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  • "Choron dernière" - ce vieil emmerdeur au sourire si doux

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    affiche-Choron-Derniere-2006-1.jpgJ'ai toujours bien aimé Choron alias Georges Bernier qui est le prototype parfait de l'emmerdeur politique, celui qui met les pieds dans le plat constamment et envoie balader aussi bien les bien-pensants larme à l'oeil que les adeptes du fric tout-puissant (un peu comme cette jeune fille qui a tout compris du libéralisme actuel et vendu sa virginité aux énchères, elle l'a dit : "ma virginité m'appartient, il y a contrat, tout va bien, je peux la vendre). Choron ne respectait pas ceux qui voulaient que l'on ne dise pas trop de mal des uns ou des autres pour surtout ne pas choquer leurs confortables certitudes, ou semblants de certitutdes. Il conchie ceux qui vendent leur vulgate idéologique comme ces types qui distribuent des tracts pour tel ou tel grand marabout de mes deux à la sortie du métro, ou une publicité pour la conférence d'un gourou ou d'un autre qui vend ses conseils de vie comme une stâr de la téloche vendrait ses secrets beauté ou ses recettes minceur (un peu comme Mathieu Ricard : six volumes de lieux communs, un volume de pseudo-sagesse).

    Je comprend que Val, Cabu, ou Wolinski, finalement pas si cynique qu'il en a l'air puisqu'il n'assume pas une seconde de faire du fric ET de rester de gôche, attention, révolutionnaire, d'être cités ne serait-ce que par l'affiche. De Choron, les imbéciles diront qu'il n'aime pas les gens, c'est l'inverse, il aime bien les gens et surtout leurs défauts. Choron, qu'il le veuille ou non, était donc presque (j'insiste sur le presque) chrétien. Choron a édité plusieurs journaux qui se sont tous plantés en beauté. Il faut dire qu'à l'époque on ne rigolait pas avec les blagues sur les puissants, comme maintenant, mais maintenant on est plus hypocrites. Choron met en lumière la lâcheté de la plupart des journalistes actuels, et dieu sait qu'il y aurait pourtant beaucoup à dire : des primes insensées aux banques aux dépenses somptuaires de l'Elysée ou des parlementaires comme les sénateurs par exemple, qui touchent 7000 euros d'argent de poche par mois les coquins.

    Cette semaine, Siné est passé devant monsieur le juge pour sa sortie sur le mariage du fils Sarkozy. Elle n'était pas maline mais cela montre aussi qu'on condamne Siné pour une blague à la con et qu'on en laisse courir d'autres qui sortent bien pire dans leurs prêches. Mais, ça, faut pas le dire, c'est très mâââl. Dieudonné, par exemple, joue sur du velours, il va pouvoir se poser en victime et continuer d'assurer sa clientèle à ses "spectacles". Choron, lui, assumait d'avoir fait l'Indochine et de raconter ses souvenirs de guerre pour choquer sciemment les bonnes âmes comme Cabu par exemple dans sa chronique de la semaine dernière pour qui la guerre c'est pas bô. Les bonnes âmes font la fine bouche sur Choron du fait de leur confort intellectuel et matériel gagné de haute lutte en cirant les pompes des uns ou des autres.

    Ci-dessous la bande-annonce du film que je déconseille aux amateurs d'humour gras du bide comme celui de Cauet ou à celui de Mickaèl Youn.

  • La liste d'anniversaire du président

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    2008-11-11T125352Z_01_APAE4AA0ZTW00_RTROPTP_2_OFRTP-FRANCE-ARMISTICE-ANNIVERSAIRE-20081111.JPG

    Sur la photo, Nicolas n'est pas content, parce qu'il trouve que les fleurs c'est périssable et qu'en plus c'est pour les filles...

    Il y a deux jours, c'était l'anniversaire du président, hier il aurait bien voulu faire une fête avec sa femme, montrer comment qu'elle est belle et déballer ses nouveaux jouets avec ses amis, petit Xavier Bertrand qui est très gentil mais un peu fayot avec le maître, et la petite Rachida qui est très capricieuse. Il voulait un cessez-le-feu à Gaza mais le Hamas et Israèl ont préféré offrir ces cadeaux à Baraque Obama qui est bien content. Il aurait bien voulu offrir au peuple français la tête d'un ou deux méchants banquiers mais ces gros méchants là ont préféré s'offrir et offrir à leurs éxécutifs une augmentation de dividendes de 44% cette année. Des jaloux, je vous le dis. Depuis, les employés du président qui n'ont eu qu'une augmentation de 20 % font la tête. C'est pas juste disent-ils. Et en plus, hier, les profs en particulier, qui en ont marre de se faire traiter de fainéants par la plupart des parents des gosses dont ils refont l'éducation alors qu'ils sont censés ne transmettre qu'un savoir, ou par quelques journalistes, ont choisi exprès le jour où le président voulait faire sa fête à la télévision pour dire qu'ils en avaient marre d'être pris pour des cons. Cela a beaucoup chagriné le président qui s'est enfermé dans sa chambre hier. Il n'y a que sa femme qui a pu l'en faire sortir en lui promettant d'acheter une nouvelle montre pour son poignet gauche qui en porte déjà trois et l'intégrale Louis de Funès. Il a bien voulu sortir et écrire un mot gentil et compréhensif même s'il a envie de donner des coups de pieds dans les tibias. Pour le consoler, Marin Karmitz a tourné un clip, voir ci-dessous.

  • Ballard en condensé - le premier tome de l'intégrale de ses nouvelles

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    jg_ballard_cages.jpgQuand j'étais au collège, j'ai lu "Crash" pour de mauvaises (ou de bonnes) raison, à savoir pour y chercher les scènes "chaudes", comme un bon adolescent boutonneux et inhibé que j'étais, qui sont plutôt à y revenir assez froides, roman très bien adapté donc très bien trahi par Cronenberg. Ce monde où l'être humain devient plus que dépendant d'objets et où une Lincoln continental devient le symbole du monde perdu, c'est le nôtre, une société d'automates qui recherchent leur humanité perdue. Plus tard, j'ai mieux compris le propos et j'ai commencé à lire les nouvelles écrites par Ballard dont "le massacre de Pangbourne" est pour moi l'acmé (de temps je place un mot drôledement savant dans mes notes ainsi que le conseille Buzatti dans une de ses nouvelles), novella dans laquelle des enfants très sages renversent l'ordre des choses et massacrent leurs parents tellement protecteurs et compréhensifs, car une société utopique mais surveillée est une société de cauchemar. Ballard n'est plus tellement dans la SF classique, il n'y a pas beaucoup de l'attirail habituel, ou alors il est parfaitement intégré au reste, comme chez Dick où les voitures volantes sont banales.

    Crash_leona_clarke2-727986.jpgChez Ballard, il n'y a même plus de voitures volantes, il n'y en a plus besoin au bout d'un moment, on remarque cette évolution progressive dans ce premier volume de l'intégrale de ses nouvelles, avant même ce que les écrivains et critiques anglais ont appelé la "New Thing", c'est-à-dire quand le genre a été transcendé et a permis une évolution de la littérature plus intéressante que le "Nouveau roman" en France qui se borne à décrire du papier peint ce qui est sûrement passionnant aux yeux des grands esprits, des anti-brouillards de l'écriture françaises. Et parfois la technologie engendre de la magie, quand elle devient incompréhensible et trop complexe pour l'être humain. Comme Manchette, comme Philip K. Dick, dont les thèmes et leur développement sont largement plus extravagants, comme Don DeLillo, Ballard a une écriture dense, travaillée, qui va tout de suite au coeur du sujet. Et comme chez Tchekhov, lorsque l'on parle d'un pistolet au début d'une histoire, c'est qu'il sert plus tard à un crime ou à autre chose. Ballard a l'allure d'un gentleman anglais un peu excentrique, bien que peu expansif, on sent en lui le sens de l'"understatement", de la dérision de ce monde matérialiste hyper-technicisé dans lequel rien ne dure et qui devient petit à petit un empilement de non-lieux.

    J'aime beaucoup l'écriture de Ballard, qui renouvelle le romanesque, comme celle des auteurs cités un peu plus haut, auteurs dont s'inspire Houellebecq dans ses premiers livres qui sont les plus intéressants, le problème étant qu'en France, quand un auteur a un peu de succès, fût-il d'initiés, il ne peut s'empêcher de péter un câble. Ballard continue d'écrire, lui, "SuperCannes" entre autres. L'écriture est un moyen de défense contre la laideur du monde, ses errements, son désespoir. Ballard permet de résister un peu mieux sans pour autant avoir besoin de s'inféoder à une vulgate théorique pénible (à partir du moment où un auteur devient un militant et le plus souvent ça, il devient pour moi illisible).

