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  • Les deux recruteurs

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    manipul2.jpgTout à l'heure, à un carrefour d'Evreux, en face du café où je me trouvais, je pouvais observer deux garçons enchemisettés de blanc, chaussés de mocassins noirs à glands, cravatés tous les deux de rouge, le même sac au dos sur les épaules, contenant plusieurs numéros de la bonne parole de leur gourou, essayer d'arrrêter les passants et de les intéresser afin de remplir, je suppose, leur quota d'embrigadement mensuel de pige...brebis qui étaient égarées. Je ne savais s'ils étaient témoins de Jéovah ou scientologues. Comme dans toutes les sectes, ils marchaient par deux, l'un surveillant l'autre, vérifiant que sa foi ne flancihit pas. Ils avaient visiblement envie de s'installer à la terrasse du café et de boire un truc bien frais en lisant, ou en discutant. Ils se jetaient alors de petits regards à la dérobée qui voulaient dire "si on flanche tous les deux, ce serait plus simple". Mais le bourrage de crâne était le plus fort. Dans les pays où les types dans leur genre sont majoritaires, boire un pot à la terrasse d'un café est quasiment un geste subversif, tout comme lire un livre en prenant le soleil. Je me souviens de ces juifs "loubavitvh", par exemple, qui priaient pour le salut de notre âme égarée -nous buvions de la bière et d'autres boissons du diable- à la sortie des cafés de la rue Ben yehuda les jours de shabbat...

  • "Valse avec Bachir" - Ari Folman

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    valse_avec_bachir_3.jpgJe viens de voir ce film étonnant qui aurait bien mérité une récompense à Cannes, en tout cas largement plus que le guimauve et frelaté "Entre les murs" bien sûr plus optimiste sur la nature humaine, c'est plus confortable. A la fin de ce film, devant les images de Sabra et Chatila j'ai eu cette réaction épidermique : l'être humain est un porc qui se laisse aller aux pires exactions la plupart du temps, quand on le laisse agir sans contraintes ; l'être humain est lâche quand il s'agit d'empêcher un massacre, il se cherche des excuses et ne pense pas aux conséquences, il se donne un chef ce qui lui permet d'abandonner toute responsabilité, il se pare de belles intentions, d'idées splendides et généreuses voire blasphème en invoquant sa foi pour tuer toujours plus. Je me pose aussi cette question : Comment peut-on croire en l'homme après le meurtrier XXème siècle ? A la fin j'ai pleuré de rage et de dégoût devant tant de bassesses, ainsi que je me rappelle l'avoir fait après avoir visité les champs d'un village palestinien, des tomates, des vignes, des oliviers et deux orangers, détruits par l'armée israélienne au bénéfice de colons stupides, ils ne voulaient pas croiser les palestiniens sur les mêmes routes et les bulldozers avaient tracé la nouvelle route, leur route, au milieu des cultures, ces cloportes venant d'Amérique s'installaient à Bethléem près de la pseudo-tombe de Rachel, qui n'est qu'un mensonge pour justifier l'avidité de débiles ignorants. Tout cela ne devrait pas être négociable.

    valse_avec_bachir_4.jpgL'être humain ne veut pas voir le réel qui le dérange, ne veut pas voir la pauvreté, la guerre et le malheur, je me souviens de tous ces gens qui doutaient de nous quand nous leur racontions les conditions de passage des 3000 ou 4000 palestiniens qui traversaient le passage d'Erez à Gaza chaque jour, à ceux-là j'aurais voulu leur mettre le nez au-dessus du seul chiotte à la disposition de ces "invisibles" en transit. Les peuples entourant Israèl ne sont pas en reste, tuant les civils, massacrant à coup d'attentats suicides, pervertissant des idéaux et des croyances, embrigadant des enfants (comme ce gosse tenant un lance-roquettes que l'on voit dans ce film). Et j'aime bien Israèl, d'ailleurs ce film montre cet Israèl que j'aime, libre, intelligent, riche de cultures passionnantes, celui de Tel Aviv et Haîfa, de quelques rues à Jérusalem, car ailleurs la connerie y règne en maîtresse quasi-absolue, quel que soit le quartier, accompagnée de la haine, l'égoïsme et l'aveuglement. Le choix de l'animation pour 99% du film est absolument pertinent car le 1% restant n'en est que plus fort et l'oeuvre n'est plus seulement un documentaire, elle va beaucoup plus loin.

    valse_avec_bachir_5.jpgEt finalement, ce film dit bien qu'il n'y a jamais eu, qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura jamais de "guerre juste" quelle que soit la cause mais que tant que l'être humain foulera cette terre, il y aura encore des guerres. Le réalisateur et narrateur du film, qui recherche ses souvenirs sur la guerre du Liban et les massacres de Sabra et Chatila a curieusement des faux airs de Philip K. Dick, dont une des oeuvres, "A scanner darkly" vient d'être adapté dans un film un peu dans le même esprit. "Valse avec Bachir" est aussi intéressant que "Persépolis"; Ce sont des films qui m'aident à comprendre et aimer un peu plus ce qu'il y a de beau à aimer au Proche Orient, dans ces pays qui sont mes terres saintes car je m'y suis senti enfin chez moi. Je m'y suis senti chez moi de par la sensibilité à fleur de peau des palestiniens comme des israéliens, des peuples bien loin des petites préoccupations nombrilistes des peuples occidentaux qui veulent surtout continuer à boire, baiser et bouffer sans se poser de questions ni éprouver de remords, sans culpabilité, comme le verrat dans sa bauge et qui ne voit pas, qui ne veut pas le voir, le monde qui change, les gens qui meurent de faim et de pauvreté, la planète progressivement détruite, et qui continuent à danser au-dessus du volcan qui gronde. 

    en photos : des moments du film 

    La bande-annonce ci-dessous

  • Catholiques et libéraux

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    Mettons que cette lettre est une forme d'hommage aux soixante ans de la mort de Bernanos (qui était fondamentalement opposé aux "bourgeois amoraux" et à leur "moralisme de cotillon" ainsi qu'à la conception utilitariste de l'Eglise de Maurras, celle-ci n'étant plus considèrée que comme gardienne de l'Ordre Social bourgeois, cela va sans dire) ...

    Aujourd'hui, personne ou presque ne remet en cause le libéralisme économique, de la gauche à la

    familistere-godin-02-160408.jpg

    droite, de Le Pen à Delanoé, y compris De Villiers et Boutin, la plupart des politiques s'y soumettent (et comme je l'ai déjà dit, moi-même en allant au supermarché, en écrivant sur ce blog, j'y souscris au moins en partie, je le répète cela n'empêche pas d'être lucide). De plus, les valeurs bourgeoises de la société industrielle du XIXème siècle sont finalement triomphantes dans toute la société : égoïsme, individualisme forcené et culte de la performance et la bourgeoisie n'éprouve même plus le besoin de camoufler son amoralisme foncier derrière une pudibonderie hypocrite. Ce qui m'étonne cependant est que les catholiques votent en masse pour des candidats qui prônent un libéralisme économique très marqué, inspiré par les théories des "Chicago boys" de David Friedmann qui consistent de manière simplifiée à dire que tout peut se vendre ou s'acheter tant qu'il y a un contrat, donc le corps humain : louer un utérus pour une grossesse par exemple. Que croyez vous, ce libéralisme très marqué a des conséquences sur les conceptions morales de notre monde. Madame Boutin semble s'étonner des décisions prises entre autres à l'instigation de Nadine Morano, mais ces décisions ne sont que les conséquences logiques des idées libérales de l'UMP.

