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  • "Qu'est-ce qu'on rigole !" - le bizutage par le Père Fouettard

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    b72f0963872439a8c26270c3e3deb3aa.jpgChaque année, pour rigoler et intégrer les nouveaux arrivants à la classe préparatoire ou à la première année en grande école, on leur fait subir un bizutage, c'est-à-dire qu'on les humilie systématiquement afin de se venger de l'humiliation subie l'année précédente ou pour compenser une virilité défaillante. Il est de bon ton dans ces établissements de haute tenue morale et éthique (c'est eux qui le disent)  d'humilier les plus faibles, ceux qui ont un physique hors-norme et les jeunes filles bien sûr. Une fois cagoulé ou masqué, l'être humain, quel que soit son milieu social, se laisse volontiers aller à l'abjection et une jeune fille violentée pendant un bizutage c'est pareil qu'une jeune fille violentée en "tournante" dans une cave d'immeuble de cité, c'est la même violence. Je m'étonne toujours que les dirigeants des grandes écoles privées ou publiques, catholiques ou laïques, si prompts par ailleurs à dénoncer la décadence du système éducatif, ferment les yeux là-dessus, je suis toujours effaré de ces braves petits soldats, premiers de la classe tellement dociles, prêts à se coller un sac poubelle sur le dos et vendre du papier-cul dans le métro pour le plaisir douteux de faire partie de la meute.

    f60535ce574a0121a1036bcf1a33518f.jpgGare à celui qui ne se laisse pas faire, il n'aura accès à aucun cours ou photocopies de l'année, et ceci sous l'oeil bienveillant et ému des directeurs des grands établissements préparant aux grandes écoles devant un tel esprit de corps. Car, attention, on est entre gens de même milieu, choisis et sélectionnés sur dossier, y compris dans le public où on aura la précaution de conserver deux ou trois classes "poubelles" alibis. Finalement, de la cité au beau quartier, c'est toujours la loi de la jungle, la loi du mâle alpha. Bien sûr, il y a des "bizutages", ils sont rares, bon enfant, comme ces étudiants en STAPS de première année qui doivent montrer leur habileté devant les amphis des universités voisines, ou ceux des Beaux Arts. Je me rappelle de cette jeune femme qui racontait son bizutage des années après en feignant d'en rigoler -jaune-, obligée de se déshabiller devant un amphi de futurs médecins, devant des amis de son mari tous rotarysés et gourmettisés qui eux, en rigolaient encore franchement et non sans élégance néanderthalienne. On remarquera enfin que le bizuteur adore les symboles nazis, ça le fascine, ça le rend nostalgique...

    En dénoncer les abus par ici

    PS : En se baladant sur le net pour chercher des photos, c'est fou de voir le nombre de crétins fier de leur bêtise...

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  • Coup de poignard dans un lycée

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    e49bb27fa61eecc0252bc313964299dc.jpgUn élève en a poignardé un autre dans un lycée. Pourquoi a-t-il fait cela ? Il semble bien qu'il devait supporter depuis des semaines des remarques et commentaires désobligeants sur son physique (il est gros) qui comme l'a dit un des élèves interrogés "n'étaient que pour rigoler". Cela n'excuse pas le geste de l'élève mais devrait faire réfléchir les abrutis et rigolos de bureau sur les conséquences de leurs blagues stupides. Ce fait divers souligne aussi combien notre société est dure et sans pitié pour ceux qui sortent de la norme.

  • On doit faire comme les autres...

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    aeae51d0279d80a2aa203ab26f538147.jpgOn utilise à tire-larigot cet argument spécieux et crétin pour justifier le test ADN aux migrants en nous disant que 12 pays européens font de même. En gros, comme tout le monde le fait, on a raison. Allons plus loin, il y a très peu de démocraties réelles dans le monde, par contre, il y a un très grand nombre de dictatures, donc pourquoi la France ne deviendrait-elle pas une dictature comme tout le monde ? En plus, la majorité des français étant infantilisée, décérébrée et confortée dans un individualisme mortifère comme jamais elle ne l'a été, je suis sûr que cela passerait.

  • Qui avez-vous élu (ou fait élire) ? - sur l'intervention d'Azouz Begag

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    4416fe6b3317ef431e0c3e0a5cbd004d.jpgJe n'en ai vu que les quelques secondes montrées au "Zapping" de Canal + mais elle sont néanmoins éclairantes que l'on aime ou pas le personnage. Il a rappelé toutes les paroles de qui vous savez et d'un de ses lieutenants maintenant ministre de l'identité nationale, leur démagogie, leur manière d'encourager les plus basses pulsions xénophobes et racistes, en particulier islamophobes, chez les électeurs. Cette démagogie écoeurante n'est absolument pas contredite par la nomination gadget de deux ministres issues de l'immigration. Azouz Begag pose la seule et bonne question : Pourquoi avons-nous laissé faire ça ? Pourquoi laissons-nous faire le reste (à commencer par le test ADN en cas de demande de regroupement familial) ?

    Nous sommes des enfants gâtés de la démocratie, votant là où le vent nous pousse, là où nous nous sentons mis en valeur en face de notre miroir, là où nous nous déculpabilisons d'être finalement des petits bourgeois pour quelques uns. La majorité n'a pas réfléchi une seconde aux conséquences de ses actes, et ses conséquences concernent des familles, des hommes, des femmes, des enfants. Signalons à ce propos le cas de cette jeune femme descendante de tirailleur sénégalais refoulée à la frontière cette semaine. Signalons aussi que le dégel promis des allocations des anciens combattants indigènes n'a toujours pas eu lieu.

    Une autre interview d'Azouz Begag sur Youtube

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  • Gagner du pognon avec un livre