  • Koh Lanta - Les survivants de la banalité

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    tournage-koh-lanta.jpgEn gros titres, en première page, on cause de Con-Lanta, le seul programme ou les candidats pratiquent l'anthropophagie puisqu'ils y mangent des larves. C'est séduisant l'attrait de l'aventure, de l'inconnu, de l'exotisme, de laisser derrière soi toute cette société qui va vers l'abîme à toute vitesse ; moi-même j'aimerais faire comme Chris MacCandless d'"Into the wild", et avoir un peu plus de chance. Mais ce programme pervertit ce rêve, les candidats ne regardent pas les paysages, ne voient pas la beauté, ne se soucient même pas de relever un défi, ils s'en foutent, ils sont là pour le pognon et leur quart de célébrité promis par Andy Warhol, et bien sûr être célèbre pour rien, pour du néant, pour du vide.Chaque candidat est un archétype : le gros con macho, le bureaucrate avide d'exotisme, le psycho-rigide, le fourbe, l'obsédé, le prolo, la nymphette court vêtue, la prof elle aussi psycho-rigide, ou alors elle est chef de service aux impôts, la plouquesse et bien sûr quelqures minoritaires visibles bien dans le cliché, la fille de "téci" violente, la jeune beurette insolente etc...

    La survie selon les organisateurs de cette humiliation publique filmée 24 heures sur 24 consiste à les laisser crever de faim juste ce qu'il faut pour qu'ils ne tombent pas malades et juste ce qu'il faut pour qu'il n'y ait pas d'harmonie dans le groupe. Surtout pas. On se chamaille, on se crêpe le chignon non pas pour des motifs importants, on se chicane pour des ragots comme au bureau, on se tire dans les pattes comme dans un service de grande entreprise. Les garçons montrent leurs pectoraux, et leur compétition finit très vite par ressembler à un concours de taille de génitoires, les filles montrent leurs fesses et beaucoup de nichon, comme cela le spectateur est content et ravi de mijoter dans sa médiocrité pavillonnaire ou achélèmesque ("on est quand même bien en France, hein bobonne ?"). Plus tard, la douzaine de crétins partis faire du tourisme "Nouvelles frontières" un peu plus trash reviennent au bercail et on les retouve à Paris, bronzés, contents d'eux et souriants, pour la dernière émission où le gagnant est toujours prévisible (c'est le moins logiquement prévisible). Et on se sent soulagé pour eux.

    Une parodie du programme à l'origine de Con-Lanta, "Survivors", les parodies françaises étant toutes nulles

  • Ce qu'il n'y aura (peut-être) pas dans les tracts demain

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    charliehebdon763310107dhi4.jpgDemain dans les tracts, il y a certaines revendications que l'on ne verra pas à moins d'heureuses surprises. Par exemple, on ne parlera pas du délai de paiement du chômage des personnes sans-emploi : deux mois au début, au minimum, un mois après, non pas que payer plus tôt les chômeurs soit impossible mais parce que l'argent de leurs allocations est placée entre deux. L'état sarkoziste fait donc des niches fiscales et se sert sur le dos des plus précaires. Qui gère les caisses de l'UNEDIC déjà entre autres organismes ? Regardez donc par là.

    Que ce soit dans le privé comme dans le public, un contractuel fait exactement le même travail que les titulaires, voire parfois on lui demande plus en jouant sur sa précarité, et est payé beaucoup moins. Les titulaires ne voulaient pas l'égalité de traitement du fait de la remise en cause de leur statut, on les comprend, mais de toutes façons leur statut a quand même été remis en cause puisque le métier de professeur, par exemple, risque d'être bientôt contractualisé. De cela, on ne parlera pas beaucoup non plus.

    Dans le public, les salaires et les allocations chômage, tombent selon le plan comptable de l'organisme mais pas selon les besoins et la réalité de la condition du salarié. Parfois le 15 du mois, très bien, d'autres les 22/23, avant les fêtes par exemple pour que le salarié précaire n'oublie pas de consommer, et le mois suivant vers le 30/31 voire plus tard. Dans le privé, un employeur agissant ainsi serait traîné devant les prud'hommes depuis longtemps. Dans le public, on devrait voir se multiplier ce genre d'affaires, or, on ne voit rien venir.

    La grève est un droit constitutionnel. C'est évident. Si elle ne choquait pas pendant les périodes de propspèrité, elle choque plus maintenant, ce qui est normal quand la pression de l'angoisse de la perte d'emploi pèse, quoique les français semblent approuver celle-ci, une manière de réagir à la politique du gouvernement. Personne ne parle beaucoup de l'augmentation de 20% des collaborateurs de Sarkozy, ou de la hausse de 44% des dividendes versés aux éxécutifs des banques françaises l'an dernier.

    Si la précarité n'est pas la revendication primordiale, n'est pas au centre, et elle a des conséquences pour tout le monde, cela sera encore peine perdue.

  • Les petits garçons sages et leurs lectures

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    na05_2292858_1_px_501__w_ouestfrance_.jpgLes petits garçons sages admirent ADG, Manchette, Blondin, Nabe parfois (les moins sages aussi), Jean Edern (fou) Hallier, parfois il s'imaginent que Sollers est encore un polémiste de talent (rires). Les petits garçons sages travaillent bien quand ils sont petits mais aussi quand ils grandissent. Ils ne veulent pas faire de peine à leur Maman et ont de bonnes notes. Mais entre temps, ils s'emmerdent un peu. Ils auraient bien aimé pouvoir chahuter, dire des gros mots, mais les parents veillent à ce qu'ils aient de bons résultats afin d'intégrer les GRANDES écoles. Quand ils font dans la littérature plus tard, souvent ils aiment bien les écrivans qui disent des gros mots et chahutent un peu l'intelligentsia, des écrivains qui boivent un peu trop d'alcool et changent de femmes tous les trois jours, des z-hommes, des vrais. Alors que le petit garçon sage devenu adulte s'est acheté un bel appartement, une belle auto et s'est trouvé une belle femme ou à défaut une bonniche qui remplit le même rôle que sa maman auparavant, il ne peut s'empêcher de rêver et de se voir lui aussi en auteur voyou. Ils oublient aussi que ce genre d'auteurs réputés politiquement incorrects, selon le terme en vogue désignant la majorité des opinions actuelles, sortaient de temps à autres des idées qui n'étaient rien d'autres que des conneries xénophobes ou relevant simplement du café du commerce.

    pes_479277.jpgIl ne voit pas la contradiction qu'il y a d'ailleurs à concilier une vie de petit garçon bien sage et bien docile avec des opinions affichées pleines de rebellitude. Il rend toujours ses devoirs à temps et n'insulte pas la maîtresse d'école qui l'aime bien, c'est son préféré (les maisons d'éditions ont un  peu ce rôle d'institutrices finalement). Avec d'autres garçons bien sages, parfois, il boit un peu trop d'alcool et siffle les jupons qui passent. Il croit alors que c'est arrivé et qu'il est devenu un GRAND garçon alors que boire de trop et en prendre l'habitude ce n'est rien d'autre que de l'alcoolisme mondain et siffler les jupons qui passent, ce n'est rien d'autre que de la grossièreté. Les petits garçons sages devenus grands sont incapables de voir que leur rebellitude ne va pas très loin, c'est surtout de la pose, une posture qui leur procure un semblant de frisson. Car, ils n'iraient pas jusqu'à tout laisser tomber pour aller se battre en Espagne comme Orwell ou Malraux, à tout laisser tomber pour dire la vérité comme Bernanos ou Simone Weil, à envoyer balader un éditeur dont les opinions sont incompatibles avec celles qu'ils affichent comme Manchette (faut pas déconner, c'est du pognon), à travailler en dilettante comme Blondin, voire même à se faire mal voir du milieu de l'édition comme Pierre Jourde ou Eric Naulleau etc...

    Pierre_Drieu_La_Rochelle.jpgPersonnellement, mon écrivain préféré est Marcel Aymé, qui a subi l'opprobe des uns comme des autres du fait de sa liberté de ton, et de raisonnement, très éloignée du confort intellectuel qui tend à classer les gens dans des casiers bien commodes. La plupart des petits garçons bien sages auraient bien été incapables d'avoir le courage qu'il a eu sous l'Occupation alors qu'il dénonçait le sort réservé aux juifs en écrivant la nouvelle "dans une file d'attente" ou en tentant de porter un article violent contre les judéophobes pour une revue connue de l'époque ce dont ses amis eurent bien du mal à le dissuader. Il n'y a rien de contradictoire à ce qu'ensuite il se soit battu pour que Brasillach ne se fasse pas fusiller, un imbécile fourvoyé dans le mauvais camp qui n'avait pas eu le temps de retourner sa veste comme d'autres (il aurait fallu fusiller 44 millions d'autres pétainistes ou presque, à savoir quasiment le reste de la population). Mais Marcel Aymé ne l'a pas fait par idéologie ou pour défendre une vulgate théorique, c'est ce que les petits garçons sages ne comprennent pas, il l'a fait parce que sa liberté lui intimait de le faire, parce que c'était comme ça...

    Quelqies auteurs actuels pourraient-ils voir quelques allusions à leur encontre dans cette note ? Bien entendu. Nul besoin de mettre des noms.

    Photos : mes infréquentables préférés, Blondin, Aymé, Drieu (pour "le Feu follet" lu à vingt ans avec passion)

  • Les films et séries de couloir

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    164604999.jpgOn va encore me dire que j'ai mauvais goût en cinoche alors que finalement ce n'est qu'une sorte de plaisir pervers, du bon "mauvais" gout selon John Waters, du cinéma psychotronique de qualité, dont Joe Dante est un grand spécialiste (dont les films d'astronautes sans casques dans l'espace). Si des cinéphiles dans mon genre n'avaient pas découvert les délires "Z" de Peter Jackson, il n'aurait pas pu faire "Heavenly creatures" ou "Lords of the rings". De temps à autre, entre Blake Edwards et Kubrick, ou Wells, j'aime bien un petit nanar, un petit Z bien dodu, même si c'est plein de colorants ces machins là, le meuste du genre restant "Virus Cannibale",(aussi nul et extravagant ce n'est pas possible).

