80. Vu son excitation perpétuelle, on le soupçonne de sniffer de la coke. Il est assisté d'un grand noir costaud à sa boote, Michelle. L'équipe de bras cassés de Dodgeball de Lafleur se fait aider d'un ancien pro de ce sport, une légende vivante grossière et un rien cinglée, Patch O'Houlihan, et peut partir au tournoi mondial  organisé à Las Vegas bientôt rejointe par l'ancienne comptable de White qu'il a viré pour mieux la draguer. De son côté, celui-ci réunit sa propre équipe (dont un sosie de Frida Kahlo (?))....

    C'est de l'humour con, mais jouissif, des répliques débiles mais hilarantes, sans pour autant sombrer dans la vulgarité. Le genre de petit bijou de film drôle mais stupide que seuls les américains savent faire maintenant.

  • Un peu de politique locale (qui concerne tout le monde finalement) : les trains Paris-Evreux-Caen

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    TER2-c936e.jpgCe matin, des jeunes femmes distribuaient devant la gare d'Evreux des courriers de doléance à envoyer à la mairie d'Evreux concernant les problèmes liés à la ligne Paris-Evreux-Caen. Bonne initiative. Dans le même temps, le train de 7h39 en direction de Saint Lazare arrivait avec cinq minutes de retard, ainsi qu'une fois sur trois, et le train de 7h40 vers Caen, idem, ce qui est pour cette ligne et cette horaire quasiment quotidien, ce train n'étant quasiment jamais à l'heure. Je me suis donc dit qu'en plus d'exposer les problèmes sur ce courrier, il serait intéressant d'en parler ici aussi.

    Les voyageurs ne sont que rarement informés des causes de ces retards, ou alors de manière fantaisiste, on invoque un mouvement social, fini depuis une semaine, le verglas, la chaleur, la pluie, la neige, toutes choses extraordinaires en France il est vrai. Pourtant, les trois quart des personnes prenant la ligne à cette heure là sont des travailleurs dits "pendulaires" qui payent rubis sur l'ongle leurs abonnements. Il faut dire que la rentabilité à tout prix est devenue la norme et que des trains antédiluviens sont encore en service sur cette ligne, des wagons parfois non chauffés en hiver sans parler du train partant d'Evreux pour Paris à 18h20 le vendredi, toujours bondé, personnes n'ayant semblé comprendre qu'il faudrait peu-être rajouter deux ou trois voitures au train.

    Et il n'est pas posssible de rester à Paris après 21 heures, ou à Caen après 19 heures, le voyageur malchanceux ne pourra pas rentrer après un théâtre ou un cinéma.

    Manque de bon sens peut-être ?

    Ce n'est cependant pas qu'une question de moyens. Les TGV sont favorisés aux "petites" lignes régionales, et le train n'est plus considéré depuis longtemps comme un service public.

  • Some "Good vibrations" en attendant la fin du monde

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    On ne va pas se laisser avoir par cette mode idiote qui prévoit la fin du monde pour demain.

    So Here"s some good vibrations waiting for the End of that fucking stuff...

    Pas si niaises et optimistes qu'elles en ont l'air. On considère toujours que les "Beach Boys" c'est de la musique pour surfer, un truc vide de sens, du bubblegom sur trois, quatre minutes. Brian Wilson était un musicien hors du commun, sensible jusqu'à la folie ou presque. Un type lucide et un malade.

    Et tout simplement un bon musicien.

  • Vive "la journée de la jupe " !

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    f9bb9460-1556-11de-b069-ff05ab5472f1.jpgJe vais être direct, même si ce n'est pas un chef d'oeuvre (bien sûr) ce film fait un bien fou. Enfin ! Enfin quelqu'un qui n'aligne pas les clichés mièvres à la file sur la banlieue comme un philosophe de comptoir enfile les perles. Enfin un film sans bons sentiments et clichés larmoyants !

    Sonia Bergerac est prof dans un collège difficile (Adjani excellente dans son rôle, plus que depuis des années, je trouve qu'elle n'a pas été aussi bonne depuis longtemps). Un jour, un flingue tombe du sac d'une petite crapule, à bout de nerfs, elle craque et ramasse l'arme qu'elle braque sur les élèves. Dans un magasine culturel de bon ton, il vaut mieux avoir sa carte de chrétien de gauche pour le lire et supporter, on trouve ça irréaliste : un gamin ne peut pas avoir un flingue et une prof ne peut pas craquer comme ça. Les gamins réagissent tous différement, les filles disent ce qu'elles ont sur le coeur petit à petit, les insultes quand elles osent être un peu féminines, les saloperies qu'elles supportent de la part de connards arrogants. Un des garçons, plus timide, moins violent, se révolte contre la violence également. Il est à noter que les adolescents sont également excellents. A l'extérieur, chacun réagit à son échelle, ce qui domine étant la lâcheté, l'aveuglement et la bêtise. Les parents de Sonia essaient de la raisonner, les élèves découvrent alors qu'elle est d'origine algérienne (Comme Isabelle Yasmine Adjani), mais qu'elle a choisi un mode de vie trop libre aux yeux de sa famille qui l'a rejeté. Cela aurait tout changé pour eux mais pour Sonia c'est encore de trop, car elle voulait simplement vivre librement libérée de la connerie. Mais ce n'est plus possible.

