Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Suis-je mou ?

    Imprimer Pin it!

    967ff553a53179f73af72153fb47b0bf.jpgQuand je presse mon index droit ou gauche sur mon ventre, il s'enfonce. Je suis en effet doté d'une ceinture herniaire conséquente plus confortable qu'un coussin de plumes d'oie, ou qu'un ouateurbède. A d'autres endroits je suis beaucoup plus dur, (Non je ne parlais pas de cet endroit, mais effectivement, vous me flattez), quand je plie mon bras pour faire ressortir mon biceps, il est plus que conséquent et comme de l'acier. Je me suis même mis au bras de fer avec un djeuns que j'ai battu ce qui a fait du bien à mon ego masculin ainsi qu'à mon amour propre bien développé. Je ne mets que difficilement en colère, je passe donc depuis plusieurs années pour un ours aprivoisé que l'on amadoue avec deux mots gentils et un peu de miel.

    0a38267fd5ee5406950904b10963fbca.jpgEn toute vantardise, je comparerai mon coeur avec celui représenté par Magritte à l'intérieur d'une cage d'un oiseleur. Il bat très fort, peut-être trop, au sens propre d'ailleurs puisqu'il m'arrive de faire de la tachycardie, et s'emballe donc souvent quand je ressens une injustice, une indignation ou de la colère, ou encore de l'affection et de l'amitié. Je me laisse moins emporter par mes élans depuis que deux soldats nous ont vigoureusement interdit l'accès d'un endroit pourtant libre en théorie il y a huit ans. J'ai toujours les mêmes élans qui me poussent à rechercher la vérité des êtres, des choses et de l'histoire, en dehors de toute théorie simplificatrice, mais parfois la lucidité me pousse à voir la véritable apparence de ce que je trouvai si beau avant. Ce n'est jamais réjouissant certes mais toujours libérateur.

  • Voyage en Absurdie - la genèse du Comcombre masqué

    Imprimer Pin it!

    Bretzel liquide ! on a retrouvé le bulletin de naissance du héros, ses origines. J'ai toujours beaucoup aimé cette BD. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

    9a20b1068f5e52e558e0708447b34df7.jpg

  • "Les copains d'abord" - Brassens

    Imprimer Pin it!

  • Crise mystique

    Imprimer Pin it!

    Il y a trois jours, une jeune fille m'a rendu visite pour me proposer un prospectus me vantant les qualités d'une assurance-vie. J'avais très mal à la tête et je n'ai pas écouté ce qu'elle a dit, j'étais fasciné par un pendentif qu'elle portait autour de son cou, un anneau de Moebius en acier. J'ai pris un aspirine et je me suis assoupi sur mon canapé, et là en rêve j'ai eu une révélation somme toute de caractère mystique.

    c1573f39f5b0728489d4bb6951c769ef.jpgJe ne l'ai pas compris tout de suite bien sûr. Le monde me semblait complètement absurde, en fait je compris que ce n'était qu'une vaste mascarade et que l'homme n'avait connu aucune évolution depuis la savane, nous étions le rève de ces ancêtres préhistoriques, des conséquences de leur imaginaire. L'un d'eux, celui qui me "rèvait" chaque nuit, regardait ce monde à travers mes yeux et s'amusait bien, il se disait que rien n'avait changé : il y avait toujours des sorciers parlant des langages cabalistiques connus d'eux seuls et s'octroyant par là tout le pouvoir dont il pouvait disposer, les chefs de clan étaient toujours choisis parmi les mâles dominants. Bien sûr, les habitudes s'étaient un peu complexifiées, on n'urinait plus autour d'une femme que l'on désirait par exemple mais ces nouvelles manières de faire étaient très proches des anciennes. La technologie n'était qu'une illusion, un délire de chaman qui avait mangé trop de champignons hallucinogènes, un délire qui lui était inspiré par les démons car cela détruisait toute vie.

    Jea1cd2721c94c24d307da37ec7561fdb.jpg'adoptai bientôt son point de vue, ma vie s'en trouva transformée, je fus saisi d'une grande envie de normalité mais en rève mon ascendant préhistorique, bien plus sage que nous finalement, me fit comprendre que la normalité exigée à ntore époque était également un délire du chaman de sa tribu qui abusait du chanvre et de l'alcool de palme. A son époque, les hommes venaient juste de découvrir la propriété et la sédentarisation. Il s'en inquiétait car cela créait des tensions au sein de son peuple qui auparavant partageait tout y compris avec les plus faibles. Maintenant les plus faibles devait faire allégeance au plus riche pour pouvoir manger à leur faim.

    61203d7177f6389223f5add0953e4807.jpgBien sûr, il comprit en lisant par mes yeux un livre d'histoire qu'il y avait eu quelques tentatives pour faire progresser la conscience des hommes vers quelque chose de plus élevé, de plus intéressant, dont les religions, Dieu avait aidé sa créature à trouver la vraie sagesse, il y avait des individus de grande sagesse là-dedans selon lui, ceux que nous appelions les saints. Il remarqua que des penseurs, des chamans de leur époque, avaient essayé de réfléchir à des théories qui garantissent le bien commun, en partageant les richesses par exemple, de manière plus équitable. Il comprit là aussi que ces idées avaient permis à de nombreux mâles dominants de justifier un pouvoir terrifiant et non à protéger les faibles, les plus petits comme cela aurait dû être.

    Je ne comprenais pas sa langue, mais il comprenait et parlait la mienne, cela facilitait les échanges...

    à suivre... ou pas, tout dépendra de mon inspiration

  • Le président bien-aimé est mort (politique fiction)

    Imprimer Pin it!


    SARKO EST MORT !!!
    Vidéo envoyée par skidoo

    Lien permanent Catégories : Politique
  • Le Vin de Paris- Marcel Aymé

    Imprimer Pin it!