    Dernièrement, j'ai pu conseiller sur Facebook un journaliste cul-turel de regarder "Valse avec Bachir", excellent, mais aussi "l'attaque de la Moussaka géante" (qui raconte l'invasion d'Athènes par des pom-pom girls extra-terrestres). Les films de couloir ne se limitent pas au genre épouvantable, les films et série d'action également, comme "Alias", où l'héroïne se fait sans cesse poursuivre dans des couloirs (ceux de la production), on constate gràce à elle que les russes ou les méchants en général tirent très mal puisqu'ils la ratent dans un corridor, par contre quand c'est elle qui tire, elle les plombe du premier coup. Dans les films d'action de couloir, mais aussi de corridor, de tunnels ou de souterrains, comme "la Momie", le héros doit souvent échapper à une énorme explosion, il y réussit toujours ce qui permet de constater que le héros américain va plus vite que la vitesse de combustion de l'oxygène.

    2133857510.jpgNous causerons des films d'épouvante de couloir, souvent japonais, bien que parfois repris par les américains qui sont les rois du recyclage comme les italiens, en plus luxueux cependant. L'image symbole de ce genre de sottises, c'est une fillette au teint blême, avec des cheveux longs et gras, qui se tient la tête baissée et filmée floue parce que ça fait plus peur. Il y a une musique genre discordante, et puis d'un coup, coup de cymable et elle relève la tête et alors on a très peur. Théoriquement, parce que ça dure un quart d'heure comme scène, et on a le temps de faire autre chose entre deux, parler du temps qu'il fait, acheter une boisson ou du pop-corn. Bien sûr, j'ai l'air de rigoler comme ça, mais "Ring" fiche une frousse d'enfer bien que ce soit très mal fichu et vaguement inspiré, pour la film sur la cassette maudite, d'un "Chien andalou" et de son symbolisme déjà lourdingue. Les films d'épouvante de couloir, en version française, sont d'autant plus hilarants que bien souvent la voix ne colle absolument pas au physique de l'acteur nippon (ni mauvais d'ailleurs, ah, ah, ah, suis-je spirituel ?). Parfois, la caméra filme la petite fille fantôme de très loin et puis, paf, zoome à grande vitesse sur un détail derrière elle, la lune dans la fenêtre, un bout de rideau, une chaise, avec une musique qui fait drôlement peur.

    alien-vs-predator-2.jpg"Solaris" de Soderbergh est le meilleur des films de SF de couloir, tout comme "Alien"1, 2, 3, 4. Le tout est copié par les séries Z qui ont ainsi créé un sous-genre à part entière, dont le maître incontesté est David de Coteau, spécialiste du film de vampire gay également : le film de SF claustrophobe de couloir, souvent filmé dans des usines désaffectées ou pas, adapté en séries, ça donne "Torchwood". Le couloir est alors technologique, et tout en métal, ça finit par être dangereux pour les trois quart du casting, excepté pour le has-been qui joue le héros. En y pensant bien, "Fortress 1 et 2" sont des films de SF de couloir claustrophobes.

  • Lieux communs et crise de Foi

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    Parfois, quand il y a besoin, je n'hésite pas à tirer à boulets rouges contre mon camp, je l'ai déjà démontré, aujourd'hui j'ai envie de remettre quelques idées et préjugés à leur place. Il y a quelques jours, le Pape a réintégré dans l'Église catholique quatre évêques auparavant schismatiques, grand scandale, les traditionalistes chrétiens étant tous assimilés, un peu plus que les autres catholiques encore, à des réacs, des fachos absolus, des boutures de nazillons. Alors qu'il s'agit d'une geste d'unité et de paix, dans la droite ligne de l'Évangile qui recommande d'aimer ses amis comme ses ennemis.

    benoit-xvi.jpgDe plus, dans les fidèles de Saint Nicolas du Chardonnet on trouvait des personnes de gauche voire même des couples homosexuels car l'amour de la messe traditionnelle n'a pas forcément à voir avec les opinions de droite radicale même si ces opinions y sont majoritaires. Hélas, l'un de ces évêques, peu malins, on dirait même qu'il l'a fait exprès, s'est cru autoriser à dire qu'il n'y avait pas eu de juifs gazés, tout au plus 200 000, 300 000 victimes, selon lui. Son raisonnement est stupide et indéfendable, il n'y aurait eu que 200 000 ou 300 000 victimes, c'est déjà beaucoup trop. Comme d'autres, sa foi est devenu une idéologie politique, ce n'est plus du tout pareil, car la foi est révélée par Dieu pour le croyant, et ne provient pas d'une théorie simplement humaine donc conjoncturelle. Ce sont les mêmes critiques qui reviennent contre Benoît XVI : on reparle de son passé dans les "Hitlerjugend" comme la plupart des jeunes allemands de l'époque. Bien sûr que c'est mâââl de s'inscrire aux "Hitlerjugend" qui embrigadait les jeunes sur la base d'une idéologie grotesque et dangereuses mais nous qu'aurions-nous fait ? Un jour à Nanterre, maître Henri Leclerc de la Ligue des droits de l'Homme nous avait demandé de nous poser franchement la question, la réponse était moins exaltante qu'on aurait pu le croire alors que d'autres, moins lucides, proclament bien sûr qu'ils auraient été les premiers à résister. Il suffit de toutes façons pourtant de lire "le Sel de la terre" de Joseph Ratzinger pour comprendre que sa démarche est radicalement à l'opposé d'un quelconque fondamentalisme. Bien sûr ensuite on a le droit au refrain habituel sur la pédophilie dans l'Église, je suis d'accord, parlons en mais parlons en vraiment et dans toutes les religions ainsi que dans toutes les couches de la société à commencer par exemple par ceux qui en parlaient comme d'une sexualité benigne dans les années 70 et qui ont oublié leurs écrits malheureux depuis semble-t-il. Et qui n'ont jamais été inquiétés, excepté Patrick Font...

    Saint-Paul.jpgOn retrouve cette confusion entre idéologie et foi sur l'autre rive. J'en veux pour preuve la messe dominicale à laquelle j'assiste. Ce matin, après une homélie qui m'apprend que la radicalité évangélique dont celle de Saint Paul s'assimile en somme à de l'illumination (partager ses biens, essayer de pratiquer l'amour de l'autre au lieu du rapport de forces etc... c'est être illuminé). Les premières communautés chrétiennes étaient donc des dingues. Ensuite intervint une dame qui parle pendant vingt minutes de l'Action chrétienne contre la torture, qu'elle présente maladroitement, je veux croire, comme la meilleure alternative pour vivre l'Évangile, l''anamnèse de la vie chrétienne" selon ses termes. Elle oublie qu'il n'y a même pas besoin d'être chrétiens pour se battre contre la torture et que ce n'est pas ça la foi. Ce genre d'organisme, personne n'est contre bien sûr, mais bien souvent, ils oublient de défendre les chrétiens du Proche Orient, comme 99.9% des chrétiens européens qui s'en foutent, entre le marteau et l'enclume en ce moment, ceux du Pakistan, 100 chrétiens massacrés dernièrement, ou de Chine qui subissent de vraies persécutions dans l'indifférence quasiment générale. Je ne parle même pas de ceux de Gaza, le Hamas sortant renforcé de l'intervention israèlienne, je donne peu cher de leur peau. Quand on n'est même pas foutus de défendre ceux qui vous sont le plus proches, on n'est pas crédibles à mon sens. Cela est bien sûr couplé avec cette constatation que la messe n'est pas le plus important pour un croyant, que ce sont les actes, et donc les actes politiques qui comptent le plus. On s'étonne après que les églises se vident dans les paroisses dites normales et se remplissent du côté des traditionnalistes qui respecteront plus la solennité de la célébration et sa destination de prière. Pour la politique, chacun est libre de son opinion ensuite, en sortant de l'église.

    jérusalem.jpgCe qui est assez amusant, si l'on veut, comme sur ce blog délirant, qui oscille entre dénonciation (à juste titre) des totalitarismes ou de la judéophobie, et réhabilitation de débiles comme Dieudonné, pourtant lui aussi clairement judéophobe mais moins donc aux yeux du troupeau bêlant, parce qu'il est noir et qu'on le trouve "sympa", c'est que l'on entend toujours les mêmes discours contre les catholiques, discours précisément qui engendre l'intransigeance et le radicalisme des opinions chez de plus en plus de catholiques. Finalement, ce qui domine là-dedans c'est surtout un rejet du catholicisme dans son ensemble, que l'on connaît mal, que l'on croit connaître lorsqu'on énonce deux ou trois lieux communs déjà mille fois entendus. Les catholiques sont dans le monde, qui pour eux, n'est pas diabolique mais beau, et ce sont des médiateurs d'espérance, de justice et de paix.

