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  • La période sombre de la Libération - à propos de "l'affaire Sacha Guitry"

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    c5278561da6e920fc415942fdf4a9eea.jpgJ'ai regardé hier ce film avec Jean-François Balmer qui a eu l'intelligence de ne pas chercher à imiter son personnage mais l'incarne avec talent. Sacha Guitry a été arrêté sans motif, si la rumeur publique. Avoir l'esprit un peu plus complexe que les autres, le commun déteste car il ne comprend pas et ce qu'il ne comprend pas il en a peur et le rejette, il trouve que ce n'est pas "normal" car il voit le monde en noir et blanc. C'est à partir de la Libération que s'est développé le mythe des français tous résistants en secret. Les résistants, les vrais, n'ont jamais été très nombreux, même après le STO. La majorité attendait la fin des combats. Cela ne diminue en rien l'honneur de ceux qui ont résisté, encore pour beacoup anonymes, bien au contraire c'est d'autant plus méritoire car souvent sans retour et à conduit la plupart d'entre eux vers les camps de la mort. A l'inverse, je suis toujours agacé par ceux qui joueraient du cor sur les toits pour montrer combien ils ont été courageux mais après coup.

    386e1462f3bd5b4ecbd4e528070f9dc5.jpgOn ressent beaucoup de dégoût devant ces rebelles de la vingt-cinquième heure qui tondaient les femmes soupçonnées d'avoir couché avec un allemand, qui cassaient la gueule de ceux que les ragots dénonçaient alors que quelques mois auparavant les mêmes se terraient au fond de leur terrier comme les autres, rien de pire que les ragots et les préjugés. On est écoeuré par cette époque de victoire des idéologues sans courage, du dernier moment, qui en ont profité pour imposer leur arbitraire au moins un court moment, ces beaux parleurs sans courage qui parfois ne faisaient que venger de vieilles rancunes sans rapport avec l'époque, et qui se sont la plupart du temps autant compromis que les autres. Sacha Guitry n'était pas un saint mais il a fait comme tout le monde et a sauvé quelques personnes ce que nombre des "libérateurs" n'ont jamais fait qu'en rêve.

  • Moi, Riquet à la houppe

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    163bc64fd8bf91e14c3a3f2d7b446f84.jpg"La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu'elle ne disparaît pas avec le temps." Gainsbourg 

    Physique intéressant
    Une dessinatrice de caricatures pour touristes m'arrête à Montmartre, après lui avoir expliqué que je ne suis pas un pige...touriste, elle me dit que j'ai un visage "intéressant" et me dessine gratuitement ; Cela voulait-il dire que j'étais si laid ? J'aurais pu mal le prendre, non ?,  mais finalement cela signifiait que j'étais unique en mon genre et que mon individualité était plus intéressante que d'autres visages plus lisses ou plus formatés, au moins ne laissais-je pas indifférent.
    Il y a une réflexion du livre qu'a lu le cousin Eugène qui est intéressante, au sujet de la laideur et de la conception ultra-subjective de celle-ci que Millet ébauche surtout. Celle-ci est intéressante. Qu'est-ce que la laideur ? Sinon, un outil parmi d'autres nous permettant de mesurer notre capacité à aller vers l'autre, à essayer de le rencontrer. La laideur tend un miroir, agit comme un révélateur sur le caractère et ne laisse personne indifférent; elle permet de mettre bas les masques et découvrir les hypocrisies qui donnent bonne conscience.
    Il est amusant de voir que la laideur a souvent eu comme corollaire la capacité à séduire, la nature compense peut-être d'un côté ce qu'elle prend de l'autre en somme : Brantôme, petit et bossu, Robespierre, souffrant d'un pied bot, le bailli de Suffren, énorme et polygame, Gainsbourg (mon laid préféré).  

    La blessure induite par la laideur (on pourrait croire qu'elle est subjective mais je crois bien qu'il y a bien une laideur, comme une beauté objective) a souvent entraîné une attirance pour la création et l'envie d'en faire autre chose, bien que tous les laids ne soient pas des créateurs et que tous les laids ne soient pas des génies. On peut être laid et con, beau et brillant. On peut aussi se targuer d'être laid et un "lamentable amant", comme Groucho Marx par antonymie. 

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  • Catherine Millet par le cousin Eugène

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    Critique paysanne
    7f4cd571da11e04283e346c537ed8176.jpgJe cède la parole pour cette critique à mon cousin Eugène, agriculteur dans le Perche et ivrogne officiel du café "Au rendez-vous des chasseurs" de Mortagne :
    "Au départ, j'ai pensé à l'Angélus de Millet, en broderie, que Mèmère a trouvé dans "Modes et Travaux" et qu'on a mis dans un e-d-cadre au d'ssus de la télé ; C'est plus joli quand on regarde Jean-Pierre Foucault. C'est un machin paysan que j'aimions bien. Et pis, les contes, j'aimions bien quand ma môman m'en racontait le soir après les foins. Pis j'ai lu des pages, a crévinguieux ! La bougresse ! C'est un peu comme dans le conte de ma mère : un laideron aime une gosse meugnonne mais un peu brelotte, mais comme elle est un peu sotte, elle se rend pas compte que l'aut' y l'aime bien : eune tragédie ! Plus tard, elle devient moins bête, et elle finit par l'aimer. Si j'ai bien compris ce qu'elle écrit, l'aut' ribaude, elle est à la fois la princesse belle mais idiote, et aussi Riquet à la houppe ? C'est-y donc pas qu'on l'a vu souvent toute nue comme le bon dieu l'a faite, je me suis demandé ? Elle, la Millet, elle est pas bête et elle a jamais coiffé Sainte Catherine, pourtant, pour sûr ! Elle connaît l'art moderne et un tas de trucs que j'comprends rien".
    Ici, Eugène s'est arrêté et a resservi une tournée à tous les joueurs de domino du café...

    Titre : Riquet à la houppe, millet à la loupe | Auteur : Catherine Millet | Editeur : Stock | Thème : Littérature française

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  • Gouttes de pluie

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    d29526e66a23e61dd9bb013820963c28.jpgJ'aime bien la pluie, les jours de mauvais temps me rappelle des moments de douceur incomparable chez, soi, la lumière n'est plus la même. Il n'y avait pas la pluie comme ça au Proche Orient, c'est d'ailleurs ce qui m'a le plus manqué, là-bas c'était une pluie tropicale, diluvienne. On s'occupe alors comme on peut, quand on ne part pas en vacances. La paresse propose d'allumer la télévision. Ce que je fais deux minutes, mais même avec la TNT depuis une quinzaine de jours, rien ne change, il n'y a rien, ou si deux fois plus de fonds de tiroir de séries allemandes, ou anglaises, et des feuilletons très "bon marché" : j'aime beaucoup "L'invincible" qui recycle tous les "has-been" de la téloche de ces trente dernières années, un genre de samouraï mais américain, épaulé d'une blonde à gros seins et d'un jeune con un peu nerveux, se bat contre les démons qui veulent mettre en place le règne du diââble. Les démons, on les reconnait à leur sourire en coin et leurs yeux qui deviennent jaunes. Pratique.

    1e6b8c86c2a6ff76af2a5b579506fe90.jpgJe me suis remis au dessin à la plume (là, normalement l'assistance doit dire : "Mais mon Dieu, Amaury, tu es un artiste ! Tu as tous les dons ! Quel homme extraordinaire !"). Mais je suis distrait par la pluie, j'allume la radio et tombe sur l'émission de Morandini où l'on cause de la téléréalité, j'en viens à imaginer que les candidats qui n'ont plus de budget nourriture sont obligés de se manger les uns les autres, mais dans la "salle CSA", c'est là où ils ont le droit à deux heures d'intimité. Ce devrait être comme ça la téléréalité, des règles de survie réellement poussées jusqu'au bout de leur logique. Dans un épisode du nouveau "Doctor Who", d'ailleurs, des candidats de jeux débiles sont téléportés sur le vaisseau des Daleks qui en font des mutants. En parlant de lui, j'ai constaté la censure des doubleurs français : à la fin d'un épisode dans lequel le docteur a encore sauvé l'univers, celui-ci dit en anglais, "je ne vous donne pas de conseils car de toutes façons, vous referez les mêmes erreurs stupides", en français, il les encorage à "garder confiance dans l'avenir et à ne pas refaire les mêmes erreurs". Étonnant, je trouve aussi, c'est le genre de pensées fondamentales qui vient lorsqu'il pleut.  

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  • Rassurez-moi...

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    ac3a8861389aeddf5bced551fa810c35.jpgEn tant que catholique lambda, qui a quelques vagues connaissances théologiques, essentiellement gràce aux dominicains de Jérusalem, aux Pères Blancs et surtout aux Bénédictines de Montmartre, un peu de culture historique sur la Terre Sainte, je sais que l'Eglise n'étant pas un parti politique et la foi n'étant pas une idéologie, et que quand le Pape ou un Concile prennent une décision, je ne me hasarderai pas en discuter le bien-fondé. Hors, depuis déjà quelques décennies, on entend parler de messe "Paul VI" pour la messe issue du Concile Vatican II donc la messe de l'Église. S'il y eut des abus, des déviances quant à la nouvelle messe, elles ne sont pas le fait du Pape ni du Concile mais d'une idéologie qui entrainaient certains catholiques dits progressistes à penser qu'avant c'était pas terrible et que gràce à eux, lumières des ignorants, ça allait s'arranger : plus de vérité, la foi devient une sorte de syncrétisme et il n'y a plus besoin de rites, cela a été tellement efficace qu'ils ont contribué de manière non négligeable à vider les églises durablement. Leur discours était très pauvre, doucement sociologique et majoritairement grotesque, il suffisait d'être gentil avec tout le monde pour être heureux en somme et aller au Paradis et tout le monde avait raison (comme ça pas de jaloux, pas de violence).

