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  • "Under the volcano" - Malcolm Lowry

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    L'adaptation de "Under the volcano" de Malcolm Lowry déçoit, ou du moins m'a déçu, car les images suggèrées par le livre sont bien plus fortes et prenantes que ce film, même si c'est de John Huston, excellent cinéaste de l'échec. Il reste quand même le consul pieds nus dans ses chaussures qui essaie de faire bonne mesure, l'amour de sa femme, l'impossibilité de l'amour fou symbolisée par le roc de la "Despedida". Dans le livre J’ai goûté au mescal grâce au consul et avec lui on découvre que l’amour passionnel est une illusion impossible, un leurre qui fait que deux personnes croient qu’elles se donnent alors que bien souvent elles essaient de contempler un reflet chez l'autre. L’écriture de Lowry est passionnante, le film est une sorte de chef d'oeuvre malade. Les imbéciles et les esprits étriqués (pléonasme) n'y verront que l'histoire d'un alcoolique. Le consul, considéré comme un raté, a l'avantage majeure de savoir que tout n'est qu'apparence.

  • Cloportes et grands esprits

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    100005_paris_clochards_sdf_du_metro_goncourt.jpgJe viens de lire en parcourant un blog ce témoignage qui est symptomatique de la manière dont on parle du problème des sans-abris. Elle est sincère, sympathique, de bon esprit, la personne qui signe, dans l'histoire qu'elle raconte. Dans le métro, il y avait un sans-abri qui cuvait son vin, certainement de la picole achetée à bas prix. Les autres voyageurs avaient peur, elle se sentait triste de leur attitude, pas comme eux, comme d'une espèce différente. Hélas, elle se trompe, il arrive à tout le monde de se comporter en cloportes, elle aussi regardait le spectacle, comme moi je l'aurais sans doute fait, sans oser s'approcher du type, lui parler, quitte à lui offrir un coup et partager deux ou trois minutes avec lui. On est tous de la même espèce, tant que l'on vit dans un certain confort on a peur de ce qui rappelle que ce confort est précaire, que l'on peut aussi sombrer comme les autres. De plus en plus aujourd'hui, quand la société est aussi éparpillée, il est de plus en plus délicat de se soucier des autres. Ce que nous vivons, nos ancêtres ne le supporteraient pas, comme ces types que j'entendais à la radio justifier d'être toujours en lien téléphonique avec leur patron même en bagnole, qui en gros étaient contents de leur esclavage, d'avoir leur boulet au pied constamment. On se crée un personnage (se dire "punk" alors que l'on est un jeune homme sage des beaux quartiers) qui permet d'atténuer ce que l'on sait bien être mauvais chez soi, de cacher dans un coin du cerveau ce qui permettrait de se confronter vraiment à soi, les actes que l'on a commis, les conséquences dévastatrices de ses actes ou bien son désir de confort sans remords. Ce n'est pas le monde qui est pourri, c'est nous qui ne faisons pas ce qu'il faut.

  • Révélations sur la "Bande à Basile"

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    bande_a_basile_derriere_bar.jpgC'est fait, la "Bande à Basile" (sur la photo même derrière les barreaux ils se moquent de l'autorité), gang d'activistes beaucoup plus dangereux qu'Al Quaïda, a été démasquée. En effet, ce pseudo-groupe de musique de variétés entre la folk et des rengaines pour enfants a tombé le masque (On aurait pu s'en douter, l'un d'eux, Claude-Michel S. portant un patronyme apatride). Cela fait en effet des années qu'à chaque banquet, chaque fête de famille, chaque soirée de village ou de quartier, des attaques odieuses ont lieu contre les citoyens honnêtes et raisonnables qui paient docilement leurs impôts et respectent les lois. Sous prétexte de célébrer une chenille que l'on devine cosmopolite par les rythmes endiablées et exotiques que chantent les terroristes on suggère au citoyen de prendre les hanches de la personne devant lui et de mimer finalement plus un mille-pattes qu'une chenille, chenille symbolisant à la fois la révolution pour les théoriciens du groupuscule mais aussi incitant à une orgie généralisée. Les braves gens s'y laissent plus facilement prendre qu'auparavant des complices ont pris soin de les pousser à consommer de l'alcool. "La chenille" est très dangereuse pour le cerveau et elle conditionne ensuite tous les goûts musicaux de celui qui s'y laisse prendre afin qu'il aille jusqu'à écouter l'exposé de thèses internationalistes subversives encore plus dangereuses par la voix des membres du groupe "la Compagnie Créole". quand ceux-ci chantent : "devinez (trois fois) qui je suis", il s'agit bien sûr de Léon Trotski voire pire, Mikhaïl Druckerovich, l'apologiste sénile de l'émeute contre le pouvoir. Heureusement, la ministre y a mis bon ordre.

    Il vaut mieux écouter les Dead Pompidou's qui sont infiniment plus sains...(voir ci-dessous)

  • Guignol's blog

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    accelerateur_pour_le_bronzage_ego_maniac.jpgIl y a une chose à rappeler de suite en préambule, un blog c'est virtuel, ce n'est pas tout à fait réel, ce n'est pas complètement la réalité, ce ne sont pas des échanges aussi vrais que dans la vie. Tout le monde joue plus ou moins un personnage que l'on se veuille authentique ou non, cherche à se mettre en valeur. Je ne connais pas de blogs (parmi les 82 millions de blogs qu'il y a sur la toile dont celui-ci est un parmi d'autres) ou de sites dont le webmaster passerait son temps à s'auto-flageller (ce qui serait une autre forme d'orgueil), remarquez ce serait drôle : "Aujourd'hui je me suis disputé avec des gens au travail, j'ai été très méchant mais je ne peux pas m'en empêcher, j'ai fait semblant d'avoir beaucoup d'argent et j'ai menti sur mon âge. Je suis vraiment très con, je trouve, je n'ai aucune culture et en plus j'ai mauvaise haleine...etc". Les opinions sur Internet se radicalisent par le principe, car on n'a pas la personne en face, le ton de sa voix, qui peut nuancer des propos, ses gestes. Et puis parfois tout simplement on comprend tout de travers.

    Sur tous les blogs on remarque les noms d'oiseaux envoyés au webmaster, à l'auteur du blog, par des internautes qui s'imaginent au Guignol du Luxembourg, moi, comme épithètes j'ai eu droit, je cite, à : vaniteux, pleurnichard, orgueilleux, prétentieux, faux-cul, hypocrite, socedème méchant comme une teigne, obsédé, aigri, fou, méprisant, on me soupçonne de vouloir me montrer sous un meilleur jour que je ne suis, et j'en passe. N'en jetons plus. Quelqu'un m'a dit fort justement que tout ça c'est de l'écume et que l'on ne peut pas empêcher les gens de parler. J'acquièse, c'est de l'écume, ce n'est pas grand chose mais ça blesse toujours au moins un peu. Même si cela provient d'intervenants qui n'aiment tout simplement pas ce que j'ai l'air d'être ou ce que montre ce blog de ma petite personne et qui ne l'aimeront jamais, ainsi que cela se passe sur d'autres bloc-notes. Et de toutes façons il y a aussi tous ceux qui aiment bien ce que j'écris, qui me trouvent pertinents, qui viennent ici car ils ont plaisir à y venir et ce plaisir est très rarement masochiste. Que tous ceux-là soient encore remerciés ici...

    Post Scriptum : la photo ci-contre propose de l'auto-égocentrisme en bouteille, à s'appliquer chaque jour en frictions, achat inutile pour beaucoup de personnes.

  • L'hypocrisie et les sans-abris

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    lami-sdf.1190520975.jpgEncore une fois cette année, on voit de très nombreux reportages sur les SDF, les sans-abris, les morts de personnes dans la rue, et puis après les fêtes, quand le froid sera passé, ce sera de nouveau oublié. Madame Boutin n'a certes pas de moyens mais quand elle nous dit qu'elle va créer une mission spéciale "Bois de Vincennes" ou spéciale "Bois de Boulogne", elle se fout du monde, pourquoi se cantonner au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes alors que la solution doit être globale ? Elle ne sait donc pas que son gouvernement vient de débloquer des dizaines de millions d'euros pour les banques, elle sait donc qu'il y a des fonds possibles. Qu'attend-elle pour se battre ? Ensuite, elle propose d'embarquer de force les SDF quand le thermomètre descend au-dessous de zéro. Avant de pousser des cris d'orfraie, il faut bien reconnaître que cela permet de sauver des vies, mais ensuite la solution doit être globale, je le répète.

    Les téléspectateurs semblent constamment découvrir le problème, il est des acteurs de la vie sociale, selon le terme en usage, qui paraissent tomber des nues et clament qu'il faut avertir le public, mais le public le sait déjà et s'en fout rêvant de flamber son fric comme Carla ou Rachida, et de toutes façons, pour la dernière fois, la solution doit êtrte globale et structurelle. Le zapping de "Canal+" de ce midi, même si ça paraîtra simpliste à certains, montrait en parallèle les sans-abris et des joyeux quinquas décérébrés avec leurs chiens dans une pâtisserie minuscule à donner des gâteaux spécialement pour les cabots, hors de prix le gâteau, à bâfrer aux animaux. Entre autres. Ceux qui ont du pognon le brûlent joyeusement, ça brûle combien de litres d'essence au fait un 4X4 ? On voyait aussi un chroniqueur mondain télévisuel et une grande folasse médiatisée s'amuser à demander des sous aux habitants de Saint Tropez comme des mendiants pour une émission de téléréalité, "tellement chou !", qui leur donnait qui cinq euros, qui dix, ce qu'elles ne donneraient jamais au clochard dans la rue. Et la société s'en fout, car le lien communautaire y est complètement désagrégé. Pendant ce temps, au PS, on s'étripe pour des questions strictement d'ambitions personnelles et encore un peu plus à gauche le gentil facteur qui ne gagne que 1200 euros par mois va pouvoir grapiller quelques voix et terminer le travail de sape de toute opposition crédible en France.

    Relisez le livre de Patrick Declerck par là pour avoir un point de vue lucide, précis, sans pathos ni idéologie et quand vous croisez un mendiant, même s'il les boit, donnez lui un euro ou deux, au moins gagnera-t-il cinq ou dix minutes insouciantes ce qui est au moins ça.

