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jeudi, 22 mai 2008
Les bourgeois en 68 et quarante ans après
Je dois dire que j'avais plutôt envie d'écrire un billet pas très doux sur ces gens qui dissimulent, mentent et jouent la comédie, sur les beaux parleurs parfois criminels à force d'encourager la bassesse chez les autres, qui s'affichent une chose alors que ce sont des menteurs. Mais voilà, ça me donne la nausée rien que d'y penser et je préfère écouter cette chanson de Brel qui parle des bourgeois, y compris ceux qui confondent progrès social et partie fine comme dans ce film de Bertolucci, esthétiquement intéressant mais vide, grandeur d'âme et vanité, y voyant de nouvelles occasions de se laisser aller à leurs pulsions finalement traditionnelles et grossières. Chercher un alibi ou un prétexte politique fait de plus perdre du temps avant de faire l'amour. Ils ont de la chance, car le bon peuple les adule et se laissera aller à beaucoup de lâcheté pour quêter de leur part une parole qu'ils s'imaginent puissante. "Mai 68" a permis à la bourgeoisie, à la bourgeoisie seule, à se laisser aller sans contraintes à son amoralisme profond qu'elle camouflait depuis le XIXème siècle sous des dehors aussi austères que le redingote d'un parpaillot patron d'usine en 1860. Enfin, ceux qui ont la nostalgie de l'ordre moral de cette période pourrait se souvenir du sort réservé aux femmes troussées derrière une porte ou engrossées par désoeuvrement.
En parlant de bourgeois, j'ai écouté et lu quelques hommes et femmes de gauche nous parler de "l'ébullition populaire de Mai 68" et répondre ensuite à la question sur leur lieu d'études et c'est assez amusant, au deuxième degré : Condorcet, une boîte pourrie certainement, Henri IV, une autre boîte où le sentiment d'insécurité est fort certainement, Corneille à Rouen, Faidherbe à Lille et j'en passe. Beaucoup de ces bons élèves le disent de plus en plus clairement, ils sont d'accord une politique de droite et libérale voir ce matin la dizaine de députés PS trouvant les réformes structurelles de Sarkozy et Fillon très bonnes. Ce n'est pas qu'un lycéen d'Henri IV ou de Condorcet, plus accessibles d'ailleurs aux élèves de banlieue en 68 qu'en 2008 malgré toutes les bonnes paroles, ne sache pas ce qu'est un pauvre ou ne puisse comprendre la pauvreté mais il ne réalisera jamais ce qu'est la pauvreté. Au lieu d'écouter les belles paroles des bons apôtres, lisez plutôt Eric Maurin sur le ghetto français, il est largement plus radical pointant les bourgeois, les vrais, qui ne se limitent pas aux carrés Hermès/Loden bleu marine, là où ils sont...
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait boire nos vingt ans
Jojo se prenait pour Voltaire
Et Pierre pour Casanova
Et moi, moi qui étais le plus fier
Moi, moi je me prenais pour moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant
[Refrain] :
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c...
Le cœur bien au chaud
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait brûler nos vingt ans
Voltaire dansait comme un vicaire
Et Casanova n'osait pas
Et moi, moi qui restait le plus fier
Moi j'étais presque aussi saoul que moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant
[Refrain]
Le cœur au repos
Les yeux bien sur terre
Au bar de l'hôtel des "Trois Faisans"
Avec maître Jojo
Et avec maître Pierre
Entre notaires on passe le temps
Jojo parle de Voltaire
Et Pierre de Casanova
Et moi, moi qui suis resté le plus fier
Moi, moi je parle encore de moi
Et c'est en sortant vers minuit Monsieur le Commissaire
Que tous les soirs de chez la Montalant
De jeunes "peigne-culs" nous montrent leur derrière
En nous chantant
[Refrain]
11:01 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, musique, société, politique, ump, sarkozy, ps




















Commentaires
Tout cela prête à rire en effet : Il n'y a qu'à tourner la tête - même dans la rue.... - que ce sont toujours les mêmes qui ont le pouvoir & que le communautarisme vit apparemment sa flamboyante heure de gloire !
Ecrit par : Jean-Yves | jeudi, 22 mai 2008
Ce fut d'ailleurs la même chose en 1789. Rien de neuf sous le soleil. Les fils des puissants peuvent bien faire la révolution, c'est finalement pour mieux asseoir leur autorité (ou la légitimer par un acte personnel). Après, ils redeviennent des héritiers. J'ai connu ainsi le fils d'une famille richissime qui se disait de gauche (le fils, donc). Aujourd'hui il est sénateur et il n'y a pas plus libéral que lui.
Ecrit par : Feuilly | vendredi, 23 mai 2008
Il y a une collusion entre libéraux et libertaires, ce sont les mêmes. Les libertaires ne font qu'aller au bout de la logique libérale au fond.
Comme disait Desproges : "en 1789, les bourgeois ont pris le trône, deux-cent ans après ils sont toujours assis dessus"
Ecrit par : Amaury | vendredi, 23 mai 2008
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