    1108717642.jpgOn n'est pas dans la mièvrerie de "L'esquive", ce n'est pas une sorte de docu-fiction mais pas tant fiction mais pas tant documentaire que ça comme "Entre les murs", qui est finalement un long clip à la gloire d'un saint laïc ou qui du moins croit l'être, Bégaudeau. Dans "la journée de la jupe", on parle de tout : l'ignorance, l'hypocrisie, la lâcheté de ceux qui achètent la paix sociale dans les cités par la démagogie, l'intégrisme religieux entraîné par la méconnaissance de ses propres origines, les gamins se comportant en miliciens glaçants, les profs qui craquent, qui abandonnent les principes de l'éducation, qui se laissent mener, qui ne comprennent rien. Il y a les flics copains, les flics qui veulent tout faire péter, les racistes qui ne veulent pas entendre parler d'aide aux pauvres, les jeunes trouillards, les vieux qui veulent encore en découdre, ceux qui jouent l'écoute et sont collés aux stéréotypes, les parents qui ne veulent pas voir le réel, les parents qui se raccrochent à des traditions stupides par peur de perdre leur âme, le racisme, ou plutôt les racismes, tous les racismes bien sûr et pas seulement celui des blancs.Ce film montre l'influence profonde de la téléréalité, de l'obsession de la célébrité à tout prix qui n'est pas un truc drôlement coool à la Warhol, montre qu'il n'y a plus que ça, et que la culture est de plus en plus réservée aux plus favorisés.

    Ce film renvoie dans les cordes les idéologues, qui ne veulent pas voir le réel, les nostalgiques de l'ancienne école qui n'était pas mieux, les politiques qui sont dans la négation totale de la réalité, qui méprisent le terrain, qui ne veulent rien entendre : les tournantes, les caïds qui tiennent en coupe réglée leur territoire, les armes, la sottise, la sottise et encore elle. Et à la fin le tout finit par une tragédie. Ce film est vrai, car un jour, j'en témoigne, un prof peut avoir envie de pèter un câble devant l'ignorance crasse assumée, la violence, la lâcheté des nantis, et leur hypocrisie enrobée de bons sentiments.

    Et puis j'aime toujours autant l'émotivité d'Adjani, sa sensiblité à fleur de peau qui quand elle est aussi bien canalisée est étonnante. J'y retrouve toute la sensibilité dont sont capables ces peuples de ces régions du monde qui sont pour moi définitivement des terres saintes...

  • L'air d'un «pas grand-chose»

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    17%20REMBRANDT%201638%20AUTOPORTRAIT%20AVEC%20SASKIA%20OU.jpgQuand j'étais au Proche-Orient, il y avait à la bibliothèque du Centre Culturel Français de Jérusalem un étudiant qui préparait une thèse et ne fichait donc que rarement les pieds en dehors de cet endroit. Pourtant, peut-être était-ce pour compenser, peut-être était-ce par orgueil ou un complexe d'infériorité, on se sait pas trop, il jouait les aventuriers avec toute oreille compatissante qui voulait bien l'entendre. Pour que la mystification fonctionne bien, il s'habillait en baroudeur : chéchia, chapeau de baroudeur, lunettes d'aventurier et habits kakis et couleur sable. Comme il avait plutôt une bonne petite tête de jouvenceau, les naïfs et naïves le croyaient et gobaient ses dires. Par contre, un ami d'un gabarit confortable comme le mien, et moi-même, quand nous commencions à parler de nos escapades, on souriait avec commisération devant ces deux bons vivants qui ne devaient pas sortir beaucoup et exagéraient sans doute un saut de puce ou un autre. Ce n'était pas possible qu'un petit gros et un grand costaud voyagent, qu'ils voient du pays sans se soucier de leur confort. Et s'ils s'étaient pris en photo devant le soleil couchant sur fond de dunes, personne ne les aurait cru. Très important cette photo, il en est qui en ramenèrent bien 700 voire plus de leur séjour entre Israël et la Palestine.

    Quand je suis rentré, on préférait aussi écouter sur toutes les questions relatives aux problèmes de la région un bouffi mais d'orgueil qui avait passé quinze jours dans le coin, dont sept au « King's David » de Jérusalem, impressionnant le troupeau par le fric et quelques colifichets qu'il avait obtenu par l'obséquiosité et le cirage de pompes de quelque trou-du-cul pompeux vaguement intellectuel. Sans oublier bien sûr les diplômes prouvant sa docilité à gober n'importe quelle sottise idéologique. Cela dit, je ne conteste pas la valeur du travail effectué mais parfois il faut remettre les choses à leur juste place et dans leur juste proportion. C'est un peu pareil sur la lecture, le goût de la belle musique, de l'art. On n'écoute pas celui qui n'a pas un morceau de papier qui fait de sa culture une culture estampillée convenable, ou simplement un peu plus de pognon que la moyenne ce qui impressionne toujours le commun pour qui c'est cela le plus Quentin_La_Tour_autoportrait_small.JPGimportant. La culture n'est là que pour mettre en valeur les prétentions de celui qui l'étale ou celles de celui qui écoute, qui s'en fout de s'enrichir intellectuellement, ne songeant qu'à l'image qu'il donne de lui, image qu'il obsède, celui-ci ne comprendra jamais qu'il serait plus simple qu'il soit simplement vrai dans son attitude et se comporte tel qu'il (elle) est. On remarquera toujours que quand on considère une personne telle qu'elle est, elle n'aime pas, elle préfère qu'on l'aime pour son personnage.

    Plus tard, je me suis présenté devant un « côtche » boulot (censé aider à trouver plus facilement du boulot) qui émit de suite un doute sur mon CV, pour lui ce n'était pas possible, je n'étais pas allé à l'étranger pour y vivre, n'avait pas participé à différentes associations musicales à l'université. C'est terrible, il faut avoir l'air de sa vie pour être considéré vraiment, l'apparence étant le plus important, tout comme les stéréotypes. Dans ces cas-là, pour éviter de me torturer, je prend l'air de rien, je fais comme si je n'entendais pas. Ou alors, à une époque, j'en rajoutais sciemment dans le côté gros lard marrant et un peu plouc, c'est tellement bon d'en remettre une couche alors pour ridiculiser le stéréotype, le couler définitivement, mais il a la vie dure, et s'enferme dans sa coquille plus profondément qu'un escargot dépressif. J'ai un ami, un géant barbu et confortable lui aussi, qui a fini par en souffrir, parce que brûlait au fond de lui un secret désespoir, une perle sombre d'angoisse, mais aussi un désir de reconnaissance pour autre chose que des blagues de fin de banquet, un désir également de romantisme car les êtres ainsi dotés d'une amplitude hors-normes ont besoin d'amour parfois un peu plus que d'autres, et sont capables de passion malgré leurs habits de Raminagrobis ou de Frère Tuck. Quand l'entourage le découvre, les amis, les amours, on prend peur, on entrevoit presque la noirceur du péché chez le coupable que l'on ne comprend plus car il ne correspond plus du tout à l'image fausse que l'on se faisait de lui.