    "Salauds de pauvres"
    5193cbb71173c91b01839884f70f7200.jpgC'est dans ce recueil que l'on trouve la nouvelle ayant inspiré "la traversée de Paris" et l'insulte proférée par Grandgil, le peintre, artiste, hors-norme pour les bonnes gens, "qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux...": "Salaud de pauvres !". Elle parle d'une période de lâcheté générale, ou presque, où les "bons français" dénonçaient leurs voisins, où les flics français en faisaient plus pour livrer les juifs aux nazis qu'on leur en demandait, où les résistants de dernière heure tondaient les femmes à la mauvaise réputation, où tout le monde trafiquait de tout ce qui se vendait.
    Marcel Aymé a été inquiété à la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour ses sympathies à Céline ou Rebatet et deux, trois articles publiés dans les mauvais endroits. On oublie une pétition contre 211c04a273560c459d5aba88bbb6bf40.jpgles arrestations arbitraires que l'inconscient osa aller porter aux autorités allemandes. Il ne se faisait aucune illusion sur la nature humaine, les autorités, les vérités soi-disant intangibles, tout en aimant profondément l'humanité malgré tout : Les assassins se transforment en bébé, que l'on guillotine quand même, les saints deviennent proxénètes à Montmartre tout en gardant leur auréole, le quotidien devient fantastique.
    Les dogmatiques de gauche ne l'aimaient pas beaucoup du fait de son désengagement, les gens de droite se méfiaient de lui pour sa satire tranquille de l'autorité et de tout ce qui est admis comme "respectable". Ils préfèraient se promener sur la butte, faire la fête chez le peintre Gen-Paul, discuter littérature avec Nimier. Son esprit plane encore rue de Norvins ou vers la place du Tertre et dans le cinéma réaliste poétique singé par "Le fabuleux d'Amélie Poulain", les réactions de certains critiques face à ce film ressemblent d'ailleurs à d'autres face à ses livres.

    Titre : Le Vin de Paris | Auteur : Marcel Aymé | Editeur : Gallimard

    Lien permanent Catégories : Nouvelles
  • Enjambées - Marcel Aymé

    Imprimer Pin it!

    Pour les jours gris
    6223d1034edbe8da21c4e51dcf039e04.jpgLes visages sont gris ou blafards sous les lumières électriques de la ville, néons du métro, ampoules lépreuses des cours d'immeubles, phares violents des voitures, quelque part, on entendrait presque un riff de guitare. Il suffit de sortir un exemplaire de ce livre de sa poche et c'est tout le quotidien qui se transforme en merveilleux, un employé de bureau traverse les murs, comme la statue de l'auteur rue de Norvins à Paris, le gouvernement décide de prolonger le temps de chaque citoyen, un enfant seul rêve de bottes de sept lieux pour offrir un cadeau à sa mère, nouvelle émouvante, étonnante sur l'enfance et loin de toute mièvrerie, et Paris s'anime comme une féérie. C'est là tout le talent de Marcel Aymé, loin des hommes, loin des adultes et de leurs préoccupations futiles, loins des connards arrogants qui impose leurs lois. Comme pour Brassens, je terminerai par un : Vive l'Anarchie ! celle tranquille de cet auteur laconique dans la vie de tout les jours. 

    Titre : Enjambées | Auteur : Marcel Aymé | Editeur : Gallimard

    Lien permanent Catégories : Nouvelles
  • Comme Bérenger

    Imprimer Pin it!

    d286eec0ce981d9a55e4911b02122d71.jpgDans le film "Freaks" de Tod Browning, un de mes préférés, qui montre que la normalité en tant que telle n'existe pas et que c'est peut-être une forme plus perverse de monstruosité, l'on suit des "monstres" physiques plus humains que ceux réputés normaux. Un monstre doit se conduire en monstre selon l'idée répandue. Cela dit, je pense que l'équilibre existe dans une vie.

    J'aime beaucoup les figures d'Ignatius J. Reilly dans "la conjuration des imbéciles" ou les textes d'Hunter Thompson. Car j'aime beaucoup les personnes hors-normes. Je suis moi-même un monstre aux yeux de beaucoup de personnes dites normales et selon les critères actuels je suis laid, je vis cette différence depuis mon enfance. De plus, mes connaissances en littérature ou en cinéma sont plutôt un autre handicap car elles engendrent la plupart du temps la jalousie et l'incompréhension, surtout quand elles sont le fait d'une culture autodidacte, ce qui est un "péché" encore plus grave. En réponse à ces opinions, j'ai développé une sensibilité aux autres, une certaine lucidité je pense et le fait d'être souvent rejeté m'a conduit à l'autodérision continuelle qui devient maladive au bout d'un moment, à une ironie marquée sur tout le reste aussi. Je ne l'ai certainement pas perdu, je m'imagine mal en notable installé et conformiste, ou devenir matérialiste. Il y a certes plusieurs conformismes, il y a même celui de l'anticonformisme. Moi, je n'essaie que d'être moi et non un archétype, comme Bérenger, le personnage fétiche de Ionesco ou mon auteur préféré, Marcel Aymé, qui m'encourage dans mon goût pour la liberté et l'indépendance. 

  • Free Jazz, Black Power

    Imprimer Pin it!

    Jazz et politique
    abc293d56ac12d0914ded6926bc3dd15.gifOn peut apprécier le Jazz en esthète sans tenir compte des liens avec le monde réel, celui caché derrière la fenêtre ou la porte d'entrée. C'est ce que propose les deux auteurs de cette anthologie. Bien sûr que le réalité n'est jamais entièrement simple et qu'il n'y a pas les bons et les méchants comme dans un "blockbuster" US, la nature humaine est ainsi faite. Rappelons pour mémoire que Goering adorait "l'art dégénéré" ou Otto Abetz, l'ambassadeur nazi à Paris, les écrivains les moins fréquentables pour eux, cela ne les empêchait pas d'envoyer le peuple juif se faire exterminer sans aucun remords. La réalité n'est d'ailleurs jamais entièrement agréable à entendre, elle gêne les certitudes confortables. Il y a beaucoup de naïveté à enfermer le Jazz dans un compartiment étanche.
    97c9da28460270817622c06e4f233a07.jpg Il y a une cause réelle pour différentes prises de positions politiques et musicales de Max Roach, Art Blakey, Miles Davis, Charlie Mingus, excellent compositeur aussi, auteur de pleins de "Spikeleeismes" aussi bizarrement que cela paraisse, Ornette Coleman, Roland Kirk, Sun Ra, Don Cherry. Ce n'est pas pour rien que Monk a été interdit de plusieurs villes américaines lors d'une de ses tournées, ce n'est pas par des noirs que Bud Powell s'est fait casser la gueule un soir dans un club de la 52ème rue. Cela ne les empêchait pas d'aimer Ellington, Basie ou même, comme John Lewis ou Monk himself, des musiciens blancs comme Satie ou Debussy.
    L'Art imite le réel ou le réel imite l'Art mais ils sont indissociables, on ne peut pas les séparer. Les préjugés les plus durs à accepter sont les plus personnels. Réduire le Jazz à une immense partie carrée de sons mondiaux et d'influences, d'accord, mais de grâce, ne dépossèdez pas encore les afro-américains de leur musique.