    19a3b2fef891052e6e95dd19bcfa4c41.jpgPendant cette période, il y eut des groupuscules minoritaires tels les émules de monseigneur Lefèbvre, évêque schismatique en 1989, partisan du maintien de l'ancienne "ordo" de la messe, dont certains ont tourné à la secte comme la CRC (ou Contre Réforme Catholique) de l'Abbé de Nantes qui a détruit nombre de familles. On ne peut condamner bien sûr tous les croyants qui ont rejoint ces mouvements effrayés par les transformations de l'Église. On peut comprendre. Des communautés nouvelles ont été fondées dans les années 70, certaines par des anciens hippies voire même des soixante-huitards comme le Lion de Juda qui deviendra les Béatitudes ou le Chemin Neuf, ou encore la Communauté de l'Emmanuel inspirée, au départ, des mouvements pentecôtistes protestants américains. Les personnes rejoignant ces communautés y ont trouvé une solidité spirituelle et un discours clair. De ce fait, on les classe souvent parmi l'extrême-droite ce qui est une grave erreur, les "chemises Cyrillus" et les "carré Hermès" à la sortie de Saint Nicolas du Chardonnet sont souvent les arbres qui cachent la forêt. Notez que les adversaires du catholicisme ont exactement la même manière inquisitoriale de concevoir leur "tolérance" à des opinions différentes : ils écoutent les opinions des autres quand les autres pensent comme eux.

    1a96ece39097d7a483b2aae6fb2dff1c.jpgCes mouvements attirent beaucoup de jeunes dont la plupart sont selon l'épithète idiote (idiote car tous les catholiques sont dans la tradition de l'Église) utilisée habituellement plutôt traditionnalistes, demandant le retour de la messe en latin, certains demandant le retour de la messe dite de Saint Pie V et le retour à la situation liturgique d'avant le Concile. Ils ont cru trouvé "leur" Pape en la personne de Benoît XVI, réputé obtus sur les questions morales et rétrograde par ses adversaires, qui n'ont pas lu ses livres. C'est une erreur grossière car c'est le Pape de tous les catholiques, je n'ai pas souvenir de l'avoir entendu condamné des prélats d'Amérique du Sud, considèrés comme progressistes ni les prises de position de son prédecesseur. Benoît XVI, qui est clair sur les questions spirituelles et religieuses, tout simplement, ne fait que rappeler ce qu'est la Foi sans que cela ne devienne une question d'ordre politique. Par le "motu proprio", Benoit XVI  n'effectue pas de retour en arrière, il ne fait que prendre une décision de bon sens sans que cela ne remette en cause Vatican II et sa doctrine. La messe est d'ailleurs célébrée en latin à Rome, comme à Jérusalem, du moins pour les catholiques dits "latins". Parfois, curieusement, on a l'impression que d'aucuns soutiennent la messe en latin plus par esthétisme, ce qui n'a rien de méprisable, que du fait d'une quelconque spiritualité.

    68c6d915923c402d4fd2a05316a306d4.jpgCela m'amène à parler de quelque chose que je regrette beaucoup par contre, personellement, qui est la méconnaissance d'une bonne partie de ces jeunes ou moins jeunes, qu'ils soient proches du traditionnalisme ou des communautés nouvelles, de l'histoire de leur religion en particulier, des religons en général ce qui les aménent à dire des sottises et à effectuer des raccourcis gênants : par exemple, les chrétiens catholiques du Proche Orient sont considérés de toutes façons comme en dehors de l'Église car ils ne célèbrent pas selon le rite latin, on oublie qu'une bonne partie des luthériens sont revenus au catholicisme depuis 1996. Et les échanges entre l'Islam et le Christianisme gràce à des congrégations comme les Pères Blancs ou les salésiens sont ignorés pour ne retenir que le choc de deux civilisations. Le travail effectué par l'université Saint Joseph à Beyrouth a été ainsi réduit à néant par la guerre avec Israèl à cause du Liban Sud, et des attentats du Hezbollah, mais aussi par l'indifférence des chrétiens occidentaux quand ce n'est pas, rarement, la xénophobie. Il est dommage aussi que beaucoup parmi les jeunes croyants estiment ces connaissances historiques dangereuses pour la foi : en quoi la vérité des faits est-elle dangereuse ? Il faut faire confiance à Dieu. De plus, beaucoup de catholiques européens se croient obligés de rallier une conception libérale de l'économie. Encore une erreur si le marxisme est condamné par l'Église et sa doctrine sociale, c'est aussi le cas du libéralisme (cf : livre de Louis Billot sur la question). C'est la même chose sur les questions morales, le Pape aura un regard d'Église et non sociétal, ni conservateur ou réformiste, mais de pasteur capable de charité et de compassion (il serait bon sur ces questions que l'on parle plus souvent du père Marie-Dominique Philippe ou des livres du Père Le Guillou).

  • L'éclipse - M et Sean Lennon

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    Cette chanson est la B.O. de mes vacances...

  • "Maus" pour mémoire

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    "Maus" est indispensable cependant quant à la mémoire des camps comme tout témoignage de la Shoah. pour agrandir, cliquer sur l'image.

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  • Affreux, sale et drôle

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    Sourire d'ange

    4ee1173e0410bdac5f52665b42e4daf6.jpgTout petit déjà, le petit Vuillemin dessinait dans les marges de son cahier. Ses parents et sa maîtresse n'y trouvaient rien à redire car il avait déjà ce sourire pudique, presque timide de poète et de grand enfant, ses cheveux de fille tout bouclés, son physique gracile et délicat. en plus il parle d'une voix toute douce, comme peinée des horreurs qu'il trace sur le papier. Et poète, il l'est, certes à sa manière. Son univers est affreux, sale et méchant, et hilarant aussi. Il dessine des ploucs, des beaufs, des prolos, des bourgeois, des bobos, des homos, des hétéros, des prétentieux, des minables, des animaux, des sales types et des sales bonnes femmes tous plus laids et cons les uns que les autres car le pauvre, comme le riche, n'est pas beau et intelligent comme dans les romans édifiants. Il va très loin avec "Hitler = SS", écrit avec Jean-Marie Gourio, qui sort en même temps que "Maus", j'ai tendance à penser que le premier est plus efficace que le deuxième dans la dénonciation, le nazisme était une farce grotesque en elle-même, et meurtrière comme tout ce qui est engendrée par l'universelle connerie, on ne peut le traiter que comme tel. De là aussi la force des "Producteurs" de Mel Brooks, de "To be or not to be" de Lubistsch. Je trouve que "la vie est belle" colle un malaise rapide par contre même si c'est une fable.

    Les reportages sur cette période et ce régime confinent souvent à la fascination finalement, la fascination, y compris d'une certaine gauche, devant l'horreur et ce qui n'est pas le mal absolu inhumain que l'on croit mais des hommes et des femmes qui rentraient à la maison le soir dans leur famille sans se poser de questions et qui pourraient être encore certains d'entre nous. On est encore surpris par la soumission rapide des personnes aux théories les plus stupides, aux principes réputés intangibles les plus bêtes, et par leur versatilité une fois la force ayant changée de camp.

    da3774d689db7e502a562e2e42632497.jpgCeux qui apprécient le raffinement apprécieront peut-être s'ils sont comme ces japonais qui adorent les odeurs de pourriture. Vuillemin, heureux homme, a aussi croisé le chemin du professeur Choron avec qui il officiait dans un défunt journal de SDF, "la Mouise" dont un des vendeurs est devenu une des figures de la gare du Nord, Loïc, qui s'habille en marin gare du Nord justement, qui picole pas mais qui se parfume au pastis. Vuillemin aimerait le personnage. De plus, on peut croiser le dessinateur dans un film de René Féret, "Le mystère Alexina" où il avait le rôle-titre, un hermaphrodite troublant. Vuillemin serait-il donc vraiment poète ?

    Titre : Tout est dans le sourire | Auteur : Philippe Vuillemin | Editeur : Albin Michel

  • Un doigt de délicatesse dans ce monde cruel - une sale blague de Vuillemin

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    Désolé ! Mais je suis fan...

  • La soumission des enfants de ce monde

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    Les enfants sages

    9104535ccbe80e87b38b7b13d92a3ab1.jpgAprès avoir lu l’édito de Bernard Thomas dans « le Canard Enchaîné » s’effrayant du jeune sarkosiste suivi dans « Strip Tease » l’émission de dimanche soir, je me rappelle du "massacre de Pangbourne" de Ballard, longue nouvelle qui décrit le meurtre de tous les adultes d'une petite ville idyllique par les enfants et les adolescents. Le petit village était le coeur d’une expérimentation éducative. Tout était fait pour pousser les enfants à la réussite scolaire, mais aussi pour les surveiller et les guider sans aucune liberté vers un but qu’ils n’avaient pas choisi, une illusoire réussite sociale, une allégeance à l’arbitraire de la majorité, du consumérisme, le vide en somme. Rien n’aurait pu laisser croire à une telle explosion de violence froide aussi brutale. Je pense aussi à « Akira ». Dans ce manga étonnant, les enfants les plus sages, qui sont des mutants créés par les autorités, sont conservés et protégés du monde extérieur par les adultes au pouvoir qui les choient à l‘extrême. Certains d’entre eux vieillissent plus vite que les autres. L’un d’eux, très obéissant, très sage lui aussi, docile, est enfermé dans une sorte de sarcophage pressurisé et aseptisé, quand il en sort, il est capable de détruire le monde par un seul mot.