    TDO_2008_ARR0100.jpgLe fameux "Jouir sans entraves" de Mai 68 en découle, il n'a rien à voir avec le marxisme qui engendrait dans les anciennes dictatures dites "populaires" une rigueur très dure sur l'avortement et la contraception, rigueur de "convertis", de "croisés" qui s'opposaient aux autres fois, car finalement le marxisme est une sorte de foi avec ses dogmes et ses saints. Et le gauchisme se fond parfaitement dans le décor car les gauchistes ne sont rien d'autres que des hyper-libéraux, ils sont donc à leur aise : comme messieurs Geismar et Sauvageot ou Conne-Bendit, pardon, "pouf pouf" Cohn-Bendit, au parlement européen, tous trois étant des purs produits de la bourgeoisie. Certes, le physiocrate Jean-Baptiste Say prétend dans ses écrits du XVIIIème siècle qu'il y aurait une "main invisible" qui régulerait les dérives possibles du libéralisme sur le plan moral.

    Nous voyons bien qu'il n'en est rien.

    Dans les pays protestants, le libéralisme a créé deux mouvements de pensée sociale (si j'ose dire) : le "politiquement correct" (avec ses corollaires comme la fameuse "théorie du genre") qui vient directement du puritanisme et la théorie des "left behind" (théorie qui affirme que si les pauvres sont pauvres c'est qu'ils sont prédestinés à l'être par Dieu, qui les punit également parfois de leurs péchés). Ces mouvements ont imprégné les anciens pays de tradition catholique, comme la France, dont certains ont mis en place un système d'aide aux ouvriers par les patrons ou paternalisme, ce qui n'était pas si mal et avait au moins le mérite d'exister (je dis cela car maintenant c'est le mal absolu), je songe par exemple au familistère Godin, que je voyais catholique fervent alors qu'il était fouriériste, peu importe, son oeuvre est remarquable, à Guise en Picardie ; les bâtiments nous paraissent sinistres, ça ressemble à un Quartier de Haute Sécurité, mais il y existait un équilibre social rarement atteint ailleurs.

    Un article sur le sujet 

    En photos : l'intérieur et l'extérieur du Familistère 

  • "Red Son" - Et si Superman était né en URSS ?

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    Superman héros de l'Union Soviétique

    superman_red_son.jpgKal-El, alias Superman, le dernier survivant de Krypton, arrive dans ce comics non pas aux États Unis dans le Kansas mais en Union Soviétique. Éduqué dans l'amour du "petit père des peuples" et du communisme par ses parents adoptifs, il devient tout autre chose que le super-héros que nous connaissons. Sous sa férule, le monde entier, ou presque, est réuni en une gigantesque fédération. A la mort de Staline, il continue l'oeuvre entreprise malheureusement une clique de politiciens corrompus fait régner la terreur et il est perçu tel un "Big Brother" omnipotent et omniscient, bras armé du régime, croyant faire le bien, il entretient seulement la perpétuation de ce régime, il finit par comprendre cependant qu'il est manipulé.

    S'opposent à lui Lex Luthor, génie scientifique, qui est marié à Loïs Lane, et un anarchiste révolutionnaire qui n'est autre que Batman. Ses ennemis finissent par trouver le moyen de le tuer. A la fin, les États Unis finissent par l'emporter quand même ce qui est plus conventionnel et Kal El envoie son fils dans le passé, on comprend alors qu'il est son propre fils en somme, et que Krypton c'est la terre du futur. On y croise un Kennedy beaucoup moins réputé "héros" que dans notre dimension avec à son bras une Marylin bouffie par l'alcool et les médicaments, Nixon est abattu en 1963. Ce comics est extrêmement original et mérite que l'on s'y arrête pour son uchronie à la Philip K. Dick qui est d'ailleurs plutôt une dystopie.


    Ce "comic book" n'a eu bien sûr aucun succès, car trop original, il est actuellement en attente de réimpression chez Delcourt.
    Titre : Superman Red Son, tome 1 | Auteur : Mark Millar, Dave Johnson, Kilian Plunkett | Editeur : Marvel Panini France

  • Garfield n'est pas d'humeur pour la pelote (comme moi)

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    ga080627.gifPelote : Tu veux me faire rouler partout ?

    Garfield : Nan, je suis pas d'humeur à apprécier

    Pelote : Un peu de macramé ensuite, peut-être ?

    Garfield : D'accord, là tu l'as vraiment cherché.

    PS : Les visiteurs de MTS auront remarqué les trois jeux proposés dans la colonne de droite : on peut botter le cul du nouveau meilleur copain de Michel Drucker, et de sa chienne Olga, qui a pissé autour de lui en signe d'affection, celui du nabot en chef, là c'est Rachida D. qui a manifesté son affection, et enfin exercer son oreille musicale avec moi.

  • Charte d'accueil d'un contractuel enseignant (enseignant remplaçant)

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    ejection.jpgComment accueillir un contractuel enseignant ? 

    Les vacances commençant bientôt, afin de bien préparer la rentrée, je me permets ici de donner quelques conseils à mes collègues afin d'accueillir comme il convient des contractuels :

    1 - Un contractuel a le niveau qu'il faut pour enseigner sinon il n'enseignerait pas, il ne faut donc pas lui demander vingt fois dans l'année : "T'as quoi comme diplôme déjà ?".

    Je rappelle à ce propos que le CAPES n'est pas un niveau supérieur à la licence, c'est un concours niveau licence, tout comme l'agrégation est un concours de niveau maîtrise (certes, encore faut-il les décrocher).

    2 - Un contractuel est un être humain comme vous et moi, on peut dont lui dire "bonjour" sans crainte, discuter avec lui ou travailler en équipe. Il ne réagira pas en tombant à bras raccourcis sur son interlocuteur.

    3 - On peut faire confiance à un contractuel enseignant, il a un dossier qui le suit de toutes manières, il est parfois inspecté, inspection qui peut lui coûter son poste et l'envoyer pointer à l'ANPE contrairement aux titulaires enseignants. Il n'y a donc pas besoin de soumettre un contractuel à un interrogatoire.

    4 - Il faut toujours demander à un contractuel la date de son départ et non en donner une au hasard aux élèves (ce qui lui cause du tort). Un contractuel est presque un enseignant comme un autre, je dis bien presque, à quelques centimes près.

    6 - Un contractuel enseignant est un collègue. Il ne détonne pas en salle des professeurs.

    7 - Le contractuel ne fait pas souvent grève et ne s'engage pas beaucoup car il a toujours l'espoir d'être défendu par ses collègues titulaires et qu'on le titularise, c'est donc un grand naïf, mais il s'en fiche car il sait que la solidarité existe parfois (généralement dans les établissements les plus durs).

    Surtout en ce moment par ce temps de "charrettes"...

    Auteur : un contractuel anonyme

  • La sottise prend-elle des vacances ?

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    Je suis en vacances, c'est sympathique les vacances, on a l'impression que ce monde est plus beau pendant deux mois. Même quand il ne fait pas très beau. On aimerait que la sottise, la haine, la jalousie soient également en vacances, loin, très loin, très très loin dans un quelconque pays exotique mais malheureusement par définition, ceux qui haïssent, qui jalousent ou qui sont simplement cons, font tout pour se rapprocher de vous. Avidement, souvent, ils cherchent l'affrontement et une fois qu'ils l'ont eu, se font passer pour des victimes ou des esprits forts. "Les vacances de Monsieur Hulot" illustrent bien ce que seraient pour moi des vacances de rêves, sereines, loin de la foule. De Tati, je n'aime pas tout, je préfère ses "vacances..." à "Jour de fête", excepté quelques épisodes du film comme "l'hélicoptère". Ensuite, à partir de "Mon oncle", Tati a eu le complexe du "chef d'oeuvre", le syndrome du "génie incompris". J'ai partagé quelques ivresses mémorables avec sa fille et d'autres farfelus à "l'Ami Pierre" passage de la Main d'or. Elle était toujours flanquée d'un accordéoniste obèse et moustachu qui s'appelait Vladimir.

