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  • Jack Palmer enquête en banlieue

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    J'aime beaucoup les enquêtes de Jack Palmer, privé minable et débile, incompétent à plein temps, imaginé par Pétillon. Il ne résout jamais ses enquêtes, ou alors tout à fait par hasard, ne comprend rien à ce qui lui arrive. Il a eu plusieurs styles suivant l'évolution du dessin de Pétillon. au départ inspiré des dessinateurs américains de "Mad", il a fini par trouver sa touche. Palmer vit dans une mansarde où il vivote tout en repassant son permis régulièrement (il en est à vingt-sept tentatives), il a des ardoises partout dans les cafés du quartier où il boit sous des faux noms. J'aime particulièrement l'histoire du "Grand Sommeil" revue et corrigée en employant les termes et les images politiquement correctes (un mari devient un violeur légal, on ne dit plus un imbécile mais un individu à compréhension différée etc...). Ci-dessous, Palmer enquête en banlieue dans "l'Affaire du voile".

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  • Plus acide que les "Simpsons" - "American Dad"

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    american-dad4.jpgLes "Simpsons" furent les précurseurs de dessins animés plus caustiques, plus adultes au début des années 90 dont "South Park". A côté d'"American Dad", cependant, ce sont des vieillards chenus. Le créateur de cette série est Seth MacFarlane déjà géniteur des "Griffin", clones des Simpsons en plus délirant. "American Dad" raconte l'histoire de la famille Smith qui habite à Langley Falls car le père, Stan, travaille à la C.I.A. Paranoïaque de la pire espèce, psychopathe, plus conservateur que Sarah Palin, il se sert des techniques de son agence pour contrôler la vie de ses gosses, qui subissent souvent des lavages de cerveau, soupçonnent ses nouveaux voisins iraniens d'être terroristes (il leur organise un petit Guantanamo dans son jardin), adore bouffer de la junk-food, organiser des barbecues géants, et boire des bières en regardant les matchs de foûtebôle américain. Il est marié à Francine qui reste svelte malgré son àge et se révèle aussi dingue que lui, elle hait Georges Clooney d'une haine irrationnelle, elle ne se souvient pas de sa jeunesse.  Ils ont deux enfants : Hayley, l'aînée, le mouton noir de la famille, elle est démocrate et plutôt "liberal", elle fume des substances prohibées et se moque de ce que dit le pasteur ; et Steeve, un "geek" maigrichon et veule qui commente "Star trek" avec ses copains en cherchant à se rendre populaire ou à sortir avec une fille. Ils hébergent Roger, un alien grisâtre hydrocéphale pleurnichard, égocentrique et parasite qui squatte leur grenier depuis plusieurs années sous prétexte qu'il aurait sauvé la vie de Stan, il n'a aucune envie de rentrer chez lui où il est commercial en télévisions. Et enfin, leur animal de compagnie est Claus, un poisson rouge à qui on a greffé le cerveau d'un espion est-allemand communiste.

    Dans "American Dad", c'est tout le monde qui en prend pour son grade, de la CIA à la politique US en Irak, les irakiens eux-mêmes, les saoudiens, les européens, les bureaucrates, les ploucs du Midwest et les new-yorkais plus bobos, Bush (voir ci-dessous), Obama, MacCain, Sarah Palin, qui ressemble beaucoup à Stan et ainsi de suite.

    Ce qui est étrange est qu'aux Etats Unis, ce petit bijou de dérision, qui se permet les blagues les plus grosses parfois, passe sur la très conservatrice "Fox TV".

  • Bouh ! (a ceux qui aiment se faire peur)

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    au_loup.jpgSur la plupart des blogs politiques, on aime bien se faire peur, que le site soit de droite ou de gauche. A gauche, on voit les chars soviétiques en route vers Paris, à gauche, on voit des fachos partout, le retour de l'ordre moral et des inquisiteurs publics qui brûleront la plante des pieds des hérétiques. Il y a aussi ces blogs où l'on joue au chrétien des origines revenu aux temps des catacombes (il ne faut pas exagérer, les chrétiens persécutés sont en Irak, en Égypte, en Chine, en France ils sont malgré tout libres, à eux d'être plus en cohérence avec l'Évangile -je m'inclus dans le lot-), tandis que sur d'autres on crie au fanatisme, à l'intégrisme. Cela permet de se poser en victime, de la censure entre autres, de moralisateurs, pour ne pas avoir à répondre ou argumenter face à un contradicteur (ce qui montre en passant que le contradicteur met dans le mille bien souvent).Cela prouve aussi que l'on n'est pas du tout sûr des valeurs auxquelles on croit réellement ; si une seule remarque implique une réaction violente c'est que l'on n'y croit pas, que c'est une posture, que l'on est comme les autres, des suiveurs.

    Ensuite, on aime la liberté, pour soi, mais on censure pour de bon celui ou celle qui ose ne pas être du même avis ;  ce qui se conçoit certes quand le commentateur insulte ou montre clairement son agressivité. J'ai l'impression, je l'ai déjà dit, que le débat politique se simplifie à outrance et que tout le monde se comporte finalement en consommateur, choisissant une pensée comme un produit et s'y tenant sans réfléchir de trop, ce qui pourrait déstabiliser son confort intellectuel (voire transformer en rhinocéros grégaire ainsi que le suggère Ionesco). Se faire peur c'est croire que l'on a une importance dans l'ordre du monde, que le pouvoir vacille sur ses bases en lisant ce que l'on écrit alors que ce ne sont que des piqûres de moustique au mieux, au pire on décore à la manière des pigeons en ville.

    C'est aussi que des personnes ayant vraiment des idées politiques, des idéaux généreux, le tout issu d'une réflexion personnelle, il y en a finalement très peu. De plus, quand le véritable totalitarisme, qui part du quotidien, de personnes qui ne sont pas des monstres extra-ordinaires mais totalement quelconques, pointe le bout de son nez sale, personne ne veut le voir. Il s'insinue doucement, s'impose sans bruit.

    Cet article n'est pas mal sur la liberté de dire les choses sur le Net

  • Le paradoxe de Voltaire

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    voltaire.jpgVoltaire , ce vieux parasite mondain persifleur est à la mode en ce moment, certains auteurs se prenant même pour sa réincarnation (en moins subtil cependant). J'aime bien cette opinion de Kléber Haedens (dont "l'histoire de la littérature française" est mon livre de chevet sur le sujet), écrivain devenu infréquentable à tort. Il est sévère mais assez juste :

    "Voltaire, conservateur, antidémocrate convaincu, il  plaît à la foule parce que ses idées sont simples, superficielles, correspondent aux vœux du plus grand nombre et s’expriment dans une forme alerte, vive et plaisante". Voltaire, ce fossoyeur de la prose française, cet homme absurde et borné qui a tari toute la sève de la langue..." Kleber Haedens

  • La rebellitude - à propos d'un article d'Elisabeth Lévy

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    naufrages2.jpgSur le Net, il y a un salon sur lequel je vais régulièrement qui est celui de "Causeur" d'Elisabeth Lévy car on y parle plus vrai qu'ailleurs et les discussions y sont souvent intéressantes, excepté le même genre d'intervenants que l'on retrouve partout qui ont besoin de défouler leur agressivité et leur vindicte de primates décervelés. Je viens de lire cet article d'Elisabeth sur la "rebellitude" qui est assez juste sur certains points mais il y en a cependant un que j'ai envie de discuter, Elisabeth Lévy écrit : “C’est à se demander pourquoi il est si important de lutter contre un ordre établi que personne ne défend”. Justement, personne ne le défend car personne ne songerait que l’on puisse le remettre en cause, il est acquis à nos yeux. Tout le monde l’acceptant puisque nous avons tendance à croire que nous sommes l’apogée de la civilisation humaine alors que nous n’en sommes peut-être qu’au début, et qu’il n’y a pas d’alternative à notre mode de vie, l’alternative n’étant pas forcément de gôche, ni forcément de droâte ou au Modem. De plus, vivant dans un perpétuel présent entretenu par la publicité, il ne nous vient pas à l'idée de réfléchir au but de cette société, si elle a en un encore, et sur ce qui reste des idéaux. Regarder une photo comme celle de gauche sera toujours plus facile que regarder la personne dans la rue. Ce genre d'images tellement émouvante permet à quelques uns de se donner le genre romantique révolté alors qu'au fond ce n'est que du conformisme bourgeois.