    Photos : Benoît XVI, Saint Paul et une vue de Jérusalem vue du clocher danois (photo de Mélanie Costes, qu'elle en soit remerciée, j'espère fumer un jour le nargileh chez elle)

    Post scriptum : La réintégration des quatre évêques ne signifie pas le retour à la pleine communion qui n'est pas encore atteint.

  • Vivaldi dans un parking de supermarché

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    metal-herbe.1188570281.JPGBien sûr, en lisant ce qui va suivre, il y aura des lecteurs pour dire "quel prétentieux !" ou "il se met en valeur" en parlant de ça car parler de beaux livres et dire qu'on les apprécie, parler de musique et dire qu'on l'apprécie, c'est que l'on est vaniteux et prétentieux. L'être humain sociabilisé moderne aime bien qu'il n'y ait aucune tête qui ne dépasse et que surtout personne ne cherche à s'élever plus haut que le troupeau, seulement un tout petit plus haut, vers plus de beauté. A ceux-là, je répondrai que si ça les arrange de le croire pour se justifier de ne pas faire de même, alors oui, je suis totalement prétentieux et assurément immodeste d'en parler. Ce n'est pas grave de se faire remarquer pour un peu de beauté mais aux yeus des esprits dociles, ce n'est pas loin d'être un crime, car la beauté que l'on souligne remet en cause leur soumission, la beauté rendant libres.

    La beauté sauvera le monde écrivait le Père le Guillou, un exégète dominicain, théologien profond, connaissant et aimant les chrétiens d'Orient mieux que je ne le ferais jamais, cette phrase est belle et il a raison de l'écrire, et je la crois vraie, mais je crois souvent que ce monde n'a pas envie d'être sauvé. La Création est belle, elle est merveilleuse sous tes aspects et la science permet d'ailleurs de trouver toute cette beauté encore plus belle quand on sait que la vie est si fragile et constituée de si peu d'éléments. Mais l'être humain moderne, ou consommateur, n'en veut pas. Il préfère se réfugier dans l'ignorance ou tourner son regard ailleurs, vers son nombril, et s'isoler dans un monde virtuel dont il est de plus en plus dépendant gràce aux boulets cybernétiques actuels.

    Donc, j'étais sur le parking d'un supermarché à attendre dans une voiture, et pour passer le temps, j'ai mis la radio, c'était "le concerto pour quatre violons" de Vivaldi qui est venu tout de suite (entendre ci-dessous). Il y avait un contraste frappant entre le paysage de béton, le ciel bas et les immeubles aux façades presque aveugles, sales et véreuses, et cette musique qui transfigurait progressivement le tout. La beauté est cachée au coeur de ce monde qui paraît si laid et voudrait bien l'enfouir profondément, mais rien n'y fait, elle ressort toujours, la laideur des sentiments, la haine, la rancoeur et la violence n'y peuvent rien. Bien sûr, la plupart des gens se contentant de survivre et non de vivre, de ressentir ou d'aimer vraiment, comment pourraient-ils un jour le comprendre ?

  • "Yes-we can" refaire le monde en legos

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    J'aimais bien les legos quand j'étais jeune et beau, cette vidéo m'a donc bien plu dans l'idée, bien que, visiblement, les commentateurs de Dailymotion n'en aient pas saisi le second degré.

    Refaire le monde en legos, avec des petits bonshommes qui n'arrêtent pas de sourire (ce qui est un peu inquiétant), ce serait tellement plus simple. Et un peu plus aliénant. Un excellent documentaire sur Arte montrait dernièrement qu'une société au bonheur obligatoire et normée est une société délirante et folle somme toute.

  • Aventurier de la ruralité profonde

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    633_2.jpgComme tous les citadins, j'aime bien la campagne quand elle n'est pas trop loin de la ville, même, comme le préconisait Alphonse Allais, j'aimerais bien que l'on mette de la nature en ville et vice-versa ou réciproquement. Il y a la campagne accueillante, pimpante et colorée, sympathique dont on se demande si en fait elle n'existerait pas seulement que sur les cartes postales ; et puis il y a la vraie ruralité profonde, bien profonde, jusqu'au trognon. On y croise des ivrognes qui sont à la bière dés 8 heures du matin, de la xénophobie ras-de-terre, l'étranger commençant au panneau routier de sortie du bled ou à la gare, des gamins visiblement issus de mariages de parents très rapprochés. Ils sont modernes, ils vont sur MSN et tout le tremblement, mais ne sont pas capables d'aligner deux mots dans ce que l'on pourrait appeler l'ancien français d'avant les èssèmesses.

    On les croit différents de leurs ancêtres mais on leur colle une blouse et des sabots et c'est un conte de Maupassant dans toute sa crudité. Ils sont peut-être encore moins ouverts que leurs ascendants qui sortaient parfois de chez eux, même si, ou peut-être à cause, du câble, de la TNT ou du satellite. La série de Larcenet, "le retour à la nature", montre très bien tout cela d'un point de vue moins péjoratif et moins pessimiste certes, quoique, Larcenet a plus de chances dans son coin sans doute mais je sais d'où il tire son inspiration pour sa série "Chez Francisque", voir ci-dessous, on voit qu'il est allé parfois dans un café de village écouter les conversations. J'ai croisé un épicier dans le genre de celui qu'il décrit, prétendant vendre de l'ôthentique et fourguant à ses clients des légumes transgéniques achetés en gros au supermarché.

    En ruralité, Il n'y a pas de joueurs de banjo comme dans "Deliverance", mais c'est normal car le banjo demande un effort intellectuel et musculaire. J'ai la nostalgie d'une autre ruralité, il y a longtemps, plus ouverte sur le monde, plus chaleureuse, je voudrais croire que ça existait mais la dureté de vieilles personnes qui ont connu cette période me conforte dans mon scepticisme.

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  • Les larbins quotidiens

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    Majordome.jpgAu téléphone, en appelant les services d'une entreprise pour du commerce, passer une commande, ou bien encore régler des factures, l'on doit supporter des « animateurs téléphoniques » ou des « conseillers clientèles » souvent obtus, et chez qui domine la mentalité de larbins, à savoir, on est obséquieux avec les puissants et les riches, insolent et incorrect avec ceux que l'on sent comme plus faibles ou plus humbles socialement, selon les critères les plus basiques. En somme on est toujours dans le rapport de forces des mâles alpha et de leur horde. Un type que l'on voit souvent à la télévision et que l'on ressent comme sympa peut se permettre de dire toutes les sottises, tel autre qui montre les signes de la réussite n'a même plus besoin de pisser pour délimiter son territoire. Les femmes réagiront pareillement. Ne parlons pas des personnes physiquement plus faibles ou handicapés, si le troupeau pleurniche en regardant le Téléthon, il est sans pitié avec ces personnes qui souffrent dans la vie de tous les jours. Finalement, l'être humain reste un primate social presque comme les autres, ne respectant que la force. On constate enfin que plutôt qu'à la gentillesse, le troupeau préfère le mépris à son encontre qui lui semble plus normal. Le vrai progrès, c'est dans l'abandon de ces rapports de force obligatoires comme seule pratique sociale réelle. Cette société de larbins est de plus en plus insupportable, par sa révérence dégoulinante de bons sentiments envers les personnages qu'on lui montre comme honorables alors qu'ils n'ont que la façade d'honorable et l'apparence seule de la grandeur. A l'inverse, je pense à Louis XVI (avec un jour de retard), présenté comme faible et pusillanime à gauche comme à droite, y compris par les monarchistes, alors qu'il était humain justement (en cette ère de « bling bling » et de crise, peut-on imaginer un chef d'état sacrifiant son luxe pour donner au plus pauvres, montrant l'exemple, comme Louis XVI le fit en vendant sa vaisselle en argent sans aucun remords afin de garantir le pain des plus pauvres ? Il semble même que le bon peuple préfère qu'on le méprise, là aussi le mépris est moins péjorativement perçu. La "tyrannie" de Louis XVI semble bien douce quand on penses aux pouvoirs exorbitants que le président concentre dans ses mains)) et c'est justement parce qu'il était l'inverse d'un tyran qu'il s'est fait guillotiner : il faut relire ses instructions à la Pérouse, étonnante de modernité pour s'en convaincre.

  • Des répliques de le film "la Cité de la peur" de les Nuls

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    Je dois avouer que j'ai beaucoup de tendresse pour les films cons à l'humour débile. Des répliques comme...

    Karamazov -Tiffany, je peux dormir chez toi ce soir, j'ai perdu ma mère.

    Tiffany -Elle est morte ?

    Karamazov -Non, non elle était là puis pfuitt..."

    Ou encore :

    Karamazov -Vous êtes Odile Deray ?

    Odile -Non je suis le Pape, j'attend ma soeur, on y va ?

    Karamazov, alors qu'ils quittent l'aéroport -Mais, on attend pas votre soeur ?"

    ...me font hurler de rire. Je sais, ce n'est pas bien du tout, mais j'ai du mal avec l'humour qui demande un plan et des repères pour comprendre les moments où l'on doit rire. Quelqu'un a pris le temps de réunir les meilleures répliques du film dans la vidéo ci-dessous.

