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Féministe beauf et audace bourgeoise

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Le néo-feminisme, la pornographie et les audaces bourgeoises

CultBehind-the-Green-Door.jpgDans un "Libé" de la semaine dernière, j'ai lu un article d'une confondante profondeur (sans allusion salace merci) sur un duel entre le vagin et le clitoris, amenant à une conclusion d'une intelligence confondante là aussi : le nouveau féminisme c'est que les femmes sont clitoridiennes à 99% mais que bon ça n'empêche pas de se passer de toute autre position qu'il faut permettre aux hommes qui ne sont bons qu'à çà si j'ai bien compris. En gros, un homme c'est quand même mieux qu'un vibromasseur (vibres ô ma soeur ! Vibres-tu ô ton coeur ?). Les anciennes féministes rêvaient, elles le rêvent encore, de couper le phallus des hommes, les nouvelles, elles, rêvent d'en avoir un et de l'utiliser. Bref, les néo-féministes sont des lesbiennes hétérosexuelles. Parmi les tenants de cette nouvelle pensée, on trouve une fille qui a écrit un roman sur ses coucheries multiples et une autre qui, après avoir été critique de films pornos pour un magasine sexy pour routiers esseulés, écrit les scenarii d'une BD d'ailleurs rigolote. Les néo-féministes ne rêvent pas seulement d'avoir un phallus, elles rêvent aussi de picoler sec comme les hommes, (donc vomir ensuite, se bagarrer et se retrouver en cellule de dégrisement), insulter les arbitres aux matchs de foûte et boire de la bière en parlant politique au comptoir d'un quelconque café des sports ou rendez-vous des chasseurs. Cela m'a rappelé une pauvre petite fille riche qui emmenait ses prétendants voir "Basic Instinct" (pour le coup parfait exemple de fantasme masculin) pour juger de leur capacité à l'aimer.

Quand on parle à ces jeunes personnes des vraies victimes de la phallocratie, de la connerie crasse de salopards décérébrés qui compensent la petitesse de leurs génitoires par la violence, verbale ou physique à l'égard de leurs compagnes, elles évacuent l'argument d'un revers de la main : on ne doit pas victimiser les femmes qui savent se défendre maintenant. C'est ce que je ai lu dans le dernier numéro des "Inrocks" dans un article au sujet d'un livre sur "l'Amour dans les cités", article qui se contredisait et apportait une réponse glaçante : dans les cités une femme ou une jeune fille est une salope parce que c'est une femme ou une jeune fille. Certes, ce n'est pas circonscrit aux cités puisque ce raisonnement s'étend de plus en plus du fait des exh.jpgmédias, de la pub et des "modèles" de féminité véhiculés où celle-ci ne consiste qu'en la faculté de séduction, une séduction primaire celle-ci consistant surtout à mettre un string ou un pantalon transparent. Bien sûr, j'ai déjà parlé de ce que la connerie intégriste et barbue impose aux femmes, connerie qui n'est pas prête de s'arrêter mais qui croît et embellit.

La pornographie devient la seule référence en matière de sensualité, le parangon de l'audace : on analyse gravement tel ou tel film porno (les premiers passaient dans des salles d'"art et d'essai" au départ, comme le film de Jean-François Davy : "Exhibition", très belle arnaque intellectuelle soit-dit en passant, le tout pour mater un porno en se donnant un alibi en bref) en les reliant à telle ou telle oeuvre philosophique, en les accolant à tel auteur. Que ce soit les "pionniers du genre" comme Davy, justement, Benazeraf ou Francis Leroi, ils le disent tous, le fait qu'ils soient d'anciens gauchistes et qu'ils donnent à leurs bandes (si j'ose dire) un prétexte cul-turel leur permettait de vendre leur camelote. Il y a une seule exception dans tout ce fatras de pelloche, c'est "Behind the green door" qui n'est pas un film porno mais une véritable oeuvre érotique. A l'époque, quand les affiches aux titres explicites des pornos projetés encore dans des salles "X" fleurissaient dans Paris, les adolescents savaient bien le premier et unique but de ces oeuvres, je ne vais pas vous faire un dessin (si?). 

emmanuelle.jpgOn oublie qu'à la base, la pornographie est un point de vue hyper-violent sur la féminité, le corps des femmes et leur sensualité. Finalement, la pornographie c'est la haine des femmes. Et le fait que des femmes prétendent qu'elles aiment ça n'y changent rien, elles rejettent leur féminité car elles rejettent leur puberté et leur corps, comme les pornocrates sont au bout du compte des puritains. C'est de la psychologie évidente. Ce n'est donc pas une libération mais plutôt un enfermement supplémentaire et un rejet de la chair. Ce qui étaye mon raisonnement est que la plupart des "actrices" X ont été violées ou traumatisées dans leur enfance, et qu'un viol, quand la personne n'a pas été aidée, conduit au déni, au rejet de soi, à la haine de ce que l'on est. Bien sûr, ceux et celles qui s'extasient devant les "audaces" de ce genre de films traiteront ceux qui ne le font pas de frustrés, de coincés alors que c'est tout l'inverse. Faire l'amour parce que l'on aime l'autre, aimer l'autre pour son corps et son âme, est beaucoup plus épanouissant et que cet acte peut avoir un aboutissement qui en est l'apothéose qui est la naissance d'un enfant. La sensualité y est beaucoup plus belle car alors on ne nie plus son humanité (relire Fabrice Hadjaj et "la profondeur des sexes" à ce sujet, excellent livre sur la question).

Au bout du compte, le néo-féminisme c'est le vieux fantasme de la "bourgeoise BCBG qui cache bien son jeu et ne met pas de culotte"...

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