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vendredi, 02 mai 2008

Fiche bricolage du professeur Choron : faisons des frites

Un peu de sophistication dans un monde sans joie, le professeur Choron, fin lettré lui aussi de l'école ethylique de philosophie, nous distille sa sagesse.

La lutte armée ?

724368014.jpgIl en est pour parler de lutte armée contre la pauvreté et l'injustice. Longtemps, moi-même, j'ai rêvé sur les Brigades Internationales, Orwell, qui a quand même constaté lucidement les ravages exercés sur place par les plus totalitaires des Brigades, les staliniens, Simone Weil, la philosophe (je le précise à l'intention des imbéciles et des jeunes), ou Malraux qui s'engageaient pour la liberté, Bernanos qui fichait le camp pour tenter l'aventure vers "le chemin de la croix des âmes", la liberté, à mon avis, est la seule idée qui vaille la peine que l'on se batte pour elle. 

Pourquoi pas ? Ce serait logique, les profiteurs, les exploiteurs ne comprennent que la violence et le rapport de forces. C'est quand on demande quand l'on entrera enfin en lutte que les choses se gâtent. Désolé les enfants, je vais citer l'Évangile mais c'est un peu comme le jeune homme riche qui veut changer les choses, améliorer ce monde, agir, à condition que cela ne le gêne pas trop dans son confort matériel et intellectuel. Et le problème est que bien souvent les insurrections armées ne font qu'amener au pouvoir un opportuniste cynique qui en profitera pour ramasser les rênes de la gouvernance sous le couvert du bien du peuple. Les idéalistes font les révolutions, les hommes de pouvoir en goûtent les fruits (sacrebleu, c'est beau ce que je viens d'écrire, non ?). Il y a un autre problème qui est que l'on peut tuer des innocents, à partir de quel moment quelqu'un est-il un profiteur pour le peuple ? A partir de quel moment peut-on combattre quelqu'un ? C'est une question à laquelle ne réfléchisse pas les terroristes palestiniens du Hamas qui vont s'exploser dans les quartiers et les villes les plus ouverts à la paix. Serait-ce donc qu'il n'y ait que de la haine en fait chez eux ? Les FARC ne sont plus seulement des révolutionnaires mais aussi et surtout des mafieux se choisissant un prétexte politique qui vivent du trafic de drogue, et les pays de l'ALPA où se834952839.jpg sont organisés quelques expériences sociales intéressantes sont aussi des profiteurs du pétrole. Les idéalistes ont la foi dans les hommes providentiels, les sauveurs. C'est tentant d'y croire parfois, mais l'on sait que le pouvoir et l'adulation excessive corrompraient le meilleur des hommes.

En fait, il y a bien un exemple qui me vient à l'esprit de lutte contre les profiteurs, c'est celui de Paul Watson qui se bat contre les pétroliers et les pêcheurs industriels illégaux, ou les trafiquants de drogue, depuis vingt ans, à coup d'éperonnage et de bagarres, et dont la tête est mise à prix dans une vingtaine de pays (en photo ci-contre).

Où l'on parle de Saint-Roy...

1542979496.jpgJe le dis tout de suite, je n'ai aucun intérêt dans les éditions Stock ni quelque lien que ce soit avec Sébastien Lapaque, quoique, si je cite son dernier livre, "il faut qu'il parte", à lire absolument, une troisième fois, c'est parce qu'il le mérite et que j'ai envie de parler d'un personnage de l'ouvrage, que je connais également : Saint-Roy. C'est l'interlocuteur privilégié de l'auteur et je reconnais parfaitement la personne. J'aime bien, même encore maintenant que nous sommes fâchés, Saint-Roy, malgré ses contradictions, ses prises de position que je ne partage absolument pas, son amour pour l'idéologie marxiste, ses aternoiements et ses jugements parfois très injustes. Saint-Roy pouvait être dans le même temps à la fois grossier et vulgaire comme un président en goguette au Salon de l'Agriculture, et fin lettré, raffiné et délicat comme un honnête homme du XVIIIème siécle qu'il est aussi. Je ne me serais jamais risqué à le contredire sur une opinion, non pas qu'il ne l'aurait pas accepté, mais ça me plaisait de le voir dans de grandes envolées lyriques et humoristiques aussi, car le bougre a du style, il faut bien l'avouer même si je n'aime pas tout ce qu'il écrit. Il me voyait un peu comme Ignatius dans "la Conjuration des Imbéciles", alors que j'aurais préféré Marcel Aymé ou Athos, j'ai compris depuis peu à ce propos que j'étais plutôt une sorte d'Aramis à physique de Porthos. Nous nous contredisions aussi sur d'autres choses comme le genre de femmes que nous aimons, sur lequel, si j'ose dire, nos appréciations divergent. Saint-Roy est comme moi un emmerdeur, un chieur, un type complexe et à la fois violent et hyper-civilisé, et du genre à se retrouver la tête sur la billot que de se dédire même s'il a tort. Enfin, Saint-Roy parle au début du livre des blogs en des termes très durs, peut-être son modèle n'a-t-il pas dit cela il est vrai, le personnage n'a pas tort, les blogs recèlent tous une part d'obscènité, beaucoup plus qu'un livre, cependant je crois savoir que Saint Roy tient lui-même un blog et participe à un ou deux autres journaux virtuels.

Évidemment, je divague, ce n'est qu'un personnage auquel je me compare... 

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