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  • Des incivilités galopantes

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    5af6abd6a02357e55c13d1dc6b966259.jpgEn passant devant deux vieilles dames en train de faire uriner leurs chiens sur les parterres de gazon d'un des jardins d'Evreux qu'affectionnent les enfants le mercredi, je les ai entendu parler de l'incorrection croissante des jeunes "qui ne sont plus éduqués à respecter les règles car on ne leur a jamais appris n'est-ce pas". Elles avaient raison ainsi que le monsieur qui faisait tourner son moteur depuis un bon quart d'heure devant le porche de sa maison me le confirma, "les jeunes conducteurs n'ont aucun respect pour les autres et ne pensent jamais à leur communauté". Cela m'effrayait et j'ai alors demandé son avis à la dame valide bien habillée qui était garée sur la place de parking "handicapés" devant la poste. Elle pense que "ça vient des profs qui sont tous laxistes, après à la maison que voulez-vous, ces jeunes se conduisent mal", le monsieur d'âge mûr, en veste de grand reporter, sûrement un baroudeur, qui attendait la place, en 4X4, un véhicule indispensable dans la b815eb8df3a58187880b60c85aeb47d3.jpgjungle d'une ville de province comme Evreux, renchérit en disant qu'en plus "leurs moteurs étaient toujours trafiqués pour polluer". Il me dit aussi, ainsi que la jeune femme rousse qui était assise à ses côtés, qu'"il y avait une perte des valeurs morales". Je suis alors rentré chez moi et j'ai allumé ma télévision où j'ai vu Jean-François Copé affirmer qu'il fallait que ceux qui fraudent les assurances sociales soient punis, car "c'est une honte qu'ils profitent de la République en toute impunité". Il en sait certainement quelque chose lui qui est déja certain de toucher au moins 5050 euros par mois jusqu'à la fin de ses jours en plus de son argent de poche en tant qu'avocat d'affaires.

    Ils ont tous voté Sarkozy pour que les règles soient enfin respectées disent-ils...

    Par les autres...   

    En cliquant sur la photo du 4X4 on va sur le blog des "dégonflés", ces trublions qui dégonflent nuitamment les pneus des 4X4 et les décorent avec de la boue (bien sûr je réprouve ce comportement incivique)

  • J'aime pas Halloween - par le Père Fouettard

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    d8fb32521245af292133491180515055.jpgDemain dés potron-minet, des milliers de petits crétins sans cervelle (on est maintenant à peu près sûr que c'était un jour d'Halloween que Gilles de Rais eût soudain des pulsions homicides), conditionnés par leurs parents plus ou moins consciemment, pour devenir de parfaits petits consommateurs, vont débouler dans la rue déguisés l'un en sorcière, l'autre en mort-vivant pour réclamer des trucs dégoûtants qui n'améliorent pas l'hygiène dentaire. Les plus grands organiseront des fêtes sur le même thème en allant acheter tout le matériel au supermarché du coin qui s'en frottent les mains de plaisir non pas solitaire mais commercialement collectif. Les encore plus grands des gosses se colleront quant à eux devant des films d'horreur à la mode ces dernières années, le genre de sottises de 3999af2ed77618b30b54c2cce88d796b.jpgplus en plus sadique et cruel qui a la côte : "Saw"et le remake sans cervelle de "La Colline a des yeux" entre autres car les films d'horreur des années 70 et 80, aussi nuls soient-ils, avaient au moins un tout petit peu de fond, maintenant c'est encéphalogramme plat. D'autres dénoncent cette fête comme une résurgence païenne de traditions celtes, ce qui est effectivement le cas à la base, mais dramatisant la chose lui donne encore plus d'importance, plus rarement l'humour noir et le fait de se déguiser, loin d'être une façon de rendre un culte à une ancienne divinité ou de se laisser arnaquer par une connerie permettant de vendre encore plus de cochoncetés inutiles telle la majorité du troupeau assujetti aux marchandises, étant aussi des manières d'exorciser l'angoisse causée par la mort, mais aussi par la différence, le hors-norme, la bizarrerie ou l'originalité, de moins en 973bb581f6e03930ed6719c3c43c3b80.jpgmoins visibles dans notre société qui ne veut pas en entendre parler. Personnellement, j'aime beaucoup les deux films adaptés de "la Famille Addams" : quand on joue la comédie à l'école, on va jusqu'au bout, quand on fait un spectacle sur la dinde de Thanksgiving, on dit la vérité des faits et non ce qui arrange, les jeunes filles wasp bien propres sur elles y sont d'épouvantables psychopathes, l'une est une "veuve noire" et l'autre une gamine gâtée jusqu'à la névrose. On n'y exprime pas autre chose que dans "Freaks" de Tod Browning, la monstruosité c'est ce qu'il peut y avoir dans le coeur des gens, pas leur enveloppe corporelle.

    Les photos de haut en bas : L'oncle Fétide regarde l'album de famille avec Pugsley et Mercredi Addams, l'oncle Fétide et son copain Lurch, le majordome, dans la série des années 60, Morticia lit une histoire à ses deux charmants enfants.

  • Conversation avec un inspecteur des finances

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    0aa8a8516233c07be8391412b0b71d5e.jpgC'est très intéressant de prendre le car pour aller d'Evreux à Vernon, non seulement on croise des personnes souffrant d'une misère sans nom, des travailleurs précaires, des jeunes en difficulté, mais on peut aussi y rencontrer un inspecteur des finances, à un poste de responsabilité assez élevé semble-t-il, et tout ce qu'il y a de plus authentique travaillant à Bercy. Celui-ci avait commencé à discuter avec le monsieur qui était à côté de lui, j'ai très impoliment écouté ce qu'il disait et lui ai posé quelques questions pour avoir confirmation de ce que je pensais. L'état vend son domaine car il a aussi dilapidé ses ressources, et va licencier encore plus de personnel d'ici quelques années dans toutes les filières : ne vous attendez pas à plus de moyens dans l'Éducation ou la Santé par exemple. Ceux qui ont un statut et des acquis resteront en place en leur garantissant ces acquis, pour qu'ils restent tranquilles, tandis que les nouveaux arrivants seront engagés sur des bases beaucoup moins avantageuses. C'est déjà le cas, l'on fait d'ailleurs passer des régressions pour des progrès plus rationnels. Tout cela, l'inspecteur des finances le disait avec le plus grand calme, un calme qui faisait froid dans le dos. Tout le reste n'est que de la poudre aux yeux.

    a59dfeac0ca871deb840078e97eae602.jpgAprès avoir entendu cela, le train de vie des ministres qui se plaignent, de nos dirigeants et de leur cour, des nantis qui se cooptent et se reproduisent entre eux, paraît encore plus immoral. Il semble bien qu'une certaine nuit du 4 Août, des naïfs ont bien cru éliminer les privilèges, que diraient-ils aujourd'hui ?

    J'aimerais également que quelques uns de nos hommes politiques se retrouvent un jour dans le cas de Jean-Marc Sylvestre admis aux urgences après un accident vasculaire. Lui qui chantait les louanges de la déréglementation et du "laisser-faire, laisser-aller", il s'était rendu compte que le système de santé français, tellement "archaïque", et son personnel étaient efficaces. Il s'était alors laissé aller à conseiller de le maintenir coûte que coûte car c'est à ce système tellement "archaïque" qu'il devait la vie... 

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  • Générateur de couvertures de "Martine"

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    En cliquant sur les images on va sur un site générant les couvertures parodiques de Martine, attention ce site est interdit aux personnes de bon goût (vous voilà prévenus)

    137cad454f7f27cf440d2abee5ad789c.jpgbd2530e5da1f9fe852091eeb94fab5ca.jpg

  • Court métrage d'après "le Rendez-vous de Senlis" de Jean Anouilh

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    L'inventaire
    envoyé par djayprod