  • Combattons le chevalier noir avec les Monty Pythons

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    Le groupe comique anglais lance sa chaîne de vidéos sur "Youtube", on peut y apprendre les rudiments de la lapidation, on y trouve entre autre le ministère des marches idiotes, l'excellente chanson "Always look on the bright side of life" et ce combat du roi Arthur avec le Chevalier noir, un type finalement assez déficient intellectuellement et un petit branleur somme toute. Attention, il y a du sang, c'est pas une vidéo de jeune fille.

    D'autres vidéos relatives à la fin de cet extrait de "Sacré Graal".

  • De vieilles photos du Proche Orient

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    Ces très belles photos m'ont été envoyées par quelqu'un qui aime autant la terre de Palestine en particulier et le Proche Orient en général. Je les partage ici...

    On agrandit ces photogrammes en cliquant dessus : Un village de Judée, des bédouins du Negev, des vendeurs de pain à Jérusalem, un point de vue sur la ville depuis le Mont des Oliviers (je pense du clocher de l'église d'un couvent russe) et sur le petit village de Lazarieh au sommet du mont des oliviers, un village de la vallée du Jourdain, en l'occurence Jéricho, à la fin du XIXème siècle.

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  • Péguy hussard noir de Dieu

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    peguy.jpg«Dieu ne s'occupe pas des fins de mois.»
    [ Charles Péguy ]

    Je n'aime pas cette citation de Péguy qui est contredit paradoxalement par la suivante (soyons honnêtes). Je pense justement que Dieu s'occupe des fins de mois de ces créatures. L'humanité c'est l'incarnation, et la pensée de Péguy est désincarnée tout comme je trouve celle de son maître Bergson un rien déssêchée et déssêchante. Je comprend que des jeunes peuvent s'y attacher car elle élève, un temps, on comprend ensuite que l'idéal qu'elle propose est impossible et conduit parfois à la violence ou au déni de la complexité du monde qui ne se coupe pas strictement entre le camp du Bien et le camp du Mal, et le refus de voir le mal qui est en soi, de se contempler dans sa vérité et sa pauvreté. C'est aussi l'incapacité de mettre au placard le personnage que l'on joue, et qui est toujours flatteur pour l'ego et combler ses propres frustrations, l'absence de reconnaissance devant son talent ou ce qe l'on appelle ainsi. Chez Péguy, il y a ce côté instituteur spirituel que je n'aime pas, que je retrouve parfois chez des prêtres jeunes ou moins jeunes ou des croyants. Je pense par exemple à ceux qui sont allés un jour à Jéricho, le front large et les yeux illuminés, fervents, chantant des psaumes en hébreu sur la place de Jéricho, déclenchant sans le vouloir, par inconscience, des affrontements entre colons et palestiniens, ce qui conduisit à trois morts. Car les psaumes chantés étaient aussi ceux diffusés chaque jour par les hauts parleurs d'une colonie "sauvage" à proximité, après l'arrachage de tous les oliviers alentours.

    «Celui qui manque trop du pain quotidien n'a plus aucun goût au pain éternel.»
    [ Charles Péguy ] - Le mystère de la charité de Jeanne d'Arc

    peguy.jpgJe ne suis pas amateur de la prose de Péguy quant au contenu. Je le trouve très belle. Mais il a un côté exalté, de hussard noir de Dieu, qui me déplaît, du genre à entraîner les autres à la tuerie sans se poser de questions. Ce poème par exemple est très beau mais m'agace car cette guerre n'était ni juste ni bonne. Il fait partie de ceux qui poussèrent à la boucherie de 14 par inconscience et idéalisme. C'est le mot, un idéaliste détaché du réel. Péguy parle beaucoup de vertu, de pureté, de mystique de la politique, ce qu'elle ne peut être. Ceux qui recherchent la vertu à tout prix, la pureté impossible en ce monde marqué par le mal, sont parfois des faiseurs d'arbitraire, et ils sont toujours déçus. Je préfère les écrivains comme Céline ou Proust, qui savent mieux la complexité de l'être humain, ce primate souvent pitoyable. Péguy c'est un peu l'abbé Donissan rencontrant l'étrange maquignon, qui est peut-être le diable, dans "Sous le soleil de Satan". Il lui donne la possibilité d'aller jusqu'au bout de sa quête dangereuse d'un Bien absolu, quête dangereuse car elle peut impliquer de rejoindre le néant, le vide, de ne plus ressentir.

    Chez Péguy, le pauvre curé d'Ambricourt aurait été une sorte d'archange victorieux du malin, un soldat du christ toujours prêt à se battre contre l'obscur. Je préfère celui de Bernanos, un pauvre homme en somme, un innocent au sens dostoïevskien, un coeur pur qui ne voit que trop bien le mal et sent combien le fardeau est lourd. Cela me rappelle étrangement aussi le dernier film de John Ford, "frontière chinoise", dans lequel plusieurs femmes prises en otage par un truand s'en tirent gràce au sacrifice de l'une d'elle. Toutes les otages sont des femmes exaltées, déçues par l'existence, et qui sont persuadées d'être là parce qu'elles veulent faire le bien, qui sont là par idéal, par passion, par fièvre, mais qui sont incapables de voir leur petitesse cependant, leurs faiblesse. Finalement, cela ne reste que de la comédie et l'orgueil. Il s'agit surtout pour ses femmes (ce serait pareil pour des personnages masculins) d'en finir avec leurs frustrations et finalement leur dégoût de l'humanité. Un être humain totalement pur c'est un cadavre, rappelons le.

    Je n'aimerais pas une humanité parfaite imposée par des idéaux généreux à la base, ce ne serait plus l'humanité.

  • Clara Sheller - chieuse story

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    9b5c750a-b62f-11dd-a0cf-9f742914dbe9.jpgOn va dire : mais qu'est-ce qu'il a contre la télévision publique alors qu'il faudrait se mobiliser, tout ça ? Mais "Clara Sheller" m'agace terriblement. J'ai regardé la première saison pour un ou deux épisodes tout en zappant ailleurs. Et cinq minutes de ceux de la semaine dernière. Cinq minutes qui suffisent. Donc, Clara vit dans un grand appartement/loft comme dans un roman de Marc Lévy avec Gilles son amoureux qui voudrait bien un bébé ce qui emmerde Clara qui veut rester libre, "merde quoi, on n'est plus au XIXème siècle", elle a plus ou moins trente ans, un boulot intéressant et des amis tous sympas et libérés sur le plan sexe, comme JP, son voisin confident de l'appartement du dessus, homosexuel qui vient de se découvrir mais qui n'a pas dédaigné de temps à autre quelques expériences avec des filles, dont Clara. Comme l'on s'ennuie beaucoup, on alterne les amants et les histoires compliquées ou que l'on voit comme telles. On se prend pour un héros tragico-romantique ou une héroïne passionnée (et-euh) alors que l'on reste des petits bourgeois.

    On a des moyens dans ce petit monde, ce microcosme bobo chic, on se soucie à peine du monde autour, il est plus intéressant de se consacrer à soi et rien qu'à soi. Clara y est une gamine gâtée, menteuse,501ee33e83a2f7d81de1198b217a0a70.jpeg capricieuse et ennuyeuse, une emmerdeuse que l'on a envie de baffer en lui rappelant ses privilèges, ce qu'elle ne veut surtout pas. On parle de ses sentiments comme dans un roman d'Anna Gavalda ou d'Emannuelle Bernheim, ça se veut drôlement authentique alors que c'est tout juste cliché sur cliché. Dans la vie, c'est du genre à soutenir Cantat sorti de taule : "il a payé sa dette, alors maintenant il va redevenir le porte-parole de notre génération et notre alibi" (traduire, "Marie Trintignant on s'en fout et qui c'est si ce n'est pas elle qui avait commencé ?"). Dans "Clara Sheller", la vie est un rêve, quand on fait la fête, on ne se met pas minable en vomissant (ou alors hors champ), ou en déblatérant n'importe quel discours d'ivrogne, ou encore en montrant son appendice caudal, non, on se prend le front en fronçant les sourcils sur le canapé du salon (où l'on voit rarement des livres, l'héroïne de série ne lit pas) pendant que l'ami prépare du café en faisant forces sourires jusqu'aux oreilles. Paris y est un rêve, la Tour Eiffel y est un totem doré et lumineux, et on voit la ville comme des bâteaux-mouche. Comme on est libéré, on voit des scènes de cul, faut appeler les choses par leur nom, un peu moins chastes que dans "Will et Grace", autre feuilleton dans le genre couple gay/hétéro mais on ne va tout de même pas jusqu'à tout montrer. Dans la prochaine saison, il se peut que Clara Sheller finisse femme de président et chanteuse sans voix, quand elle aura mûri et compris ses talents. Sinon, on n'est pas loin d'une "Janique Aimé" actualisée. Et du vaudeville, même avec des morceaux d'homosexualité ou de triolisme, ça reste du vaudeville, en plus épicé. J'en ai connu beaucoup des "Clara Sheller", c'est parfois charmant, les chieuses ont beaucoup de charme, mais passé quelques temps c'est lassant.

    Et pour parler de l'époque et des douloureux problèmes des trentenaires favorisés, je préfère relire Brett Easton Ellis.