    Titre : Free Jazz, Black Power | Auteur : Philippe Carles, Jean-Louis Comolli | Editeur : Gallimard

  • Gardons nous de l'esprit de sérieux

    Imprimer Pin it!

    343dfdf4929bf3ad58aa072af7713de4.jpg"Les hommes ont inventé des choses qu'ils disent sérieuses. Le principal c'est le divertissement. Ce qui est sérieux n'est pas à notre portée." citation de Jacques Chardonne extraite de "Propos comme ça". Il y a aussi :

    "La gravité est le bonheur des imbéciles" de Nietzsche.

    Ce blog reflète mon état d'esprit selon ce que je vis, parfois la joie, parfois la peine et la lassitude, parfois j'ai envie de tourner le tout en dérision, parfois j'ai besoin d'un peu de naïveté, et ce que je ressens des évènements je l'exprime parfois adroitement, parfois non, comme tout le monde. Avoir la prétention de traiter cela mieux que d'autres ou de sauver le monde malgré lui, non, comme avoir des prétentions tout court, à quel titre et de quel droit ? Un diplôme, un statut social, des connaissances ? Ce blog me permet d'écrire tous les jours. C'est l'essentiel.

    6a375648017acedc91c254b8408e3e85.jpgUne stââr en complément

    PS perso (désolé, encore du sérieux) : Sur la dérision, je ne veux plus en faire, elle m'a coûtée plusieurs amitiés et au moins un amour, elle ne mène à rien. Elle m'a amené aussi à sans cesse me mésestimer, elle mène à l'autodestruction après des années et des années d'autodérision, quelqu'un me l'a dit un jour : "c'est pour de vrai que tu m'aimes ? Ou c'est une blague ?". L'amitié n'est pas une blague, ni l'amour. Il y a ce qui est léger, ce qui profond et ce qui élève, et fait du bien aux autres ainsi qu'à soi-même. Ce que j'écris sur les livres n'est qu'un avis, je n'ai pas la prétention de faire critique littéraire, mais en quel honneur ne devrais-je pas essayer d'écrire de manière un peu crédible ces textes ? De plus, si par chance, mnime, il est vrai mais qui sait, quelqu'un appréciait et remarquait ces textes et que cela me permette d'avancer professionellement et de mettre un ou deux de mes dons en valeur, où est le mal ? Ce n'est que mon point de vue, certes, mais c'est comme ça.

  • Je hais les dimanches - Paroles : Charles Aznavour, musique : Florence Véron

    Imprimer Pin it!

    Interprètée par Juliette Gréco et Edith Piaf (dédiée à la fille de nulle part)

    cea2f2ca90065648ca174349c99cf7d6.jpgTous les jours de la semaine
    Sont vides et sonnent le creux
    Bien pire que la semaine
    Y a le dimanche prétentieux
    Qui veut paraître rose
    Et jouer les généreux
    Le dimanche qui s'impose
    Comme un jour bienheureux

    Je hais les dimanches !
    Je hais les dimanches !

    Dans la rue y a la foule
    Des millions de passants
    Cette foule qui coule
    D'un air indifférent
    Cette foule qui marche
    Comme à un enterrement
    L'enterrement d'un dimanche
    Qui est mort depuis longtemps.

    Je hais les dimanches !
    Je hais les dimanches !

    Tu travailles toute la semaine et le dimanche aussi
    C'est peut-être pour ça que je suis de parti-pris
    Chéri, si simplement tu étais près de moi
    Je serais prête à aimer tout ce que je n'aime pas.

    Les dimanches de printemps
    Tout flanqués de soleil
    Qui effacent en brillant
    Les soucis de la veille
    Dimanche plein de ciel bleu
    Et de rires d'enfants
    De promenades d'amoureux
    Aux timides serments

    Et de fleurs aux branches
    Et de fleurs aux branches

    Et parmi la cohue
    Des gens, qui, sans se presser,
    Vont à travers les rues
    Nous irions nous glisser
    Tous deux, main dans la main
    Sans chercher à savoir
    Ce qu'il y aura demain
    N'ayant pour tout espoir

    Que d'autres dimanches
    Que d'autres dimanches

    Et tous les honnêtes gens
    Que l'on dit bien-pensants
    Et ceux qui ne le sont pas
    Et qui veulent qu'on le croie
    Et qui vont à l'église
    Parce que c'est la coutume
    Qui changent de chemise
    Et mettent un beau costume
    Ceux qui dorment vingt heures
    Car rien ne les en empêche
    Ceux qui se lèvent de bonne heure
    Pour aller à la pêche
    Ceux pour qui c'est le jour
    D'aller au cimetière
    Et ceux qui font l'amour
    Parce qu'ils n'ont rien à faire
    Envieraient notre bonheur
    Tout comme j'envie le leur
    D'avoir des dimanches
    De croire aux dimanches
    D'aimer les dimanches
    Quand je hais les dimanches ...

  • Extrait de "Zazie dans le métro" de Raymond Queneau

    Imprimer Pin it!

    30c65a5f3ede7360d7df878c339f4e66.jpg"Doukipudonktan", se demanda Gabriel excédé. Pas possible, ils se nettoient jamais. Dans le journal, on dit qu'il y a pas onze pour cent des appartements à Paris qui ont des salles de bain, ça m'étonne pas, mais on peut se laver sans. Tous ceux-là qui m'entourent, ils doivent pas faire de grands efforts. D'un autre côté, c'est tout de même pas un choix parmi les plus crasseux de Paris. Y a pas de raison. C'est le hasard qui les a réunis. On peut pas supposer que les gens qui attendent à la gare d'Austerlitz sentent plus mauvais que ceux qu'attendent à la gare de Lyon. Non vraiment, y a pas de raison. Tout de même quelle odeur.

