lundi, 05 janvier 2009

La cause des professeurs

ecole.gifActuellement se pose non sans raison la question du retour de l'autorité à l'école, ou du moins d'une conception traditionnelle de celle-ci. Certains élèves et adultes l'appellent de leurs voeux, d'autres, non sans raison, parleront d'infantilisation de la société, personne ne voulant prendre sa vie en main, chacun demandant sans cesse plus de cadres pour ne pas avoir à le faire. Les cadres sont pratiques, cela permet de s'abstenir de réfléchir. Ce voeu du retour à l'autorité se traduit même dans les émissions de télé-réalité, avec un pensionnat virtuel rempli d'anachronismes (dont la mixité en 1950) et qui confond éducation et dressage. Finalement ce n'est d'ailleurs pas vraiment ça que les parents demandent mais que les parents prennent leurs places quant à l'éducation de leurs rejetons. C'est ce qu'il y a caché derrière ce discours. Et si Mai 68 a introduit beaucoup plus de permissivité et de laxisme souvent hypocrites (les fils et filles de "bonne" famille se réservant simplement un peu plus les "bonnes" places), son esprit libéral-libertaire a finalement fait plus de mal que de bien. Le pouvoir y trouve son compte ne serai-ce que dans la destruction des filières littéraires qui "ne mènent à rien", soutenus en cela involontairement (j'espère) par les anciens de "soissantuite" qui voulaient un enseignement "utile" et la fin des "humanités", selon le lieu commun usuel mais surtout ne font pas des citoyens dociles.

Ce livre est un témoignage, encore un a-t-on envie de dire, sur les conditions réelles d'enseignement dans des quartiers difficiles, loin justement de toutes les chimères : d'un hypothétique "retour à l'ordre" au "tout est permis". L'auteur est agrégé de mathématiques, enseignant au collège, et montre qu'il pourrait y avoir des solutions pragmatiques aux problèmes rencontrés. Son propos empirique présente de l'intérêt mais il oublie la question principale : nombre de nouveaux enseignants n'ont pas une envie véritable, chevillée au corps, d'être enseignants et l'on pourrait alors parler des ravages du pédagogisme made in IUFM, enseigné par des personnes qui n'ont jamais enseigné en collège, en école ou en lycée justement. Cela dit, il ne faudrait pas voir seulement l'arbre qui caché la forêt, il reste de nombreux professeurs qui se dévouent à leur tâche, avec de moins en moins de moyens. Ce qui apparaît est que ça n'était pas mieux avant et que l'école française est encore à inventer.

Titre : Demain les profs | Auteur : Bruno Descroix | Editeur : François Bourin | Thème : Essai

06:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, politique, société, argent, école | |  Facebook

Commentaires

vous n'avez pas tort, mais la France n'est pas les USA - justement...-; de+il faudrait penser aussi à défendre les élèves, en France les fonctionnaires ont tous les droits: "La ceinture rouge" n'existe que chez nous !..

Ecrit par : Blindacteon | mardi, 06 janvier 2009

Comme par hasard: pas de réponse !..

Ecrit par : Blindacteon | mercredi, 07 janvier 2009

Aux Etats Unis, la sélection est beaucoup plus dure qu'en France. Elle s'exerce par un contrôle continu qui fait que si un élève rate un ou deux devoirs pendant l'année, il rate son année. En France, la sélection est très minime jusqu'au bac. Elle existe à peine.
Les fonctionnaires n'ont pas tous les droits, et ils sont de moins en moins nombreux : dans le cas des profs, ils n'ont aucun pouvoir réel de décision sur l'orientation d'un élève. Les cas de plaintes contre des professeurs, des professions de santé se multiplient en ce moment.
Les profs d'extrême-gauche c'est l'arbre qui cache la forêt d'une multitude de profs qui ne le sont plus. Quant à la "ceinture rouge" elle n'existe plus dans les faits.
Si on lit bien ma note, à la fin je conclus par "l'école est encore à inventer", je parle aussi du manque de motivation de certains professeurs. Un professeur motivé et une école réinventée voilà ce qui ferait des élèves meilleurs.

Ecrit par : Amaury | mercredi, 07 janvier 2009

Bin.............. Moi, j'chui pour.................


Le retour de l'autorité à l'école..............!


Et pas pour faire chier les élèves, mais leur rendre service surtout !

Ecrit par : éric | mercredi, 14 janvier 2009

Moi aussi, mais aussi à la maison, chez les parents. Et c'est deux anciens chahuteurs qui le disent !

Ecrit par : Amaury | jeudi, 15 janvier 2009

Ouais, mais on savait s'arrêter à temps avant que ça pète en classe ou à la maison à l'époque. Mais il y en avait toujours quelques uns qui allaient un peu plus loin et on était chahuteur passif car on rigolait des conneries des autres en classe !

Ecrit par : éric | jeudi, 15 janvier 2009

C'est vrai qu'on était plus bon enfant, moins durs.