    Une chose que je reconnais à ce feuilleton, ce sont les choix musicaux... (ci-dessous générique de la saison 2 qui rappelle "les 400 coups de Virginie" autrement plus sympathiques)

  • Saint François relooké

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    Saint%20Francois%20et%20les%20oiseaux.gifSaint François d'Assise, on l'aime bien encore maintenant dans la société. Il est mieux vu que Saint Paul, vu comme un affreux moralisateur, ou Saint François de Sales, perçu comme un ecclésiastique à l'esprit tordu. On retient de lui les petits oiseaux, les petits n'enfants, les petites fleurs. On en fait un saint aux bonnes joues rouges, une sorte de hippie avant la lettre qui mendiait et s'amusait avec ses disciples. J'ai horreur de ces images des saints sortis d'une légende dorée confortable. Je constate également toujours une différence majeure entre les photos de Sainte Thérèse de Lisieux et ses représentations diverses, la plupart du temps d'une mièvrerie sans pareil. C'est ce genre d'image qui permet de ne pas trop approfondir, de pas aller vraiment plus loin que ça. Ceci posé, il ne faut pas non plus trop mépriser la spiritualité parfois kitsch des petites gens, elle a certainement autant de valeur que les procrastinations intellectuelles ou se voulant telle de l'un ou l'autre théologien moderne et distingué. Ils propagent parfois une vision édifiante de la pauvreté qui serait forcément sanctifiante alors que comme l'écrivait Saint Augustin il vaut mieux qu'un pauvre ait à manger, des personnes pour l'écouter, un toit pour dormir, avant que de se lancer dans une quête spirituelle. A ces personnes qui exaltent la pauvreté je dirais que si "l'argent ne fait pas le bonheur rendez le" comme Jules Renard. Cette image idéalisée de la pauvreté c'est aussi une manière de se disculper pour ne rien faire.

    Un auteur, Sébastien Lapaque, que j'ai défendu sur zazieweb ou ici, dont j'aime bien les nouvelles, ses livres sur Bernanos, ou encore sur le bien vivre gastronomique ou oenologique, le fait revenir à notre époque et réagir à l'interdiction de la mendicité dans sa ville, Assise. Personne ne l'écoute et ne s'en soucie, il s'adresse alors aux fusées et aux oiseaux. C'est très beau, un beau vitrail cependant. Ce genre de livre, je l'aurai lu beaucoup plus facilement il y a quinze, vingt ans, maintenant, peut-être ais-je mûri, peut-être suis-je plus cynique ?

    9-B.Schedoni-Etude saint Francois d-Assise.jpgL'interdiction de la mendicité est scandaleuse, c'est vrai et parfaitement inverse à la spiritualité du saint, mais il faudrait se demander d'où elle vient. La ville n'est plus gouvernée par des institutions chrétiennes, Saint François y fait partie du commerce et du paysage, ce n'est qu'un élément de la chaîne financière, comme à Jérusalem, les monuments saints font tomber une manne surtout financière, y compris pour les franciscains eux-mêmes qui gèrent la plupart des sites catholiques, d'une manière très éloignée de leurs voeux. L'instinct de lucre, l'appât du gain, la cupidité, la sottise des nantis, cela existait déjà de son temps et la mendicité y était souvent considèrée comme un délit puni, excepté certains lieux autorisés et à certaine occasions religieuses. Et de son temps, pour ses contemporains déjà, à commencer par son père, François était un fou, un fou qui refusait de s'enrichir et de ne vivre que pour être bien considèré des puissants ou de ses voisins. Croire qu'elle est encore plus scandaleuse maintenant car nous serions plus évolués sur le plan intellectuel et sociétal, c'est croire qu'il y a eu un progrès des consciences et de la nature humaine gràce au christianisme entre autres, réduit à une idéologie, alors que celle-ci n'a pas vraiment progressé même si il y a eu quelques progrès formels vite disparus quand on gratte le vernis. La mendicité et la pauvreté sont inadmissibles à toutes les époques. Et personne ou presque n'écoutait François à son époque sauf les pauvres.

    5607671.jpgNous pourrions nous voir certainement comme moins hypocrites que les privilégiés du Moyen Age puisque notre société actuelle n'a plus comme valeur que l'argent et ce qu'il permet : réussite sociale, statut enviable et consommation toutes voiles dehors. Il y a aussi que la foi n'est pas quelque chose de social, n'est pas une idéologie, qu'elle ne s'arrête pas à la sortie de la messe, que donner une ou deux piécettes au pauvre à l'entrée de l'église, ou pendant la quête, c'est bien, mais insuffisant. Saint François est surtout, avant d'être une sorte de clochard poètique, un modèle de radicalité évangélique, et humaine ; et que loin des belles images marquées de sensiblerie, il a vécu les mêmes souffrances que son modèle. Ce n'est cependant pas la voie que tout le monde peut choisir, tous ne sont pas faits pour vivre les mêmes choses.

    Ce qui pose problème actuellement c'est la désagrégation du lien social, communautaire et spirituel puisque bien souvent, et malheureusement, la foi n'engendre même plus de sentiment d'appartenance à une communauté (il ne faut pas rappeler ce simple fait qui est souvent raillé surtout car il met en lumière le profond égoïsme...des railleurs loin du personnage qu'ils s'autorisent à jouer). Enfin, François n'est pas un pur esprit, comme on nous le montre souvent à travers la spiritualité désincarnée de notre époque, parfois même évaporée, François devient une sorte d'ado rebelle assexué et gentillet ; il connaissait le sens profond de l'incarnation et ceci, Rossellini le montre bien dans son adaptation des "Fioretti" (voir extrait ci-dessous). On hésite pas à couper une patte à "frère cochon" pour améliorer l'ordinaire, quitte à s'excuser ensuite auprès du suidé. La radicalité évangélique des "Fioretti" c'est aussi de montrer que la foi n'est pas seulement un beau discours, c'est la proximité avec ceux que l'on aime, voire avec ceux que l'on a plus de mal à aimer, et que rien de ce qui est humain ne devrait être étranger à un chrétien.

  • Le problème ce n'est pas Sarkozy...c'est la société consumériste

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    sarkozy_2.jpgEncore une fois, un grand magazine d'opposition nous fait une couverture contre Sarkozy, ce qui permet de vendre du papier. Ce ne sont pas les seuls, chacun y va de son bouquin, toujours pour le bien de la communauté, (jamais pour celui du porte-monnaie de l'auteur grands dieux !), contre l'affreux et utile Sarko qui n'est qu'un symptôme, une marionnette, un opportuniste avisé, le pantin d'intérêts plus larges dont il n'est que rarement question : à ce propos quelle torpeur de la part des opposants face au plan de sauvetage des banques qui continueront de se conduire exactement comme la même manière ! On note la quasi-absence de réactions après, comme chaque année depuis quelques temps, de deux sans-abris dans la rue ou ailleurs. La météo actuelle serait-elle hypnotique ? On note la coupure profonde entre les élites auto-proclamées, très hierarchisées, que l'on soit un parfait con n'y est pas grave si l'on détient un diplôme adéquat, en particulier avoir préparé "Normale sup", même si l'on fait mine de ne pas s'en soucier ou de mépriser son diplôme ou le papier qui vous reconnaît meilleure bête à concours de l'année ("tu sais moi je le mets dans les toilettes mais j'en suis quand même fier"), c'est cela qui permet de distinguer le bon grain de l'ivraie, à défaut avoir au moins "fait" une "bonne" prépa où l'on retrouve le même milieu bourgeois depuis longtemps compte, les élèves issus de milieux simples y sont de plus en plus rares, cela s'accélère depuis vingt-cinq ans. En cette époque lointaine, si peu progressiste, il n'y avait que trois chaînes de télévision les enfants, je me souviens que si on croisait quelques clochards dans les rues, on ne voyait jamais de SDF dans des cartons, sur les bouches de métro, sur les bancs publics. Que s'est-il passé ?

    sarko_in_scarface.jpgLoin de moi l'idée de critiquer le travail gigantesque qu'abatte les hypôkhagneux ou les khâgneux, ou les élèves de Sciences po ou d'autres titans scolaires, mais ce que l'on mesure en premier lieu chez eux, c'est leur docilité et leur capacité à obéir. Cela n'empêche pas de se lancer poitrail au vent ensuite contre la mitraille virtuelle d'ennemis que l'on va jusqu'à imaginer (on adore voir la patrie, les droits de l'homme, tout ça, en danger et se poser en sauveur romantique), de balancer deux ou trois idées fracassantes voire des provocations ineptes (comme Richard Millet pour qui le pauvre pue la sueur le soir après une journée de travail comme il le raconte dans son journal). Ce sont tous ces personnages bien dociles qui sont aux avant-postes du pouvoir, chacun à leur niveau profitant du pouvoir. le tout forme ce qu'il est correct d'appeler une aristocratie selon la définition exacte du mot. Pourtant, moi qui suis un grand naïf, je croyais que le 4 août 1789, on avait aboli les privilèges, l'aristocratie, tout ça. Je ne parle même pas de tout ce milieu d'affaires où l'escroquerie et l'arnaque est le sport le plus pratiqué (non je n'ai pas cité Bernard Tapie, Bernard Arnault). Je ne parle même pas des banques qui se conduisent en bandes organisées bien plus dangereuses à la rigueur que des sauvageons de cité-dortoir qui, eux, de toutes façons, ne font qu'appliquer une version un peu hardie du libéralisme et des échanges.

    vaui2.jpgA l'extrème-gauche intellectuelle et qui réfléchit elle messieurs-dames, on se passionne pour des fils à Papa révolutionnaires ce qui permet de ne pas se poser les vraies questions, parce que la société de consommation, quand on a du pognon, que la planque est confortable ce n'est pas si désagréable après tout ; pendant qu'au PS on se déchire principalement sur des questions d'intérêt personnel et rien d'autres. De plus,  42 voix de plus pour une majorité, c'est ingouvernable, ce n'est pas possible. Et en plus ça fait le jeu du pouvoir qui n'en demande pas tant, et Sarkozy reste très populaire, se construisant une posture de père comme en rêve les français depuis qu'ils ont coupé la tête de Louis XVI, traumatisme oedipien collectif dont ils ne sont toujours pas remis,  populaire aussi Rachida Dati qui reste encore une sorte d'héroïne du petit peuple laborieux, ainsi que son patron, la foule des bonnes gens qui gobent tout sans trop protester en ce moment, "râlant contre les profs et les fainéants de fonctionnaires". Elle peut faire toutes les conneries qu'elle veut en plus, car elle ne sera jamais virée, elle peut user douze chefs de cabinet, c'est très sensibles ces bêtes là, elle peut mettre en colère les magistrats et leur syndicat, qui pourtant est plutôt du genre accomodant habituellement. Encore une fois, à propos, qui a réellement et vraiment protesté contre les lois qu'elle vient de faire voter ? Personne ou presque du personnel politique.