    D'autres extraits de ses films à la touche "menu" en bas à droite de l'écran. 

  • Doit-on réprimer ses envies de tuer ?

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    Avertissement : Il s'agit là d'une manière de parler, je n'ai pas réellement envie de tuer quelqu'un. Je me poserais alors des questions, il ne s'agit là que de second degré. Curieusement, il en est qui ont pris ce titre au sérieux.

    J'ai souvent des envies de tuer (un sondage par là). Je sais, ce n'est pas bien, ce n'est pas gentil mais j'ai souvent des envies de frapper ou de tabasser. La pseudo-gentillesse me fait fuir, les gens qui ne rient pas de ça ou ça, ça m'agace, ceux qui préfèrent un rire niais à une goutte de dérision (un collègue vient de me dire en voyant une fausse couverture de Martine : "Martine dénonce ses voisins communistes"; "Ah, ben, c'est pas gentil". Là, j'ai l'impulsion de le balancer par la fenêtre, car il dit ça sérieusement). Aujourd'hui, je fais du travail administratif, je ne suis pas du genre à m'extasier sur le respect de l'ordre orthographique ou à m'affoler quand une feuille saute une lettre dans un classement, ou encore quand une agrafe n'est pas placée à bonne distance, je m'en fous autant que du Japon "meiji". Je dois donc supporter une brave petite fille (de 32 ans) qui prend son pied à faire du classement, à rentrer des noms dans l'ordinateur, qui s'énerve si il n'y a pas le nombre exact de copies dans une enveloppe, et j'ai pourtant envie de lui faire bouffer les feuilles que nous mettons dans l'enveloppe. Un autre débite  toutes les blagues de l'almanach Vermot, pas celui de l'année dernière, non, celui de 1803, à la manière de Sylvain dans "Caméra Café", le puceau souffre-douleur de la boîte de province où ils travaillent tous (à ce propos, on pourrait croire à de l'exagération quant à la caricature, mais finalement pas du tout, bien au contraire). Pourtant, ils ont raison, c'est une vie plus simple, savoir s'enthousiasmer pour de l'administratif, se passionner pour une ligne de codes. Il n'y a rien de plus exaltant à leurs yeux, cela leur suffit. Pourquoi s'encombrer de stupides bouquins ?

    Mais comme on l'a déjà dit, je suis quelqu'un de méchant, irrécupérable et inadapté social... 

    Ci-dessous un sketch de Desproges sur ce thème

  • Notre nouveau maître ne serait-il pas oriental ?

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    chine.jpg"On a pris l'habitude de dénoncer la mondialisation comme une forme d'occidentalisation. Les opposants à l'universalisme vont plus loin en assimilant l'occidentalisation à une forme de colonisation culturelle. Cette rhétorique permet notamment aux régimes autoritaires d'associer des valeurs telles que les droits de l'homme, la démocratie ou la laïcité à l'Occident pour mieux les refuser au nom de l'anti-impérialisme. Cette stratégie discursive pouvait faire illusion tant que la première puissance économique était américaine. Qu'en sera-t-il demain, lorsque nous aurons enfin réalisé que la principale puissance à profiter de la mondialisation ne vient pas d'Occident, mais d'Extrême-Orient ?

    Plusieurs conflits, notamment ceux qui déchirent l'Afrique, ne sont plus dictés par les intérêts économiques européens ou américains mais chinois. La sinistre "Françafrique" est en passe d'être largement détrônée par la "Chinafrique", du nom d'un livre de Serge Michel et Michel Beuret qui décrit bien cette nouvelle réalité (Grasset). Le commerce bilatéral entre ces deux régions a quintuplé entre 2000 et 2006. On estime à 500 000 le nombre de Chinois vivant en Afrique pour construire routes, hôtels et barrages. C'est ce qu'on appelle déjà l'"aspect positif" de la présence chinoise en Afrique. L'aspect négatif, c'est ce dévorant appétit d'énergie et de matières premières, qui la pousse à faire des affaires avec des dictateurs au détriment des peuples, de la démocratie, de l'environnement et du développement durable. Officiellement, bien sûr, il n'est pas question de domination. La Chine insiste au contraire pour apparaître comme une puissance du Sud et rappelle sa présence aux côtés des non- alignés lors de la conférence de Bandung. Lors des sommets sino-africains, elle revendique un "partenariat stratégique d'un type nouveau", caractérisé par "l'égalité et la confiance réciproque sur le plan politique" et "la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique". Autrement dit, elle plaide sans complexe pour un affairisme différentialiste sur le mode : "Nos profits valent mieux que les droits de l'homme."

    article du Monde de Caroline Fourest  (journal daté du 19 juin 2008)

    A suivre par ici 

  • Pour mettre fin aux confusions sur l'hédonisme

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     Épicure fonde à Athènes l’école du Jardin, où il enseigne ses théories. C’est au cœur de ce jardin que naîtra l’épicurisme, l’un des principaux courants philosophiques de l’Antiquité, qui fait naître l'hédonisme de l'ascèse. En effet, Epicure prône la limitation des désirs et des plaisirs pour atteindre le vrai plaisir d'exister. Le savoir a également une grande place puisqu'il doit permettre de supprimer les craintes et superstitions. Ce qui est amusant est que l'hédonisme a actuellement rigoureusement la définition inverse et fausse qui est de se laisser aller à ses désirs et pulsions jerusalem-33-porte-de-damas.jpgsans barrières. La pensée d'Épicure irriguera aussi le stoïcisme que l'on retrouve parfois dans les Lettres de Saint Paul car celui-ci a eu pour maître un rabbin imprégné de la pensée grecque et en particulier celle d'Épicure qui est un matérialisme absolu que Saint Paul transcende par la Foi, c'est d'ailleurs ce que lui reproche Michel Onfray. Le livre de Job n'est donc pas très éloigné des pensées d'Épicure, quand on les lit, et non quand on se contente de redire ce que l'on a entendu ailleurs, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Le comprenant au premier degré, beaucoup en ont dit des sottises, on retient surtout sa phrase sur les maris et les épouses. D'Épicure on retient aussi ce qui arrange, à commencer par les chrétiens eux-mêmes qui ignorent les bases de la théologie des pères de l'Église, qui est une sorte de laisser-aller agréable. Le corps n'est donc pas rejeté par la pensée paulinienne, Saint Paul considérant aussi que le sport, le bain, font partie de la vie normale d'un homme cultivé.

    En photo, la porte de Damas d'où partit Saint Paul pour un autre voyage que celui qu'il imaginait au départ.

  • Le journal d'Edwin Carp - de Ronald Searle et Richard Bazley

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    Ronald Searle est un caricaturiste très connu en Angleterre où il est l'égal d'Honoré Daumier, en plus caustique encore. Il a inspiré des dessinateurs français sans que ceux-ci éprouvent le besoin de le dire curieusement, dont le réalisateur des "Triplettes de Belleville". Voici donc "le journal d'Edwin Carp", modèle d'"understatement" (qui est la faculté de savoir rire de ce qui va mal ou de ne pas se prendre au sérieux) avec la voix d'Hugh Laurie qui est maintenant connu en tant que Docteur House. Le film est réalisé en animation assistée par ordinateur, qui peut donc permettre autre chose que des "shrekeries". En France, on ne sait pas ce que c'est que l'"understatement", c'est sûrement trop compliqué, les gens préfèrent rigoler à Bigard ou Cauet, des types fins quoi...


