mercredi, 12 novembre 2008

Une ou deux des raisons qui me font aimer Marcel Aymé

0018a26e.jpgJe sais bien que cela ferait plus sérieux de mettre Céline ou Proust au sommet du panthéon de mes auteurs de chevet, et dieu sait que j'aime l'un et l'autre, mais Marcel Aymé reste celui dont je me sens le plus proche, rien n'y fait. Il y a dans ses histoires un parfum d'enfance qui est restituée dans toute sa cruauté parfois mais aussi dans toute sa vérité comme dans "Les bottes de 7 lieux" qui est à la fois émouvante sans mièvrerie, fantastique et vraie. J'aime bien les animaux plus sages que les êtres humains dans "les contes du chat perché". Parfois je me prendrais bien pour le "Passe-murailles", ce pauvre Garou-Garou coincé dans un mur rue de Norvins. J'aime bien ce gueulard mystique de Clérambard et le saint de "la Grâce" qui se met à pêcher par devoir. J'aime beaucoup "la Traversée de Paris". Dans l'extrait-ci-dessous, le dialogue est le même que dans la nouvelle, qui est cependant beaucoup plus noire. Et ces paroles rappellent que la lâcheté en face de l'ignominieux c'est aussi celle de la foule et des bonnes gens. Et je connais par coeur la géographie de toutes ces histoires, de l'Avenue Junot à la place du Tertre, actuellement en carton-pâte pour touristes tout comme les cafés dits typiques ripolinés façon "Amélie Poulain".

Comme lui, c'est peut-être un défaut mais j'ai tendance à croire que non, je me sens immédiatement sceptique devant les grandes et belles déclarations, les envolées lyriques où l'on pousserait bien les autres à s'entretuer pour des causes futiles en oubliant les fondamentales qui sont la Liberté et l'Altérité. Marcel Aymé aimait bien les êtres humains, y compris les assassins à visage d'enfant et mains de boucher, et il les connaissait bien, dans leur petitesse, leurs faiblesses, leur incapacité à sortir du troupeau bêlant. J'aime quand Marcel met les pieds dans le plat et renvoie une médaille à un ministre en lui suggèrant de la mettre en un endroit de son anatomie que la morale réprouve. J'aime aussi quand l'inconscient va porter un article dénonçant les exactions commises contre les juifs pendant la guerre au "Marianne" de 1941 sans se soucier des conséquences.

Comme ce n'était pas un dogmatique il s'est fait mal voir des dogmatiques de tout bord. Maintenant on le prend encore pour un "anarchiste de droite" dont les livres ont vieilli, une revanche de cloportes en somme.

17:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, société, cinéma, télévision, aymé | |  Facebook

Commentaires

salut Amaury !
je me souviens en parlant adaptations ciné avoir vraiment "aymé" celles de P. Tchernia avec M.Serrault notamment celle du passe-muraille
les as-tu vues (elles ont dû passer à la tévé il y a bien 25 ans) ?

Écrit par : Eric LOW | mercredi, 12 novembre 2008

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Je suis d'accord, j'ai vu "la Gràce" et "Héloïse", j'ai dû voir celle du "Passe Murailles" mais je ne m'en souviens pas, c'était avec Serrault aussi ? Tchernia avait vraiment gardé l'esprit des contes. Il a fait aussi "les bottes de 7 lieux" avec Duffilho et Christine Pascal.

Écrit par : Amaury | jeudi, 13 novembre 2008

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oui "La Grâce" ! c'est là que Serrault a 1 auréole ?
oui: tous les "Aymé" tourné par Tchernia (1 brave homme trop sous estimé) le furent avec Serrault

Écrit par : Eric Low | samedi, 15 novembre 2008

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Oui c'est dans "la Gràce" qu'il a une auréole et qu'il se met en devoir de la perdre en pêchant car sa femme a peur de l'opinion des voisins.
Tchernia retranscrit très bien Marcel Aymé, et "le Viager" est une histoire à la Aymé.

Écrit par : Amaury | dimanche, 16 novembre 2008

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