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dimanche, 04 mai 2008

Je lance une nouvelle mode : "l'alimenting"

C'est une nouvelle mode que je viens d'inventer, mon esprit bouillonnant me l'a suggéré : "l'alimenting"(TM).

C'est très simple, cela consiste d'une part à faire rigoureusement la même cuisine qu'auparavant, ce que l'on appelait la "cuisine bourgeoise" qui définissait en fait la cuisine populaire, mais en la présentant tout à fait différemment, d'autre part à goûter des modes de cuisson ou sans cuisson du tout, on ne cuit plus rien ou alors on réduit tout en bouillie.

Alors par exemple, le "pot-au-feu Y28 (2008 en anglais "in", prononcez "ouaïe, two, eight")" : vous faîtes un "pot-au-feu" exactement de la même manière qu'avant (boeuf, carottes, herbes aromatiques, 1226130188.jpgetc...) mais au lieu de le servir dans des assiettes vous le servez dans de toutes petites cuillères, une bouchée par cuillères, une cuillère par invité. C'est drôlement "in", vous êtes en plein dans la mode et en plus votre pot-au-feu peut servir pour une vingtaine de soirées. Évidemment, quand la viande commence à sentir, vous rajoutez des épices dessus, et vous appelez ça un "world pot-au-feu" ou bien vous le servez avec des fraises "Tagada" (le saucisson et les cacahouètes servies avec des nounours au chocolat sont également prisés) et là tout le monde vous trouvera génial d'avoir inventé un "happening" formidable et tellement critique vis-à-vis de la cuisine bourgeoise dans une invention "à la fois régressive et tellement surprenante". Il y a encore mieux, vous faîtes des petites boules avec la viande et les carottes, vous congelez ça, vous servez dans des verres d'azote liquide et vous appelez ce truc un "techno world pot-au-feu", le 14348209.jpgsuccès sera encore plus grand. Moi-même, je conseille alors de servir le "pot-au-feu" avec une boule de glace à la vanille. Tout ces plats seront servis sur des nappes "Vichy" car le nouveau gastronome se préoccupe d'authenticité et le "Vichy" c'est l'authentique à souhait pour lui. Et puis ça fait peuple, donc ça le déculpabilise car le nouveau gastronome est souvent un bourgeois. Sur ces plats délicieux, je conseille un vin avec une étiquette qui sent bon l'authenticité, les trou-du-cul pompeux adorent ensuite pontifier vingt minutes le nez au-dessus de leur verre, ce qui permet de vendre des piquettes imbuvables à prix d'or de petits producteurs à des gogos vaniteux, ou alors, pour rester dans le régressif, du "Coca" ce qui diminue les coûts.

Finalement, "l'alimenting"(TM) c'est le "fooding" accessible à toutes les bourses.

Photos : Comme quoi j'invente à peine, le truc du haut c'est un pot-au-feu aux carottes et au gingembre (la sauce se suce comme un esquimau ce qui me fait dire que cela plaira aux lèches bottes professionnels que l'on rencontre dans ce genre de soirée pour nouveaux gastronomes) et celui du bas une entrecôte aux pommes de terre en "robe des champs".

Comment le bourgeois peut-il reconnaître les pauvres ?

2042336954.gifLe bourgeois a déjà vu des pauvres, il en croise dans le métro, parfois dans le train, et même dans les supermarchés. Il sait qu'il y a les pauvres très pauvres qui font la manche et les pauvres un peu moins pauvres qui sont beaucoup plus nombreux cependant. Selon lui, le pauvre sent mauvais à partir de 17 heures quand il va prendre un pot dans un café ou une brasserie avec un autre bourgeois, il faut dire que le pauvre t-r-a-v-a-i-l-l-e sans que son Papa ou sa Maman ne le pistonne, et qu'il n'a même pas de relations dans les milieux qui comptent. Le bourgeois sait bien qu'il ne risque rien de ce point de vue là. Il sait qu'il peut faire ce qu'il veut, croire en ce qu'il veut, le fric, seul, compte, et les apparences. Le bourgeois connaît bien aussi les pauvres d'origine étrangère qui font du bruit en parlant, souvent avec les mains, et se coiffent de casquettes. Il se sent vaguement attiré. Comme il sait bien qu'il a de la chance, le bourgeois se croit autorisé à donner des leçons de morale aux pauvres : "Travaillez plus" (le pauvre est une feignasse selon lui), "Mangez moins de cochonneries" (en effet, le pauvre se goinfre de chips devant la télé pour se distraire, l'inconscient), "soyez sympas", "Mangez des trucs plus naturels", "Arrêtez de fumer", "Buvez moins d'alcool" (à noter que quand le pauvre boit, il est alcoolique, quand c'est le bourgeois, c'est un poète en dérive). Il sait aussi que le pauvre est inculte et regarde TF1 pour se distraire (en ce cas, le bourgeois dit que le pauvre est un "beauf" ou un "plouc").

Enfin quand le bourgeois dit "j'ai faim", il ne se rend pas compte de ce qu'il dit, même s'il a sauté un repas, le pauvre si. c'est la plus grande différence.

Invitation à "la Party" de Blake Edwards

Les comédies de Blake Edwards sont étrangement amères, caustiques et la folie furieuse y monte en puissance jusqu'à l'explosion finale. J'aime bien "The Party", revue hier soir, où le personnage de Peter Sellers, qui bien que naïf et extrèmement maladroit est aussi et surtout le seul à rester intègre, c'est pour cela qu'il passe pour un "loser", permet de se foutre de toutes les conventions sociales, de mettre en pièces toutes les prétentions. Ce film a quarante ans mais est toujours d'actualité. D'autres scènes de ce film à la touche "menu". 

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