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  • Dans la catégorie "on s'en fout complètement" : les victoires de la musique

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    En photos, non pas la Sainte Trinité, mais la divine quadrature du cercle bobo.

    Encore ce soir aura lieu une cérémonie d'auto-remerciements comme le milieu culturel français aimerait en voir plus souvent. Il y a un côté éducatif de la chanson française qu'on ne signale pas assez souvent, c'est celui des pathologies dont les artistes font la prévention pendant leur tour de chant : par exemple, la chanteuse Camille, qui est très intelligente parce qu'elle a fait Sciences po et qu'elle sait monter des étagères Ikea toute seule, montre chaque fois devant son public les ravages du syndrôme de la danse de saint-guy et celui de Gilles de la Tourette sur les malades qui en souffrent. Carla Bruni, dont on peut écouter une version non officielle de l'album par ici, quant à elle insiste sur les ravages des problèmes de bronches et les extinctions de voix dont on souffre ensuite. Il y a les chanteuses qui éduquent le peuple et il y a la variété française dont les nombreuses chanteurs et chanteuses de téléréalité de salles de bains qui ont donné un renouveau éclatant à ce que l'on appelait le beuglant auparavant. Nous passerons sur le Air haine bi francophone dont la qualité n'est plus à démontrer, Sherifa Luna par exemple, une dizaine de chansons sur un album moins cher que deux litres de débouche-évier. Enfin, il y a le rap qui dénonce pleins d'injustices, "tu voas" ?, qui est drôlement méchant contre les "gebours" et les "fils de tepu de ta mère", "tu voas" ?, mais toujours avec talent et finesse comme ci-dessous. Enfin, il ne faut pas oublier le slam, qui est la cerise sur le gâteau de la chanson française actuelle, voir par là ni les chanteuses alcooliques, droguées et de gôche qui sont à la mode.

  • Des Césars que l'on aimerait voir plus souvent

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    Bien entendu les Césars, tout comme les Oscars, ne servent strictement à rien, sauf parfois, avant, plus maintenant, à ce que les précaires du cultureux s'expriment un tout petit peu (maintenant les flics les refoulent le plus loin possible, car, merde quoi, faudrait pas que des traîne-misères qui n'ont même pas de rolex à cinquante ans gâchent la fête). C'est un milieu qui se congratule, se félicite souvent avec hypocrisie et obséquiosité, se remercie, voire s'auto-remercie, ce qui demande beaucoup de souplesse (pour s'auto-lècher le cul ou pire). C'est très fort. On y récompense des films nuls ou chiants, sociaux-cul, mode ou vaguement nostalgico-poètiques avec des trentenaires qui ont un mal fou à s'engager mais gagne pas mal de pognon ou des héros du petit peuple laborieux tels qu'on les voit du VIème arrondissement, à de rares exceptions, avec un truc doré qui ressemble vaguement à un étron rectangulaire. Le populaire y et perçu comme très vulgaire, on est là de toutes façons pour éduquer le peuple qui, sinon, sans les élites culturelles de ce beau pays, serait perdu (on s'insurge, on s'indigne, parfois avec raison, contre la politique sécuritaire, contre le mépris de la littérature, mais on n'irait pas jusqu'à remettre en jeu ses privilèges pour que les choses changent). Le sketch ci-dessous des "Inconnus" est excellent sur les films français, et à ce lien on pourra voir des récompenses comme on aimerait en voir plus souvent.

  • La Miss qui fait froid dans le dos

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    art_large_530801.jpgCette info je l'ai trouvée sur Causeur.fr (bien qu'étant en total désaccord -c'est le moins que l'on puisse dire- avec l'auteur de l'article sur bien d'autres points, entre autres pierres d'achoppement, je serai pudique sur l'opinion que j'ai de lui, mais sur celui-là je ne peux que le rejoindre), elle fait froid dans le dos, on croirait une idée de cinéaste parano des années 70 ou un trip à la Philip K. Dick, ou un roman de Norman Spinrad '"Bug Jack Barron") : deux femmes organisent la première élection de "Miss SDF". Ils ne sont pas nombreux ceux que ça fait bondir : l'aide que l'on apporte aux plus pauvres devient du spectacle, une compétition. Ce n'est pas de la méritocratie, c'est la loi du plus fort, de la plus performante, tant pis pour celle qui traîne en chemin. Il faut dire que l'on vit dans une société où l'on continue de faire confiance à des types qui sont capables de perdre 5 milliards d'Euros en un click de souris, ce n'est donc pas étonnant. On constate que l'affiche est totalement racoleuse et qu'en plus les deux organisatrices sont des faux-culs sans bornes car elles prétendent que ce n'est pas un concours de beauté. Je me demande parfois jusqu'à quelle obscènité morale cette société s'abaissera encore.

    Post-scriptum : Ce qui m'amuse quant à l'auteur de l'article de Causeur est qu'il m'a reproché de (lui) faire la morale (car quand on rappelle quelques vérités à un bourgeois hédoniste de bas étage sa culpabilité remonte quand même très vite à la surface), mais qu'il est lui aussi finalement au bout du compte un moraliste ainsi que l'indique le contenu de son texte, et bien pire que moi car beaucoup plus intransigeant (c'est lui mon insulteur dois-je dire en passant).

    Belgique : "Miss SDF" - le concours qui fait scandale

    L’initiative de deux femmes fait polémique en Belgique : elles organisent la première élection de "Miss SDF". Loin des critères d’un concours de beauté, les qualités requises se situent au niveau du cœur et de la volonté de s’en sortir. Avec pour la gagnante : un toit pendant un an. Mais il n'y aura cependant pas de perdante. Toutes les candidates recevront diverses aides et bénéficieront d'un soutien personnalisé. Certaines associations d’aide aux sans-abris dénoncent du marketing à outrance.

    La suite de l'article ici

  • Pitié pour les cochons

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    Merci à l'insulteur tellement humble et modeste qu'il en a oublié son nom qui m'a inspiré cette note...

    HommePorc.jpgOn dit beaucoup de mal des cochons, ces pauvres bêtes qui zoologiquement, comme dirait Vialatte, existe depuis toute éternité. On les dit obsédés sexuels, sales et goinfres. Et quand on veut insulter quelqu'un on pensera aussitôt à le traiter de porc ou de sale porc, voire de gros porc pour stigmatiser la condition de petit gros qui est très mal vue de nos jours hygiénistes. On se souvient même de cet épisode décrit dans l'Évangile selon Saint Mathieu dans lequel Jésus met l'esprit de démons dans les corps de cochons qui paissaient tranquillement par là, à leur demande (des démons), et qui vont se précipiter ensuite dans le lac de Galilée juste en dessous, j'ai vu l'endroit c'est une haute falaise à pic au dessus de l'eau, pauvres bêtes. Ailleurs dans les Écritures, Le fils prodigue, quant à lui en est réduit à manger ce que lui laisse les porcs pour survivre. Pourtant, c'est l'homme, du moins en Occident, qui oblige la pauvre bête à se vautrer dans la boue et se rouler dans sa propre fange, et à manger ses restes.

    cochons.jpgL'on pousse même le vice, comme rappelait Desproges, à représenter un cochon hilare armé d'un couteau de boucher pour indiquer la devanture d'un charcutier vendant jambons et saucisses. Dans d'autres contrées, sous d'autres cieux, le cochon est un animal domestique comme les autres que l'on tient en laisse, que l'on bichonne, et on y sert de très bonnes escalopes d'épagneul voire d'excellentes côtes de siamois en friture. Le cochon y est très propre car on lui donne les moyens et la possibilité de l'être sans le forcer à l'humiliation de se vautrer dans ses excréments, car assurément le cochon n'est pas du tout coprophile. Dans le cochon, tout est bon, et je ne parle pas seulement de sa viande qu''il nous offrirait quand même fort généreusement si on le lui demandait, c'est un animal bon vivant, dont le teint rose dit le sens de la convivialité et de la bonne tablée. Parfois, même l'oeil du cochon pétille quand il voit passer de jolies suidées pourvues de cuissots appétissants. Certains peuples se privent sottement de sa chair succulente car la peau rose du cochon ne supporte pas le soleil, c'est fort dommage, on l'accuse même alors d'avoir les mêmes sabots que Belzébuth alors que chacun sait que le porc est le compagnon préféré de certains ermites, anachorètes et autres sages, comme par exemple Saint Antoine qui ne sombre pas dans la tentation avec l'aide du tendre animal.

    Bien sûr, cochon qui s'en dédit !

    Précisions

    L'image ci-dessus provient du site ILACA infos, webmagazine à ce lien

    On y trouve quantité d'infos intéressante sur l'Auvergne et le Cantal (culture, loisirs, découvertes, tourisme)


  • Jack Lang notre agent à la Havane

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    Lang%2014.jpgLa photo montre Fidel et Jack aux premiers temps de leur passion, quand rien n'obscurcissait leurs sentiments, heureusement le feu couvait sous la cendre et ne demandait qu'une toute petit étincelle pour se ranimer.

