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mardi, 15 avril 2008
Richard Millet m'agace ou "Goupi mains rouges écrivain"
Sur les conseils d'un ami qui trouve cela génial, j'ai feuilleté quelques pages de Richard Millet chez mon dealer habituel de papier que cela ne choque pas que je passe vingt minutes à lire en diagonale un bouquin (pour Millet on a le droit de dire bouquin et non livre) et de le reposer ensuite pour ne pas l'acheter. Richard Millet décrit son voyage dans le métro, toute une aventure pour lui, les odeurs des autres voyageurs qui l'épouvantent, suggérant au passage par sa prose que le pauvre qui prend les transports en commun est encore maintenant un "pue-la-sueur", un individu louche d'une "classe dangereuse" et cosmopolite ce qui a l'air d'être pour lui le détail le plus horrible. On le sent terrorisé. Il met ça en parallèle avec sa vision idyllique de la campagne, de la province où tout lui semble plus simple, en Corrèze, et beaucoup moins perverti. Il fait l'éloge de la rudesse de la terre et du travail des paysans, les décrivant comme ils étaient au XIXème siècle, en effet, quel pied c'était à cette époque, la pauvreté, la prolétarisation progressive par la bourgeoisie, les filles mises enceintes après avoir été troussées qui n'avait plus comme choix que les aiguilles de l'avorteuse, le bordel ou la mort. Quand on lit les rapports de police des XVIIIème et XIXème siècles on s'aperçoit qu'on pouvait mourir noyé dans une flaque d'eau pour des questions d'héritage ou de commerce. Quant à Millet, sa description de la province rappelle "Goupi mains rouges", film tourné pendant l'occupation dans lequel un citadin tente de corrompre la pureté de cette vie rurale, car il nous ressert évidemment le cliché cent fois rebattu de la ville, Paris, diabolique, infernale. Il devrait relire René Bazin. Il oublie Bernanos qui donne au Diable les traits d'un maquignon d'Artois et place l'intrigue du "Soleil de Satan" dans un petit village si tranquille, si refermé dans ses certitudes et son étroite petitesse morale. Enfin, cet auteur prédit la fin de la littérature comme d'autres l'on fait avant, à commencer par les promoteurs du "nouveau roman" qui n'ont fait que le rétrécir. Or, des livres comme "L'homme qui tombe" de Don DeLillo ou même les livres de genre policier ou fantastique voire les auto-fictions comme celle de Grégoire Bouillé, montrent qu'il n'en est rien, la littérature est vivante et a encore beaucoup de choses à dire mais cela, un esprit étroit ne peut le comprendre.
15:43 Publié dans A boulets rouges... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, politique, société




















Commentaires
c'est le genre de bouquins que j'évite de feuilleter dans les rayons...
Ecrit par : Éric | mardi, 15 avril 2008
je ne connais pas cet auteur mais ta critique est argumentée
tu es le 3e cette semaine qui cite Don Dellilo : faut vraiment que je le lise !
Ecrit par : Eric LOW | mardi, 15 avril 2008
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