    Gabriel extirpa de sa manche une pochette de soie couleur mauve et s'en tamponna le tarin.

    676ff0e0042b920e5b47a26a81b95b95.jpg"Qu'est-ce qui pue comme ça ?" dit une bonne femme à haute voix.

    Elle pensait pas à elle en disant ça, elle était pas égoïste, elle voulait parler du parfum qui émanait de ce meussieu.

    "Ça, ptite mère, répondit Gabriel qui avait de la vitesse dans la repartie, c'est Barbouze, un parfum de chez Fior.

    – Ça devrait pas être permis d'empester le monde comme ça, continua la rombière sûre de son bon droit.

    – Si je comprends bien, ptite mère, tu crois que ton parfum naturel fait la pige à celui des rosiers. Eh bien, tu te trompes, ptite mère, tu te trompes.

    – T'entends ça ?" dit la bonne femme à un ptit type à côté d'elle, probablement celui qu'avait le droit de la grimper légalement. "T'entends comme il me manque de respect, ce gros cochon ?"

    Le ptit type examina le gabarit de Gabriel et se dit c'est un malabar, mais les malabars c'est toujours bon, ça profite jamais de leur force, ça serait lâche de leur part. Tout faraud, il cria :

    "Tu pues, eh gorille. "

    e7b780b5bbbe719ed8398364fc080ccc.jpgGabriel soupira. Encore faire appel à la violence. Ça le dégoûtait cette contrainte. Depuis l'hominisation première, ça n'avait jamais arrêté. Mais enfin fallait ce qu'il fallait. C'était pas de sa faute à lui, Gabriel, si c'était toujours les faibles qui emmerdaient le monde. Il allait tout de même laisser une chance au moucheron.

    "Répète un peu voir", qu'il dit Gabriel.

    Un peu étonné que le costaud répliquât, le ptit type prit le temps de fignoler la réponse que voici :

    "Répéter un peu quoi ?"

    Pas mécontent de sa formule, le ptit type. Seulement, l'armoire à glace insistait : elle se pencha pour proférer cette pentasyllabe monophasée :

    "Skeutadittaleur... "

    La suite ici

    Je trouve qu'il y a un peu de Zazie aussi par là...

    La bande annonce du film de Louis Malle

    Ce post est pour Madame Guichard du cinéma "le Denfert", amie de Queneau et de Tati, passionnée de cinéma, qui animait le ciné-club à Nanterre il y a quinze ans. Une amatrice de plaisirs démodés... 
    Lien permanent Catégories : Livre
  • Du dégoût à la beauté

    Imprimer Pin it!

    33b6234e9cd2e023ad6719d7624ea6f9.jpgIl m’arrive souvent d’être saisi de dégoût devant cette société dans laquelle nous vivons et l’aveuglement qu’elle engendre, un aveuglement volontaire.

    Chacun raisonne selon l’idée qu'après eux le déluge quelle que soit l’opinion exprimée, de droite ou de gauche, la plupart accepte l’inacceptable, dont la destruction progressive de la planète, et rejette ce qui semble le plus raisonnable. Les relations entre les personnes sont uniquement motivées par l’intérêt et la compétition, les pauvre sont quantité négligeable et le « vulgum pecus » ne pourra pas s’empêcher de penser, depuis le 6 mai, il l’affirme haut et fort, que les SDF et précaires « n’ont qu’à travailler pour s’en sortir », y compris beaucoup de ceux qui se disent « de gauche » pour qui les réformes sociales et la redistribution c’est bien mais d’abord pour les autres. « Tout les hommes naissent libres et égaux en droits » mais « il y en a de plus égaux que d’autres » comme l’écrit Orwell dans « la Ferme des Animaux », auteur d’ailleurs récupéré à tort par la droite. Orwell a condamné la dictature pas l’utopie.

    ad366557919a4a38347f9c9f8a4da012.jpgOn oscille en France entre l’hyper-libéralisme de droite, pour lequel milite des catholiques depuis la deuxième guerre sans trop se rendre compte des implications je pense, et l’angélisme de gauche, dans lequel on retrouve d’autres chrétiens d’Église bien-pensants mais étroits d’esprit, depuis une quarantaine d’années, et qui n’oublie qu’une chose dans ses projets la plupart du temps généreux il est vrai, la nature humaine. Les grandes idées l‘oublient souvent. Celle-ci ne pousse pas à se responsabiliser et à mûrir, dans le sens « ne donne pas du poisson à un individu mais apprends lui à pêcher », ou en rappelant ce que dit Patrice Declerck, les solutions à la pauvreté ne sont que ponctuelles alors que le problème est structurel, la nature humaine pousse à l’avidité, et même chez les plus pauvres, les personnes sont fascinées par le consumérisme à outrance et cette société hyper-individualiste.

    07f694f80ca92782d5c8ab4c0258b2e0.jpgOn nous propose diverses théories en réponse au problème, le libéralisme qui est manifestement un échec quant à l’enrichissement de tous (353 familles possède actuellement 45 % des richesses mondiales selon les chiffres de l’ONU). Les socialismes qui restent sont essentiellement ceux de Cuba et du Venezuela, en Chine c'est du capitalisme d'état, l'esclavage au niveau d'un continent, ne parlons pas de la Corée du Nord. Dans ce dernier pays, les solutions apportées semblent d’ailleurs fonctionner, donc pourquoi pas ? Mais une seule chose -me- donne envie de freiner des quatre fers, la liberté d’expression n’y est pas respectée totalement (radio indépendante interdite récemment), il ne vaut mieux pas contredire le président Chavez, ce n‘est pas lui qui est en cause forcément, chacun sait que le pouvoir finit toujours par corrompre le plus vertueux. Certes, existe-t-elle chez nous vraiment ?