  • La Saison 4 de Doctor Who - ombres et ronronnements

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    4x08_Silence_in_the_Library_-_00-3.jpgLa quatrième saison de "Doctor Who" nouvelle mouture (New new new Doctor) a commencé depuis quelques semaines sur France 4. Si, au départ, je trouvais ça très ronronnant et très calme, tout étant relatif, dans Doctor Who, même un épisode calme est foncièrement délirant, je pense aux petits monstres naissant de la graisse des anglais dans le premier épisode ou aux monstres volcaniques de l'épisode sur la chute de Pompeï, hier j'ai changé d'avis. C'était toujours un peu le même schéma, du "monster of the week" qui permet au passage de se moquer d'une manie ou d'une idiotie de notre belle société de consommation furieuse. Et puis Donna est une compagne sympathique mais qui manque un peu du peps qu'avaient les deux précédentes, Martha et Rose (surtout Rose qui devrait revenir pour la fin de la saison). Cela était déjà un peu le cas avec la troisième saison, excepté l'arc autour du Maître, joué par l'excellent John Simm.

    Et puis hier étaient diffusés les deux épisodes écrits par Steven Moffat qui va devenir le producteur éxécutif de la série en 2010. Déjà auteur du très bon "Jekyll" sur Arte le vendredi soir, il signe un épisode de "Doctor Who" comme ils devraient tous l'être. Délirant, une bibliothèque de la taille d'une planète, une histoire tordue à souhait, des paradoxes temporels à foison, on peut télécharger un esprit, une réalité complètement distordue comme dans un roman de Philip K. Dick, une conclusion en forme de victoire ambiguë pour le docteur, et de l'aventure trépidante. Le docteur rencontre dans cette épisode une femme qui sera sa compagne dans le futur, qu'il ne connaît pas encore mais qui le connaît lui. Les livres de l'immense bibliothèque renferment des ombres qui peuvent dévorer le lecteur si celui-ci n'y prend pas garde. C'est du Lewis Carrol sous acide avec une Alice cybernétique et un chat de Cheshire habitant sur la lune, c'est Mary Poppins qui rencontre Bram Stoker.

    Au cas où on ne l'aurait pas compris, c'est à voir rapidement,

    mais qu'est-ce que vous attendez encore ? Cliquez ci-dessous

    Ci-dessous la première partie de l'épisode, on agrandit l'écran en cliquant sur l'idéogramme au milieu des trois petits en bas à gauche. Il n'y a que sur ce site japonais que j'ai trouvé aussi bien rendu...

  • Foutons quelques clichés (sur Obama) à la poubelle

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    Il paraît qu'il ne faut pas toucher aux icônes selon un de mes commentateurs, justement ça tombe mal, moi j'adôôre, tout comme déboulonner les idoles à la mord moi le noeud (enfin pas trop fort).

    Obama Rock Star002.jpgHier, j'ai regardé deux minutes les reportages sur Obama mais devant tant de sucreries, de débordements d'enthousiasme à la con car il n'a encore rien fait, j'ai préféré zapper ailleurs. Sans parler du catalogues de clichés et lieux communs, que je retrouve ce matin dans les z-inrocks, magasine que je reçois tous les mardis afin d'entretenir mon dégoût de la connerie humaine, dans lequel je lis qu'Obama est en quelque sorte Superman mâtiné de Gandhi et Lincoln, bref une analyse politique aromatisée à la guimauve. Rien que sur la politique extérieure, il va quand même envoyer des milliers de "boys" se faire flinguer en Afghanistan en lieu et place de l'Irak, pour des raisons aussi futiles qu'en Irak, ou aussi hypocrites, car au nom d'un bien qui n'existe que dans les films où Harrison Ford est le président super-fort des Etats-Unis. On nous dit aussi, Obama, le premier "président noir", alors qu'il est métis, ce qui est soit dit en passant un symbole encore plus fort, et puis la couleur de peau ce n'est pas la seule chose qui caractèrise un individu. On dirait finalement que le monde occidental, sous couvert de célébrer l'anti-racisme, se célèbre lui en se disant que quand même si un métis peut devenir président c'est que l'on n'est pas si inégaux, c'est que notre société consumériste est bien comme elle est. Bref, on se contemple le nombril en se trouvant tellement bien. Enfin, on parle de Lincoln, présenté comme anti-esclavagiste, ce qui n'est pas tout à fait historiquement exact. Au départ, la guerre de Sécession c'est surtout une question de répartition des pouvoirs entre le Nord protestant et industriel, où il n'y avait pas d'esclaves ou très peu, et le Sud rural et plus latin. Le prétexte de la libération des esclaves est venu en route à Lincoln, qui avait préparé très vite l'amendement qui instituait la ségrégation de fait entre les "races". Finalement Booth, son assassin, a rendu service à sa légende.

    Il est même de ses adversaires politiques pour le trouver cooool et sympa, c'est donc que sa com était parfaite.

  • Des hommes, des vrais

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    Cela fait longtemps que j'ai mis de la Bande Dessinée sur ce blog. Voilà donc un extrait d'"Hamster Jovial" de Gotlib qui montre des hommes, des vrais, terrifiés par la montée du féminisme. Cette note est bien sûr dédicacée à Éric Zemmour. On est en danger les gars, on n'est plus en sécurité nulle part. Elles veulent tout avoir, même ça. En en plus c'est d'un humour fin, distingué et viril, celui que les hommes, les vrais préfèrent.

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  • Celles qu'on n'a pas eues ou Basse vengeance

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    1661.jpgCette note est peut-être une basse vengeance après tout, ce n'est pas faux. Elle est également misogyne, injuste et phallocrate, mais j'assume. Quand nous étions à l'école, au collège, au lycée voire à la fac, il y avait ces filles réputées insaisissables, inaccessibles, des séductrices déjà blasées à les écouter. Les garçons timides, et les autres, plus sûr d'eux, s'inventaient avec elles des aventures dignes des "Mémoires d'un jeune Don Juan". Elles enflammaient les imaginations alors que bien souvent leurs aventures à de très rares exceptions près ne dépassaient pas l'amour platonique et la main dans la main. Le loup sortait tard du bois, et celles qui le rencontraient se disaient : "Tiens ce n'était que ça ?". Elles restaient très naïves, tout comme les garçons, rêvant de princes charmants comme eux rêvent de jeunes filles en détresse, et puis parfois se mettaient en ménage avec le premier venu simplement parce que les parents les poussaient et les poussent encore dehors une fois les dix-huit ans passés. En parcourant les profils de diverses utilisatrices des sites commerçant sur la nostalgie écolière, qui permettent quand même de retrouver des vieux amis, je l'ai compris cette naïveté.

    Il y en a qui mettent de vieilles photos donnant l'illusion qu'elles n'ont pas changées (il y a même des petits gros qui mettent des photos où ils ont moins d'amplitude). Et puis il y a celles qui se 3068.jpgmontrent telles qu'elles sont maintenant : de la matrone réjouie à la vieille fille pincée que l'on sent derrière un sourire un peu trop appuyé. Comme dirait quelqu'un on s'aperçoit qu'"elle n'était même pas de notre genre". Il y a ces hommes célibataires qui espèrent parfois retrouver la flamme en évoquant des amours de jeunesse. Il y a ces femmes presque mûres qui jouent encore le rôle de la liberté sexuelle et l'indépendance et rêvent de cuisine et de couches. Il y a l'insatisfaction de ne pas avoir donner corps à ses espoirs même si l'on prétend souvent que sa vie actuelle est formidable ou tellement épanouissante. J'en arrive à la basse vengeance, c'est de voir que celles qu'on n'a pas eu, dont on rêvait, pour lesquelles on se passionnait sont maintenant comme ces femmes qui vont aux "speed-datings", ces filles paraissant tellement dynamiques mais toujours seules (bien qu'elles soient en amour parfois avec un homme souvent marié qui "a peur de s'engager", euphémisme pour désigner la lâcheté du gars ou son égoïsme).

    Photos : une princesse de contes, une photo du film de Pascal Thomas "celles qu'on n'a pas eues".

  • Selon le contexte - à propos de Che Guevara

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    che_guevara_warhol-fbd93.jpgL'adulation excessive pour des "grands" hommes du passé, en particulier ceux du XXème siècle, m'agace toujours beaucoup. En particulier pour des figures comme celles de Che Guevara. Hier soir sur le plateau de l'émission culturelle de TPS Star, présentée par Eric Naulleau et Valérie Amarou, des commentateurs tentaient d'analyser les zones d'ombre du personnage, une dame politologue distinguée disait qu'en fait on ne devait pas parler de massacres, de tortures, ou d'éxécutions sommaires commises par Ernesto dit "Che" Guevara mais que le contexte étant ce qu'il était c'était en somme normal. Et que il y avait un idéal généreux, universaliste et collectiviste, donc en somme que c'était moins grave. Elle continuait en nous disant que Ernesto n'aimait pas les tapis rouges, qu'il marchait à côté "et tout" : bref un saint homme, Jésus Christ en treillis...