    Deux autoportraits en illustrations : Rembrandt et Quentin de la Tour

  • Gratuité des soins pour les malades du SIDA en Afrique

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    afriquesida.jpgQuelqu'un vient de demander la gratuité totale des soins pour les malades du SIDA en Afrique. Est-ce Hugo Chavez, Evo Morales, le sous-commandant Marcos ou un autre révolutionnaires ? Non ? Est-ce alors un militant pour les droits des homosexuels ? Un activiste d'"Act Up" ? Jean-Luc Romero ? Non, c'est le Pape Benoît XVI dés sa descente d'avion à Yaoundé, avant même que les rédactions européennes ne réagissent. Mais bon, ça ne colle pas, Benoît XVI étant un atroce réactionnaire, un pape dogmatique et qui réintègre des évêques négationnistes exprès, un ancien SS certainement. Benoît XVI c'est la haine sans risques, le scandale à peu de frais, le bouc-émissaire commode et bien utile finalement.

    ROME, Mercredi 18 mars 2009 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI a demandé les soins gratuits pour les malades du sida dès son arrivée à l'aéroport de Yaoundé au Cameroun, mardi après midi. Un appel qui a reçu très peu d'écho. Il appelle les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida. Les médias ont passé sous silence ce passage de sa conférence de presse dans l'avion de Rome à Yaoundé.

  • Les sombres souvenirs d'enfance de Carlos Gimenez

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    « Paracuellos » de Carlos Gimenez

    carlos_gimenez.jpgGimenez était l'auteur dans les années 70 de bandes dessinées psychédéliques de Science-Fiction puis ensuite d'albums plus adultes, plus « almodovariens », sur la vie sexuelle des madrilènes avant, pendant et après Franco. Gimenez a un humour absurde et un sens profond de la caricature et de la dérision. Il semble qu'il ait acquis tout cela en réaction à son enfance passée dans une institution pour enfants pauvres et pour orphelins aux temps les plus durs du franquisme. Certains diraient que c'est seulement la faute du franquisme, c'est un peu facile, sous nos cieux républicains et démocrates, les choses ne se passaient et ne se passent pas beaucoup mieux pour les gosses les moins gâtés par la vie (et qui sont toujours autant méprisés). Il a commencé par dessiner des tranches de vie de cette période par désir de catharsis en les traitant avec un humour distancié et très caustique, surtout envers les adultes responsables de ces horreurs, en procédant deux pages par deux pages, en parlant surtout de lui au départ puis en consacrant au fur et à mesure les autres histoires à ses camarades, chacune portant le nom d'un des enfants. Ces histoires sont aujourd'hui réunis en un recueil de 299 pages.

    Les esprits chagrins trouveront ça un peu larmoyant, et pleurnichard, tout ce qui parle de la souffrance des plus petits, en particulier des gosses, leur paraissant à chaque fois insupportable car la compassion est perçue comme une faiblesse et parce que la souffrance fait tout simplement peur. J'ose espérer que c'est seulement de la pudeur de leur part. On ne veut pas la voir, surtout quand elle ne concerne pas son nombril, encore moins quand il s'agit d'enfants maltraités. L'institution est tenue par un prêtre qui en est le directeur, un imbécile dur et sans pitié, pontifiant et pétri de certitudes absurdes sur l'éducation. Il est secondé par une gouvernante, une vieille fille revêche et perverse, une brute décervelée, également phalangiste, et une infirmière cacochyme. Et « Paracuellos de Jamara » est le nom de l'endroit. Le style de Gimenez est relativement éloigné de « Cria Cuevos » et plutôt à rapprocher du cinéma italien, et pas seulement celui qui parle beaucoup de l'enfance, comme les films de Luigi Commencini. On songe aussi parfois aux premiers films de Fellini. Plus tard, il apparaît que Guillermo del Toro s'est inspiré de « Paracuellos » pour « L'échine du diable » mais aussi pour « Le Labyrinthe de Pan ».

    Je me demande toujours si le directeur et le personnel de cette institution prétendument fervents catholiques, ou d'autres au Brésil pour qui le viol et l'inceste ne méritent pas l'anathème, pour le reste (l'avortement) je n'en discuterais pas (on saisira l'allusion), se rappelaient ou se rappellent de ce que dit le Christ dans l'Évangile du sort réservé à ceux qui font du mal aux plus faibles, il eût mieux valu pour eux qu'ils ne voient jamais le jour). C'est toujours également un peu la même chose quand un type se prétendant providentiel, que ce soit un petit gros général, un barbichu ancien journaliste, un adepte de Georges Sorel et des mouvements de menton, un peintre raté ou un ancien séminariste presque russe, il veut faire le bonheur du peuple malgré lui, selon bien sûr sa propre conception du bonheur dont les défenseurs encore maintenant sont comme autant de fanatiques illuminés et aveuglés par leur ferveur. Ce sont toujours les enfants qui subissent en premier les conséquences de leur sottise...

    ParacuellosPlanche.jpg

  • Les dangers du "R'n'B"

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    shyneze_-_street_rnb_mix.jpgSous l'appellation incontrôlée "R'n'B" on désigne de la bouillie sonore qui n'a en fait strictement rien à voir avec le "rythm and blues", désignation sous laquelle on mettait toute la musique afro-américaine qui n'était pas du Jazz au sens strict. Des chanteuses habillées en côle girls de bas étage, ou bossant à Las Vegas, couinent en appuyant bien sur les nasales la perte de leur amour qui s'avère dans leur description la plupart du temps un gros con de beauf ne vivant que pour sa bagnole et son nombril. Ce qui est marrant est que ces filles se ressemblent toutes, des énormes boucles d'oreille aux bottes en latex en passant par la "booty dance", qui vient du "crunk", mouvement musical beaucoup plus vulgaire encore si c'était possible, quasiment obligatoire, le fond de teint à la truelle et les yeux de péripatéticienne babylonienne. Et les clips paraissent tous s'inspirer de l'esthétique porno californienne.