    7397118deb6be7a982da099261a0a901.jpgA cela, on nous a donné comme solution-miracle, comme panacée pour tout changer, tout améliorer, l’Europe; Quand on sait que dans le petit village où je travaille, l’étranger, c’est le village d’à côté, l’Europe politique est loin de devenir une réalité et la xénophobie a encore de beaux jours devant elle, même quand il n’y a pas d’étrangers du tout comme on a pu le voir au moment des élections dans certaines régions de l’Est. Il est vrai que l’on s’est borné à construire l’Europe de l’argent, de l’intérêt sans tenir compte des réalités ou des originalités d’un pays. A ce propos, il paraît que notre système social est original par rapport aux autres sur le continent européen, en quoi est-ce un problème ?

    6563c5867dd95c4b06a6f1316e5084ec.jpgOn essaye de tromper son inquiétude par la lecture, la dégustation de bons vins (Note personelle, un vrai Bordeaux de 98 ce midi par exemple) et de plats fabriqués non pour se faire plaisir ou pour affirmer des prétentions mais partager, la visite de monuments, l’apprentissage continuel du savoir historique, mais cela ne fait qu’accentuer l’angoisse, étant donné que tout ce qui fait la beauté de ce pays, sa vraie grandeur, ses habitants le détruisent progressivement comme des gosses trop gâtés. C’est l’individualisme qui pourrit le tout y compris dans la religion. C’est aussi ma foi qui me permet de ne pas perdre totalement espoir dans ce monde qui n’est ni diabolique, ni un lieu de perdition, mais beau. Cette beauté, je la cherche constamment, parfois je la trouve, souvent là où on ne l’aurait pas vue. Mais elle est bien présente.

  • Murder on the dance-floor - Sophie Ellis Bextor

    Imprimer Pin it!

    Tube léger mais intelligent, comme un parfum de fête. Il y a une page sur elle sous Wikipédia pour les amateurs. a la rigueur, on s'en fout, il vaut mieux l'écouter.

  • Des liens philosophiques proposés par "intarissable.com"

    Imprimer Pin it!

    4ae1029c51d8b49e6cc59a10bde2dddf.jpgQue des nouveaux sites philosophiques. Commençons par les blogs, si vous le voulez bien. La Cour des Objets La Philosophie Médiévale Paris 4 PhiblogZophe Philalete Philosophie des Mathématiques Philotropes Promenades philosophiques Sur les traces de l'ignorance Continuons avec qui parlent philo. Bibliothèque Philosophique l'Atelier de Philosophie Quotidienne le Philomane Mille et un liens de Philosophie Philautarcie Philodido Philofac Philo Mag Philosophie et Spiritualité Philosophie à Grenoble Philosophie en France Philosophie Livres Philosophy Talk Textes Rares Ugo Bratelli Vendredis de la Philosophie Terminons avec les derniers liens sur les philosophes. Cioran Freud Sénèque Nietzsche Zizek Tous ceux-ci vous pouvez les retrouvez sur mon blog, dans les barres de gauches et de droites....
    Pour lire la suite cliquez ici

  • Élections à la bonne date, travaux en hâte - proverbe politicien

    Imprimer Pin it!

    26eeed3e4d555790dc2882ca7b8ce7ae.jpgDerrière la mairie d'Evreux, l'on construit un joli parking souterrain qui permettra aux gentils automobilistes de faire moins de pas pour aller faire leurs courses (ce qui est crevant certes). Loin de moi l'idée saugrenue de soupçonner cet honnête homme qu'est le maire de notre belle ville de cynisme politique et de faire des travaux dans le but de gagner les élections, non je crois dans sa pure générosité, c'est une coincidence malheureuse. Mais les ouvriers terrassiers en train de creuser la chose, pressés sans doute d'en finir, de travailler moins et de se lever moins tôt ont rompu un câble électrique avec une pelleteuse croyant que les travaux devaient être absolument finis avant 2008 pour que le maire les inaugure en souriant et que cela donne lieu à une jolie photo. Il y eut un léger inconvénient c'est sûr, le quartier fût privé d'électricité un bon moment.

    Lien permanent Catégories : Politique
  • Réhabilitation des vieilles traditions de salubrité publique : la chasse aux cons

    Imprimer Pin it!

    4413afcd78eab44dc1a1ddabee3176e3.jpgHier, à mes élèves qui sont maintenant persuadés que c'est une vieille tradition picarde réelle lancée par le Sire d'Inchy chevalier pillard et paillard au XVIème siècle qui pendait de temps à autres quelques fâcheux pour se divertir -je ne les ai pas détrompés-, j'ai proposé de réhabiliter la chasse aux cons. Bien sûr, c'est assez subjectif, la connerie étant très subjective en elle-même et on est toujours le con d'un autre, là-dessus nous avons la solution, on peut faire un "turn over". Donc, les cons sont rassemblés sur la place du village, ou une des places d'une grande ville, on les trie par ordre de connerie. Aux plus cons, on laisse dix minutes d'avance, aux moyens cons, cinq minutes, aux moins cons, deux. Seul le gros sel est autorisé dans les cartouches, on ne tue pas les cons, cela leur ferait plaisir, et de toutes façons ils peuvent resservir. L'appeau "spécial cons" sert beaucoup, un magnétophone qui répète en boucle : "Ducon, ducon, ducon, dis-donc ducon".

    En photo, un chasseur de cons
     

  • Aide-mémoire pour Monsieur Kouchner

    Imprimer Pin it!


    IPOL#13
    Vidéo envoyée par iPolTV

    Lien permanent Catégories : Politique
  • Nouvelle géographie du cinéma

    Imprimer Pin it!