    Vous rappelez-vous ce film "Notre agent à la Havane", de Carol Reed (Graham Greene étant l'auteur du roman et du scénario qui inspirèrent plus tard "le Tailleur de Panama", que je n'ai pas lu me contentant du film avec Geoffrey Rush et Pierce Brosnan), merveille d'humour britannique, dans lesquels un agent secret prend ses renseignements auprès d'un tailleur mythomane qui lui raconte n'importe quoi pour se faire mousser auprès de ses chefs, le but également de l'agent officiel, et manque de déclencher une guerre mondiale par son inconscience. Jack, qui part pour la Havane en mission pour le nabot, me fait penser à ce tailleur, ce genre de personne vélléitaire tellement certaine d'être bonne et généreuse, d'être un phare pour les autres, qu'elle se compromet avec le pouvoir et est prête à toutes les bassesses pour en grappiller quelques miettes (du pouvoir). Jack Lang ne notre_havane.jpgcollectionne pas les montres hors de prix, ne saute pas les stagiaires et n'offre pas ses services aux pires dictateurs africains. Mais, sacré Jack quand même. C'est un peu comme ces vieilles gloires décaties connues pour leurs talents au lit, ces demies-mondaines sur le retour, qui essaient absolument de se persuader qu'elles ont gardé tout leur pouvoir de séduction et se fardent comme des camion volés pour camoufler les ravages du temps. Au moins pourra-t-il boire de bons "mojitos" et du rhum parfumé avec Éric Besson quand celui-ci prendra ses RTT de traître. J'ai aussi envie de faire le parallèle avec ces quatre militants du même parti de Jack, tractant cet après-midi dans un quartier d'Evreux, loin des ors, loin des privlèges, des voitures de fonction, proches de ceux qui subissent la crise, quatre naïfs. Finalement, tout ça ne reste qu'une question de pouvoirs qui se concentrent entre les mains des plus dociles, ceux qui savent bien comment constituer un réseau solide en cirant les pompes de l'un ou de l'autre sans songer une seconde au bien -"comment dîtes-vous déjà ?"- commun. Non, la plupart ne pensent qu'à leur foutue "carrière" et y penseront encore quand le monde croulera.

  • Équitable mon cul ! (autre note grossière)

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    On va encore dire que je suis méchant, ou sévère. Je m'empresse de ne surtout pas suivre les conseils de positivisme béat que mettent en avant plusieurs magasines de management ou d'économie cette semaine...

    Il y a une très bonne BD de Dupuy et Berbérian dans le "Fluide Glacial" de Février montrant un couple de bobos partant en vacances "équitables" pour retrouver le goût de "lothentique", devant construire des toilettes en bouse de vache séchée pour une famille d'une contrée perdue, puis finalement pas fâchés de retrouver leur confort et de bouffer un ou deux hamburgers avec des amis une fois rentrés chez eux et organiser une soirée diapos sans que cela ne change quoi que ce soit à leur mode de vie. On y voyait la femme donner chaque jour des stylos aux enfants des personnes les accueillant pour "les inciter à l'éducation", pendant que son mari se persuade qu'il est un maçon hors-pair. On ramène des produits locaux, généralement pour bien mettre en valeur son voyage.

    A la fin de l'histoire, conclusion cruelle, les enfants balancent les stylos à la poubelle, alors que le couple d'occidentaux repart dans le 4X4 rutilant de leur guide, et vont bosser dans une usine de...stylos. Ironie du sort. C'est un peu comme sous nos cieux éclairés où l'on glorifie la culture de la rue, les tags et tout le reste, mais on se gardera bien de se soucier de la transmission réelle de la culture et de l'éducation. Et quant à la découverte d'une pays on en reste au superficiel, aux clichés du bon sauvage, quitte à en ramener un (je me souviens de cette conférence sur la Palestine et Israèl organisés par ce genre de "touristes". Il y avait un palestinien avec eux, il n'a pas eu le droit d'ouvrir la bouche une seconde et témoigner un tant soit peu, il était là pour le "décorum", pourtant il aurait peut-être eu des choses à dire plus intéressantes que des gens qui venaient de passer seulement quinze jours dans son pays).

    Maroc%20tourisme%20equitable%20anergui2005.jpgCe n'est pas nouveau certes mais c'est bien de le mettre noir sur blanc. Personnellement, je n'ai rien contre le commerce équitable qui devrait se généraliser et ne pas être exceptionnel, mais si c'était le cas, si nous voulions vraiment changer ce monde, nous devrions aussi renoncer à nos habitudes hyper-privilégiées et ça je doute que beaucoup y soit vraiment prêts. Finalement, cela reste un gadget pour quelques jours, pour un sac de café de temps en temps ou une plaquette de chocolat mais on s'arrête là, c'est en fait un alibi qui se base sur une conception infantile du monde : si je fais deux trois trucs qui ont l'air moins iniques pour les pays pauvres, finalement je me sentirais mieux, et moins coupable et puis je pourrais continuer à profiter de mon pognon sans trop de questions. L'important n'est pas de changer le système mais de se donner l'impression qu'on le change, de se faire peur parfois en fréquentant les "classes dangereuses" comme on les appelait au XIXème siècle. On aime bien montrer le malheur, pleurnicher dessus, se dire qu'il y a tellement plus malheureux que soi et puis s'en laver les mains. Même si il y a souvent une bonne intention au départ.

    soldier_compassion.jpgSur le sujet, je me souviens de cette conférence/jamboree/spectacle d'exhibition compassionnelle de monstre de foire en somme offrant les témoignages de plusieurs handicapés physiques dont un jeune homme qui avait eu les bras coupés, entre autres. On se congratulait tous sous le chapiteau où se passait la chose, les uns se disaient "il a tellement souffert mais il a tellement de joie de vivre", les autres diminuaient leurs petites souffrances et se frappaient presque la poitrine. Bien sûr, après l'évènement on s'était bien gardé d'aller ne serait-ce que saluer les personnes handicapées présentes. C'est vrai, il y a toujours pire que soi comme souffrances, en quoi cela aide-t-il à la surmonter ? Il en est d'autres qui continuent sur le même ton en faisant la leçon aux salariés français : "il y a pire que vous comme salaires, allez", ou aux chômeurs ou aux RMIstes : "dans certains pays tu ne toucherais rien gros gâté". Même si il y a toujours une part de vérité dans ces constatations, ce n'est bien souvent qu'une manière de justifier son indifférence ou son profond égoïsme : puisqu'il y a pire ailleurs, pourquoi compatir ? Ou alors on joue la colère et l'indignation pour gueuler plus fort que les autres.

  • Les littéraires au pouvoir !

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    ecrire.jpgDepuis quelques décennies, disons que ça commence avec le positivisme, le raisonnement mathématique est favorisé à très haut degré par l'école et la société. Cela s'est accèlèré un peu plus encore depuis quarante ans, et curieusement depuis que les théoriciens de "Maissoissantuite" ont pris le pouvoir dans le monde de l'éducation (ils y sont toujours, passant du col Mao au "bling-bling" sarkozyste sans problèmes), se basant sur une idée "pratique" de l'éducation qui fait l'on ne devrait apprendre que ce qui est utile ou ce qui paraît utile, oubliant que la civilisation n'est pas dans l'utilitaire mais dans le superflu.

    louis-ferdinand-celine-a-meudon.jpgC'est aussi dû à la haine de ce que l'on appelait pendant les années 70 les "humanités bourgeoises". On fabrique donc dans l'inconscience et la bonne humeur, et la bonne conscience, des générations d'incultes, d'ignares fiers de l'être, de crétins obéissants dont l'univers se résume à leur nombril. Le littéraire n'a pas droit de cité, y compris dans les filières dites littéraires, il est pris pour un doux illuminé, un naïf, un type ou une fille déraisonnable. Il s'étonne que les gens si raisonnables, à l'esprit mathématique si bien cadré, ne s'émeuvent guère de l'injustice ou de la folie qui s'est emparée du système, on lui dit qu'il n'y comprend rien, qu'il n'y connaît rien et qu'il faut laisser dire et réfléchir les gens sérieux même si ce sont eux qui nous ont conduit à la ruine. Pourtant, le littéraire voit bien que la démocratie est de plus en plus une farce, il voit bien le soulagement du troupeau bêlant de s'en remettre de plus en plus au bon vouloir des gouvernants, considérant que la contradiction est une folie.

    imprimerie-gutemberg.jpgJe pense en particulier à cette militante clamant à la télévision, au salon de l'Agriculture, qu'elle ne se rappelle pas ce que dit le nabot l'an dernier au même endroit, parce que "elle elle ne voit que l'avenir, le futur" (le journaliste aurait dû faire un test, la traiter de connasse et voir si elle s'en souvient ou pas dix secondes après). Je songe aussi à Stéphane Guillon qui a balancé quelques vannes, pourtant pas trop méchantes, sur DSK, après tout ce monsieur avec tout ces titres est un adulte majeur et responsable de ses actes publiquement ayant justement un mandat public, et se fait étriller pour cette raison par quelques journalistes, auditeurs mécontents, et même dans "Marianne". Ce n'est même plus le sens de la contradiction qui est remis en cause mais l'esprit d'analyse dont le littéraire est capable de faire preuve. Un littéraire se demande pourquoi quelque chose se passe d'une manière et pas d'une autre, il demandera pourquoi une formule mathématique ou scientifique permet d'obtenir tel résultat, il ne voit pas pourquoi il les appliquerait les yeux fermés. Finalement, on lui reproche de ne pas être docile.

    Proust.jpgCela développe enfin en l'induisant une littérature parfaitement anodine, ou basée uniquement sur l'ego de l'auteur qui fait sa thérapie en écrivant ses livres, nous bassinant avec ses états d'âme (voir Angot) sur sa vie quotidienne totalement intéressante mais qui "parle" selon le terme admis au lecteur qui veut de toutes façons qu'on ne lui parle que de lui, et qui est "tellement simple et tellement authentique" selon également les termes consacrés : dire qu'on aime la soupe "poireaux-pommes de terres" et qu'on lit les magasines féminins et que l'on en rit parce que l'on n'est pas prétentieuse, hein, je pense à Anna Gavalda, etc... ça fait tellement proche d'une authenticité de bazar qui semble tout droit sortie du cerveau d'un créatif de pub. Ou alors, quand on a quelques bribes, quelques restes, on nous casse les pieds avec le "Nouveau Roman" dont l'originalité consista à faire de la banalité le thème principal de la littérature, surtout évacuer l'imagination et tout ce qui s'y rattache, ou, horreur, le style qui fait prétentieux selon les lieux communs contemporains.

    ayme.jpgJ'aime bien que Proust se laisse aller à décrire sur quinze pages tout ce que lui évoque le parfum d'une rose ou bien la vierge de la cathédrale d'Amiens, et qu'il prenne son temps, atteignant un degré de raffinement que l'on aimerait bien retrouver ne fût-ce qu'un tout petit peu. Bien sûr, en 2009, les imbéciles ne verront qu'en Proust un homosexuel hyper-mondain et cancanier qui ragote sur les puissants et les riches, oubliant l'essence même de "la Recherche du Temps perdu", les mêmes ne verront qu'en Céline le misanthrope fêlé, le fou antisémite, jusqu'au délire morbide, oubliant ce qu'il a inventé et apporté au monde et à sa compréhension avec un seul livre qui est "le Voyage...". J'en ai pour ma part plus qu'assez de voir à la télévision, de lire dans les journaux, des critiques qui la plupart du temps ne connaissent l'oeuvre de l'auteur dont ils parlent que par oui-dires ou clichés faciles (Bernanos=guerre d'Espagne, Aragon=communisme etc...). Et enfin je redis toute ma tendresse pour Marcel Aymé capable de signifier toute la bêtise des hommes mais aussi l'amour qu'il leur porte quand même en quelques pages dans des petites histoires semblant si légères alors qu'elles vont au fond des choses l'air de rien tout comme Vialatte dont je découvre le "Bestiaire" en ce moment.

    photos : Condorcet, Céline à Meudon, Gutemberg, Proust, et la statue de Marcel Aymé rue de Norvins, loin des touristes et autre plaie d'Egypte.