    En français, dans ce qui reste de notre variété, laminée par les "stâârs" de téléréalité beugleuses, de Sherifa Luna à Christophe Willem, elles ont plutôt tendance à s'habiller en survêt, porter le cheveu cranté et les tennisses "de marque" ou parfois, plus rare, le djin slime. Les gamines qui les copient ne se rendent pas compte que si la peau des chanteuses est si lisse c'est parce que leurs visages sont retouchés par palette graphique, cela n'a rien à voir avec un artifice cosmétique. On subit le "Errènebi" partout, dans les gares, les bus (à cause de ces foutus portables qui font aussi MP3), les trains (itou) et dans la rue depuis que beaucoup de municipalités ont eu l'idée géniale sans doute de doter chaque coin de leur ville de haut-parleurs de mes deux qui quand ils ne diffusent pas de la soupe "errènebi" donnent l'impression de s'être arrêtés aux pires tubes des années 70/80.

  • Les djeuns et la politique et 2009

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    UMP_017-copie-2.jpgOn ne le répètera jamais assez, on entend plein de choses intéressantes en attendant le bus. Tout à l'heure, j'étais face à l'hotel de ville, feuilletant un journal dit satirique du mercredi que j'ai (hé oui) la faiblesse de lire hébdomadairement, et il y avait à côté de moi un jeune c.. homme plutôt chic en train de parler politique et religion avec une vieille rombière qui de temps à autres, bizarrement, lui répondait en se tournant vers moi.

    Le jeune bien mis avait une plante en pot dans les mains avec un gros noeud rouge et des lunettes de conseiller clientèle. Je crois comprendre qu'ils sortent du réunion, commémoration d'un décès quelconque ou je ne sais quoi...

    Jeune bien mis (voyant la couverture de mon hebdomadaire qui caricature Sarkozy) : Au moins le président, y fait quequ' chose lui au moins pour ceux qui veulent pas travailler !

    Vieille rombière : Ah, je suis bien d'accord, quand j'étais jeune, au moins, on était moins exigeant sur le travail !

    JBM : Kesky veulent ? Y veulent qu'on les assiste ? Y veulent l'assistanat ? Moi au moins je sais que si je perd mon djob dans la vente, hé ben, je prendrais le premier boulot qui se présente, même (roulements de tambours) même agent de sécurité !

    Les deux me regardent, guettant une réaction, ou une provocation du gauchiste que je suis à leurs yeux.

    Je me dis quand même à ce moment que je n'ai jamais été, ne suis pas et ne serais jamais libéral et encore moins UMP (ou UDF ni même du Modem).

    VR : Le président, il est riche, mais il a travaillé au moins, il mérite son argent. Faut le respecter, faut respecter ceux qui ont un peu de bien. Voyez, moi (prononcé Môa), on a une maison avec mon mari hé bien le père X...(ici les noms ont été cachés pour protéger l'innocent), toujours quand y me voit, y me demande si on a toujours des problèmes avec nôtre tout à l'égoût dans notre maison de campagne. Et puis, au moins, dans notre paroisse, y a que des gens biens, on n'est pas mélangés avec n'importe qui (là la rafale de mots arrive vers moi car elle se retourne en même temps).

    JBM (me regardant avec intensité, car il croit peut-être déceler dans mon regard un peu de moquerie) : Les z-intellos (un intello je le précise, en langage UMP, est quelqu'un qui sait lire selon toute vraissemblance) y vont encore le critiquer, ça d'vient pénible quand même. Quand c'est la crise, faut s'unir (ritournelle connue, en fait naissant de la culpabilité d'avoir un peu de pognon, et de l'envie de ne pas entendre trop parler des difficultés des autres).

    karoutchi_energy_drink.jpgArrive alors un autre jeune homme bien mis, au teint pâle de rose à peine éclose, les cheveux blonds, une crête au sommet du crâne, un ail-pode vissé à la ceinture, il fait un signe à l'autre JBM :

    JBM2 : Ben quoi ? Tu viens ? On va rater la deuxième séance pour "Harvey Milk" ! Toi alors, t'as vraiment du mal à être à l'heure !"

    JBM1 quitte la vieille rombière qui fronce un peu les sourcils mais me dit quand même, sans attendre de réponse, je prend alors un bon sourire de Raminagrobis qui veut tromper son monde :

    - Quand ils sont comme ça, bien éduqués, c'est quand même moins grave et puis Anthony, y sert encore à l'église le dimanche au moins c'est déjà ça...

  • Jardin au centre d'Évreux

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    evreux.jpgA Evreux, au centre de la ville, existe un très beau jardin fermé par un grand mur et des grillages ainsi que des buissons touffus pour ne pas bloquer la vue, juste devant l'hôtel de la Préfecture. Je me faisais cette réflexion en passant devant ce matin, ça ferait un autre excellent lieu possible comme agora pour la ville. Certaines mauvaises langues et râleurs, dont je ne suis pas bien sûr, diraient que quelques édiles conservent ce jardin pour leur bénéfice propre, je ne puis le croire, on sait bien de toutes façons que tous les privilèges ont été effacés la nuit du 4 août 1789, et que depuis il n'en reste aucun en République. Certes, il y a déjà le jardin public un peu plus haut, proche de la gare, mais il n'a pas cette position significative, qui permettrait aux ébroïciens de plus se croiser et se côtoyer.