    D'ailleurs
    c71704819b700570f1ca73f39d4811c5.gifIl n'y a pas que le cinéma français : drames bourgeois dans un grand ensemble, adultère dans une "range rover", histoires de cul chez les petits bourgeois friqués, comiques vulgaires, et les grosses machines américaines : notre héros détruit une comète, notre héros flingue un méchant terroriste basané, notre héros se moque des minorités. Allez, je blague, ce n'est pas que ça, il y a des auteurs qui émergent de temps à autres, mais combien de nullités pour une ou deux pépites.
    Ce livre se penche sur d'autres cinémas, moins connus chez nous, par défaut de curiosité, par ethnocentrisme, à croire que notre modèle impérial est le seul qui tienne, vaste plaisanterie. Quel est le premier cinéma au monde ?...
    Hé non, pas Hollywood, mais Bollywood, le cinéma indien.
    eaee63282970a61f9b84a8da1b87b563.jpg Quel est l'auteur le plus innovant de ces denières années ?...
    Hé non, pas Tarantino, qui pompe à tout va sur les bijoux de Melvin van Peebles (moins fréquentable pour les petits blancs, même branchouilles, car noir et subversif), c'est plutôt Kitano, japonais, ou Abbas Kiarostami, qui vient d'Iran ou Wong Kar Waï.
    Mais, ce cinéma d'ailleurs n'a que peu de salles car en France, on est frileux quand il s'agit de culture, on fait comme on a toujours fait parce que ça marche. Et pourtant, il y a des réalisateurs qui ont plus alors que ce n'était pas des plus évidents, à commencer par Jeunet ou Kusturica.

    Titre : L'état du monde du cinéma. Nouvelle géographie | Auteur : Antoine de Baecque | Editeur : Cahiers du cinéma

  • Nouveau cinéma, nouvelle critique

    Imprimer Pin it!

    Promesses oubliées
    5f0a9789c2586b8a2854c9e9f6ee443a.jpgDes réalisateurs dont parle ce livre, certains n'ont pas tenu leur promesse. Bellochio, peut-être à cause d'une fellation mal placée et "mode", est un peu oublié, ou Nagisha Oshima. De plus, parler de Garrel à la fin, c'est un peu faire de la pub gratuite pour un copain.
    Cependant, les Cahiers, comme on dit, sont éclectiques, et défendent autant Alain Tanner que John Carpenter, pourtant radicalement opposés sur le papier, en théorie, car ce sont des cinéastes maudits. C'est un peu comme Hitchcock, méprisé par la critique "officielle" dans les années 50.
    Il y a certainement un certain snobisme à parler de réalisateurs qui ont des noms où les consonnes dominent, ou à porter aux nues des auteurs inconnus qui mériteraient de le rester. Mais je crois que cette revue défend le cinéma avec talent, tout le cinéma malgré tout depuis ses origines.
    Avec ce livre, on continue un tour d'horizon amorcé auparavant sur les articles marquants (et leurs auteurs, dont Pasolini et Godard), une anthologie indispensable pour tout cinéphile distingué.

    Titre : Nouveaux cinémas, nouvelle critique - Petite anthologie des cahiers du cinéma Tome 8 | Auteur : Antoine de Baecque, Gabrielle Lucantonio | Editeur : Cahiers du cinéma

    Cliquer sur la couverture permet d'aller sur le site des "Cahiers" 

  • Nico et Sarco, Sarco et Nico - article de Gérard Silighini

    Imprimer Pin it!

    4008589cff81e3cadfecc188fa1b10f5.jpgSont y pas mignons ces deux là !
    On dirait qu'ils ont regardé des objectifs toute leur vie ! 
    On se demande à quoi ils peuvent bien penser... Et cette main ! Cette main qui semble dire ... 
    - D'accord ! Tu m'as mis Bruno Le Maire dans les pattes mais tu vas quand même sourire à coté de moi pour ma campagne !
    - Bouh ! C'est pas bientôt fini  !
    - Un sourire j'te d'mande... Pas une grimace !

    Photo posée comme une de ces images figées des épousailles de nos aïeux... C'est la propagande de Monsieur Nicolas...
    Ah il surfe sur la vague... Pas de détail ! C'est sa chance... Ne pas faire comme madame qui en son temps aura fait un p't'it tour et puis s'en va...
    Le doublé ! Il veut le doublé...
    Pour cela, surtout ne parler de rien... Bavarder un peu ! Rappeler l'arrosage à coups de réserve parlementaire! Passer la pommade à monsieur Sarkozy... S'afficher avec lui... Un pt'it duo posé avec monsieur Fillon... Un p't'it rappel du temps de Debré.... Tout un programme... Ca c'est de la comm !
    A vous donner envie de devenir godillot.
    Mais c'est qu'il prendrait l'électeur pour un veau celui là...

    A suivre sur le blog de Gérard  

    Lien permanent Catégories : Politique
  • It Wouldn’t Have Made Any Difference - Todd Rundgren

    Imprimer Pin it!

    e690b3a85bd8f0200f656af2af715904.jpgJ'aime bien écouter cette chanson quand il fait chaud comme aujourd'hui, de la fausse musique légère...

    J'ai mis en ligne seulement un extrait pour l'instant... 

    Do you remember the last time I said
    If I ever thought about lying,
    I'd rather think of dying instead
    And maybe you remember the last time you called me
    to say we were through
    How it took a million tears
    just to prove they all were for you
    But those days are through

    'Cause it wouldn't have made any difference,
    if you loved me
    How could you love me
    When it wouldn't really make any difference,
    if you really loved me
    You just didn't love me

    'Cause I know of hundreds of times I could be
    In the most unfaithful arms that you always picture me
    And maybe you remember that
    though I can't always show proof I was true
    No one else could change my mind or
    stop me coming home to you
    But those days are through

    You just did not love me enough to believe me
    Enough not to leave me
    Enough not to look for a reason to be unhappy with me
    And make me regret ever wanting you
    But those days are through

    Elle a été ma bande originale personnelle quand j'allais à Tel Aviv pendant mes deux ans en Israèl/Palestine. En regardant la photo du chanteur ci-contre, on comprend ce que K. Dick entend quand il dit que les années 60 ne se sont jamais terminées, pour Todd en tout cas.En cliquant sur son portrait, on va sur son site (pour les amateurs). 


    podcast
     

  • Mauvaises nouvelles du milieu

    Imprimer Pin it!

