mercredi, 02 juillet 2008
Toute sa vie dans une valise
Ceux qui me connaissent hocheront la tête avec douleur, ils comprendront. Les autres découvriront la vérité avec stupeur : je ne suis pas patient dans une file d'attente (à ma décharge, il y a quinze ans, un soir, j'ai attendu quelqu'un quatre heures et là j'ai épuisé toutes mes réserves), donc j'ai tendance à m'impatienter très vite et à balancer une ou deux vannes bien senties (des élèves d'un lycée me surnommaient "le sniper" pour cette raison). A la poste, devant moi, et devant une vieille dame et une jeune mère de famille pendue à son portable, il y avait un type avec deux sacs à provisions à carreaux bleus et blancs, et une grande valise à roulettes. Il parlait à la guichetière de ses petits problèmes, de sa vie, de ses lectures, des gens qu'ils rencontraient, et ça n'en finissait pas, et puis j'ai vu qu'il regardait si ses sacs et sa valise étaient bien là à peu près toutes les dix secondes. Cela m'agaçait mais j'ai fini par comprendre : toute sa vie était dans les deux sacs et la valise, c'était normal qu'il y fasse tellement attention. Il y a de plus en plus de personnes en France dont la vie se tient dans si peu de choses. A la sortie, j'ai vu une grosse conne, une espèce de petit pot à tabac en veste autrichienne, lui prendre la tête pour trouver du travail car pour elle, "ce n'était qu'une question de volonté". C'est bien connu, les mendiants ce ne sont rien que des fainéants. La photo est prise sur les quais de Seine, non loin de "Paris Plage", sous la plage, la misère...
14:10 Publié dans En passant... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, société, littérature |
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