  • Un vague sentiment d'insécurité

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    insecurite.gifLes jeunes auraient peur de l'avenir le voyant comme très sombre, professionnellement et politiquement, certains sont même persuadés de l'imminence de la fin du monde. Ils savent qu'ils gagneront moins que leurs parents et grand-parents et que la crise sera certainement longue. Dans les cités dortoirs, on nous explique depuis longtemps que tout va bien, gràce au travail sur le terrain, que même il n'y a plus besoin de donner de l'argent aux associations, alors que c'est un problème de société qui est structurel. Les intégristes les plus cons, les obsédés de la masculinité, les miliciens en herbe occupent de plus en plus le terrain. On prétend que leur musique et les tags c'est une nouvelle culture, alors que ce ne sont que des signes de reconnaissance d'un ghetto dans lequel on s'enferme de plus en plus volontairement face à l'hypocrisie du système.Il y a toujours ces confusions stupides, les rappeurs ne sont pas des rebelles, ils veulent consommer autant que les autres, s'intégrer à une société dont ils comprennent parfaitement le fonctionnement basé sur le paraître et la possession d'objets totèmiques. Il y a une radicalisation inédite du discours que ce soit d'un côté ou de l'autre, des problèmes qui n'existaient pas il y vingt ans, qui ne se posaient même pas. Dans certaines cités, se balader avec un flingue est normal pour les gosses, tout comme conduire une bagnole à la manière de "Starsky et Hutch", toutes les figures de l'autorité, proche ou lointaine, sont très mal considérées, mais ce n'est pas grave puisque l'on continue d'envoyer les policiers les moins expérimentés, tout comme les profs les plus novices dans ces quartiers. On parle beaucoup du "vivrensemble" mais on ne fait rien pour que le sentiment de communauté se concrétise vraiment. Et pourtant il y a de plus en plus de signes franchement inquiétants...

  • Une expérience à l'étranger pour du beurre ?

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    lost-in-translation-2.jpgEn France, sous les cieux de notre beau pays, être parti à l'étranger, y avoir travaillé et vécu un, deux ou trois ans voire plus est considéré comme un  handicap, contrairement à à peu près tous les autres pays d'Europe. Comme l'individu qui a vécu cette expérience ne sera pas exactement dans les mêmes rails que les autres, un peu plus hors-norme, on considèrera ça comme un signe d'indocilité mais aussi d'instabilité. Alors que professionnellement, c'est largement plus enrichissant que beaucoup de choses, à commencer par les stages débilitants souvent là plus pour justifier le salaire d'un incapable que pour véritablement former les salariés. Pourtant l'individu qui a vécu cette expérience formidable a appris souvent une ou deux langues, qu'il a pratiqué quotidiennement, il s'est adapté à des méthodes et des conditions de travail très différentes, parfois plus dures. Il n'empêche, en France, la frilosité des uns et des autres, dans le public ou le privé, fait que c'est un sévère handicap. Frilosité à laquelle il faut rajouter souvent la jalousie plus ou moins bien camouflée du cloporte docile : "T'es parti travailler à l'étranger, pourquoi tu reviens si t'étais si bien là-bas, attend, tu vas payer ton originalité". Combien de fois la personne s'étant expatrié entend-t-elle l'équivalent sous des dehors policés et courtois ? Enfin, si elle essaie de valider ses acquis, c'est tout un parcours du combattant qui semble exister d'ailleurs surtout pour le/la décourager de le faire. Car de toutes façons, il se heurtera sans cesse à la méfiance timorée des recruteurs.

    (Nota Bene :Remarquez, cette frilosité a au moins l'avantage de diminuer l'impact de la crise bancaire, nos banques étant déjà fortement d'une prudence sans mesure quant à l'investissement bien avant la chute de la Bourse, préférant la faillite d'une entreprise à son aide, favorisant les dividendes à une telle hauteur que ça en devient plus qu'ubuesque.)

  • L'Amérique que j'aime - "Gran Torino"

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    large_1GranTorino-453.jpgJe suis allé voir le dernier film de Clint Eastwood hier et j'ai beaucoup aimé. C'est pour le moins émouvant mais pas seulement. De plus en plus, Clint ressemble à Henry Fonda et au dernier héros américain. Walt Kowalski, un ancien militaire et ouvrier automobile (ce n'est pas gratuit), enterre sa femme qui vient juste de décéder. A l'enterrement, il retrouve ses deux fils et leurs familles, des petits bourgeois américains typiques (ils pourraient être des petits bourgeois occidentaux typiques en général) consommateurs, le cerveau lessivé par la pub et le conformisme, des formules lénifiantes et sottes sur le travail, les cigarettes (pas bon), l'alcool (pas bon non plus). Et finalement avides de récupérer les biens du vieil homme à commencer par sa Ford "Gran Torino" de 1972. Il les envoie promener ainsi que le jeune prêtre venu lui apporter son soutien qu'il traite de "puceau suréduqué". Le même jour des Hmong, des réfugiés d'Asie, viennent s'installer juste à côté de chez lui. C'en est trop pour Walt qui a conservé la plupart des préjugés racistes de sa jeunesse. Un nuit, Thao, le garçon de la famille, tente de lui voler sa "Gran Torino" pour être admis dans un gang ethnique. Il échoue et le lendemain, le gang arrive en expédition punitive pour lui donner une leçon; Walt déboule alors avec son fusil et sauve Thao. Il devient le héros du quartier et petit à petit, bon gré mal gré, surtout mal gré au début, il devient un peu le grand-père de ses "faces de citron" avec lesquels il découvre qu'il a plus en commun qu'avec sa propre famille. Il fait progressivement de Thao un homme fier de ses efforts et de son travail, capable d'inviter la jeune fille de ses rêves. Et puis un soir tout s'écroule de nouveau à cause de la violence, la haine, et la bêtise crasse. Walt prend alors une décision définitive, une décision virile au sens le plus noble...