    Personnellement, je trouve hallucinant qu'il ne vienne à l'idée de personne, ou presque, de critique le système bancaire et financier, et encore apres_midi_chien.jpgplus étrange que personne n'attaque à la base le libéralisme économique (il ne s'agit pas de braquer une banque comme Al Pacino dans "un après-midi de chien", voir ci-contre) mais un système qui perd 25000 milliards de dollars depuis janvier 2008 est un système en échec. Ce n'est pas en développant de vagues promesses de moralisation de la vie économique (quelle bonne blague !) que l'on y changera quoi que ce soit ou en mettant en lumière quelques saints médiatiques dont ça n'enlève cependant pas le mérite. Certes, Augustin Legrand, en se faisant la barbe de Pierre Fresnay dans "Monsieur Vincent", en poussant une gueulante qui sent l'authenticité frelatée sur le plateau de Ruquier, fait rire, en plus ce qu'il propose c'est seulement de gérer l'urgence, et non de changer les structures, mais il essaie quelque chose par ailleurs, tout comme Soeur Emmanuelle, même si, comme le montre une de mes notes précédentes, il n'y a pas qu'elle au Proche Orient. Au bout du compte, "the show must go on", ça reste du spectacle pour amuser les serreurs de fesses effarés qui se font peur devant la télé et ont parfois des bouffées de chaleur, malgré leurs valeurs de gôche, devant les émissions de TF1 qui montrent des jeunes drogués faire du rodéo automobile dans leur cité.

    Bien au chaud.

    1330_0_b.jpegJe préfère le discours du psychanalyste et anthropologue Patrick Declerck (photo ci-contre) sur le sujet, beaucoup plus pertinent que les autres, comme il le dit, cela reste de la moraline et rien ne bouge vraiment. De plus, comme lui, j'en ai plus que marre de ce discours lénifiant sur les pauvres alors que ceux-ci sont tout autant marqués par la sottise de l'humaine espèce. Bien sur, ce qu'il dit, personne ne le relaie, car la vérité fait plus mal que deux ou trois belles déclarations bien creuses, ou une polémique un peu musclée qui fait que l'on parlera un petit peu encore de soi, grapillant de ci, de là quelques minutes de célébrité qui semble si fondamentale aujourd'hui pour exister, même sur du rien. Ce qui amuse chez la plupart des cloportes qui souhaitent absolument accèder à la reconnaissance du troupeau bêêêlant, c'est leur propension à jouer les rebelles, les révoltés, enfin des archétypes de rebelles ou de révoltés, tout en cherchant la planque la plus confortable, la niche la plus chaude, bien douillette. Un rebelle qui se planque comme dirait la Palisse, c'est plus un rebelle, c'est un cloporte. La facilité des cloportes pour attaquer ceux qui remettent réellement en cause l'ordre actuel des choses c'est de les soupçonner de jalousie ou d'une quelconque frustration, la plupart des ironistes ou des moralistes, des personnes lucides, de Swift à Léon Bloy en passant par Bernanos ou Orwell l'ont entendu, cette invective, finalement cela place l'insulté dans une lignée convenable. C'est une douce musique, cela prouve que ce que l'on dit touche au but, en plein dans le mille. Moi-même qui ne fait qu'un tout petit blog perdu dans l'océan des 82 millions d'autres qu'il y a sur le réseau (ouais je sais je fais mon modeste là), quand on me dit cela, j'ai toujours envie de rajouter des cuivres, un ou deux tambours et des cymbales à ma petite musique de chambre.

    PS : Les pseudo-rebelles en rajoutent souvent à la louche dans ce qu'ils appellent le "politiquement incorrect" (c'est-à-dire le fait de dire des énormités sans réfléchir souvent), sont contents de s'affirmer ni intellectuels, ni cultivés, des gens "simples" comme ils disent, comme si avoir un peu lu ou étudié était une tare.

    En bonus, la bande annonce d'"Un après-midi de chien", en ce temps là on faisait des films de genre qui faisaient réfléchir sans faire suer le spectateur...

  • Obama et MacCain ont la même marque de lessive

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    obama_mccain_boxing.jpgEn France, il paraît que les citoyens sont à 93% pour l'élection de Barack Obama. Ils sont d'ailleurs contradictoires puisque chez nous un candidat issu des "minorités visibles", comme le dit pudiquement l'expression, n'a aucune chance d'être élu à la magistrature suprême, et rarement à un poste moins important (quand cela arrive on rappelle tellement souvent d'où viennent ces candidats que ça en est presque suspect à force), tout comme une femme, on l'a amplement constaté, sans parler des femmes issues de ces minorités qui s'en prennent plein la figure. La gauche n'a absolument pas su occuper le terrain sur le sujet, je comprend très bien pourquoi Fadela Amara ou Rachida Dati ont foutu le camp à droite, elles en ont eu marre des grandes déclarations de principes.

    Cerise sur le gâteau, ce sont souvent ceux qui tergiversent sur ces sujets quant au choix des candidats dans notre beau pays qui soutiennent Obama. La plupart du temps parce que sa couleur de peau est noire et que cela permet de se faire passer pour un bon apôtre, c'est une attitude objectivement raciste, mais pas pour ses idées et encore moins pour ses compétences. Et aussi parce que c'est un candidat "sympa" à l'image lisse comme Kennedy, dont on sait que c'était une fripouille finie en politique et ailleurs.

    Certes, Sarah Palin est une "redneck" d'Alaska sans trop de jugeote, choisie pour son côté populaire et sa bêtise assumée et MacCain appuie un peu trop sur la corde "héros américain"....

    ...Mais Obama pense que Sarkozy est un grand homme d'état, Obama a eu l'idée de sa sécurité sociale à l'américaine juste après la crise des subprimes, coincidence, alors que son discours de fond reste profondément libéral. Obama est maintenant pour le retrait des troupes US d'Irak, suivant en cela les sondages, il ne l'était pas en 2005, il était même à l'époque pour l'utilisation des "mininukes" ou mini-bombes nucléaires en Afghanistan ("Time de Février 2005"). Obama a une com irréprochable donc. Enfin, s'il est en avance dans les sondages, il ne l'est pas au niveau des super-délégués, il n'en a que 7 de plus.

    Les gogos de tous milieux s'y laissent prendre. Ils devraient savoir que pour Obama la France c'est une toute petite ligne de comptabilité...

  • Augustin Legrand pugnace chez Ruquier

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    Bonne pub pour l'émission de Ruquier ou polémique intéressante ?

    Finalement, ce n'est pas le problème on donne 360 milliards aux banques seulement en France (qui ont perdu 25000 milliards d'Euros depuis janvier 2008), rien pour les sans-abris, rien pour les précaires. Le budget nécessaire serait seulement de 100 millions d'Euros pour loger tout le monde. Un société qui ne prend pas soin des plus faibles est une société de barbares, ni plus ni moins.

    Il y a un déni du gouvernement, un déni des responsables, des citoyens.

    Un mal logé, selon les statiticiens qui en donnent cette définition objective, c'est quelqu'un qui habite au maximum 9 m2 ou aspirant au logement (habitant à plusieurs dans des chambres des foyers), ou pas logé du tout.
    Selon la fondation Abbé Pierre, 3,3 millions de personnes sont « mal logées » en 2007.

  • L'ouverture de nouvelles chasses

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    C'est la saison où la chasse bat son plein. Afin de garder intactes les traditions, de nouveaux gibiers sont autorisés. De charmantes coutumes qui pouvaient disparaître sont maintenues.

    deliverance_l.jpgLa chasse aux cons : L'avantage de cette chasse est que le gibier ne manque pas ; le con prétentieux, vaniteux, imbu de lui-même, persuadé de son importance, le con objectif, la conne de salon, ou de basse-cour (que l'on cuisine au champagne ou au ouiski), tout cela pullule dans nos campagnes et nos villes. A un tel point que certaines municipalités s'en inquiètent et mettent en place des battues. Attention, le con est agressif, toujours. Il s'étonne toujours que le chasseur lui tire dessus après une agression. Ce gibier a pour particularité de provoquer lui-même la chasse; C'est une espèce nuisible. Le mâle con est persuadé que les autres cons nés avant lui l'étaient beaucoup plus que lui, la conne elle, le suit partout car les cons vont souvent par paire, trio ou groupes. Sur la photo de gauche en haut, la peur du chasseur est presque palpable devant l'agressivité du con.

    Cette charmante coutume nous vient de Picardie et a été instituée par le fameux sire d'Inchy qui lui pendait les cons sur place au lieu de les saler à domicile.

    deliverance_dueling_banjos.jpgLa chasse aux rurbains, ou "bobos des champs" : Le rurbain est un gibier apparu il y a peu. Comme il a mis de côté beaucoup de provisions pendant l'hivernage, il peut quitter son terrier des villes deux jours par semaine voire plus à la belle saison, pour rejoindre son terrier des campagnes. Le rurbain pense qu'à la campagne, il n'y a pas de bruit et que personne à part lui n'y vit ou n'y a vécu. C'est un gibier très dangereux pour les coqs de basse-cour, dont il exècre le cri, comme celui de l'âne dont il imite pourtant à la perfection les braiments quand il parle de l'authenticité de la campagne à la horde qu'il connaît en ville. Le rurbain croit que les êtres humains qu'ils croisent à la campagne marchent en sabots et qu'ils font du pain avec un four à bois. Cela permet aux villages où l'on trouve ce gibier de vendre plus cher les mêmes denrées qu'auparavant, car cette espèce s'apparente aux pigeons. Quand le rurbain se déplace gràce à un véhicule lourd à quatre roues motrices, la chasse aux rurbains s'apparente à la chasse aux cons. Sur la photo de droite, un jeune chasseur de rurbains raconte ses prises en musique.

