lundi, 16 mars 2009

Une expérience à l'étranger pour du beurre ?

lost-in-translation-2.jpgEn France, sous les cieux de notre beau pays, être parti à l'étranger, y avoir travaillé et vécu un, deux ou trois ans voire plus est considéré comme un  handicap, contrairement à à peu près tous les autres pays d'Europe. Comme l'individu qui a vécu cette expérience ne sera pas exactement dans les mêmes rails que les autres, un peu plus hors-norme, on considèrera ça comme un signe d'indocilité mais aussi d'instabilité. Alors que professionnellement, c'est largement plus enrichissant que beaucoup de choses, à commencer par les stages débilitants souvent là plus pour justifier le salaire d'un incapable que pour véritablement former les salariés. Pourtant l'individu qui a vécu cette expérience formidable a appris souvent une ou deux langues, qu'il a pratiqué quotidiennement, il s'est adapté à des méthodes et des conditions de travail très différentes, parfois plus dures. Il n'empêche, en France, la frilosité des uns et des autres, dans le public ou le privé, fait que c'est un sévère handicap. Frilosité à laquelle il faut rajouter souvent la jalousie plus ou moins bien camouflée du cloporte docile : "T'es parti travailler à l'étranger, pourquoi tu reviens si t'étais si bien là-bas, attend, tu vas payer ton originalité". Combien de fois la personne s'étant expatrié entend-t-elle l'équivalent sous des dehors policés et courtois ? Enfin, si elle essaie de valider ses acquis, c'est tout un parcours du combattant qui semble exister d'ailleurs surtout pour le/la décourager de le faire. Car de toutes façons, il se heurtera sans cesse à la méfiance timorée des recruteurs.

(Nota Bene :Remarquez, cette frilosité a au moins l'avantage de diminuer l'impact de la crise bancaire, nos banques étant déjà fortement d'une prudence sans mesure quant à l'investissement bien avant la chute de la Bourse, préférant la faillite d'une entreprise à son aide, favorisant les dividendes à une telle hauteur que ça en devient plus qu'ubuesque.)

Commentaires

De toute façon en France, chacun sait qu'une certaine catégorie est incapable de toute ouverture & encore moins de "partage"... c'est dans les gênes sans doute.

Écrit par : EgoistShopkeeper | lundi, 16 mars 2009

Répondre à ce commentaire

C'est intéressant, ce que vous dites là... et fort dommage pour une certaine France, qui se prive de compétences utiles quoique pas toujours chiffrables, par peur des "fortes têtes" qui ont décidé d'aller voir ailleurs comment c'est.

Écrit par : Daniel Fattore | mardi, 17 mars 2009

Répondre à ce commentaire

Je suis une de ces fortes têtes, et les compétences reçues même si elles ne sont pas quantifiables sont bien présentes. Beaucoup de français préfèrent aller vivre ailleurs du fait de cette peur du reste du troupeau de voir une tête dépasser de temps en temps.

Écrit par : Amaury | mardi, 17 mars 2009

Répondre à ce commentaire

et puis en même temps, l'étranger; il n'y a + que ça mnt...

Écrit par : silentwhisper | mercredi, 18 mars 2009

Répondre à ce commentaire

Rien n'est encore foutu, heureusement

Écrit par : Amaury | mercredi, 18 mars 2009

Répondre à ce commentaire

Pas pour l'humanité....

Écrit par : silentwhisper | mercredi, 18 mars 2009

Répondre à ce commentaire

Il n'y a + que l'argent & la même 'sorte' de gens partout; comment voulez-vous qu'on aille quelque part ?

Écrit par : Heavy Rat | mercredi, 18 mars 2009

Répondre à ce commentaire

C'est vrai que les non-lieux et la société consumériste sont partout mais heureusement dans certains endroits on se sent un peu plus vivant, un peu moins zombifiés.
Je pense aussi qu'à force de parler de la fin du monde, qui fascine en ce moment, ça va bien finir par arriver. Je pense cependant que lorsque ça sera le moment, personne ne s'en apercera. A chaque moment de crise, beaucoup ont souvent cru que c'était la fin, et puis l'histoire a continué.

Écrit par : Amaury | jeudi, 19 mars 2009

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.