    ...Que je ne dévoilerai pas.

    h_4_ill_1159070_gran-torino-bis.jpgLes cyniques (ce film est extrèmement éloigné du cynisme actuel) et les bien-pensants, les esprits faibles, n'aimeront pas le film, il faut être très clair là-dessus. Et après tout tant mieux, le film restera seulement à ceux qui l'ont compris. Clint montre que la réussite par le pognon et une célébrité illusoire est un leurre, il montre que cette société est infantile, ne vivant que dans la satisfaction de ses désirs dans l'instant, que c'est une société de sociopathes jouant tous un rôle, voulant se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, jaloux, envieux et finalement d'une idiotie finie, que les voyous y valent bien les pseudo-honnêtes gens. Il montre aussi qu'il n'y a pas de culture urbaine, pas de multiculturalisme, mais seulement des bandes de néo-barbares et de garçons perdus abandonnés par le système qui s'en fout. Il montre l'hypocrisie des belles paroles, de ceux qui singent la culture des gangs, des jeunes blanc-becs qui veulent jouer les voyous alors que ce ne sont que des jeunes blanc-becs. Et Walt c'est un peu tous les personnages de héros joués par Clint Eastwood, vieux, se sentant coupables de la violence à laquelle ils ont contribué, la haïssant. Enfin, c'est un film de Foi mais pas une foi de guimauve, une foi molle et fumeuse, un humanitarisme qui fait plaisir entre la poire et le fromage : à un moment crucial, Walt commence à réciter le "Je vous salue Marie...". Et comme toujours chez Clint Eastwood, les personnages de femmes sont très forts, plus que les hommes soumis à leurs pulsions. J'aime beaucoup celui de Sue, la jeune fille hmong, forte et cachant sa fragilité, d'une humanité radieuse. Ce film remet à l'honneur plusieurs notions qui sont autant de grossièretés en 2009 : l'honneur justement, l'amitié quitte à tout donner, la générosité, la bonté, l'espoir, l'effort, le sacrifice...

  • Madame Morano n'a peur de rien

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    6a00e54fc2d898883300e553ad4ea98833-800wiMadame Morano danse en meeting UMP avec des jeunes de son mouvement sans penser aux conséquences permises par la technique actuelle (être filmée, mise en ligne d'où un risque de se faire ridiculiser). C'est pourtant une femme qui a une vie publique importante (je n'ai pas dit que c'était une femme publique). Elle porte pourtant alors plainte contre Dailymotion et Youtube ayant hébergé des vidéos la concernant, cela ayant donné lieu à des commentaires qu'elle semble trouver pour le moins négatifs. Ce qui est paradoxal car comme elle l'affirme, c'est une femme libre, qui apprécie la liberté de moeurs donc de ton, une femme de progrès. Mais il semble aussi que les hommes et femmes politiques, ils le disent de moins en moins en "off", apprécient de moins en moins cet espace de liberté certe encore brouillon qu'est le réseau, et qu'ils ne peuvent pas contrôler, du moins pas encore car sur le coup je suis plutôt pessimiste, nous vivons des temps révérents et aimant l'ordre (on parie que Cluzel va être viré sous un motif ou un autre ?).

    Cela me rappelle un vieux monsieur qui conduisait très mal et se faisait régulièrement arrêter par la police. Armé d'une solide mauvaise foi et d'un culot monstrueux, il échappait la plupart du temps aux contredanses et aux rappels à l'ordre. Maintenant, son comportement serait considéré comme fortement incivique voire associal.

    Et on se souviendra aussi de Michel D., politicien ô combien respectable des années 80, qui s'étant fait traiter de con par un humoriste, Desproges en l'occurrence, porta plainte pour diffamation (rires). Deproges décida alors d'en parler comme d'un "sapin de Noèl", ce qui lui sembla moins risqué.

    Je pose quant à moi la question qui vient ensuite logiquement, Madame Morano est-elle un sapin de Noèl ?

     

  • Le parcours du combattant du premier roman

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    Quand un auteur écrit un premier roman (note personnelle : on n'est jamais si bien servi que par soi-même, voir par là le mien) pas trop mal ficelé, pas trop mal écrit, qu'il se décide à l'envoyer à un éditeur après avoir pris l'avis de diverses personnes, ce n'est que le commencement d'un parcours éreintant. Il reçoit au bout d'un ou deux mois, parfois plus, une lettre-type lui indiquant combien son oeuvre est passionnante blabla mais qu'elle ne convient pas à la politique des collections de la maison d'édition et tout le blabla habituel. Il peut le comprendre, il y a un gros paquets de manuscrits qui doit arriver tous les mois, écrits par des personnes qui pensent toutes que leur bouquin n'est pas loin du chef d'oeuvre. De plus il y a plus de 700 livres paraissant chaque année, dont de plus en plus des témoignages poignants, de moins en moins de fictions, et bien sûr sans compter les "locomotives" qui écrivent un "bon" livre et ne cessent ensuite de le réécrire toujours et encore sous de multiples formes, sans bien sûr prendre le temps pour la plupart de retravailler leur texte (ça se voit de plus en plus).

    1775.jpgDe plus, son manuscrit est rarement lu par le directeur éditorial, qui sait par contre très bien lire les juteux contrats qui lui rapportent, mais plus par un ou une stagiaire débordé/e, sous-payé/e et méprisé/e. Cela, il peut le comprendre, il veut bien, après tout c'est la règle. Il peut même comprendre que ce soit du commerce et que l'éditeur doit vendre ce qu'il édite. Ce qu'il ne comprend pas, l'auteur de premier roman, c'est quand quelques semaines plus tard, après sa lettre-type de refus, il voit paraître le livre-confession d'une fille de philosophe télévisuel sur ses amours, ou celui d'une clubbeuse qui parle de ses soirées, ou encore celle d'un vieux pervers développant sur plus de 150 pages ses pulsions pour les petites filles ou les petits garçons. L'auteur de premier roman se demande ce que cela a à voir avec la littérature, et pourquoi ce milieu est-il si endogame, le lèchage de culs y est un sport prisé, et si étanche ? Ou alors les éditeurs sont finalement restés d'une grande frilosité et aussi étroits d'esprit qu'un garde-champêtre de village. Car un éditeur devrait a priori lire les livres qu'il édite, mais allez dire cela aux diplômés des écoles de commerce qui gèrent ce business pour la plupart des maisons d'édition.