  • Chrétiens et musulmans

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    copie-de-sainte-sophie.JPGChez les chrétiens, l'on distingue essentiellement deux grands ensembles extrêmes qui s'opposent de plus en plus l'un à l'autre concernant les relations à l'Islam : ceux qui pensent que les musulmans sont "nos frères" (pour eux ce n'est absolument pas le cas), que nous avons le même Dieu (autre erreur grossière : lire à ce propos le livre du père Antoine Moussali ; "la Croix et le Croissant"), qui rêvent d'une fraternité qui n'existe pas ou plutôt qui n'existe plus, de l'autre ceux pour qui le dialogue est de toutes façons impossible, voire pour une minorité ceux pour qui un bon musulman est un musulman qui ne l'est plus ou alors qui est mort. Des éditorialistes de la presse dite "chrétienne" circonscrivent la culture des pays du Maghreb comme du Machrek (Proche ou Moyen Orient) à l'Islam, en oubliant les chrétientés dites "orientales", de langue arabe, les pères du désert, pour la plupart de Palestine et de Syrie, les premiers évêques, en Cilicie, l'actuelle Turquie, Saint Augustin d'Hippone, en Algérie, et j'en passe.

    En Europe, l'on s'est surtout occupé, légitimement, des questions morales, mais en oubliant l'existence des chrétiens de ces régions du monde, chrétiens qui étaient des médiateurs entre Orient et Occident, et qui ont toujours aidé à éviter l'affrontement frontal avec le monde musulman. Cela des chrétiens ne veulent pas le voir, traitant à l'occasion ces croyants de langue arabe de "collabos", confondant tout. L'Islam a d'ailleurs déjà gagné la partie en Europe, au moins dans les têtes, puisque mêmes les chrétiens les plus radicaux en adoptent les manières de se comporter musulmanes fondamentalistes, église-saint-anne-68.jpgtransformant la Foi en autant de "hadiths" adaptés à l'Évangile, oubliant qu'au dessus des prescriptions pour un chrétien, il y a la charité, et que celle-ci n'est pas le fait de voir le monde à travers des lunettes roses mais de considérer à chaque fois qu'une personne est unique par la miséricorde d'un dieu chrétien qui est une personne et non un concept abstrait. A ceux qui souhaitent l'affrontement, je poserai bien cette question : souhaitez-vous vraiment aller jusqu'à la guerre ? Et leur rappeler qu'une guerre n'a rien d'héroïque ou de glorieux.

    Les universités chrétiennes du Proche Orient, qui favorisaient par leurs encouragements l'exégèse du Coran, ont souvent travaillé pour rien puisque tout le monde semble ignorer leur travail, excepté le Pape, la plupart de ses fidèles par contre ignorant ce travail crucial, qui n'est pas de créer un syncrétisme vague mais d'accompagner à la paix de manière équitable tout en préservant l'identité de chacun. Malheureusement, dans l'Islam, par la sottise des américains et l'ignorance, la lâcheté et l'incompréhension des occidentaux, leur angélisme ou leur rejet, dont même les plus libéraux représentants sont finalement racistes à force d'assimiler systématiquement la religion musulmane à ses extrémistes, ce sont les intégristes qui ont en conséquence le vent en poupe. Je me souviens de mes années de collège avec nostalgie, quand un camarade de classe était un camarade de classe, et que les affrontements entre bandes ethniques, il faut espérer que cela ne conduise pas à une libanisation du pays, apparaissaient comme un cauchemar.

    En photos : Sainte Sophie à Istambul et la crypte de l'église Sainte Anne de Jérusalem, "Salahye" pour les musulmans, que je connais bien et qui a une signification toute particulière dans la Vieille Ville, lui sont presque équidistantes le Mur des Lamentations, le Dôme du Rocher et le Saint Sépulcre. En cliquant sur la photo, on va sur une page traitant des domaines français du Proche Orient.

  • Révélations sur la téléréalité estivale

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    199408590_small.jpgPremière révélation, car c'en sera une pour certains : le spectateur de ce genre d'émissions est un voyeur hypocrite qui colle son oeil au trou de serrure en clâmant que c'est vraiment vulgaire de faire ça.

    Deuxième révélation et non des moindres, les couples de l'émission "L'île de la Tentation" sont ou des couples bidons qui viennent là pour marchandiser leur corps et leur sexualité, ou des couples de crétins microcéphales qui viennent là pour montrer leur extrème docilité à des règles d'un arbitraire tel que même les nazis n'auraient pas osé en parler : obligation d'un corps mutant huilé et transformé par la chirurgie, etc...

    Troisième révélation : il y aurait un nain dans le casting de "Secret Story", ainsi qu'un couple homosexuel, un fils de célébrité, voire de 1s-telerealite.jpghas been, et même, un nain homosexuel vivant en couple avec une ancienne gloire. Voilà qui va alimenter des conversations d'un intérêt qui ne saurait dépasser le dessous de la ceinture, donc qui va passionner les foules qui achètent déjà par centaines de milliers d'exemplaires les torchons qui détaillent chaque semaine par le menu les exploits sexuels et minables de célébrités ou pseudo-célébrités. Les crétins participants à Kon Lanta seraient manipulés (Mon Dieu est-ce possible ?)

    Quatrième révélation : Pour que le peuple lui fiche la paix, l'empereur romain distribuait de la farine pour que les romains puissent faire leur pain gratuitement et organisait des jeux de massacre pour que la foule se défoule et, surtout, qu'elle ne se pose aucune question. L'Empire romain existerait-il encore ?

    Cinquième révélation : La foule aime qu'on la prenne pour une conne, elle plébiscite des spectacles décérébrés et aime que des sportifs qui ne font que taper dans une balle ou pédaler gagnent des milliards à ces activités (soit dit en passant c'est une très belle arnaque).

    Sixième révélation : Jean-Marc Morandino, le type qui est censé analysé tout cela, ne serait pas un journaliste sérieux.

  • La vulgarité de la société consumériste

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    d9iyjarb.jpgJe m'étonne que personne ne relève la vulgarité intrinsèque de cette société. Les individus sont fiers de se vendre et d'être vendus, d'ailleurs on conseille aux jeunes qui vont se lancer dans la vie active de "se vendre", donc de se prostituer en quelque sorte. On s'étonne que la prostitution soit interdite encore puisque toute la société marche selon ce principe. Tous ceux qui prétendent "donner aux pauvres" en "prenant aux riches", comme Robin des Bois, me font rire, car la société dans son ensemble se fout complètement des pauvres, dont elle connaît très bien la situation, dont elle est consciente, ce n'est pas son problème en fait. C'est la base qui est pourrie, les fondements mêmes de nos raisonnements en matière sociale, à savoir les valeurs de la bourgeoisie industrielle du XIXème siècle. Et ceux là mêmes qui se prennent pour Robin des Bois cherchent à s'enrichir comme les autres une fois quelques échelons sociaux franchis tout comme les hommes politiques font pour la plupart carrière. La personne qui impose sa conversation aux autres dans la doigt.jpgrue ou les transports en commun est vulgaire, la jeune fille à qui l'on apprend à se conduire en courtisane devient vulgaire (elle pense souvent que sa vie en dépend, ainsi que sa dignité, et qu'elle doit absolument séduire comme une péripatéticienne), la pub et la télévision imposent aux jeunes filles de se balader le nombril à l'air, encore, ce n'est pas si grave, mais quand c'est combiné avec le string bien apparent remonté sur les hanches et le djin ultra taille basse, c'est grossier et moche, les programmes de téléréalité, que tout le monde conspue, et que tout le monde regarde, sont d'une vulgarité sans nom, un peu plus chaque année. Nos dirigeants eux-mêmes sont grossier, se foutant complètement des français, leur jetant l'argent au visage, mais les français en redemandent. A ce propos, une femme qui a des relations sexuelles avec un homme en échange de bons procédés (comme par exemple la promotion de son album par les médias tenus par les copains de son mari), comment cela s'appelle-t-il déjà ? Une call-girl ? Celle-ci eût-elle une conversation agréable et un vernis culturel...