  • La vie est un théâtre - Les vingt ans de la mort de Jean Anouilh

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    Jean Anouilh entre enfin dans la Pléïade vingt ans après sa mort

    a83861c89fd9ab7fa90a5455a8c930b5.jpgIl y a celles et ceux qui font la fine bouche devant l'entrée de cet auteur de théâtre dans la prestigieuse collection parce qu'il est catalogué de droite dure, et qu'il a soutenu l'acquittement de Brasillach, poète planant dans les limbes et imbécile qui s'est fourvoyé trop longtemps, comme d'autres, et n'a pas retourné sa veste au bon moment comme les autres, Drieu, que je préfère largement, ira certes encore plus loin dans l'abîme, et sa collaboration était une forme d'autodestruction. Il en est pour lire Brasillach et Anouilh seulement parce qu'ils sont de droite en oubliant les qualités littéraires de leurs oeuvres comme il y en a pour ne lire que des auteurs de gauche ce qui est un non-sens littéraire. Le premier a quand même écrit une excellente histoire du cinéma jusqu'en 1940, quelques un de ses autres livres sentent cependant un peu trop l'exaltation du converti politique au totalitarisme le plus odieux, ce qui personellement me déplaît profondément, mais ses poèmes et quelques pages montrent son incontestable talent, et l'autre est un homme lucide, qui en devient misanthrope mais jamais jusqu'à haïr réellement ses semblables. Le critique d'un magasine culturel dont je parlais dans un post précédent, f352bdd49ecca6b309a7f34388e01961.jpgHugo Cassavetti va jusqu'à suggèrer qu'Anouilh a écrit « Antigone » pour flatter les occupants allemands à travers le personnage de Créon. Celui-ci oublie visiblement que cette pièce d'Anouilh a été jouée au TNP par la troupe de Jean Vilar, homme de gauche, communiste, et que l'auteur s'inspire parfois de procédés suggèrés par Brecht qui n'est pas précisément un réactionnaire. Il n'y a guère que cette pièce d'ailleurs, « Antigone », qui trouve gràce aux yeux des journalistes et de quelques metteurs en scène de théâtres subventionnés qui semblent avoir très peur qu'on 84449da8efe612000d89b542cb7abc1b.jpgles soupçonne d'« intelligence avec l'ennemi » encore maintenant. Selon moi, Anouilh n'est considèré comme de droite que parce qu'il rejette toutes les théories globalisantes qui veulent faire le bonheur de l'être humain souvent contre son gré.

    Anouilh a baigné très tôt dans le théâtre, dans la magie des planches, des comédiens et de l'ambiance de troupe. Il y a une sacrée différence entre regarder un film et voir des comédiens sur scène. On perd à l'écran, à des rares exceptions, la connivence que la proximité du public instaure avec le spectateur. Il était secrétaire de Jouvet qui ne l'aimait pas beaucoup le surnommant « le pion » à cause de la dégaine, à ses yeux, peu avenante de l'auteur dans sa jeunesse. Il a écrit des pièces à peu prés classés sous les registres de pièces « noires » pour les plus caustiques, les plus ironiques, et de pièces « roses » pour les plus insouciantes du moins en apparence, des pièces "grinçantes" satiriques pour les dernières oeuvres et "brillantes" pour ses comédies mettant en scène des personnages plus légers, la plupart étant de toutes façons entre les deux me semble-t-il. Chez Anouilh, l'innocence ne dure pas très longtemps, et parfois même elle n'est qu'une illusion. Ses innocents, souvent des jeunes filles ardentes et sauvages se retrouvent prises au piège des convenances sociales, des compromis que chacun adopte pour se donner une contenance et jouer un rôle qui lui convienne. Car pour Anouilh, c'est toute la vie qui est théâtrale. Un de ses innocents, Gaston, « le voyageur sans bagages », dans la pièce du même nom, finit par se sauver du cauchemar dans lequel on veut le faire replonger, en se trouvant un « oncle » d'une dizaine d'années lui permettant d'avoir une nouvelle chance. Cette oeuvre contient une des scènes les plus poignantes du 904d884d966296eb7ea15a209a342dbf.jpgthéâtre : Gaston, l'amnésique, vérifie l'emplacement d'une cicatrice qui se trouve sur son flanc, et qui prouve qu'il est bien Jacques, un odieux salaud, là aussi en apparence car Jacques, après tout n'était qu'un gosse, et non le gentil et simple Gaston. L'amour vrai, les sentiments profonds trouvent gràce aux yeux d'Anouilh mais ses personnages ne peuvent que rarement s'y accomplir tels Orphée et Eurydice.

    On nous explique savamment et doctement qu'Anouilh ne peut plus être monté car les rapports sociaux ont changé et que les blocages, les problèmatiques, selon le mot consacré, et les hypocrisies de la société de l'auteur à son époque ne sont plus du tout les mêmes aujourd'hui. C'est bien connu : il n'y a plus de pauvres, il n'y a plus d'innocents bafoués, il n'y a plus de femmes opprimées et les échanges entre les hommes ne se basent plus du tout sur une quelconque hiérarchie sociale ou sur un quelconque besoin de compétition. Allons donc ! Cela n'a jamais été aussi b1365963a89a1eb3b71b829b50f8c5b8.jpgpuissant et encore plus hypocrite qu'auparavant car les hommes et femmes de pouvoir et d'argent, ce sont souvent les mêmes, se font passer pour des gens comme les autres, quand d'autres pleurent des larmes de crocodiles sur la pauvreté, l'équité, l'injustice et la guerre sans pour autant bouger le petit doigt. On amuse le reste du troupeau en lui promettant tel ou tel hochet social, en flattant ses bas instincts, en l'encourageant à la bassesse, selon l'auteur. En cela, Anouilh est moderne. Il n'y a pas besoin que la forme de son propos soit tarabiscotée de manière plus ou moins affectée pour que cela passe. D'ailleurs, les auteurs classés comme modernes comme Ionesco et Beckett n'intellectualisent pas leurs propos, l'un s'inspire pour la « Cantatrice Chauve » de « Laurel et Hardy » pour le burlesque de sa pièce, selon ses dires, quand l'autre pour « En attendant Godot » convoque deux « augustes » de cirque finalement pour dire ce qu'il a à dire, on pourrait écrire longuement sur la fascinante correspondance qu'il y a entre le théâtre et le cirque. Anouilh est également fasciné par les hommes de pouvoir, de Thomas Becket (pièce qui contredit edb687b49f6fe6dc06745ccaa746dc63.jpgtotalement l'opinion qui suggère qu'il flattait les occupants dans « Antigone ») à Créon, ce pouvoir étant une farce et aussi une tragédie sanglante qui se joue de la faiblesse des hommes, de leur âpreté au gain, et de leur avidité à dominer. Visiblement, l'auteur de « l'Invitation au chateau » méprise tout cela également. Quant à ceux qui le trouvent sévère, c'est que personne n'aime qu'on le mette en face de ses contradictions.

    J'aime beaucoup deux pièces d'Anouilh sur des individus hors-normes, inadaptés et parfaitement intégrés, odieux et profondément sympathiques : « L'hurluberlu ou le réactionnaire amoureux » qui est une comédie brillante, virevoltante et « allegretto », qui n'est pas loin dc2cb9bf8efabbdab035e0aa9aac70a5.jpgde rappeler Goldoni voire Molière et « Ornifle ou le courant d'air » qui doit être joué par un « cabot ». Tous les deux sont des hommes tonitruants et irrespectueux des bonnes manières et conventions hypocrites admises dans les cercles mondains, qui mettent les pieds dans le plat quand le besoin s'en fait sentir, qui disent leurs faits aux imbéciles et leur vanité aux plus prétentieux des bourgeois jouant les gentilhommes. Le premier de ces personnages a encore des idéaux élevés même s'ils ne sont pas de son temps, le deuxième s'en fout, se grisant d'amours faciles et de champagne pour oublier qu'il est comme le bronze, il résonne magnifiquement mais sonne creux. Je pense que l'on ne peut décréter si Anouilh est ou non moderne, c'est un classique au même titre que Ionesco, pour lequel j'ai une tendresse particulière, et Brecht, Beckett, voire Guitry réhabilté à juste titre depuis quelques semaines.

    Les photos : de haut en bas, Anouilh à la fin de sa vie, les décors de "L'invitation au chateau" par Raoul Dufy, Jacques Gamblin dans "Le voyageur sans bagages" adapté en téléfilm, une mise en scène contemporaine d'"Ornifle", une mise en scène d'"Antigone" par des jeunes et Anouilh en 1963.

    PS : Chez nous Anouilh était et reste sacré. A la question d'un de mes proches demandant à un invité s'il le connaissait, l'autre crût très spirituel de répliquer : "Si je connais la nouille ? Ben ouais ! Wouarf, wouarf, wouarf !". On ne le revit plus à la maison.

  • Sarah Wiener cuisine

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    Ce post est plus spécialement dédié à Anne Mansouret dont les compliments ce matin m'ont galvanisé, et aussi à toutes celles et tous ceux qui me lisent et apprécient ce qu'ils lisent qu'ils me soient proches ou éloignés, j'aimerais bien que l'on se retrouve autour d'une tablée un jour... 

    Un extrait de l'émission, la cueillette des champignons...