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    Auteur à vendre
    f606bfb9ff29955bd43cfb9bcb0145be.jpg L'auteur est seul dans sa chambre mansardée, il réfléchit sur son sujet, un sujet à la fois personnel et aussi à vocation universelle. Il boit du café pour se donner du courage car il n'a plus d'argent pour payer le loyer. Cela, c'était l'archétype passé du jeune auteur maudit, maintenant, le jeune auteur, ce n'est plus vraiment ça. Le jeune auteur veut vendre et se faire un maximum de pognon, draguer une ou deux salonnardes et être reconnu par son charcutier. Il sait très bien qu'il devra faire un peu de lèche à l'un ou l'autre mais "on n'a rien sans rien, n'est-ce pas ?"
    Il a fini ses études, est sorti d'une bonne université ou d'une grande école, une de celles où les pauvres ne mettent pas trop les pieds. Il a bien réussi, Papa et Maman sont contents de lui. Il veut être un auteur que l'on s'arrache, ça plaît aux filles. Il aime bien Brett Easton Ellis pour de mauvaises raisons, c'est-à-dire qu'il aime bien un livre de ce genre, avec des crimes, des viols et tout, encensé par la critique, culturellement honoré, et que l'on peut lire avec moins de culpabilité que Stephen King.
    Le jeune auteur réfléchit à son sujet dans le loft près des Halles (120 m2) qu'il partage avec sa copine de caleçon mais attention il est de gauche et contre cette affreuse société de consommation. Comme il trouve ça drôlement romantique de passer pour un rebelle, il choisit un thème qui va choquer : Tiens ? Pourquoi pas la pédophilie puisque l'inceste, les bébés congelés, la scatophilie et l'échangisme c'est déjà pris ? Au moins, ça, ça fait vendre. Mais n'est pas Nabokov qui veut. Le jeune auteur crée, il accouche d'une histoire parfaitement odieuse, et comme il n'a jamais souffert, il ne comprend pas les réactions contre lui, qui blesse irrémédiablement les autres, même si c'est de la fiction. Comme se faire du pognon est tout ce qui compte, les dommages collatéraux, il s'en fout.
    dd26facc0fee945ff2ec9528fbb1728d.jpg Il va d'ailleurs de clichés en clichés dans son livre, comme dans l'extrait ci-dessous, les enfants qu'il décrit sont des fantasmes d'exhibitionnistes de sortie d'église. Il ne faut surtout pas critiquer l'auteur, malheureux ! , on criera aussitôt à la censure d'un écrivain de talent, on hurlera au retour de l'ordre moral, enfin talent, ce pas exactement le cas car le style du livre est parfaitement déficient. Tiens, je préfère relire Lolita qui n'a de voisin avec ce livre que le thème, car Nabokov ne décrivait pas des marionnettes creuses mais des êtres humains. Il ne passait d'ailleurs pas sous silence le malaise et la honte de Lolita, la folie d'Humbert Humbert, son hypocrisie et sa lâcheté.

    Titre : Rose Bonbon | Auteur : Nicolas Jones-Gorlin | Editeur : Gallimard

    Extrait à lire avec des pincettes, "Le jour des enfants..".
    "Tout a commencé quand j'ai repéré Dorothée.
    Au ciné, je me suis assis dans mon fauteuil habituel, pas très loin de l'écran, au milieu de la rangée, celui qui me donne un super point de vue sur le reste de la salle, et l'impression d'être au centre.
    Le mercredi, le jour des enfants.
    Là, ils passaient Blanche-Neige.
    J'adore regarder le visage des gosses quand elle croque la grosse pomme toute rouge, leur bouche en cercle, leurs yeux qui s'allument, le feu sur les joues.
    D'habitude, je me case au fond de mon fauteuil, et je me mets à l'unisson de la salle, et les émotions des gosses me viennent par ondes successives, me pénètrent, me remplissent, une vague de chaleur qui s'insinue dans mon corps, et me submerge, et où je me noie doucement, progressivement. Je suis un mort à qui on donne une nouvelle vie. Une pile qu'on remplit. Voilà comment ça se passe d'habitude. Je suis même pas obligé de regarder ; parfois, leur seule présence, l'écho des voix, une odeur, ça me suffit.
    Et puis, il y a eu Dorothée..."

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  • Paulette - Pichard, Wolinski

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    Pitié pour la pauvre petite fille riche !
    8a60f96073c649c6195c331c038b8aab.jpgPaulette est une pauvre petite orpheline sans défense, une pauvre petite fille riche attaquée de toute part par des malotrus qui en veulent surtout à son argent, et peu à sa vertu, ce qui la dérange plus dans une certaine mesure, car elle aimerait bien qu'on en veuille à sa vertu.  Elle est effectivement successivement accorte, blonde et doté d'un cerveau non négligeable mais très naïve. Paulette finit par vouloir devenir pauvre pour échapper aux vénaux de toutes espèces, mais on n'échappe pas comme ça à la richesse...
    Les hommes sont, dans ces histoires, des imbéciles ne pensant qu'à l'argent et à satisfaire leurs instincts, les femmes y sont belles, intelligentes, beaucoup plus que les mâles (Note personnelle fayote 1 : mais est-ce une découverte n'est-ce pas ? Note personnelle 2 : j'en rajoute ?) et surtout formidablement bien dessinées...
    Pour paraphraser Wolinski, je dirai que Pichard dessine les plus belles femmes de la bande dessinée, et je m'y connais en bande dessinée !
    PS : la chanson du film tiré de la BD, par Claude Confortès, inénarrable, est disponible sur le CD "Twist Again au ciné 3" que je conseille aux cinéphiles pervers avec celle de "Vive les Femmes".

    Titre : Tout Paulette | Auteur : Georges Pichard, Georges Wolinski | Editeur : Albin Michel

  • Détendons l'atmosphère avec Frédéric Dard

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    37dc1405d8a9d45c4dade5dbee3e8b63.jpg• Il existe trois catégories de femmes : les putes, les salopes et les emmerdeuses. Les putes couchent avec tout le monde, les salopes couchent avec tout le monde sauf avec toi, les emmerdeuses ne couchent qu’avec toi." de Frédéric Dard dans "la vieille qui marchait dans la mer" je crois...

    En illustration, une couverture de San Antonio par Dubout, le meilleur illustrateur comique de Dard, Pagnol ou Queneau 

  • "Mourir pour des idées d'accord mais pas tout de suite"

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    a3261510cf7186604c3aaa037c3c20c5.jpgToutes les idéologies ont leurs martyrs, des martyrs souvent consentants. Il y a une différence entre l'héroïsme et l'embrigadement à la mort pour une cause. Dans un pays, j'ai vu les restes d'une forteresse où 900 personnes ont trouvé la mort, une mort volontaire, dont des enfants tués par leurs parents pour ne pas tomber entre les mains des romains. En quoi cela est-il glorieux ? J'ai du mal à comprendre. Depuis quelques temps, on nous propose de montrer en exemple aux écoliers, lycéens, collégiens un adolescent mort pour la France, Guy Môquet, mais aussi et surtout pour sa cause, et en toute conscience de mourir pour elle. Sa f7900c2c356ddead4472ce4c66818424.jpgcause importe peu, eût-il été de droite que c'était pareil à mes yeux, il y a d'ailleurs des martyrs du même genre à droite, mais c'est un militant qui va à la mort, qui cherche la mort pour la gloire de son idéologie, un gamin fanatisé. Il y a une nette différence avec d'autres résistants qui ont combattu sans proclamer leur amour de la liberté, non qu'ils ne l'aiment pas mais parce que cela allait de soi tout simplement, et qui combattaient aussi pour la vie ce que ne fait pas un militant car les idéologies sont mortifères. Quand Orwell est allé se battre en Catalogne, avec d'autres, c'était pour la liberté et vivre libre ensuite, comme Simone Weil ou Bernanos, comme Hélie de Saint-Marc qui est entrée en résistance parce que c'était ainsi, point, tout comme les cadets de Saumur qui ont chargé en grande tenue pour la même raison. Un jeune de 16 ans qui explique à sa mère qu'il va mourir pour ses idées et qu'il en est content, ça me fait froid dans le dos...

