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dimanche, 06 juillet 2008

Cinéaste énervé : Georges Romero

Je me souviens d'une photo de John Carpenter dans "Starfix" faisant un doigt au photographe (c'est pas bien John, c'est pas poli). Après deux échecs commerciaux (et artistiques) il était revenu à des films d'horreur et des westerns de SF jouissifs, énervés et tapant dur sur les travers de la société actuelle : égoïsme, individualisme, matérialisme, docilité à l'arbitraire le plus stupide, consumérisme. Georges Romero n'a jamais vraiment essayé de se faire bien voir du système, même si "Zombies" ou "La part des ténèbres" sont produits par des "majors" (je le rappelle à l'intention des jeunes, des bayrouistes ou des scientologues qui me lisent, une "major" est une compagnie de cinoche industrielle qui produit des stalloneries à haute dose). Ces films ne sont pas des chefs d'oeuvre (je pense qu'il est moins bon que Carpenter personnellement sur le plan cinématographique ou Jesus Franco me diront des cinéphiles distingués) mais c'est tellement jubilatoire du point de vue du défoulement de voir un "yuppie" se prendre un pieu dans le coeur ou un libéral-libertaire une rafale de mitrailleuse dans la tête, au second degré bien entendu. Cronemberg s'est un peu perdu quant à lui dans des films très cérébraux parfois, ou simplement roublards, mais dont aucun ne retrouve la puissance de "Crash" d'après le roman de Ballard.

PS : Je sais ce n'est pas bien de dire ça mais j'ai toujours aimé le cinéma fantastique et/ou de SF de série B relevant de ce genre là, c'est-à-dire proposant des films qui sont aussi des satires, des fables ou des oeuvres qui font réfléchir, qui ont un fond donc (le tout sous l'influence,  du moins au début, des "EC comics" des années 50 comme "Tales from the crypt"). Et ce fond s'est perdu, les films fantastiques actuels favorisent surtout une cruauté sans limites chez ceux qui les regardent et n'aident en rien à développer leur lucidité. 

Ci-dessous une interview au sujet de son dernier film