    L'auteur de premier roman dit-il ça qu'on le soupçonne aussitôt de jalousie,  d'amertume ou de méchanceté, selon la réthorique habituelle de ceux qui profitent du système, à moins qu'on ne lui en veuille d'être lucide et de dire la vérité. On lui conseille souvent de se tourner vers les sites d'édition électronique mais c'est plus ou moins du compte d'auteur déguisé, ou alors vers les petites maisons d'édition indépendantes qui ont un mal fou à subsister.

    En photo, les frères Goncourt dont le prix du même nom sert maintenant à récompenser les vieilles gloires fumeuses ou les écrivains bien vus par le système qui s'auto-alimente alors...

  • « English touch in comedy »

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    Depuis deux semaines, on peut revoir grâce à Arte des comédies célèbres des fameux studios Ealing, fameux pour le logo et le gong de la « Rank Company », comme « Tueur de dames » (« The Ladykillers », objet d'un remake discutable mais pas si mal des frères Coen) avec Alec Guiness et Peter Sellers, et « Noblesse oblige » avec le même Alec Guiness qui interprète les rôle de tous les membres de l'infortunée famille d'Ascoyne assassinée par l'élégant et cynique -mais finalement moral- Dennis Price.

    en8478.jpgDans la première œuvre, d'Alexander Mackendrick, des truands louent une chambre meublée chez une vieille dame anglaise un peu excentrique (sa maison est de travers). Profitant la naïveté de la pauvre vieille, ils réussissent un gros coup mais c'est la naïveté supposée (L'est-elle autant qu'elle le prétend ? Ce n'est pas certain) qui les perdra un par un, le dernier à mourir, le professeur, un sadique nanti d'un vernis de culture qu'il s'emploie à étaler constamment, Alec Guiness, décédant encore plus absurdement que les autres après qu'un de ses complices, un boxeur stupide, ait lui-même assassiné un autre comparse, Peter Sellers, petit voyou cockney qui essaie au départ de jouer les durs, comme le personnage joué par Herbert Lom, futur commissaire Dreyfus de "la Panthère rose", le premier à mourir. La vieille dame finira par profiter toute seule du magot, les policiers, aussi crétins que les gangsters, ne la croyant pas quand elle vient raconter toute l'histoire. J'aime beaucoup le ton élégamment ironique et très caustique de cette comédie extrêmement fine sans pour autant souffrir de la moindre prétention.

    NOBLESSE%20OBLIGE%202%20A%20G.JPGDans « Noblesse oblige » de Robert Hammer (« Kind Hearts and Coronets » ), le bâtard d'un duc pair du royaume qui a abandonné sa mère et ne l'a pas reconnu ni même secouru, Louis Mazzini, élimine tous les membres de famille d'Ascoyne afin d'en rester le seul héritier. C'est un criminel moral car chacune de ses victimes meurt par où elle a fauté, l'alcoolisme caché de l'un, la gourmandise de l'autre, le prêtre de la famille ( un raseur qui comme le dit Mazzini était « le plus simplet et a donc hérité pour cela de la charge ecclésiastique de la famille »), la bonne dame suffragette est trahie par son orgueil, et le banquier de la lignée par son avarice, quant au cadet il révèle sa lâcheté. Mazzini est quant à lui bafoué par la seule femme qu'il ait jamais vraiment aimé sincèrement excepté sa mère. Et il est finalement condamné à mort pour le seul meurtre qu'il n'ait pas commis. C'est lui qui raconte toute l'histoire de sa prison. Ce film montre parfaitement toute l'hypocrisie de certaines conventions sociales, en particulier toutes celles liées aux apparences. Mazzini dupe très facilement ses victimes en flattant leurs prétentions et leur orgueil, penchant qui le perd également car il finit par croire vraiment à la légitimité des meurtres qu'il commet pour s'élever et retrouver le rang qu'il estime mériter.

    5463.jpgJ'aime beaucoup aussi « L'homme au complet blanc » également avec Alec Guiness, également d'Alexander Mackendrick également réalisateur de l'excellent « Grand chantage » avec Burt Lancaster et Tony Curtis. L'acteur habitué des comédies britanniques y interprète Sidney Stratton, ingénieur chimiste finissant par découvrir grâce à l'appui d'un de ses amis industriels, Alan Birnley, un tissu apparemment inusable. Ce tissu semble d'abord faire la joie de tout le monde, et on pense même pouvoir résoudre différents problèmes causant beaucoup de souffrance, mais l'argent que les industriels commencent à perdre, les bénéfices que les petits et gros commerçants ne font plus les amènent à haïr un peu plus chaque jour l'inventeur idéaliste qu'ils finissent par vouloir tuer. Acculés par ses poursuivants, l'ingénieur est sauvé par la désagrégation soudaine de son costume, taillé dans le tissu miraculeux. Il finit par retourner dans son laboratoire pour continuer les recherches. C'est une histoire à la Marrcel Aymé, une parabole sur notre société gangrènée par le pognon.

     

  • Hommage Wizzz à Claude François !

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    Le 11 mars 1978 disparaissait Claude François (ce qui a permis à notre maîtresse de nous dire : "Vous voyez ce qui arrive quand on met les doigts dans une prise électrique !?) après avoir essayé de changer une ampoule sans prendre de précautions (il ne faut jamais faire ça dans son bain entre autres). Ses fans maintenant quinquagénaires voire plus déposent chaque année une gerbe sur sa tombe, elles continuent à vivre de la manière électrisante du chanteur qui leur faisait des trucs là et là (voir fig 1). Notre président a maintenant pris le relais de cette icône dont de vils calomniateurs prétendaient qu'il sniffait de la coke pour être aussi hyper-actif. Portant aussi le deuil de Louis de Funès, il leur rend l'hommage que ces deux grands méritent en calquant son comportement sur ses modèles.

