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samedi, 03 mai 2008

Les proportions et vases communicants de la vanité

1330700307.jpgJ'ai remarqué une constante chez l'être humain, c'est que dés qu'il dispose une parcelle de pouvoir ou de savoir, celle-ci si infime soit-elle : plus le pouvoir, le savoir, la célébrité sont petits plus le sentiment de posséder quelque chose d'unique, plus la prétention et la vanité sont importantes. C'est assez étrange car cela devrait être le contraire : pendant mes études, je ne me lassais jamais de discuter avec des universitaires à la liste de diplômes longue comme un jour sans pain et capables de dialoguer avec l'ignorant que j'étais en égaux, ignorant que je suis toujours, et la vanité boursouflée de thésards voire de licenciés venant à peine de commencer leur travail, bien souvent anecdotiques comme leurs opinions qui étaient autant de clichés éculés.

On me dira, c'est normal, c'est légitime de vouloir se mettre en valeur.

Je me rappelle aussi, quand je m'occupais du service communications d'un festival de musique en Île de France ("Campus A l'Oreille" disparu en 1994), des exigences ubuesques d'un groupe de musiciens sortis de l'anonymat grâce à nous un an plus tôt et inversement de la gentillesse d'un pianiste de Jazz mondialement connu. Je pense également à ce père dominicain, exégète rigoureux et fameux, capable de correspondre avec une petite fille de 7 ans. Je pourrais poursuivre longtemps, parler de Michel Sabbah, excusant mon indélicatesse (oubliant le protocole je lui ai serré la main), de Gideon Levy, croisé chez les Pères Blancs ou d'Amira Hass, d'Annie Kriegel, de l'intelligence pétillante de Marc Minkowski ou André Francis ou encore la finesse de Michel Grégoire rencontrés par "Campus A l'Oreille", je me souviens du charisme de Jacques Isorni, immense.

1840761725.JPGEn face, il y a lui ci-contre, il y a ce maire et les conseillers municipaux d'une commune de 800 habitants qui raisonnaient pour leur bled qui comptait surtout des retraités comme pour une capitale, et aussi tous ces grands penseurs dont les oeuvres impérissables finissent toujours dans les bacs à deux euros chez "Gibert Jeunes". Il y a cette réalisatrice de documentaires "ruraux" authentiques (elle leur demandait de travailler à la fourche et à la serpe pour faire vrai) affolée par le succès de son premier film qui se pose déjà en héritière de Jean Rouch, cet historien qui refuse de signer les livres que je lui tendais en tremblant de respect "parce que je ne les avais pas acheté sur le salon" etc....

Enfin, suis-je vaniteux, bien sûr, la question ne se pose même pas, sinon je n'écrirais pas, je n'en ressentirais pas le besoin. L'important étant d'être lucide là-dessus et de ne pas se laisser emporter car comme dit le sage Montaigne : "on serait assis sur le plus haut trône du monde que l'on ne serait assis que sur son cul".

Commentaires

Moi, j'évite de péter plus haut que mon cul de peur que ma nuque sente le prout.

Ecrit par : Éric | samedi, 03 mai 2008

beaucoup, leurs nuques empestent...

Ecrit par : Amaury | dimanche, 04 mai 2008

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