  • Se poser des questions existentielles

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    354948666_small.jpgLes questions existentielles que se posent le bureaucrate, l'administratif, le plumitif, sont assez simples et n'ont guère changées depuis Courteline : Y'aura-t-il du rab de frites au self ? Est-ce que je pourrai faire durer la pause café de deux minutes ? Yannick de la compta est-il en couple avec Sabrina du service courrier, ou est-ce que c'est seulement sexuel ? Arnaud, le responsable informatique est-il pédé ou seulement un peu sensible ? Le petit employé, l'ouvrier se posent comme questions les achats qu'il pourra faire en plus des courses habituelles s'il rogne un peu sur le budget  "Pastis" et bières. Les fissapapamaman se demanderont quant à eux plutôt s'il faut deux ou trois pièces au studio qu'ils loueront aux sports d'hiver ou seulement une. L'ado adepte du grégarisme se demandera s'il doit se faire une raie sur la droite ou la gauche de sa frange. La jeune fille rêvera en lisant "touallaillete" (de Stephenie Meyer) du bô Edward pendant qu'un héritier romantique (du plus gros avionneur français) affirmera que c'est gràce à sa carte de visite en plastique "comme une carte de crédit", qu'il a séduit sa femme, une jeune attachée de presse serbe, "parce que les femmes aiment le pouvoir et l'argent plus que la culture et l'intelligence", continue d'ailleurs l'héritier dans le reste de son interviou de plus en plus romantique. Ce qui domine chez tous, c'est la peur de choquer le voisin ou de ne pas être assez intégré, "comme les autres" (les autres se baladeraient en caleçons longs qu'ils feraient pareil, on remarquera qu'il est actuellement de bon ton chez les djeuns dans le coup de montrer son caleçon).

    Il n'y a que des fous ou des inadaptés à leurs yeux pour se demander si ce monde a un sens et quel sens il a. L'ignorant qui bénéficie des miettes du savoir que lui laisse le net ou les médias traditionnels reste néanmoins maintenu dans l'état de consommateur imbécile et docile. Les imbéciles dociles ne se posent aucune question mais de temps à autre la culpabilité les étreint et il joue le questionnement, mais on reste dans les slogans, les phrases chocs qui ne veulent pas dire grand-chose (cette prétention ne semble permise qu'au-delàd 'une certain niveau de revenus, on fera du tourisme équitable, on sondera les reins et les coeurs des autres, car le sien est parfait, restant béatement confit dans ses propres certitudes. On ne trouvera rien à redire à l'iniquité du système bien confortable quand même pour ceux qui en profitent.

  • Conversation avec Philip K. Dick

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    Philip_K_Dick_android_missing_head.jpgJe suis en train de lire "Dernière conversation avant les étoiles : Et si notre monde était leur paradis ?", un livre d'entretiens de Philip K. Dick avec Gwen Lee réalisés en 1982 quelques semaines avant sa mort, une journaliste que lui a présentée une de ses amies avec qui il vécut un temps. Si j'ai une petite critique à faire sur la forme de ce livre c'est que l'auteur de l'entretien n'a pas coupé dans la conversation qui parfois est anodine, même si cela permet de voir Phil Dick dans son environnement de manière naturelle (Dick parle comme un "freak" de la "Bay" de San Francisco, un hippie qui aurait mal digèré le "Summer of love"). On est loin du génie drogué et délirant décrit dans la plupart des anthologies, cependant on constate bel et bien que Dick est cinglé et que plusieurs univers habitent son imagination fertile. Quand il écrit, Dick crée dans l'urgence, il dort très peu, mange à peine car pour lui ses personnages deviennent plus réels que les personnes qu'il croise dans la rue ou son entourage. C'est une vie impossible pour celui-ci d'ailleurs, car il ne tolère personne dans son espace vital, sauf pour lui amener à manger. Dick est un gosse égocentrique, impossible, c'est le barjo de "Confessions d'un barjo", le totalement inadapté Jack Isidore, mais aussi le mari, Charley, de sa soeur Fay, une autre fille qui ressemble à une version fantasmée de sa soeur jumelle qui n'aurait jamais été adulte.

    lost_valis.jpgIl rédige ainsi "la Transmigration de Timothy Archer" en douze jours et "SIVA" (récit déguisé de son trip spirituel -voir plus bas-) en deux semaines. Il voit véritablement l'histoire qu'il raconte se dérouler dans son esprit, il tombe amoureux d'Angel Archer, qui est une de ses filles aux cheveux noirs que l'on croise souvent dans son oeuvre, un souvenir de sa soeur jumelle décédée. Après février-mars 1974, il faut lire le récit de cet épisode mis en images par Robert Crumb, voir illustration ci-contre, cliquer sur l'image pour l'agrandir (j'en conseille fortement la lecture pour les amateurs de SF), où il vit peut-être une expérience mystique, à moins que ce ne soit une remontée d'amphétamines (qu'il prenait à doses très importantes dans les années 60 pour écrire ses nouvelles et gagner de quoi survivre), toute sons oeuvre, toute ses créations tourneront encore un peu plus autour de la question de la réalité et de la spiritualité perçue de manière très original par son cerveau constamment en ébullition, car c'est également un très grand bavard qui a absolument besoin de confronter ses opinions à celles des autres. Il semble se convertir au christianisme ou du moins à une forme de cette religion. Ce qui est étrange est qu'il perçoit de manière complètement inexplicable que son fils souffre d'une malformation cardiaque. A moins que ce ne soit de la mystification. Ou pas. Avec Dick, qui sait ?

    pkd.jpgDick se fout complètement de la reconnaissance de son charcutier ou d'être bien vu des élites, il n'est même pas dupe de l'adaptation de "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" qui deviendra "Blade Runner" qui pour lui sert surtout à faire reconnaître son oeuvre et rééditer le roman à un tirage dix fois supérieur que lors de sa sortie en 1968. Il est malgré tout content de voir l'univers qu'il a créé prendre forme presque en vrai. mais comme il le dit de manière sibylline "le livre est plus long". Il n'écrit pas non plus pour démontrer qu'il a raison, ou que l'idéologie qu'il défendrait est la bonne, il écrit parce que ce monde dans lequel il vit est trop étroit, trop petit, trop cadré par les préjugés, la sottise et l'ignorance, la violence, la haine et le goût du pouvoir. Dick est un créateur de mondes dans lesquels l'incroyable est la normalité, donc n'est plus incroyable, car tout s'enchevêtre et il s'y perd de temps à autres lui-même.

  • Enceinte à treize ans

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    1267688813_948b08666a.jpg?v=0Depuis quelques temps, le net s'agite autour de cette histoire d'une jeune fille qui aurait été mise enceinte par un de ses camarades. Il semblerait que ce soit peut-être faux car l'"heureux géniteur" n'est même pas pubère. Ce qui a l'air de choquer les commentateurs, ce n'est pas le fait que la jeune fille ait vu le loup avant l'heure, ni même que ce soit plus ou moins dans une famille "tuyau de poèle" ou groseille, ce qui choque c'est qu'elle soit enceinte et qu'il apparaît qu'elle veuille garder le bébé (elle est certainement trop jeune pour l'éduquer mais il y a certainement des solutions à inventer). Comme si c'était devenu ça le tabou ultime, avoir un bébé. D'une jeune fille ou une jeune femme enceinte, on lui dira : "Tu as raté ta vie ! ". Certains parlent d'un retour à la femme-mère et poussent des cris d'orfraie au retour à l'ordre moral. Il ne s'agit pas du tout de ça en fait.

    Cela montre bien surtout que le bébé, l'être humain en général, est devenu une marchandise que l'on s'offre quand on en a les moyens, pour pouvoir lui acheter tous les objets socialement obligatoires comme le portable dernier cri, l'ordinateur, les vêtements de marque (les livres et autres biens culturels étant bien sûr complètement accessoires, comme le disait une mère d'élève entendue dans une librairie qui disait à sa fille : "Enfin, en 2009 on parle plus comme dans "le Cid", c'est dépassé tout ça". Le gosse est un bien de consommation dans lequel on investit à long terme afin qu'à son tour il devienne plus tard un esclave docile et polyvalent du système, sans se soucier une seconde du développement de son intelligence ou de sa conscience intellectuelle (j'ose à peine dire spirituelle), de son sens des responsabilités ou de son indépendance d'esprit.

    Post-scriptum : Cette histoire montre aussi que les jeunes de 2009 malgré l'immense liberté sexuelle dont ils sont censés disposer sont finalement aussi ignorants que leurs aînés de ces questions.

  • Foutus profs précaires !

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    Lu ça sur un tract d'un syndicat enseignant (le SNES) cette phrase qui m'a fait bouillir :

    classe1.jpg"L'emploi de nombreux vacataires et contractuels entraînera une baisse de qualité de l'enseignement".