  • Au comptoir d'un café de province...

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    Evreux.jpgAu comptoir, un type est en train de prétendre avoir inventé le téléphone portable avant tout le monde. Il avait relié un combiné téléphonique ancien modèle avec sa radio à ondes courtes et ça donnait un portable, mais les grandes entreprises n'en ont pas voulu "passque c'est des salauds". Là il se tourne vers les autres personnes qui sont dans le café et il les regarde en attendant vaguement une protestation ou une approbation de leur part. Puis il s'en désintéresse et il continue :

    "Moi, je jette rien, je garde tout, j'ai pas jeté mon minitel, même si il corrige pas les fautes de syntaxe comme les ordinateurs, ils le font maintenant, ils le font maintenant ? ".

    Un des serveurs qui passe approuve de la tête mais visiblement il s'en contrefout.

    Une bonne femme assise à une table essaie d'appeler un numéro sur son téléphone portable, elle parle fort, elle dit : 

    "ça capte pas ici"

    Elle dit çà d'un ton de reproches et de menaces directes à l'encontre du patron, elle se tourne vers un des autres clients l'air de demander son approbation, mais personne ne suit, elle répète encore mais moins fort :" ça capte pas".

    Et juste à ce moment son interlocuteur lui répond. C'est sa fille qui doit la rejoindre. Elle change de place pour se mettre au fond de la banquette comme si sa fille était déjà là et toute la salle respire alors son parfum enivrant.

    Le type au comptoir, habillé avec un short de bain hawaïen fin des années 70 (style rideau de douche à bon marché) se tourne vers la dame. Il décide de changer de sujet, il s'est trouvé une interlocutrice. Il attend qu'elle ait fini sa conversation et il dit : "Maintenant, les gens, y savent plus communiquer".

    La dame répond en renchérissant : "Et y sont mal élevés, bordel".

    Elle parle alors de sa jeunesse, de sa fille qui lui ressemble mais qui est moins jolie ("Moi, les garçons, je les avais tous passque j'avais une belle poitrine"), et puis elle termine en disant : "Et puis elle est vulgaire, elle couche avec le premier venu, elle parle mal, moi j'attendais d'être amoureuse et puis je respectais les gens moi au moins". Ils hochent tous deux gravement la tête et embrayent sur autre chose :

    "Heureusement que Sarkozy y va donner un bon coup de balai"

    Un monsieur d'un certain âge, un petit monsieur bedonnant qui porte de splendides rouflaquettes poivre et sel, lui aussi au comptoir se rapproche de l'inventeur méconnu du portable et approuve en rajoutant qu'il "en fait pas encore assez". Et il dit qu'il est quand même content du maire de sa ville, qui est de gauche, parce qu'"il va inaugurer un parking derrière la mairie et qu'il y en avait besoin pour les gens". Il dit qu'il "pense aux gens" lui au moins.

    A ce moment là une jeune fille entre dans le café en parlant très fort dans le vide semble-t-il, et puis on remarque l'écouteur bleu qui clignote à son oreille. Elle dit : "Je suis au café". Elle s'arrête deux secondes dans son laïus pour demander au serveur presque sur le ton de la confidence : "un café s'il te plaît". Juste après elle relève la tête et contemple autour d'elle l'effet qu'elle pense produire en montrant ainsi sa complicité avec le dieu tutélaire du café qu'est le serveur, qui semble soudain revêtu d'une importance de chef d'état...

    à suivre

  • Encore un conseil de "Mister Natural" par Robert Crumb

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    Mister Natural est un gourou des années 70 inventé par Robert Crumb, un charlatan inconscient et cynique. Ici, il se pose de grandes questions existentielles avec son disciple le plus docile et trouve des réponses stupides, mais pas plus que n'importe quel coach actuel.

    crumb_01.jpg

  • Harry Potter et la discrimination - une aventure inédite

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    poudlard.jpgUn nouveau sorcier enseignant les sorts de défense venait d'arriver à Poudlard. Ron alla le dire à Hermione qui, elle-même, appela Harry pour en discuter. En effet, ce nouveau professeur, Almaricus Watermall était très rond (il avait été transformé en barrique par un sbire de Voldemort, celui dont on ne prononce pas le nom et ne s'en était jamais remis). Les autres sorciers lui conseillaient d'essayer des sorts comme le "maigrissimus !" qui faisait maigrir d'un coup selon eux ou le fameux "régimum subitum". Bien sûr, ils ignoraient que ces deux sorts étaient des créations de celui dont ne doit pas dire le nom, qui en tirait, comme beaucoup d'autres sorts paraissant communs, un pouvoir très grand, car la dictature de l'apparence était déjà la dictature de Voldemort. Harry sentait que ça n'allait pas, quelque chose perturbait la magie à Poudlard et même Drago Malefoy semblait apeuré. Harry, relevant sa mèche sur son front zébré d'une cicatrice qui ne disparaissait pas, d'un geste machinal, proposa à ses deux amis d'aller voir Almaricus qui semblait de plus en plus isolé à Poudlard. Hermione affirma que leurs professeurs se comportaient en vulgaires "moldus". Ils frappèrent à la porte de monsieur Watermall qui se préparait déjà à essayer sur lui le sort du "maigrissimus", des voix sépulcrales s'élevaient autour de lui : "Rentre dans le rang", "Comme nous", "Nous nous ressemblerons tous, nous serons heureux". Ils avaient les yeux exorbités, comme fascinés, et sur les traits de monsieur Watermall était déjà superposé le visage du maître des sorciers maléfiques. Harry et Hermione levèrent leurs baguettes et en un éclair le chaudron où se préparait le sort était renversé. Il était sauvé, Poudlard échappait une nouvelle fois à un sort atroce. Dumbledore présenta Almaricus à tous les autres professeurs qui reconnurent s'être trompés, confondant sa valeur et son apparence (ce n'était tout de même pas sa faute s'il avait été transformé en barrique)...

  • Rupture banale

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    Une note à triple effet, à la fois une toute petite nouvelle, un message personnel, et un petit texte sur les sentiments.

    La jeune femme lui avait donné rendez-vous dans un petit café près de la gare. Elle était nerveuse, elle se rongeait l'ongle du pouce en l'attendant, mais quand elle vit, elle cessa ce manège et se calma. Il commanda un café en souriant car il avait une petite idée de la conversation qui l'attendait.

    Elle se racla la gorge et commença :

    - Tu es vraiment quelqu'un d'hors-norme, tu a des idéaux qui sont au-dessus de la mêlée. 

    Elle lui sourit, vérifiant qu'il écoutait et continua, lui il regardait ses yeux gris-bleus, la courbe de ses épaules et ses jambes :

    - Moi, je suis plus commune, je ne mérite pas que l'on m'aime comme ça.

