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mercredi, 04 juillet 2007

L'aventure Hippie

Les fleurs au pouvoir
f7e0c6c65e530da14882cb5750fd9fd9.jpgSur "Arte" ce soir, on pourra voir "Alice's restaurant", qui est également une chanson d'Arlo Guthrie, un film d'Arthur Penn de 1969 qui montre la fin de l'utopie née avec le Summer of love en 67 et déjà moribonde en 1969. J'aime beaucoup ce film qui est un de mes films de chevet. Alice et Ray créent un restaurant dans un temple protestant. Ils veulent y accueillir tous les paumés, les roadies, les artistes, les jeunes en rupture de ban, tous ceux dont la société ne veut pas. Ray veut offrir les repas, Alice les fait payer un petit peu tout en sachant que c'est à cause de ça que leur rêve se détruira, mais elle se dit que rêver n'était déjà pas mal et bien mieux que de penser à son plan épargne retraite ou un pavillon coquet dans un lotissement anonyme....

En cliquant sur la photo d'Arlo Guthrie et Alice qui a vraiment existée, on va sur la fiche du film...

Lien vers la chanson d'Arlo (paroles)

c67830c2690c3230b592b5683ab1fb7d.jpgDans ce livre, les auteurs reviennent sur un mouvement de jeunes, comme on dit, qui correspond à une époque, à des frustrations, des désirs, des aspirations sociétales, une euphorie parfois béate. Selon les idées reçues, les hippies étaient les djeunes qui ne se lavaient pas, s'habillaient dans le style "serpillière" et fumaient des substances illicites en s'adonnant à des orgies bon enfant. Ce que l'on peut reprocher au livre, c'est de cautionner plus ou moins cette image faussée de la chose, et d'être plutôt une manifestation nostalgique d'une époque révolue qui a surtout été rêvée et qui est encore rêvée. Quand on lit le numéro spécial d'"Actuel" sur les années 70 (sorti en mai 1988) et l'après "mai 68", il y a beaucoup de différences. Car les premiers hippies n'étaient ni chevelus, ni habillés en fripes vaguement métissées, venaient quand même de "la Baie" à San Fransisco, s'appelaient les Diggers et on 749f6ce7617bc8fc2db3f5e8f4d604f8.jpgy trouvait même Peter Coyote. Leurs revendications d'un changement radical de la société de consommation s'exprimaient en actes concrets (dont la redistribution des biens que les supermarchés allaient jeter aux ordures).
Car le mouvement hippie était peut-être surtout une mode comme une autre, la dernière vague de la "Beat Generation", un peu caricaturale, plus superficielle. Depuis, beaucoup de ces hippies ont d'ailleurs été rattrapés par la société de consommation qui se parent de nouveaux "soucis" : consommer de manière dite "citoyenne", acheter "bio", acheter une baraque sans eau ni électricité à 2d516f622dad622000be7ff2c12003e4.gifurant

la campagne, l'altermondialisme - qui est une autre version de la mondialisation libérale d'ailleurs. Parfois, tout cela témoigne d'une certaine bonne volonté. Mais là où l'on rejoint l'auteur, c'est que la contestation d'un mode de vie ne peut être que radicale, et les hippies de devenir "punks" par désillusion (ce qui sera aussi une autre mode). Ce livre donne l'impression de revivre une période, c'est déjà une bonne chose finalement.

Titre : L'aventure Hippie | Auteur : Jean-Pierre Bouyxou, Pierre Delannoy, Laurent Chollet | Editeur : 10/18

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