samedi, 04 octobre 2008

Chuck Jones - De l'influence des chats sur le Dessin Animé

CJimage.gifEn France, on aime bien être sérieux, passer pour quelqu'un de sérieux et grave, réfléchir sur des sujets que l'on croit profond, et l'on cadre bien toute réflexion comme "le cartoon c'est pour les gosses". C'est pour cela que l'on préfère par exemple, lire du Christine Angot ou croire que Sartre est un philosophe majeur. Certains critiques des années 50, 60, se sont pourtant risqué à analyser Tex Avery ou encore Disney, Robert Benayoun à "Positif" par exemple. On rpenait çà pour une marotte, une lubie, ce n'était pas très important mais comme les auteurs de ces textes étaient des types cultivés et intelligents, on leur passait cette excentricité. Dans les universités américaines on étudie Chuck Jones, Tex Avery, Fritz Freleng, vrai génie du burlesque, Robert Clampett ou Robert McKimson. On ne limite pas le genre aux expérimentations de Norman McLaren. Pourquoi donc leur humour fait-il encore rire plus de 60 ans parfois après la création des dessins animés ? Leur esprit est moins burlesque que Tex Avery, plus tourné sur un comique de mots, mais tout aussi caustique. Et puis, leurs bandes maintiennent la tradition du "slapstick" des années dorées du cinéma : de Chaplin à Mack Sennet.

"De l'influence des chats", c'est ainsi que "Chuck" (Charles M. pour les intimes, Chuck étant le surnom que lui donnait Tex Avery) Jones aurait pu appeler cette autobiographie qui ne se prend jamais au sérieux. En effet, c'est en observant son chat familier alors qu'il était enfant que Jones a eu envie de dessiner des animaux humanisés singeant nos travers et les tournant en dérision. En Amérique comme en France subsiste un grand mépris pour son art, comme pour la comédie il est vrai, que l'on réserve aux seuls enfants, d'ailleurs les studios d'animation français sont moribonds (malgré le vivier de l'école des Gobelins dont les diplômés sont obligés de s'expatrier aux Etats Unis ou en Angleterre, il suffit de lire les génériques des "Shrek" par exemple). Pourtant, ne serait-ce que pour la S.F. "Ghost in the shell" ou "Akira" sont tout aussi importants voire plus pertinents que "Minority Report" de Spîelberg, et bien que ce ne soit pas des oeuvres adaptées de Philip K. Dick, plus dickiens et Miyazaki est un classique instantané.
Norman%20Mac%20Laren.jpgL'auteur de ce livre, qui se réfère très souvent à Mark Twain, montre que le dessin animé est un travail exigeant, il fallait condenser une histoire, des gags qui aient un sens, dans six minutes de film, soit une bobine de l'époque, du fait de la pingrerie des producteurs de ces petits films pour qui produire "ça" était comme un affront. On notera quand même l'influence involontaire du premier de ces Scrooge, avant que sa boîte ne soit racheté par les frères Warner, sur les créations des membres du studio Warner d'animation, Leon Schlesinger, ne serait-ce que pour la diction et les défauts de Daffy Duck. D'ailleurs, les frères Warner finiront par fermer la "terrasse des termites" (le studio de cartoons) de Chuck Jones, Robert MCKimson et Fritz Freleng, et brûler trente ans de cellulos en 1962 pour cause d'aveuglement intellectuel sur le sujet.
Bien que faisant une grande part à toutes ces péripéties, Chuck Jones raconte sa vie, les tribulations de son père excentrique et son _40917499_whatsoperadoc.jpgapprentissage d'artiste au Chouinard Institute de Los Angeles, son amitié pour les scénaristes Tedd Pierce ou Mike Maltese, ancien gosse des rues de New York dont la vie est également savoureuse.

Sur des sites américains évangéliques et plutôt républicains consacrés aux jeunes, on peut lire que Bugs Bunny, voir la photo ci-contre, dans "What's Opera Doc ?", un des cartoons les plus délirants, serait en fait un homosexuel qui cacherait son jeu sous des dehors de rigolade, et serait responsable du pervertissement de la jeunesse américaine (comme "Bob l'éponge" lui aussi attaqué, mais comme c'est une éponge il encaisse mieux). Il est vrai que le lapin se déguise souvent en fille et adore faire des "french kiss" à ses poursuivants, dans la tradition du travestissement comique. Il serait temps qu'il convoque la presse ainsi que le schtroumpf coquet dont le goût pour les fleurs est suspect. On se dit aussi que le ridicule ne tue pas.

Photos : portrait de Chuck Jones, un cellulo de Norman MacLaren, un autre de "What's Opera Doc ?" que l'on peut voir en entier ci-dessous (d'autres perles à la touche "flèchée" en bas à droite).

Son site

15:51 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, société, mode, télévision | |  Facebook

Commentaires

Kill Da Wabbit !!

Écrit par : Elmer | samedi, 04 octobre 2008

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