    16950f6ef6d4177da12d094a9c19ba49.jpgIl y a ceux qui aiment bien Joël Robuchon à l'heure du repas, son soliloque avec un chef invité qui répond la plupart du temps par monosyllabes aux tirades de monsieur Joël qui aime bien "rajouter un coup de moulin à poivre"(blablabla, oui..., blablablabla, non...etc), ceux qui préfèrent les recettes courtes de Julie Andrieu pour ceux qui préfèreraient le style fiches cuisine de "Marie-Claire" et puis il y a Sarah Wiener le soir sur Arte vers 20h15. Bien sûr, il y a une bonne raison à se mettre devant son émission, elle est quand même largement plus séduisante que monsieur Robuchon qui bien que proposant des recettes très sympathiques est esthétiquement et objectivement moins agréable à regarder. De plus, elle est dotée d'un léger accent allemand qui est charmant et surtout elle est beaucoup moins lisse que les autres. Quand elle éxécute des recettes des régions françaises, d'un 0c9fa2289de4d28cb71413a0d2a7cb76.jpgterroir qui est tout sauf ringard ou figé dans un passéisme pénible à la Petitrenaud, on sent le plaisir qu'elle a à respirer les parfums des produits qu'elle utilise, les effluves des légumes, des fruits ou des rôtis, à pétrir les pâtes, préparer les viandes, de la mort de l'animal à son arrivée sur la table, à mêler des couleurs et des textures, et se distraire en laissant ses petits plats mijoter en dégustant un bon vin avec d'autres amateurs de bonnes choses. Elle a aussi un sens de l'esthétique et de la beauté de ses préparations qui est très charnel (on éprouve souvent la même émotion, la même plénitude que devant une toile d'un maître flamand de genre). La mode pousse depuis quelques temps à déguster du vin comme on préparerait une performance, pour montrer le niveau social auquel on est arrivé en allant même à se livrer pour certains à de l'oenologie "à l'aveugle", à rechercher une authenticité qui n'existe plus, cette même mode pousse aussi à la recherche de l'originalité à tout prix quitte à se faire suer à table ensuite. Après tout, pourquoi pas diront certains ? Mais où est le plaisir là-dedans ? C'est justement le plus important, et ce qui fait l'authenticité, le plaisir lié à la convivialité, à la joie d'être ensemble sans se poser plus de questions. Et cela Sarah Wiener qui paraît d'un tempérament voluptueux le restitue parfaitement.   

    Quelques recettes de Sarah et sa page sur le site d'Arte

    PS : J'aimerais bien goûter au lapin aux quetsches et à la carpe en croûte de sel au cacao...

    Que je vous explique la raison de ce post, je viens de déguster une pintade farcie aux pommes flambées au calva et framboises avec quelque carottes qui vont très bien avec un excellent "Passetoutgrain"...

  • La classe bourgeoise est toujours là

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    141d351f3499a2c95946d95b9601b7b4.gifDans un article de "Télérama" concernant un auteur que j'aime beaucoup, Jean Anouilh, le journaliste écrit que si on ne joue plus ses pièces c'est parce que la classe bourgeoise a disparu depuis quelques années alors n'est-ce pas, Anouilh n'est plus moderne. Si je comprend donc bien, on peut être nul comme cochon mais si on est moderne, ça va, ça passe, on a le droit d'être représenté, par contre, même si on écrit bien mais que personne ne monte vos pièces, c'est que l'on n'est pas à la page. Ce texte d'Hugo Cassavetti m'a donné envie d'écrire un post sur Anouilh (un peu plus tard), et puis aussi de revenir sur cette affirmation sans fondement prétendant la disparition de la bourgeoisie. Mais, elle est toujours bien là, et ses valeurs irriguent même toute la société dans son ensemble, des "bobos" en mal d'authenticité que ça culpabilise d'avoir du pognon au mieux, au pire ils balanceront quelques idées "équitables" pour l'équilibre en achetant deux, trois plaquette de chocolat "Max Havelaar", aux lascars en survêt' qui ne rêvent que de cela aussi : le fric, la réussite, y compris à coup de magouilles et de compromis, l'égoïsme roi, le conservatisme du portefeuille et les idées libérales au sens premier du terme affichées pour la galerie, les caricatures de bourgeois catholiques style "le Quesnoy" en sont une infirme minorité. Enfin, pour brouiller les questions de pauvreté, comme l'indique très clairement et objectivement "l'Atlas des nouvelles fractures sociales" (à ce lien la fiche du livre et un débat dessus), on assimile de plus en plus le pauvre à l'étranger (le français de souche pauvre étant un plouc selon les préjugés en vigueur), entre nous voilà un beau cliché raciste, pour éloigner la question, sans faire quoi que ce soit de concret pour aider les Pays en Développement bien entendu. Et on remarquera qu'il n'y a rien de moins lucide qu'un bourgeois sur son statut bien que se fâchant extrêmement vite quand on fait le compte de ses avantages.

  • Les habits neufs de l'emm...- article de Gérard Silighini

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    f07cc629f2f3ddefcdb11b82fa544467.jpgLes commentaires sur la désignation de Rachid Mammeri fusent de partout et ma boîte mail ne désemplit pas.
    On me demande si je vais bien, ce que je vais faire, comment cela a pu arriver, ce que cela va donner.
    Si je vais bien ? Oui pas trop mal et vous ? Ce que je vais faire ?
    Observer ce qui se construit dans les semaines qui viennent et tenter, d’une façon ou d’une autre, de favoriser le rassemblement de la gauche.
    Comment cela a pu arriver ?
    Ce n’est tout d’abord pas un scandale en soi que Rachid Mammeri soit désigné et je ne crois pas qu’il y ait à proprement parler de tricherie dans sa désignation.
    Il a simplement mobilisé, sur son nom, des femmes et des hommes qui ont adhéré pour lui mais qui n’ont peut-être adhéré que pour porter sa candidature.
    Ce phénomène a été amplifié par le malaise plus que visible de la jeunesse des quartiers, très présente proportionnellement parmi les votants, et qui a peut-être voulu marquer son ras le bol des promesses non tenues et d’un calme revenu à la Madeleine à grands coups de CRS qui, deux ans après les émeutes, patrouillent toujours. En fait, plus un refus du politique qu’un geste politique.
    Mobiliser sur un nom, même dans ce contexte, ne constitue pas pour autant un choix de stratégie municipale.
    La proportion énorme de nouveaux adhérents venus à la section dans la dynamique de désignation du candidat aux présidentielles d’abord puis de celui aux municipales  qui n’ont pas, pour beaucoup d’entre eux, participé à la vie de la section et n’ont pas de culture politique marquée, explique sans doute que le débat sur la stratégie à mettre en œuvre localement  pour les municipales ait été totalement occulté.
    Les adhérents, du coup, n’ont fait que choisir entre des candidats sur leur bonne mine plutôt que dans la perspective d’une victoire collective programmée.
    Note personnelle d'Amaury : Je suis assez d'accord quant à l'absence totale de culture politique qui engendre une absence de culture démocratique hélas. Il y a aussi un "prêt-à-penser" qui domine, confortable et facile à comprendre et incompatible avec des décisions de bon sens pour la ville. On lance de grandes idées en oubliant la réalité du terrain.

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  • Trouvons un HLM à David Martinon !

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    50c77703ddf76b2c7d3d732d423c573e.jpgDans un journal, le sémillant porte-parole du gouvernement parachuté comme candidat à la mairie de Neuilly, il fait penser à "Ken, l'ami de Barbie porte-parole" d'ailleurs, a confié qu'il avait dû faire beaucoup de dépenses et dépensé beaucoup d'argent pour trouver un logement dans sa future ville, certainement une mansarde, par l'intermédiaire de la même agence qui avait baissé de 60% le prix d'achat du petit pied-à-terre de notre président (Que Dieu l'ait sous sa sainte garde !). Le pôvre David ! Effectivement, les frais d'agence, la caution et tout, ça coûte, en plus comme je suis sûr que monsieur Martinon gagne à peine le SMIC, je compatis, trouvons lui une tente "Quechua" (TM) pour qu'il puisse dormir sous un toit. Comme Jean-François Copé, il est bien à plaindre.

  • Faiblesse disent-ils

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    Je ne résiste pas au plaisir de partager ce texte de Michel Onfray sur le livre "le métier d'homme" d'Alexandre Jollien. Autant, je n'aime pas "le Traité d'athéologie", autant je trouve ce texte très juste, et rien n'empêche ensuite de lire le texte d'Alexandre dont je n'avais pas parlé depuis longtemps et dont j'aime énormément les livres.