    5d728791859b7063e748a6449c5cbe43.jpgAujourd’hui, les plus jeunes, on est jeune de 18 à 35 ans selon les statistiques, sont on ne peut plus docile à l’arbitraire du monde actuel : la possession d’objets « totems », s’habiller, manger, vivre, écouter de la musique, voir des films, selon certaines normes imposées par les médias, rester dans la norme justement, obéir, ne pas se révolter, ou alors en restant dans les rails car même la révolte est standardisée, ce n‘en est donc plus. On ne rêve plus d’amour fou, on n’est plus romantique. On pense à sa retraite, à son PEA, à son PEL et ses tickets restaurants. C’est un peu normal dira-t-on aussi car l’avenir sera plus sombre, tout le monde s’en rend compte mais lors de précédentes époques difficiles, l‘on n‘était pas si indifférent, si soumis à la loi du plus fort. C’est ce qui choque c’est cette révérence, cette docilité aux diktats les plus imbéciles. Elle n’est pas l’apanage de la jeunesse il est vrai. Curieusement enfin, si les jeunes semblent déjà aussi blasés que des quadragénaires qui savent tout de la vie. Paradoxalement, le jeunisme n’a jamais été autant à la mode, envahissant toute la société, des soirées régressives autour d’é mission de télé jusqu’au comportement individuel où il est de bon ton de nier sa maturité et son âge. C’est peut-être ça la barbarie, la soumission au plus bête, au plus con. Il n’est pas nécessairement besoin de rébellion un peu ridicule, de révolte post-pubère, pré-acnéique, après un certain âge c’est assez grotesque, mais un peu d’idéal et d’actes devant l’iniquité au pouvoir.

    e830cf778fc1ffad62752a8915239009.jpgMême s’ils sont quelques uns parmi les jeunes ou les moins jeunes à essayer de créer plus d’entraide, de réveiller les consciences endormies, personne ne remet en cause véritablement les bases de cette société car on se dit qu’il faut bien vivre Le lien social se détruit, et le vide que laisse l’esprit de communauté ou de fraternité n’est comblé que par l’avidité et l’appât du gain. Certes, souvent les poètes comme Rimbaud et d'autres menaient une vie déséquilibrée, certains les disent même atteints du complexe de Peter Pan. Tout cela est possible mais ces poètes dont beaucoup était très jeunes, comme d'autres créateurs, sont aussi des passeurs, des éclaireurs qui aident le reste de l'humanité à chercher la beauté dans ce monde ou dans le coeur des hommes et des femmes. On les chercherait vainement actuellement malgré l'abondance de professionnels de la révolte. Certes, il y eut beaucoup de faux Rimbaud parmi les jeunes les plus favorisés, mais au moins cela montrait-il qu'ils étaient capables d'un élan...
    Pourtant...

    « On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans »

    Poème d'Arthur Rimbaud

    On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans

    Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,

    Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !

    On va sous les tilleuls verts de la promenade.

    Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !

    L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;

    Le vent chargé de bruits, - la ville n'est pas loin, -

    A des parfums de vigne et des parfums de bière...

    Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon

    D'azur sombre, encadré d'une petite branche,

    Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond

    Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

    Nuit de juin ! Dix-sept ans ! On se laisse griser.

    La sève est du champagne et vous monte à la tête...

    On divague, on se sent aux lèvres un baiser

    Qui palpite là, comme une petite bête...

    Le coeur fou robinsonne à travers les romans,

    Lorsque, dans la clarté d'une pâle réverbère,

    Passe une demoiselle aux petits airs charmants,

    Sous l'ombre du faux-col effrayant de son père...

    Et, comme elle vous trouve immensément naïf,

    Tout en faisant trotter ses petites bottines,

    Elle se tourne, alerte, et d'un mouvement vif...

    Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

    Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.

    Vous êtes amoureux. Vos sonnets la font rire.

    713b9480a8769fbf54b3e65ea2856a60.gifTous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.

    Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...

    Ce soir-là,... vous rentrez aux cafés éclatants,

    Vous demandez des bocks ou de la limonade...

    On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans

    Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

    L'article est illustré de portraits d'un enfant pas du tout soumis aux conventions

  • Citation de Chateaubriand sur la civilisation

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    6b372f690e5de826b4c5356e56a6985f.jpgJe trouve cette citation étrangement d'actualité...

    Le livre dont la citation est tirée est à relire d'urgence, Chateaubriand y parle beaucoup de lui mais avec quel génie et quel style !

    "L'invasion des idées a succédé à l'invasion des Barbares, la civilisation actuelle décomposée se perd en elle-même; le vase qui la contient n'a pas versé la liqueur dans un autre vase; c'est le vase qui s'est brisé."
    [ Mémoires d'outre-tombe (1848) ]

  • "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait" - parlons de Sarkozy

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    P'tit malin...

    e7fcdffc1d15104fde04b33dbd818356.jpgLe ludion hystérique, dopé à on ne sait trop quoi, qui nous gouverne ose tout et ça marche, c'est d'ailleurs pas con du tout, voire extrêmement malin, puisque ça lui réussit : descendre du "command car" le 14 juillet pour aller serrer des louches dans le public, faire du djogging de façons inopinée, bien sûr, c'est confirmé par les soixante photographes présents, et jouer les petits garçons pris en faute, qui n'a pas eu le temps de se changer, "excusez moi de ma tenue", hier, il est sur une étape du tour de France et les gens adorent ça. 68% du public, selon les sondages, est content alors qu'il n'a rien fait et qu'il concentre dans ses petites mains plus de pouvoir qu'aucun chef d'état n'en a jamais eu en France.

    Pour entendre la "vox populi" et se convaincre, s'il en était encore besoin, de l'incapacité de la plupart des dirigeants de gauche à réagir, et de comprendre pourquoi les gens l'aiment bien il suffit d'aller dans un café et d'écouter : "il est comme nous", "il est humain", "il est pas prétentieux", c'est plutôt une qualité d'être d'intelligence moyenne et de n'avoir qu'une culture limitée pour être élu et être bien vu. Il a dépensé 168300 Euros en trois jours, soient 17 ans du salaire d'un smicard, pour une virée en yacht, une nuit au Fouquet's, s'éclater en boîte ensuite avec femme et gosses, même si ce n'est pas l'argent de l'état, faut oser quand même en tant que chef d'état justement, sensé protéger les plus faibles, ça aussi d'ailleurs c'est bien vu sur la plan de la stratégie car le "bon peuple" rêve de faire pareil, claquer son fric et flamber, c'est le seul rêve qui lui reste dirait-on, les belles idées, les belles valeurs, ça fait réfléchir, et puis en vacances quand le beau temps repointe le bout de son nez, faut pas exagérer, on verra après la bronzette. "Et ça fait mal au crâne, hein ? Et Sarkozy il est comme nous alors que Ségolène elle est prétentieuse".

    0b59a8074439472c2f8bf03407a0316d.jpgCar Ségolène ne cachait pas ses études, au contraire, et en plus elle est jolie et très élégante, ce qui l'a coupée d'une grande partie de l'électorat féminin. On a pu faire le tri aussi de manière assez rapide, vu leur vélocité à accepter des postes, entre ceux, parmi les politiques connus, les plus moralistes compris, qui ne pensent qu'à leur carrière et se foutent comme de leur premier CODEVI du peuple, et ceux qui ont encore un embryon d'élan politique, une infime minorité. car il y a aussi le troupeau de la gauche idéologique qui n’arrive pas à se dépêtrer des schémas mentaux confortables mais obsolètes dans lesquels elle se vautre. Il reste quelques « purs » et quelques élus de talent, d’ailleurs souvent ostracisés ou écartés des postes de décision s’ils ne sont pas dans la stricte orthodoxie et dans les rails. Là aussi beaucoup gère leur parcours comme une carrière en comptant sur la crédulité de quelques uns.

    C'est pas grave pour les bonn'gens si Sarkozy remet en cause le droit de grève, le service minimum, s'il lance avec Rachida Dati une réforme de la justice qui va remplir les prisons pour faire plaisir aux serreurs de fesses effarés (on remarquera en passant son goût pour les castratrices, celle-là a déjà usé trois collaborateurs vu son ton et ses manières cassantes, sans compter le directeur de cabinet qui s'est tiré. Quand on pense qu‘on appelait Colbert « le Nord » à cause de une ou deux remarques qu‘il a pu faire d‘un ton désagréable).

    96fc44a559d8484f7d09ca9bcbb72456.jpgDe toutes façons le service minimum, ça concerne les profs et la SNCF réputés éternellement tous fainéants dans l'imaginaire du populo. On a même choisi ces catégories pour faire passer la pilule sur d'autres « économies », qu’on lui imposera en temps en utile, en lui montrant des « pouffes » et « pouffeux » décérébrés quasiment à poil se demandant si oui ou non il vont coucher ensemble devant les caméras, tout le monde regarde mais pour le second degré bien sûr, bien sûr !!, mais comme disaient encore ce matin les auditeurs de Morandini, « pour rigoler, pour se distraire » d’un quotidien merdique où la promenade consiste à aller baver d’envie devant les vitrines du plus proche supermarché. On sait très bien que c'est con mais on préfère encore ça à la rélfexion personnelle (je traduis).