    Lien permanent Catégories : Politique
  • "Gras double !" Article du Père Fouettard

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    d74105c314d9f78aad4cf4457deb6755.gifMon estimé confrère, l'auteur et webmestre de ce site, a écrit sur le "blog d'une grosse", j'ai envie, chers petits amis, de vous narrer avec mon talent et ma modestie habituels une anecdote véridique qui cause des mêmes problèmes car elle m'est arrivée pas plus tard qu'hier. J'ai entendu une personne que nous appellerons Y... parler de moi comme du "Gras double", ce qui n'avait pas l'air de choquer la personne X... qui l'écoutait. A toutes fins utiles je joins ici la recette du "Gras double du Beaujolais" en lien par là. Bien sûr, ce n'est pas une recette très hygièniquement correcte mais c'est très bon. Mais je m'égare, je m'égare et je m'éloigne du sujet qui me préoccupe aujourd'hui, enfin, soyons précis, je n'en ai rien à foutre de l'épithète insultante donnée par un jeune crétin, que nous appellerons Y..., qui me réduit à mon ventre et à mes charmants e3fae16aebbd60e1f2e998495151ce93.gifcapitons, mais la sottise, ça énerve et on a envie de donner quand même une leçon et ça déçoit toujours quand ça vient de personnes censées contribuer à l'édification des masses laborieuses. Il faut dire que, moi, le Père Fouettard, ai gagné en moi de temps qu'il ne le faut pour le dire une certaine popularité auprès de personnes que nous appellerons Z... avec qui je travaille chaque jour, ceci expliquant cela, jalousie, jalousie quand tu nous tiens ! (Enfin, aujourd'hui je suis en Reuteuteu). En France, c'est comme ça un peu partout, un type un peu effeminé ou jugé comme tel, sera le pédé de service, même s'il ne l'est pas, un gros sera le gras-double de service, ou "gros porc", ou "gros con",  s'il ose répliquer (ici je parle d'expérience) et un maigre le "fil de fer" ou le "haricot vert". Ne nous plaignons pas, je suis aussi très souvent "Nounours" ou "Boule de suif", ce qui me sied beaucoup plus. Dans notre belle patrie si merveilleusement fière d'elle même et de son président depuis quelques mois (même quand il ne fout rien), on aime bien classifier. Sous d'autres cieux, le pédé de service sera simplement L... ou G..., le gros de service, souvent réputé rigolo de service, sera simplement A... ou M...etc...

    Chers petits amis, je sais bien que j'exagère mais c'est meilleur comme ça...

    En haut un gras-double du Beaujolais, en bas un gras-double à l'alsacienne (au Riesling)

  • Le blog d'une grosse

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    429104b0d1441c1ec540f00d8435adb5.gifJ'ai entendu parler du "blog d'une grosse" de Cathy B. en lisant l'article dans "Télérama" d'il y a une semaine. Une jeune femme ronde raconte avec humour sa vie de femme au physique voluptueux. A une époque dont l'idéal féminin est une jeune fille anorexique retouché sur ordinateur et shootée aux amphétamines, ça fait du bien. Remember Renoir ou Fragonard, que des grosses dont certaines affichent leurs vergetures sans problèmes et sans scrupules dans nos musées nationaux. En parcourant les réactions à ses articles, j'ai collecté deux-trois clichés que l'on colporte habituellement sur les gros. Un intervenant dit qu'"il y avait donc un coeur caché sous la graisse", comme si le fait que le coeur soit apparent sous les côtes saillantes signifie que 6cf9d1f5361c8567c393a4ab714d8550.jpgl'on en fasse preuve. Les gros, comme les maigres, ont des sentiments et leur personnalité ne se réduit pas à leur physique, je trouve un peu dommage d'ailleurs le titre du blog de Cathy. Il y a aussi parmi les réactions aux textes de Cathy tous les donneurs de conseil qui en donnent en prétendant ne pas en donner, de ce genre de conseils qu'ils n'arriveraient jamais à suivre dans le même cas. Enfin, on oublie que les gros le sont à cause de facteurs gé-né-tiques engendrant un dérèglement hormonal, (cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de responsabilités ensuite quand à leur corpulence). Les gros sont la mauvaise conscience de l'Occident, ceux qui permettent de ne pas penser aux petits enfants qui crèvent de faim un peu partout dans le monde, ils sont aussi victimes de l'objectisation actuelle des corps qui pousse à la performance de plus en plus absurde. 

  • Ça, ça fait mal à l'ouvrier

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    Excellente chanson engagée de Desproges...(Comme les webmasters de "Bide et musique", je la retire en cas de désaccord des ayants droits)

    L'écouter sur "Bide et Musique"

    82470d22bb5682df2d83f0e57a5e756c.jpgL'existence morne et fadasse
    De Brouchard le pâle OS2
    Se déroule à Garges-les-Gonnasses
    Loin du luxe des gens heureux
    Et quand le samedi soir vers 20 heures
    Brouchard se promène à Paris
    Il n'voit qu'des cadres supérieurs
    Bronzés et buvant du whisky
    Eh ben ça…
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine, ça y piétine
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine sa dignité
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier

    Dans le port souillé de Bandol
    Clapote misérablement
    Dans sa chambre à air Anatole
    Humble tâcheron dans le bâtiment
    Soudain dans un bruit de tonnerre
    Le hors-bord d'un fier P.-D.G.
    Estourbit d'un paquet de mer
    Ce pauvre homme en congés payés

    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine, ça y piétine
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine vraiment sa dignité
    Ben, ça fait mal à l'ouvrier

    Insouciant dans sa limousine
    Charles-Édouard, le fils du docteur,
    Traverse la Z.U.P. chafouine
    Où s'étiolent les travailleurs
    Il écrase le chien de Georgette
    Au coin de la rue des Communards
    Et jetant vingt sacs à la fillette :
    « T'as qu'à t'racheter un autre batard ! »

    Aïe aïe aïe, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine, ça y piétine
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine vachement sa dignité
    Ben, ça fait mal à l'ouvrier

    Dans une boîte disco de Saint-Tropez
    Un prince héritier transalpin
    Avait dansé avec Thérèse
    Et lui avait demandé sa main
    - Épouser une pauvre ouvrière
    Monseigneur, vous n'y pensez point ?
    - T'as raison, dit l'altesse princière,
    On n'a qu'à faire ça en copains

    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine, ça y piétine
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier
    Ça y piétine complètement sa dignité (il en a quasiment plus)
    Ça, ça fait mal à l'ouvrier (il a mal, il a mal)…

  • S.A.V d'Omar et Fred

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    Dans le Service Après Vente d'Omar et Fred, j'aime beaucoup deux personnages très drôles tous deux joués par Fred : le commandant de bord qui parle un anglais approximatif décrivant le paysage à son micro pour les voyageurs et l'homosexuel gastronome qui essaie tout le temps de nouvelles recettes qu'il adapte d'une manière que l'on soupçonne inavouable...

