samedi, 01 mars 2008

Quelques justes pendant la guerre...

639032366.jpgPour ne pas tout à fait entretenir la légende noire des français, en particulier catholiques, sous l'Occupation, je publie la lettre pastorale de Monseigneur Saliège en 1942, un exemple de courage impressionnant, que l'on peut méditer à loisir encore maintenant, que l'on soit catholique ou pas, de gauche ou de droite. Et rappeler les bonnes oeuvres de Mère Marie-Aimée de Jésus non loin de Toulouse ou l'existence du village de Dieulefit, où la majorité catholique et la minorité protestante vivaient en paix depuis le XVIIIème siècle, qui accueillit pendant la guerre beaucoup d'enfants juifs, de réfugiés politiques de toutes obédiences. Selon Aragon, Dieulefit, "village de justes" au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, était la vraie capitale de la France de 1940 à 1945...

Lettre de S.E. Monseigneur Saliège archevêque de Toulouse sur la personne humaine

Mes très chers Frères,

595106843.jpgIl y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t’il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus ?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame, priez pour la France.

Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.

France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’est pas responsable de ces horreurs.

Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.

Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse
13 Août 1942
Photos : Monseigneur Saliège et le village de Dieulefit

13:06 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, histoire, religions, christianisme | |  Facebook

Commentaires

Les cathos qui ont voté Sarko peuvent relire vraiment bien ce texte.

Écrit par : Cyril | samedi, 01 mars 2008

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Ils ont même sauvé des communistes ...

Écrit par : Richard | samedi, 01 mars 2008

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