    C'est ce que pense en fait la plupart des collègues certifiés (qui ont le CAPES) et agrégés sans trop le dire jusque là, qui sont également persuadés que leurs concours leurs donneraient plus de compétence.

    Je trouve ça rigolo vraiment.

    De par mon expérience de contractuel justement (professeur remplaçant non-titulaire pendant huit ans), j'ai souvent constaté :

    - que les contractuels s'adaptent plus vite à une équipe

    - prennent les élèves plus rapidement en charge

    - et ont l'habitude de préparer des cours avec méthode et précision plus rapidement que les collègues titulaires.

    Donc sont au moins aussi compétents voire plus de par leur expérience dont leur employeur, l'Éducation Nationale, ne tient aucun compte ni quant à leur salaire ou leur carrière.

    Et sont méprisés par les autres professeurs qui ne les considèrent que rarement comme de vrais professeurs (malgré leurs dénégations souvent -comment dire- faux-culs ?)

    Par contre, j'ai vu un grand nombre de collègues néo-titulaires sortant de l'IUFM très forts sur les cours et le vocabulaire de didactique mais incapable de tenir une classe ou...d'enseigner.

  • La bande à Bonnot et la bande à Julien Coupat

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    bou16_bonnot_001i.jpgJ'ai eu envie de rédiger cette petite note après avoir lu un commentaire de bon sens de Nicolas Huchet sur l'article concernant Coupat sur causeur.fr. Au début du XXème siècle, la bande à Bonnot, la bande des "bandits automobiles", terrorisait le bourgeois et le propriétaire. Bonnot et ses complices avaient tous un vernis de culture politique qu'ils appliquaient radicalement. Ils ont fini par se faire tuer par la bourgeoisie qui leur envoya trois-cent hommes en armes (contre trois fuyards), c'est dire la trouille qu'ils inspiraient aux gouvernants dont le préfet Lépine qui en eut des épanchements malheureux ce jour-là paraît-il. Ils se battirent (à la fin) avec infiniment plus de panache que les radicaux actuels. C'était l'époque où les anarchistes balançaient des bombes dans les cafés chics et les symboles du pouvoir. Maintenant, les radicaux polémiquent dans les cafés chics, publient des bouquins écrits pour donner des frissons aux bobos qui se sentent coupables d'avoir du pognon, et qui sont vendus à la FNAC, veulent vivre sainement et consommer plus moralement mais consommer toujours. Et aucun ne bonnot-gang.jpgremet en question concrètement les fondements iniques de cette société, voire on aime bien vivre de l'argent des propriétaires, celui-ci fût-il le père de la tête "pensante" de ce mouvement -ohlala- très dangereux pour le système libéral et certainement noyauté jusqu'au trognon par les R.G. comme le sont tous ces mouvements. Il s'est fait prendre, avec sa compagne, bêtement, en jouant en somme aux "gendarmes et aux voleurs" une nuit d'errance à la fin d'un jeu de piste stupide. Depuis qu'il est en prison (où il découvre que la prison c'est sale, dégradant et atroce, pas du tout comme dans les écrits qu'il diffuse), ses défenseurs appellent à l'emploi de tous les moyens "bourgeois" finalement pour l'en faire sortir, on se fie à la justice "bourgeoise" mais aussi à la presse "bourgeoise". On rappelle que le jeune homme est diplômé d'une université "bourgeoise" pour le défendre. La plaisanterie et l'imposture étant allées trop loin, on voudrait bien maintenant calmer le jeu mais on n'y arrive pas. Et finalement, ces jouvenceaux et jouvencelles ne sont rien d'autres que cela, des petits bourgeois qui s'ennuyaient de n'avoir aucun but, aucun sens à leur vie autre que le fric.

    photos : image de l'"Illustration" sur la fin de Bonnot et deuxième photo, sa bande au complet

  • Panurge for ever

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    moutons_de_Panurge.jpgLe mouton existe depuis toute éternité dirait Vialatte, au moins depuis la création du monde, et on peut dire que ce n'est pas un charognard à l'absence de dents pointues que l'on peut constater dans sa gueule. Le troupeau de Panurge s'est agrandi depuis le XVIème siècle. Les prés où paissent les troupeaux ont fini par recouvrir le monde et les bergers se sont multipliés, chacun se disputant l'autorité du cheptel qui obéit selon ses caprices aux chiens de berger ou aux rapaces même qui les abusent. On donne l'illusion de se garder elles-mêmes à quelques têtes de bétail qui tentent vainement de ressembler aux loups ou aux aigles qui continuent de tournoyer en rond au-dessus, qu'elles ont plus de valeur en les montrant aux foires ou aux comices agricoles, mais quand la tonte arrive, tout le monde y passe. La tonte est très facile, les moutons y sont conditionnés dés leur plus jeune âge. Et quand il s'agit d'en cuire un ou deux, on choisit en premier les têtes de bétail les plus dociles qui s'en vantent jusqu'au four. Certaines poussent la folie jusqu'à s'y préparer Roubion1.jpgen se laissant engraisser. Le troupeau bêle souvent devant les trains qui passent, surtout devant les trains de luxe qui transportent les bêtes sélectionnées par le fermier et qui font son orgueil. Ces bêtes sélectionnées ont malgré tout une certaine autorité, quand l'une bouge les autres suivent, même quand il s'agit de se jeter du haut d'une falaise. Le fermier Panurge élève également des lemmings maintenant, des animaux qu'il vend pour sa fourrure et qui lui coûte un peu moins cher. Le lemming rêve de ressembler au mouton dont il a déjà l'instinct grégaire. Comme un curieux bipède qu'il aperçoit parfois en bas sur la plage quand il se prend son élan pour se jeter dans l'océan. L'homme se déplace également en troupeau, comme on peut le voir sur la photo en bas à droite qui montre un départ en vacances. Les troupeaux admirent tous leur berger, ils l'idolâtrent. Ils le portent au nadir de leurs aspirations car les troupeaux aiment bien être dominés et méprisés. Parfois, il arrive que des têtes de troupeau veuillent sortir du rang, mais on les considère bien vite comme des bêtes malades et le vétérinaire a tôt fait de les euthanasier

  • Imposture politique

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    Modération soudaine en causant sur Causeur

    doc-103.gifSur causeur.fr, site sympathique que j'aime bien pour ses prises de position, ses articles souvent de qualité, à de rares exceptions, j'intervenais comme commentateur sans être modéré sous un pseudo (Franklin D.). Il y a deux jours j'ai souligné l'imposture d'un article qui décrivait le parcours de Kouchner avec certes assez de justesse mais était écrit par un type qui clame son communisme et son amour pour Chavez (qu'il définit comme bernanosien (rires)) et son désir de révolution (rappelons que l'on parle d'un tyran populiste qui vient d'obtenir de son peuple, qui se ligote lui-même, de pouvoir rester à vie au pouvoir), et dans le même temps qui écrit dans "Valeurs Actuelles", magasine qui prône une idéologie politique strictement à l'inverse au moins du point de vue économique de celle de Marx et Engels. Je ne verrai pas de problèmes à la chose car il y a de bons articles culturels dans cette revue et des articles de fond qui sont parfois intéressants si cet auteur ne se répandait pas partout sur le réseau sur la révolution et l'auteur du "Capital". Ce genre de personne se trahit d'elle même, elle n'a besoin de personnes, tout en criant au fascisme dés qu'on la contredit.

    Aujourd'hui, coïncidence, j'ai eu la surprise de voir que dorénavant mes commentaires sont filtrés en somme. J'espère que ce n'est pas pour cela...

    Comme dirait l'autre : "Gare à celui qui dit la vérité, il sera assassiné..."

  • "Bienvenue chez les chtis" version césarisable

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    Dans le cinéma français et chez les "gensdebien", avoir du succès est vulgaire, c'est mal d'être populaire. Et pourtant, Dany Boon le savait, j'ai retrouvé le synopsis de la version initiale du film tel que la critique l'aurait aimé...

    line-renaud-et-dany-boon.jpgPhilippe Abrams travaille dans une maison d'éditions indépendantes du sud de la France (très important la profession) et il est marié à Julie, qui a des cauchemars sur la mort de ses grand-parents tués par un militant OAS pendant une manifestation contre la guerre d'Algérie, qui se remet douloureusement d'une relation homosexuelle (parler des minorités sexuelles) de jeunesse et de son addiction à la cocaïne. Philippe quant à lui est hanté par le souvenir de son grand-père, collaborateur notoire. Il développe une névrose liée à sa culpabilité. Un jour, il décide de tout abandonner de sa vie d'avant et de s'intégrer à la société un peu mieux. Un de ses amis, cadre dans une administration, lui propose de devenir directeur d'une agence postale dans le Nord de la France, région que Philippe aimerait re-découvrir car il a en tête un projet de livre sur Zola (Depuis "la vie rêvée des anges", on sait que le Nord c'est Zola et le misérabilisme, les gens ne pouvant pas être heureux sans théâtre subventionné ni vélib, c'est bien connu). Il est accueilli là-bas par Antoine, d'origine simple, qui a du mal à vivre son homosexualité dans un milieu populaire, et ne peut se montrer au grand jour tel qu'il est que le jour du carnaval de Dunkerque, quand tous les hommes peuvent s'habiller en femmes.

    bievenue-chez-les-chtis.jpgAntoine fraternise pendant une scène très "roots" pendant laquelle il mange une tartine de fromage "bio" (du fromage de chèvre des Andes et non du Maroilles qui est un produit plus conservateur) en buvant une tasse de café équitable. Il développe très vite une relation père-fils avec Philippe (les prolétaires sont tous cons, cela un bourgeois progressiste le sait, mais il est là pour les éduquer car lui sait beaucoup de choses), son géniteur s'est enfui quand il avait trois ans, et a été tué pendant le braquage d'une supérette à Roubaix (car bien sûr les quartiers populaires de Roubaix sont dangereux pour la critique con-cernée, encore un bon point de gagné). Bien sûr, le réalisateur intercale de longs plans des corons, sans figurants, la misère de ces quartiers ouvriers subissant la crise et la violence de la précarité dont la critique se veut bien sûr l'écho, un film devant "socialement" être utile. Une grève a lieu à la poste où travaille Antoine, qui soigne un alcoolisme profond enfoui durant des années, Philippe le soutient encore, et une nuit ils finiront dans le même lit Philippe découvrant son attirance pour les hommes. Mais il continue d'aimer Julie sa femme qui viendra les rejoindre et ils formeront alors une famille recomposée et heureuse.