    Je pense que l’on a les dirigeants que l’on mérite, c’est encore une fois un opportuniste, heureusement qu’il est démocrate, qui a pris les rênes du pouvoir, qui était à ramasser après douze ans de chiraquisme catastrophique...

    PS : Quelle que soit l'opinion que l'on puisse avoir de Rachida Dati, les commentaire sur son frère qui a des ennuis de justice montrent qu'elle n'est vraiment là que pour la galerie et donner bonne conscience aux xénophobes, et montrent le racisme ordinaire de la plupart des journalistes politiques audio-visuels.

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  • L'univers concentrationnaire - deux témoignages

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    Avant l'oubli
    4f3df7aefa46e7c217c222fd53d57974.jpgDavid Rousset est un ancien déporté, un des premiers qui ait témoigné sur le sujet et décortiqué le système concentrationnaire, véritable assemblement d'usines à tuer. Comme beaucoup d'autres déportés, ainsi que le signalaient les participants d'une émission littéraire qui traite de ce thème il ya quelques mois-qui conseillait la lecture de cette oeuvre-, ou paradoxalement comme le montre le dérapage "contrôlé" d'un homme politique français ce matin au sujet de l'Occupation et d'Oradour-sur-Glane, il y a urgence à témoigner avant de mourir pour les témoins des camps et qu'il n'y ait plus personne pour montrer un le tatouage du numéro de prisonnier sur l'avant-bras. On voudrait bien oublier cette période de l'histoire, gênante pour beaucoup car il est facile de se demander ce que l'on aurait fait à la place des Allemands ou des Français de l'époque, certainement aussi peu qu'eux. Il y a des films qui apportent à la compréhension de cette période, qui montrent son horreur rationnalisée et qui sont aussi de grands films, et des films dangereux qui favorisent la bonne conscience et l'oubli.

    c3bb141b3849d9fe5022bda597489017.jpgA vingt-cinq ans en 1926, Margarete Buber-Neumann entre au PC allemand. Elle doit fuir l'Allemagne avec un des leaders du parti qui est aussi son compagnon, en 1937, Heinz Neumann. Réfugiés à Moscou, ils sont arrêtés et envoyés dans un camp de travail, pudiquement appellé "camp d'amélioration, pour "déviationnisme". En 1940, juste avant le fameux pacte germano-soviétique, elle est livrée avec d'autres à Hitler par Staline. Elle est alors envoyée à Ravensbrück où elle cotoie Milena Jesenkà, célèbre journaliste tchèque à qui Kafka avait envoyé les fameuses "lettres à Milena".
    cb26592f109d06b1bdb914e54c57f9b4.jpgComme d'autres, son témoignage montre les conséquences réelles du nazisme et de l'arbitraire en général, quelque soit la théorie dont il se réclame, que tout un peuple aveuglé ne sût voir, ainsi qu'en témoigne aussi d'ailleurs August Von Kageneck dans ses conversations avec Hélie de Saint Marc. Plutôt qu'un film qui montre, ou prétend montrer qu'Hitler, Goebbels et les autres étaient finalement aussi des êtres humains, entraînés du mauvais côté, ce que nous savions déjà, je préfère relire ce livre, témoignage d'un autre être humain, une femme chaleureuse qui ne cèda pas au mal qui marque l'humanité, à la bêtise, aux préjugés, à la haine.

     L'Univers concentrationnaire | Auteur : David Rousset | Editeur : Hachette | Thème : Histoire et sciences politiques

     Déportée en Sibérie | Auteur : Margarete Buber-Neumann | Editeur : Seuil (Editions du) | Thème : Journaux et carnets

  • Conseils audio-visuels pour un après-midi pluvieux

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    Les feuilletons allemands de l'après-midi - sujet fondamental

    2f5deebd57bb17a8d490095ff6a4f01f.jpgLes après-midi de désoeuvrement, quand il flotte, quand on n'a pas envie de lire un bouquin, quand on ne sait pas trop quoi faire, à part peler la girafe, polir le chinois ou faire coulisser l'andouillette dans la salade de cresson, mais en solitaire, c'est moins drôle, on allume la télé, et on tombe la plupart du temps, coincé entre un talk-show ou du téléachat, sur un feuilleton allemand qui sont de deux sortes principalement : les clones de Maigret ou des "Cinq dernières minutes", ou bien une série d'action "à l'américaine", blagues du "sidekick" gonflant compris, mais transposé dans un environnement aussi excitant que le Bade Würtemberg ou les environs de Rostock, voire LeverKüssen, réputé pour son taux de suicide. Il n'y a guère que "Schimanski" qui était un peu au-dessus du panier -percé- de ces feuilletons.

    7a5dd28fec8ec297e821f2601c86e820.jpg"Derrick" est l'ancêtre de ces envahisseurs teutons de l'après-midi. De son prénom Stefan, très amusant à entendre quand il est prononcé par le doubleur français de son partenaire, inutilement chaud et sensuel : on a l'impression qu'il va avoir une extase à chaque fois qu'il dit un truc : "Mmm, oui, ouvrez la porte voulez-vous, mm, police !". Regarder leurs trépidantes aventures, c'est effectuer un voyage dans le temps, étudier la mode des "pattes d'eph" et des pantalons en polyamide marron, somnoler vaguement sans trop s'embêter. C'est aussi plonger dans le monde passionnant des banlieues pavillonnaires d’outre-Rhin. Les histoires de « Derrick » comme les énigmes de ses clones sont socialo-sordides.

    f1da0f2134f5e6d1425110a24a1d3f1a.jpgJe me rappelle de celle-ci : un jeune homme travaillant dans une fête foraine, orphelin de mère, violé toute son enfance par son père, tue une vieille dame sans le vouloir, et est obligé d'abandonner sa petite amie qui est violée par une bande de motards néo-nazes. Le jeune meurtrier, mineur, se suicide à la fin du film, de quoi égayer une après-midi de pluie. C'est un peu le même style d'histoire dans les séries d'action, des folles poursuites qui respectent les limitations de vitesse ont lieu entre des bagnoles de police et des trafiquants de un peu de tout (traite des blanches, coke, décorations...etc). Le "must" là-dedans est la série "le Clown" dans laquelle le héros, un cascadeur ancien mercenaire, porte un masque en latex pour aider les braves gens et sauver la veuve et l'orphelin. C'est pompé à 99 % sur une connerie américaine quelconque, à la différence que les gentils fument et picolent. C'était sur RTL9, chaîne encore plus dangereuse pour le cerveau que TF1.

    De haut en bas : "Schismanski", "Derrick", "Le Clown"

  • La créature danse avec son créateur - "Putting on the Ritz", extrait de "Young Frankenstein"

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  • "Les désaxés" - Christine Angot

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    Sujet Angot (bis)
    Il est possible que j'ai déjà passé cet article, peu importe, en vacances on a le droit aux rediffusions aussi.

    a029d508b90ad852a13546d403505ee0.jpgLes écrivains réécrivent encore et toujours le même livre, la même histoire et parle surtout d'eux dit-on. Angot réécrit encore et toujours sur le même sujet, c'est-à-dire elle-même. Ce n'est pas forcément blâmable. Arriver à se connaître et faire preuve d'introspection lucide n'est jamais négligeable. Il y a des auteurs tout au long de l'histoire littéraire qui ont fait ça avec génie, comme Proust ou Céline aussi qui a cauchemardé sa vie. Mais ici, alors que des romanciers contemporains anglo-saxons, comme DeLillo, arrivent à faire du quotidien et de leur vie un sujet romanesque, et même cultiver de l'imaginaire sur ce terreau, sans d'ailleurs le noircir ni le rafraîchir ou le regarder à travers des lunettes roses, Christine Angot ne fait que le décrire de manière brute sans s'en inquiéter plus. Ce qui fait rire c'est quand elle prétend ne pas être narcissique, curieusement le narcissique est le dernier à s'en apercevoir bien qu'il n'y ait pas de mal à s'aimer...

    1da32197c984375e1dee1285aa7ce4f5.jpgElle parle d'un couple qui, comme beaucoup de couples de littérature, n'a rien d'extraordinaire, mais auquel on n'arrive pas à s'intéresser. Ce qui domine, c'est surtout leur ennui, leur incapacité à être heureux dans l'instant, à rechercher sans cesse quelque chose d'impossible, à se tromper de colère. On pourrait y voir une recherche spirituelle ou intellectuelle, mais ce sont plus des caprices de bourgeoise bohème privilégiée au bout du compte. Il me semble que curieusement, car ce n'est pas ce qu'on lui reproche souvent, Angot manque en fait d'audace dans ce livre, de chair et de fantasme.