  • Nouvelle expo chez Niki

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    Exposition d'un peintre alsacien : Guy Gresser.
    Guy Gresser présente sur le site des oeuvres d'art figuratif, d'art informel et d'art virtuel.
    Lauréat des Salons Paul Ricard, ce peintre alsacien, ancien étudiant de l'École des Arts Décoratifs de Strasbourg, compte plus de 30 ans d'expositions.
    et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • John Cassavettes ami de l'amitié

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    9d8d808572933d8fc67b9e1f00451803.jpgSelon le cinéaste, philosophe veut dire littéralement ami de la sagesse dans le sens que celle-ci amène à aimer un peu plus ses semblables. Ce n'est pas facile pour moi de parler de lui, comme tous les sujets un peu plus personnels. Il y a des goûts, des films que l'on aime, des musiques, des chansons que l'on a envie de partager avec peu de monde, un jardin secret réservé aux très proches. J'ai découvert Cassavettes avec « Gloria » dans les années 80, bien que les gangsters y soient encore très hollywoodiens, Gloria se serait fait tuer dés le début du film dans la réalité, c'est un polar qui est plus qu'un polar, un film plus humain que la plupart des oeuvres formellement très réussies mais intérieurement creuses que la critique et le public consacre parfois. Et puis, j'aimais bien Cassavettes acteur, dans « The dirty dozen » ou dans « Furie », même dans un épisode de « Columbo » avec son pote Peter Falk, qu'ils ont réalisé à deux en le signant du nom de leur coiffeur, l'histoire d'un chef d'orchestre qui dirigeait un crime à la baguette. Plus tard j'ai su que j'aimais les mêmes musiques que lui, Thelonious et Charlie Mingus, la pop anglaise, et Satie, mélancolique et empathique, caustique et naïf.

    7d56262682b33639e779d9bf34231f70.gifPlus tard, j'ai vu ses autres films, « Shadows », « Faces », que j'aime bien, et surtout « Husbands » qui est une comédie « italienne » en quelque sorte, tournée à Los Angeles et Londres (oublions « un enfant attend » qui est beaucoup trop mélo). Mais il manquait quelque chose, Cassavettes ne s'intellectualise pas, Cassavettes ce sont des amitiés et des rencontres, ce sont des personnes car après un de ses films on a simplement envie d'être heureux. Il y avait une photo de lui d'ailleurs dans la chambre de X..., une photo de lui dans son dernier film, malade, mais souriant et le regard encore pétillant. C'est à partir de là que je suis tombé amoureux de X...car aimer Cassavettes signifie que l'on est capable de chercher sans se lasser la beauté dans le coeur des gens, mais ceci est une autre histoire. Ses films sont vraiment des « feel good movies », des films qui font se sentir bien, se sentir mieux., comme « Minnie et Moskowitz », cette histoire de deux coeurs solitaires écorchés vifs qui finit bien, et qui est une sorte d'« African Queen » de banlieue, le fleuve est remplacé par l'autoroute et les sauvages par les habitants des « suburbs », Katerine Hepburn par Gena Rowlands et Bogart par Seymour Cassel, mauvais garçon pour rire et cabot flamboyant.

    83b3baf866a05fdd3eaa39744b65ffdf.jpgBien sûr, comme toutes les personnalités hors-norme, comme tous les créatifs, et comme tous les anxieux, Cassavettes était aussi un superbe emmerdeur, capable de réveiller à trois heures du matin ses amis parce qu'il s'ennuie, exigeant jusqu'à l'absurde pour qu'une scène soit jouée dans le ton qu'il souhaitait. Et c'était un inadapté absolu, de ceux que les jeunes hommes romantiques et lisses comme les jeunes filles sages au coeur tendre envient mais qu'ils ne sauraient pas supporter dans la vie courante car le troupeau du commun ne supporte pas ceux qui s'en échappent car c'était aussi un homme courageux capable de réaliser un film narrant l'histoire d'amour d'une jeune femme noire et d'un blanc en pleine ségrégation. Baudelaire a donc bien raison, il y a des drôles d'oiseaux aux ailes de géants qui ne savent pas marcher sur la terre ferme et ne se sentent bien que dans l'azur. Ce sont ceux-là qui permettent de ne pas désespérer tout à fait de l'humanité et de sa capacité à créer de la beauté et de l'amitié ou de l'amour. Et puis sans lui il n'y aurait pas eu de "Nouvel Hollywood"...

    Photos : Gena Rowlands dans "Gloria", John Cassavettes tournant "Shadows" et le même à la fin de sa vie.

  • Le Père Fouettard et les foires aux naïfs

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    73b9eddd8c49f2d248b87bef0ce2f492.jpgEntendons nous bien mes chers petits amis, je ne critique pas le fait de faire du sport ou d'organiser un marathon ou une course à l'andouille, voire une chasse aux cons (le gibier ne manque jamais), c'est tout ce qu'il y a autour et les implications que ça engendre qui m'agacent. Aujourd'hui, dans ma riante cité, il y une course à pied tout autour de nos monuments, organisée par la mairie. Comme c'est un évènement sportif, il n'y a même pas de stands de merguez mais des bouteilles d'eau minérale par palettes, les merguez ça fait grossir et c'est pas sportif et puis en plus y'a pas de sponsors pour donner un peu d'argent afin d'aider à financer l'évènement sportif, le "circenses". En parlant de ça, il y a des bannières de pas mal d'entreprises, un rêve de consumériste. Ce sont les mêmes qui râlent contre les fouilles archéologiques qu'il y avait derrière la mairie : "Ben ouais quoi, ça ralentit la construction du parking".

    ad3f1cffa6417b70309ec6d9332511f1.jpgLa fin du monde se précise, il n'y aura plus de pétrole dans quarante ans mais ces braves gens rêvent encore d'un avenir radieux et bitumé avec plein de petits parkings en béton. Ne croyez pas qu'il y ait un rapport entre les élections municipales et ce genre de fête obligatoire, vous êtes d'un mauvais esprit, ou bien qu'il y ait tant de fêtes qui  ressemblent à des foires aux naïfs comme celle-ci et si peu de réels journées culturelles, le cerveau, faut dire, c'est pas un muscle, c'est plus dur à faire travailler. Cerise sur le gâteau, une radio d'un jour passe le plus fort possible les tubes les plus nazes des années 80 : par exemple, David et Jonathan, "Est-ce que tu VIENS POUR LES VACANCES...ceuh, moi je n'ai pas changé d'adresse-sseuh !!". On se dit que ça ne marche pas comme ça la politique, aussi facilement, on se dit que le PS d'Evreux choisira un candidat crédible, allons donc, il y en a déjà pour trouver que Sarko "n'est pas si mal" comme 63% des concitoyens, espérons quand même. Sur ce, chers petits amis, je vous laisse, je vais vomir...