    A mon sens, à partir du moment où un idéal conduit à tuer en son nom, cet idéal est immédiatement perverti, il ne peut justifier des morts ou que l'on prenne à la légère la vie d'autres être humains. C'est injuste certes mais c'est comme ça. Que ce soit en Chine, en Russie, en Pologne, en Espagne des deux côtés pendant la guerre civile (relisez Orwell ou Bernanos sur le sujet), au Cambodge, au Vietnam, en Italie fasciste, en Allemagne nazie. Trop souvent, les idéaux un peu trop exaltés ont conduit des personnes normalement intelligentes à soutenir des idéologies qupicture.asp?date=20080629&catalog=141609&gallery=425143079&lot=00245&filetype=2i deviennent meurtrières au nom d'un bien hypothétique. Toute personne qui ne veut pas sacrifier des êtres humains ou son intégrité pour une théorie est immanquablement perçue comme traîtresse. C'est pour cela que je n'aime pas quand Péguy parle de ceux qui ne voulaient pas la guerre en 14 en les traitant de traîtres et leur promet le peloton. Le plus drôle dans tout cela est que la société marchande s'est accaparé ce genre d'icônes en reproduisant leurs images légendaires, dont la fameuse photo posthume du "Che", à des milliers d'exemplaires sur toute sorte de produit, ou la lithographie de Mao par Warhol dont Don DeLillo fait le symbole de la modernité et de notre monde de "non-lieux" dans son roman "Mao II".

    La France a le triste privilège d'inaugurer la longue liste de ces massacres commis au nom d'un bien illusoire qui se pervertit dés que ce genre de tueries est opérée pour l'obtenir, tels ceux commis par les "Colonnes Infernales" après la Vendée militaire, oubliant que le droit à l'insurrection était garanti au peuple par l'article 3 de la déclaration des droits de 1793. Qui n'allait pas dans le sens du progrès était un malade. A ce sujet, Gracchus Babeuf, collectiviste, plus révolutionnaire que les conventionnels, parlera de "populicide. Hannah Arendt l'explique dans les "origines du totalitarisme", les idéologies utopiques qui ont conduit à des dictatures d'un bord ou l'autre partent toutes du même socle : la création d'une nouvelle espèce humaine débarassée du passé, donc de ce qui fait humanité.

  • Ce monde est-il condamné ?

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    Merci à Solko, j'ai trouvé la citation, que j'aime bien, sur son blog:

    Lire l'article qu'il a écrit sur Bernanos

    _wikipedia_commons_d_dd_MadlHatterByTenniel.jpg"Il n'importe pas de condamner ce monde. Il vaudrait mieux le plaindre. Il a besoin de pitié. Seule la pitié pourrait blesser son orgueil. La psychologie actuelle démontre très bien que l'orgueil n'est qu'une des formes du redoutable complexe d'infériorité. Le monde moderne est un monde humilié, un monde déçu, c'est ce qui le rend furieux. Le sentiment de la ridicule disproportion entre ses réalisations et ses promesses donne à cette fureur un caractère de férocité. Tous les ratés sont cruels. Le monde moderne est un monde raté. Il risque aujourd'hui de se jeter dans le suicide pour échapper  l'intolérable aveu de son impuissance".

    Georges Bernanos ("Le monde moderne est un monde humilié" - interview publiée le 10 février 1939 dans O Journal, et repris dans La France contre les robots)

  • The Messie ize back ! - Obama notre sauveur arrive

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    obama-savior.jpgHalleluyah mes frères, le sauveur est de retour !

    Et il s'appelle Obama mes frères !

    Il va apporter la paix dans le monde et faire règner l'ordre et la justice !

    Les gens l'aiment pour sa peau sombre !

    Il leur donne bonne conscience, Halleluyah !

    Plus jamais de libéralisme effréné mes frères, tout ça maintenant c'est disparu puisque Obama arrive et qu'il est le sauveur mes frères !

    Halleluyah, Hosannah, The saviour comes !

    Il va aller porter la lumière de la paix et de son intelligence en Afghanistan !

    Il va leur donner la punition qu'ils méritent s'ils le rejettent !

    Ce n'est pas grave car c'est le messie de l'époque !

    Il va remettre au goût du jour le style "pimp" c'est sûr, il vient du peuple et pas de la bonne bourgeoisie, Obama, avec lui ce sera "Enjoy Your Funk" tous les jours mon frère ! Halleluyah !

    Chantons le au plus haut des cieux, le sauveur est de retour et il va tous nous sauver !

    Il s'intéresse beaucoup à la France ! Ce petit pays moyen de l'Europe !

    Il va lui apporter la connaissance de l'amour aux français, ces grenouilles qui ne le méritent pas !

    Et si ils n'en veulent pas ! Il les balaiera de son grand livre de comptes ! Halleluyah !

    Car elles n'étaient même pas en Irak ! Testify Brothers !

    Obama It's God wonderful love, brothers ! Testify !

    Et quand le peuple se réveillera de son rêve ! Quand il verra qu'il y a autant de pauvres !

    Obama retournera au paradis des légendes funky !

  • L'éducation à l'ère consumériste

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    mannequin91.jpgAujourd'hui on n'a plus des enfants pour leur transmettre un savoir ou un idéal, on a des enfants comme on s'offre un nouvel écran plasma ou une nouvelle voiture; C'est un achat planifié à crédit en quelque sorte. Dés sa naissance, on prévoit de mettre de l'argent de côté non pour le vêtir, le nourrir ou l'éduquer mais pour lui acheter les objets totems que la société conseille aux adultes pour que l'intégration dans le troupeau se passe le mieux possible : un téléphone cellulaire dernier cri, qui peut tout faire, de télécran portatif à fax en passant par appareil photo permettant d'entretenir son voyeurisme malsain (tels ces passants hier filmant une agression sans ayant seulement l'idée d'intervenir). Parfois, dans le train, un fossile, un marginal, un esprit fort peut demander à un membre du troupeau de parler moins fort dans son appareil pour ne pas gêner le reste du wagon en se justifiant par la très ancienne notion de courtoisie, poussiéreux tout ça.

    Il faut aussi que l'enfant ait la télévision, le câble ou le satellite, au moins la TNT, dans sa chambre, et une console de jeux qui lui permet de laisser libre cours aux instincts meurtriers que son aliénation informatique pourrait engendrer, sans oublier l'ordinateur qui permet de s'isoler des heures devant un écran en prétendant au dialogue avec le monde. Le gosse devra porter des habits fabriqués par des entrepreneurs agréés par le troupeau, troupeau plaçant sa dignité non dans son intelligence possible et les connaissances qu'il peut apporter aux autres mais dans des objets totalement périssables. Tout comme les adultes de l'ère consumériste, les enfants sont des choses, des marchandises, des machines que l'on entretient, bien que le service après vente soit un petit peu plus délicat à mettre en oeuvre. Comme maintenant c'est la crise, beaucoup de parents réfléchissent avant de se lancer dans un achat tellement dispendieux.

    Ils achètent un chien...

  • Discuter avec un fanatique islamiste

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    taliban301007.gifSur ce forum facebook, qui parle de littérature ("la vie est trop courte pour lire de mauvais livres") au départ, j'ai discuté, si l'on peut dire, avec un fanatique islamiste. Il est venu là parce qu'un journaliste avait osé remettre en cause le bien-fondé des slogans prétendument anti-sionistes mais pour certains anti-juifs que l'on entendait pendant les manifestations contre l'intervention israèlienne à Gaza, la haine qui suintait des slogans. J'en ai déjà parlé ci-dessous, mais les commentaires de ce jeune homme sont parlants, encore un peu plus si besoin était. Il n'y a pas de discussion possible en l'occurrence, de réel échange, si l'on ne croit pas dans sa cause qui est une version faussée du Fraternite-Islam.jpgCoran, on ne croit en rien, on est bon pour l'enfer. Il n'y a pas de questionnement quant à ses motivations, il prétend aller jusqu'à la mort de toutes manières. Il y a cette certitude en lui. Le fanatique ne vit pas vraiment, il est déjà entre la vie et la mort, il appartient à sa cause même si celle-ci le mène à sa perte. Il n'y a pas d'échappatoires. Il n'aime pas ce qu'il considère comme futile et qui est extérieur à sa cause : ressentir, aimer, les autres, lui-même, la création, vivre tout simplement ; il ne peut donc comprendre ce qu'est la littérature, et l'importance des livres comme d'ailleurs tous ceux qui ont une marotte qui n'est qu'idéologique. Il faut dire que dans son esprit dans celui de ceux qui l'embrigadent, il est un mort en sursis dont la seule utilité est de terroriser ceux qui veulent vivre pour les rallier à ses idées même par la peur. Même si du point de vue de la foi, prétendre que Dieu est avec soi et seulement avec soi relève finalement du blasphème. C'est abaisser quelque chose, quelqu'un pour les chrétiens, qui ne peut pas l'être.

    Certes, il n'y pas que des fanatiques islamistes....

    Mais devant les histoires d'Ayan Hirsi Ali ou Taslima Nasreen et tant d'autres, toutes ces petites filles mutilées par exemple, il conviendrait enfin de faire preuve de courage et non de lâcheté, arrêter de botter en touche en affirmant que ce fanatisme équivaut aux autres. Il faudrait avoir moins peur des religions, moins peur d'en parler vraiment au lieu d'accepter tout et n'importe quoi, parfois des "traditions" millénaires n'ont pas trente ans.