    5c8bb5dd67fdf1b488a0fc32a9272e9e.jpg"Alexandre transforme cette faiblesse dite par les autres en une force formulée par lui. retournant comme un gant le regard du tiers, dur souvent, méprisant parfois, négateur fréquemment, faussement oublieux ou vainement compassionnel, il porte un regard sur le réel qui contraint les plus arrogants à renoncer à leur morgue. Oeil de chirurgien, d'anatomiste, oeil d'entomologiste et de légiste, oeil de moraliste - celui des grands fauves de la psychologie au format de Chamfort -, oeil de fort qui s'appuie sur la faiblesse pour transfigurer cette géographie des abîmes en cime où se retrouve Zarathoustra cheminant dans l'azur, l'oeil d'Alexandre Jollien dispose d'une authentique pupille du philosophe.

    Il affirme l'inanité du dualisme platonicien: il n'y a pas de corps (détestable) d'un côté et l'âme (vénérable) de l'autre, car le corps, c'est l'âme - l'âme, c'est le corps. Sa philosophie procède donc de cette idiosyncrasie personnelle, subjective: confession d'un corps, autobiographie de toute pensée, aveux d'une chair, écriture de soi avec son sang. On n'échappe pas au généalogies corporelles ... Je pense ce que je suis et rien d'autre ne paraît possible, pensable ou envisageable. Et ce que je suis fournit ensuite matière à ce que je pense. Cogito existentiel imparable et irréfutable, matière première de toute entreprise philosophique.

    6abd7a7146ac3b6f8a49a0843f30d84c.jpgCe livre court, dense, maigre (pas d'artifices de style ou d'écriture, le geste même d'écrire lui est pénible) - debussyste pourrait ton dire -, formule un genre de version post-moderne du stoïcisme. Un genre de sur-stoïcisme - s'il fallait parler en terme nitzschéens - dont les caractères sont : une absence de haine (de soi, des autres et du monde); pas de traces de ressentiment (contre qui ou quoi que ce soit); nulle colère (contre Dieu, le destin, la fatalité, la médecine ou le sort); mais une immense, une incroyable adhésion à la vie, une coïncidence viscérale avec ce qui est : la malédiction d'une faiblesse infligée devient la chance d'une force crée. Alexandre Jollien donne ici la formule inaugurale d'un genre de relecture des sagesses du Portique."

    Michel Onfray 

  • « Cellulaire » de Stephen King – chez Albin Michel

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    Ne gardez pas l'écoute !

    7ed96c9477c3e4b4e2d1a2dab6cfb9b0.jpgCe roman de Stephen King commence plutôt comme un roman de Richard Bachman, le lecteur est très vite plongé dans l'histoire qui démarre sur les chapeaux de roues, habituellement, l'écrivain prend son temps pour installer l'ambiance, ici l'horreur est immédiate et réaliste. Elle intervient dans un quotidien que l'on aurait dû mal à imaginer se dérégler aussi vite, elle est fascinante, le lecteur est comme devant une scène qu'il ne voudrait pas voir, ne veut que fantasmer, mais regarde quand même à travers ses doigts quand elle arrive, et le vernis de la civilisation craque très vite. De plus, alors que les personnages mettent une centaine de pages à comprendre ce qui se passe, là, ils réalisent rapidement que les téléphones portables transforment leurs utilisateurs en troupeaux de bêtes féroces sans cervelle par une « impulsion » qu'un groupe terroriste ou des « hackers », pirates informatiques, ont envoyé sur tout les réseaux. La fin du monde arrive par ces appareils hautement sophistiqués qui sont aussi, selon l'écrivain, le symbole de notre allégeance irréfléchie à la technologie, de notre esclavage à des objets que la publicité et l'économie nous imposent comme indispensables bien qu'ils soient parfaitement inutiles.

    L'histoire suit Clayton Riddell, dessinateur de « comics » fantastiques, qui venait de signer son premier contrat, qui n'a pas de portable et part à la recherche de son fils perdu quelque part dans le Maine suite à « l'Impulsion », de Tom Mac Court, homosexuel discret, qui a cassé son portable juste avant la catastrophe à cause de son chat, d'Alice, jeune fille qui a été forcée de tuer sa mère devenue complètement folle, et de Jordan, jeune homme qui en sait plus que les autres sur ce qui se passe. Ce n'est pas la première fois que Stephen King raconte une fin du monde, « le Fléau » est certaiment plus fantastique, dans ce livre, les péripéties se déroulent de manière hautement crédibles, et contredisent nombre de clichés inhérents à ce genre de récit : il n'y a pas que les « monstres » qui soient dangereux, il y a aussi les 306c3aed91361d6b701645baf176944d.jpgpillards, les survivants ne sont pas solidaires, personne ne réalise vraiment ce qui se passe et n'a une vue globale du problème. Cela dit, on ressent encore dans ce roman l'influence extrêmement intéressante des « EC comics » sur King, ces bandes dessinées d'horreur très ironiques et passionnantes des années 50 où l'horreur ne naît pas d'un zombie ou d'un mort-vivant mais de ce qui se passe dans l'âme de certains êtres humains.

    Bien sûr, Stephen King est encore largement méprisé même l'on trouve des critiques de ses livres dans les magasines dits culturels, on le considère surtout comme un auteur de livres divertissants (sic) qui permettent de s'évader du réel après une dure journée de boulot consacrée à travailler plus pour gagner plus. Ce qu'il décrit aussi, c'est en fait l'horreur de l'incommunicabilité, de la solitude ultra-moderne malgré les moyens de communication, la perte de conscience de ce qui est essentiel aux individus, la liberté, l'altèrité entre autres choses, les impostures dûes aux apparences, aux hochets sociaux que l'on agite sous le nez de nos semblables pour mieux les écraser, le culte de la performance, l'inadaptation des créateurs d'univers à ce monde marchandisé.

    Amaury frère de la côte (vous inquiétez pas c'est une "private joke" pour un des lecteurs de ce blog) 

  • Les français sont extra-lucides

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    271b5bbf731ad5318440ebc52c565d56.jpgJe viens tomber là-dessus dans "Charlie Hebdo", il paraîtrait que 70% des français pensent qu'il y a une collusion entre les médias et les hommes politiques (Naann ?!). Dieu tout puissant, est-ce possible ? C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils ont voté pour Nicolas Sarkozy, dont la vie privée ou pas s'étale dans la presse (tout comme sa femme qui ne veut plus que l'on parle d'elle, ça doit être vrai, elle l'a dit dans les trois grands dossiers parus sur elle rien que cette semaine dans les magasines) car il est copain avec tous les grands patrons de presse, enfin un peu moins avec Arnaud Lagardère depuis quelques temps....

  • Puce totalitaire

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    c3b368a3622f3faf4771cd1e809d8c67.jpgLu hier dans un journal qu'il est de bon ton dans certains boîtes d'Ibiza de se faire implanter une puce RFID (contenant des informations sur l'identité, les finances, la santé de son possesseur accessibles par un scanner), pour devenir un V.I.P, un Very Important People (quidams très importants et cochons de payants).  Le propriétaire du brevet en Europe se voit bientôt étendre ça à tout le continent tellement c'est COOL d'être surveillé, pisté constamment par un truc que l'on a dans le bras. Il paraît que le monde deviendra alors plus sûr, plus COOL mais, bien sûr, il faut bien que la liberté disparaisse alors. Beaucoup d'heureux possesseurs de téléphones portables qui trouvent ça tellement SYMPA (tout doit être sympa aujourd'hui, je ne sais pas si vous avez remarqué), qui se laissent mener pour acheter le dernier modèle sont, selon le propriétaires des puces, un marché potentiel énorme. Personellement, je n'ai aucune envie d'avoir des puces car je tiens trop à cette chose peu COOL certainement en 2007 qui est ma liberté.

    La photo montre les mains d'un homme qui en a une dans chaque main, de puce veux-je dire... 

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  • Les "hommes nouveaux" de la scène politique

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    7ea309bc0d2afac5ac34b106e46891de.jpg

    "Les habits neufs des baratineurs" 

    La politique, je baigne dedans depuis longtemps, chez moi, dés que j'ai été en âge de comprendre, on m'a parlé politique. Avoir des opinions différentes n'excluait absolument pas -et d'ailleurs ne l'exclue toujours pas- de discuter, d'arriver à trouver les points qui éloignaient et surtout ceux qui rapprochaient, et réfléchir sur la politique, me passionner sur la politique me plaît toujours autant. Je me souviens aussi à l'université de Nanterre, de polémiques  très tard le soir entre anars de la CNT, royalistes, libéraux et socialistes. Parfois, les théories des uns et des autres étaient un peu fumeuses mais il y avait un désir réel de concilier son idéal et sa vie. Ce n'est plus vrai maintenant, ou du moins c'est beaucoup plus rare (Et puis nous étions capables de discuter sans nous insulter).