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    Photo en bas à gauche : le roi des cons à la sortie d'un vernissage d'un peintre à la con mais à la mode

    On me demande : peut-on chasser le con en ville ? Bien sûr, je réponds là-dessus sans hésitation, le con pullule également en ville. Il pense que le monde entier lui est redevable de quelque chose, il est en colère car personne ne reconnaît sa beauté (il faut dire que le con des villes a une queue minuscule de plumes de couleur plantée dans le derrière qui lui font une très belle décoration pour la parade nuptiale, enfin aux dires de la femelle conne). Le con des villes reste une espèce agressive et dangereuse qui fera tout pour se faire bien voir du mâle alpha de la tribu, ceci afin d'entrer lui aussi dans la caste des mâles dominants, c'est une ruse commune du mâle alpha de lui laisser croire une chose pareille. La conne des villes est élevée en capitivité mais pour lui donner l'illusion de la liberté, on l'attache avec une laisse très longue, et le tour est joué. Enfin, le con est une espèce qui ne se fatigue jamais le chasseur doit être en bonne condition physique car tant de connerie c'est fatiguant.

  • Ceux qui se dévouent au Proche Orient

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    Neuve.jpgL'occasion faisant le larron, j'ai envie de parler au moins un peu de tous ces chrétiens et non-chrétiens qui s'occupent des plus pauvres au Proche Orient. Quand Soeur Emmannuelle est arrivée, ils étaient là, et ils le sont toujours. Et ils continueront à l'être.

    Parler d'eux, c'est bien sûr les aider à continuer, comme l'oeuvre de Soeur Emmannuelle, ce qui est encore mieux. De plus, la plupart des chrétiens du Proche Orient sont persécutés. Loin des "on s'aime tous", ils ont aussi besoin d'aide concrète.

    Les soeurs du Rosaire, un ordre enseignant de chrétiens arabes, né au Liban, de religieuses catholiques qui ont une tâche éducatrice et qui le font dans toute cette région, à destination des plus pauvres. Souvent, avec peu, elles arrivent à amener les adolescents qui leurs sont confiés au savoir et les conduisent à devenir des adultes responsables à travers d'un enseignement moderne en échappant également à l'influence du Hamas ou du Hezbollah ou de tout autre fou extrèmiste.

    Les frères et soeurs de Foucauld, qui étaient dans des tentes quand tout le monde l'était, dans des maisons "en dur" quand tout le monde en a eu. Cer sont souvent elles qui organisent les dons de médicaments et de nourriture vers Gaza ou la Cisjordanie sans rien demander en contrepartie. Pour celles que j'ai rencontré à Jérusalem, cela allait de soi d'aider les plus pauvres.

    Les soeurs de la Charité, dont celles qui s'occupent de l'institut Saint Vincent Ein Karem à Jérusalem, ou les soeurs de saint Joseph de l'Apparition qui travaillent à l'hôpital Saint Louis dans la même ville. A Saint Vincent, elles soignent et aident les enfants handicapés qui souvent sont rejetés par les familles car celles-ci ne peuvent les garder à charge. A Saint Louis, ce sont les malades en fin de vie (je pense par exemple à Sohane, atteint de sclérose en plaques, orphelin), ou incurables, en soins palliatifs. Ils ne peuvent aller ailleurs car cela est toujours financièrement inaccessible ailleurs pour eux quand leur admission n'est pas refusée pour des questions de paperasse.

    Et il y a bien sûr toutes les maisons de quartier pour les pauvres dont s'occupent les habitants de chaque ville palestinienne, jordanienne et égypitienne ou libanaise ou enfin israélienne.

    J'aimerais tant que l'on parle plus de toutes ces personnes, de ce qu'elles apportent, pour celles qui sont chrétiiennes, les chrétiens d'Europe sont des frères et soeurs dans la foi inconditionnellement : leur accueil, leur joie, leur sensibilité, leur délicatesse...etc

    photo : La "Porte Neuve" de la vieille ville de Jérusalem, frontière avec la nouvelle ville

  • Philip K.Dick : démiurge et loser magnifique

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    dick.jpgOn en revient toujours à ses premières amours littéraires, en l'occurrence pour moi Marcel Aymé et Philip K. Dick. Quand je sens monter en moi de la rancœur, de la désillusion, ou la tentation stupide de la jalousie, je pense à la vie de cet auteur, qui a toujours couru après l'argent, toujours fauché, à la fois mesquin, après ses divorces, et prodigue, qui n'a eu que vers la fin, juste avant sa mort, un peu d'argent grâce à l'adaptation de « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » soit « Blade Runner ». Ce n'est pas si grave de ne pas connaître les ors des salons et les conversations mondaines si l'on s'évertue à continuer de développer ses dons. Mais comme à notre époque, la célébrité même pour rien, même pour un crime, s'avère être le nirvana de la confusion des valeurs, l'on ne comprend plus cela. Et Internet y encourage, grouillant de génies méconnus en quête de la reconnaissance du plus grand nombre tout en se flattant de ne pas en faire partie. C'est normal de rechercher la reconnaissance du plus grand nombre, c'est légitime, mais ce n'est pas le but. Souvent le désir de reconnaissance provoque des bouffées d'agressivité nauséeuse et de haine rance qui ceux qui n'atteignent pas leur but. S'ils ne réussissent pas dans le domaine dont ils rêvaient ce n'est pas de la faute de leurs talents mais celle des autres, tous les autres, c'est la censure, ou alors on invoque le politiquement correct, qui a bon dos. Ou bien enfin, on trouve que le reste du monde est vraiment trop con.

    Philip K. Dick écrivait sans cesse, c'était vital pour lui, comme respirer, boire ou manger. Je ne sais pas si c'est l'addiction au blog mais pour moi c'est devenu important d'écrire chaque jour, et d'être un peu lu. Bien sûr, l'on accuse souvent cet auteur d'être un fou, un déjanté du fait de son originalité qui, de nos jours, se comprend par « ressembler à tout le monde en ayant l'air de ne ressembler à rien ». Qui est-ce qui est fou ? Le trader irresponsable qui risque le budget d'une nation pour s'en mettre plein les poches, ou celui qui sait faire preuve d'imagination et ouvre par celle-ci des portes sur l'univers et les autres. Cela ne fait pas très longtemps que les pseudo-réalistes, les gens raisonnables se sont imposés autant rejetant tous ceux qui leur semble être différents. Pour ma part, je ne suis pas vraiment un fanatique de mai 68 mais il y avait encore dans les années 70 et une bonne partie des années 80 des restes d'idéaux qui volaient un peu plus haut que le bitume, des utopies qui faisaient encore un peu rêver les adolescents.

    Le poster « Why », ou celui qui montrait un militant des Brigades Internationales fauché pendant un assaut, que beaucoup d'ados avaient dans leur chambre étaient peut-être un peu ridicule parfois, un peu naïf certes, maintenant il fait ricaner cyniquement ceux pour qui le but de leur vie est de se trouver une planque et de se faire du fric, ceux qui n'y arrivent pas devenant fous, un tiers des français souffrent d'affections psychologiques ; ceci explique peut-être cela. , mais maintenant, l'on justifie des guerres au nom de l'intérêt de l'Ouest et on tremble surtout pour son confort matériel et intellectuel. Il faut dire que maintenant les adolescents jouent à la guerre parfois cinq heures par jour sur l'ordinateur, la guerre c'est devenu cool, on apprend à la faire pour de vrai également sur consoles, et ils se fichent complètement de savoir ce qui s'est passé pendant la Guerre d'Espagne, de l'expérience de Catalogne à la communion de sensibilités parfois à l'opposé les unes des autres mais unies par l'amour de la liberté.

    354896508_f8841df857_o.jpgPour Philip K. Dick, le mal ultime, c'était une espèce de clone de Nixon mâtiné de Georges W. Bush, le fameux Ferris F. Fremont qu'il imagine dans un de ses romans, "Radio libre Albemuth", un de mes préférés. C'était la fin de la guerre du Vietnam, en attendant le débâcle de Saïgon, et la société préconisée par Nixon avant sa démission et par Ford ensuite, tournée vers l'argent, la spéculation à outrance, le commerce affranchie de toutes limites, mais puritaine et étriquée intellectuellement, notre société de 2008 en somme. Même si c'était à Berkeley dans la baie de San Francisco chez ceux que les réalistes ont considéré longtemps et encore maintenant comme des parasites poétiques, des personnes infantiles. Il faut bien reconnaître que ce sont les rêveurs qui avaient raison quand il décrivaient leurs cauchemars sur le futur possible du monde dans lequel il vivait. Et ce que vivent les personnages d'« Ubik », ou du « Dieu venu du centaure » ressemble beaucoup à ce que nous vivons. Le présent semble perpétuel, personne ne se soucie du passé, encore moins du futur, seul compte la satisfaction égoïste des désirs du moment, que ce soit une impulsion grégaire ou individuelle. Dick l'écrit en décrivant des mondes délirants et absurdes. Cela ne semble pas sérieux car peu savent vraiment percevoir le néant qui les agite, comme si ils étaient manipulés par un demi-dieu débile comme Philip K. Dick en imaginait. Lire Dick, se renseigner sur sa biographie, c'est aussi essayer de comprendre ce qui est réel, ce qui ne l'est pas, ce qui fait que l'on est vivant, et ce qui fait que l'on est déjà mort.

    site dickien

    Deux photos : Dick jeune, dans la maison que l'on retrouve dans "Confessions d'un Barjo", et un simulacre électronique de l'auteur ; je suis certain que l'idée lui aurait plu tout en l'effrayant.