    L'Empire du milieu
    3e58f2fec8edc179130f4b1262aa8421.jpegL'auteur de ce livre est truand multirécidiviste, ayant fait partie du fameux "gang des postiches". Il a fait "seulement" vingt et un ans de prison au lieu des soixante-quatre auxquelles il avait été normalement condamné. Mais vingt et un ans, c'est déjà presque un tiers de vie. Frank Henry, alias Frankus dans son milieu, a vécu trente ans de délinquance et pense trouver une forme de rédemption par la littérature. Les treize nouvelles de ce recueil relatent une partie des crimes qu'il a commis avec causticité et recul ainsi qu'un grand sens de la dérision et en particulier du ridicule des pratiques de certains "grands" personnages du milieu. Car finalement, l'auteur est un moraliste à sa manière. Il permet de se poser la question d'une morale car ce qu'il a fait est aussi, voire moins, condamnable que - par exemple - délocaliser une usine et licencier deux cents personnes du jour au lendemain, ce qui ne fera que les tuer plus lentement. En lisant ce livre, rempli de l'argot des truands, dont des expressions empruntées aux gitans, on se prend à penser que finalement les marges criminelles de la société et leurs histoires, souvent futiles, mettent bien en évidence les failles de la société libérale, à commencer par la (sur)vie dans les prisons en France.
    Titre : Mauvaises nouvelles du Milieu | Auteur : Frank Henry | Editeur : Cherche Midi éditeur (Le)

    Image : la photo de classe du gang

    Lien permanent Catégories : Livre
  • Pitié pour les profs ! - article du père Fouettard

    Imprimer Pin it!

    Chers parents, et les autres,

    64241430ff463d4593384f73fed09104.jpgA vous entendre, comme ce matin au café ou dans le car, les profs ne sont rien que des "fainéants qui votent tous à gauche" et "c'est plus comme avant", "avant y'avait de l'autorité". Certes, les profs n'ont "que" 18 heures de cours, certes il y a des planqués parmi eux, comme partout, certes, il y en a qui font ce métier parce qu'ils n'ont pas trouvé autre chose, et comme pis-aller, et oui il y a les vacancesmais la grande majorité aime ce travail. En plus des 18 heures, on va vite au double d'heures de de labeur pour simplement préparer les cours, résoudre les problèmes comportementaux, corriger les copies. A cela s'ajoute que les profs doivent la plupart du temps reprendre à zéro l'éducation de gosses qui ont été nourris et habillés -on me dira c'est déjà pas mal- mais pas éduqués, dans le meilleur des cas, ils sont libres de faire ce qu'ils veulent tant que les notes sont bonnes. Les profs ont devant eux chaque semaine une centaine de gamins a priori hostiles, qui entendent chez eux ce que je rappelle plus haut, ne veulent surtout pas se sortir de leur inculture souvent crasse et préfèrent se soumettre volontairement aux diktats débiles de la mode, d'une idéologie ou de prescriptions d'un autre àge. N'oublions pas ceux qui dépensent une centaine d'euros chaque mois en téléphone portable et protestent quand ils doivent acheter un livre à deux euros. Rajoutons à l'ensemble, cerise sur le gâteau, les théories pédagogiques mitonnées par des enseignants qui n'ont jamais vu de classe de leur vie...

    J'aime malgré tout ça ce travail, bien que l'on fasse tout pour m'en dégoûter (du salaire à la maigre considération que l'on en tire, rappelons que même un prof titulaire en fin de carrière est très loin d'être millionaire), et chers parents, et les autres, je ne me fais pas d'illusions, mon petit laïus sera classé dans la catégorie des "profs qui se plaignent tout le temps", mais cependant, la prochaine fois qu'il n'y aura rien à la télé ouvrez le "Scrabble" ce sera plus simple... 

    Le Père Fouettard 

  • Soul Bossa Nova - Quincy Jones

    Imprimer Pin it!

  • Une aventure du petit Nicolas - La visite à Paris

    Imprimer Pin it!

        La maîtresse nous a emmenés à Paris avec toute la classe. Nous sommes allés au théâtre voir une pièce de Victor Hugo, un monsieur avec une grande barbe blanche et qui avait l'air d'avoir mal à la tête sur la photo de lui à l'entrée de la salle, où des types se battent avec des troncs d'arbres, et un musée où une dame sourit tout le temps mais on ne sait pas pourquoi. Geoffroy, dont le Papa est trèc riche et toujours en voyage, voulait l'acheter et il avait déjà donné mille francs au gardien de la salle quand la maîtresse est venue le chercher en le tirant par l'oreille. Le Bouillon nous accompagnait, il était en culottes courtes comme nous parce qu'il fait chaud et avait une drôle de casquette blanche comme mon Pépé avant. Ma Maman était aussi avec nous alors je ne faisais pas trop le guignol avec les autres, je lui montrais comment j'étais sage et il y avait aussi celle de Maixent.

    dd8edf30c13155a91d8b8a354eaa479e.jpg    Alceste, mon copain qui mange tout le temps et qui est très gros, avait rempli ses poches de petits pains au beurre car il ne savait s'il allait pouvoir trouver de la nourriture à Paris, il a esayé de rattraper un cuisinier qui passait avec un gros gâteau mais il s'est vite essouflé. Maixent disait tout le temps que "Paris est très beau mais qu'il ne pourrait pas y habiter car les gens y sont tous énervés". Eudes regardait les belles voitures autour de nous sur la place de l'Opéra, il n'était pas content car nous devions marcher vite pour ne pas manquer le train.

        Il y avait des dames toutes nues qui tenaient des lampadaires. Agnan lisait tout le temps un livre vert, et il disait ce qu'était tout ce que nous voyons, mais sans regarder, il est fou, Agnan ! Nous entrâmes dans le métro devant l'Opéra, c'était un grand escalier, et il y avait beaucoup de grandes personnes qui marchaient très vite. Je tenais la main de ma Maman car j'avais un peu peur, j'avais une petite boule au fond de la gorge et je n'arrivais pas à bien respirer.

        Nous étions sur un escalier mécanique mais on ne pouvait pas s'amuser à cause de la foule, je regardais les publicités sur les murs à côté et je lâchais la main de ma Maman. Quand j'arrivais tout en haut, je m'aperçus qu'elle était un petit peu devant et je courais pour la rattraper quand tout une file de grandes personnes, des monsieurs en costume comme monsieur Coupon-Duboit le patron de Papa et des dames qui sentaient fort le parfum, déboula devant moi. Je voulais passer mais je ne pouvais pas, et devant je voyais Maman et les autres qui s'éloignaient. J'avais très peur, et je me mis à pleurer un peu. Personne ne faisait attention à moi.