    Et il y a quelques mois, n'ayant pas envie de voir la société en train de se construire arriver à terme (malheureusement c'est le cas maintenant), je me suis engagé en politique, non que j'ai changé en quoi que ce soit mais parce que j'estimais que c'était la meilleure manière de combattre ce qui se profile : l'exclusion "décomplexée" des plus pauvres, la suspicion jetée sur une partie de la population, la "jetsetisation" de la politique, la poudre aux yeux, le fric roi et la vulgarité assumée un peu partout avec ses corollaires habituels que sont l'inculture elle aussi assumée, de plus en plus, et la peur de surtout changer quoi que ce soit à ses habitudes. En écoutant les partisans de qui vous savez d'ailleurs, on constate que ce sont bien les complexes (d'un peu de tout...) qui mènent le monde et engendrent certains évènements de l'histoire politique.

    4ac342650dd79b5b9e43476b6b7cdba3.gifDepuis quelques temps, cependant, arrivent sur ce terrain des hommes et des femmes, de l'extrème-gauche à l'extrème-droite qui ne veulent plus "faire de la politique" (comme si c'était mal) comme ils disent mais agir en se basant sur une sorte de "prêt-à-penser" commode qui justifie tout : il ne faut pas voir peur de l'entreprise, gagner de l'argent c'est bien etc... Leurs supporters, leurs fans, se comportent en adorateurs et ne veulent plus réfléchir sur ce qui les entoure, sur "la chose publique", on les contredit ils vont très vite à l'insulte. Ils ont tous oublié le premier sens de politique, la "chose publique", le bien commun qui ne consiste pas à serrer des louches après une séance de bronzage au "bêta carotène" mais à songer à ce qui peut aider les autres, en particulier les plus pauvres. Par contre, ce qui est très ancien, très traditionnel chez ces "hommes nouveaux", ces hommes spécialistes du discours anodin mais qui fait du bien entre la poire et le fromage, c'est leur incroyable ambition. 

    Ce ne sont rien d'autres, somme toute, que des opportunistes, on en trouve par poignées dans les périodes troublées de l'histoire de France. Quant à leur discours pseudo-pragmatique, il est pour moi pré-totalitaire.

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  • La rose et le réséda d'Aragon

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    A Gabiel Péri et d'Estienne d'Orves
    Comme à Guy Moquet et Gilbert Dru7848f76a82a0b68b55e1cbf77dc8f695.jpg

    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Tous deux adoraient la belle
    Prisonnière des soldats
    Lequel montait à l'échelle
    Et lequel guettait en bas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Qu'importe comment s'appelle
    Cette clarté sur leur pas
    Que l'un fut de la chapelle
    Et l'autre s'y dérobât
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Tous les deux étaient fidèles
    Des lèvres du coeur des bras
    Et tous les deux disaient qu'elle
    Vive et qui vivra verra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Du haut de la citadelle
    La sentinelle tira
    Par deux fois et l'un chancelle
    L'autre tombe qui mourra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Ils sont en prison Lequel
    A le plus triste grabat
    Lequel plus que l'autre gèle
    Lequel préfère les rats
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Un rebelle est un rebelle
    Deux sanglots font un seul glas
    Et quand vient l'aube cruelle
    Passent de vie à trépas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Répétant le nom de celle
    Qu'aucun des deux ne trompa
    Et leur sang rouge ruisselle
    Même couleur même éclat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Il coule il coule il se mêle9b49e8f6d01c6faef4e8dbecac725b4b.jpg
    À la terre qu'il aima
    Pour qu'à la saison nouvelle
    Mûrisse un raisin muscat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    L'un court et l'autre a des ailes
    De Bretagne ou du Jura
    Et framboise ou mirabelle
    Le grillon rechantera
    Dites flûte ou violoncelle
    Le double amour qui brûla
    L'alouette et l'hirondelle
    La rose et le réséda

    Aragon: La rose et le réséda

    extrait de "la Diane Française" éditions Seghers

    En haut Honoré d'Estienne d'Orves, premier fusillé pour faits de résistance et en bas Guy Môquet

  • Comptine pour les enfants

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    30f3e561d6e5a79b3813075deb1908c5.jpgCliquer sur l'image mène vers des insolites d'Eddy Mitchell

  • Les leçons de piano – une aventure du petit Nicolas

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    3bb3a83ceca526c784497ac86f818026.jpgIl y a quelques semaines, j'ai accompagné ma Maman qui allait boire du thé et discuter avec Madame Courteplaque, la maman de Marie-Edwige, une petite fille aux cheveux jaunes et aux yeux bleus qui n'est pas trop mal pour une fille, plus tard nous nous marierons, sa Maman est notre voisine dont les cheveux ne bougent pas, même quand il y a grand vent. Elle nous a joué un morceau de piano qu'elle joue d'habitude,  mais sans les cris qu'elle fait d'habitude avec quand on l'entend de la fenêtre de la cuisine. J'ai dit que je trouvais ça drôlement chouette parce que ma Maman m'avait jeté un coup d'oeil qui ne rigole pas pour que je sois poli. Madame Courteplaque a dit : « veux-tu que je te donne des leçons ? Comme il est si mignon, les premières seront gratuites ». Maman a répondu sans attendre ce que je voulais dire que je serais ravi de venir tous les mercredis, que ce serait mieux que de traîner sur le terrain vague avec les petits voyous.

    A la première leçon, Madame Courteplaque avait une règle à la main et à chaque fois que je faisais une mauvaise note, elle me donnait un coup sur les doigts. Mais ce n'était pas ma faute, je ne savais pas jouer du piano. Je décidai de croiser les bras et de ne plus travailler. Elle s'est mise en colère et elle a appelé Maman en faisait des cris comme la grosse dame que nous avions vu hier à la télévision avec un casque et une cuirasse; elle a dit que je n'étais pas fait pour la musique et qu'elle ne pouvait rien pour moi car je n'avais pas la fibre, c'est tout. Je dis à Maman après que je trouvais cela dommage parce que j'aimais bien la musique en fait mais il ne fallait pas trop le dire aux copains. Nous sommes allés voir le mercredi suivant une autre dame qui2b5e1a6fede6513af0099728ab3936b0.jpgenseignait le piano, elle habitait dans un quartier où il y avait plein de petites maisons avec des jolies fleurs rouges. Il y avait plein de feuilles jaunes et oranges par terre. Je la reconnus, on voyait son portrait dans la vitrine du photographe qu'il y avait juste avant l'école, elle avait une robe avec des épaules nues comme une vedette de cinéma, elle avait les cheveux noirs et les yeux bleus. Elle était très gentille. Elle avait un gros chien qui s'appelait Moulouk et qui restait à côté du piano. Elle s'appelait Mademoiselle Anne.

    Bientôt, comme je savais bien jouer un ou deux morceaux, j'en ai parlé à Alceste, mon meilleur copain, je ne sais pas si je vous l'ai dit, il est très gros et il mange tout le temps, il m'a répondu : « T'es pas fou, c'est pour les filles » devant les autres copains, mais en fait le mercredi suivant, il venait sonner chez moi avant que je parte pour ma leçon de piano. Je demandais à Mademoiselle Anne si Alceste pouvait entrer, je promis qu'il serait très, très sage. Elle était d'accord à condition qu'il s'asseye derrière moi pour que je ne sois pas distrait. Il avait de toutes façons apporté plusieurs petits pains au chocolat et croissants pour ne pas risquer de s'embêter. Le téléphone sonna au bout d'un quart 2f2afb00571f11ea1f03b0c3565274f7.jpgd'heure et Mademoiselle Anne dût se lever pour aller répondre, Alceste me dit qu'elle sentait drôlement bon, comme les dames dans les grands magasins. Nous avons voulu aller regarder par la fenêtre mais Moulouk a grondé un petit peu et nous sommes restés assis. Il y avait des drôles de dessins sur les murs avec des écritures qui n'étaient pas comme la nôtre, c'était des guerriers avec des sabres bleus et des chapeaux verts et rouges, ils avaient tous une barbe noire et des habits dorés.

    Quand Mademoiselle Anne revint, elle avait parlé longtemps, elle avait un peu crié et à la fin elle parlait tout doucement, la leçon reprit, mais avant de sortir, elle me prit par le visage avec les mains et me dit que c'était peut-être notre dernière leçon car elle devait repartir à Paris bientôt. Quand elle me donna un tout petit baiser ensuite, j'étais tout rouge et j'avais très chaud. Elle fit de même avec Alceste qui dit quelque chose mais on ne comprenait pas. Quand nous sommes partis, il me dit qu'il voulait se marier avec Mademoiselle Anne plus tard mais que comme il était mon meilleur ami, il voulait bien que ce soit moi si elle me préférait. La semaine d'après, je ne suis pas allé prendre ma leçon car elle était partie. J'étais un peu triste mais ce n'était pas grave car plus tard, je le sais, c'est avec elle que je me marierai.