    Il serait temps de mettre en valeur l'autre versant de la culture du Moyen Orient, à commencer par Omar Khayam, poète qui représente la part la plus douce de cette culture tout comme Mahmoud Darwich ou un romancier comme Alaa El Aswani qu'il faut lire absolument :

    Boire du vin, prendre du bon temps, voilà ma règle.
    Ne me préoccuper ni de créance, ni de croyance, voilà ma religion.
    A cette fiancée qu'est le monde j'ai dit : "Que veux-tu pour douaire ?"
    Elle m'a répondu : "La tranquilité de ton coeur".

    Ses quatrains par ici

  • Etre clair sur Gaza

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    L'intervention de Véronique de Keyser sur Gaza

    Véronique de Keyser,  députée européenne, a rappelé deux ou trois choses essentielles sur Gaza, qui se noient sous le discours partisan des uns ou des autres : le droit international, le droit local et les conventions communes à tout les pays comme la convention de Genève ne sont pas respectés à Gaza par l'armée et le gouvernement israèliens, c'est tout. Et aucune des résolutions de l'ONU  n'a été appliquée par les forces en présence.

    Il conviendrait de commencer à faire respecter le droit, comme punir une nation qui s'arroge le droit d'intervenir chez le voisin sans demander l'avis de personne, ou qui bombarde des installations de l'ONU, tout le reste est parlotte vaine..

    L'intervention de la députée hier

  • Bonjour chez vous Numéro 6

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    double.jpgPatrick MacGoohan, l'interprète du prisonnier, le plus célèbre héros télévisuelo-paranoïaque est mort. Il est sans doute retourné au Village sous bonne garde des "Rovers" (les gardiens ballons). De toute façon le Village s'est aujourd'hui étendu au monde entier : la surveillance constante des personnes, de tous les instants, la plupart du temps même ce sont elles qui demandent le fliquage systèmatique vu comme un grand progrès, les médias omniprésents, le peuple abêti et soumis aux modes les plus absurdes, non il fait bon vivre au Village sous la férule des numéros 2 qui nous gouvernent. Patrick Mac Goohan a également joué dans plusieurs bonnes séries B dont "l'Évadé d'Alcatraz" de Don Siegel, il y est paradoxalement le directeur de la prison, ou "Scanners" de David Cronenberg où il est le "créateur" des télépathes gràce à l'éphémérol. Il a mis en scène également deux "Columbo" dont le deuxième est comme un remake modernisé à la sauce des années 70 du "Prisonnier".

    Il interprétait depuis les années 60 à travers "Destination Danger" un personnage de films d'espionnage ou d'aventures n'employant que modérément la violence, n'utilisant jamais d'armes mais d'abord son intelligence. C'était aussi un aventurier cultivé. Et c'était souvent un individualiste forcené, comme Patrick Mac Goohan lui-même, au sens que c'était un homme libre quant à une doctrine ou une autre.

    ci-dessous le générique de la série

    Et le site dédié

  • Le plouc et les handicapés

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    francais_moyen.jpgC'est toujours intéressant de prendre le bus, c'est souvent instructif pour voir de près la connerie humaine. Le plouc, le beauf, devant un chef, un représentant de l'autorité, quelqu'un qui a plus de fric, ou plus d'objets symboles de son ostentation sociale, s'écrase en somme, il s'aplatit et son obséquiosité est aussi grande que ses complexes, à savoir gigantesque. Par contre, quand il se trouve en face de plus faible que lui, ou de personnes qu'il considére comme plus faible, l'abruti s'en donne à coeur joie comme j'ai pu le constater ce matin dans le bus que je prend pour monter à la gare. Y montent aussi des jeunes handicapés du Centre d'Action par le Travail, deux jeunes hommes et une jeune fille dont le handicap est plus visible que les deux autres. Sous prétexte de blaguer, quand l'imbécile se moque d'autrui, c'est toujours censé être drôle, c'était un festival de lourdeurs détaillant l'un les "séductions" de la jeune fille, l'autre parlant de ses "conquêtes". On riait bruyamment, très grassement, et la pauvre ne savait plus trop comment se conduire. Les deux tourmenteurs ont bien sûr arrêtés, après avoir protesté et affirmé que c'était "pour rire", dés que les autres voyageurs leur aient demandé de calmer leur verve méchante et assassine. Deux grosses larmes coulaient sur les joues de la petite jeune fille.

    Ce sont les mêmes que l'on voit dans les files de supermarchés humilier les caissières, traiter les vendeurs de magasin plus bas que terre, gare à ceux qui sont sous leurs ordres, ils se rattrappent de leur lâcheté et leur obséquiosité sur les autres. C'est tellement plus confortable que de remettre en question ses certitudes. Bien sûr, pour invoquer leur droit à la moquerie, certains parlent d'incorrection politique alors que là ça n'a rien à voir, il ne s'agit que de minables qui se vengent sur plus petit.

  • Dieudonné : révélateur de haine et d'hypocrisie

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    Sur l'interdiction de Dieudonné

    Jusqu'à maintenant, quand un acte anti-sémite était commis (on devrait d'ailleurs plutôt parler de judéophobie), on accusait l'extrème-droite ou les skins bas du front du coin, sans voir que la "nouvelle" judéophobie la plus active ne vient plus de ces milieux, même si ceux-ci restent anti-juifs, mais d'une certaine partie des musulmans, du monde arabe et même de l'extrème-gauche où l'anti-judaïsme, ou c'est déjà assimilé à de l'anti-capitalisme, mais aussi et surtout de l'anti-sionisme. La haine pour Israèl a été importée en France par la plupart de ces mouvements. A gauche comme à droite, on ne voulait absolument pas le voir, la bien-pensance impose que quelqu'un qui a été victime du racisme ne peut pas être raciste alors que malheureusement si, hélas, en clair dans l'esprit bien-pensant un arabe ne pouvait pas être anti-sémite, tout comme un africain. Il faut rappeler quand même que les prêches du vendredi demandent régulièrement dans la plupart des pays de terre d'Islam la destruction totale d'Israèl.dieudoelie.jpg

    En public, on parle bas, on ne dit pas grand-chose, ils sont un rien faux-cul, mais dés qu'on les encourage un peu, c'est l'avalanche. Dieudonné quant à lui fait partie à la fois de cette tendance anti-sémite venu d'anciens "situs" très à gauche, comme Faurisson, ou Garaudy, et du fait que depuis quelques années, beaucoup d'intellectuels d'origine africaine font la comparaison entre la traite négrière et la Shoah qu'ils estiment sur-traitée dans les médias. En gros, c'est "mon génocide est plus gros que le tien".Sans parler bien sûr de l'antisémitisme encore un peu plus irrationnel qui sévit un peu partout sur le Net ou dans la société, engendré par les frustrations des uns ou les complexes des autres : "si je n'ai pas réussi c'est pas ma faute mais celle des juifs,...". Il est dangereux de défiler avec des individus pareils contre les bombardements à Gaza, c'est les encourager dans leur haine et les pousser à développer cette haine. Je me souviens de ces individus pro-palestiniens qui finissaient toujours par affirmer qu'on était trop sympas avec les juifs.

    De l'autre, Israèl joue continuellement sur la carte anti-sémite pour justifier sa politique. Si l'on ose critiquer Israèl, c'est que l'on est anti-juif. Si l'on ose critiquer Israèl c'est que l'on est raciste en somme. Alors que ça n'a rien à voir. Le problème est que ce pays ne base son identité que sur le traumatisme de l'Holocauste et le besoin de se protéger absolument des holocaustes futurs possibles, quitte à les entraîner en dialoguant par exemple depuis longtemps exclusivement avec le Hamas ou les pires fondamentalistes. Les bombardements de Gaza, ceux vers le Liban sont comme une fuite en avant de ce pays. Au risque d'embraser toute cette région du monde et nos pays avec.

    Dieudonne_texte.jpgSi Dieudonné a de l'audience, ce qui l'arrange, ces provocs c'est fait pour ça, si son spectacle rentre autant de places de spectateurs donc de fric, c'est aussi que la politique d'éducation et d'information sur l'anti-sémitisme est entièrement à revoir, et l'interdire c'est en faire une victime c'est encourager ses supporters à le suivre un peu plus loins. On y discerne un rejet de l'enseignement de cette partie de l'histoire, les préjugés, les lieux communs semblent plus forts que tout au bout du compte : la richesse, la mainmise sur le pouvoir, l'importance des groupes de pression sionistes (là ce n'est pas tout à fait faux...). Tout semble à revoir. Personnellement, je trouve d'ailleurs que les documentaires à répétition sur la Shoah, les films de témoignages, les cris d'alerte des associations juives, parfois pour rien (appeler à la patrie en danger parce qu'un débile trace une croix gammée c'était pas malin), ressortent d'une fascination morbide pour les bourreaux nazis plus que d'une dénonciation. Je préfère pour ma part "To be or not to be" de Lubitsch ou "The producers" de Mel Brooks qui sont considérés à tort comme de mauvais goût mais remettent les nazis pour ce qu'ils étaient ; des pantins grotesque et dangereux. La judéophobie de Dieudonné est maladive et grotesque, presque pathétique de connerie cruelle, et elle aussi très dangereuse.