    Ci-dessous un documentaire pas trop mal ficelé sur Dick

  • Le catholique est-il pudibond ?

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    chapelle-sixtine-vatican.jpgJe viens de lire sur un blog une remarque à propos d'un livre ("imprimé la nuit par une équipe de volontaires histoire d'éviter de froisser le kto")  qui me fait rire, suggérant que les catholiques sont d'ignobles pudibonds, idée reçue que l'on trouve un peu partout, des prudes hypocrites je vous le dis moi. Si certains le sont, pudibonds, cela n'a rien à voir avec leur foi mais avec les conventions sociales ou petites-bourgeoises sur le versant négatif de la chose, et d'un autre côté, on a également tout simplement le droit à la pudeur qui est aussi un respect de l'autre, une manière de ne pas l'agresser a priori (c'est la différence entre la sensualité, l'érotisme et la pornographie qui est une violence de fait, et une agression violente contre l'esprit et l'intellect). Selon moi la pudibonderie est une idiotie, un rétrécissement de l'esprit, comme celui de l'impératrice Eugénie qui faisait peindre ou sculpter des feuilles de vigne pour couvrir les toiles ou les statues classiques.

    Certes, personnellement, je ne suis pas exactement pudique (je ne tiendrais pas de blog dans le cas contraire), mais je ne me sens pas particulièrement pudibond bien que profondément catholique. Au plafond de la Chapelle Sixtine (voir ci-contre) le rappellerais-je, on trouve un grand nombre de corps nus et alanguis, tout comme dans les oeuvres du Caravage qui ornent les couloirs du Vatican, du Tintoret ou du Titien dont j'aime beaucoup les portraits de vénitiennes. Et je trouve que les écorchés de Fragonard (le frère), les toiles de Bacon qui exposent la chair torturée de ses modèles, la beauté des toiles de Goya (je frémis de jubilation intellectuelle et sensible rien qu'en évoquant "les jeunes" et "les vieilles"), les nus de Courbet (y compris "l'Origine du monde") sont remarquables, entre autres, et contribuent pour leurs spectateurs à moins stagner dans la médiocrité collective. Un croyant ne peut qu'aimer la beauté du corps humain, comme il ne peut qu'aimer la beauté de la création.

    Une histoire à ce sujet se relie au sujet de cette note : Des jeunes femmes et moins jeunes ont tourné pour Canal + six courts métrages pornographiques "soft". A écouter parler ces belles personnes si libres, si détachées des "tabous-judéo-chrétiens", Héléna Noguerra, Arielle Dombasle, en particulier, on sentait bien leurs réticences de jeunes filles de bonnes famille, et finalement leur pudibonderie réelle : les sex-shops, les films X des inventions de pays particulièrement puritains, on les voit comme une sorte de soupape de sécurité, ce qui est une erreur soit dit en passant. Ces "inventions" montrent que la sexualité y est perçue comme perverse, donc de manière puritaine, paradoxalement.

  • La réalité au bout du tunnel ? - La fin de "Life on Mars"

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    J'ai vu mardi la fin de la deuxième saison de "Life on mars", excellente série policière dickienne. Sam revient chez lui en 2008, mais tous ses amis en 1973 sont tués, sacrifice qui lui paraît nécessaire pour se réveiller de son coma. Cependant, une fois revenu, Sam s'aperçoit qu'il ne vivait qu'à moitié, et qu'il ne ressent plus rien perdu dans le vide d'une société hyper-technicisée qui tourne en rond. Il se jette du haut d'un des buildings ultra-modernes qui entourent le siège de la police et retourne dans les années 70. Il arrive à temps et sauve tout le monde. A la radio de la voiture de son chef, Gene Hunt, il entend avant de couper le son le chirurgien du monde réel dire qu'il "est définitivement parti". En passant en trombe, ils croisent des petites filles en cortège dont l'une sort du rang et éteint littéralement la scène suggérant que Sam est mort, ou qu'il est définitivement resté en 1973. Et la mise en abyme est ici hallucinante à mon humble avis.

    Qu'est-ce qui est réel dans l'histoire de ce feuilleton ? La vie en 2008 ou celle de 1973, on ne sait pas, c'est peut-être ni l'une ni l'autre, ou l'une et l'autre. Sam se sent plus vivant dans ce qui est pour les esprits cartésiens une fiction, un rêve. J'ai compris pourquoi cela m'avait si touché, le séjour de Sam en 1973 ressemble à mes deux ans au Proche Orient, je m'y suis senti plus vivant, dans une société certes plus violente, plus difficile, compliquée, mais plus humaine à tout point de vue comme il est possible ou probable que la vie était avant la prolifération des non-lieux dans le monde entier, de la perte du sens des autres et de la vie en général.

    Le générique de la série...


    Life on Mars - Générique
    envoyé par solid-snake56.

  • Les fonctionnaires en 2035

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    2724671959_520c54e002_o.jpgHerbert3AZ78 avait amené son sac à dos et une couverture dans laquelle s'enrouler afin de prendre place dans la queue gigantesque pour poster un courrier recommandé. Depuis le grand bug de 2013, les e-mails n'étaient plus sécurisés. La veille encore, alors qu'il consultait son ancienne boîte, il avait 5218 spams qui encombraient son courrier électronique. Il but un peu d'ersatz de café, le vrai était devenu inabordable à la suite du krach boursier de 2020. Deux vieilles dames passèrent vite devant lui et les autres "filants" (ceux qui attendent dans les queues), c'était les dames du guichet, elles se pressaient car suite à une loi de 2011 votée car le peuple la réclamait à cause des privilèges qu'il estimait exorbitants des fonctionnaires, si elles n'étaient pas bien à l'heure au travail, leur salaire était diminué de moitié. Si, par hasard, elles avaient plus de cinq minutes de retard, la police les penderaient pour appliquer la loi.

    Loin, bien au-delà de la poste, on apercevait un coin de ciel anormalement bleu, (des rayons spéciaux chassaient le brouillard persistant du à la pollution), au-dessus du quartier des riches, dont la plupart habitaient la pyramide dite "pyramide Delanoé" du nom de l'initiateur de ce projet, des privilégiés et de ceux pour qui le président de l'Europe, Jean Sarkozy, avait de la sympathie et de l'estime. L'on affirmait que Beigbeider en était à son troisième lifting extrême après son re-mariage avec Marion Cotillard. Thierry Ardisson animait cette année la "Star Academy" pour la neuvième année consécutive, il avait courageusement pris la suite de Nikos Aliagas suite à l'embrigadement de celui-ci dans un groupe terroriste chaviste italien. Le peuple aimait bien les regarder à la télévision d'état, celle qui vantait les mérites de la bulle Bouygues, une minuscule maisonnette en plastique dont l'image seule était pour les 23 millions de sans-abris comme la promesse du paradis. Quelques insultes fusèrent devant lui, une des dames du guichet était tombée, des "filants" la traitait de "fainéante", de "paresseuse", de "privilégiée", de "nantie". Comme par magie, les informations quotidiennes de 08h00 débutèrent juste à ce moment. Le président apparut, "qu'il est beau" chuchotaient des jeunes filles sales et en haillons, et des vieilles à la bouche édentée. Il dit qu362963920_44e7b3d229.jpg?v=0'il fallait encore faire des sacrifices mais que c'était nécessaire pour sauver l'économie. Il dit encore qu'il allait débloquer 370 milliards d'Euro-dollars pour le système bancaire, LCL, la BNP-Paribas-Banque Populaire et surtout pour la Caisse d'Epargne et de recapitalisation de l'économie.

    Toute l'assistance approuva avec un grand soupir de gratitude à l'endroit d'un président si bon. Comme il terminait son discours en affirmant qu'il reviendrait vite de ses vacances à l'Ile Maurice pour vérifier les résultats de sa politique, le peuple soupira d'aise encore. L'on disait : "le pauvre, il est si fatigué pour nous sauver", "C'est bien normal qu'il se repose". Ensuite, le visage du premier ministre, François Hollande, apparut et les regards se détournèrent de l'écran. Il parlait du dossier de l'insécurité maximum en banlieue suite à un concert de la tournée d'adieux de NTM, derrière lui l'on apercevait Marine le Pen, la ministre de l'intégration et de l'immigration. Elle avait au-dessus d'elle l'holo-robot qui lui permettait de refaire un lifting virtuel constant qui donnait l'illusion qu'elle avait encore 35 ans. A la fin du discours du premier ministre, ce fut au tour du porte-parole du premier ministre, Bruno Gollnisch de livrer au public les statistiques quotidiennes des professeurs tués ou blessés dans les lycées et collèges de l'Euroländer de France, personne n'écoutait, c'était tellement banal. Certains disaient que "de toutes façons, ils se plaignent tout le temps, ces feignasses".

