mercredi, 09 avril 2008
Les monstres sont des êtres humains comme les autres
Alors que je me lavais les cheveux ce matin, entretenant leur souplesse de champ de blés et leur fraîcheur scandinave grâce à un shampoing aux plantes de Granier, je pensais à Fourniret et sa femme. Comme je suis un esprit fort, j'arrête pas d'avoir des pensées profondes, même sous la douche. Désolé pour cette introduction primesautière pour ne pas sombrer dans l'esprit de sérieux, chers auditeurs, après ça se gâte de toutes façons. L'horreur des actes qu'ils ont commis est abominable, il n'y a pas à barguigner mais ce qui m'étonne le plus de ce genre de monstres, c'est qu'ils aient pu faire ça tant d'années sans que personne ne se pose de questions dans leur entourage. Cela rappelle un peu l'affaire Romand, ce type qui a pu mentir pendant dix-huit ans à sa femme et ses amis. Il s'en tirait en mimant la réussite sociale et le fric, il avait tout ce qu'il fallait : la voiture, le pavillon, le chalet, les vacances à la mer en été, aux sports d'hiver en hiver, les soirées avec les notables du coin. Et il n'avait pas la tête à ça. Fourniret, lui, avait un château et passait pour un bon tonton gâteau auprès des commères du bled où ils habitaient. Il disait bonjour aux gens et allait aux fêtes de famille où il faisait "la chenille" en fin de banquet comme tout oncle de famille sympa qui se respecte. Et il n'avait pas la tête d'un assassin, tout comme sa femme n'avait pas la tête d'une complice de serial-killer, mais d'une petite femme de retraité tranquille et respectable. C'est d'ailleurs souvent le cas, l'entourage d'un assassin tombe des nues.
Car dans notre société, ce qui est fondamental, c'est ce dont on a l'air et non ce que l'on est, personne ne se posera de questions tant que l'on maintient les apparences : personne ne se posera de questions sur les cris qui viennent de la maison d'à côté et si on les entend un peu trop on ferme les volets. Ces monstres là sont bien utiles, ils permettent de tout justifier aux yeux du citoyen lambda qui se sent conforté dans sa médiocrité et son égoïsme parce que le Tibet, il n'en a rien à foutre tout comme le Darfour ou la Palestine, ça le gonfle. Il y a aussi les monstres quotidiens et ceux qui ne sont pas punis par nos lois : le "trader" qui joue avec l'argent d'une entreprise et est responsable parfois du licenciement de milliers de personnes, ce qu'il sait parfaitement et ce qui ne le trouble pas, le politique qui promet de réembaucher tous les employés de Mittal à Gandrange et qui s'avère être un menteur, et puis aussi les "bons" citoyens qui regardent un SDF qui vient de faire sous lui parce qu'il a trop bu, parce qu'il n'y a que ça qui lui reste, et les "bons" citoyens de ricaner et de chercher le ricanement chez l'autre. Il arrive que je me demande si nous ne sommes pas une société de monstres ?
11:47 Publié dans Article | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : politique, littérature |
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Commentaires
Pour moi, il ne devrait pas y avoir de faits divers dans les JT. Ca fait de la pub à des criminels qui parfois ne demandent que ça.
Ecrit par : Lily | mercredi, 09 avril 2008
Bien à vous,
Estelle
Ecrit par : Estelle | mercredi, 09 avril 2008
Cordialement, Amaury
Ecrit par : Amaury | mercredi, 09 avril 2008
Une belle soirée à vous.
Estelle
Ecrit par : Estelle | mercredi, 09 avril 2008
Ecrit par : Éric | dimanche, 13 avril 2008
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