dimanche, 04 janvier 2009

"Into the wild" de Jon Krakauer

into-the-wild.jpgJe viens de finir ce livre qui n'est pas très bon sur le plan du style, décousu, mal écrit. On est loin de Cormac MacCarty, Kerouac ou John Kennedy Toole mais le sujet est passionnant. Un jeune homme bien sous tous rapports selon les critères américains et européens, d'une famille aisée, qui réussit ses études brillamment, qui est capitaine de l'équipe de foot locale, décide un jour de tout plaquer, après mûre réflexion. Dans un premier temps il veut faire le tour de l'Amérique, ensuite il décide d'aller vivre en Alaska loin de la bêtise et du goût pour la destruction des hommes,d'abandonner presque tous ses biens sauf quelques livres, un réchaud et un sac de riz, Chris McCandless. C'est une décision qui peut paraître complètement insensée, mais somme toute, la décision que prend le jeune homme est parfaitement rationnelle. Il n'a pas envie de changer le coeur des hommes, de transformer la société. Pendant plusieurs mois il va presque réussir mais il manquera surtout de préparation, comme tout bon occidental que paradoxalement il reste profondément, il pense qu'il trouvera toujours une solution et finalement il manque de chance ; on lui donne de très mauvais conseils et la saison est plus froide que d'habitude. Il mourra de dénutrition et de maladie au bout de quelques mois, on le retrouvera très amaigri, un morceau de papier appelant au secours près de lui dans l'autocar désaffecté qu'il avait aménagé sommairement.  Ses derniers moments de désespoir tels qu'il les rapporte semble donner raison à ceux qui le prennent pour un fou, mais avec un peu plus de préparation, il aurait pu réussir son projet.

Ce livre me touche énormément, car il m'arrive souvent devant l'amertume, la médiocrité des sentiments, la petitesse d'esprit, la malveillance a priori de certaines personnes que l'on peut croiser, qui devant un physique, un louque ou des paroles hors-normes, de rêver de désert comme lui, de rêver de quitter la société des hommes. D'aucuns y vont une attirance pour le néant car ils ne peuvent plus concevoir que l'on se démette des objets sur lesquels nous fondons notre dignité dans notre société consumériste, il s'agit plutôt d'une attirance pour l'absolu, l'idéal, finalement tout plutôt que de rentrer dans le troupeau docile des gens ordinaires dont les rêves ne sont plus dictés que par la publicité.

17:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, société, wild, sauvage, désert, faux-cul | |  Facebook

Commentaires

Toi, je te sens glisser de plus en plus vers le moment où tu vas partir pour un monastère. Ou dans le désert.

Je pense - je veux croire - qu'on peut partir dans le désert sans abandonner sa vie. Mais il y a un petit geste à faire, un petit geste qui est si difficile : appuyer sur le bouton off de l'ordi et de la télé. Pas tout le temps. Mais la plupart du temps.

Depuis déjà pas mal d'années, notre société consummériste me fatigue. Je suis fatiguée d'être bombardée de pubs en tout genre. Ce matin, je suis allée dans un tout nouveau supermarché bio. J'ai trouvé qu'il y avait quelque chose de bizarre. C'était tout bêtement qu'il n'y avait pas de "musique d'ambiance", pas d'annonce criardes, pas d'énormes étiquettes marquées "PROMOTION !!!", et que l'endroit était beaucoup moins éclairé qu'à l'hyper. C'était calme. Et la note n'était même pas salée.

Ecrit par : Lily | lundi, 05 janvier 2009

La consommation et son tumulte sont comme une drogue très addictive c'est vrai.

Ecrit par : Amaury | mardi, 06 janvier 2009

Parti forcé, parti voulu - mais peut-être est-ce cela la Croix -, j'ai suivi un chemin que le film m'a rappelé avec émotion ! Oui, divaguer, du moins en apparence, vagabonder sans but, du moins en apparence, être à la merci de la grâce et de la Providence, à la merci du coeur de l'homme, mais aussi se découvrir, rétrospectivement, protégé, vivre au coeur de la nature, dormir dans les champs, avoir froid au petit matin, longer les talus avant l'aurore pour ne pas perdre son chemin, goûter à plein coeur la saveur de la création, être celui qui s'en va et celui qui dérange, être celui qu'on invite, celui que les autres auraient voulu être, celui qui fait ce que les autres rêvent ! "Il s'en va, il s'en va en pleurant, il porte la semence, il s'en vient, il s'env ient dans la joie" Partir : traverser les champs, dormir le soir où 'on ne savait pas le matin, être dans la création et non son spectateur. La seule différence eelle est de taille : ce qui gardé de finir comme Chandler - Dieu ait son âme - c'est Dieu, Le Dieu de Jésus Christ. C'était de le chercher, de l'écouter. Je crois que Chandler voulait quitter le monde, mais du moins le film n'en parle pas, il ignorait Dieu.

Et puis je suis revenu dans le monde - ou presque - mais ce n'était plus moi !

Ce chemin intiatique, vieux chemin, c'est celui d'Ulysse et celui de nombreux saints : Pars, lui dit Dieu, pars vers le pays que je t'indiquerai..Mais il ne faut pas le faire sans ses Dieux, pour moi, mon Dieu - alors, il y a un retour, si Dieu le veut.

Ecrit par : ffffffffffff | mercredi, 07 janvier 2009

A Lily et Fffff,
Parfois j'ai des envies de Grande Chartreuse, être comme un chartreux dans le silence et la méditation, abandonner une bonne fois pour toutes la société. Mais j'aime bien mes semblables je crois. J'aurais quand même du mal à me passer de convivialité.
J'ai déjà fait ce voyage radical, de partir loin, en réalisant un rêve dans mon cas. Et puis j'ai dû rentrer. Je n'en avais aucune envie mais il a fallu quand même. Je m'en fichais des coupures d'électricité, de la violence dehors, de ce qui pouvait manquer. Il m'est arrivé d'aller deux trois fois ensuite dans un centre commercial à l'occidentale où je me sentais complètement étranger.

Ecrit par : Amaury | mercredi, 07 janvier 2009

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