    Pour calmer l'atmosphère qui devenait tendue, un roboflic appela un camion de "gaz du bonheur" dont les volutes roses se mêlèrent vite à celles du smog du à la pollution et tout le monde se calma, rêvant des temps légendaires de 2008, juste au début de la Grande Crise.

  • Mea Culpa sur Soeur Emmannuelle

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    Mea Culpa sur le dernier article peut-être un poil exagéré, c'est pas tant Soeur Emmannuelle que le battage autour qui m'agace. On parle beaucoup d'elle et on ne fait pas grand-chose de plus pour améliorer le sort des plus pauvres au niveau politique.

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  • La mort de Soeur Emmannuelle

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    Je m'excuse par avance pour tant de méchanceté purement gratuite aux yeux des gentilles personnes qui me liront, mais je préfèrai être franc...

    Soeur Emmannuelle est morte, c'est bien triste car elle a bien travaillé pendant des décennies au Caire pour les pauvres, le problème était qu'elle le savait et était tout à fait contente d'elle ce qui personnellement me gène toujours beaucoup. Il y en a d'autres qui s'occupent des pauvres, que l'on ne voit pas ou que l'on ne veut pas voir car ils sont moins valorisants, où qui sont pauvres mais entretiennent une richesse spirituelle dont d'autres sont incapables (ainsi ce couple âgé dont je parlais il y a peu, discrets, du tiers ordre de Saint François pendant quarante ans sans le dire parce que pour eux, l'Évangile ce n'était pas un condensé d'idées reçues "sympas" mais un chemin de vie). Il y a aussi les soeurs de Foucauld à Jérusalem et Gaza, que l'on ne voit jamais à la télé, qui ne montrerait jamais leurs bobines en long, en large et en travers à la télé, comme ces bons apôtres du genre que le troupeau bêlant trouve vachement sympa, tellement sympââ, car ça lui permet de s'excuser de sa propre médiocrité et de ses manques, et de ne pas changer puisque d'autres aident les pauvres à ma place, il y a toutes ces personnes qui agissent contre la pauvreté et l'iniquité sans s'en vanter, sans jouer du cor pour le montrer, parce que pour elles cela va de soi dans les mairies, les collèges, les lycées, les écoles.

    Et au Caire, comme à Jérusalem, comme à Aman, comme à Beyrouth, il y a tous ces libanais, ces palestiniens, ces jordaniens, ces israèliens, ces égyptiens dont j'ai pu constater la solidarité sans affectation, malgré leur propre pauvreté, leur sens de la fraternité qui pour eux va de soi. Pourquoi ne parle-t-on pas d'eux autant que de Soeur Emmanuelle ?

    Et le Caire, c'est loin, ça évite de voir la pauvreté en bas de chez soi. Au bout d'un moment, la prétention donne à celui ou celle qui en est victime de sortir quelques clichés vaguement humanitaires entre la poire et le fromage, "les pauvres sont teeellement plus simples" ce qui implique"Moi aussi je suis teeellement simple". On est tous frères le temps d'une belle phrase qui fait plaisir à l'ego, et puis ensuite on oublie le plus important, qui est dans les petits gestes conviviaux, attentionnés et délicats de tous les jours, ce qui implique il est vrai un zeste de sensibilité. La photo que j'ai choisie me semble parlante, on bosse pour les pauvres mais on est quand même contente d'avoir une médaille. Cela ne lui retire pas son mérite, allons, la médaille était une coquetterie. Cela prouve que la quasi-sainte était humaine.

    L'intérêt des belles déclarations creuses qu'elle faisait est que celles-ci ne sous-entendaient aucune exigence personnelle, aucune vraie rigueur avec les autres ou sa foi. Mais la voie étroite est plus difficile à emprunter. Pour Soeur Emmannuelle, pour moi et la plupart des êtres humains.

  • Gainsbourg est encore classieux - Sous-entendus mineurs

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    L'exposition à la Cité de la Musique m'a donné envie de reparler de Gainsbourg...

    C'est bien de partir de cette biographie de Gainsbourg qui n'est pas la plus scabreuse, la plus scandaleuse, la plus cul ou la plus musique. Elle englobe un peu de tout en renseignant sur le processus de création chez cet auteur, qui inspire, comme tous les gens d'esprit, et il en avait beaucoup. Il fait croire cependant à certains, artistes ou pas, qu'il suffit de dire des grossièretés, sortir des horreurs phallocrates et singer les libertins pour passer pour un "outsider", sans oublier la barbe de trois jours qui devient à la mode chez les penseurs actuels, ça fait génie incompris.
    Chez Gainsbourg, on se fiche du conjoncturel, de l'engagement, y compris libertaire de son époque (il refusa la traduction de "Hair"), par contre, on expose les tourments personnels les plus intimes : la laideur difficile à vivre (l'homme à tête de chou, la beauté cachée..., Docteur Jekyll et Mister Hyde), l'angoisse de l'amour que l'on entretient voluptueusement (ce mortel ennui, la chanson de Prévert...etc), les vertiges de la passion, l'alcool. Tout cela serait très commun comme thèmes sans le traitement qu'il réserve à ces thèmes. En parlant d'engagement le petit Lulu Ginzburg état à la fois un petit bourgeois balzacien et un poète du micro.
    Il chantait des chansons stupides et guillerettes quand tout allait mal, pleines de malheur lors des trop-pleins de bonheur. Comme tout les cyniques, Gainsbourg angoissait surtout. Pour lui, on repense à la citation de Swift que John Kennedy Toole met en exergue de "La conjuration des imbéciles": "Quand un génie apparaît en ce monde, on le reconnaît au fait que tous les imbéciles sont ligués contre lui". Gainsbourg était de la même espèce que Kennedy Toole il est vrai, de ces artistes sensibles de manière suraiguë incapables de s'adapter à un monde où dominent la médiocrité et la fadeur. Mais il y aussi le fait que parfois le imbéciles invoquent cette phrase pour expliquer leurs échecs : "c'est parce que je suis génial que je n'ai pas de succès". Gainsbourg n'était tout le temps un génie, il lui arrivait d'être très con, il revendiquait lui-même le droit à la connerie de temps en temps. Quand il pond des ritournelles pour France Gall, il ne se foule pas trop, encore faut-il avoir le talent d'atteindre cette simplicité. Il a dû recycler la musique des "coeurs verts"  et du "Jardinier d'Argenteuil" au moins une dizaine de fois, de "Je t'aime moi non plus" à "Tenue de soirée".

    Dans notre société, la reconnaissance c'est vendre des tombereaux d'albums, des quintaux de bouquins, des kilos de peintures, on oublie que Julien Gracq, par exemple, ne vendait que peu d'exemplaires à chaque livre. Ce n'était pas un écrivain "bankable" qui disait en plus des horreurs ensuite à la télévision pour se faire encore un peu plus de fric, quitte à se plaindre de ne jamais être invité. Mais plus tard, on se souviendra de Gracq pas des ex-informaticiens ou des philosophes en col claudine. Je pense que Gainsbourg était assez fin pour le savoir, de là son obstination à répéter que la chanson est un art mineur. A la fin c'était une épave, "le seul génie qui ressemble à une poubelle et qui aime ça" et ses chansons sombraient dans l'anecdote.


    Titre : Gainsbourg sans filtre | Auteur : Marie-Dominique Lelièvre | Editeur : Flammarion

    Ci-dessous une belle chanson avec Anna Karina (A propos ce sera quand que France Télévisions se décidera à sortir le dévédé de la comédie musicale "Anna" ?)

  • Une "Marseillaise" qui ne sera pas sifflée...

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    Finalement, pour les sifflets contre "la Marseillaise", ce que personne ne dit c'est que ça montre l'échec de la politique d'intégration des différents gouvernements depuis vingt-cinq ans au moins. C'est ce que les gamins qui ont sifflé sifflent finalement. Comme la mascarade patriotique qui s'en est ensuivie m'ennuie prodigieusement finalement, car c'est une manière de botter en touche et de ne pas poser les vraies questions, cette comédie, (cf "la Marseillaise" debout chez Ruiquier samedi soir ou chez Denisot), je préfère vous faire ré-écouter cette version...

    ...classieuse, non ?

  • Regardons un film porno ensemble

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    Je me suis dit, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre et un tiens vaut mieux que deux tu l'auras (ça ne veut rien dire je sais mais on a l'impression de réfléchir après l'avoir lu). Voici donc un VRAI film porno de sexe afin de doubler le nombre de mes visiteurs en toute démagogie et en racolant comme les autres (Non, je n'ai pas parlé de Cauet ou Julien Courbet).

    Oui, je sais, lecteur boutonneux, et toi aussi le lecteur obsédé qui va sur Internet pour télécharger des kilomètres de vidéos de fesses et de gesticules à en devenir migraineux, ce n'est pas drôle. Mais comme cela au moins, ce post reste moral.