  • Plus belle la vie - feuilleton pour l'éducation des masses

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    ici44or1.jpgJ'ai toujours beaucoup aimé les feuilletons à suivre, quand j'étais petit : "Vidocq", mais aussi "Chéri Bibi", "la poupée sanglante", "la double vie de Théophraste Longuet", "le mutant", excellent feuilleton de SF français, ou encore un truc interminable que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, "Anne jour après jour" avec Sophie Barjac, il lui arrivait plein de choses, elle était orpheline, son frère se droguait, son fiancé se tuait en mer, mais c'était plutôt pour les filles. Depuis quelques temps, c'est "plus belle la vie". Je comprend que l'on puisse être addictif à un feuilleton mais là je ne pige pas. C'est censé se passer à Marseille, mais tout le monde, excepté un ou deux personnages, parle "pointu". En plus, il y a l'horrible manie des feuilletons français dans le genre qui est de faire dans le didactique : les homosexuels sont sympas (à quand un homosexuel con ? ce qui sera plus subtil car là les choses auront vraiment évoluées, on me dira, il y a Steevie mais lui ce n'est pas la moitié d'un con), les couples gays ou lesbiens sont toujours super bien intégrés à la société alors que bon, pareil pour les couples mixtes, les familles recomposées c'est cool, elles mangent toujours autour d'un barbecue comme dans les pubs pour chicorée, les familles nucléaires traditionnelles sont toujours bourgeoises avec de lourds secrets, d'ailleurs ceux qui ont des soux c'est rien que des méchants hypocrites parfois un peu cathos sur les bords (je suis sûr qu'ils vont jusqu'à détester Simone Veil les méchants, les salauds), il n'y a que quand elles sont prolos qu'elles sont sympas, les familles, la drogue c'est pas bien, sauf l'herbe, le viol c'est laid, le meurtre c'est pas beau. (c'est vrai certes je suis d'accord) La vieillesse ça peut être quelque chose de très actif....etc

    Si vous avez manqué le début :

    Aurélien il n'est pas très content que Florence recherche encore son amoureux dont personne ne sait si il est en vie, Quentin. Comme elle est maline, elle colle plein d'affiches partout avec sa photo comme quand on a perdu son petit chat pour le retrouver. Aurélien n'étant pas un gars très fin, il raconte son histoire d'amour déchirante à la fille qui est peut-être amoureuse de lui, et ensuite elle est triste mais elle ne noie pas son chagrin dans l'alcool car on est sur le service public, merde. Et le vin c'est pas bien de trop en boire. Ensuite, Benoît veut aider une de ses copines qui s'appelle Sybille, comme celle de Cumes (référence éducative pour les masses laborieuses), à ne plus avoir de visions : à mon avis, elle devrait arrêter de sniffer de la colle ou lui devrait s'en servir pour gagner au loto. Ensuite, à la police, la fliquette qui est une beurette officier, on voie ça souvent dans la police c'est connu, est soupçonnée de ne pas faire ce qu'il faut pour coincer un truand qui est quand même un peu gentil parce que les truands peuvent se réinsèrer (séquence éducation civique). A la fin, Johanna se gratte partout, non qu'elle ait des mycoses mais la gale, ce qui permet d'alerter le spectateur sur les dangers d'un mauvais choix de lessive...

    à suivre si ça vous chante sur France 3 parce que moi...

    ci-dessous petite parodie

  • La guéguerre au Ps vue par mon petit cousin de 4 ans

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    8db8acf9c1a5d83af9f5169c7f52608d.jpg"Au PS y'a Ségolène et Martine qui voulaient jouer avec les autres copains, mais elles voulaient tous les deux être chefs. Alors elles ont dit, on va marquer nos noms sur un petit papier, et celle qui a le plus de petits papiers, on aurait dit que c'est elle la chef. Et il y avait aussi un garçon qui voulait être chef mais il a pas beaucoup de copains. A la fin, elles avaient tous les deux autant de petits papiers mais Martine elle a dit à Ségolène : "On aurait dit que tu serais morte". Mais Ségolène elle a dit : "ah non, ah non, je suis désolé Madame, d'abord, on aurait dit que c'est toi  ; et que moi je suis la maîtresse". Pendant qu'elles disaient ça, leur ancien copain Olivier il allait s'enfermer avec les grands dans les toilettes pour lire des trucs et fumer avec les grands. Avec eux, il y avait toujours la petite Marie-Georges qui faisait rien qu'à les embêter parce que elle aussi, elle aurait bien voulu être la chef. Jean-Luc il a voulu rentrer aussi dans les toilettes mais le surveillant l'a vu 9fb35a8f915b4477e0193f980930cf7f.jpgalors qu'il avait une cigarette à la main et il a été puni tout seul.

    Et pis alors, pendant que Ségolène et Martine elles se disputaient, Ségolène elle disait que Martine c'était une sale tricheuse et Martine elle répondait avec ses copines que c'est çui qui dit qui y est ; Nicolas, c'est un méchant d'une autre classe même s'il est tout petit, il a pris les billes de tout le monde avec Brice qui est tout rouge quand il fait du soleil, il veut toujours taper tout le monde, et Rachida qui fait trop sa crâneuse avec ses habits et ses bijoux (sale crâneuse) elle veut tout commander aussi, et Brice a donné des tapes à François, un garçon qui a les oreilles décollées et qui est un peu timide et qui voulait jouer avec lui. Et après tout le monde voulait être ami avec Nicolas mais c'est tro' injuste. Et Martine et Ségolène, elles sont toutes seules avec l'autre garçon qui voulait être chef qui s'appelle Benoît. Alors maintenant c'est malin !"

  • Terrorisme éducatif

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    tgv-gendarmes.jpgEn parcourant quelques blogs d'extrême-gôche ou d'ultra-gôche ("merde on est sérieux, on parle de révolution les gars, hein, on en tremble, on est moites"), c'est eux qui le disent, je me suis aperçu que la plupart montaient en épingle les délires des jeunes cons de bonne famille qui ont été arrêtés il y a peu, qui rêvent de chaos et de batailles avec l'autorité par ennui, par vacuitc é intellectuelle et absence d'idéaux véritables en fait. On crie aux attaques contre la liberté de pensée, à la dictature. Ce n'est pas exclusif d'ailleurs aux ultra-gôches, on retrouve ce goût pour le sang et les larmes, cette vocation au martyr par volontaires interposés de l'autre côté. A Nanterre, pendant mes années de fac, dans la minorité folklorique des autonomes que l'on pouvait encore y croiser, j'y connaissais un garçon dont le Papa travaillait pour une grande banque d'affaires, une autre qui s'occupait des campagnes d'EuroDisney, et encore un dont le géniteur brassait les comptes d'une grande compagnie. Et parmi eux étaient paumés quelques naïfs sincères, ou purs, cela dépend du point de vue. Comme sur l'autre rive bien entendu.

    Ce n'est peut-être pas eux, il n'y a pas de preuves formelles mais de fortes présomptions quand même, et faire dérailler un train, ce n'est pas seulement un moment pour lire et compenser le désir abscons de performance de notre monde qui va si vite ma bonne dame, c'est dangereux, ça peut tuer des innocents ou les handicaper à vie. En langage ultra ou extrèmiste, un terroriste est comparé aux résistants, qui s'en retourneraient dans leur tombe, et les innocents morts lors d'un attentat y sont des martyrs de la cause, des martyrs utiles. C'est de là que vient ma défiance instantanée en face des tenants d'une idéologie ou des porteurs de cause, il faut toujours en passer par un massacre avant toute chose et une période où la liberté est confisquée pour le bien du peuple bien sûr. Ensuite on verra. En attendant ce genre de grand soir, on continue à gagner un peu de fric quand même, la société consumériste n'a pas que des désavantages, tout en cherchant une planque confortable, voire en bouffant à tous les râteliers. Et leurs idées sont la plupart du temps un exposé de clichés et perles mille fois entendus ailleurs.

    En plus ce petit jeu fait le bonheur de Sarkozy et consorts...

  • Caméléon jusqu'à la névrose

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    J'aurais pu parler d'un problème de 42 voix en plus ou en moins, d'un parti qui est sur le point d'imploser car raisonnablement, ça aurait été difficile d'être spîrituel sur le sujet (je ressens surtout de la lassitude), mais je préfère parler de Peter Sellers. J'aime beaucoup Peter Sellers, caméléon génial qui vivait tellement ses rôles qu'il s'en oubliait. Le film qui a été fait sur sa vie n'était pas mal même si certains évènements étaient exagérés (l'incident de la voiture/jouet). Lui avait au moins conscience de jouer un personnage contrairement à beaucoup de nos contemporains qui sont beaucoup moins lucides sur ce point : révolutionnaire romantique, winner cilnquant, révolté du bounty de la machine à café, passionaria évangélico-médiatique, poète maudit etc...

    J'ai une préférence pour le Docteur Strangelove, et son bras ayant des vélléités d'indépendance ; on en trouve encore beaucoup, du genre à chercher des armes de destruction massive dans des bidonvilles, à rechercher la destruction. et Mister Chance, dont l'idiotie métaphysique conduit les destinées du monde.

  • "Le vin de Paris" - critique et exposition virtuelle

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    Les illustrations sont des dessins de votre serviteur. Il continue à les exposer (le prétentieux) sur son blog.

    rue3.jpgC'est dans ce recueil que l'on trouve la nouvelle ayant inspiré "la traversée de Paris" et l'insulte proférée par Grandgil, le peintre, artiste, hors-norme pour les bonnes gens, "qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux...": "Salaud de pauvres !". Elle parle d'une période de lâcheté générale, ou presque, où les "bons français" dénonçaient leurs voisins, où les flics français en faisaient plus pour livrer les juifs aux nazis qu'on leur en demandait, où les résistants de dernière heure tondaient les femmes à la mauvaise réputation, où tout le monde trafiquait de tout ce qui se vendait.
    rue4.jpgMarcel Aymé a été inquiété à la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour ses sympathies à Céline ou Rebatet et deux, trois articles publiés dans les mauvais endroits. On oublie une pétition contre les arrestations arbitraires que l'inconscient osa aller porter aux autorités allemandes. Il ne se faisait aucune illusion sur la nature humaine, les autorités, les vérités soi-disant intangibles, tout en aimant profondément l'humanité malgré tout : Les assassins se transforment en bébé, que l'on guillotine quand même, les saints deviennent proxénètes à Montmartre tout en gardant leur auréole, le quotidien devient fantastique.
    rue5.jpgLes dogmatiques de gauche ne l'aimaient pas beaucoup du fait de son désengagement, les gens de droite se méfiaient de lui pour sa satire tranquille de l'autorité et de tout ce qui est admis comme "respectable". Ils préfèraient se promener sur la butte, faire la fête chez le peintre Gen-Paul, discuter littérature avec Nimier. Son esprit plane encore rue de Norvins ou vers la place du Tertre et dans "Le fabuleux d'Amélie Poulain", les réactions de certains critiques face à ce film ressemblent d'ailleurs à d'autres face à ses livres.