    Titre : Les Désaxés | Auteur : Christine Angot | Editeur : Stock

    Extrait :

    "Il l'avait serrée dans ses bras. Il l'avait embrassée. Elle lui avait demandé s'il l'aimait. Il avait répondu bien-sûr, je t'aime. Je suis là. Je suis pas loin. Elle s'était rendu compte à quel point elle était heureuse de le savoir dans sa vie, d'être avec lui, de vivre avec lui. Surtout quand il n'était pas là comme en ce moment. Elle détestait son désordre, elle détestait l'odeur de tabac froid, les cendriers pleins, les fenêtres ouvertes en plein hiver pour essayer de faire partir l'odeur, elle détestait quand il dormait des heures le matin, au lieu de venir lui faire l'amour. Elle était contente de penser à lui, de penser qu'il l'aimait, qu'il pensait qu'il était avec elle. Qu'il existait. Mais il y avait quelque chose qui n'allait pas depuis le début. Des signes bizarres auraient dû les alerter. Ils ne s'étaient pas méfiés, au contraire, ils avaient foncé, trop contents d'être amoureux. "

    Lien permanent Catégories : Livre
  • Pas de meilleur des mondes

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    J'avais l'intention, au départ, de causer des feuilletons allemands de l'après-midi dans une note facétieuse et d'un humour glacé et sophistiqué mais cet article s'est imposé tout seul...

    c8a958475b2410128ea3df325eb13f67.jpgEn face du monde, il y en a qui le voit tel qu'il voudrait qu'il soit, selon leurs idéologies, ou leurs rêves, d'autres le voient pire qu'il n'est vraiment ou meilleur, le nihilisme et la pensée positive finissent par se rejoindre, ce sont les deux faces du même handicap. Généralement, les mêmes rêvent à un monde idéal, qui les mettent bien sûr eux en valeur dans leurs aspirations, un monde dont ils sont le centre comme dans les rêves quand tous les personnages sont nous.

    Quand la belle mécanique se détraque, quand les rêves s'effondrent, quand le grand homme que l'on soutient s'avère être un tyran comme les autres, il y en a beaucoup qui deviennent cinglés, qui s'enferment dans leur névrose, dans leur aliénation, et qui ne comprennent pas que la lucidité les rendraient plus forts. La plupart courent vers l'abîme, le néant de leurs opinions qui ne mènent à rien. Je me souviens à Jérusalem de ces pro-sionistes occidentaux et des pro-palestiniens boute-feu de la haine entre les deux peuples simplement par narcissisme.

    121250aa9b0189c6d4773ee67a47baca.jpgOn a beau disposer de tous les moyens de communication les plus sophistiqués, la solitude est le mal de l'époque. C'est normal quand on pousse autant à la satisfaction immédiate des désirs individuels, pour justifier le consumérisme, l'autre devient virtuel, on l'enferme dans un rôle et son comportement doit obéir à des normes strictes, à un standard de vie qui ressemble à celui défini par des créatifs de pubs. L'on s'imagine pour beaucoup être obligés de ressembler ou d'agir comme les candidats de jeux télévisés, de téléréalité, des icônes de pubs ou de feuilletons à la mode. On n'y voit jamais de physique sortant un peu de l'ordinaire, de la norme, il n'y a jamais de bouquins dans les intérieurs des émissions de "coaching", ou de "témoignages".

    3ba07cbddc97b75ae48dabb4c9e5606f.jpgLe spectateur est constamment infantilisé, déresponsabilisé, et il en demande toujours et encore un peu plus car la mentalité d'ilote se développe comme jamais elle ne s'est développée.

    Parmi certains privilégiés, ou membres d'une classe d'âge plus mûrs, du moins en théorie, l'on imagine que se tourner vers plus de nature, du moins l'idée que l'on s'en fait et qui correspond à celle de réclames pour jambon dit naturel, fromage non pasteurisé ou eau minérale. Mais on s'arrêtera là, on achètera du savon "naturel", de la lessive "naturelle", des produits "naturels" sans pourtant remettre véritablement en question les bases de la société qui poussent justement à la destruction systématique et progressive de la nature.

    Et connaissant la nature profonde de l'être humaine, il est difficile de croire que celui-ci sera capable de s'amender de lui-même, sans coercition, afin d'éviter cela.

    a12f990c629ea587722786b2f452348c.jpgIl y en a d'autres qui appellent angoisse existentielle leurs addictions, leurs faiblesses, leurs petitesses, confondent leurs histoires de coucheries avec des grandes amours contrariées croyant par là échapper à la routine et au commun. Pour d'autres encore, c'est leurs complexes, parfois sociaux, qui les rendent malades, malades de jalousie en particulier, comme un venin qui remplit toute leur personne et qui devient le socle de leurs actes. Cela n'est pas un déni des affections psychologiques, véritable fléau qui d'ailleurs se développe considérablement depuis quelques décennies de société post-industrielle. La psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse ont soulagé bien des malades qui en avaient besoin, et continuent à le faire.

    J'ai souvent rêvé de "virée tzigane" depuis la vision du film de Mario Moniccelli, de dérives sans but, échevelées et agréables. J'en fait quelques unes, mais les virées tziganes ça fait mal au crâne, et ça augmente la consommation d'aspirines ou d'eau gazeuse sans pour autant apporte quelque satisfaction. C'est même pire ensuite.

    beda168456d0cde0611cd659c29893bb.jpgIl arrive que ces personnes rencontrent l'amour vrai mais elles le refuseront, pas par inquiétude métaphysique ou du fait de désordres amoureux complexes, simplement par peur du "qu'en dira-t-on" ou de l'impact que cela aurait sur leur vanité ou l'image que les autres semblent refléter de leurs personnes. Ils préfèrent la médiocrité en somme, c'est aussi peut-être qu'on ne leur aura pas appris à s'aimer, ils sombrent dans la dépression et le déni. Ils s'enferment dans un mensonge et l'apparence y est primordiale.

    Je le sais au fond de ma chair. Beaucoup ont du mal à comprendre qu'une personne ayant une apparence différente, puisse être sensible, puisse avoir des passions, des idéaux, une certaine culture, des sentiments élevés. Et même, on aura beau saisir tout cela, comprendre que l'on aime cette personne, qu'elle a une richesse en elle, il y en aura toujours pour avoir peur de sortir de l'anonymat confortable de la foule et se laisser aller simplement à être heureux.

    0c343451d9ac58d29736e7595b816a3e.jpgMalgré ma foi qui me pousse à l'inverse, je ne peux m'empêcher d'incliner au mépris pour celles et ceux qui contentent de si peu, qui suivent la horde comme nos ancêtres préhistoriques suivaient le chef de la tribu et la tribu elle-même. Cela, beaucoup de croyant l'oublient, ne se rendent plus compte que chaque personne est un être unique. Il n'y a pas de panacée au bonheur, pas de recette-miracle à appliquer en baume ou en lotion, mais je crois que la connaissance de soi et l'amour peut y mener, pas l'amour pour la façade sociale, d'aucuns épousent un diplôme, une belle apparence, un statut, je crois aussi que l'amour est la seule chose vraiment subversive car il abat tous les préjugés et remet en cause le conformisme, ou plutôt le grégarisme social.

  • Le "Gros dégueulasse" dans la rue - extrait de la BD de Reiser

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    6e1d05562e4569891096a0b9a655659c.jpgCliquez sur l'image pour l'agrandir

  • La nuit indochinoise - Jean Hougron

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    En terre loinbtaine...
    8dea2d1003d21e9677f0629c0e61f243.jpgCe recueil comprend trois romans qui peuvent se lire séparément : "Tu récolteras la tempête", "Soleil au ventre" et "Rage blanche". C'est de la littérature populaire, diront certains, ce qui n'a rien de honteux et qui l'est de toute façon au sens le plus pur faisant découvrir un pays du plus profond de son esprit. Certaines âmes, comme celle de Jean Hougron, ou Henry de Monfreid, savent tomber amoureuses de terres lointaines, surtout quand le besoin d'aventures rejoint le désir d'absolu. On pense aussi à l'expérience de Malcolm Lowry.
    Pourtant, rien ne prédisposait cet auteur, appelé à vendre des boîtes de lait condensé à partir en Indochine. Hougron part avec un de ses amis sur un camion brinquebalant fb686a583ea1dcf9b3142f945fa89e1f.jpgtransportant de la verroterie et des tissus, par lassitude de la routine, et pense ne rester absent que quelques semaines. Le retour attendra quelques années. Comme Hélie de St Marc, personnage que l'on peut trouver discutable mais passionnant d'humanité, Jean Hougron est fasciné par la ville cosmopolite et grouillante de vie de Saïgon. Il tirera quelques milliers de pages de son périple qui donneront en particulier ce cycle.
    Personnellement, ces livres me rappellent aussi l'époque perdue désormais où les livres de poche les plus divers étaient vendus dans les boutiques de journaux des gares, les couvertures peintes, toujours donnant l'envie de se plonger dans les livres exposés qui étaient autant d'invitations au voyage, et quand cette littérature était accessible à tous.

    Titre : La nuit indochinoise, coffret 2 volumes | Auteur : Jean Hougron | Editeur : Laffont

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  • Rita Mitsouko - "ding, dang, dong ringing at your bell"

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    Le dernier clip des Rita Mitsouko complète très bien la note précédente (que je préfère à "post" finalement beaucoup trop anglo-saxon)...

  • Un peu de lumière dans la grisaille

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    138af802cdecee2328ec1128b8546d2c.jpgJ'ai retrouvé cette photo qui, en dehors du fait de présenter l'auteur de ce blog en version condensée plus esthétique, avec une collègue professeur de comptabilité, permet de nuancer le pessimisme que l'on pourrait avoir concernant les jeunes. C'était une classe de Vente Action Marchande, d'élèves peu concernés par le travail scolaire. On la disait difficile. En LP, lycée professionnel, les enseignants ont l'obligation de monter un projet commun à leurs disciplines, ou projet pluridisciplinaire commun professionnel, alias le Pépécépé, qui les ennuient plutôt qu'autre chose car on ne sait pas trop quoi mettre dedans. Une collègue a eu l'idée d'inviter le président d'une association de chiens guides d'aveugles de parler de son travail pendant deux heures. Il a tellement bien parlé que ces élèves que certains disaient perdus ont pris tout leurs week-ends pendant trois mois, ont vendu des tickets de loterie, reçu des dons et fini par donner à l'association un chèque de 60 000 francs. Nous n'avons fait que corriger les fautes et les pousser à rester concentrés sur leur objectif. Cela montre qu'il ne faut pas grand-chose pour que ces jeunes fassent des merveilles, et que l'on en retire deux élements essentiels : encourager les élèves à la maturité, à se responsabiliser, avoir de l'exigence.