    PS : Regardez comme ce sportif a l'air content de lui avec son "ticheurte" de "Niouyorque" et avec un petit copain en haut, un rêve de français moyen.

  • La critique c'est pas constructif

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    adf361e4d9ce840bcd94453e19699539.jpgLe pragmatisme prédomine un peu partout, le taylorisme a donc remporté la bataille, il faut être performant. Donc, en plus de se doter d'opinions clés en main bien pratiques, que ce soit à gauche ou à droite, la critique est rejetée, elle est considèrée comme contre-productive. L'action précède la réflexion dans l'esprit des contemporains, à qui bon remettre en question le plus important dans la société. Cela permet de conserver une apparence de liberté, alors que tous sont astreints parce qu'ils le veulent bien, parce qu'ils sont d'accord aux mêmes contraintes de productivité et de performance. Il n'y a pas vraiment d'écrivains, d'humoristes, d'intellectuels qui sont vraiment irrévérents, bien au contraire la révérence domine, il y a une ligne rouge à ne pas franchir vis-à-vis du pouvoir. Pourquoi critiquer dit-on aussi si c'est pour donner une opinion négative ? Cela ne sert à rien, comme si il ne fallait dire que ce qui va bien, les journaux devant alors je suppose ne parler que des trains qui arrivent à l'heure.

    51bf77e3094bdae3cc10afedb23ac0eb.jpgDe toutes façons, ceux qui ne font qu'être lucides finalement sont méprisés. Un monde dans lequel une bonne partie de l'humanité meurt de faim est un monde en crise, un système qui ne fonctionne plus du tout. Alors que quelques uns s'alarment des carences immenses en expression des jeunes diplômés ou pas, d'autres croient bon de rappeler que tant qu'ils maîtrisent la technologie, tout va bien en somme. L'essentiel n'est donc pas que la société existe ou que la communauté crée des liens mais qu'elle s'entretienne, que la dynamique économique, d'où tout facteur humain est exclu ou presque, se maintienne pour produire et consommer toujours plus. Là-dessus tout le monde s'entend, c'est le plus important, maintenir le confort matériel de quelques uns. Maintenant, en plus, les plus aisés ne s'en cachent même plus, il souhaitent que les plus pauvres soient relègués hors des villes.

  • Vos préjugés sans fard - un test utile

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    39ea4cac147ad025539c679e0bdc4afe.jpgA ce lien, on trouve quatre tests très intéressants à faire, dans le respect du temps imparti, qui mesurent les préjugés réels quant à une population ou une autre : les seniors, les étrangers, les jeunes, les femmes. On est parfois surpris quant à la grandeur d'âme que l'on supposait chez soi.

    Ici, un autre site sur la question... 

  • Machinations et complots

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    ac7b82a23f44f6cd5404a5268da35677.gifDans une excellente nouvelle de Richard Matheson, que d'ailleurs on ne retrouve bizarrement pas dans son intégrale, "une armée de conspirateurs", un petit monsieur en vient à croire que celles et ceux qui le dérangent dans le bus le matin, au bureau et dans les magasins sont des comploteurs payés pour le nuire et lui faire mal : le type qui siffle à son oreille le matin, la dame devant lui qui met du temps à payer à la caisse, l'automobiliste qui passe trop vite devant lui etc...Pour s'en protéger, il décide d'attribuer une note à chacun pour déterminer leur ligne de conduite, mais cela ne suffit pas et il devient fou de rage. Il prend un couteau et en tue plusieurs.

    Ainsi sont plusieurs personnes qui se sentant agressées par le monde entier en viennent à croire que certains complotent en secret contre eux, ou leur groupe, et ce qu'ils croient. Comme disent les paranos : "je ne suis pas parano mais tout le monde est contre moi". Généralement, pour mettre en place une loi idiote, il n'y a même pas besoin de machination ou de complots, la sottise du troupeau suffit : ainsi la loi proposant de vérifier l'ADN des personnes pour le regroupement familial, d'ailleurs là une question se pose : on a vérifié l'ADN des "indigènes" quand ils sont venus combattre pour la France en 1914/1918 : goumiers, spahis, tirailleurs sénégalais ? Certains parlent de conspiration et de complot pour imposer une loi sur l'euthanasie, pas besoin, c'est dans l'air du temps voué à la performance et l'eugénisme social. D'autres encore pensent que les américains cachent la vérité sur le réchauffement climatique, faux là aussi, c'est simplement que le troupeau de lemmings qu'est l'humanité s'en fout (le lemming est ce petit rongeur qui va se jeter dans l'océan du haut d'une falaise sans raison particulière autre que celle de suivre le troupeau).

    1fb4ba14cf4108564a910d66e30bfd92.jpgEnfin, se trouver des ennemis puissants cachés et menaçants, c'est se donner une importance, sortir du commun, comme cet animateur de radio associative dans une BD de Tronchet, persuadé que le monde entier lui en veut alors que c'est juste un pauvre type qui ne peut plus payer pas ses factures de téléphone. C'est combler sa solitude, ou retomber en enfance, quand on joue aux espions et aux agents secrets (Note personnelle : je me souviens avoir suivi avec deux de mes cousins en jouant à ce jeu un pauvre employé d'EDF toute une journée, nous étions persuadés que c'était un espion). Et c'est tellement plus facile de trouver un bouc-émissaire à ses malheurs, pour éviter de contempler sa propre responsabilité.

    Une interview de Matheson ici 

  • "L'Orielle" à Evreux

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    f2ac09fc53745470abde59b62048d40e.jpgA "l'Orielle" à Evreux, mon "dealer" de livres préféré, on respire l'odeur des colombages apparents à l'intérieur de la boutique en écoutant le bruit calme et reposant de l'Iton, petite rivière coulant juste à côté. Il y a aussi l'odeur de tabac blond des cigarettes du maître des lieux. Bref cette librairie a un parfum qui est comme une métaphore de l'amour des livres. Quand mes livres ne sentent pas le parfum de "l'Orielle", il y a quelque chose qui me manque. C'est encore une librairie où l'on peut prendre le plaisir de feuilleter les livres sans que quelqu'un ne vous tombe dessus pour vous pousser à la consommation. L'on peut même si l'on veut caresser le chien du libraire, généralement assoupi devant le comptoir. Enfin, l'écclectisme des livres proposés est très agréable : des mangas aux traités de philosophie, un seul reproche cependant, il n'y a pas assez de livres sur le cinéma.