    On finit sur une scène où Philippe, Antoine et Julie sont face caméra et racontent leur nouvelle vie et leur travail social dans une association gaye et lesbienne de Lille.

    Première photo : Antoine avoue son homosexualité à sa mère, deuxième, le nouveau couple se promène heureux dans les rues de Roubaix, ils discutent ici avec une dame réactionnaire, leur voisine, qui vient de les sermonner.

    Avec tout ça, Dany Boon aurait raflé tout les prix aux Césars, mais bien sûr n'aurait pas eu beaucoup de spectateurs. Il faut savoir ce que l'on veut.

    Ci-dessous une autre possibilité de dramatisation du film

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  • Les grands esprits en "brain trust"

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    ambition1.jpgUne dame me racontait une anecdote que je trouve signifiante. A une réunion publique du PS, un des sous-édiles qui possède un bout de mandat a proposé de se réunir seulement entre "gensdebien" diplômés et formés pour "réfléchir à la crise". Il veut parler philosophie de la société, se demander si l'on parle de Marx, Engels ou Keynes, et puis ensuite on verra, mais surtout pas aller vers les gens sur le terrain (là on préfère envoyer les grouillots, les sherpas) pour se confronter au réel ou au "vraies" questions qui ne seront pas gênées par les récriminations sur le fric et la subsistance des pauvres qui nous emmerdent quoi à la fin. En somme il proposait de boire un "bouillon de culture" (Y-a-t-il une allusion ? Cela se pourrait). C'est le propre des cuistres de croire que le diplôme qu'ils ont obtenu, par leur travail certes mais aussi parfois surtout par leur docilité, que le bout de papier tamponné par l'État leur octroie plus d'intelligence que les autres et les placent au-dessus dans un rôle de sauveurs de l'humanité, de phares de la pensée. Mais ce sont surtout des imposteurs. Quand la dame qui me rapporte l'histoire lui a rétorqué que les soucis d'argent des gens n'ont rien de méprisable, le monsieur si cultivé, si raisonnable, lui a répondu qu'"elle était vulgaire", belle réponse de petit bourgeois qu'il est donc. Car ces penseurs du progrès, ces torches de la sagesse en marche, sont des bourgeois aussi amoraux et profiteurs que les autres, mais plus hypocrites et tout autant confits en obséquiosité et bassesse (gare à celui qui révèlera leurs turpitudes).

    chavez-castro-dagger.jpgEt ils ont également le tort de porter aux nues des tyrans réputés progressistes : Staline, puis Mao, Pol Pot, Castro, "Che" Guevara qui n'était rien d'autres qu'un éxécuteur des basses oeuvres, et maintenant Chavez (les progrès de l'instruction ou de la santé n'excusent dans les pays gouvernés par ces pantins grotesques, tout autant que Mussolini ou Pinochet. la pauvreté extrème qui y subsiste ou l'absence de libertés). Ils entrent dans la croyance absolue dans ces mythes politiques comme on se convertit, ou comme l'on entre en religions, les faits leurs donnent rapidement tort mais ils n'en démordent pas quitte à aligner des sottises : j'ai pu lire entre autres que Chavez était une sorte d'émule de Bernanos, ce qui l'aurait fait rire puis tonner contre autre autant de connerie (de plus, cet auteur ayant -simplement- dit la vérité sur ce qu'il a vu du franquisme, beaucoup croient encore qu'il avait renié sa foi et ses idéaux de jeunesse, et changé de "camp", alors qu'il n'en était rien, il faut dire que les fanatiques de telle ou telle idéologie ne comprennent rien à l'indépendance d'esprit).

    Sur la photo, ce que tienne ensemble Hugo et Fidel est un cierge, n'y voyez pas malice..

  • Déracinement du savoir

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    Simone_Weil.jpg« De nos jours, un homme peut appartenir aux milieux dits cultivés (...) sans savoir, par exemple, que toutes les constellations ne sont pas visibles en toutes saisons. On croit couramment qu’un petit paysan d’aujourd’hui en sait plus que Pythagore, parce qu’il répète docilement que la terre tourne autour du soleil. Mais en fait il ne regarde plus les étoiles. Ce soleil dont on lui parle en classe n’a pour lui aucun rapport avec celui qu’il voit. On l’arrache à l’univers qui l’entoure. » (E2, 64)

    Citation de Simone Weil que je trouve extrêmement juste sur finalement la modernité

  • Le pognon et les « djeuns » en 2009

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    1711414622_small.jpgEntendu ce matin devant une boulangerie en attendant le bus à Bernay...

    Quatre jeunes sont devant l'entrée, ils comptent leurs pièces jaunes.

    Jeune gars « tectonik » (djin slim, coupe en balai-brosse) :

    -On a pas assez, un pain au chocolat, ça coûte 1 euro et on a que 95 centimes !

    Jeune mi « gothique » (il a un pentacle de sorcier au cou), mi « tectonik », il a un louque bon marché mais soigné dans le genre, avec toile d'araignée au « bic » sur la main droite :

    -On a qu'à attendre Sylvain, tiens je le bippe...

    Il prend son téléphone l'air inspiré de celui qui a des relations qui comptent mais personne ne décroche :

    -Ah, merde, il est pas là.

    Quand soudain, roulements de tambour, sonneries célestes, Sylvain le sauveur arrive, grand type costaud, cheveux coupe « marine » en parka fourrée, sac au dos « de marque » :

    (Il ne s'arrête pas devant la piétaille, il entre dans le magasin, quelques instants passent, il ressort)

    -J'ai acheté que deux pains au chocolat pour vous, moi y faut que je garde deux euros pour acheter le Cid pour la prof de français, c'est cher putain ! (un livre est toujours trop cher aux yeux du djeun en 2009 pour qui c'est une dépense inutile)

    Les autres jeunes cons acquiescent ; Sylvain sort de sa poche le dernier modèle de téléphone « ail-fone » :

    -Ma mère elle m'a pris le « teutche ène rolle 398 » avec le forfait Orange à 50 euros mais on peut même pas tchatter sur Internet (le djeun adore bavarder sur Internet plutôt qu'en vis-à-vis où il ne saura pas trop quoi dire).

    Respectueusement, on regarde l'appareil, Sylvain, grand seigneur, accepte de le passer de main en main sauf un :

    -Non, pas toi, Johan, tu viens de toucher les pains au chocolat.

    Il croit bon de rajouter, touchant sa parka avec un semblant de volupté :

    -Ma mère elle m'a acheté la parka de marque (la marque fait la dignité du djeuns) comme ça samedi, pour que je soye élégant pour la Saint Valentin (fête que les djeuns trouvent très bien en 2009). Ma copine elle était trop contente, avant elle trouvait que je faisais trop « keuss » (se dit en langage djeun de quelqu'un de maigre ou de pauvre, voire qui fait pauvre ce qui est presque la même chose).

    Les autres se taisent, remplis de révérence, l'air stupide des gars contents d'avoir un copain et costaud et plein aux as, Sylvain continue sa péroraison (à parler quoi, les djeuns qui me lisent) :

    -Et en plus, ma mère nous a inscrit à « 12 coeurs » (émission de téléréalité trash de NRJ12 basée sur le déshabillage et physique et intellectuel de 6 couples de djeuns décérébrés).

    Pendant que Sylvain savourait son moment de gloire, mon bus arrivait, et je les laissais là à leurs discours...

     

  • Rabais de 50% sur l'amour aujourd'hui

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    mort-d-eros.jpgHier c'était la Saint Valentin, fête américaine importée depuis peu chez nous, l'homme est alors censé, que dis-je censé, il y est oblgié de le faire, acheter pleins de trucs prévus à cette occasion, tous aussi mièvres les uns que les autres, par les marchands ceci afin de prouver son amour pour sa dulcinée, la femme aussi et réciproquement. Il y en a pour tous les goûts, quoi que je me demande s'il existe des cadeaux spécifiques pour les bergers, ou légionnaires, qui désireraient offrir quelque chose à leur brebis préférée. Les péripatéticiennes font aussi des soldes ce jour-là car c'est le jour de l'amour pour la société consumériste dont nous sommes, elles sont logiques et plus franches que la plupart des vendeurs de sottises qui font la pute sans se l'avouer quant à eux. Les autres jours, la lutte sans merci pour dominer l'autre ou l'écraser de son fric ou d'un statut chèrement acquis à coups de compromissions ou de faux-culteries reprend de plus belle. Tant que le fric s'accumule, c'est l'essentiel et qu'il permet d'oublier toutes les bottes que l'on a dû cirer. La sensiblerie envahit tout dans un flot mollasson mais impitoyable, une obsession de la gentille perçue de manière infantile, ou comme dans une pub pour jambon, faut surtout rien remettre en question des mouvements du troupeau.

    La Saint Valentin énerve les célibataires car certains ont l'impression d'être mis un peu plus de côté par le reste du monde ce jour-là que les autres (ce qui moi personnellement ne me gêne pas le moins du monde). Devant ce flot de mièvreries, de guimauves écoeurantes, d'anecdotes toutes plus rose-bonbon les unes que les autres, il y a certes de quoi être agacé. La plupart des couples ne rêvent pas d'amour infini, de passion, ni même de famille, ou les trois en même temps, ils rêvent de tout ce qu'ils vont pouvoir s'offrir en tant que duo de consommateurs, et ce qu'ils pourront acheter à leur progéniture pour que celle-ci devienne à son tour docile et polyvalente. J'entendais hier un père dominicain et zoologue constater que nous vivons dans une époque d'un conformisme comme jamais aucune société humaine n'avait dû à subir auparavant. C'est peu de le dire. Vous allez voir, on va encore dire que je suis méchant et teigneux...