    Titre : Le Vin de Paris | Auteur : Marcel Aymé | Editeur : Gallimard

  • Manifs de profs

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    h-2-1083165.jpgLes manifs de profs c'est souvent très emmerdant, ça bloque les rues de la bonne ville d'Evreux, les bus ne circulent plus, et quant aux mots d'ordre je n'en ai pas entendu vraiment beaucoup concernant la précarité. De plus, c'est surtout les familles démunies qui sont touchées quant à la garde des enfants en l'absence des professeurs (A ce sujet, à entendre les réactions des z-auditeurs en écoutant la radio, on est surpris de constater que pour les parents, l'école c'est surtout une garderie avant toute chose). Tout à l'heure assis à un arrêt de bus, j'attendais qu'il y en ai un qui arrive, fulminant, quand un contrôleur est passé en bagnole prévenir qu'ils étaient bloqués par le cortège de la manif, c'était la cerise sur le gâteau. Des bonnes gens râlaient autour de moi, exaspérés par l'attente, ce qui était tout à fait légitime. Et l'on entendait la longue litanie des clichés habituels du prof coincé derrière son bureau, c'est pas fatigant, ils se lèvent pas, c'est pas crevant de garder des gamins.

    Et là j'ai quand même vu rouge. Car la plupart du temps, le boulot du prof c'est tenir une classe de vingt à vingt-cinq enfants ou adolescents qui pour la grande majorité n'ont même pas reçu des parents les bases en matière d'éducation afin de vivre à peu près de manière équilibrée en communauté : l'insulte est reine, l'ignorance est plus à la mode que la culture, l'internet accentue ce phénomène car l'on confond de plus en plus les informations avec leur analyse, il y a aussi le fameux "je le pense donc j'ai raison", le savoir est considéré seulement du point de vue de son utilité et la loi du nombre s'impose aux plus faibles, sans parler des modes les plus débiles qui règnent en maîtresses. Et un enseignant gagne autant en fin de carrière que des stagiaires de grandes boîtes ou qu'un garçon de café. Rappelons le quand même...

    xavier-darcos-rend-visite-a-des-eleves-a-marseille_476.jpgLa tâche première de l'enseignant serait surtout de transmettre un savoir, pas de refaire l'éducation d'enfants qui passent parfois cinq heures devant, entre autres, des jeux en ligne, comme "Counter Strike" qui consistent à flinguer le plus d'ennemis possibles, des "ennemis" souvent basanés et de type moyen-oriental ou à se réfugier dans les mirages de mondes fantastiques, à chatter sur MSN ou ailleurs, parfois avec des détraqués qui voient là une bonne manière d'y extérioriser leurs pulsions ou de les concrètiser, on l'a vu dernièrement dans l'actualité. Le tout ne provoque que rarement ne serait-ce que l'ébauche d'une réaction chez les géniteurs du/de la petit/e chéri/e et l'on préfèrera pester contre ces fainéants de profs, au lieu de se remettre en cause.

    Alors oui, c'est pénible les manifs de profs, mais pourquoi ne pas essayer un jour, un seul de prendre leur place ? Et vous, chers collègues j'aurais bien aimé entendre ne serait-ce qu'un slogan concernant les personnels précaires ou "kleenex"...

    PS : Sur la photo ci-dessus, la petite fille a répondu que "non, elle n'aimait pas les films de gladiateurs"

  • Les pauvres ça bouffe n'importe quoi !

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    COURS3Petite-full.jpg

    Avertissement : il y a des vrais morceaux de second degré dans cette note...

    Lundi soir, il y avait une émission avec Cyril Lignac, cuistot médiatique moins patrimonial que Robuchon et moins pontifiant que Bocuse. Je le trouve sincèrement assez sympathique Cyril, d'instinct, je sais que c'est le genre de personnes avec qui je m'entend bien. Il a un côté très affectif et sympathique malgré son ticket de métro en poils sur le menton et sa voix désagréable. Si je comprend bien le positionnement de la cible publicitaire visée par ces émissions, on veut en faire une sorte de Jamie Oliver français, qui a appris aux anglais à mieux manger ce qui en soi est un exploit surhumain. En France, la malbouffe existe, mais la malbouffe française c'est la bonne bouffe anglaise, c'est déjà bien meilleure que les redoutables "Fish and Chips", me fais-je bien comprendre ? Donc, lundi, il est dans une usine de Picardie où déjà les gens parlent avec un accent "bizôrre" pour lui qui vient du Sud martine_cyril_lignac.jpg(l'accent chti en plus appuyé) et en plus ils mangent des gamelles qu'ils trouvent dégoûtantes : salades de riz et thon, salades de pâtes et boulettes de viande, des kebabs/frites qu'ils achètent à côté. Ces prolos, les ouvriers sont des gens ingrats qui ne sont jamais contents, prétendent que c'est par économie qu'ils mangent ça et pour gagner du temps, ils prétendent se lever aux aurores. Pour Cyril, ce n'est pas possible, ils sont paresseux c'est tout. Et comme pour des bobos parisiens, il leur organise un stage de fooding en grand dans l'usine avec la bénédiction du patron. D'autres, plus radicaux, préconisent d'envoyer les pauvres dans l'espace car nous en avons les moyens techniques. Moi, j'aurais bien une idée pour que les prolos améliorent la qualité de leurs gamelles, il suffirait d'augmenter leurs salaires.

  • Les rues de Marcel Aymé

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    Les Chemins et les Rues de Marcel Aymé

    Ouvrage intéressant qui complète la note ci-dessous sur l'auteur du "Passe-Murailles" et permet à l'auteur du blog de commettre une petite expo virtuelle, le prétentieux. En cliquant dessus on agrandit les images.

    Extraits de la Préface de Benoît Duteurtre

    rue1.jpgIllustrations de l'article par l'auteur du blog (plume et encre de Chine)
    De son vivant, Marcel Aymé pouvait passer pour un "petit maître". Sa plume naturaliste, son goût de la comédie tranchaient sur la pompe des auteurs importants, sur le sérieux des aînés, Giraudoux, Mauriac ou Montherlant, comme sur l'engagement politique de ses contemporains. Drieu, Malraux, Aragon et les existentialistes voulaient changer le monde. Le nouveau roman promettait des avancées artistiques radicales... Difficile de considérer avec le même front plissé un auteur de nouvelles et de théâtre regardant son époque "par le trou de la serrure", un boulevardier trop cynique pour être honnête, un surréaliste sans groupe, racontant les divagationsrue2.jpg d'un employé de troisième classe transformé en Passe muraille. Difficile d'associer à l'idée de progrès celui qui affichait son amitié avec l'infréquentable Céline revenu d'exil ; ce type qui pouvait se démener pour éviter le peloton au collaborateur Brasillach mais aussi, quelques années plus tard, soutenir des écrivains accusés par la cour de sûreté de l'Etat de complicité avec le FLN.

    Aymé, lui, appartient à cette famille plus rare d'écrivains persuadés que les questions ne varient guère d'une époque à l'autre et qu'à force d'observer le monde, ses décors, ses paysages, ses groupes sociaux, ses comportements, d'un œil à la fois distant, sensible et ironique, on accomplit toujours une œuvre nouvelle, pleine d'enseignements. Pour cela, quarante ans plus tard, sa prose conserve une fraîcheur inaltérée auprès de nouvelles générations de lecteurs, quand les épopées lyriques se sont fanées......

  • Les remèdes à la mélancolie d'Alexandre Jollien

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    14936.jpgJe relis en ce moment avec beaucoup de plaisir « le métier d'homme » édité au Seuil, d'Alexandre Jollien, excellent ouvrage qui donne non pas des réponses toutes faites, du prêt-à-penser, très loin de ceux qui n'ont plus que la haine et la violence en réponse au néant de la société, très loin des troupeaux bêlants, de la captation affective grégaire qui fait que l'on se sent tellement bien dans la horde à force d'oublier qui on est et ce que l'on est, une sorte de bonheur de fourmilière, il ne donne que des pistes pour se construire. On est loin des banalités vaguement humanistes, des discours larmoyants sur la souffrance qui cachent mal beaucoup de dureté de coeur, on est loin des "coeurs secs et des tripes molles". Il préconise par exemple la légèreté :

    « Qui adopte la légèreté, subtil antidote au désespoir, éprouve les dangers d'une révolte grimaçante, devine que la souffrance ne fait pas vivre que des saints ou des sages. Devenir léger, c'est accepter humblement le sort après avoir tout tenté pour éradiquer son ombre, affirmer une résistance là où prime la révolte et la colère [...] Être léger c'est donc recourir de force à la joie contre ce qui aigrit, ce qui isole, épauler celui qui souffre pour qu'il ne se claquemure pas dans son mal-être »

    page 44

    jollien1.jpgBeaucoup recherche la sérénité, la paix de l'âme ; on souhaiterait ne plus ressentir, ne plus éprouver de peines mais aussi des joies, ne plus rire, ne plus pleurer car tout cela est difficile à porter. Comme le rappelait Patrick Declerck, auteur que j'aime bien également, dans une émission il y a peu, un être humain qui ne ressent plus rien, c'est un cadavre. Ressentir, c'est être vivant, plus vivant que d'autres. Alexandre Jollien me conforte dans cette opinion, il ne croit pas que la souffrance soit forcément nécessaire ou souhaitable, et remarque que s'en protéger de trop peut mener à l'autisme. Il exprime aussi joliment qu'une personne sensible est considérée comme "anormale" par les autres comme pourrait l'être une personne valide au milieu de boîteux.