    Je précise que je n'ai aucun intérêt dans les lieux dont je parle, c'est pour le plaisir de parler d'endroits sympathiques. 

    librairie L'Orielle
    10, rue Borville Dupuis

    27000 EVREUX
    Tél : 02 32 39 51 80
    Fax : 02 32 39 51 80

  • "Au Grand Nulle part" à Rouen

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    9091caf7ab2830a7c5c4546b2ea4000e.jpgJe voudrais reparler de cette librairie spécialisée, déja citée dans deux ou trois notes, en particulier dans "le genre" en général (plus polardeux que SF cependant) et la Bande Dessinée, mais également dans la vente de produits dérivés et de DVD concernant des auteurs comme Crumb ou d'autres. Il y règne une atmosphère conviviale et accueillante très éloignée de celle de ce genre de librairies habituellement, où l'on ne croise généralement que des "nerds" (des fanatiques de "comics" ou de jeux en réseau) pâles et fébriles qui se rongent les ongles en recherchant avec avidité un tirage à part d'une pin-up de Stan et Vince ou Franck Cho. Enfin, comme moi, le maître de ces lieux est de nationalité grolandaise...

    Elle est située au 102 de la rue du Général Leclerc à Rouen.

    Je précise que je n'ai aucun intérêt dans les lieux dont je parle, c'est pour le plaisir de parler d'endroits sympathiques.
  • Ô Jérusalem...

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    233941228dd56ef86577da92dbbf24c6.jpgTous les jours, cela m'arrive, je regarde un paysage pourtant familier de Normandie et j'ai alors l'impression que Jérusalem est toute proche, qu'au bout de la rue, il y a la Via Dolorosa et Sainte Anne, que le car que j'emprunte m'emmène à Tel Aviv. La gare routière d'Evreux me rappelle celle de Tibériade ou Ramallah et il me suffit de fermer les yeux pour y repartir ne fût-ce qu'un petit moment. Un soir de fatigue, j'ai cru voir la tour du minaret qui était au bout de ma rue en traversant Vernon. Parfois, je crois avoir rêvé ces deux ans. Ce que j'ai vécu là-bas est aussi que je m'étais posé comme condition était d'être libre de faire ce que je sentais être le mieux pour moi, et d'être totalement sincère. Cela n'a pas toujours été facile, à commencer par les personnes avec lesquelles je vivais. On dit qu'il faut compter le double de mois qu'un séjour a duré pour dire que l'on est vraiment "rentré".

    1e51ccb03a2690851c1c3e9e801f25d6.jpgEt pourtant, pour tous ceux qui étaient là-bas comme pour moi, une partie de nous y est toujours un peu, pas à cause des monuments, les pierres ne vivent pas, pas à cause d'une opinion ou d'une cause à défendre, à cause des personnes que nous croisions, que nous aimions et qui nous ont accepté sans conditions.Si chaque ville ressemble un petit peu à Jérusalem, al Quds en arabe, "La" ville, c'est je pense vraiment parce que celle-ci contient toutes les autres et que chaque être humain peut s'y retrouver et retrouver son humanité, s'il se laisse faire par le sens de l'accueil de ses habitants, et s'il sait s'ouvrir aux autres, sinon il perdra toute son humanité et sa capacité à la compassion. Il n'est bien sûr pas indispensable pour un croyant d'aller en pélerinage à Jérusalem mais ceux qui y sont allés savent néanmoins à quel point elle est unique par son art de vivre, sa convivialité et sa douceur paradoxale mais profonde, ce que combat la connerie intégriste, la sottise de ces occidentaux boute-feux de haine.

    PS : C'est pour tout cela que je pense avec d'autant plus de tristesse à l'attentat qui a eu lieu à Beyrouth hier dans le quartier chrétien. Les extrèmiste haïssent la douceur de vivre, refusent d'aider au bonheur qui parfois peut-être tout simple.

  • "Le Croutôthon"

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    5a2989c5f06ab6da60d732a4cdf37736.gifDe votre plus belle plume
    après avoir lu l'histoire de "croûtOthon"
    Ils vous attendent 
    ou plutôt ils attendent votre texte...

  • Sar Khortefeux et Sar ko'uchner - article de Gérard Silighini

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    98afa19608441a5a7921892c944838b9.gifLes brebis de F'murr l'auraient sans doute dit : On ne peut pas s'absenter une minute sans que monsieur Sarkozy nous joue une nouvelle pièce, changeant de registre et de personnage comme d'autres changeraient de lainage... 
    Et il boute et il boute !
    Il y a peu, sous le masque de Sar ko'uchner, il chausse ses rangers et enfile son treillis pour aller bouter les Iraniens hors la diplomatie...
    Quelque temps plus tôt, transformé en Sar Khortefeux , ce sont les préfets qu'il pousse pour qu'ils boutent leur quota de clandestins hors de France...
    On boute vraiment beaucoup dans le Sar ko'uvernement... 
    Il parait même que Sar' rachida Dati  boute ses collaborateurs hors son cabinet.

    La suite ici

    Lien permanent Catégories : Politique
  • Peuple et "Pipôle" : somptueuse hypocrisie collective

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    d3a5235e99e5708b512614c20b47193f.gifIl y a quelques jours étaient invités au "Grand Journal" de Denisot sur Canal plus deux "paparazzis" parmi les plus doués de leur profession car plus "journalistes" que les autres. Ceux-ci semblaient parfaitement asumer l'ignominie de certains aspects de leur profession consistant à fouiller dans les poubelles des vedettes "pipôle" ou leur voler des instants d'intimité, Cécilia S. et Richard Attias, entre autres. Quelle ne fût pas ma surprise d'entendre cependant le public les huer quand les deux photographes décrivaient leurs méthodes pour planquer. En effet, si la presse écrite quotidienne se porte très mal en France, du fait de nombreuses raisons à commencer par l'emprise du syndicat du livre et des NMPP mais aussi la mainmise des grands groupes industriels sur les titres, les magasines torchons comme "G..." ou "C...r" marchent par contre du tonnerre. C'est donc que la majorité du public de l'émission de Canal les lit avec avidité mais n'assume pas du tout sa passion pour les frasques des "sans-culottes" de l'actualité mondaine. Beaucoup ne savent pas qui est le premier ministre mais sont au courant du dernier achat de Paris Hilton ou Britney Spears. D'ailleurs, tous ont applaudi la séquence suivante, un "petit journal People" certes enrobé de dérision mais au contenu rigoureusement équivalent aux revues torche-culs susnommées.

    En photo, les poubelles d'une star justement

    Les portraits des deux paparazzis cités plus haut, Pascal Rostain et Bruno Mouron, en ligne ici

  • Le culte des icônes en Grèce

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    J'ai beaucoup d'affection pour les liturgies orientales et leur spiritualité tournée vers la lumière de la Résurrection. Katerina Seraïderi a eu la gentillesse de me prévenir de la sortie de cet ouvrage sachant ma passion pour les chrétientés orientales...

    Le culte des icônes en Grèce
    Toulouse, Presses Universitaires du Mirail,
    coll. « Les Anthropologiques », 2005, 256 p.

