« Paroles historiques sur la plage - De Gaulle à la plage, Ferri | Page d'accueil | La vie n'est pas si moche »
vendredi, 21 mars 2008
Blondin et ses supposés héritiers
Blondin a beaucoup d'héritiers. Je ne suis pas sûr qu'il les reconnaîtrait tous, fût-ce devant notaire. De lui, ils retiennent surtout l'image d'adolescent prolongé buvant un peu trop tous les soirs, cherchant à se mesurer avec ses interlocuteurs après les avoir étreints quelques minutes avant. Ce sont des garçons sages, des bons élèves qui ont cette image de cet auteur. Cela les console de ne pas s'être laissé aller à quelques dérives pendant leurs études, de ne jamais être sorti du cadre. Bien sûr, ils ne vont pas jusqu'à renier les quelques hochets sociaux et avantages en nature dont ils bénéficient de par leur réussite très balisée, ou la cour de lèche-bottes qui grossit en proportion de leur éventuelle notoriété, il ne faut pas exagérer. De tout cela, comme de la considération éventuelle de sa charcutière, Blondin s'en fichait éperdument. Il écrivait parce que c'était comme ça, c'était vital et qu'il n'y avait rien d'autres à faire pour échapper à la désespérance. Et il détestait tout autant les révolutionnaires de salon de pacotille que les anarchistes de comptoir ou les rebelles syndiqués.
Blondin était le dilettante type, n'écrivant que par compulsion, le format de la nouvelle lui convient donc parfaitement, on connaît l'anecdote de sa "séquestration" pour l'obliger à finir un roman, écrivant pour comprendre la raison de son existence, après le suicide de son père. L'écriture était également pour lui un voyage, comme l'ivresse, comme Quentin et Gabriel dans le "Singe en hiver", un voyage qui emmène beaucoup plus loin que n'importe quel train. C'est un écrivain qui ne se prend pas assez au sérieux pour pouvoir jouer les censeurs des moeurs ou les théoriciens politiques, utopistes rêvant d'un bonheur universel et standardisé, un cauchemar en bref pour les hommes libres comme Antoine Blondin. Le style de cet auteur est fait d'intuitions géniales et de fulgurances, même s'il est parfois traversé de facilités peut-être induites par l'envie de l'auteur d'aller boire quelques "ballons" de muscadet avec des bourgeois ou des ouvriers.
Titre : Premières et dernières nouvelles | Auteur : Antoine Blondin | Editeur : Table Ronde
Photos : Blondin devant et dans le restaurant "le Jadis" à Linards chez lui
Note personnelle : un bon anniversaire pour toi qui te reconnaîtra
16:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, politique




















Commentaires
J'ai supprimé un ou deux messages de "fantômes", j'ai toujours été dubitatif face au spîritisme fût-il électronique. Je ne leur répondrais qu'une seule chose : il y a une différence entre la véritable amitié et la relation par intérêt (souvent elle fonctionne à la flatterie : "Si votre ramage...etc" mais vous connaissez la suite).
Ecrit par : Amaury - mise au point indispensable | samedi, 22 mars 2008
Blondiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !
Ca m'fait penser au surnom de Clint Eastwood dans "Le Bon, la brute et le Truand "
Putain ! j'chui encore hors sujet ! ...
Ecrit par : Éric | mardi, 25 mars 2008
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés entre 22 h - 08 h (Europe/Paris).