vendredi, 23 janvier 2009
Aventurier de la ruralité profonde
Comme tous les citadins, j'aime bien la campagne quand elle n'est pas trop loin de la ville, même, comme le préconisait Alphonse Allais, j'aimerais bien que l'on mette de la nature en ville et vice-versa ou réciproquement. Il y a la campagne accueillante, pimpante et colorée, sympathique dont on se demande si en fait elle n'existerait pas seulement que sur les cartes postales ; et puis il y a la vraie ruralité profonde, bien profonde, jusqu'au trognon. On y croise des ivrognes qui sont à la bière dés 8 heures du matin, de la xénophobie ras-de-terre, l'étranger commençant au panneau routier de sortie du bled ou à la gare, des gamins visiblement issus de mariages de parents très rapprochés. Ils sont modernes, ils vont sur MSN et tout le tremblement, mais ne sont pas capables d'aligner deux mots dans ce que l'on pourrait appeler l'ancien français d'avant les èssèmesses.
On les croit différents de leurs ancêtres mais on leur colle une blouse et des sabots et c'est un conte de Maupassant dans toute sa crudité. Ils sont peut-être encore moins ouverts que leurs ascendants qui sortaient parfois de chez eux, même si, ou peut-être à cause, du câble, de la TNT ou du satellite. La série de Larcenet, "le retour à la nature", montre très bien tout cela d'un point de vue moins péjoratif et moins pessimiste certes, quoique, Larcenet a plus de chances dans son coin sans doute mais je sais d'où il tire son inspiration pour sa série "Chez Francisque", voir ci-dessous, on voit qu'il est allé parfois dans un café de village écouter les conversations. J'ai croisé un épicier dans le genre de celui qu'il décrit, prétendant vendre de l'ôthentique et fourguant à ses clients des légumes transgéniques achetés en gros au supermarché.
En ruralité, Il n'y a pas de joueurs de banjo comme dans "Deliverance", mais c'est normal car le banjo demande un effort intellectuel et musculaire. J'ai la nostalgie d'une autre ruralité, il y a longtemps, plus ouverte sur le monde, plus chaleureuse, je voudrais croire que ça existait mais la dureté de vieilles personnes qui ont connu cette période me conforte dans mon scepticisme.

12:49 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : politique, littérature, société, ville, campagnes, mode, authenticité |
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Commentaires
Écrit par : David | vendredi, 23 janvier 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Amaury | vendredi, 23 janvier 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lily Snow | vendredi, 23 janvier 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Amaury | samedi, 24 janvier 2009
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