    Un livre de Katerina Seraïdari 

    Recension de Mickaël Wilmart
    Texte intégral

    383dfca504ca20cf2b42d72b1cf96d94.jpgCe livre, fruit d'une enquête de terrain (principalement dans les îles des Cyclades) qui s'est poursuivie de janvier 1997 à juillet 2002, est une contribution essentielle à notre connaissance des pratiques religieuses autour des icônes. Jusqu'ici les recherches sur les icônes avaient surtout intéressé les historiens d'art, dont les travaux d'Hans Belting sont la meilleure illustration, ou s'étaient concentrées sur les querelles théologiques autour de l'iconoclasme (Marie-José Mondzain). Profitant de la voie ouverte par Michael Herzfeld pour une approche anthropologique de la construction identitaire en Grèce et par Jill Dubisch pour l'application d'une gender anthropology sur les pèlerinages des Cyclades, K. Seraïdari nous offre un ouvrage riche par ses descriptions ethnographiques et ses interprétations.

    Dès l'introduction, l'auteur explique clairement le rôle joué par les icônes non seulement dans la religion orthodoxe, mais aussi dans l'affirmation de l'identité de la communauté, nationale ou locale. Elle développe ce dernier point dans la première partie intitulée « De l'Histoire sainte à l'histoire des icônes et des communautés ». En retraçant l'histoire légendaire des icônes locales, en confrontant les versions érudites et les versions populaires et en faisant apparaître les liens étroits entre les constructions identitaires au niveau national et au niveau local, l'auteure met à jour un schéma identitaire complexe dont l'icône constitue le pivot. Par ses manifestations spatiales et mémorielles, le culte des icônes redéfinit sans cesse la communauté qui prend comme référent la Sainte Famille et la transpose à la famille insulaire ou nationale. Les vicissitudes, légendaires ou non, des icônes permettent l'identification immédiate de l'Autre (musulmans de l'Empire ottoman, Italie fasciste) et leur caractère miraculeux est le plus souvent lié à la sauvegarde de la nation comme dans le cas de la Vierge de Tinos réapparue au début de la guerre d'indépendance.

    f113099aca5faf9557912c1cda253391.jpgLa deuxième partie du livre « Icônes itinérantes entre l'Église et la maison » s'attache à un phénomène peu étudié jusqu'ici, celui de la circulation, dans certains îles cycladiques, d'icônes logées pour un temps déterminé chez les habitants qui deviennent alors paniyiras. Cette circulation conduit à déplacer et à atténuer l'opposition entre le domaine sacré (sanctuaire dont dépend l'icône) et le domaine du profane (l'espace domestique qui l'accueille). Chaque icône a, ainsi, sa liste d'attente (de l'ordre de plusieurs décennies pour certaines) et change, chaque année, de mains. Chaque île a son propre système de rotation. Ainsi à Sifnos, l'icône de Chryssopiyi reste dans son ermitage le jour de sa fête, demeure quinze jours entiers chez le paniyiras après sa réception, quinze autres jours avant sa fête et toutes les nuits de l'année alors que pendant le jour, elle est déposée dans l'église paroissiale de son hôte. À Sikinos, l'original ne quitte jamais l'église paroissiale (sauf le jour de la fête) et c'est une copie qui passe l'année chez son paniyiras. Copie et originale sont alors réunies le jour de la fête mais la pratique montre que la copie n'est pas toujours identique à l'originale et que celle-ci n'est pas toujours la plus vénérée. En effet, dans cette même île, la maison du paniyiras se transforme en véritable lieu de dévotion. Pour K. Seraïdari, la rotation de ces icônes assure l'unité de la communauté et permet d'assimiler celle-ci à une « grande famille ».

    La dernière partie de l'ouvrage porte sur les rôles joués, respectivement, par les femmes et les hommes lors des fêtes religieuses et montre que l'apparente unité de la communauté est, en fait, constituée de groupes distincts qui ont chacun leur place définie. Au-delà d'une anthropologie du genre, l'exemple de l'île de Nissyros met en avant ces groupes, séparés non seulement entre hommes et femmes mais aussi entre autochtones et étrangers, auxquels viennent s'ajouter, comme un dernier ensemble à la position plus floue, les émigrés revenus pour la fête de l'icône. Dans cette île, la fête se déroule en deux temps : du 6 au 13 août, les femmes font pénitence dans le sanctuaire auquel les hommes n'ont accès que le dernier jour ; ces derniers se chargent du repas entre le 14 et le 15 août. À Limni, lors du déplacement de l'icône, hommes et femmes ont également un rôle différent : les hommes la portent lors de la traversée du village et les femmes s'en chargent entre le village et l'ermitage. Dans ces deux cas, on voit comment les hommes entrent en scène sur la place publique du village, se portant garant à la fois de la tradition et de la bonne marche de la partie la plus visible de la fête, tandis que les femmes occuperaient une sphère extérieure à l'espace de la communauté (sanctuaire à Nissyros et campagne à Limni).

    11fbb6d30e33299bc57864b034df81af.jpgCependant, cette dernière partie est surtout marquante par les descriptions des pratiques exécutées autour de l'icône. Les descriptions ethnographiques, effectuées par l'auteure tout au long de l'ouvrage, constituent un des points forts de ce livre. Le travail d'enquête est, en effet, exceptionnel et offre une vue presque interne du sujet. On s'aperçoit, ainsi, que les pratiques sont loin d'être codifiées, que les gestes sont très souvent personnalisés et que la fabrication de l'icône elle-même peut s'avérer surprenante (à l'exemple de cette icône créée à partir d'un sac plastique). Ce qui marque le plus le lecteur est, sans doute, cette recherche de l'intimité avec l'objet de dévotion. Certes, l'icône est un élément identitaire pour la communauté mais elle est avant tout une représentation divine qui attire, directement à elle, de forts sentiments dévotionnels. On désire plus que tout accueillir l'icône chez soi ou la porter lors des processions, on communique avec elle en rêve, on dort parfois dans la même pièce et, surtout, on cherche à entrer en contact avec elle par les gestes les plus divers. La description de ces gestes rend beaucoup plus intelligible l'intensité de ces dévotions et permet d'aller plus loin que l'étude d'un culte collectif. Si ce livre peut paraître court pour un sujet aussi dense, il se caractérise par la richesse réelle des pistes ouvertes sur les cultes contemporains et le regret de son format n'est dû qu'à l'envie qu'il donne d'en savoir un peu plus.

    Pour citer cette recension

    Mickaël Wilmart, « Le culte des icônes en Grèce », Archives de sciences sociales des religions, 134 (2006), [En ligne], mis en ligne le 11 septembre 2006. URL : http://assr.revues.org/document3617.html. Consulté le 19 septembre 2007.

