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lundi, 19 mai 2008
Il y a vingt-sept ans...
Il y a vingt-sept ans, j'allais rentrer en sixième, c'était comme un ciel sans nuages. Dés le début de la sixième, nos enseignants (on était treize ans après 68) nous répétait que l'on devait rêver notre avenir, que tout nous était possible et qu'il y avait encore beaucoup de choses à faire, en mai 1981, beaucoup de nos enseignants nous ont dit qu'on allait voir ce que on allait voir, que tout allait changer, ils y croyaient, en 1982, tout le monde avait oublié son vote il faut s'en rappeler aussi. En dessin, comme en musique, c'était l'expression personnelle de chaque élève que l'on essayait de déceler et non sa conformité au moule et cela j'appréciais. A la radio, a la télévision, la parole me semblait plus libre, moins corsetée et standardisée. En 1983, certains parmi nous ont porté un petit badge pour signifier qu'ils étaient contre le racisme, pour d'autres c'était parfaitement inutile, pourquoi avoir besoin d'un badge pour affirmer une évidence. Il y avait beaucoup moins de chômage, beaucoup moins de SDF, même si on commençait à parler des "nouveaux" pauvres, excepté deux ou trois "clochards" folkloriques, peu de gens dormaient dans la rue. Quant au racisme, il y avait toujours quelques petits blancs pour se laisser aller à cette sottise, mais les ados d'autres origines étaient tous acceptés, sans que la question de leurs origines ne se pose, sans qu'ils ne la posent. La tolérance n'était même pas une question, n'était même pas une problématique. dés 1983, le gouvernement de gauche a repris les bonnes habitudes des précédents et la Crise, le fric et le pouvoir ont fait leur oeuvre.
A chaque période de l'histoire, bien que celle-ci ne se répète pas, on retrouve des constantes, quand ça va mal, les peuples se replient sur eux. En 1984, le Pen, qui avait fait un petit score déjà aux européennes en 79, a commencé par monter en puissance, surtout grâce à Mitterrand qui y voyait un moyen de contrer la droite dite traditionnelle, engrangeant aussi les anciennes voix des communistes. A gauche comme à droite, on a réagi comme si tout le petit peuple était devenu frontiste, comme si tout le petit peuple était devenu raciste, et l'on a assené les leçons de morale à jet continu, leçons parfaitement inefficaces, comme d'ailleurs toute l'éducation historique concernant le Shoah. Encore maintenant un français pauvre est surtout "un plouc" aux yeux des "mieux pensants". L'on a affublé les contradicteurs de ces leçons de morale de toutes les épithètes et à partir du moment où on insulte quelqu'un en le traitant de "faf", de "facho", de réac", et j'en passe, il n'y a plus de discussion possible, autant se foutre sur la gueule directement commes les épithètes utilisées de l'autre côté ("bolcho", "gaucho" etc...), le résultat étant là que les "réacs", "fachos" et autres se sont radicalisés. Les donneurs de leçons de tolérance, d'écologie, de xénophilie, d'homophilie, ne comprennent pas encore tout cela, et sont toujours persuadé d'être la lumière des peuples, la différence est que maintenant ils n'hésitent pas non plus à profiter des joies du libéralisme. Ils les accusaient d'être réactionnaires, je crois qu'ils ne réalisent pas à quel point ils vont en avoir du réactionnaire, en tubes et par paquets de douze !
Enfin, y compris du côté des personnes d'origine étrangère qui ont entendu leurs belles paroles souvent angélistes, mais n'ont pas vu suffisamment d'actes concrets, le résultat obtenu a été de développer une conscience identitaire beaucoup plus forte. Sans parler de l'aveuglement sur la laïcité qui a fait que plutôt d'aider à l'organisation laïque d'un culte musulman intégré, ce que finalement le gouvernement a fait mais trop tard, on a laissé entrer des imams intégristes et souvent ignorants du Coran lui-même mais dont l'idéologie dite "salafiste" est très dangereuse (de toutes façons pour les donneurs de leçons de tolérance et de morale, ce sont les cathos les intégristes, une bonne fois pour toutes, et ils n'en démordent pas). On sait maintenant que la laïcité est un doux souvenir dans beaucoup d'établissements et ce n'est pas du fait des seuls cathos. Enfin, le Pen était un épouvantail bien utile, mais qui a prévu Hortefeux ?
Je pense aussi que les puissants considèrent ce genre de discussions très polémiques avec amusement, puisque cela ne les empêche en rien de nuire, eux savent que la politique est une vaste scène à l'exception de quelques personnes sincères. Elles sont rarement élues, ou maire, ou député.
Trois souvenirs de 1981 : la tentative d'assassinat de Jean-Paul II, l'élection de Mitterrand, j'avais la grippe, je me souviens avoir regardé cette image dans un brouillard cotonneux, et Brassens mort cette année là.
Note personnelle : En 81, on écoutait Desproges sur Inter, il n'y passerait pas maintenant et parfois Coluche sur Europe. On regardait parfois Polac, sans y comprendre grand-chose...
11:20 Publié dans Article | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, politique, société



















Commentaires
Bien entendu, car ce qui fait le + de dégats aujourd'hui; c'est l'intolérance et moins le racisme - réservé aux personnes les + défavorisés - ; sans dire évidemment que de nombreux " donneurs de leçons " ( et connus pour leurs saines opinions biens dans le moule ) sont en vérité très à droite !..
Ecrit par : Thomas More | lundi, 19 mai 2008
Et réacs !
Ecrit par : Amaury | lundi, 19 mai 2008
Jack Lang
"le 10 mai, la France est passée de l'ombre à la lumière"
Ecrit par : Simon says | lundi, 19 mai 2008
Coluche avec Maryse sur Europe 1, c'était mortel !
Les années "collèges" et années "lycées" ce sont les meilleurs années de la vie avec de l'insouciance et une prise de conscience dans le monde dans lequel on vit.
Moi, je me rappelle "d'Amandine" : premier bébé éprouvette Français dont on parlait à la télé et des cours d'Education sexuelle qu'on a jamais eu au collège mais que l'on pouvait feuilleter au CDI dans les bouquins de biologie... parce qu'on était curieux de tout ça...
Je me rappelle d'un pote qui avais mis le fameux badge de la main jaune (qui ressemblait à la main de Pif le chien) sur sa braguette...
Et puis vers 84 ou 85 on a parlé du SIDA à la télé...
Et puis je crois que ça a été les premières émissions de Nicolas Hublot dont on entendait sa parole entre 2 respirations à travers un masque...
Et puis les émisssions cultes de Michel Polac : Droit de réponse avec un Gainsbourg et un Renaud complètement déchainé...
Et puis la cohabitation...
Vive les année 80 !
Ecrit par : Éric | mardi, 20 mai 2008
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