    Alors qu'elle passait aux yeux du tout-venant, par ses aventures féminines et masculines, pour une sorte de séductrice fatale, dans le genre petite bourgeois en jupe droite séductrice fatale.  Il songea que c'était bien le discours commun qu'il attendait, un discours sincère, il savait que e n'était pas pour le consoler. Il ne l'écoutait plus tellement, ne saisissant que des bribes de phrases :

    -...Je suis flattée que tu m'aimes de cette manière, mais j'ai envie de vivre d'autres choses, de voir d'autres personnes, de faire pleins d'expériences...

    cafe-la-palette-paris_gd.jpgC'était encore le discours petit-bourgeois commun sur ce besoin que beaucoup ressentent dans cette classe de se laisser aller à leurs pulsions avant de se caser très confortablement. Il soupira. Il savait qu'elle se réveillerait à cinquante ans pour s'apercevoir qu'elle n'avait rien vécu. Cela ressemblait à un film français, qui raconte tous plus ou moins la même histoire, celle d'adulescents incapables de s'engager. 

    Et bien sûr, elle termina par l'habituelle cerise sur le gâteau :

    - Et bien sûr nous resterons bons amis, il ne faut pas gâcher notre amitié.

    Il soupira encore, elle l'avait dit cela aussi.

    En sortant, ils continuèrent à bavarder de sujets sans importance. Quand ils arrivèrent devant les portillons du train de banlieue qu'ils s'apprêtaient à emprunter, elle s'arrêta net et se mit à lui dire sans le regarder qu'elle "n'était qu'une chieuse, une sale emmerdeuse", "qu'elle l'aimait et qu'il fallait qu'ils se voient". Ils se donnèrent un rendez-vous, elle ne vint jamais. 

    Il est pourtant tellement plus simple, plus exaltant de se laisser à l'amour vrai qui finalement est la chose la plus subversive actuellement. 

  • Le feuilleton sentimental et politique de l'été

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    Par les créateurs de "message à caractère informatif", Nicolas et Bruno, qui viennent de réaliser "la personne aux deux personnes" qui est moins drôle que leurs deux séries.

    Ci-dessous le premier épisode, les autres à la touche "menu" en bas à droite de l'écran. Les ménagères qui regardent ce genre de feuilletons et ceux qui en ont honte pourront maintenant le faire sans aucun scrupules tout en réfléchissant.

  • Fumier !

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    Clochard_Atget_1898.jpeg"Le monde souffre de ne pas avoir assez de mendiants pour rappeler aux hommes la douceur d'un geste fraternel" extrait de "Clérambard"

    Dans une nouvelle de Marcel Aymé, Machelier, un ancien pianiste qui a fait de la prison est engagé par un imagier de la rue Saint Sulpice pour figurer Jésus sur des images pieuses du fait de sa barbe de trois jours et de ses joues creuses dûes à la faim. Progressivement, il finit par se prendre pour son modèle et dispense des conseils évangéliques aux gens qu'il croise. Il finit par marcher sur les eaux de la Seine, à moins que ce ne soit un suicide, Marcel Aymé laissant planer le doute. A un clochard croisé devant une église, Machelier lui dit qu'il est "plus riche, beaucoup plus riche" qu'un bourgeois cossu qui passe devant eux, en réponse le clochard le traite logiquement de "fumier". Beaucoup de grands coeurs évangéliques un rien écervelées font comme Machelier, ne donnant pas d'aumône, exaltant la charité et la pauvreté, avec raison parfois, combattant aussi le matérialisme, également avec raison de temps à autres, mais oubliant qu'un être humain a besoin de manger et de boire, et que donner quelque chose ne doit pas forcément être assorti d'une leçon de morale. Si la charité ne résout rien, certes, de la situation d'un pauvre, elle lui fera un peu de bien au moins une fois pour manger un peu voire picoler, ce qui lui fait du bien tout de même en attendant mieux, en l'occurrence une société moins égoïste.

  • L'avantage des dangers du portable

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    Toutes les études scientifiques un peu sérieuses, c'est-à-dire celles qui ne sont pas commanditées par les opérateurs de portables, le disent : le portable est dangereux pour la santé et occasionnent de nombreux troubles. Ce n'est pas si grave finalement car ce seront les couillons/es qui passent leur temps pendus au bout du fil, ou du sans-fil, à raconter par le menu le vide de leurs vies, les affairistes toujours entre deux négociations, l'imbécile qui impose sa conversation, parfois fausse d'ailleurs, le nouveau cyber autisme qui se développe, consistant à faire semblant d'avoir un interlocuteur, ou la fille qui fait partager ses goûts musicaux de latrines à tout le bus qu'elle emprunte quotidiennement, le crétin qui gueule qu'il est sur le quai de la gare et j'en passe, qui seront les premiers touchés, tant mieux, cela fera quelques sots ou microcéphales en moins. C'est toujours ça de pris. Cette note m'a été suggérée par un excellent sketch de "Groland". Je sais, ce n'est pas de très bon goût, chers esthètes, mais c'est très juste.

    Voir ci-dessous 

  • Adaptabilité, réactivité, précarité

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    Les quelques individus ci-dessous, croqués par Binet dans "Impondérables 4", ont parfaitemenent compris les principes de la France nouvelle et sa devise (voir titre). Bien sûr, au départ, c'est un peu douloureux mais après ça passe tout seul. Cela devrait plaire aux adeptes de la "Positive Think", la resucée à la mode de la méthode Coué : si rien ne va et si il y a des pauvres, c'est parce que les gens pensent trop négativement et que pour s'en sortir, il suffit de le souhaiter très fort en serrant les poings très fort.

    Cliquer sur l'image l'agrandit encore un peu plus

    imponderablest4_1.jpg

  • "The Rose" - Bette Midler

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    Une chanteuse de bal populaire est en train de massacrer cette superbe ballade rock sous mes fenêtres. Elle n'en comprend pas les paroles et n'a pas l'air de savoir à quelle chanteuse (Janis Joplin, je le précise à l'intention des jeunes et des scientologues qui lisent ce blog) ce texte fait allusion. Le grand troupeau qu'est notre société n'a pas besoin de surveillance partout comme dans "THX1138" revu il y a deux semaines, ni de somnifères, le système s'entretient tout seul. De temps à autres, quelques êtres au-dessus du lot, un tout petit peu plus sensibles, (la sensibilité est la seule richesse), traversent nos vies comme des météores. Tout ça pour dire que les jours de réjouissance obligatoire, quand le peuple se sent obligé à des élans grégaires mièvres et frelatés, d'émotion téléguidée, cela me fait suer au plus haut degré.

  • La fête de la confusion

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    La fête de la Musique est l'exemple parfait de la confusion intellectuelle actuelle qui règne un peu Confusion_of_Tongues.pngpartout, que ce soit à droite comme à gauche. Des musiques se côtoient et parfois se superposent dans une totale absence de hiérarchisation selon l'axiome populaire qui veut que "tous les goûts sont dans la nature" et surtout les pires et que l'on ne peut reprocher à quelqu'un de comparer Céline Dion à La Callas, de croire que Julien Doré est "punk", de croire que se biturer c'est seulement ça le rock, que le vagabondage sexuel est un truc sympa et qu'écrire c'est aligner plusieurs clichés qui flattent à la fois le lecteur et l'auteur reifié, autant de formules à la con qui sont autant de jugements à l'emporte-pièce sans intérêt, que les posters de camionneurs sont des témoignages sur la beauté. A l'autre extrême, il y a ceux qui pensent développer une pensée, car ils ont accès à un minimum de culture, ce qui devient un privilège, sombrent ensuite dans la tentation de théoriser sur le monde qui nous entoure, difficile à comprendre, impossible à résumer à une ou deux sentences bien affirmées à tel point qu'ils se laissent aller à cette manie très moderne sans scrupules. 