    Et enfin, on voit bien que le fait de diaboliser toute inquiétude, tout questionnement, sur les populations idee-flyer-j-ai-fait-lcon-2-12201.jpgd'origine autre que française de souche n'a conduit qu'à les exacerber. On n'a pas cherché à les comprendre ou à y répondre concrètement, dire ce qu'ils vivaient, ces gens dans les cités, sans fioritures, c'est considéré encore maintenant être raciste : la vieille dame qui se fait piquer son sac quatre fois par an dans l'escalier de son immeuble, ce n'est pas une plouc franchouillarde raciste, c'est une vieille dame qui a peur de descendre dans la rue, le monsieur dont la voiture est incendiée, il a le droit d'être en colère, si personne ne l'aide, que va-t-il faire ?, le jeune qui se fait racketter quotidiennement parce qu'il est d'une autre religion ou d'une autre couleur, il ne va pas brûler d'un amour passionné pour ses racketteurs, quand un français écoute les paroles de haine de certains groupes de rap il ne voit pas pourquoi il soutiendrait des artistes qui le détestent, la jeune fille qui se fait insulter parce qu'elle met une jupe, elle va s'enfermer en elle-même pour supporter etc...

    Il y aussi que le racisme peut venir d'un africain, d'un asiatique, d'un juif aussi. Il est temps d'ouvrir les yeux. Et le scandale incompréhensible c'est que Dieudonné qui était la figure emblèmatique anti-Front National a choisi le Pen comme parrain de sa fille, le Pen ou l'épouvantail commode de ces vingt dernières années; le méchant absolu alors qu'il y a pire maintenant et que ses idées sont appliquées par monsieur Sarkozy. De fait on a également beaucoup promis aux jeunes de banlieue chaude, on leur a tenu des beaux discours. Certains s'en sortent par ce qui n'est rien d'autres que des quotas dans les concours, ce n'est pas malin non plus, il y aura toujours une suspicion avouée ou non sur leurs compétences. De temps en temps, pour se déculpabiliser, on nous sort une oeuvre comme "l'Esquive" ou un "Entre les murs" ou un" Kiffe kiffe demain". Bien sûr, tout n'est pas dangereux, ou sombre dans les cités, et la haine n'est pas si forte mais elle grandit. Et elle inquiète très fortement. Les imbéciles, les débiles, aiment la haine et la violence, elle les conforte dans leurs vices violents, ils en rêvent la nuit, comme une revanche sur ce monde qu'ils estiment en dette à leur encontre.

  • Vivre délibérément loin de la société des hommes

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    Concord_MA_Fall_102604_108_Thoreau_Cabin_Walden_Pond.jpgHenry David THOREAU.
    I went to the woods because I wanted to live deliberately.
    I wanted to live deep and suck out the marrow of live.
    To put to newt all that was not life.
    And not, when I came to die, discover that I had not lived.

    Je suis allé dans les bois parce que je voulais vivre délibérément.
    Je voulais vivre intensément et sucer la moelle de la vie.
    Réduire à néant tout ce qui n'était pas la vie.
    Et ne pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n'aurai pas vécu.

    extrait de "Walden", Where I lived, and what I lived for.

  • Guérissez de votre naïveté

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    "La naïveté peut montrer des défauts, mais jamais des vices, et c'est pour cela qu'on dit une grossièreté naïve, et qu'on ne dit point une méchanceté naïve."
    Citations de Jean le Rond d' Alembert

    resserver.php?blogId=6598&resource=le%20na%C3%AFf%20aux%2040%20enfants.JPG&mode=mediumJe suis un indécrottable naïf, je viens encore de m'en apercevoir, je déteste ça mais je préfère presque être ainsi que calculateur même s'il faut bien l'avouer, c'est une faiblesse (en être conscient me montrant cependant que je suis sur la voie de la guérison). Quand quelqu'un parle d'une cause que j'épouse, que je rejoins, je suis toujours persuadé a priori que cette personne sera capable de faire taire ses rancoeurs au moins un temps pour défendre les mêmes idées, je me sens a priori bienveillant. Bien sûr, je pars d'un postulat faux qui est l'intelligence de la personne que je suppose capable de cette démarche. Or, c'est rarement le cas. N'est pas Bernanos et Simone Weil qui veut, deux êtres capables de dépasser les frontières de leurs camps supposés et de se rejoindre pour défendre la liberté quand il convient de le faire. Cela prouve que la cause défendue, même quand celle-ci est tout à fait valable, ne vaut rien pour celui qui n'est pas fichu de mettre de côté ses reproches ou sa haine. Cela s'appelle donc un mensonge, prendre la pose pour se mettre en valeur, jouer un rôle. Il y en a marre de cette manie très française, de ces diplômés à étages, enfants sages toujours dociles, toujours dociles maintenant mais le vivant mal et ressentant le besoin de compenser en mimant l'indignation face à l'iniquité alors qu'il s'en fout, se souciant surtout de sa survie immédiate, de son confort intellectuel et social, moral et matériel.

    Sinon, mon salut au roi des cons à ceux qui croient se jouer parfois de ma naïveté.

  • Un film de filles (voire de pétasses) en douce

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    "Charlie's Angels"

    Parfois, j'en ai marre des polémiques sur des sujets graves, des discussions à n'en plus finir sur des questions où tout le monde est convaincu a priori, et où ils ne sont pas nombreux ceux qui seront suffisamment intelligents pour nuancer leur avis ou modérer leurs propos : parfois ça dure sur un fil de 150 commentaires qui sont autant de monologues sans queue ni tête, les internautes exposant surtout leurs obsessions et pour certains leur pathologie microcéphale entre autres, alors quand ça arrive j'ai envie d'un bon gros nanar bien con, bien gluant, bien kitsch, bien navrant pour me détendre le cortex. J'ai donc regardé "les anges de Charlie" qui est un monument dans le genre, la série originelle n'étant déjà pas mal dans le genre. Tout le film est à mi-chemin entre l'esthétique, si l'on peut dire, californienne, et les clichés gay sur les filles (c'est un peu d'ailleurs un film d'aventures pour garçon coiffeur sensible, ce film).

    Les plans se bousculent, tombent en cascade, on en prend plein les mirettes, à risquer l'épilepsie. Trois filles qui sont très différentes, l'une, Cameron Diaz, est une super pilote de course charmante mais très timide, la deuxième, Drew Barrymore, qui est beaucoup plus trash que son personnage dans la vraie vie, est une rebelle, une bad girl bien sage quand même bien qu'elle frappe les représentants de l'autorité dans les n...ouilles (zut une co-q-uille) et la troisième, Lucy Liu, une fille astronaute qui est aussi championne de cheval. Elles ont toutes les trois le même style dominatrice-facheune en stiletos bien tranchants que Trinity dans la trilogie "Matrix", sexy mais castratrice. Pendant deux heures, le réalisateur joue à Barbie avec elles. Elles sont maternées par Bosley, joué par Bill Murray, l'archétype du mâle dominé/dominant, on se demande à quoi il sert, qui est à la fois un père et une mère pour les trois donzelles. Les copains des filles c'est Ken en différentes versions : Ken surfer débile, Ken acteur ringard, Ken super-méchant qui s'habille comme un Mick Jaegger de supermarché.
    Le méchant veut capturer Charlie et le torturer, et pour cela, au lieu d'engager directement d'autres détectives, il fait voler aux filles un programme tellement secret que t'y crois pas pour le localiser par satellite. D'ailleurs on croit entendre qu'il veut le torturer mais finalement il lui balance un missile à la fin, missile qui bien sûr rate son but. C'est très très con, effarant de vide mais tellement jubilatoire de bon, voire de très bon mauvais goût.

    Ci-dessous pour la bonne bouche l'introduction du feuilleton des années 70. A l'époque, il n'y avait qu'une seule "bimbo" dans l'équipe...

  • Comparaison agaçante entre les intégrismes

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    VE%20Tariq%20Ramadan.jpgSur plusieurs forums, sur plusieurs blogs, dans les journaux, je lis cette comparaison très agaçante entre les intégristes catholiques et les intégristes musulmans qui seraient, selon certains, comme des fidèles de monseigneur Lefèbvre mais de l'autre côté en somme. Je ne suis pas précisément un fanatique de la messe en latin traditionnelle ou de l'ancien cathéchisme, bien qu'en appréciant parfois la solennité qui fait défaut à fspx_marcel_lefebvre.jpgbeaucoup de messes dites modernes qui font dans le sentimentalo-cruche (si la liturgie ressemblait partout à celle des Bénédictines de Montmartre ce serait parfait), mais je trouve ce rapprochement plus qu'hasardeux.

    Personnellement, je n'ai jamais entendu parler de tradis catholiques ayant lapidé une femme adultère, excisé une seule petite fille, ou ayant fondé une internationale haineuse contre les autres habitants de la planète pour financer des attentats. De plus je ne me rappelle pas que des lefébvristes aient obligé leurs proches à manger de telle chose et non d'une autre pour raisons dogmatiques. Cela ne veut pas dire que ce milieu est exempt d'hypocrisie morale ou de haine recuite ou de bassesses, voire de secrets honteux bien cachés, mais ce n'est pas comparable. Ce qui est d'ailleurs ironique est que l'on collait toujours l'accusation d'antisémitisme, ou plutôt de judéophobie, sur le dos de ces personnes la plupart du temps très à droite. On voit bien depuis une semaine, et je l'écris malgré toute le sympathie que j'ai pour les palestiniens, que la haine des juifs est beaucoup plus développée en Islam que dans le Christianisme.