    A suivre...

    En hommage à Sempé et Goscinny et d'après leurs livres

  • Lecture de la lettre de Guy Môquet - le Père Fouettard est désillusionné

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    30044f74a3c2b53e6b26976c5e90aedd.jpgJ'ai lu la lettre, ce que cela a provoqué sur les élèves est simple :
    Ricanements ("Il était con, m'sieur, il savait qu'il allait mourir, l'était fou !") sourires au mieux, incompréhension, moqueries quand Guy Môquet parle de ses frères et soeurs en utilisant les surnoms qu'il leur donnait habituellement.
    Certes, il faut séparer l'icône du jeune homme, un jeune homme capable d'idéalisme, dire que c'est l'éloge d'un communiste est d'ailleurs une grosse erreur de la droite (beaucoup de personnes de droite oublient de rappeler le souvenir de Honoré d'Estienne d'Orves, catholique et le premier fusillé pour actes de résistance), il avait un idéal c'est tout, chose dont la plupart des élèves, que ce soit des lascars en baskets ou des petits bourgeois, ne peuvent pas comprendre en ces temps de cynisme. Certes, ils sont impressionnés par la visite des anciens résistants ou des déportés survivants, mais cela se joue uniquement sur le terrain d'une émotion superficielle et non sur celui d'une prise de conscience réelle, excepté peut-être une ou deux exceptions, on ne sait jamais. C'est toute la société qui est à revoir, non en lisant une lettre mais en revoyant les exigences éducatives à la hausse.

  • Nostalgie - article de Gérard Silighini

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    b4cc41e2f9099c34f33bd5a49b690e1c.jpgPlus de monde que je n'en attendais à la manifestation de ce matin dans les rues d'Evreux...
    Je sais... D'aucun trouveront qu'une manif, c'est ringard et que je ferais mieux de commencer mon papier par le divorce de Cecilia et Nicolas... Comme tout le monde... Ou plutôt comme si on vivait dans la même rue, dans le même quartier, dans la même cage...
    Vous savez, comme les cités de mon enfance, les villages de mon enfance, les immeubles (on disait les blocs !) de mon enfance...

    "-Y parait que l'Yvonne ... !
    -Et puis quand l'Aldo est d'nuit...! "
    Aujourd'hui, c'est les journaux et la télé qui nous disent qu'alors y parait qu'dans l'bloc d'à coté, le Nicolas et la Cécilia...!
    Même que les gens du bloc d'à coté, il en ont fait un communiqué.

    Bon ! Et si on tirait les rideaux et qu'on fermait la fenêtre !
    Tout cela sent le ragot de lavoir...
    Oui le couple présidentiel divorce.
    C'est son affaire et qu'on n'en parle plus.
    La suite ici

  • Mémoire courte

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    13fb506749e34342b89c34d2bd8693ea.jpgIl y a quelques mois, les français ont voté majoritairement pour un président, dont les idées concernant l'immigration ou les régimes de retraite étaient connues car parfaitement énoncées par son programme. De plus, l'on assiste à un retrour de balancier politique qui fait que les idées politiques qui ont le plus de prise dans l'opinion, ce sont les idées de droite, réellement et concrètement de droite. Pendant ce temps là à gauche, on chipote, on vote pour l'un ou pour l'autre selon le vent sans réfléchir aux conséquences, on se gargarise de grands et beaux discours, on sort des slogans abscons qui finalement sont les mêmes que l'hyper-président, du genre : "on agit nous, on n'est pas des intellos, on fait ce qu'on dit", on se fait passer pour des nouveaux venus alors que l'on est des carrièristes politiques parfaits, et le pire est que ça fonctionne. C'est aussi la démagogie qui triomphe en allant regarder le travail de l'autre, ce qui est toujours extrêmement négatif, le pire est que les cheminots ou les profs qui sont les premiers attaqués sur leur fainéantise supposée sont très maladroits à se défendre tout comme leurs syndicats, alors que 25/26 heures d'attention devant un volant de train, et 18 heures devant des élèves souvent mal voire pas du tout élevés, c'est très dur, autant que les horaires d'un cadre. Mais c'est tellement plus tentant d'aller chercher les paresseux ailleurs plutôt que de regarder et analyser ce que l'on fait, soi-même. Mais c'est tellement plus tentant de parler du divorce du petit président de la gauche à la droite. Et, dîtes chers électeurs sarkozystes, il est  où le service minimum ? Elles sont prévues quand les discussions promises avec les syndicats par votre champion ?

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  • Emmerdons les autres avec un maximum de performances techniques

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    28fa6340db4a430301b13a7c970088df.jpgDe plus en plus présents dans la rue, ce sont les téléphones portables dernière génération qui permettent d'écouter de la musique (enfin de la musique au sens large, restons magnanimes) ou de regarder des vidéos musicales (enfin, musicales, soyons indulgents). Bien sûr, il serait trop simple et si peu original de les écouter avec des écouteurs pour ne pas gêner le voisin que ce soit au lycée, à l'école, au supermarché, où les musiques émises se mélangent à la version remixée de "A toutes les filles..." de Didier Barbelivien et Félix Gray, entre autres délicieusetés, que les hauts-parleurs déversent pour la troisième fois en une heure dans nos oreilles qui n'en demandaient pas tant. Quand on ose émettre l'hypothèse que baisser le volume ou justement mettre des écouteurs seraient plus respectueux du voisin, on vous prend pour un fou tellement le fait de ne pas se conduire commes les autres, de manière aussi bête, aussi grégaire que les autres veux-je dire, est généralement incompréhensible quand on ne vous répond pas que "ben quoi tous les goûts sont dans la nature, faut être tolérant !" au mieux car généralement on se fait plutôt insulter, les rapports normaux étant basés pour beaucoup sur la violence. je me rappelle alors de cette époque bénie, quand les bruiteurs de rue devaient balader avec eux un "Bass Booster" de cinquante centimètres et ces vingt-sept piles de rechange pour pouvoir empoisonner efficacement la vie des autres, au moins fournissaient-ils un effort musculaire.

  • Histoire de pull

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    1c36a61f0becd2ce82752546bb476ef2.jpgCe n'est pas grand-chose mais l'anecdote est amusante. Au supermarché, alors que je m'apprêtais à payer, en toute inconscience diététique, je sais bien, je sais bien, les deux plaquettes d'excellent chocolat suisse que j'avais prévu de déguster dans l'après-midi avec deux ou trois amateurs, une bonne dame très chic déboule et demande à la caissière de rembourser le poulovère "marron" selons ses dires mais visiblement gris foncé, voire complètement noir sous le spectre normal de la lumière de l'endroit. Bonne fille, la caissière fait dans la pédagogie et lui montre l'étiquette qui spécifie que le vêtement est  noir, elle précise également qu'elle  remboursera  de toutes manières. Mais la bonne dame n'en démord pas, le poulovère est  MARRON quand elle le met chez elle ou à la lumière du jour, pour appuyer ses dires, la caissière ayant demandé mon avis éclairé, j'ai dit que le pull était NOIR, la dame sort et change de pull devant les portes vitrées du magasin pour nous montrer, le pull restant définitivement NOIR. Cette dame n'avait pourtant pas de soucis oculaires, j'en conclus donc qu'elle venait de la planète Zorg et qu'elle testait notre résistance face à une invasion. Pour lui montrer que j'étais prêt à collaborer, je lui ai dit que j'étais content d'avoir mis mon gilet BLEU, MARRON aux yeux des non-initiés, du fait de la fraîcheur de la température.

  • Jésus de Montréal de Denys Arcand – 1989

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    J'ai corrigé quelques erreurs quant à l'histoire et rajouté deux ou trois choses après avoir revu le film...

