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lundi, 07 juillet 2008

De l'hypocrisie de certains cinéphages (ou bouquinophages)

mob1070_1136858333.jpgDans les conversations mondaines, en soirée, le cinéphage ou le bouquinophage se trouvent un tas de raisons pour parler de l'oeuvre de tel ou tel cinéaste qu'ils ont découvert tôt, tel ou tel auteur qu'ils ont lu à l'adolescence. Mais il oublie souvent de dire la vérité : s'il allait voir des films de Bergman ado ce n'est pas parce qu'il était sensible à la veine ibsenienne du réalisateur, non, c'est parce que dans "Le Silence", entre autres, très beau film, mais pour adultes, pas pour lecteurs du "monde merveilleux de Fripounet et Marisette", le cinéphile y est allé car on y voit des seins et qu'à un moment une des personnages amorce quelque chose de très sensuel (je ne t'en dis pas plus lecteur boutonneux car comme cela tu auras envie d'aller voir un film de Bergman et non "Saw XXIII" ou "American Pie 17"). Le cinéphage distingué dit qu'il a découvert Louis Malle suite à une remarque passionnante d'un de ses profs ou d'un adulte qu'il connaissait et prétend cine702.jpgqu'il y est allé par curiosité historique, tu parles, il avait envie de voir les formes de Jeanne Moreau. Le bouquinophage a fait de même quand il était jeune, il a feuilleté Appolinaire, Sade ou d'autres pour y trouver les scènes qui auraient pu satisfaire sa soif de découvertes. Après tout c'est en allant voir "Riz amer" de Giuseppe de Santis, honnête faiseur, pour les jambes de Silvana Mangano (voir photo ci-contre) que les cinéphiles des "Cahiers" ou de "Positif" ont découvert le néoréalisme. Et Fellini a eu envie de faire du cinéma après avoir vu les "serials" de "Flash Gordon" avec Buster Crabbe et des nymphettes courts vêtues.

Ensuite, le cinéphage ou le bouquinophage mûrit. Normalement.

Maintenant que la pornographie est accessible à n'importe quel enfant ou adolescent par un simple clic, ce cinéphage ou ce bouiquinophage passent pour des enfants de choeur innocents. A l'âge où l'un cherchait en catimini dans les bacs des bouquinistes les "Onze-mille verges" d'Appolinaire et que l'autre regardait en douce des conneries pseudo-ésotériques de Jean Rollin, la plupart des jeunes actuels ont vu au moins une fois un film porno, un vrai, bien crade. Finalement, les interdits auraient-ils du bon ? 

Commentaires

excellente question... & la réponse est dans la question !
je crois qu'ils stimulent l'imagination : ce qui fait tant défaut aujourd'hui

Ecrit par : Eric LOW | mardi, 08 juillet 2008

S'il n'y a pas d'interdits, où est le délicieux (et constructif) frisson de la transgression?
Pour les livres/films, tu as entièrement raison. J'ai lu pas mal de bouquins 'vachement durs pour son âge, dis donc' juste parce qu'il y avait des scènes (bien innocentes aujourd'hui) mais qui m'apparaissaient comme le comble de l'érotisme à l'époque.

Ecrit par : Lily | mardi, 08 juillet 2008

Moi c'était les films de Bergman. Les interdits poussent parfois à être plus curieux. Beaucoup de jeunes ont d'ailleurs de la sexualité une vision très...primaire.

Ecrit par : Amaury | mardi, 08 juillet 2008

c'est vrai que les films d'aujourd'hui sont surtouts faits par des PMFSCI ...

Ecrit par : blindtheseus | mardi, 08 juillet 2008

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