  • Le grand secret de la politique

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    1850622f72d7e7e599cd9b68465c9058.jpgBeaucoup de gens n'ont pas encore compris, à gauche en particulier, le grand secret de la politique : surtout pour les questions d'écologie et la question des SDF. Tout le monde s'en fout en fait et préfère évacuer le problème radicalement. Sur la question des sans-abris, avant tout cela on le murmurait, maintenant, que ce soit à Argenteuil ou au Canal Saint Martin dernièrement où une délégation d'habitants a demandé une remise gracieuse sur leur taxe d'habitation du fait des nuisances olfactives causées selon eux par la présence des tentes des "enfants de don Quichotte" (je suis curieux de savoir si c'était les mêmes riverains que les journalistes interrogeaient en hiver quand les tentes ont commencé à être plantées là-bas), on ne prend plus de gants et on le dit : on veut les virer loin des quartiers, loin des jardins quiets où leur présence fait désordre et pourrait faire prendre conscience de l'iniquité sociale donc faire réfléchir en somme. Quant à l'écologie, la plupart des gens se disent : "Après moi le déluge" et de toutes façons, "s'il fait chaud tout le temps, c'est bien, non ?" Le manque d'eau, ce sera pour les autres... 

  • "Nouveau et intéressant" - Au sujet de la mort de Jean-François Bizot

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    2aa404f7a3fcea4c186443ab6b2d089e.jpgJean-François Bizot est mort. fondateur d'"Actuel" deux fois, à la fin des années 60 et à la renaissance du magasine pendant les années 80, et dont sont issus à peu près tous les journalistes qui comptent en ce moment, quelques comédiens et animateurs aussi. J'ai commencé à lire sa revue en 1986 et je luis suis resté fidèle jusqu'à sa disparition. Bien avant que tout cela ne soit "hype", "Actuel" faisait découvrir dans le désordre Ellroy, les films de Jim Jarnush, les années 60 hors de toute mièvrerie ou nostalgie, la pandémie du SIDA en Afrique, Nan Goldin, Robert Crumb, l'humour anglo-saxon absurde, Philip K. Dick, Norman Spinrad, Ballard et d'autres. On y parlait des minorités sans tomber dans l'angélisme ou le discours convenu (les minorités sont sympas quoi qu'elles fassent).

    34c0f64d7d4991d0d585b087dca2d2b7.jpgCertes, parfois, Bizot se trompait complètement dans ses choix éditoriaux ou politique, mais il soutenait mordicus la pertinence de ses déclarations et de ses goûts avec une mauvaise foi complètement subjective très réjouissante. Fils de grands bourgeois, héritier précoce, ce qu'il assumait parfaitement, il a su se créer un rêve et le vivre jusqu'au bout. Et avec "Actuel", on était vraiment dans un journalisme impertinent et intéressant, bien au-dessous des "Inrockuptibles" par exemple...

  • Considérations diététiques

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    6010b9ec15dc6c9b0546b4103e8764b9.jpgÉtant doté de courbes voluptueuses, quand j'arrive dans un endroit, de manière instantanée, cela ne rate pas, en me voyant, un/une imbécile ne pourra s'empêcher de parler de régimes, sport et diététique. Pas en s'adressant directement à moi de suite, mais en procédant par fines allusions, parfois après avoir prononcé d'émouvants discours contre le racisme et la ségrégation par l'apparence. Pourtant, mes rondeurs ne sont pas agressives et je les enrobe la plupart du temps de couleurs agréables qui ne font pas mal aux yeux. Au bout d'un moment, l'un d'eux/l'une d'elles n'y tient plus et se tourne vers moi en me disant : "Et toi ?". Je répond généralement que je suis parfaitement conscient du problème ne serait-ce que pour ma santé, mais le gros est pris pour un être incapable de prendre une décision tout seul, donc l'importun en rajoutera : "Oui, mais tu serais mieux, tu te sentirais mieux", oubliant souvent que c'est son propre physique qui le trouble et l'inquiète en fait. A ce moment là, soyons honnête, j'en rajoute souvent dans la "grossitude" et l'éparpillement de mes incurvations par provocation. Il faut dire qu'à une époque où les canons de beauté féminins sont une anorexique adolescente à peine féminine, c'est-à-dire une femme qui n'existe pas, on ne peut supporter les physiques hors-normes.

    PS : Je voudrais ici solennellement remercier l'abruti qui m'accueille chaque jour en soufflant "tiens voila le gros tas" dans mon dos à un collègue à portée sur mon lieu de travail, il m'aide à garder confiance dans mon intelligence. Enfin, je précise que comme tous les gros, je sais bien ce que j'ai à faire mais que la décision de se soumettre à vie à une discipline très rigide est effectivement difficile à prendre. 


  • "Clés en main"

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    chateau de Montaigne et sa tour, refuge et bibliothèque

    Il y en a qui ont peur de la révolution, d'autres d'un retour à un ordre moral totalitaire, qui n'a jamais vraiment existé. On penserait que ces radicalismes sont des résurgences de phénomènes anciens alors que c'est au contraire quelque chose de très moderne et de tout à fait dans l'air du temps hyper-capitaliste, performant et pragmatique. On veut des pensées simples, pleines de certitudes sur le monde et les êtres qui le peuplent, une morale ou une anti-morale confortable (et souvent "les jouisseurs à tout prix de maintenant sont aussi sentencieux que les censeurs d'hier"). On ne veut pas se poser de questions, on veut des ensembles simples, des groupes de pensée et d'opinions bien spécifiques pour s'y retrouver comme au supermarché et faire ses courses sans réfléchir.

    7fde701d49cefe8ee33dbd6846c3dc05.jpgLa philosophie, du moins celle qui remet les certitudes en question, y est mal considèrée, on ne la prend que pour se conforter dans ses propres opinions, quitte à aller jusqu'à l'insulte et le déni d'existence de l'autre, ou simplement comme une sorte de gymnastique mental pour se sentir bien dans sa peau, ainsi la mode du "coaching" et de la "pensée positive", version moderne de la méthode Coué. On aime bien réécrire l'histoire quel que soit le camp auquel on appartienne. Là aussi on agira encore en consommateurs en choisissant de n'en retenir que ce qui entretient le confort intellectuel et laisse le cerveau libre. De même pour toutes les sciences humaines y compris la psychologie qui est elle aussi confondue avec une méthode de "coaching".

    Il ne s'agit évidemment pas de sombrer dans le relativisme, ou la sensiblerie, chaque personne a besoin de bases solides pour se construire, mais mûrir c'est aussi comprendre que le monde est complexe (pour beaucoup rien que le fait de dire cela est en soi du relativisme), que l'appartenance supposée à un groupe n'entraîne pas forcément l'allégeance ou la soumission obligatoire à des sottises, que chaque personne réagit d'une manière bien à elle à un évènement. Quelqu'un, Montaigne, disait  ; "guelfe avec les gibelins, gibelin (papiste) avec les guelfes (protestant)". Ne pas comprendre la complexité des personnes et du monde c'est s'exposer à l'intransigeance irraisonnée et celle-ci mène à la discorde et la haine. Ces opinions "clés en main" restent cependant séduisantes devant un monde de plus en plus chaotique. On classe maintenant Montaigne, que l'on devrait relire en 2007, parmi les inventeurs de l'autobiographie ou les "sceptiques". Il nous propose cependant de remettre en question les babioles futiles, les hochets sociaux auxquels nous attachons tant d'importance.