  • "Police Squad" - les épilogues "figés"

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    Je viens de trouver les deux dévédés excellents de ce feuilleton parodique, qui se moque de "M-Squad" entre autres, un serial des années 50 avec Lee Marvin, à l'origine des "Y'a-t-il un flic...". C'est aussi drôle, plus fin et plus absurde aussi, comme ce gag des épilogues pseudo-figés comme doivent l'être les épilogues des épisodes de série américaine qui se respecte, avec bien sûr une blague à la con à la clé en plus. L'introduction des épisodes est également très drôle avec la guest-star obligatoire qui se fait tuer dés les premières images ou la présence incongrue d'Abraham Lincoln en partenaire du héros. Il y a l'indic omniscient qui a réponse à tout, on ne jette pas des pierres dans les fenêtres mais des fenêtres dans des jardins où il y a des pierres etc...

    La cause principale de l'échec de la série est qu'elle était jouée sans rires préenregistrés, les spectateurs américains ne s'y retrouvant pas (on ne leur disait pas où il devait rire, ça en dit long sur le degré de conditionnement induit par la télévision), ils ont fini par ne plus regarder.

  • "Fast Thinking"

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    weil.jpgDe même qu'il y a la Fast Food, existe maintenant la "Fast Thinking" (un truc tout autant dégoûtant), c'est-à-dire une pensée qui soit immédiatement et facilement compréhensible sans avoir à faire trop d'efforts intellectuels bien que certains philosophes ou écrivains demandent plus qu'une lecture superficielle, ainsi Simone Weil, dont traite un article excellent de Basile de Koch de « Causeur » par ici : la plupart des commentateurs ne retiennent de la philosophe que son supposé rejet de son identité juive (parce qu'elle se serait convertie à la fin de sa vie et qu'elle aurait critiqué les fondements de l'identité juive), elle serait une philosophe éthérée et tirée par les cheveux car on ne peut la comprendre dés une première lecture rapide. Elle demande de posséder quelques références quant à la culture classique, dont les philosophes grecs, et surtout de la lire en prenant son temps, tout ce qui va contre les manières de faire des commentateurs-consommateurs et de la "Fast Thinking", vite engloutie sans goûter ni déguster ce que l'on avale à peine réchauffée. Simone Weil, pourtant, est passionnante par son rejet des rapports de force comme seuls rapports humains, ou du matérialisme, de la marchandisation et du mercantilisme.

    obese-kid.jpgSon cheminement du communisme vers le christianisme s'explique par sa recherche du partage avec les plus pauvres, elle travailla en usine pour être au plus près des questions de son temps. Alors bien sûr, comme tout esprit libre ou réellement indépendant, à savoir détaché des présupposés du commun, du troupeau bêlant, elle a ses déséquilibres ; elle refusa de s'alimenter devant le refus des autorités de Londres de la laisser revenir en France pour se battre contre les allemands et la barbarie qui selon elle était également du côté de notre société industrielle développée qui a certes permis un progrès technique fulgurant en moins d'un siècle et demi, mais pas celui des consciences et qui s'est enrichie sur le dos des plus fragiles, commençant par la prolétarisation des petits paysans qui, au moins, pouvaient produire au moins de quoi subvenir un minimum à leurs besoins. On voit bien également que si le progrès des techniques de communication permet d'échanger avec le monde entier de manière instantanée, l'échange entre les êtres humains a rarement été aussi pauvre se réduisant à la satisfaction des pulsions égoïstes des individus qui n'ont plus aucune aspiration au bien commun mais seulement à donner libre cours à leurs pulsions les plus basses, dont la violence, celle-ci fût -elle seulement virtuelle. Pour se justifier, l'individu ayant envie de comprendre un peu le monde qui l'entoure ou de lui donner un sens sera perçu comme prétentieux ou irrémédiablement vaniteux par son désir de sortir un peu du rang. Bizarrement, la haine de la culture va de pair avec une fascination pour celle-ci, et engendre chez les ignares un complexe de taille.cc.jpg

    Ainsi, en plus d'une "Fast Thinking" qui conduit également sur Internet à l'incapacité à supporter la contradiction ou à la remise en question de certitudes souvent stupides. Et cette incapacité amène la plupart du temps des insultes, des invectives dont le contenu se révèle être la plupart du temps axé autour de la taille de l'appendice caudal masculin, c'est dire le niveau des discussions. Ce n'est pas que je m'exclus moi-même de ce travers dans lequel je suis tombé plus qu'à mon tour par une propension à la castagne « polémiqueuse », mais il me semble que l'on passe à côté de réflexions politiques, littéraires et philosophiques plus importantes et les invectives ne changent rien à un problème, ne le font pas évoluer d'un iota et font le bonheur des puissants qui n'y voient pas grand-chose à redire bien que, semble-t-il, la liberté de ton que l'on trouve malgré tout sur de nombreux sites soient pour eux déjà beaucoup trop gênante (comme aborder la question des émoluments de certains parlementaires, des ministres ou du président par exemple, le salaire des sportifs, celui des journalistes et présentateurs télévisuels. Même la « Fast Think » c'est déjà de trop pour eux, ils préfèreraient des citoyens benêts et dociles gobant n'importe quoi par manque de références.

  • Doudou Sarkozy li pas connaît' la Guadeloupe

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    13575_plage-des-raisins-clairs-guadeloupe.JPGLa Guadeloupe jusque là pour la plupart des métropolitains c'était surtout une chanson de Carlos, le sympathique chanteur obèse sarkoziste décédé depuis peu, "Rosalie, rosalie, oh !" ou la musique de la pub Oasis des années 80 : "Mais qu'est-ce tu bois Doudou dis donc ?". Depuis un mois, on apprend que la Guadeloupe fait partie de la France, depuis plus longtemps que la Savoie, Nice ou la Corse, (dis-donc), et qu'en plus, il y a des gens qui y travaillent et qui y gagnent des salaires beaucoup moins importants que dans le reste du territoire métropolitain (dis-donc). Yves Jégo et François Fillon, ainsi que Nabot Ier Talonnettes qui s'est tiré au Koweït pour négocier sur le Proche Orient avec l'aide du Quatar, un pays de skeikhs richissismes et fondemantalistes parfois esclavagistes, ont laissé pourrir la situation tant est que maintenant, pour les guadeloupéens, c'est un mépris de race, un mépris de "béké" vis à vis des anciens esclaves l'on pouvait en entendre déjà 5404.jpghier réclamer l'indépendance totale du territoire qui tomberait sous la coupe des Etats Unis assez vite et deviendrait une sorte de bantoustan, une curiosité . On se demande si c'est si faux que cela vu comment le gouvernement les a traité. Il faut dire qu'en France, pour certains cloportes, et c'est loin d'être seulement à la droite de la droite, un noir c'est un nègre assisté et plus ou moins sans papiers qu'il vienne d'Afrique ou des DOM TOM.

  • Le retour de la vengeance de la cinéphilie honteuse - les films de kâraté

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    Pic3.jpgIl y a les films de Tsui Hark et ses fantômes chinois, Ang Lee, Wong Kar Waï, John Woo ou Kitano, que j'aime beaucoup, plus que John Woo, la série des "Zaitoichi" ou des "Baby cart", les films de shambara, il y a "Kill Bill" et puis il y a les films de kâraté à la con, ce qu'était les films de Bruce Lee d'ailleurs, avec des gars trop balèzes de la mort qui tue comme ceux que l'on peut voir sur la TNT, privilège des fonds de tiroir que l'on vide chaque soir, comme deux "nanars" zieutés rapidement hier soir, pas trop longtemps quand même de crainte que mon cerveau ne se liquéfie. Dans le premier, un jeune homme, vu plus tard dans une sitcom familiale, qui a clairement un physique d'ado américain (voir photo ci-contre) nourri aux céréales et une voix française de quadragénaire bobo enseigne les arts martiaux à un jeune con d'une dizaine d'années. Pour rigoler, car on sait se détendre entre kâratékas, on fait semblant de se balancer des coups de pied au visage, mais en fait c'est pour déconner (des rigolos on vous dit). Ils doivent lutter contre un méchant sud-américain très très vicieux (comme tout bon méchant de série Z qui se respecte, il fait des trucs avec la langue quand il parle aux filles) qui trafique des armes, de la drogue, et fait la traîte des blanches. Un salaud de première. A la fin bien sûr, le gentil l'envoie se faire voir chez les grecs avec l'aide de son élève, après tout un tas d'explosions impressionnantes.

    1458460957_small.jpgIl y avait aussi une connerie avec Jean-Claude Van Damne (voir la photo ci-contre dans une pose joviale telle qu'il les affectionne, en fait il ne lui fait pas mal c'est affectueux), curieusement doublé en français par le type qui double l'adjoint de Derrick,  celui qui a une voix hyper-sensuelle, du genre que l'on sent proche de l'extase toutes les secondes. Dans le film d'hier, Jean-Claude a un jumeau qui est éduqué par des bonnes soeurs qui vivent à Hong Kong, elles lui apprennent la sagesse mais aussi à danser ce qui lui donne envie ensuite de faire du kâraté et son grand écart facial qui est la spécialité de JC, avec la scène "cul nu" de ses films qui semble contractuelle. Donc le jumeau sait se battre mais il est quand même un peu pédoque aux yeux de son frère (en plus il lit des livres) qui veut en faire un homme, un vrai, qui boit de l'alcool, vomit dans les bars et drague les filles vulgairement. Les deux frères combattent un méchant gangster asiatique tout en se balançant des vannes très amusantes. Ils finissent par tuer le vilain et s'en tirent avec deux trois brûlures légères sur les joues. JC dans ses films est toujours un type grave torturé qui plisse les yeux quand il regarde ses amis, un peu comme Stiveune Cigale, mais ne pleure pas. Car toujours il finit par serrer les dents (deuxième expression du film) et se battre, parfois en trempant des bandes de tissu dans de la colle puis dans des morceaux de verre.

