vendredi, 24 octobre 2008

La réalité au bout du tunnel ? - La fin de "Life on Mars"

J'ai vu mardi la fin de la deuxième saison de "Life on mars", excellente série policière dickienne. Sam revient chez lui en 2008, mais tous ses amis en 1973 sont tués, sacrifice qui lui paraît nécessaire pour se réveiller de son coma. Cependant, une fois revenu, Sam s'aperçoit qu'il ne vivait qu'à moitié, et qu'il ne ressent plus rien perdu dans le vide d'une société hyper-technicisée qui tourne en rond. Il se jette du haut d'un des buildings ultra-modernes qui entourent le siège de la police et retourne dans les années 70. Il arrive à temps et sauve tout le monde. A la radio de la voiture de son chef, Gene Hunt, il entend avant de couper le son le chirurgien du monde réel dire qu'il "est définitivement parti". En passant en trombe, ils croisent des petites filles en cortège dont l'une sort du rang et éteint littéralement la scène suggérant que Sam est mort, ou qu'il est définitivement resté en 1973. Et la mise en abyme est ici hallucinante à mon humble avis.

Qu'est-ce qui est réel dans l'histoire de ce feuilleton ? La vie en 2008 ou celle de 1973, on ne sait pas, c'est peut-être ni l'une ni l'autre, ou l'une et l'autre. Sam se sent plus vivant dans ce qui est pour les esprits cartésiens une fiction, un rêve. J'ai compris pourquoi cela m'avait si touché, le séjour de Sam en 1973 ressemble à mes deux ans au Proche Orient, je m'y suis senti plus vivant, dans une société certes plus violente, plus difficile, compliquée, mais plus humaine à tout point de vue comme il est possible ou probable que la vie était avant la prolifération des non-lieux dans le monde entier, de la perte du sens des autres et de la vie en général.

Le générique de la série...

Commentaires

C'est la nostalgie d'une société non-formatée, où l'on pouvait encore parler et écrire librement sans se prendre un procès pour quelquechose-phobie, où l'on pouvait fumer sans se prendre une amende et où manger un bon petit plat était de la gastronomie et non pas un crime contre l'avenir de notre santé.

Les années 70, c'était l'espoir que le monde allait forcément devenir meilleur.

Ecrit par : Lily | samedi, 25 octobre 2008

Exact, c'est la raison pour laquelle j'aime beaucoup cette série très originale et très riche dans les thèmes et ce qu'elle inspire.
Et il y avait dans les années 70 encore des restes d'utopies, de rêves, autre chose que les désirs plats et tout petits du troupeau actuel. Il y avait moins d'obligation à la performance ou à rester au sein de la horde. C'est venu très vite la suite, je me souviens qu'à la fac, ça se voyait rien que dans les attitudes de ceux qui arrivaient après, de la génération juste après, ça avait déjà changé.

Ecrit par : Amaury | samedi, 25 octobre 2008

Moi, ce que j'aime beaucoup (si l'on peut dire), c'est le "crime contre l'avenir de notre santé". À défaut de ne pas être un attentat caractérisé au présent de l'intelligence, mieux vaut en rigoler.
Notre génération, qui prend de haut plus que de mesure celles qui l'ont précédé, n'a pas fini d'être la risée de celles qui suivront... qui n'attendront peut-être pas les affreux fonctionnaires de 2035 pour amorcer un retour salutaire à cette chose étrange que certains vieux croûtons appellent le réel...

Ecrit par : Michel | samedi, 25 octobre 2008

Je me demande jusqu'où il faut aller pour ce retour au réel. Pour l'instant, on n'en prend pas le chemin.

Ecrit par : Amaury | dimanche, 26 octobre 2008

Ecrire un commentaire