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Selon le contexte - à propos de Che Guevara

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che_guevara_warhol-fbd93.jpgL'adulation excessive pour des "grands" hommes du passé, en particulier ceux du XXème siècle, m'agace toujours beaucoup. En particulier pour des figures comme celles de Che Guevara. Hier soir sur le plateau de l'émission culturelle de TPS Star, présentée par Eric Naulleau et Valérie Amarou, des commentateurs tentaient d'analyser les zones d'ombre du personnage, une dame politologue distinguée disait qu'en fait on ne devait pas parler de massacres, de tortures, ou d'éxécutions sommaires commises par Ernesto dit "Che" Guevara mais que le contexte étant ce qu'il était c'était en somme normal. Et que il y avait un idéal généreux, universaliste et collectiviste, donc en somme que c'était moins grave. Elle continuait en nous disant que Ernesto n'aimait pas les tapis rouges, qu'il marchait à côté "et tout" : bref un saint homme, Jésus Christ en treillis...

A mon sens, à partir du moment où un idéal conduit à tuer en son nom, cet idéal est immédiatement perverti, il ne peut justifier des morts ou que l'on prenne à la légère la vie d'autres être humains. C'est injuste certes mais c'est comme ça. Que ce soit en Chine, en Russie, en Pologne, en Espagne des deux côtés pendant la guerre civile (relisez Orwell ou Bernanos sur le sujet), au Cambodge, au Vietnam, en Italie fasciste, en Allemagne nazie. Trop souvent, les idéaux un peu trop exaltés ont conduit des personnes normalement intelligentes à soutenir des idéologies qupicture.asp?date=20080629&catalog=141609&gallery=425143079&lot=00245&filetype=2i deviennent meurtrières au nom d'un bien hypothétique. Toute personne qui ne veut pas sacrifier des êtres humains ou son intégrité pour une théorie est immanquablement perçue comme traîtresse. C'est pour cela que je n'aime pas quand Péguy parle de ceux qui ne voulaient pas la guerre en 14 en les traitant de traîtres et leur promet le peloton. Le plus drôle dans tout cela est que la société marchande s'est accaparé ce genre d'icônes en reproduisant leurs images légendaires, dont la fameuse photo posthume du "Che", à des milliers d'exemplaires sur toute sorte de produit, ou la lithographie de Mao par Warhol dont Don DeLillo fait le symbole de la modernité et de notre monde de "non-lieux" dans son roman "Mao II".

La France a le triste privilège d'inaugurer la longue liste de ces massacres commis au nom d'un bien illusoire qui se pervertit dés que ce genre de tueries est opérée pour l'obtenir, tels ceux commis par les "Colonnes Infernales" après la Vendée militaire, oubliant que le droit à l'insurrection était garanti au peuple par l'article 3 de la déclaration des droits de 1793. Qui n'allait pas dans le sens du progrès était un malade. A ce sujet, Gracchus Babeuf, collectiviste, plus révolutionnaire que les conventionnels, parlera de "populicide. Hannah Arendt l'explique dans les "origines du totalitarisme", les idéologies utopiques qui ont conduit à des dictatures d'un bord ou l'autre partent toutes du même socle : la création d'une nouvelle espèce humaine débarassée du passé, donc de ce qui fait humanité.

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