    Il y eût plusieurs films d'après les Évangiles, le plus beau est sans doute « l'Évangile selon saint Mathieu » de Pier Paolo Pasolini, marxiste et athée convaincu, qui a été pourtant saisi par une inspiration d'une hauteur spirituelle incomparable. Dieu a de l'humour, c'est parfois de là d'où l'on s'y attend le moins que cette inspiration jaillit. J'ai vu « Jésus de Montréal » d'un réalisateur connu pour son humour caustique et acide quant aux moeurs modernes, assez cru dans son discours, mais se disant cependant d'éducation chrétienne, pour la première fois à Jérusalem en attendant le taxi collectif qui devait nous emmener à Massada avec des amis venus de France. Nous partions à quatre heures du matin et nous avions décidé de ne pas nous coucher. Le film était dans la vidéothèque des « Pères Blancs » chez qui je vivais, ce qui nous a paru surprenant car nous n'avions pas vu cette oeuvre et elle avait plutôt une réputation subversive alors que ce film est de ceux qui amène vers la Grâce presque malgré lui il est vrai et pose des questions essentielles : Que faut-il faire pour aimer plus ceux qui nous entourent ? Jusqu'où peut-on aller par amour pour les autres ? Par la fenêtre de la pièce, nous voyions les dômes du Saint Sépulcre et le Dôme du Rocher. Nous étions sur les lieux où l'histoire jouée par les acteurs de la pièce dans le film se passe. Il y a une scène essentielle dans ce film c'est celle qui montre la bibliothécaire dire à Lothaire Bluteau : "Vous cherchez le Christ ? C'est lui qui vous trouvera", scène essentielle vraiment qui m'a encore ému énormément hier en revoyant le film.

    f27b54d74c359024e7449afd788eb445.jpgDe jeunes acteurs québécois sont appelés à la rescousse par un prêtre se voulant moderne et ouvert à la création artistique contemporaine pour changer les habitudes de ses paroissiens à la Vigile Pascale, soirée pendant laquelle un spectacle assez sulpicien, le même depuis des années, inspiré du Récit de la Passion est joué. Pour les acteurs c'est surtout un engagement comme un autre, un moyen de gagner un peu d'argent facilement. Ils préviennent leurs amis, rameutent les copains pour que tout le monde profite de la manne céleste en quelque sorte. Ils se rassemblent tous dans un planétarium où un des leurs enregistre des voix pour commenter la naissance de l'Univers, celui-ci annonce que l'Univers a un début et une fin et qu'il n'y pas de sens à cela. Et puis, le prêtre leur donne le texte à jouer, ce texte étant insipide, sans aucun intérêt, ils décident de revenir à l'écrit original c'est-à-dire le récit de la Passion des Évangiles y ajoutant le monologue d'Hamlet sur le mort. Et progressivement, sans s'en rendre compte au départ, ils redécouvrent la radicalité de ce texte, et ne peuvent plus accepter les compromis de leur vie d'avant. L'acteur principal envoie balader des publicitaires qui payaient un pont d'or pour débiter des sottises devant une caméra une de ses amies qui devait aussi se déshabiller, contrairement à d'autres qui auraient pris le fric quand même se contentant de cracher dans la soupe après, une des actrices qui vivait en concubinage plus ou moins clandestin avec le prêtre, qui ne croit plus en rien et s'inquiète des changements que ce spectacle provoquer chez la troupe d'acteurs, décide de le quitter car elle s'aperçoit qu'il ne l'aime pas et reste avec elle par peur d'affronter la réalité sans doute. L'Évangile bouleverse radicalement leurs vies à tous, non pas sur le seul plan du sensible, du mièvre ou du gentillet, non pas sur le seul plan de la morale ou d'un comportement plus conforme à un standard de vie, mais au plus profond de leurs âmes. (NB : On comprend en passant pourquoi le Christ refusait que l'on parle de ses miracles). Celui qui incarnait le Christ est malade et se traîne jusqu'au métro, seul, il est rejoint par une des femmes de la troupe, personne ne les aide que ce soit un homme d'affaires pressé ou un jeune qui écoute son baladeur. Et il finit par mourir en donnant tout.

    b31732acc6d4dd88a3d38667f241e65d.jpgCe film est passionnant par sa montée progressive. Il inscrit l'Évangile au coeur du monde moderne sans pour autant s'abaisser à rechercher le plus petit commun dénominateur, au coeur de cette société hypocrite dans laquelle nous vivons et qui nous pousse à nous gargariser sans cesse de belles et généreuses idées sans pour autant changer quoi que ce soit à notre comportement pour qu'il y ait un peu moins d'injustices ou d'iniquites, un peu moins de solitude. On nous dit qu'il y a des compromis obligatoires, des petites humilitations par lesquelles nous serions obligés de passer, certains prétendent que cela garantit leur survie alimentaire, nous aurions donc si peu progressé depuis nos ancêtres vivant en clans et dont les rapports étaient basés uniquement sur la force de l'un et l'obéissance du supposé faible ? Est-ce étrange ? Ce sont ceux qui ont déjà trop qui se plaignent d'ailleurs de ne jamais avoir assez. Personellement, je préfère ce film à « la Passion » de Mel Gibson, méditation sur la Croix et la montée au Calvaire, sur le Mal et la haine, film qui a aussi le mérite de montrer ce que c'est que la Flagellation, ce que c'est que la Crucifixion, que ce ne sont pas des constructions intellectuelles mais des douleurs atroces, ce que beaucoup ne veulent pas voir, craignant le réel, malgré quelques défauts artistiques mineurs (comme la brume le matin à Jérusalem, non ! Ou Jésus buvant un verre de lait avec sa Maman après avoir construit une table comme un bon « kid » américain, non plus ! ). Léon Bloy disait, de manière certes radicale, que notre société était une « société de porcs », celle de son temps vaut bien la nôtre, ce sont les mêmes profiteurs de la détresse humaine, les mêmes privilégiés pleurant des larmes de crocodiles sur les pauvres après tout. Le film de Denys Arcand ne dit pas autre chose en définitive, malgré quelques approximations et turbulences sans gravité.

    Une analyse strictement cinéphilique du film

  • Le jour de la grève – une aventure du petit Nicolas

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    Mes petits cancres surannés préférés sont de retour... 

    Ce matin, quand je suis arrivé à la grille de l'école, celle-ci était fermée, derrière il y avait monsieur le directeur qui était un peu rouge et s'essuyait le front tout le temps, le Bouillon, ce sont les grands qui l'appellent comme ça parce qu'il dit souvent : « Regardez-moi dans les yeux » et dans le bouillon il y a des yeux, c'est pour cela que c'est drôle, qui regardait sévèrement dans ma direction alors que je n'avais fait aucune bêtise et que nous n'avions pas pu rigoler avec les copains puisque l'école était fermée. Alceste, mon copain qui est très gros et qui mange tout le temps, je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, est arrivé à ce moment là en finissant son deuxième croissant du matin, il tenait à la main une tartine beurrée, celle qu'il emporte toujours en cas d'urgence s'il a encore un petit creux. Il y avait aussi Rufus, dont le Papa est policier, et Clotaire, qui est toujours dernier, qui tenait son vélo à la main, pendant que Maixent l'aidait à porter son cartable et que Eudes les suivait l'air étonné.

    6897af028e86179d597f4ffb94c14224.gifGeoffroy est descendu de la voiture de son Papa, qui est très riche et qui est toujours en voyage, il avait un pull-over autour du cou et une raquette de tennis à la main, le chauffeur du Papa de Geoffroy tenait son cartable qui paraissait vraiment très lourd car il soufflait lui aussi beaucoup, comme monsieur le directeur. Il s'épongea le front d'ailleurs à son tour en le posant à terre. Rufus nous dit que la grille était fermée parce que les maîtres et les maîtresses ne voulaient pas travailler aujourd'hui parce qu'ils avaient peur de gagner moins d'argent pour plus tard, comme les conducteurs de trains et d'autobus. Rufus dit que c'était rien que des paresseux mais que son Papa et ses amis allaient y mettre bon ordre, on allait voir ce que l'on allait voir. Mais pour l'instant, la grille ne s'ouvrait pas et nous avions compris que nous n'allions pas avoir d'école. Le directeur nous dit qu'il ne pouvait pas prévenir nos familles car les autres maîtres et maîtresses s'étaient enfermés dans son bureau, et qu'il nous faisait confiance car nous étions maintenant de futurs citoyens modèles. La maîtresse nous a fait un petit signe du bureau du directeur, elle rigolait un peu en se cachant la bouche comme elle fait d'habitude.