  • Ce que ma chatte aime à la télé

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    tele_a_chat.jpgMa petite chatte, elle s'appelle Rififi, aime bien regarder la télé après avoir eu son quota de caresses du matin et de pâté puante (plus ça sent mauvais et c'est gluant, plus elle préfère). Bien sûr, elle regarde avec attention "Tom et Jerry", qui la fait rire quand même car elle a de l'humour, Tom lui rappelle un oncle. Comme elle est un peu politiquement correcte sur les bords, elle m'affirme que la représentation de la minorité féline est biaisée dans ces cartoons car Tom perd toujours. Elle aime bien aussi "Titi et Grosminet", bien qu'elle me dise que c'est aussi méchant pour les chats, mais ce qui lui plaît le plus c'est "Garfield", car cela se rapproche le plus de son idéal de chat (elle est encore trop jeune pour le voir comme un reproducteur, et de toutes façons, Garfield serait trop fainéant pour s'éxécuter). Les histoires sentimentales lui ont fait dire que les humains étaient comme les chats, les humaines ronronnent pour avoir un bon repas gratuit, l'humain leur accorde et ensuite ils tentent de faire des petits, mais elle a compris que souvent ce n'était pas la finalité première des êtres humains dans ce cas précis. Précisons en passant qu'elle n'a toujours pas compris l'usage de la fourchette, il lui semble plus pratique de se servir de ses pattes (note personnelle : c'est la deuxième chatte, et pourtant j'en ai beaucoup connu, aucune allusion graveleuse, qui fait comme ça. La politique l'intéresse, et elle regarde avec attention le journal télévisé, quand elle entend la musique qui l'annonce, elle ronronne. Cela lui rappelle les concerts félins à la pleine lune où l'emmenait sa mère pour rencontrer d'autres chats errants sur les toits d'Evreux. Comme tous les téléspectateurs, elle aime bien quand il y a plein de couleurs vives, de musiques, et que tout le monde est content quand l'être humain femelle qui est au centre vient de gagner de quoi s'acheter plein de pâtée. Elle comprend ça Rififi, heureusement que je ne lui laisse pas la télécommande, on serait tout le temps devant TF1. Ce qui me permet de relativiser est qu'elle préfère s'amuser sur les murs tendus de tissu de ma chambre, sur lesquels il est très amusant de s'accrocher et grimper ensuite presque au plafond en s'aidant des griffes.

    Note personnelle : Après-demain c'est la fête des chatons (pussycat en anglais comme on sait). Donc bonne fête aux pussycats en avance.

  • C'est la faute des bonnes femmes : note misogyne et de mauvaise foi

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    brain_f_minin.jpgAttention, cette note est parfaitement scientifique les filles. Donc, tout les problèmes, tout ce merdier, c'est la faute des bonnes femmes ainsi que me l'a dit un philosophe de comptoir rencontré au zinc du "Rendez-vous des chasseurs", Eugène, ivrogne officiel de la Croix Saint-Leufroy, bourg connaissant le record de France en matière d'accident de chasse.

    Écoutons le...

    "Déjà rien que Eve, bon, il y a un seul arbre dont elle a pas le droit de manger le fruit avec Adam, son concubin, mais voilà-t-y pas qu'elle lui demande quand même d'en manger, mais lui seulement, et pas elle, elle est pas folle. lui, Adam, c'est un bon gars, il veut même lui en garder un morceau, mais elle l'engueule et elle lui dit de tout manger, que ça fera rien, qu'il aura pas d'histoires, mais on connaît la suite. Quand Dieu les a pris, il y a un morceau de pomme qui lui est resté dans la gorge, et depuis, les descendants d'Adam ont les cordes vocales qui gonflent, ce qui fait qu'ils parlent bizarrement quand ils sont adolescents. Entre parenthèses, ensuite, on accuse Caïn d'avoir été méchant, mais Abel c'était le chouchou de sa mère, et quand un type paraît gentil comme ça, c'est souvent un inverti, une moitié de folle quoi. Et qui dit que c'est pas Abel qu'a commencé. Après, ben, qui c'est qu'a dû aller chasser le Mammouth ou le bison, c'est l'homme, la femme avait pas assez de forces qu'elle disait, alors qu'en fait, elle pensait déjà qu'à se pomponner et à s'acheter des godasses en cuir de stégosaure (c'était plus cher que du croco). Et pis après, ça a pas changé, l'homme y va plus chasser le Rhinocéros laineux ou le Mangemoile poilu (c'est très dangereux un Mangemoile poilu), il achète ça au supermarché en barquettes avec du plastique. Mais rien n'a changé maintenant. Elles ont demandé l'égalité mais elles l'ont déjà mais en fait elles commandent déjà et c'est passqu'elles travaillent qu'y a la crise".

    Eugène, merci, nous vous laissons là à vos considérations éthyliques.

  • "Funky Nassau" - Erikah Badhu, Paul Schaeffer et le Blues Brothers Band

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    Le film, "Blues Brothers 2000" était nul mais il y avait dans ce film quelques perles noires de soul comme on en entend peu, dont cette chanson avec Erykah Badhu, que l'on ne voit pas assez en France. Elle y joue la reine-sorcière du rythm and blues. Elle mélange le rap, le jazz, la soul, un rien de salsa cubaine et pas l'ersatz qui vient de Miami, et aussi les youyous arabes, dans une fusion jubilatoire. Que dire d'autres ? La chanson est trop courte, elle donne envie d'aller à Nassau, bien que ce soit un refuge de retraités américains friqués maintenant.

    So, Enjoy your Fonk !

  • Sans-abri chassé au petit jour - ça se passe à Evreux

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    A l'intention des lecteurs qui ne sont pas normands, je précise qu'Evreux est la préfecture de l'Eure, à 100 kilomètres de Paris, et que l'on y souffre politiquement de deux problèmes : le repli sur soi, le complexe vis-à-vis de Paris...

    Tous les samedis, à l'entrée du marché, j'emprunte comme d'autres le petit passage (du même nom) qui fait la jonction entre la rue et la place où s'installe les marchands de fruiits et légumes entre autres choses délectables, j'y croise un sans-abri avec qui j'ai fini par discuter au moins un petit peu quand je le vois. Il est discret, il n'a pas l'air de trop picoler, excepté de temps à autre un ou deux gorgeons de rosé quand il fait un peu trop froid, mais il n'est jamais ivre, et jamais agressif et son hygiène est aussi bonne que quelqu'un comme lui peut se permettre. Pour lui, je suis "le petit monsieur du samedi". Et en discutant avec lui, j'ai compris qu'il avait tout à fait conscience de sa situation, de la honte qu'il subit et du regard des braves gens. Ce matin, à 7 heures, la police municipale lui a demandé de dégager parce que sinon il serait embarqué par la police nationale. Ils lui ont dit d'aller dans un lieu d'hébergement d'urgence, le genre où les personnes, j'insiste sur le mot, sont traitées en animaux. Des habitants, dont certains ont "des valeurs de gôche mais que bon...faut pas déconner non plus" se sont plaints que ce sans-abri gêne leurs moments de détente quand ils vont au marché et qu'il n'aille pas avec le côté pittoresque d'un petit marché de province. C'est vrai, les pauvres ça dépare la vue quand on veut se détendre. Je compatis. Les pôvres gens !

    Je n'ose croire que parmi les gens qui ont demandé l'intervention de la police municipale il y ait des électeurs de gôche dont les valeurs (de gôche) sont la base du programme de la nouvelle équipe à la mairie. Je dois dire que "le petit monsieur du samedi" con-chie ces abrutis sans coeur, ces petits bourgeois sans âme pour qui la vue d'UN seul pauvre est insupportable même quand ils ont des "valeurs de gôche".

  • Saint Coluche au Panthéon des petits gros

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    Saint Coluche au Panthéon des petits gros comiques mais torturés

    coluche.jpgDepuis le film de de Caunes, « biopic » lisse et sans trop d'aspérités soutenu par son interprète, François-Xavier Demaison, on reparle de Coluche, des Restaus, de sa campagne à la présidentielle en 1981, et peu de son humour en fait. D'un côté on en fait un saint laïc, une figure inattaquable, de l'autre un histrion parfois lugubre, parfois pathétique, je me souviens encore de l'article de Christine Clerc dans « le Figaro », alors que maintenant elle l'encense se prétendant presque coluchienne (...de garde, ah, ah, ah suis-je donc spirituel). Je l'écoutais il y a vingt-cinq ans avec des copains de classe quand nous étions au collège, nous nous répétions ses blagues pas d'un humour d'une folle élégance, moins littéraires que Desproges, moins fines, mais qui faisaient rire souvent sans trop de prétentions. On avait tous regardé son « Droit de réponse » dont nous n'avions pas perçu le grotesque, pour nous c'était un adulte qui se déguisait et se moquait des gens qui se prenaient au sérieux, ce que nous avions également compris pendant sa campagne à la présidence. Son émission était bordélique, c'était souvent n'importe quoi mais ça nous suffisait. Je me souviens de celle où il a parlé la première fois des « Restaus du coeur ». Au début d'ailleurs, l'idée était certes de nourrir les pauvres, mais aussi et surtout de frapper du poing sur la table et provoquer une réaction des gouvernants, réaction qui n'a pas eu lieu, ceux-ci se satisfaisant maintenant de l'institutionnalisation des Restaus qui suppléent à leur incompétence en matière sociale, ou à leur cynisme maintenant carrément affiché, et à l'indifférence profonde du reste des bonnes gens qui finalement s'en foutent des pauvres.