    Ci-dessous une vidéo du chanteur pour se rappeler du bon goût de ses années là et surtout pour voir que la nostalgie se trompe toujours. De plus, à l'époque, à la télévision, pas la peine de vouloir lui échapper, il n'y avait que trois chaînes, c'était Drucker (il était déjà là), Guy Lux, Jacques Martin pré-Cécilia ou rien (hé oui, les enfants, c'était avant tous ces machins électroniques qui nous rendent la vie plus pénible ou plus facile c'est selon).

    "Écouteu mmm, MMaman est près de toi, il-faut-lui-dire-, Ma-man, c'est-quelqu'un pour toâ..."

  • Fais-je partie du troupeau anti-sarkozyste ?

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    (note : C'est pour rire Jean-Jacques et c'est sincère je me suis vraiment posé la question suite à votre commentaire)

    arton3208.jpgJe me pose plein de questions et opère une remise en cause formidablement humble, comme d'habitude, depuis qu'un commentateur a suggèré après un article de ce blog mis en ligne sur Facebook que je rejoignais le troupeau des anti-Sarko de base (dont certains, étrangement, ne se rappellent plus avoir voté pour le nabot en 2007) malgré "mon intelligence et ma culture", je cite, ce qui je dois l'avouer a encore mis a mal ma modestie proverbiale déjà bien attaquée (ouf), je passe maintenant à peine les portes de mon petit logis. Je ne suis pas découvert anti-sarko il y a peu, comme il y eut beaucoup de français, humbles diaristes pendant l'Occupation, qui se sont découverts résistants au printemps 44. Je le suis indubitablement depuis qu'il était responsable jeunesse du RPR en 1986, représentant déjà l'amour du fric et de la réussite sociale par le fric, sans se soucier d'autre chose, inculte et fier de l'être, comme beaucoup on me dira. Il a été élu sur la base du programme du Front National, rendu acceptable car moins i152598_antisarko.jpgmarqué que le Pen par un passé nébuleux (dont son séjour à la villa des roses à Alger).

    Et aussi du fait de ses amitiés pipôles, du fric qu'il claque au vu et au su du bon peuple qui s'en fout car rêvant de faire pareil. Certes, ce n'est qu'un fusible, il ne décide pas grand-chose, contrairement aux patrons qui se font des dividendes un peu plus immoraux chaque année. Bien sûr, on pense encore qu'un littéraire dans mon genre est beaucoup moins sérieux et raisonnable que ces braves gens beaucoup plus raisonnables de la Bourse capables de perdre 8000 milliards de dollars en un an, ce qui s'est passé à Wall Street en 2008, soit la somme permettant de nourrir toute la planète pendant des lustres. Mais ces gens là savent sûrement ce qu'ils font. Quoi ? Ils le savent, vous dit-on.

    Le petit gars a été élu aussi gràce à l'incapacité de la gauche à se positionner (sauf pour dire des conneries à mon sens, comme affirmer que personne ne remet plus en cause la société de marche, donc le marché, dont on espère qu'il finira bien par se réguler tout seul. Comment ? Parce que ses participants seront très très gentils d'un coup de baguette magique) ou décider de quoi que ce soit, ou à simplement faire quelque chose, et quand la gauche agit en France c'est toujours à rebours. Sans parler du fait que Ségolène Royal ne passait pas dans les couches populaires de la société, il faut dire qu'elle ne peut pas vraiment renier son milieu d'origine, très BCBG et cela la ménagère de moins cinquante ans et son mâle, dotés d'un temps de cerveau extrèmement disponible, n'aiment pas car ça leur rappelle leur propre médiocrité intellectuelle, ou simplement l'étroitesse de leurs aspirations ; et les profs, qui auraient pu voter pour elles, ne lui ont pas pardonné d'avoir travaillé avec Allègre. Ou alors on s'indigne et on tempête contre la société bourgeoise tout en utilisant les moyens mis à disposition par cette même société pour se défendre.

  • La mode est à la fin du monde

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    ailes-desir2.jpgHier, je vais au cinéma voir "Watchmen", déjà un film sur l'Apocalypse. Les trois bande-annonces qui passent avant parlent aussi de la fin du monde, différentes à chaque fois : attentats, cataclysme, guerre, sorcellerie etc... . Et on annonce pour 2009 toute une tripotée de bandes, livres et autres feuilletons qui parlent tous du même sujet. Comme si nous attendions vraiment la fin tout en broutant du pop-corn devant l'écran géant. Sur Internet, les "guiques", mais pas seulement, clament à tout vent que c'est 2012 la bonne date, à cause de la fin du calendrier maya (à laquelle les théoriciens du complot en mansardes ou les paranos de tout poil croient dur comme fer en partant de l'idée que si ce monde ne veut pas reconnaître leur valeur c'est parce qu'il va être détruit. On ne compte plus les top cinq, dix ou cinquante des bloggeurs, des journalistes, des intellos sur les rayons de nos librairies, comme autant d'inventaires avant que ça croule et que tout le monde meurt. Il faut faire attention, à force d'en parler, ça risque d'arriver.

    Finalement, nous sommes plus millénaristes que nos ancêtres de l'An Mil, qui pour certains ne savaient même pas en quelle année ils étaient et ne s'en souciaient pas. Certes, nous préparons nous-mêmes notre fin en polluant la terre, en souillant un peu plus chaque jour la planète, en le sachant très bien d'ailleurs, mais finalement tout le monde s'en fout en somme, et ce n'est pas deux ou trois aménagements écolos pubards qui vont changer quelque chose. Ces films et livres sur la fin du monde sont peut-être l'émanation de notre culpabilité quant à notre indifférence à la destruction de la nature que nous poursuivons sans remords ni scrupules. Et la différence entre les films et le réel est simple, la planète pourrait très bien se passer de nous, et c'est ce qui risque d'arriver d'ici cent-cinquante à deux-cent ans ou un petit peu plus selon notre rythme de destruction de l'environnement. D'ici là nous continuerons à danser au-dessus du volcan, et l'orchestre de jouer jusqu'à la fin comme lors du naufrage du Titanic.