    Ci-dessous la bande annonce de "Hamburger film sandwich" des Z.A.Z dans lequel on trouve une parodie de film de kâraté avec Bruce Lee, présentée par le pseudo-légendaire mogul d'Hollywood Samuel L. Bronkowitz.

  • Les cinquante ans de la Motown

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    Personnellement, si j'aime bien les artistes de la Motown de Gordy Berry, copain de Quincy Jones, je préfère peut-être les chanteurs et musiciens de Stax, plus adultes, plus doués aussi, et parfois plus conscients du monde qui les entoure, ainsi Marvin Gaye, ou comme ceux du label Atlantic tel Ray Charles qui fera dans la sucrerie à la fin de sa vie. Il faut dire aussi que c'est de la guimauve en tubes, ou par paquets de douze, la plupart des chansons de la Motown, excepté Martha and The vandellas ou Aretha Franklin. Si Obama s'est fait élire, il le doit quand même un peu à David Palmer de "24" mais aussi je pense à ces chanteurs sirupeux ou un rien mièvres, comme quoi une chansonnette peut changer les mentalités.

    So, Happy Birthday Gordy and Enjoy your fonk !

    Ci-dessous "Martha an the Vandellas", le groupe Motown que je préfère aux "Supremes"

  • Négationisme(s)

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    libe_auschwitz_enfants.jpgLa première chose à dire serait qu'il n'y a pas qu'un seul négationnisme. Les polémiques autour des déclarations stupides de Monseigneur Williamson m'ont remis en mémoire la visite de Georges Boudarel à la fac de Nanterre en 1991, visite à laquelle j'assistais puisque nous étions venus à quelques uns pour chahuter un peu tout ça. Boudarel nous expliquait qu'il n'avait pas du tout été kapo ni même qu'il avait torturé des prisonniers, en gros c'était une sorte de camp de vacances un peu rude certes, mais qu'il "fallait remettre les choses dans le contexte" selon la sacro-sainte formule. De l'autre je me souviens également d'une conférence organisée par l'autre rive qui nous affirmait que, bien sûr, Pinochet était un militaire un peu dur, mais que son pays était prospère, c'était donc tout ce qui comptait. Ce qui était intéressant était que Boudarel avait été invité par un professeur de Paris X qui nous répétait que l'histoire doit être objective.

    Je ne parle pas bien sûr des ministres et hommes politiques actuels qui étaient maos qui écrivaient à l'époque que la Révolution culturelle était une sorte de monôme sympathique bien que parfois un peu violent, ou encore de ces historiens qui nous disent que les vendéens, parmi les premiers à avoir accepté la Révolution justement, étaient des misérables superstitieux et sans esprit, que les nobles avaient manipulé contre la Révolution (on rappellera que le premier à en avoir parlé est Gracchus Babeuf, plus révolutionnaire encore que Robespierre), rappelons l'existence de fours crématoires à Angers et Nantes en 1795, on pourrait parler de toutes ces dictatures d'Amérique du sud, des massacres de Nankin, ou de Deir Yassine, et ce qui s'est passé à Gaza qui a tout d'un massacre, avec la complicité objective du Hamas, la liste est longue. Les tenants d'une idéologie, fût-elle généreuse au départ, ont tous une conceptions infantile de leurs convictions : un massacre qui semble remettre en cause leurs certitudes est à minimiser, et ceux qui remettent en cause leur idéologie, qui veut toujours le bien de l'humanité malgré elle, sont des fous ou des malades mentaux. Dans le cas de Williamson, c'est aussi le problème des multiples groupes qui composent actuellement l'Église, protestant tous de leur bonne catholicité, alors qu'ils sont à peine catholiques, et que c'est une question de partage des pouvoirs, les responsables de ses communautés ne voulant pas en céder une parcelle au souverain pontife.

    goulag.jpgSur quoi se base le négationnisme relatif aux camps de la mort nazis ? Il se base principalement sur une source qui sont les déclarations du médecin-chef d'Auschwitz qui prétendait, après la guerre, bien sûr, que les chambres à gaz étaient un traitement contre le typhus et d'autres maladies, "bien sûr un peu rude mais enfin c'était la guerre". Là-dessus, tous les livres révisionnistes se sont greffés sur ce témoignage en partant de deux axes de réflexion (si j'ose dire) : on le pense donc on a raison, cela contredit la version de l'histoire du pouvoir bourgeois (la plupart des premiers révisionnistes sont d'extrème-gauche) donc c'est la bonne. C'est tout, c'est donc extrèmement léger. De toutes façons,  l'existence des chambres à gaz a été largement prouvée par les journaux des SS et des responsables des camps eux-mêmes qui étaient fiers de leur tâche affreuse et méticuleux au point de tout noter. Le négationnisme part aussi d'un point de vue sur l'homme plus ou moins rousseauiste qui veut qu'une telle chose n'est pas possible car l'homme étant bon par nature, il n'a pas pu commettre cela, à savoir tuer des personnes juste parce qu'elles sont nées ou parce qu'elles contredisaient les opinions de la majorité, ou tout simplement par haine de la différence physique ou mentale. On sait bien pourtant que l'horreur se banalise rapidement, ainsi nous tolérons que des êtres humains dorment par terre dans nos rues quand il fait un froid polaire. Malheureusement aux yeux du tenant d'une idéologie, ou d'un révisionniste, ce que je dis n'a aucune valeur, la réalité, la confrontation au réel est pervertie par son point de vue uniquement tourné vers la satisfaction ressentie au triomphe de ses idées. Et il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre...

    En photos, des rescapés d'Auschwitz et des prisonniers du goulag de Sibérie orientale

  • La romance chez les djeuns

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    Je sais, c'est sûrement mon côté vieux con qui commence à ressortir mais j'ai envie de parler de la romance chez les djeuns depuis que j'ai entendu hier à l'arrêt de bus deux d'entre eux raconter leurs histoires de coeur, une jeune fille et un jeune homme.

    slim.jpgJeune fille (frange, djin slime, blouson en dain) : Ouais Joana, depuis qu'elle sort avec Adrien, elle peut pas regarder sa photo dans le miroir !

    Jeune homme (djin slime, veste en daim, écharpe brune, coupe au bol avec frange) ! Ouais, ça se fait trop pas, mais Adrien il sait plus où il en est. Il a flashé sur elle un soir et c'est tout.

    JF : Joana elle devrait pas sortir avec Hugo, il lui fout trop la honte, c'est un intello et en plus, il sort jamais en teboi.

    Arrive un troisième larron alors qu'ils montent dans le bus, une jeune fille habillée d'un pantalon ultra-large et d'un genre turban en macramé (?), elle s'assoit par terre sur le plancher du bus : Ouais, je m'assois par terre, je suis pas une bourge, je m'en fous de ce que les gens y disent.

    Je comprend que c'est la fameuse Joana, voix un peu grave, lunettes carrées, elle finira dans le cultureux c'est sûr.

    JF : Et alors tu le kiffes toujours, Hugo ? (regard appuyé vers le jeune homme qui rigole bêtement)

    Joana : Ouais, j'sais pas, j'ai trop la honte souvent, j'ai même pas de photos de nous dans mon portable.

    Je devine alors que c'est très grave à la tête anxieuse qu'arbore les deux autres

    JH : Laisse le tomber, tu t'en fous !

    Joana : Ouais, mais tu vois, j'veux pas qu'il soye malheureux. Je suis quelqu'un de bon, moi, j'suis trop gentille.

    Regard assassin dans ma direction (je suis en train de rire sous cape)

    Ils se taisent et semblent rassurés quand je descend à la station suivante

    les trois (alors que je descend) : Ouais, les gens y respectent plus l'intimité des autres !

  • Didier Beauvais n'est pas la moitié d'un imbécile

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    lille_grandplace.jpgMaître Beauvais, magistrat à Douai, édile, une grosse légume (je suggère une patate), s'est cru permis de sortir sur le Nord des préjugés sots, comme tout les préjugés, qui existent depuis des années, comme le fait qu'il était courant qu'après des soirées arrosées, les gens du Nord avaient l'habitude de prostituer leurs gosses. En parlant d'Outreau. C'était une manière de minimiser la faute de son collègue, le juge Burgaud, jeune coq diplômé qui s'était cru autoriser à condamner sur la seule base de ce genre d'idées reçues les innocent de cette affaire scandaleuse. Je l'imagine dans son bureau, monté sur ses ergots, prenant de haut ces gens de la base, beaucoup moins brillants que lui se l'imaginait être, lui un des phares de la sagesse de la nation, tout comme Didier Beauvais. Paraît pourtant que l'on est en République et que ses valeurs en sont Liberté, Égalité, Fraternité. Mais pour les "élites" politiques ou administratives, il en est qui sont plus égaux que d'autres, avoir un diplôme obtenu par le travail mais aussi par la capacité à la docilité, détenir un mandat, permet à leurs yeux d'avoir presque droit de vie ou de mort sur leurs concitoyens, de toucher un salaire confortable, voire parfois à pantoufler, quitte à faire de la pseudo-dérision sur ses papelards ce qui est une autre manière de revendiquer la gloire que l'on croit en tirer. On est l'élite de la nation quand même, la hiérarchie y demeure une notion fondamentale, pas la hiérarchie au mérite ou à l'intelligence bien sûr, non, celle des breloques que l'on reçoit en échange de son allégeance au roitelet local ou au superconquentieux notables du coin, même parmi ceux qui sont progressistes. Les bourgeois qui ont fait la Révolution de 1789, puis ont progressivement assis leur pouvoir tout au long du XIXème siècle, se hâtant de prolétariser les petits paysans, entre autres, sont toujours au pouvoir et ce sont leurs valeurs étriquées qui continuent d'irriguer toute la société y compris ses pseudo-rebelles officiels qui rêvent de réussite sociale tout autant que les autres.

    Sinon, pour revenir sur le Nord, j'aimerais y trouver partout l'accueil que l'on y reçoit, et aussi cette irrévérence envers les maîtres du jour, les puissants, les notables.