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  • Promenade en banlieue

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    "Le jus de la rue" 

    33a6162fb862184117bfd12f092f1afa.jpgJ'ai toujours été un citadin. J'aime bien les paysages de campagne, les prés au petit matin et les blés sous le vent mais je me sens toujours plus dans mon élément en ville et particulièrement à Paris et dans sa banlieue. Certes, ce n'est pas beau au sens strict, il n'y a que très peu de couleurs, une nostalgie qui semble imprégner tout le paysage, les trains de banlieue en inox ou les RER tricolores à deux étages traversent parfois le paysage sans s'arrêter mais il y a une poésie de l'endroit, c'est l'humanité que l'on retrouve dans sa vérité et parfois dans sa tristesse, une authenticité qui n'existe plus à Paris. Cette ville est devenue un refuge en quelque sorte pour les CSP plus qui sont les seules pour la plupart des quartiers à pouvoir y habiter confortablement. Il est à la mode depuis déjà une quinzaine d'années d'aller prendre un café ou autre chose dans des endroits réputés plus vrais que les autres, où le décor du café s'apparente plus à des intérieurs ripolinés et "disneyens" qu'à la vérité. Les immeubles populaires par exemple n'étaient pas des lieux sympathiques, ça puait le chou été comme hiver, la pisse de chien et les voisins ne se parlaient pas. Pourtant on pouvait y être heureux quand même car l'on n'était pas encore complètement déshumanisé par la télévision.

    392458814ac33eeffd29cc843f0cf25d.jpgMaintenant on se colle devant "le Maillon faible" pour voir des fauves minables s'étriper entre eux ou "Secret story" pour jeter un coup d'oeil par le trou de serrure. Les parisiens aimaient bien "le jus de la rue", où l'on croisait aussi bien monsieur le médecin qu'un peintre en bâtiment ou encore un marlou mijotant une combine foireuse. A Montmartre, les cafés n'étaient pas envahis par des experts en management, des intermittents du spectacle génies méconnus comme tous les génies vivant des subsides de PapaMaman, des étudiants professionnels auxquels un vernis de culture fait office d‘ouverture sociale, ou des "pubards jouant les créateurs, avant les putes et les travestis y croisaient le bourgeois qui buvait au comptoir avec le prolo. Il y a de temps en temps des petits signes qui restent et rien que la forme des lampadaires rappellent ce qu'était le Paris non frelaté. On se surprend à rêver, à songer aux romans de Simenon, surtout les enquêtes de Maigret à Paris, dont les histoires sont moins importantes que le style et l'atmosphère, au "réalisme poétique", au film noir, à ceux de Louis Malle (on n' a jamais aussi bien filmé Paris, et la place des Vosges en écoutant les "Gymnopédies" de Satie dans "le Feu Follet", cela a quelque chose de magique.

    79461121144a8d6c0d8d501da5b3a8ef.jpgEn banlieue, on retrouve très vite de cette authenticité, certes, il y a les vieilles dames perdues derrière leur rideau, les chats qui regardent les passants d'un air indéfinissable, les matamores de comptoir et les philosophes de zinc qui vous refont le monde en deux pastis et trois ballons de rouge, les Véèrepés en veste orange qui vendent des assurances vie ou des fausses poutres en polystyrène, les petits voyous adossés à leurs mobylettes qui glandent une bonne partie de la journée. Mais il y a plus de vie, plus de mouvement. Je ne suis pas un amateur de la fraternité de comptoir, quand son voisin se met à vous parler familièrement alors que vous ne le connaissiez pas dix secondes avant, cela a quelque chose de faux. Mais j’aime bien écouter. En banlieue, l’on a encore le sens de la répartie et de la bonne formule, c’est ce qui reste du vieux « Pantruche » ou comme disait le peintre Forain, « l’on n’hésite pas à dire sa fatuité au prétentieux, sa sottise au bon bourgeois » que l’on fait vite redescendre de sa tour d’ivoire. Oh ! Pas d’idéalisation de tout ça, trop souvent, on est ou xénophobe ou égoïste, ne pensant qu’à sa survie de cloporte. Et les persécuteurs du quotidien transforment les cités de béton en autant de micro-dictatures tout aussi arbitraires que les officielles que l’on ne veut pas voir par candeur ou par indifférence.

    La première photo est à ce lien, les deux autres sont de l'auteur du blog

  • Que font les célèbrités en vacances ? (3) Doc Gynéco

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    On prétendait sans preuves que ce rappeur de talent, fortement engagé, revendicatif et dynamique, s'adonnait aux vertiges des paradis artificiels dans les journaux ne faisant que relayer la propagande gauchiste qui s'occupe sans gloire de critiquer ceux qui ont eu l'insigne courage d'apporter leur soutien à notre président. En vacances, doc Gynéco fait de la pâtisserie avec des amis et ils vont voir passer le tour de France. Comme un vertueux journaliste l'a rappelé sur le plateau, "on est dans un pays libre, libre de soutenir qui on veut, même monsieur Sarkozy", même pour 300 000 Euros d'impayés au fisc ajouterais-je.

    caf8b8b4c4be7aa5602c7d3e9460a593.jpg

  • Typologie rapide du cinéma "Z"

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    Dédié à un ami qui sait pourquoi... 

    Et maintenant quelque chose de complètement différent...

    a2aba404b1530c9537fce78dc5f346ea.jpgIl y a vingt ans, j'étais sensé aller voir "le Grand Bleu" de Luc Besson, mais j'avais préféré aller m'asseoir devant le premier film d'horreur "z" vu sur un écran : "Maison Hantée" d'un certain Lamberto Dawson ou plutôt Umberto Lenzi alias Antonio Margheriti (c'est lui le barbu de la photo, avec un pote), tâcheron qui fabriquait ce genre de trucs à la chaîne pour une maison de production transalpine (note humoristique : de cheval, bien entendu, désolé). Il y a était question d'une gamine diabolique qui apparaissait toujours avant des meurtres affreux, d'une marionnette diabolique également, et d'une maison, diabolique aussi (je sais, vous l'auriez deviné tous seuls). Il y avait aussi des teenagers qui se faisait flinguer un par un parce que, bien sûr, s'isolant quand il ne le fallait pas. L'un d 'eux tombait même dans une mare de lait (ne me demandez pas pourquoi) et se faisait trucider avec des ciseaux par l'héroïne qui croyait voir un zombie (quelle conne). Une des filles se faisait couper en deux grâce à un savant effet spécial : un meuble devant la caméra cachait la séparation et une 785cf2b525c4f27db86a5154b9c640fb.jpgfigurante allongée donnait l’impression que ses jambes étaient séparées du tronc. A la fin, elle mourrait en traversant la rue, comme quoi il faut toujours faire attention en traversant, et jamais quand le feu est vert (Maintenant il réalise des succédanés du « Seigneur des Anneaux » pour la télévision italienne).

    951145124e7e0b03e2d068725966e3b2.jpgJ’aime beaucoup ce genre de nanars souvent hilarants, sans le vouloir. Ils sont de plusieurs types, il y a le film de monstres en latex gluants (des extraterrestres, des mutants aquatiques, peu importe en fait) avec scène de douche et hurlements garantis des « actrices » qui ont toujours une occasion pour montrer leur anatomie, souvent au moment le plus mal placé sur le plan logique. Se développe depuis quelques années et sous l’influence des asiatiques le « film de couloir », les fantômes, goules et spectres se tenant toujours à cet endroit maintenant. Les films avec gosse diabolique (une manière pour les réalisateurs de faire leur psychanalyse à peu de frais) ont été légion, des « giallos » de Dario Argento à « la Malédiction » (quel sale gosse pourri ce Damien) en passant par « The Seed », excellent navet avec De Niro en généticien, et bien sûr le terrifiant « Ring». Les histoires de tueurs d’adolescents sont de moins en moins abordées car usées jusqu’à la corde. Entre parenthèses, et fort sérieusement, ce sera notre minute sociologique, cela laisse l’impression que notre société a peur de ses enfants. Le film de zombies et de mutants, ou de cannibales (dont le roi incontesté reste la vieille fripouille de Ruggiero Deodato qui faisait passer ses nullités pour des « snuff movies »), reprend du poil de la bête depuis les remakes de « Zombie » justement et de « la Colline a des yeux », les nouveaux films en ayant évacué la dimension politique (à l’époque c’était des fables) pour n’en retenir que la cruauté, une cruauté virtuelle comme dans les jeux vidéos, où le corps est « objectisé ». On le voit, le genre nous en apprend sur notre monde même quand les oeuvres sont nulles. N’oublions pas les films de vampires gays en université dont le spécialiste est David de Coteau, un genre à lui tout seul le brave homme, les films de monstres en prison, le héros est alors un prisonnier injustement condamné, les western spaghettis d’horreur produits par les italiens et les allemands.

    d9f48ab2e2011319573978a887471447.jpgJ’ai moi-même une préférence pour deux films dans ce fatras : « l’attaque des clowns tueurs d’outre espace » des frères Chiodo, spécialistes par ailleurs du film de marionnettes diaboliques et tueuses, des « aliens » qui ressemblent à des clowns par leur apparence (et leur soucoupe est un chapiteau, voir photo en bas à droite) kidnappent des gentils nadolescents qui sans eux sniffent de la colle au début de ce chef d’oeuvre pour les manger mais sont découverts et vengés par les seuls élément sain du groupe, on est moral dans le « Z », et bien sûr « l’attaque de la Moussaka géante », films d’horreur grec se voulant drôle mais l’étant toujours à contretemps : des « pom-pom girls » d’une autre planète font des expériences sur de la moussaka et ça tourne mal. C’est du Ed Wood volontaire qui devient du vrai « Z ». J'allais oublier la scène 0df21932aeebf54fb9d65084eca88f49.jpghéroïque de "Virus Cannibale" de Bruno Matteï où un soldat danse en tutu rose devant la porte d'un entrepôt que des rats mutants, qui s'avéreront être dix, essaient de forcer...