    coluche_07.jpgJe me fous un peu que Coluche ait pris des drogues, ait bu un peu trop d'alcool ou se soit laissé aller à des beuveries voire des orgies. C'est un peu le problème de tous les créateurs qui sont tous des ogres qui ne veulent pas un ou deux verres mais plusieurs bouteilles de Champagne, qui ne mangent pas un ou deux huîtres mais douze douzaines. Personnellement, j'ai plus de tendresse pour les ogres que pour les gentils elfes qui chipotent sur la bouffe. Cela ne donne pas plus de talent, cela n'en enlève pas. C'est souvent trompeur quant au talent, son interprétation dans « Tchao Pantin », excellent film noir français et non classique platement filmé comme j'ai pu lire sous la plume de mon beau-frère maniaco-dépressif mormon, celui qui écrit dans les « Inrocks » toutes les semaines sa petite chronique à la fois méprisante et méprisable. Les autres films de Coluche, dans sa veine comique, ne sont pas si nuls qu'on l'a dit. C'était l'émanation d'une époque, en les revoyant dernièrement, j'ai trouvé qu'ils avaient un ton curieusement désuet de nos jours, un ton moins cynique que les comédies actuelles où l'on se croit obligé de faire de la dérision à trois francs six sous.

    Toute la révérence autour du personnage m'emmerde prodigieusement, et l'aurait certainement bien emmerdé. Cette révérence obligatoire c'est un peu la revanche des minables ordinaires ou des cuistres quotidiens, des enfoirés quoi, qui se ménagent leur petite place bien à eux dans un coin, leur antre confortable, et qui sont surtout bien obéissants envers les puissants et les riches, ceux qui disposent du pouvoir, qui ne remettent jamais rien en cause par peur de devoir abandonner leur planque. Il y en a pour dire qu'ils nous manquent et qu'il faudrait un nouveau Coluche (un nouveau Desprogres, un nouveau Le Luron...etc). Il était comme il était, avec son originalité, plus drôle au début qu'à la toute fin, au moment des émission sur Canal, « Coluche-Un faux » qui devenaient parfois franchement gênantes, pour lui, excepté les deux émission avec Denisot, l'une effectuée sous l'eau dans la piscine du Martinez et l'autre costumé en starlette aguicheuse. Et bien sûr, le mariage avec le Luron était un grand moment de foutage du monde qui était vraiment irrévérencieux et excellent. On est loin des types qui veulent faire rire, en ayant l'idée de changer le monde et de sortir des blagues concernées derrière : Je suis un comique mais je suis aussi un citoyen d'élite fédérant aussi bien les chrétiens de gauche dépressifs que les bourgeois bohèmes du Xème voire les libéraux-libertaires rurbanisés.

    jeanloup-sieff-coluche-paris-1985.jpgOn dit souvent que des humoristes comme Stéphane Guillon, Christophe Alévêque sont les héritiers de Coluche (comme ils sont aussi selon les médias ceux de Bedos, en viager quant à lui, mais aussi de Desproges qui s'en retournerait dans sa tombe). Ils sont bien fades au bout du compte et finalement totalement en connivence avec le pouvoir et les puissants comme d'autres. On oublie souvent en plus de parler de Choron quand on parle de Coluche, à mon avis bien plus impertinent et jamais là où l'on l'attendait. Ce n'est pas pour rien que Choron s'est fait courser par les huissiers toute sa vie et ne comptait plus les contrôles fiscaux. Maintenant les comiques ne prennent plus de risques, on passe à la télé, on montre son cul, on pète en direct, on rote ensuite (quelle audace !), on fait un film drôle visant la cible des ados décérébrés post-pubères, ensuite on fait son film sérieux et on finit chez Arthur à ricaner d'un type qui glisse sur une merde dans son jardin. Bien sûr, on ne se risquerait pas à mettre les pieds dans le plat pour de bon. Les « colucheries » des descendants se sont normalisées, même « les Nuls » ou « les Robins des bois ».

    Seulement voilà, prendre le risque de sortir du rang, en temps de crise, c'est moins bien vu. Le troupeau bêlant ne veut pas voir une tête qui dépasse. Il veut que tout le monde soit aussi conformiste que lui et ait les mêmes rêves étriqués : pavillon, chien, bagnole et pîscine gonflable dans le jardin de trois mètres carrés. Je ne sais pas, peut-être qu'un jour j'entrerai moi aussi au panthéon des petits gros....

    Ci-dessous mon sketch préféré de lui, "l'arabe philosophe"

  • Séries américaines à la loupe : "Shark" et "K2000"

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    J'ai peu de vices (rigolez pas), je ne fume pas, je bois rarement, je fleurte rarement, je vais à la messe tous les dimanches, je me confesse de temps en temps, mais j'adore les films cons et les séries débiles, pas tout le temps quand même sous risque de liquéfaction du cerveau, et plus c'est con plus ça me plaît parfois (le genre de film de SF post-apocalyptique dans la banlieue de Los Angeles où il y a toujours un albinos qui connaît pleins de secrets millénaires, souvent cest un afro-américain albinos). J'ai donc revu des épisodes de "K2000" et j'en ai regardé un de "Shark". (Note personnelle : Je le précise à l'attention des cons et non-comprenants, cette note est au second degré).

    k2000.jpg"K2000" raconte donc l'histoire d'une "Fondation", la fondation Knight, dirigée par un seul type, on ne voit que rarement le reste du personnel, Devon, qui officie aussi dans un QG roulant où se trouve la voiture parlante et intelligente qui est la monture du héros (au sens de véhicule, n'est-ce pas) et son copain d'aventures, K.I.T.T. La Fondation emploie Kitt et Michael Knight, le héros, joué par David Hasselhof qui excelle dans le brushing et les expressions stéréotypées, afin de traquer les méchants qui échappent à la police et suppléer aux défaillances de la justice qui est composée de gauchistes corrompus et débauchés ainsi que le laisse entendre Michael très souvent, comme chacun le sait. Kitt est retapée par Bonnie, une mécano qui s'y connaît drôlement bien en électronique. Sa voiture fait plein de trucs, elle peut piloter un hélicoptère à distance, elle va à plus de 130 miles à l'heure (c'est ahurissant !), elle peut éjecter les méchants avec un siège éjectable et elle a un bandeau rouge qui fait le même bruit que celui des cylons dans le premier "Galactica", le plus kitsch. Michael parle souvent à sa voiture qui est taquine et pleine d'esprit. Dans l'épisode que j'ai regardé, notre héros se faisait passer pour un méchant, mais en fait c'était pas vrai, et le vrai méchant il le savait bien (Faut dire que David Hasselhof joue comme un pied) mais il le laissait faire pour voler un virus super-dangereux qui est dans une bonbonne de gaz.

    "K2000" était débile mais infiniment moins ennuyeux que "Shark" et moins prétentieux. Encore maintenant, au deuxième degré, ça a au moins le mérite d'ètre rigolo contrairement à "Shark" ci-dessous.

    shark.jpg"Shark" surfe sur la mode lancée par le "Docteur House" ("House MD" en anglais), série qui est infiniment supérieure que ce soit au niveau des personnages, de la psychologie, de l'esprit des dialogues. Sebastian Stark, "Shark" de son surnom parce que c'est un requin des prétoires, est un avocat célèbre qui défendait les criminels et qui a cru comprendre, comme le pékin moyen philosophe de comptoir, que la justice était laxiste et trop sympathique avec les méchants et que c'est pas bien. Il a donc décidé de devenir procureur. Il réunit une équipe qui est choisie par les producteurs pour son côté melting-pot "Benetton" qui permet de plaire à tous les publics, on y trouve un sosie de Chase (bôgosse friqué mais gentil quand même), un autre de Cameron (une jeune femme idéaliste) et le quota ethnique ce qu'est loin d'être Foreman dans "House MD", et la supérieure de Stark est un succédané de Cuddy en blonde. Alors que dans la série dont "Shark" est la copie-carbone, les personnages sont fins et humains, là ce ne sont que les archétypes que l'on veut qu'ils soient. De plus, Stark est certes un requin des prétoires, mais aussi un père maladroit divorcé qui essaie de communiquer avec sa fille, plus mûre que lui sur le plan affectif. C'est assez mièvre et donc plutôt gentillet au bout du compte. C'est en fait tout un courant de l'audio-visuel américain d'où vient aussi "Shark", le "courtroom drama", le genre d'histoires qui se passe entièrement pendant un procès ou dans une cour de justice et cela passionne visiblement les américains. Et James Woods joue James Woods tel que la rumeur publique imagine qu'il est dans la vie quotidienne.