    « Ressentiments, amertume, solitude, honte, le tout finit par sécréter une carapace bien solide qui achève d'atrophier la sensibilité. « Protège toi ! Blinde toi ! Voilà le cri du cœur meurtri. Rassuré, me voilà bientôt autiste sous une carapace. Dans ma forteresse vide, imperméable à la tendresse, je demeure insensible à la blessure, à la moquerie. A trop vouloir fuir la méchanceté, la cruauté de certaines rencontres, je me coupe de l'affection, d'un réconfort.»

    page 47

    singulier_20060920_7082506_0.jpgCe que propose le jeune philosophe, ce n'est pas de se couper de son humanité et du monde. C'est d'aller « toutes voiles dehors vers les autres » et de vivre tout simplement. Il rappelle que du fait de son handicap, il était, il est toujours rapidement étiqueté comme « débile », et que pourtant cela n'empêche pas l'altérité ou du moins ce moyen particulier de surmonter la souffrance qui est l'algodicée que préconisait les anciens, utiliser sa souffrance pour avancer et progresser, sans pour autant la rechercher ou en louer les bienfaits car comme il le note, la souffrance est dispensable. Il entraîne à lutter contre le fatalisme ou la résignation :

    « Rien ne contredit plus l'algodicée que la résignation béate des fatalistes qui, devant la souffrance des autres, se voilent les yeux et ne font rien, de ceux qui, condamnant des victimes, ont tôt fait de les taxer d'incapables et oublient que la souffrance pèse, alourdit, engourdit. Trop souvent elle anéantit. A quoi bon jeter l'opprobre sur celui qui baisse les bras ? Avant d'accuser la victime et prétendre qu'elle se complaît dans sa souffrance, peut-être convient-il de s'assurer si ce que l'on qualifiait de complaisance ne relève pas, en ultime analyse, d'un désespoir abyssal. Prisonnier de la douleur, on perd aisément l'espérance et la force requise. Et chacun peut sombrer du jour au lendemain ».

    Ensuite Alexandre cite les exemples de prisonniers des camps dont Primo Levi, prisonniers de guerre qui se sont suicidés en rentrant de captivité n'arrivant pas à retrouver cette légèreté fondamentale pour vivre, loin de l'esprit de sérieux, ou bien n'arrivant pas à comprendre qu'ils n'avaient plus à lutter autant pour vivre. J'aime beaucoup tous ces propos d'Alexandre Jollien qui montre que d'une part, l'on a tort de le cantonner au rôle du jeune-philosophe-handicapé-tellement-brillant, il est plus que cela, c'est un « voleur de feu », comme le dit Michel Onfray dans la préface du livre.

  • Le père Fouettard en donne pour son argent au "Big Brother" des profs

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    bigbrother_communist_01.jpgIl paraît que les profs vont avoir leur propre "Big Brother" à eux (avec ce blog, il ne va pas s'ennuyer, Note d'Amaury : après 6 ans sur zazieweb et trois ans ici, c'est foutu de toutes façons), on a appris ça dans une déclaration à effet d'annonce, technique de ce gouvernement, qui consiste à monter la population contre une autre en surfant sur les préjugés habituels : "les profs c'est rien que des gauchiss", "des communiss", des staliniens comme on n'en fait plus. Ce genre là, qui porte parfois la couronne de barbe dite "Robert Hue" et un baisenville en cuir fauve, n'est plus qu'une minorité folklorique à qui il faut au moins reconnaître la recherche d'un idéal. Maintenant, ce qui domine et s'accroît de manière exponentielle, comme dans le reste de la société, c'est l'individualisme forcené, la docilité, la faculté d'appliquer les instructions sans se poser de questions. Et de prendre les heures sup des collègues dits précaires qui n'ont rien retrouvé depuis la rentrée. Ne subsiste des âges héroïques qu'une vague mentalité altermondialiste ou "équitable", sauf pour les non-titulaires qui ne sont que rarement considèrés comme des collègues à part entière.

    Depuis la Loi d'Orientation Loi de Finances de 2002, c'est bien 8000 contractuels enseignants ou personnel ATOS (cuisine, entretien, surveillance de cantine...etc) qui se sont retrouvés sur le carreau mais ça tout le monde, ou presque, quelques exceptions tant s'en faut dont, il faut bien le reconnaître la "minorité folklorique" décrite ci-dessus, c'est comme ça c'est un fait, tout le monde s'en fout. Et puis les heures dégagées par l'éviction des profs contractuels c'est autant d'heures sup' à se partager en profitant de la prime de 500 euros pour trois heures sup'. Il faut reconnaître, c'est humain, et c'est égoïste aussi, et hypocrite. Et ennuyeux pour les élèves qui ont parfois devant eux en français en lycée pro, par exemple, de charmantes diplômées certes, mais plus spécialisées dans la poèsie classique que dans l'enseignement des bases grammaticales. Comble du cynisme, on a "reclassé" les salaires des contractuels en mars dernier (juste avant de les virer en septembre).

    Je n'aborderai pas la question des épouses de maris ayant une "bonne" situation qui prennent le boulot de prof surtout parce que cela fait un revenu de complément appréciable, je passerai pour un immonde sexiste. L'une d'elles m'a expliqué un jour car elle avait peur que je la raillasse (pas de rime en "asse") que "tu comprends on vient d'acheter une véranda" ; pour lui répondre j'ai secoué la tête gravement en disant : "je comprends", elle a quand même bien vu que je me moquai d'elle. Celles-ci ne se poseront pas de questions ni sur une hausse des salaires, ni sur la précarité. Elles s'en foutent. (Je suis donc, notez bien, un immonde sexiste). Les syndicats se souviennent des contractuels en cette période d'élections aux prudhommes, faut dire que ça ferait quand même des voix en plus. On leur envoit un papelard leur clamant que la précarité c'est pas bien, c'est pas beau, on ne dit rien de concret surtout, ces ingrats oublieraient de voter docilement. Suggestion en passant, les contractuels devraient exiger des garanties en échange de leur vote : tiens y'a une idée à creuser là...

  • Terrorisme ferrroviaire pour cause d'ennui

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    797664.jpgSur les neuf enfants sages arrêtés pour les attentats sur les lignes TGV, quatre sont déjà mis hors de cause, et il est déjà certain qu'il n'y a rien de probant contre les cinq autres. Ils faisaient tous cependant partie d'un "comité invisible" se promettant de fiche en l'air la société consumériste pitoyable actuelle. Ce n'est pas forcément un mauvais programme, j'applaudirai volontiers, mais dans leur cas, il s'agit surtout de jeunes gens et jeunes filles de bonne famille qui s'ennuient tellement dans leur bulle favorisée dans laquelle ne domine qu'une seule valeur qui est le fric et son corollaire la réussite sociale, hors de toute morale (hors de la famille, de la communauté, de tout ce qui peut se mettre entre le producteur et le consommateur), hors de toute éthique, qu'ils ont dû se sentir de plus en plus fascinés par l'ultra-violence, la révolte brutale, même si celle-ci reste virtuelle, et se sont donnés un alibi, un prétexte pour justifier leur révolte qui est aussi en somme un désir d'autodestruction. A partir d'un moment baguenauder à droite à gauche et consommer sans se poser de questions sur les fins de mois, ça n'entraîne qu'un immense ennui, au sens baudelairien du terme. Il faut dire que d'un côté on ne leur offre que les mêmes discours lénifiants, de la moraline sucrée et hypocrite (en cliquant sur le lien on trouvera un très bon article définissant la moraline, terme inventé par Nietzche) ; on donne deux sous pour garder bonne conscience, et de l'autre l'appât du gain et l'avidité de posséder toujours plus, les deux faces du même problème.

    L'hypocrisie de la moraline n'est là que pour justifier le fait que la société consumériste et spectaculaire demeure et que tout le monde contribue à en entretenir la dynamique. Cette société ne vit pas dans le réel, mais dans un univers fictif où avoir un objet dans sa poche permet d'avoir plus de dignité aux yeux du monde qu'une qualité morale ou des connaissances culturelles, ou encore une expérience. Ceux qui pourraient apporter une réponse spirituelle sont parfois aussi suivistes que les autres, j'en ai entendu un ce matin parler des "petits talents" des femmes de ménage et des "grands talents" des professeurs qui "tous contribuent à la bonne marche d'un établissement", comme si avoir fait des études témoignait de plus de "talents" que ne pas en avoir fait, et permettent en somme de maintenir chacun à sa place docilement en lui donnant l'impression qu'il a une importance quant à la prise des décisions (là c'est moi qui rajoute). Et pendant ce temps là on ne parle pas de l'irresponsabilité fondamentale du système libéral, du délire financier qui ne va certainement pas changer gràce à quelques formules chocs. Et pourtant c'est un changement de société qui est à souhaiter, radicalement.

  • Pas de Demy pour moi ou pas de deux mis

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    demoiselles_web.jpgDemy (site sur le cinéaste) est à la mode, on le voit en couverture d'un ou deux magazines dits branchouille. Depuis que deux jeunes cinéastes ont fait un film sur le SIDA en chantant, le cinéaste est "hype" corroborant ainsi le préjugé qui veut que les "gays" et les individus "trendy" aiment bien les comédies musicales. Moi qui ne suis pas hormosessuel, j'adore les comédies musicales (murmures du troupeau bêlant) des années 70 de "Phantom of the paradise" au "Rocky Horror picture show". Demy est également bien vu dans les salons de gôche, plutôt dans les salons bobolisants, car quand on chantait "passe moi le sel-euh, de rien je t'en prie-euh" dans ses films on n'en gardait pas moins une conscience sociââle affutée messieurs dames. Dans "une chambre en ville", on cause des bourgeoises qui s'encanaillent avec des prolos, depuis "Lady Chatterley" on n'avait pas vu pareille audace en effet ! Même les films pornos n'alignent plus autant de clichés de ce genre (la bourgeoise en fourrure attend le plombier musclé afin d'inspecter sa tuyauterie). Cela dit, si on peut sourire en regardant les acteurs chanter leurs dialogues parfois abscons, il n'y a que les coeurs secs qui ne seront pas touchés par la fantaisie de ses films.