    Comme il y a le culte de la performance, l'on voudrait aussi pouvoir contrôler les personnes, qu'elles soient en somme performantes dans leur existence et ne perdent pas leur temps à rêver ou imaginer autre chose, qu'elles suivent une voie toujours logique et rationnelle. Et c'est également confortable de laisser à quelqu'un d'autres le soin de penser à votre place que les théoriciens ont toujours une petite cour d'admirateurs éperdus autour d'eux. C'est d'une vanité absolue de croire que les autresMsere.jpg devraient se conduire selon notre volonté, c'est infantile et égocentrique. Et cela ne change rien. C'est aussi comme ce vieux gars de Fourier qui invente la société utopique, donc totalitaire, lui permettant de sortir de sa solitude, les utopies qui pullulent sur le Net, à droite comme à gauche, c'est une manière de se guérir de ses manques, de ses petitesses, de ses frustrations. Et bien sûr il y a ce grand classique qui consiste à croire que balancer des sottises racistes ou ségrégatives a quelque chose à voir avec de l'audace. 

    Celui ou celle qui remet en cause cet unanimisme de la confusion est pris pour un pervers, on ne comprend pas, car ce genre de personnes ne rentre pas dans les cases, dans les ensembles et se fout de la horde, et oublie de hurler avec les loups d'une horde ou l'autre, ce qui est le crime ultime. Les hordes réagissent toujours agressivement car c'est insupportable à leurs yeux de ne pas être d'un clan ou un autre, de refuser d'être en somme chosifié. Quant à moi je rejette définitivement ces théoriciens qui veulent mon bonheur mais à leur manière et contre mon gré à chaque fois. Je n'ai pas envie que l'on m'impose un bonheur qui serait alors de toutes façons insupportable.

  • "Sowing the seeds of love" - Tears for fears

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    Pour me détendre, j'ai toujours préféré la "brit-pop", ou tout son qui s'en rapproche, psychédélique. Et le clip est plutôt original. Voila le fond de ma pensée profonde aujourd'hui. Depuis "Sergeant Pepper", rien n'a beaucoup changé mais j'aime bien et cette raison me suffit.

  • Vive la mondialisation ! Un exemple précis de l'avidité des grands groupes

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    Empoisonneurs autorisés ou un autre exemple de l'avidité sans mesure des groupes industriels

    article_photo_1209453436862-1-0.jpgtransmis par l'ami Bernard Bonnechère

    Rappelons brièvement les faits :

    La société Saipol, propriétaire de la marque Lesieur, et grossiste en huile, a acheté à vil prix un lot de 40 000 tonnes d'huile de tournesol ukrainienne.

    - Exerçant son métier, cette société a revendu avec profit cette huile à d'autres multinationales de l'agro-alimentaire.

    - Un contrôle a posteriori a mis en évidence la présence frauduleuse dans ce lot d'huile minérale destinée à la lubrification des moteurs.

    - Même s'il n'est pas établi que ce mélange peu ragoûtant soi méchamment toxique, eussions nous eu affaire à des gens responsables que ce lot eût immédiatement rejoint la seule destination qui lui seyait : la poubelle.

    - Que croyez-vous qu'il arriva ? Ces empoisonneurs dont l'avidité autant que la veulerie sont sans limite, ont néanmoins décidé d'utiliser sciemment cette huile pour composer leurs produits frelatés.

    - Le pire, c'est qu'ils ont eu l'accord des autorités (françaises et européennes) qui ont décrété que tant que les produits n'en contenaient pas plus de 10%, personne ne devait tomber trop malade.

    - Ils ont 40000 tonnes à écouler, un peu plus de 5000 pour la seule France.

    Cela fait environ 100 grammes de saloperie par habitant à faire ingurgiter !

    - La Grèce, dont les autorités semblent moins irresponsables que les nôtres, vient de réagir et d'interdire l'utilisation de tous les lots depuis le 1er janvier.

    Mais chez nous, dans nos hypermarchés, il y a donc en ce moment dans les rayons des produits contaminés à l'huile de moteur !

    C'est le Canard Enchaîné qui a révélé l'affaire il y a 2 semaines, avec des reprises le jour même dans la presse nationale. Puis plus rien, tout le monde s'en fout.

    La semaine dernière, le Canard publie une liste de marques et des types de produits concernés. Aucune réaction cette fois:

    Enfin hier, le Canard publie des notes internes de l'ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires), qui montrent l'envers du décor, comment les industriels vivent la crise, en s'qinquiétant quand même un peu et priant que l'info ne soit pas reprise et que le temps efface rapidement cette histoire. Il a été décidé hier en réunion de crise à l'ANIA de ne pas répondre au Canard enchaîné formellement. Un projet de communiqué de presse, préparé la semaine dernière, a été réactualisé.

    Le communiqué de presse ne sera pas diffusé. Nous attendons la prochaine parution du Canard Enchaîné et les éventuelles reprises par la presse pour réagir.

    ff.jpgPar rapport à l'article de mercredi dernier, cette nouvelle parution n'apporte pas d'éléments clés supplémentaires et n'est pas à la Une du journal. En revanche, de nombreuses marques sont citées, ainsi qu'une liste à la Prévert de nombreux produits incorporant de l'huile de tournesol, ce qui n'était pas le cas la semaine dernière mais que l'on craignait.

    Ces gens là sont capables d'importer n'importe quelle denrée alimentaire de l'autre bout du monde, dans le seul but de gagner de l'argent. Ils n'ont plus la moindre emprise sur la 'traçabilité' des produits qu'ils achètent  ainsi, qui peuvent être trafiqués, bourrés de pesticides ou de n'importe quelle autre saloperie. Et qu'ils ne viennent pas prétendre le contraire, puisque cette sombre affaire en fournit une preuve éclatante.

    D'ailleurs un produit importé au prix le plus bas est une quasi certitude de mauvaise qualité doublée d'exploitation des êtres humains qui ont servi à le produire, triplée d'une pression sur l'emploi et le salaire des salariés français.

    Ce sont les mêmes qui vendent leurs produits au prix fort en geignant sur la hausse des matières premières, et nous gavent de pubs ineptes avec enfants blonds et mamans épanouies qui éprouvent un plaisir intense à bouffer leurs saloperies sur-emballées dans d'affriolants plastiques aux couleurs vives. Comme on l'a vu, leur plus grande trouille est que le nom des marques s'ébruite, ce qui pourrait occasionner une baisse de leurs ventes et de leurs sacro-saints profits, qui les aveuglent à un point tel qu'ils sont capables pour cela de risquer d'empoisonner leurs clients sans remords.Alors dénonçons les, ces sinistres pleutres ! Et vous amis lecteurs, relayez l'information ! Selon vos moyens, parlez-en autour de vous, dans vos blogs, dans vos journaux, et surtout, CITEZ LES MARQUES, c'est de ça dont ils ont la trouille Les marques concernées, à boycotter d'urgence et durablement, sont les suivantes :

    Lesieur, bien évidemment, puisque leur avidité est à l'origine du problème et toutes les marques du groupe :

    tournesol.jpgFruit d'or- Epi d'or- Frial- Isio 4 - Oli - Carapelli - Saupiquet

    Toutes les marques du groupe Unilever , par exemple

    Amora - Planta Fin - Maille - Knorr - Magnum - Miko

    Les produits les plus susceptibles de contenir de l'huile empoisonnée sont les suivants :

    Mayonnaise - Tarama -Sauce Béarnaise- Chips -Vinaigrette allégée - Surimi - Céleri Rémoulade

    Soupe de poisson en conserve - Poisson pané - Paupiettes de veau - Thon et sardines à l'huile

    Pâtes à tartiner chocolatées - Gaufrettes à la confiture Barres céréalières et sucrées pour les enfants - Cookies

    Merci d'avance, et faites tourner !

