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vendredi, 04 juillet 2008
Trois choses sur une femme libre
Je m'appelle Ingrid Betancourt, j'ai quarante ans, je suis mère de deux enfants. Je suis aussi sénateur dans mon pays, la Colombie.
Je dois beaucoup à la France. J'y ai fait mes études. Ce livre écrit en français, est pour moi une façon de maintenir ce lien. Je voulais raconter mon combat au pays qui m'a appris la démocratie et la liberté.
Vous savez combien les cartels de la drogue, cette drogue qui ronge nos enfants, sont puissants chez nous. Vous entendez parfois parler des tueries et des scandales politiques qu'ils provoquent. Mais derrière ces organisations mafieuses, il y a mon peuple, un peuple courageux et fier qui veut sortir de cet engrenage infernal. Depuis maintenant dix ans, je me bats pour lui.
C'est dangereux. Mes enfants ont été menacés, j'ai dû me séparer d'eux pendant trois ans, et je risque de les voir partir à nouveau loin de moi. A deux reprises, la mafia a tenté de me tuer. Je suis consciente du danger, mais il ne me fera pas reculer. L'espoir est là.
INGRID BETANCOURT
Hier, j'ai écouté la radio toute le matinée au sujet d'Ingrid Bétancourt, du journaliste qui a écrit un livre avec elle, à ses enfants, en passant par différents politiques. Tout a été abordé, de ses combats à sa foi, j'ai pu lire sur certains sites que la foi d'Ingrid avait été occultée par les médias, c'est faux, il en a été question à de multiples reprises sur l'antenne d'Europe 1. Il y a trois grandes choses qui se dégagent de ce que j'ai entendu : les combats de cette femme, sa foi et aussi l'espérance qu'elle redonne.
Elle combattait en Colombie les ravages de l'économie libérale sans contrôle (tout cela est dans son livre aux éditions pocket) : un ghetto de riches ultra-sécurisé au centre de Bogota entouré de centaines de milliers de pauvres et de sans-abris s'entassant dans des barre de béton ou des bidonvilles (c'est aussi une allégorie "en dur" de notre monde), un chômage endémique, l'absence de structures d'aide aux plus pauvres ou de service public, la corruption induite par le trafic de drogue par lequel tous les hommes politiques sont corrompus, y compris Alvaro Uribe, un temps plutît satisfait de l'enlèvement d'Ingrid Bétancourt, et les FARC, qui sont en fait une mafia de truands et de minables escrocs sans aucun idéal. Leur conduite à l'égard d'Ingrid montre que ce sont de sinistres brutes, ainsi qu'est l'homme quand il se laisse aller à la barbarie.
Ses combats pour la liberté, la paix et la justice, elle les menait en étant soutenue par sa foi brûlante et le feu de son coeur. Elle ridiculise instantanément toutes ces femmes politiques françaises qui se compromettent allègrement qui avec un système inique, croyant changer les choses de l'intérieur, comme Madame Boutin, qui en étalant son narcissisme, telle Ségolène dont la sortie sur Sarkozy, même si elle a raison sur le fond (Douste l'a dit ce matin), n'est pas à la hauteur. Elle ridiculise tous ceux qui se contentent de peu, qui nous disent de ne pas avoir peur de l'argent, qui nous disent d'accueillir les étrangers alors qu'ils ne sont pas foutus de dire bonjour à ceux qui leurs sont proches. Elle fait largement prendre conscience des petitesses des préoccupations intellectuelles et spirituelles des français, croyants ou non. Enfin, elle ne s'attaquait pas seulement à quelques symptômes de l'immoralité foncière de notre système, mais aux causes profondes en allant plus loin, beaucoup plus loin que les idéologies ou les questions de parti.
Sa foi lui a permis de tenir bon et de ne jamais se conduire ainsi que l'attendait ses bourreaux qui auraient voulu la rabaisser au rang de bête et lui nier son humanité. Elle a réalisé ce qui est l'idéal chrétien le plus élevé ; donner sa vie pour ceux que l'on aime et auxquels elle n'a jamais cessé de penser. Sa foi me rappelle celle d'un prêtre colombien que je connaissais à Jérusalem, qui allait vers les autres sans cesse, sans mièvrerie, sans sensiblerie, ne se contentant pas d'asséner des certitudes ou de belles phrases creuses, mais vivant sa foi, soutenu par une spiritualité sans failles. Il ne se contentait pas de beaux gestes qui font joli devant le miroir.
Elle redonne de l'espérance, elle donne de la beauté au monde. Le monde n'est pas perdu...
Ce qu'elle a dit dés son arrivée :
“Merci à Dieu et à la Vierge… Oui, ce moment dont j’ai tant rêvé, j’en rends grâces d’abord à Dieu et à la Très Sainte Vierge, que j’ai vraiment beaucoup priée pour ma libération… J’en rends grâces ensuite à vous tous, ici présents, parce que vous avez si longtemps prié pour moi et les autres prisonniers, comme je priais moi-même ce matin pour qu’une libération au moins soit possible aujourd’hui…”
12:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, société, religions, christianisme




















Commentaires
extrait de la lettre d'Ingrid
Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux.
Ecrit par : Simon says | samedi, 05 juillet 2008
Et alors,? Cette femme est belle par sa foi et son héroïsme...
Ecrit par : Amaury | samedi, 05 juillet 2008
Je suis très content aussi.
Ecrit par : Charlie | samedi, 05 juillet 2008
Il est bon que l'actualité soit rafraîchi de temps en temps, et si possible vidé de ses infos " trash " qu'achètent les prols consacrés à ces artistes bobos de merde & de plus multi-millionnaires à la ...
Ecrit par : Kathy | samedi, 05 juillet 2008
Tous les artistes ne sont pas assimilables à des bobos. Comme multimillionnaires abusifs il y a pire, ce sont les sportifs.
Ecrit par : Amaury | dimanche, 06 juillet 2008
Attention à ne pas tomber dans le panneau. Si Ingrid a (re)découvert la foi dans le contexte de sa captivité, je m'en réjouis. Cela ne fait pas ipso facto d'elle la solution pour la Colombie. Si vous souhaitez, je détaille. J'observe qu'à Paris, elle adore Chavez et commence à fustiger son libérateur...
Ecrit par : phiconvers | lundi, 07 juillet 2008
Je ne fais pas d'elle une sainte, c'est une bête politique, nous sommes d'accord. moi c'était la conversion qui m'intéressait, enfin, me disais-je devant ma télé, enfin un souffle. Et curieusement à ce sujet , les plus hostiles à la conversion d'Ingrid sont ses enfants qui lui ont dit de "ne plus se conduire en grenouilles de bénitier".
Ecrit par : Amaury | mardi, 08 juillet 2008
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