    01139ced4a00a08befba833eedb19455.jpgGeoffroy nous dit que c'était comme les ouvriers de l'usine de son Papa, ils voulaient s'arrêter de travailler pour gagner des tas d'argent et avoir plus de congés mais que son Papa avait été plus malin et drôlement intelligent en les remplaçant par d'autres ouvriers, en Chine, drôlement plus courageux. Eudes, dont le Papa travaille à creuser des tas de cailloux pour les lignes de chemin de fer, lui mit un coup de poing sur le nez en lui criant que c'était un « profiteur », « parfaitement, môssieur ! ». Rufus donna alors un coup sur le nez d'Eudes en lui disant que Geoffroy était son meilleur ami et qu'il avait raison, « parfaitement môssieur ». Je proposais d'aller jouer au football sur le terrain vague qu'il y a pas très loin de l'école pour s'amuser, et les autres étaient d'accord. Dans la rue, nous avons vu pleins de messieurs qui ressemblaient çà monsieur Blédurt, avec une moustache et des casquettes, et pleins de dames qui étaient un peu comme Madame Courteplaque avec ses cheveux qui ne bougent pas même quand il y a beaucoup de vent. En arrivant là-bas, au terrain vague où il y a plein de trucs chouettes, une vieille voiture, un matelas et des pneus, et aussi des chats mais quand on veut jouer avec eux, ils s'en vont, nous vîmes un autre gars comme nous, il nous dit qu'ils'appelait Eusèbe, il était aussi maigre que le chien de Madame Blédurt quant il a la fourrure coupée. Nous étions surpris car nous le voyions jamais d'habitude, il avait un grand frère comme Eudes et il fût bien content quand Alceste lui donna une de ses tartines beurrées (il en avait une en trop dans son cartable). Maman n'était pas tellement contente quand je suis rentré car j'avais plein de boue partout. Elle avait un drôle de sourire et les yeux un peu rouges quand elle vit entrer Eusèbe que je lui présentais comme un nouveau copain. Et Papa qui sortait du salon me passa la main dans les cheveux en rigolant un peu lui aussi. Il m'expliqua que l'on ne pouvait pas garder Eusèbe à la maison mais qu'il allait faire de son mieux avec Maman pour l'aider. Je ne savais pas pourquoi mais j'avais une grosse boule dans la gorge et je n'ai pas eu envie de reprendre du dessert ce soir-là, c'était pourtant de la tarte aux pommes.

    A suivre...

    D'après Goscinny et Sempé, et en hommage à ces deux auteurs

     

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  • Macho, myso, maso - Crumb et les femmes

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    0b1106a2787301f37dcba8dc48db8bfb.jpgCrumb se voit au départ comme un brave petit "all-american kid", un gosse bien sage élevé aux Corn Flakes et aux sages préceptes des Pères Fondateurs, il dessine dans son coin, sort avec des filles qui ont toutes la même particularité physique, elles sont callypiges. L'arrivée des années 60 donne un rythme un peu plus trépidant à ses conquêtes et son absorption de substances illicites. Il est partagé entre le dégoût de lui-même, la volupté et l'envie brûlante de continuer à se vautrer dans ses délires fantasmatiques qui vont très loin : masturbation monstrueuse, réduction des femmes à des objets, quelques courbes et sphères, c'est tout, Crumb n'est pas aussi zen que son héros, Mister Natural, qui se balade tout nu sans que cela ne lui pose problème, et tenté par l'enfer. 68a00e5efd106dc10bab6cb58bbd17c3.jpg
    Il voudrait bien être comme les types des pub, ou ceux des peintures de Norman Rockwell, avoir des bonnes joues rouges, ne pas être obligé de porter des "culs de bouteille" pour lire ou dessiner, ne pas avoir la hantise de la folie dans laquelle tombe son frère, qui partageait les mêmes angoisses. Ce n'est pas exactement le dessinateur préféré des féministes car finalement il pense comme Saint Jérôme que ce que d'autres appellent "l'Origine du Monde" n'est rien d'autres que la "Porte de l'Enfer", tout en aimant bien emprunter souvent cette porte d'ailleurs. Puis Crumb s'est marié, il a pu commencer à ranger sa collection de vyniles de blues, jouer un peu de musique et rire avec ses gosses. Arrivé à un certain âge, il est plus sage de se ranger ou du moins de trouver un équilibre et parler de ses angoisses avec plus de sérénité. Du moins, c'est ce qu'il voudrait que l'on croit...

    "Mes problèmes avec les femmes" de Robert Crumb aux éditions Cornélius (qui a la bonne idée de rééditer les oeuvres complètes de Robert Crumb en grands albums)

  • Le Ministère des marches ridicules - Monty Python

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    A conseiller à nos parlementaires...

    Monty Python - Silly Walks
    Vidéo envoyée par Zegoat

  • Un "régime spécial" oublié : les parlementaires

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    30e87dee742cca762dbe46020f1f5273.gifUn député peut obtenir sa retraite à 55 ans, même s'il a cotisé seulement quinze ans, et percevoir 4778,66 euros brut (plus de 31 000 francs) par mois. Après avoir quitté son poste, Un ministre touche son traitement pendant six mois, à condition de ne pas avoir retrouvé un emploi. Au terme de son mandat, le président de la République.a droit, à vie, à un garde du corps, une voiture, un bureau pour son secrétariat et 6 000 euros par mois brut. Bien sûr, il faut tenir compte de la pénibilité du travail de ces pauvres diables perdus entre coquetèles et réceptions, inauguration très dure d'un salon de la saucisse, ou d'une expo Buren. Et si on parlait un peu plus de CE Régime spécial ?

    Certes, la grève de demain est impopulaire et présentée de manière particulièrement maladroite, on a envie de rappeler à quelques uns qu'ils n'ont pas voulu faire de gosses, demandant par contre l'inverse à leurs descendants, et que c'est aussi ça qui bloque le système par répartition. Certains proposent de taxer les revenus du capital, pourquoi pas si dans le même temps on rase gratis et si le Père Noèl passe plus tôt dans l'année ? (Attention, je ne suis pas contre mais la manière dont cette taxe est proposée est souvent, elle aussi, maladroite et un rien hypocrite). Enfin, dans l'esprit de beaucoup de gens est implanté cet axiome définitif, les professeurs, les cheminots, les fonctionnaires dans leur ensemble c'est rien que des fainéants ! Ce sont généralement les mêmes qui râleront quand leur train est en retard, quand leur courrier met du temps à arriver, quand leur gosse est moins cadré à l'école, quand leurs allocations ont du retard, à cause des réductions de personnel...

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  • Forum écologique

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    cc863891bdb5c9ab8fb17de59a5b7d7b.gifPresque 10.000 participants...
    L'écologie fait partie de vos préoccupations et vous estimez urgent d'intervenir? 
    Votre avis nous intéresse !
    WWF et ECOFORUM réalisent un "inventaire citoyen" des urgences environnementales
    dans chaque département en France.(Rien à voir avec un parti ou un autre)
    Nous souhaiterions avoir votre opinion. Pour participer, il vous suffit de
    répondre brièvement à la question :
    «A votre avis, quelle est la principale urgence environnementale de votre
    département ?»

    http://ecoforum.toto21.net/grenelle/
    1 minute pour nous répondre, c’est 1 minute pour notre Terre.
    1 minute c'est le temps qu'il faut pour répondre à cette question.
    Plus vous serez nombreux, plus notre poids sera important pour faire avancer les
    dossiers écologiques, protéger notre santé et notre planète.
    Merci d'avance de votre participation ! Aidez nous à faire connaître cet appel
    en le diffusant autour de vous .
    mail : 1minute@ecoforum.fr

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  • Boubouroche à l'Élysée

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    "PARIS (Reuters) - L'Elysée se refuse toujours à au moindre commentaire sur les rumeurs de divorce entre le président Nicolas Sarkozy et son épouse Cécilia.

    Le point presse hebdomadaire du porte-parole de l'Elysée a connu lundi une affluence exceptionnelle. Mais les nombreux journalistes français et étrangers qui y sont venus dans l'attente d'une confirmation en ont été pour leurs frais.

    "Je n'ai aucun commentaire à faire sur cette question", a répondu avec constance et une pointe d'agacement David Martinon à plusieurs questions relatives, de près ou de loin, à la situation conjugale du chef de l'Etat."

    9ce6a8ff3c8eb1b8c6e67a1c5db3bd7a.jpgQuand on voit la femme du président, le moins que l'on puisse se dire c'est que ses dents rayent le parquet de toute son ambition et de la bonne opinion qu'elle a d'elle même. On se souvient de son agacement quand son mari voulait lui prendre la main au 14 Juillet, de son sourire crispé lors de la prise de fonction de Boubouroche, car monsieur Sarkozy est Boubouroche, le cocu naïf jusqu'au bout de Courteline qui admire sa femme et la révère à un tel point qu'il ne voit pas ses manquements à la fidèlité, qu'il ne voit pas son regard d'acier, ses remarques tranchantes. Comme tous les types mariés à une femme castratrice à table et insaisissable au lit, il en redemande et elle revient après son escapade à Niouyorque avec son copain de couettes. 

    Par contre, maintenant, on peut se dire que le président et ses porte-paroles ne manquent pas d'air quand ils évoquent le côté privé de l'affaire alors que Cécilia a été constamment mise en avant. Il faut dire qu'elle est esthétiquement plus acceptable que Bernadette malgré tout, certes. Jeanne D'Arc en Prada depuis la libération des infirmières bulgares, qu'elle a snobées lors de la visite d'État en Bulgarie, vous allez voir que le bon peuple va prendre fait et cause contre elle et pour le Boubouroche en plus court de l'Élysée.

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