Ecrit par : Amaury | jeudi, 15 janvier 2009

Intéressant...
« Les correcteurs de l’épreuve d’Histoire et de Géographie de la session 2008 du CPRE ont, certes, eu à évaluer et noter de bons travaux. Les excellentes copies restent malgré tout fort rares. L’analyse des constats ne conduit à un certain pessimisme qu’en raison de l’effrayante réalité de nombres de copies. Les mettre de nouveau en exergue dans ce rapport ne ressortit qu’au devoir d’aider les futurs candidats à prendre conscience des erreurs et des fautes vers lesquelles il convient – sous peine d’échec voire de ridicule - de travailler à ne pas tomber.

La mauvaise copie se remarque d’abord par l’utilisation d’une langue française non maîtrisée ; parfois maniée avec une désinvolture confinant au mépris. Passons sur l’écriture illisible. Mais signalons : « Les morals [qui] sont au plus bas » ou encore : « La désentente des pantagonistes. » Les incorrections s’immiscent dans tous les aspects de la langue : style, structure, vocabulaire, orthographe et grammaire ; exemple entre cent : « Les élève vont être amener à décrirent… » Le jury de l’épreuve d’Histoire et de Géographie ne saurait se résoudre à accepter des copies rédigées dans une novlangue inconnue des programmes.

Comme les années passées, trop de candidats semblent ignorer les fondamentaux de la démarche de l’historien. Le plagiat et la répétition font florès. L’analyse rationnelle d’un document d’histoire doit se soumettre à des règles qui ne s’inventent pas le jour du concours. Beaucoup de candidats laissent le sentiment de noircir leurs pages avec de vagues souvenirs en lien très approximatif avec un sujet qu’ils ne lisent pas et dont ils ignorent le corpus documentaire proposé. L’imagination débridée fait le reste. Un nombre conséquent de candidats a confondu la Première et la Seconde Guerre mondiale. D’aucun parle de « guerre pacifique ». On indique ailleurs qu’elle a fait « des milliards de morts. » La question sur la Révolution nous apprend, sans rire, – à propos de la célèbre gravure du paysan « supportant » les deux Ordres privilégiés – que « Le paysan […] était considéré comme un moyen de transport » et qu’ensuite, la Révolution étant passée : « Cette fois ce sont les hauts placés de la société qui servent de moyens de locomotion. » Il faut avoir été dans le jury pour croire qu’un étudiant peut parler de la situation « incestueuse » des ecclésiastiques et des gentilshommes ; mais aussi de « L’arrivée des gonades dans les campagnes » qu’on doit sans doute à une réminiscence imparfaite des « dragonnades ».

Ce sont les copies telles qu’elles nous furent soumises par les candidats qui imposent ainsi cette brutalité intellectuelle de l’insignifiance et du ridicule.

Les faiblesses de méthode et de contenu se retrouvent dans les questions de géographie. Cette discipline – peut-être en raison de son rapport à la terre – fait en général moins « délirer » les mauvais candidats plus à l’aise sur les ailes du temps. Les connaissances générales restent cependant globalement très en dessous des attentes du jury de cette épreuve.

Le candidat à l’épreuve de géographie veillera prioritairement à consolider les nécessaires notions de base. Par exemple : « Europe » et « Union européennes » furent plusieurs fois utilisées l’une pour l’autre. L’Afrique et l’Asie deviennent des espaces « ultrapériphériques » de l’Union européenne. On a situé Bruxelles et Francfort en France ; une foule d’autres sottises laissent penser que la préparation de l’épreuve de géographie est encore plus négligée que celle d’histoire.

L’exploitation pédagogique des dossiers documentaires est à l’image de la non maîtrise disciplinaire. Trop de candidats ignorent les Programmes officiels et, paraissant ignorer les besoins et possibilités d’un élève de cycle 3 par exemple, oublient de faire des choix, de définir des objectifs précis et de décrire une démarche progressive et rationnelle. N’épiloguons pas sur la proposition d’utiliser « le serment du jeu de Paume » pour l’apprentissage du tennis ; mais rappelons la nécessité de recourir au bon sens afin de souligner à nouveau la tâche de la pédagogie qui trouve sa noblesse dans le fait de servir les contenus scientifiques, pour autant que ces derniers sont là.

Si la conservation de certaines choses a, autant que la nouveauté, à voir avec la démarche de transmission de l’enseignant, nous ne pouvons que recommander aux candidats – notre conclusion se devant ainsi de reprendre les évidences des années passées - de préparer avec sérieux cette épreuve ; afin de s’y présenter armés d’une véritable culture historique et géographique, faite de connaissances précises et d’une maîtrise de ses démarches spécifiques. Répétons-nous : le respect du savoir a quelque chose à voir avec celui des personnes. »

Ecrit par : jury de Capes d'histoire | vendredi, 16 janvier 2009

Ouaaaaaaaaaah ! Ca fait peur les conclusions du jury de Capes d'histoire ! J'ose imaginer la même chose d'un jury d'agrégation, car parfois certains profs agrégés peuvent être vraiment délirants !
A quand un bouquin intitulé "Les perles du CAPES d'histoire" ?

Ecrit par : éric | vendredi, 16 janvier 2009

ça fait peur surtout quand on nous dit que l'IUFM forme mieux que les écoles normales avant.

Ecrit par : Amaury | vendredi, 16 janvier 2009

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