    Bon appétit

  • Le crédit et les trois "B" : bouffe, biture et ...

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    2022_PXI_afp_bourse_palais_brogniart.jpgLe problème que personne ne pose jamais est celui du crédit et des prêts dits à la consommation qui sont la forme de capitalisation des particuliers. Notre économie se base sur une capitalisation originelle qui est entretenue par la bourse pour les entreprises, par les banques et les instituts de crédit pour les particuliers, leur faisant miroiter des dépenses dont ils n'ont pas les moyens a priori, afin de "faire comme tout le monde". Les prêts aux particuliers sont généralement à des taux usuraires de 8% à 20%. Quand quelqu'un ne peut plus payer ses traites, il est automatiquement infantilisé, humilié, traité plus bas que terre, car il ne peut plus assurer ce qui est l'essentiel dans notre société et qui sont les trois "B" : Baiser, bouffer, boire. On peut afficher n'importe quelle opinion qui flatte, l'essentiel ce sont les trois "B". On aura remarqué que la gauche, l'ultra-gauche, la droite comme l'extrême-droite ne remettent jamais en cause cette capitalisation, car c'est ce qui entretient la dynamique du système et leur permet de continuer à se consacrer encore une fois aux trois "B", sans se soucier du reste dont ils se fichent complètement tant que cela ne les atteint pas directement, c'est-à-dire quand cela remet en cause ce mode de vie, et puis la capitalisation entretient la machine, ils ne sont pas si fous, ils ne veulent pas abandonner leur confort. C'est la raison pour laquelle ceux qui voient dans l'existence autre chose que les trois "B" sont aussi mal perçus, il y a en effet quand même encore un inconfort à avouer que l'on n'a que ça dans le vie. Le génie de cette société est de tout "chosifier", "logoiser", réifier, de réduire les opinions ou les idéaux à un louque ou une image sans s'y attarder plus.

  • Ce qui meut un écrivain

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    Un extrait du journal de Jean-Patrick Manchette 

    Je l'ai déjà dit, je suis à des antipodes de Manchette sur le plan de la foi ou de la politique, (quoique ?), mais finalement ce qu'il écrit reste très français dans le bon sens du terme et intègre. Ce que ne comprendront jamais les purotins, c'est que faire la fête, célébre une amitié autour d'un bon vin, ce n'est pas bouffer pour bouffer ou s'alcooliser pour s'alcooliser, c'est une forme de louange de ce qu'il y a de beau dans ce monde, à commencer par la Création, mais aussi une forme de partage supérieurement élevé avec ceux que l'on aime et qui nous aiment. J'ai eu envie de publier cet extrait après avoir lu la note savante et sage d'un autre blogueur,qui donnait des conseils, un étalage de conneries infatuées, à une jeune internaute naïve pour devenir écrivain lui-même se voyant comme un écrivain consacré après un bouquin publié.

    manchette.jpg

    "Je réponds, pour moi, à l'hallucinant questionnaire de L' Express publié en mars 1969, à l'usage des moins de trente ans.
    1) Qu'aimeriez-vous le plus savoir de votre avenir ?
    Je sais que le vieux monde va finir. Je voudrais savoir quand, et comment, par la démocratie des conseils ou par l'extermination totale de l'humanité par les maîtres. Et je voudrais savoir, dans tous les cas, ce qui me reste à vivre de jouissif.
    2) Estimez-vous que vous êtes heureux ? Oui ? Non ? Pourquoi ?
    Oui, parce que je fais davantage de choses qui me plaisent que la plupart des autres gens. Non, parce que je ne fais pas tout ce qui me plaît, et tout ce que je fais ne me plaît pas.
    3) Trouvez-vous que vous avez de la chance ou plutôt le malheur de vivre à l'époque actuelle ? Pourquoi ?
    Je ne souhaite pas faire l'effort de répondre à une question aussi stupide."
    - chapitre : 1970 - page : 256 - éditeur : Gallimard

    en cliquant sur sa photo on va sur un site consacré à l'écrivain 

  • Un peu de pédagogie sur l'Europe

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    Les européanistes ont raison, il faut beaucoup plus de pédagogie sur l'Europe, pour bien faire comprendre ce que c'est. Par exemple, en dehors de ce vote du parlement de Strasbourg pour Comm1-s.gifrefuser de reconnaître l'importance du "Non" irlandais, la commission de Bruxelles vient de prendre une décision qui porte à 60 heures la durée de travail maximum autorisée en Europe. C'est-à-dire que les employeurs pourront demander d'effectuer ce nombre d'heures sans salaire minimum garanti.  Et l'on peut garder un "sans-papier"  18 mois et plus dans un centre de détention. Il semblerait depuis quelques jours que les institutions de l'Union se demandent s'il ne faudrait pas lever le pied au moins quelques mois en attendant que les petits orages déclenchés un peu partout en Europe se calment, en plus, il n'y a même pas eu de victoire de la France pour faire oublier la hausse des prix ou du pétrole, alors il faut bien faire semblant de pleurer quelques larmes de crocodiles. Je rappelle quand même que le projet terminal de Bruxelles quant à l'agriculture est de ne conserver des cultures que le long du littoral européen du Danemark à l'Espagne, sans demander leur avis aux agriculteurs, faut quand même pas exagérer, la démocratie c'est bien tant que les votants votent comme on leur dit de faire.

  • Écrivain en kit

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    marc_levy.jpgIl y a un concept que j'aime bien chez les "situs" c'est celui de réification ou l'art de transformer en chose quelque chose qui n'a pas vocation à l'être. L'auteur de romans, de livres en général, devient lui aussi une chose. En attendant de trouver dans le commerce la poupée de certains auteurs en kit, Florian Zeller ou Marc Lévy, il y a certes de la marge. On imagine les dialogues de petites filles, ce qu'elles inventeraient avec les poupées : "Barbie vient de faire une dépression nerveuse parce que Ken/Florian l'a quittée pour Ken/Marc", Ken a eu une très bonne critique dans les "Inrocks", donc il a fêté ça avec trois mannequins suédoises à la "Scala", Barbie vient d'essayer un nouveau bar à "smoothies" végétarien et elle l'a conseillé à Ken/Florent qui a préféré se saoûler au "Baron" en compagnie de l'attachée de fesses, pardons, de presse, de Ken/Marc" et ainsi de suite. On voit parfois un auteur un peu moins connu posé dans un coin de bar branchouille entre une guitare électrique qui fait "rock" et une sorte de p.. moderne à frange faisant la gueule, une fille intelligente fait la gueule (traduire jeune femme libérée qui a besoin du soutien des hommes pour vivre ses désirs à fond). Son interviou est montée façon clip, entrecoupée d'images flashs drôlement signifiantes aux yeux du gars ou de la fille qui réalise ce genre d'émissions. Il n'y a même pas besoin de lire le livre du gars, l'important étant de se donner un genre en l'ayant bien en vue dans sa bibliothèque, en montrant le couverture de manière bien apparente au café ou sur son lieu de travail. L'écrivain en kit est livré avec sa barbe de trois jours, ses cheveux soigneusement décoiffés, son verre d'alccol qui fait blasé de la vie mais en fait tellement idéaliste, du "ouiski" ou du "djinn"...