    Et dans "Lola", Anouck Aimée est une putain moins immorale que les femmes de meilleure vie. Ne disons pas trop de mal de "Lola", j'aime bien ce film quand même, pour sa poésie qui le fait ressembler à un conte de Marcel Aymé, tout comme je trouve "Peau d'âne" purement magique, on y trouve plusieurs niveaux de lecture absolument maîtrisés d'un bout à l'autre. Et "les parapluies de Cherbourg" comme "les demoiselles de Rochefort", ce dernier film gràce en grande partie au talent de Gene Kelly) sont une réussite dans le genre, à la même hauteur que "West Side Story", exceptionnel dans ses numéros de danse, fade dans ses moments de pure comédie. Les critiques "trendy" réduisent Demy à quelques postures kitsch, des couleurs vives, des habits "vintage". Il est plus que cela malgré tout, malgré les ratages des dernières années quand il s'auto-parodiait dans son oeuvre qu'il voulait alors plus concernée par le monde. C'était plus fin quand il était léger, car ce qui est léger et futile est ce qui est fondamental, les bonnes intentions, les grandes idées, les belles déclarations passent, la vie continue.

    Post-scriptum : en parlant de bonnes comédies musicales à quand un dévédé digne de ce nom de la comédie musicale "Anna" de Gainsbourg ?

    Ci-dessus un extrait des "Demoiselles de Rochefort" avec Françoise Dorléac, véritable doctoresse ès légèreté que l'on retrouve dans "l'homme de Rio" et Gene Kelly

  • Savoir parler de littérature...

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    ...sans dire trop d'imbécilités.

    les_deux_orphelines.jpgJe viens de lire un long article sur Anouilh qui m'agace plus ou moins car on y retrouve les défauts habituels de la plupart des critiques actuels quand ils parlent littérature. Il y a tout d'abord cette propension à rechercher un message qui corresponde à sa propre opinion ou à la cause que l'on veut défendre, parfois maladroitement. Ici, l'auteur de "Antigone" devient presque un auteur mystique, j'allais dire calotin, alors qu'il est athée. De plus, l'auteur de l'article le classe à droite, certes avec raison, mais Anouilh n'était pas vraiment de la droite conservatrice. C'est souvent pareil à gauche. J'en veux pour preuve un autre article écrit par un journaliste de gauche qui classe Bernanos dans le camp des révolutionnaires car il a dit la vérité des faits pendant la guerre d'Espagne, non pas par idéologie mais par amour de la liberté. Et Bernanos est resté anti-démocrate, catholique et monarchiste jusqu'à sa mort ; tout comme pour d'autres on réduira Oscar Wilde et Marcel Proust à des militants homosexuels ce qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre ; le subtil Marcel aurait détesté la "Gay pride". Pourtant, l'on continue d'entendre encore ces contre-sens énormes. Le problème de ces critiques littéraires c'est de croire que la littérature doit avoir forcément une utilité sociale alors que si on la réduit à ça, non seulement c'est très ennuyeux car souvent les porteurs de causes sont chaussés de très gros sabots voire de semelles orthopédiques mais ils oublient l'essentiel qui est de construire un style. Et puis, surtout, il manque l'essentiel qui est de goûter vraiment la lecture d'un autre, déguster ses mots, se demander s'ils ouvrent des horizons, créent des univers ou restent bêtement au ras du sol. Le tout est également relié à la fameuse méthode Coué moderne ou "positive thought", le truc de Nancy Huston, faut pas lire untel parce qu'il est désespéré, un autre parce qu'il est trop ironique, effectivement on risquerait d'être trop lucide ensuite.

    7626.jpgPersonnellement, je ne veux surtout pas qu'un livre que je lis soit un sermon enrobé d'une anecdote ou que l'on essaye de m'embrigader dans une cause même juste (pour les porteurs de causes celles-ci sont toujours justes) et propager une vulgate idéologique, que ce soit pour la révolution prolétarienne ou le sado-maso de salon, le civisme ou l'incivisme. La littérature exemplariste c'était les "deux orphelines" au XIXème siècle ou encore "Élise ou la vraie vie", des livres censés être proches des gens, censés combler leurs attentes en matière d'authenticité, de cette authenticité frelatée qui suinte des romans d'Anna Gavalda, tout comme une dérision d'occasion baigne ceux d'Amélie Nothomb, censés plus les intéresser que ceux qui les ouvrent à d'autres sentiments, plus élevés, à la beauté, ou à la laideur du monde. De plus, souvent, ces critiques littéraires qui défendent une conception utilitariste de la littérature sont ni plus ni moins qu'un nouveau genre de missionnaires ou de commissaires du peuple qui refusent toute contestation de leurs opinions. Et ils ne comprennent pas que la littérature pour adultes ce n'est pas seulement des livres cochons, mais surtout des livres que l'on ne comprend vraiment qu'avec maturité, un peu plus de sagesse et de pondération car ce monde, rappelons-le, est complexe. A l'inverse de faire du le Clézio pour qui la mort c'est pas drôle et la guerre c'est pas bien, que les pauvres sont tous sympas et beaux. C'est là le coeur du problème, les critiques dont il a été question dans cette note ont du monde une conception enfantine ou feuilletonesque, où les bons et les méchants sont clairement identifiés, clairement désignés. (en bas à droite l'affiche du film réalisé d'après un de mes livres préférés qui est tout l'inverse de ceux cités précédemment à savoir subtil, bien écrit, passionnant, vivant, sensuel etc...)

    un livre sur la littérature actuelle qui me semble par contre plus intéressant par là, le "Jourde et Naulleau" qui vient d'être mis à jour pour parler d'Anna Gavalda qui fait du Delerm pour magasines féminins entre autres perles...

    En parlant de perles, Un extrait sur un auteur qui les multiplie...

    Pearl et BHL
    "L'essai consacré à Daniel Pearl est significativement sous-titré romanquête - sacré Nanar, décidément jamais à court d'un jeu de mots à deux francs cinquante ! Au lieu de se taper sur les cuisses et d'applaudir à l'exploit du gugusse - déposer un calembour douteux plutôt qu'une couronne de fleurs sur la tombe d'un journaliste égorgé et dépecé au Pakistan, il fallait tout de même oser - un certain William Dalrymple s'efforce maladroitement de compenser son total manque d'humour par une parfaite connaissance du terrain indo-pakistanais. Plutôt que rire à gorge déployée, ce confrère un peu coincé de Daniel Pearl fait tout d'abord valoir dans un article de la New York Review of Books du 4 décembre 2003 que Bernard-Henry Lévy n'a pas fait beaucoup de progrès en géographie depuis les hilarantes Impressions d'Asie puisqu'il confond à l'occasion l'Inde et le Pakistan, ni en déontologie puisqu'il présente de vagues rumeurs comme des faits avérés."
    (page 172)

     

  • Implosion au PS ?

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    ambition.jpgFinalement, ce qui me choque dans les chicaneries de personnes au PS, ce n'est pas qu'il n'y ait pas une ligne directrice solide, ce n'est pas que le parti se droitise ou se gauchise, ce n'est pas que je veuille forcément de Ségolène ou d'un autre, c'est que les questions d'ambition personnelle y sont plus importantes que la volonté de s'opposer réellement à la politique actuelle de l'UMP, ou que le souci de mettre fin à la précarité. Attention, d'ailleurs, je ne critique pas forcément l'ambition, c'est bien d'être ambitieux, ce n'est pas complètement négatif, du moins si une partie de cette ambition est mise au service de la collectivité.

    D'ailleurs en considérant la chose d'un oeil strictement objectif, qu'est-ce qui différencie concrètement les idées des leaders de l'UMP de plusieurs parmi les éléphants du PS et quelques éléphanteaux qui s'apprêtent à faire front commun contre Ségolène Royal ? La plupart sont libéraux économiquement, on l'a entendu au PS, à l'exception de Benoît Hamon et de Martine Aubry, dans la ligne de la sociale-démocratie, avec une petite touche plus étatique certes, mais si peu, et alors que le libéralisme vient de montrer point par point son irresponsabilité foncière ; tous, à l'exception de Ségolène, ont une conception très libre de la morale individuelle que l'on retrouve maintenant dans toute la société. Ce que demande la société actuelle, c'est pourtant une réforme structurelle et non d'instaurer de nouveaux mécanismes de régulation qui ne donnent rien de toutes façons que ce soit pour les banques, les entreprises, les bourses. Par contre, ce qui domine incontestablement, et que l'on ne voyait pas avant à une telle ampleur, car ça a toujours existé, c'est un tel clientèlisme, un tel népotisme.

  • Note gentille sur les gentils "terroristes du TGV"

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    Les gentils médias, les gentils policiers et les gentils terroristes

    article_SGE.JGD75.080807175158.photo01.photo.default-512x405.jpgHier les gentils policiers (voir photo, un sympathique et jovial policier répond gentiment aux voyageurs) et les gentils médias ont dit que si les trains qui vont gentiment à grande vitesse, pleins de gentils riches qui voyagent gentiment et de gentils pauvres qui travaillent, arrivent en retard c'est à cause de gentils terroristes de l'ultra-gauche que l'on a envie de cajoler quand même pour leur apprendre à être moins méchants. Les gentils riches et les gentils pauvres qui travaillent ont dit que ce n'était pas grave mais qu'il fallait simplement que les gentils agents de la SNCF promettent que ça n'arriverait plus . Personne n'en est sûr de leur culpabilité, mais les gentils étudiants ont quand même gentiment accepté d'être arrêtés comme gentils terroristes, d'être interrogés gentiment pendant quatre jours par de doux policiers à la matraque si douce et l'annuaire si doux aussi. Il paraît que les policiers sympa étaient au courant des projets des gentils étudiants. Des méchants penseraient alors, mais pourquoi ils ont laissé faire dans ce cas ? Tout simplement parce qu'ils sont capables d'attentions, de gentillesse et de délicatesse. Ils voulaient faire plaisir aux gentils étudiants d'ultra-gauche. Ils voulaient aussi faire plaisir au gentil président et à sa gentille ministre pour faire oublier la méchante vilaine crise et les tombereaux d'argent donnés aux banquiers qui n'ont pas été gentils du tout mais se repentent j'en suis sûr, ils regrettent de tout leur coeur allez on le sait bien, ils ont promis qu'ils ne le feraient plus. C'est d'ailleurs étonnant que dans le même temps sorte un film sur les gentils terroristes de la Bande à Baader, des gamins gentiment civilisés fascinés par l'ultra-violence gentille car ils n'avaient plus que la méchante destruction à désirer.