  • "Mémoires d'un rouge" - Howard Fast

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    people1.jpgIl suffit que quelqu'un me dise que la lecture de tel livre est indispensable et fabuleuse pour me donner envie de ne pas le lire. Ainsi pour ce livre où Howard Fast raconte sa vie, axant son livre autour de deux pôles, son engagement politique, dans le parti communiste américain mais pas seulement, et son amour de la littérature. Son engagement communiste a ceci de sympathique qu'il est pur, que c'est une recherche d'idéal, bien qu'il parte, à mon avis, d'un postulat faussé qui veut que l'homme est bon par nature alors que ce n'est pas le cas. Comme l'affirmait Maupassant il n'y a rien de plus cruel qu'une cour de récréation enfantine. Fast se disait innocent quand il était jeune et il le reste.

    Il n'irait donc pas jusqu'à dire comme Sartre que "tout anti-communiste est un chien", refrain repris en coeur en ce moment par ceux qui s'étranglent d'indignation au fait que l'on puisse seulement évoquer les horreurs du totalitarisme soviétique, pourtant décrites par Gide dés son "retour de Moscou" ; et pour lui son engagement communiste n'est que la suite logique de son combat contre le nazisme pendant la guerre. Au discours de Fast sur la politique, illustré par une nouvelle de SF utopique et un rien mièvre sur des enfants mutants, je préfère celui d'Orwell, infiniment plus subtil, Fast reste un militant. On l'excusera vu les souffrances de la pauvreté et de la faim subies quand il était enfant, ou ses vadrouilles dans les rues de New York comme gosse des rues et gamin débrouillard. Il raconte son premier contact avec les insultes judéophobes (ça ne date donc pas d'hier) et l'envie de se battre qui découlera de tout ses malheurs. Fast était fasciné par la théorie de la "gestalt" qui veut que chaque être humain soit en fait relié par un seul et même esprit et non une multiplicité d'individualités. Quant à moi cela ne me passionne pas une seconde, la multiplicité des individus, le fait que chacun d'eux est unique me paraît beaucoup plus exaltant. Pour son engagement, Fast a dû subir la sottise de "la chasse aux sorcières".

    fasts.jpgEn littérature, Fast est un boulimique et un autodidacte, ce qui va souvent de pair, lisant un peu tout et n'importe quoi quand il était jeune, tout ce qui lui tombait sous la main. Il lui vient très vite l'envie d'écrire et de trouver son style, un style qu'il veut dense. Le polar est pour cela une bonne école, de dureté apparente, d'exigence, de sécheresse des descriptions mais tout en complexité quant à la psychologie. J'ai cependant malgré tout une certaine préférence pour le baroque et la démesure des romans de James Ellroy.

    Il écrivit ensuite des romans plus tard adaptés au cinéma dont le plus connu reste "Spartacus" et "Sylvia", roman sur une femme rêvée, une passion naissant du récit d'une vie : Un homme d'affaires richissime engage Macklin, le personnage principal du livre, archétype du loser magnifique à la Chandler pour qu'il découvre la vérité sur sa future jeune et belle épouse. Sylvia semble n'avoir aucune famille ni attaches. On ne sait rien d'elle excepté qu'elle écrit des poèmes et qu'elle possède déjà une fortune personnelle. A l'origine Macklin se destinait seulement à enseigner l'histoire ancienne mais le destin en décida autrement. Il vivote en suivant et en espionnant des individus pour quelques dollars. Un métier proche de celui de privé qu'il estime lui-même répugnant. Il traversera les Etats-Unis jusqu'au Mexique. Il tombera amoureux de Sylvia sans même l'avoir rencontré, après avoir reconstitué sa vie et son parcours. Howard Fast a écrit des romans dont les titres sont des prénoms féminins, (cela devient de plus en plus rare, des romans qui ont un nom ou un prénom comme si les non-lieux et les non-individus envahissaient également la littérature).

  • Les révolutionnaires (et réactionnaires) virtuels

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    dr_folamour_ou_comment_j_ai_appris_a_ne_plus_m_en_faire_et_a_aimer_la_bombe_dr_strangelove_or_how_i_learned_to_stop_worrying_and_love_the_bomb_1963_diaporama_portrait.jpgQuand je lis plusieurs blogs de droâte ou de gôche, révolutionnaires ou réactionnaires, il m'arrive d'être parfois d'accord sur les constats effectués par les tenancier de ces blogs. Par exemple, je rejoins souvent les constatations de cet auteur sur l'Église, je le trouve plutôt pertinent. Et j'aime bien la plupart des articles de Causeur à une ou deux exceptions près, des polémistes qui n'ont besoin de personne pour se ridiculiser tous seuls (l'un d'eux m'a traité de schizo dans un mail que je trouve amusant car lui-même écrit à la fois dans une revue marxiste et dans un hebdo ultra-libéral).

    Mais parfois je trouve ça un peu vain parce que ça ne change rien, la plupart des révolutionnaires et réactionnaires en restent au virtuel et ne changent pas d'un iota leur mode de vie qui reste très consumériste et totalement intégré à la société capitaliste, comme le mien cela dit à deux ou trois nuances. Quand il s'agit de voter ou de penser, c'est la même chose, la plupart raisonne encore en consommateurs, se disent que cela n'aura pas de conséquences de voter pour n'importe quel candidat, celui que l'on aime bien à un instant "t" et que l'on trouvera nul quelques mois plus tard. J'aimerais bien également trouver un jour quelqu'un qui a une vraie réflexion politique, capable de dépasser les clivages (je n'ai pas dit bien sûr quelqu'un qui bouffe à tous les râteliers, voir plus haut), je désespère d'en trouver. Et depuis que des forums politiques se sont multipliés sur le net, les étiquettes sont de plus en plus collantes et les opinions souvent cyniques et amères en vérité, on est loin des rêves de collectivismie agraire et champêtre ou de l'utopie, voire d'une société moralisée.

    Jusqu'en 2002, il me semblait que la revue "Immédiatement" (des entretiens d'Elisabeth Lévy avec Philippe Muray aux articles aux accents bernanosiens de Sébastien Lapaque en passant par les éditos de Luc Richard) commençait à réussir une ébauche de raisonnement sur la question. Et c'est resté lettre morte, chacun étant retourné ensuite sur ses terres d'origine en quelque sorte, prudemment, confortablement à l'aise dans une étiquette. Les réactionnaires feignent de croire que la société spectaculaire marchande (où même le corps humain devient une marchandise) n'est pour rien dans le désordre moral, qu'ils imputent à "Maisoissantuite" le plus souvent, les révolutionnaires rêvent de coquetèles molotov et de révolte des djeuns comme en Grèce mais on a beau attendre le Grand soir, on s'en tient surtout au bolchevisme de la sieste, en réhabilitant bêtement deux ou trois figures icôniques de la Révolution ce qui permet de ne pas se demander ce que l'on va faire contre la situation actuelle. Et ce n'est sûrement pas Baille-roux, en somme son Modem c'est le bon vieux marigot centriste bourgeois modéré un rien paternaliste sur les bords, qui réussira ce genre de synthèse alors que la maison brûle.702__18846512.jpeg

    La plupart en reste toujours aux mêmes sujets de discorde ou de discussions, comme si l'on était toujours en 1981 ou en 74, en 5 après de Gaulle, en 40 après de Gaulle on se borne à évoquer continuellement la Résistance, la Collaboration, pas une année sans un livre qui se veut "démystificateur" de l'un ou l'autre phénomène, la Guerre d'Algérie, l'homosexualité qui obsède autant les intellectuels libéraux-libertaires que certains réactionnaires (Nicolas Huchet dont je cite le blog plus haut le dit très bien, Caroline Fourest ou certains "tradis" catholiques parmi les plus têtus ont finalement le même point de vue sur l'Église actuelle). De toute ça il y a en vraiment marre, on n'en est même plus là. Si le communisme s'est effondré de lui-même en Europe de l'Est, le libéralisme a échoué également dans ses buts premiers et est maintenant porté à bout de bras par les dirigeants de nos contrées dites développées qui font tout pour en maintenir la dynamique, à commencer par Obama qui multiplie en ce moment les déclarations chocs qui seraient sympathiques s'il nous expliquait comment il va vraiment s'y prendre pour, par exemple, contrôler les bénéfices des financiers ou des patrons voyoux qui ont plus d'une société écran dans leur sac pour s'en mettre plein les poches. Et il me semble que le complexe militaro-industriel américain reste aussi puissant.

    Deux photos de "Docteur Folamour ou comment j'ai appris à aimer la bombe et ne plus m'en faire" car nous sommes gouvernés par des docteurs Folamour que les risques de fin du monde ou de destruction de la planète n'effraient pas une seconde.

  • Sarkozy à la télé et Glaxo

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    c5197077698a579d062b245560596361.jpgHier soir, Nabot Ier talonnettes nous a fait son show habituel (à propos ça a coûté combien le podium et le reste au contribuable ?). Il a promis tout et n'importe quoi puis a fini en disant en clair que les citoyens devraient se contenter des miettes que voudront bien laisser les banques, soit 1 milliard 4 euros, donc rien au niveau budgétaire. Il continue à licencier dans la fonction publique ce qui est contradictoire quand on parle de créations d'emplois. Il parle de supprimer la taxe professionnelle ce qui n'est pas une mauvaise chose même si cela constituait une ressource non négligeable des collectivités locales, bref il reste hyper-libéral : on a vu ce que ça donne, 8000 milliards de dollars perdus à Wall Street, 5 milliards perdus par un seul "trader" de la Société Générale en France. Tout cela est de la poudre aux yeux du gogo. Il avait promis qu'il n'y aurait pas de licenciements à Gandrange, on a vu. Hier, Glaxo, cela concerne directement Evreux où j'habite, a annoncé le licenciement de 798 employés dont la plupart du site de la préfecture de l'Eure. Je croyais que notre président n'aimait pas les délocalisations, qu'en dirait-il ?

    Leur ferait-il les gros yeux, comme ferait madame Parisot. Cela ne prouve que l'inefficacité de sa politique tout en coups de communication.

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