    Évidemment, il ne faut pas abuser de ce genre de films qui liquéfie littéralement le cerveau (pas d’utilisation prolongée sans avis médical).

    Une page sur "les clowns tueurs".

    PS : "Le masque du démon" avec Barbara Steele n'est pas du tout un film "Z" mais c'est une oeuvre fondatrice pour les films d'horreur.

  • L'égalité en France par le Père Fouettard

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    1c146b5c0f20872c898895bd3dfe583f.jpgIl y a bien longtemps, pendant un cour d'histoire en CM2, l'institutrice nous a montré une image sur la Révolution et la nuit du 4 août en particulier, une belle image avec de belles couleurs et des personnages graves et paraissant conscients du moment historique. C'était une maîtresse "ancienne mode", on apprenait des dates et des évènements, elle nous proposait à notre admiration aussi de grands personnages qu'elle nous montrait en exemple. Elle nous a dit avec ferveur que ce jour là, la Nation Française avait aboli le système des privilèges de l'Ancien Régime. Même sans être d'une famille de gauche mais chez qui le civisme est important et la politique incontournable, je regardais ce jour-là l'image avec respect et gratitude. Il faut m'excuser, j'étais un gosse candide. Je croyais vraiment que depuis, il n'y avait plus de privilèges dans la nation française. Maintenant, on me dit caustique voire pour certains un rien cynique, au sens philosophique du terme. Il m'est resté aussi de cette maîtresse le souvenir de l'évocation qu'elle fit de Valmy et de ce cri : "Vive la Nation !", justement.

    fc0b95cf14164093550078d70533a386.jpgPresque 220 ans plus tard, il suffit d'allumer son téléviseur pour se poser quelques questions : Combien gagne comme salaire ces présentateurs et journalistes vedettes adulés du public candide et mollasson ? Si vous savez combien, comme moi, ça effraie beaucoup, pas vrai ? Comme les sommes touchées par les sportifs chaque mois : ils s'amusent avec un ballon seulement, pas vrai ? Rien d'autre. On me dit que ç a fait rêver les foules. Le "panem et circenses" qui permet de forcer un peu plus le peuple, ou plutôt "le pôple" comme ils prononcent tous avec des trémolos, à se laisser faire. Le politique local recommande son fiston ou un arriviste aux dents longues pour un poste de député ? Pas grave, le bon mait' l'a dit, alors on vote pour son protégé sans trop savoir s'il est compétent ou pas. Et surtout, n'en parlez pas, on vous traitera de "poujadiste" sans trop savoir qui c'était pour beaucoup, leur culture historique s'arrêtant à la crise de 73.

    A l'école, comment explique-t-on que les fils et filles de "bonne famille" se retrouvent tous, à quelques moutons noirs 3545bcfeb1b2fe1bf9e5f77a9d14860d.jpgprès, dans les "grandes" écoles ? Qu'ils fassent tous des prépas où l'on ne trouve plus que deux ou trois rejetons de prolos égarés là ? Sont-ils plus intelligents ? Non, mais ils bénéficient de réseaux et d'un clientèlisme forcené qui implique l'obséquiosité à haute dose, quelques humiliations acceptées, de coucher avec celui ou celle qu'il faut (je me souviens d'une prof de TD en géographie à Nanterre qui s'était préparé à une sélection impitoyable, elle vendait des dessous affriolants dans des sortes de réunions "Tupperware" avant d'intégrer "l'élite de la nation de la grande maison pédagogique". Elle avait mis en pratique les conseils donnés aux ménagères désespérées pressées de retrouver la magie corporelle des premiers temps avec leur époux ou compagnon selon le terme grotesque employé habituellement, en l'entendant, je crois toujours que la personne parle de son animal domestique).

    4949cc6eda838c6b8aebfcdc757bfb13.jpgBizarrement, il y a peu de professions libérales dans les filières dites techniques, c'est bizarre ? Vous trouvez ? C'est que vous êtes bien naïfs. Je dirais aussi que les élèves de milieux sociaux défavorisés ne jalousent pas ceux qui sont dans les bons rails pour le savoir et la culture qu'ils reçoivent mais pour leur fric, ou les jalousent car ceux-là ne sont pas dans le troupeau médiocre comme eux. Pour compenser, on voit se développer depuis quelques années une conception très intégriste de la virilité, celui ne s'y adonnant pas étant automatiquement accusé d'être "normosessuel" comme dit Zazie. La culture n'est même plus un vecteur de mise en valeur, au contraire, elle gêne l'allégeance qu'ils estiment obligatoires aux pires rites, aux pires dérives de la société hyper-consumériste à quelques exceptions qui sont d'ailleurs rejetées par tous les autres, et puis ainsi que le disait Nitche à moins que ce ne soit Mireille Mathieu : "l'esclave aime son esclavage". Il n'y a de pire dictature que les cours de récréation à mon avis.

    Ce que l'on peut ressortir de tout cela c'est qu'il y a une égalité qui fonctionne très bien, c'est celle de la connerie universelle, riches ou pauvres la partagent très bien.

    PS : A propos, en parlant de révolution, avez-vous noté que notre président concentre en ses mains plus de pouvoirs qu'aucun roi n'en a jamais eu ?

    Un lien vers une page du site de l'Assemblée Nationale et l'histoire de la nuit du 4 Août (un peu d'ECJS ne fait pas de mal)

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  • Revue de presse du Père Fouettard : "Je suis enseignant de collège et je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet à mes élèves."

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    Je suis tombé sur cette lettre un peu en retard, mais elle est extrèmement juste et mérite qu'on la diffuse... 

    Par Michel Ségal, Professeur de collège en ZEP.

    Publié dans le Figaro

    1d3149eadf58676880e9532a5cc56155.jpgJe ne leur lirai pas parce qu'ils seraient bien incapables d'en comprendre le sens profond, et même d'en comprendre les mots qui la composent ; parce que notre école demande aux enfants de réinventer eux-mêmes les règles d'écriture ou de syntaxe. Je ne la lirai pas parce que depuis une trentaine d'années, l'école leur apprend le mépris du patrimoine et la méfiance du passé. Je ne la lirai pas parce que cette lettre me fait honte, honte de la maturité d'un adolescent il y a plus de soixante ans face à l'infantilisation construite par notre école de ceux du même âge aujourd'hui. Je ne la lirai pas parce que nos enfants ignorent les événements auxquels elle se réfère ; parce que notre école préfère par exemple demander à des enfants d'analyser des « documents » plutôt que de leur enseigner des dates et des événements. Je ne la lirai pas parce qu'il y a longtemps que l'école refuse de transmettre aucun modèle ; parce que notre école n'envisage plus les textes d'auteurs comme des exemples mais comme des thèmes d'entraînement à la critique. Je ne la lirai pas tout simplement parce que notre école a délibérément détruit l'autorité qui pourrait permettre une lecture et une écoute attentives.
    Je ne la lirai pas parce que, même âgés de 16 ans, mes élèves ne sont que de petits enfants bien incapables d'appréhender son contenu et resteront sans doute ainsi toute leur vie : ainsi en a décidé notre école. 630f51404f8d6fa3e7af29dc50a4e670.jpgPeut-être ne me croyez-vous pas car l'école que connaissent vos enfants ne ressemble en rien à celle que j'évoque ? En effet, j'ai peut-être oublié de vous préciser l'essentiel : je travaille dans une ZEP, c'est-à-dire là où peuvent être appliquées à la lettre et sans risque de plainte toutes les directives ministérielles, là où se préfigurent l'horreur et la misère du monde construit par notre école.
    Non, Monsieur le Président, je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet tant que n'auront pas été engagées les réformes structurelles du ministère de l'Éducation nationale qui mettront fin à la démence toute puissante des instances coupables des mesures les plus destructrices de tout espoir de justice sociale, tant que n'auront pas été engagées les réformes pour que l'école cesse de conforter les enfants dans leur nature d'enfants, pour que l'école accepte enfin de remplir sa seule mission : instruire.
    Trouvée chez les Hussards noirs
  • Savoir-rire

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    "La vie n'imite pas l'art, elle imite la mauvaise télévision" - dialogue de "Maris et femmes"

    "L'erreur est humaine" - Chez Flammarion, un livre de Woody Allen (le premier depuis vingt-cinq ans)

    c46ca1ca90be0ab81d7fb9b4ad778326.jpgBeaucoup ont du mal à voir l'absurdité de leur vie et en rire, moi-même qui suis grand lecteur et spectateur des oeuvres de Woody Allen, cela ne me pose aucun problème bien que n'étant pas Joseph K. ou Grégoire Samsa, bien qu'après ma première cuite j'avais tout du scarabée désorienté. Tout à l'heure encore, à la laverie automatique, la machine m'a rendu 20 centimes au lieu de 70 après avoir mis un billet de 5 Euros, le lavage en coûtant 4 Euros 30. Quelques secondes après être sorti de l'endroit, il s'est mis à pleuvoir, j'ai donc couru pour rejoindre mon foyer et, bien sûr, arrivé, juste au seuil, la pluie s'est arrêtée et il faisait un grand soleil. C'est alors que j'ai pris conscience de la dérision ontologique de ce bas monde, je ne sais pas ce que veut dire ontologique mais ça m'a toujours fait rire d'entendre mon cousin Robert qui a une langue deux fois plus grosse que la moyenne prononcer ce mot, vous visualisez la chose, vous voyez ce que je veux dire ?