    Comme les gentils policiers, les médias sympas, la gentille ministre et le gentil président veulent faire plaisir aux gentils citoyens, ils ont bien dit que les gentils étudiants d'ultra-gauche venaient d'un mignon petit village dont ils ont répété le nom à de nombreuses reprises pour être certains d'être bien compris. Si les gentils étudiants sont innocents ce sera de leur méchante faute car ils ont été très vilains. Et personnellement je trouve que ce n'est pas très très gentil que notre gentille société ait tellement peur de ses gentils enfants sages.

  • Aujourd'hui on est gentils

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    bad bisounours.jpgAujourd'hui c'est la journée de la gentillesse (c'est vrai) et donc on ne dira pas de mal du préfet d'origine africaine nommé non pas pour ses compétences mais parce qu'il est noir, ce qui est donc raciste mais on ne le dira pas. On ne dira pas non plus que les querelles picrocholines du PS font rire en ce moment, on ne dira pas non plus qu'en gros ils ont donc envie de perdre. On ne dira pas que les banques françaises ou européennes sont dirigées par des irresponsables sans vergogne qui jouent avec l'argent de leurs clients comme au casino. On ne dira pas non plus que la France est un pays en pleine torpeur. Quant à moi j'aimerai tout de suite aujourd'hui l'imbécile qui fait ronfler le moteur de son 4X4 avec la blonde trophée à ses côtés, je le câlinerai, je l'embrasserai et lui ferai plein de poutous. Je ferai un coucou sympa aux andouilles criminelles qui téléphonent en bagnole sans se soucier du risque. Je regarderai TF1 et je rirai de bon coeur aux blagues salaces de Cauet ou Jean-Cul Reichman dans son jeu, qui savent rester tellement simples. Je soupirerai d'aise en regardant Carla regardant amoureusement son nabo..mari avec langueur, cette langueur qu'ont dans les yeux toutes les grandes courtisanes. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs il n'y a qu'une seule journée de la gentillesse car à longueur d'année, on baigne dedans, on en bouffe de l'émotion, de la sensiblerie, de la téléréalité où l'on s'aime tous après que l'on s'engueule tous, aux pubs qui montrent des gamins hilares tellement contents de bouffer de la "junk food" sans parler des mères - névrosées - qui ont des milliers de barres Kinder dans leur réfrigérateur.

    Allez, on se fait un câlin ?

    Affiche prise ici (l'est pas mignon ce bisounours ?)

  • Une ou deux des raisons qui me font aimer Marcel Aymé

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    0018a26e.jpgJe sais bien que cela ferait plus sérieux de mettre Céline ou Proust au sommet du panthéon de mes auteurs de chevet, et dieu sait que j'aime l'un et l'autre, mais Marcel Aymé reste celui dont je me sens le plus proche, rien n'y fait. Il y a dans ses histoires un parfum d'enfance qui est restituée dans toute sa cruauté parfois mais aussi dans toute sa vérité comme dans "Les bottes de 7 lieux" qui est à la fois émouvante sans mièvrerie, fantastique et vraie. J'aime bien les animaux plus sages que les êtres humains dans "les contes du chat perché". Parfois je me prendrais bien pour le "Passe-murailles", ce pauvre Garou-Garou coincé dans un mur rue de Norvins. J'aime bien ce gueulard mystique de Clérambard et le saint de "la Grâce" qui se met à pêcher par devoir. J'aime beaucoup "la Traversée de Paris". Dans l'extrait-ci-dessous, le dialogue est le même que dans la nouvelle, qui est cependant beaucoup plus noire. Et ces paroles rappellent que la lâcheté en face de l'ignominieux c'est aussi celle de la foule et des bonnes gens. Et je connais par coeur la géographie de toutes ces histoires, de l'Avenue Junot à la place du Tertre, actuellement en carton-pâte pour touristes tout comme les cafés dits typiques ripolinés façon "Amélie Poulain".

    Comme lui, c'est peut-être un défaut mais j'ai tendance à croire que non, je me sens immédiatement sceptique devant les grandes et belles déclarations, les envolées lyriques où l'on pousserait bien les autres à s'entretuer pour des causes futiles en oubliant les fondamentales qui sont la Liberté et l'Altérité. Marcel Aymé aimait bien les êtres humains, y compris les assassins à visage d'enfant et mains de boucher, et il les connaissait bien, dans leur petitesse, leurs faiblesses, leur incapacité à sortir du troupeau bêlant. J'aime quand Marcel met les pieds dans le plat et renvoie une médaille à un ministre en lui suggèrant de la mettre en un endroit de son anatomie que la morale réprouve. J'aime aussi quand l'inconscient va porter un article dénonçant les exactions commises contre les juifs pendant la guerre au "Marianne" de 1941 sans se soucier des conséquences.

    Comme ce n'était pas un dogmatique il s'est fait mal voir des dogmatiques de tout bord. Maintenant on le prend encore pour un "anarchiste de droite" dont les livres ont vieilli, une revanche de cloportes en somme.

  • Les films réalisés par Michel Audiard

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    FAUT_PAS_PRENDRE_LES_ENFANTS_DU_BON_DIEU.jpgSi j'aime bien revoir des films dits maintenant de cinémathèque, des comédies italiennes des années 70, des chefs d'oeuvre de musée messieurs-dames, j'ai aussi un goût pervers pour les séries B ou Z qui sont comme un saucisson de supermarché, certains soirs ça réjouit autant le ventre qu'un dîner fin. L'avantage des jours fériés pluvieux comme hier, c'est de pouvoir voir ou revoir des films cinématographiquement pas très chics mais qui font du bien au coeur et au cerveau et aux zygomatiques. Les films réalisés par Michel Audiard en font partie (Et puis Michel aimait autant Marcel Aymé que mézigue). Du strict point de vue de la réalisation, c'est du "j'm'en foutisme" total et assumé, la caméra est placée n'importe où, il y a des intermèdes plus BD que ciné, des faux raccords, des acteurs en liberté absolue de cabotiner. Et finalement au bout du compte c'est quand même moins chiant qu'un Lelouch (chiant et Lelouch, pléonasme je sais) et moins lourdingue que les délires flingueurs de Kassowitz. J'aime bien personnellement "Comment réussir quand on est con et pleurnichard", celui d'hier sur la TNT (Direct 8) : "Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas...mais elle cause" où Annie Girardot est bonniche chez un caissier de banque vicieux, autre pléonasme (le caissier visqueux est joué par Blier), où Sim joue un ecclésiastique éducateur de jeunes banlieusards qui finance les vacances de ces derniers en se travestissant tous les soirs en libellule. La bonniche finit par réaliser son rêve et se faire passer pour une grande dame sur la côte. Mon préféré reste cependant "Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages" où la gouaille de Marlène Jobert est ma foi très séduisante et le délire du film réjouissant. C'est un mélange improbable entre "Batman" la série télévisée, et le film noir.

    Post-notum : En plus dans ces films, on voit la France populaire déserter progressivement Paris, les bourgeois habillés en gigolpinces qui jouent de plus en plus les esprits éclairés, les maîtres de faculté, les docteurs honoris causa en vide.

    (voir extrait ci-dessous)

  • Ce qui arrive à ceux qui font du mal aux petits

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    Bien sûr il y a la diffamation, on l'a bien vu à Outreau ou pour ce professeur qui s'est suicidé car on le soupçonnait d'actes contre nature, mais là il s'agit de faits avérés et avoués par les coupables eux-mêmes. La violence appelle la violence, et le mal, le mal, ce genre de choses arrivent toujours quand des pasteurs se prennent pour des gourous, et ça éclabousse forcément les autres croyants qui sont innocents. il y a bien souvent l'inertie des responsables. l'évêque de Parthénia, actuellement, par exemple était parfaitement au courant des agissements d'un de ses prêtres mais n'avait rien fait. Quand la chose a été découverte il n'y a pas eu un seul mot pour la famille et les enfants blessés, pas un, rien. Il y a des attitudes gênantes, quand l'un d'eux dit par exemple que la justice des hommes n'est pas celle de Dieu, c'est vrai, mais la justice des hommes a raison de condamner un pédophile comme elle a raison de condamner ceux qui font mal aux petits

    Dans l'Évangile Jésus est sans équivoque sur ceux qui font du mal aux plus petits. Je me demande si les responsables du mouvement dont il est question dans cette note s'en rappellent.

    Je ne donnerai pas le nom de cette communauté sur mon blog mais j'ai vu hier un reportage à son sujet sur une grande chaîne hertzienne qui me semble édifiant. Le reportage était à charge, moins que d'habitude mais il me semble que pour un croyant, les choses y étaient dites clairement sous la plume du Pape demandant que cette communauté se refasse ou se défasse, cela m'apparaît sans équivoque. Cette communauté a fait du bien à de nombreux jeunes mais elle connaît depuis quelques années de nombreuses dérives sérieuses dont des attouchements sur mineurs (les articles mis en lien sont à charge mais les faits sont les faits). C'est un peu toujours pareil. Quand un seul homme a rang de berger, de guide, pour un groupe, il finit toujours par se laisser aller à l'ivresse d'être ni plus ni moins qu'un gourou, un homme qui a de l'ascendant sur des êtres humains plus faibles. C'est aussi l'ivresse du groupe, le fait de partager tous ensemble, de communier dans la même ferveur, une ferveur sincère, une émotion authentique des participants, certes. c'est d'autant plus triste que cette ferveur et cette joie soit ainsi perverties.

    Et la foi se cantonne à l'émotion...