    Ci-dessous une parodie de "K2000"

  • "Les temps modernes" de Chaplin - classique pour aujourd'hui

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    C'est mon film préféré de Chaplin. Il y évite les scènes de mélodrame pleurnichard des "Lumières de la ville", et le propos reste intemporel par le choix d'éviter les dialogues. La scène que j'y retiens est celle où ramassant le drapeau rouge d'un ouvrier qui refait la route, il devient malgré lui le meneur d'une manifestation de chômeurs, ces gens qui voudraient bien se lever tôt pour travailler plus stigmatisés par la sottise populaire. Il y a des classiques qui permettent de mieux comprendre ce que nous vivons, des romans comme "l'Éducation Sentimentale", ou "la Chartreuse de Parme", ce film ou "Citizen Kane" de Welles, ou enfin "la Règle du jeu" de Renoir et d'autres commes les diamants noirs des séries B des années 40 à nos jours.

    D'autres scènes du film dans les vidéos relatives...

  • Le précaire et les électeurs sarkozistes

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    emploi_precarite_Charb.jpgLe précaire enseignant dont il fût question parfois sur ce blog m'a donné quelques nouvelles qu'il me semble intéressant de livrer. On sait que depuis la rentrée, c'est 11300 postes de l'Éducation Nationale qui ont été supprimés, à commencer par ceux des plus précaires, à savoir les non-titulaires, ces enseignants remplaçants "bouche trou" objectivement licenciés donc sans préavis, car dans la fonction publique les contractuels n'ont aucun des droits des salariés du privé, pas d'indemnités de licenciement, pas d'Assedic. C'est une politique dite de rentabilité, moins d'enseignants devant plus d'élèves et les titulaires du concours qui exerçaient aussi des remplacements sont également sédentarisés . Ce précaire enseignant m'a raconté que pourtant dans son entourage, comme dans celui d'autres précaires, où l'on a voté Sarko au deuxième tour, on suggère que l'on ne veut plus de lui pour une raison ou une autre dont son incompétence, "on reprendrait quelqu'un qui est contractuel depuis huit ans quand même", oui si le monde où nous vivions était celui des Bisounours, c'est à peine parfois si l'on n'affirme pas que c'est à cause d'un vice caché ou d'une perversion. En fait, c'est à cause de votre vote sarkoziste chers électeurs du gnome surélevé, de votre incapacité à voir plus loin que le bout de votre nez, à réfléchir aux conséquences du bulletin que vous mettez dans l'urne. Lui, d'ailleurs, Nabot Ier talonnettes ne fait qu'appliquer la politique qu'il avait annoncée. Je n'ai pas d'illusions, ces électeurs sans cervelle continueront à voter qui pour des idées reçues qui leur servent de pensée politique, qui par bêtise ou simplement pour le louque du personnage. Il y aurait de quoi devenir cynique.

  • Des ailes trop grandes

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    Sur "A change is gonna come" par Otis Redding qui interprète ici le classique de Sam Cooke (site sur le chanteur)

    Le commun du troupeau bêêlant reproche aux créateurs d'avoir des ailes trop grandes qui les empêche de marcher comme les autres à la surface du sol, le troupeau a donc alors peur de ne pas être à la hauteur, d'être méprisé parce que les individus qui le composent ne comprennent pas ce qu'il gagnerait à en sortir, ça leur fait peur. Un des commentateurs de ce site disait dernièrement qu'il y a des cons objectifs, c'est tout à fait vrai, ils dominent le monde, et c'est selon leurs critères que l'on juge les artistes, les écrivains les musiciens, les cinéastes et les acteurs. On veut des créateurs qui parlent des gens du troupeau, qui disent qu'ils ont raison de suivre le chien de berger, qu'ils ont raison d'obéir à des règles absurdes, et que ceux qui ne le font pas sont des malades ou des déséquilibrés : complexe de Peter Pan, hystérie, inadaptation, accro à la drogue ou l'alcool, ce dont on les accuse est parfois vrai, mais leur talent ne se réduit pas à une pathologie. Le réduire à une patholige étant de toutes façons surtout une forme de jalousie en face de quelqu'un capable de sortir tout un univers de sa tête, ses entrailles, son coeur. Ce qui relativise cela est que les braves gens par contre n'admettent pas que l'on dise du mal sur le même ton des personnages qu'il idolâtrent ou de leurs gourous (du genre à sortir ce type d'arguments afin d'embrigader les jeûnes qui le veulent bien et filer avec la caisse quand son avidité commence à trop se voir).

  • Deux poids, deux mesures

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    300x170_74078.jpgLa banderole anti-chtis qui avait été déployée à un match du PSG par des microcéphales haineux était aussi conne et haineuse que les sifflets retentis hier au début du match amical avec la Tunisie. On nous a dit que tous les hymnes des visiteurs étaient sifflés, mais pas à ce niveau, pas autant. L'hymne n'est pas beau, ses paroles sont laides, mais c'est l'hymne de notre pays, la France, on doit donc le respecter quand on est invité d'un pays, tout comme l'on respecte son hôte ou son hôtesse, on n'imaginerait pas insulter le maître ou la maîtresse de maison en soirée en l'invectivant sur sa cuisine ou ses goûts en matière de déco. Certes, la plupart du temps les joueurs ne le chantent pas, et finalement ils sont quelques uns à se foutre de jouer en équipe nationale, mais c'est comme ça que ce soit une minorité ou pas qui siffle (hier ce n'était pas le cas). On a bien vu d'ailleurs que l'angélisme, les bonnes intentions et les idées sucrées ne donnent rien ; les joueurs tunisiens et français sont arrivés main dans la main comme dans une pub Benetton (on est dans l'antiracisme Benetton) mais le symbole n'a servi à rien.

    Quelques fois, il ne faut pas avoir peur de s'affirmer et affirmer son identité, cela n'implique pas forcément la haine comme on le dit trop souvent. Enfin je ne suis pas spécialement fan de Lââm mais aller jusqu'au bout des quelques couplets qu'elle avait chanté il fallait avoir des tripes.

    Etre pour le respect de chacun c'est l'être dans tous les cas de figure, je dis bien tous. Ce qui me désole est que les abrutis qui ont sifflé ont gagné en somme, vu la décision prise cette après midi. Inversons le problème, que se serait-il passé si c'est l'hymne tunisien qui avait été hué ainsi ? Et finalement tout cela ne serait pas si grave si cela ne soulevait pas une question sérieuse : les jeunes et moins jeunes qui ont sifflé ne se sentent pas d'ici. C'est le communautarisme qui s'impose peu à peu loin devant l'ancien contrat social.

    Le moment dont il est question

  • Saint Paul sur la morale chrétienne

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    paul.jpgJe trouve cette citation de Saint Paul parfaite pour définir vraiment la morale chrétienne (qui n'est pas un ensemble d'interdits ou de prescriptions arbitraires, des commandements juridiques, ou assimilable à la triste morale bourgeoise) :

    1 Co 6,12 : Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais moi, je ne me laisserai dominer par quoi que ce soit.

    "Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin d'en gagner le plus grand nombre. Je me suis fait juif avec les juifs, afin de gagner les juifs... je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns.

  • 320 milliards : que choisir avec ? Vaseline ou Charentes-Poitou ?

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    arsne_lupin_banquier_internet.jpgDepuis 2002 déjà, les gouvernements successifs qui se sont succèdés le disent tous : il n'y a plus d'argent dans les caisses, c'est pour cela qu'on licencie des milliers de fonctionnaires, y compris dans les secteurs clés (11300 dans l'Éducation Nationale à cette rentrée) et que l'on explique que l'on doit privatiser le service public. Hier, le gouvernement a promis de sortir 320 milliards pour aider les banques, à condition qu'elles ne se conduisent plus comme avant, tu parles. C'est très très vilain et de toutes façons on arrange les choses (Aux États Unis, après l'annonce du rachat des dettes d'une banque par l'État, les "executives" de cette banque se sont payés du bon temps au bord de la mer, en France ils réagiront pareil) . Par contre, au niveau des clients d'une banque, je n'en ai jamais entendu me dire qu'on leur ait proposé d'éponger toutes leurs dettes d'un coup de brosse.

    Au fait, Fillon et Lagarde ne nous avaient pas dit qu'un plan d'au moins 300 milliards étaient une rumeur fantaisiste ? Aurait-on pris le peuple pour un imbécile ?

    Le pire, le plus ahurissant, est la quasi-unanimité des partis politiques, les deux plus importants en particulier, PS et UMP, le Modem et les autres, sur le sujet : il faut sauver les banques. On n'arrive pas à sortir 3 milliards soient plus de 100 fois moins pour sauver les enfants qui crèvent de faim, on n'arrive pas à sortir 100 millions pour construire des logements sociaux, mais il faut sauver les banques. Comme celles-ci ne vont absolument pas changer leur comportement, en bout de course, le contribuable paiera mais pour le moment il ne l'a pas compris. Donc, je pose la question, que préférez-vous chers joyeux contribuables, happy taxpayers, dans les moments d'intimité avec votre banquier : Vaseline ou Charentes-Poitou ? (Note personnelle : je sais c'est grossier, mais c'est parlant)

    Pourquoi cette photo ? Au moins Lupin a de la classe...