    Que Dieu existe est une bonne question, mais pourquoi c'est toujours le type qui achète un billet de loto juste après vous qui remporte le gros lot ? Woody Allen s'est déjà posé toutes ces excellentes problématiques profondes. Il propose ici de revisiter Tchekhov en racontant les mésaventures d'un couple qui a des problèmes à caser leur gosse dans une école maternelle huppée, il narre encore une aventure de Kaiser Lupowitz, le seul détective privé "yiddish" à ma connaissance, il nous livre les minutes disparues du procès qui a opposé Disney à Michael Ovitz, le directeur de CAA une agence de stars et enfin nous redécouvrons les menus minceur de Nietzsche : nous comprenons alors que les "Forts" mangent très mal et beaucoup de graisses saturées tandis que les "Faibles" sont végétariens, ou du moins chipotent sur la bouffe.

    668f00deae6b162a1dc4c8dbfc865718.jpgLes écrits de Monsieur Allen ne comportant que peu de vulgarités de plus, ce qui devient très rare de nos jours, je propose de combler cette lacune ici chacun imaginant ce qu'il pourrait bien dire après ces deux points et entre ces deux parenthèses : [...]. Voilà ! J'espère que cela vous a défoulé, sinon je me tiens à votre disposition pour tout renseignement utile concernant l'adresse du centre de désintoxication le plus proche du syndrome bénin de Gilles de la Tourette (on y mesurera votre TIQ, Taux d‘insultes quotidiennes, votre addiction à Jean-Marie Bigard ou aux "Grosses têtes", ainsi que votre capacité à la mauvaise foi en case de réplique). Cela dit, on se tromperait en pensant que l’humour de Woody Allen est intellectuel et ennuyeux, prétentieux et ultra référencé. Bien qu’il soit connu que monsieur Allen n’est pas une personnalité que l’on qualifierait de folâtre et d’insouciante, ses écrits sont hilarants et d’une grande finesse. En plus, il est rassurant de constater que monsieur Allen, bien que trouillard, hypocondriaque, névrosé et veule est très séduisant aux yeux des femmes.

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  • Le dernier monde - Céline Minard

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    Ais-je besoin de préciser que ce que j'apprécie chez Céline est d'être extrêmement différente de bien des "littérateurs" et "littérateuses" petits bourgeois par sa liberté de ton absolue ? Que son livre est excellent et transcende les frontières du genre sans aucune timidité ? Que son exemple  montre que l'on peut réussir à devenir écrivain sans avoir à flatter tel ou tel, sans passer par des réseaux prétendument obligatoires et qui n'aboutissent à rien, qu'il suffit d'avoir confiance en soi et ses capacités sans avoir pour cela l'obligation de suivre des normes, ne serait-ce que pour la galerie. Et que tant pis si c'est raté une fois, cela donnera d'autant plus de valeur à l'achèvement d'une oeuvre aboutie.

    "Je passais pour le plus déjanté des astronautes de réserve, je buvais sec, je braillais fort et je dansais mal, mais à fond. A fond."

    4fb414cac50270e685fb17d0d922be7b.jpgJaume Roiq Stevens est un astronaute dilettante, un rien puéril, facétieux et égocentrique comme un gosse au sein d'une équipe tout ce qu'il y a de plus sérieuse, un électron libre. Carrière oblige, il s’occupe quotidiennement en arbitrant les petites tensions et les compromis inévitables pour vivre en bonne entente dans un milieu qui inciterait à la claustrophobie. L‘Apocalypse a lieu sans prévenir et Stevens décide de rester dans la station sans tenir compte des ordres d'évacuation envoyés par la terre. Quand toute son équipe s'en va, des phénomènes de plus en plus bizarres et incompréhensibles se produisent à la surface de la planète et des cataclysmes la ravage. Après quelques semaines, Stevens décide alors d'entamer seul une rentrée dans l’atmosphère des plus dangereuses et comprend que la population du monde a tout simplement disparu. Il est le dernier homme sur terre et il doit choisir un mode de survie. Il entame alors un voyage hallucinant qui le conduit jusqu’à Oulan Bator. Il réinvente un univers, des personnages et recrée une mythologie à usage personnel.

    8c702eb8fb1b7cd1c02555d42c944790.jpgCe livre est le rêve d’un gosse, justement, ou plutôt d’une gosse, qui aimerait bien avoir l’univers pour lui tout seul, un gigantesque terrain de jeu pour jouer au démiurge. Donc plutôt que d’attendre l’apocalypse, Céline Minard préfère imaginer tout cela et l’écrire. En lisant différentes critiques au sujet du livre, on nous dit qu’ « attention c’est un livre avec des éléments de SF mais c’est pas un livre de SF » , on renvoie à des auteurs connus comme Ballard mais en fait, ce livre a un style qui appartient bel et bien à son auteure et une histoire qui a des résonances personnelles profondes pour elle comme pour votre serviteur d’ailleurs et tant mieux si c‘est un livre de genre. Elle n’analyse pas le virtuel non plus, après tout les mythes existent depuis la nuit des temps et permettent à l’homme de vivre, y compris celui qui consiste à croire que la possession du dernier modèle de bagnole à la mode ou d’un écran de « tévé » ultraplat 07ac28671b91a484275e0c2b483801c0.jpgengendre une supériorité quelconque. Jaume réinvente le monde à son image, il voit des orgasmes dans le jaillissement de l’eau et est fasciné par la sauvagerie des animaux qui reprennent possession de la terre, comme sa créatrice.

    Céline a beaucoup lu, vu beaucoup de films et s’intéresse à beaucoup de choses d‘elle-même. Certains n’y voient, là aussi en parcourant les blogs et sites, ou critiques à son sujet, que la conséquence normale d’études universitaires brillantes ou d’une érudition petite bourgeoise, une fille de médecin ou de pharmacien qui s’ennuyait en province et lisait pour oublier, mais chacun sait depuis longtemps que les études n’apportent pas une culture mais une capacité à se fondre dans le moule de la société. C’est aussi que les esprits brillants, ou hors-norme, énervent considérablement, ils renvoient les autres à leur médiocrité, tendent un miroir qui n‘a rien de flatteur. On aimerait bien qu’ils obéissent aux mêmes règles que les autres et se soumettent au même arbitraire du standardisé ou du conforme. Raté, Céline veut tout, tout de suite, et veut tout vivre, et être plein de personnes, ne veut surtout pas se contenter d’une petite vie bien tranquille.

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  • Alice's Restaurant - Arthur Penn 1969

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    Ageing children...

    79a6b59c28d6b620ed75e75bf76aba2c.jpgL’histoire est racontée par Arlo Guthrie, le fils de Woody Guthrie, protest singer de l‘après-guerre, chanteur folk qui joue ici son propre rôle et interprète les chansons du film. Ray et Alice ont acquis une église désaffectée dans le Massachusetts et ouvert un restaurant. Ils vivent en communauté avec quelques jeunes et accueillent des marginaux, des objecteurs de conscience, des gosses de retour de la guerre du Vietnam, tous ceux qui veulent passer un petit moment d’insouciance et de liberté, sans qu’on ne leur cause de problèmes du fait de leur apparence, à festoyer autour d’une grande table. Leur credo est simple, se laisser guider par ce qui leur plaît, rester libres et plus profondément échapper à l’angoisse de la guerre que l’on ne veut pas voir, dont on ne veut pas parler. Excepté un épisode comique autour d’une décharge publique, la population du village voisin les adopte très vite.

    3496235d33b985fcb62dd64d5fedfdb6.jpgAlice réalise son rêve, Ray est un grand gosse qui veut continuer à échapper à ses responsabilités et l’on finit par se dire que son désir de voir toujours du monde chez lui est une manière de ne pas se retrouver seul avec Alice et lui-même. Pendant quelques années, tout ce beau monde s’évade ainsi de la réalité qui les rattrape tragiquement avec la mort d’un des leurs marqué par le Vietnam et les drogues dures. Ces enfants des années 60, beaux et avides de plaisir, comme le dit Ray, sont des vieux enfants, qui n’ont pas compris que le temps passait. Pour tenter de repartir à zéro et retrouver la magie d’une rébellion innocente et pure, Ray et Alice décident de se marier et d’inviter toutes leurs familles. La fête, magnifique et délirante, tourne à la folie orgiaque et bientôt, le lendemain matin, tous repartent pour ailleurs, pour un avenir incertain, les utopies sont mortes. Alice regarde ses « enfants » s’éloigner et reste un bon moment à la porte de son église.

  • Les vacances des célébrités (2) - Ségolène Royal

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    On a dit que Ségolène était froide, BCBG et inaccessible, c'est faux comme on le voit sur cette phot où elle s'adonne, en ami, avec François, à un divertissement tout ce qu'il y a de plus populaire. Ensuite, tout ce petit monde ira partager quelques bière et manger quelques frites.

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