        Je décidai de remonter le grand escalier vers l'Opéra mais je me trompai de direction. C'était comme un très grand escalier mécanique mais par terre, et il n'y avait pas besoin de marcher. Il y avait une petite fille qui courait dessus en rigolant. Je fis pareil, c'était chouette. Sa maman me demanda si j'étais tout seul, je lui dis que je m'étais perdu et lui donnait le nom de la gare où je devais aller. Elle m'accompagna avec la petite fille. Elle nous acheta deux grosses glaces à la vanille et au chocolat et à la gare elle alla trouver le chef de gare qui ressemblait un peu à monsieur le directeur mais avec plus de cheveux. Il nous conduisit à mon train qui était du même métal que les casseroles de Maman,  onv oyait les sièges orange à l'intérieur. Le chef de gare avait sa casquette et son sifflet qu'il me mit autour du cou, il me frotta les cheveux avec sa main et il me donna des grands autocollants pour dire que le wagon de ma classe était réservé rien que pour nous. Enfin, je vis la maîtresse, ma Maman et mes copains arriver en se dépêchant quand ils me virent, la maîtresse et ma Maman avaient les yeux un peu rouges, et Alceste et Eudes aussi.

    2d8df8482880c67ab93bf028c294fb80.jpg    Ils étaient drôlement contents de me retrouver. Nous sommes montés dans le train et là j'ai vu que la petite fille et sa maman me regardaient en souriant, elles agitaient la main car le train partait, la petite fille courait sur le quai en rigolant comme sur le grand trottoir mécanique. Bientôt, je ne pouvais plus la voir, elle était trop loin. Alceste reniflait un peu encore mais il remarqua soudain que j'avais des traces de chocolat sur la joue. Il me demanda pourquoi j'avais eu droit à une glace au chocolat et pas lui je vous prie monsieur.

    J'entendais Agnan qui en profitait pour faire un problème de mathématiques sur un train qui s'en va et un autre qui arrive, il est fou, Agnan ! Rufus, qui a un Papa gendarme, était un peu jaloux à cause du sifflet que le chef de gare m'avait donné. Maixent mettait sa bouche sur la vitre pour voir ce que çà faisait, Alceste boudait dans son coin à cause du coup des glaces, le Bouillon lui a dit de la regarder dans les yeux, c'est pour ça qu'il s'appelle "le Bouillon" car dans le bouillon il y a des yeux, ce sont les grands qui ont trouvé son surnom mais je ne comprend pas très bien, et il m'a dit ensuite que je leur avais fait une belle peur. En disant ça, il avait les yeux un peu humides. Moi aussi, j'avais eu peur et j'étais un peu triste car j'avais bien aimé m'amuser avec la petite fille et sa maman.

    à suivre...

    D'après Goscinny et Sempé 

    Lien permanent Catégories : Écriture
  • Bienvenue à Boboland - Dupuy et Berberian

    Imprimer Pin it!

    C'est bien vu, les bobos savent-ils rire d'eux-mêmes ? J'ai trouvé ça sur un blog à gourmette qui le prend en tout cas au premier degré et comme une vengeance sur ces bobos qui, le sait-on, dirige le monde d'un gouvernement souterrain au pôle Nord avec tous les autres membres de l'Anti-France (TM). Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

    421c92e913150996c050e1d21b6af494.jpg

  • La croissance accèlère le réchauffement climatique - dépêche Reuters

    Imprimer Pin it!
    LA CROISSANCE ACCÉLÈRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
    Pollution industrielle

    Voila quelques faits objectifs concernant l'écologie... 

    SYDNEY (Reuters) - Le réchauffement climatique se produit plus rapidement que prévu car la croissance économique a engendré des émissions de gaz à effet de serre (GES) plus fortes que prévues depuis 2000, affirme une étude scientifique australienne publiée mardi.

    Les émissions de GES ont augmenté de 3% par an depuis 2000, contre 1% d'augmentation au cours des années 1990, affirme la plus haute autorité scientifique australienne, l'Organisation pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO).

    "Une des principales raisons de l'accélération de la croissance des émission est que, globalement, nous brûlons davantage de carbone par dollar de richesse créée", a expliqué dans un communiqué Mike Raupach, du CSIRO.

    "Cela signifie que le changement climatique intervient plus vite que ce qui était prévu par la plupart des études réalisées dans les années 1990 et au début des années 2000."

    Raupach a dirigé une équipe internationale d'experts des questions de cycle du carbone, d'émissions de GES et d'économistes, dans le cadre du Global Carbon Project du CSIRO, pour quantifier les émissions mondiales de carbone et la demande en énergies fossiles.

    La suite ici 

  • Les crimes de Victor - épisode 1

    Imprimer Pin it!

     

    687ce55a992f7b29d1b48e6fad31c081.jpg

        Un an après un certain mois de mai bien agitée, de grève générale et de "chienlit" joyeuse, les esprits s'étaient reposés et étaient revenus à une routine confortable. La mode avait raccourci les jupes ce qui n'était pas pour déplaire, et il y avait dans l'air comme un parfum d'utopie mais en pantoufles. 

        Un vieux général était en cette période le père de tous les français qui s’étaient donné encore une fois un homme providentiel comme dirigeant, un brave homme paternel et bienveillant, les surveillant à leur place. Ils en avaient pris l’habitude depuis l’exécution de Louis XVI. Un an auparavant, des étudiants d’une génération dorée, d’une période prospère, avaient cru déclencher une révolution de société, bien qu’ils fussent sagement retournés à leurs chères études au moment des examens, révolution ayant quand même eu lieu au moins dans les mœurs.

        Les groupuscules de toute sexualité étaient légion dans les universités, des folkloriques « gazolines » au MLF. Il n’était pas rare que l'ou puisse croiser des travestis alliant l’outrance vestimentaire à l’outrance verbale, apostrophant le bourgeois de temps en temps. Certains étudiants professionnels campaient dans les couloirs de la Sorbonne ou de Censier en attendant de vivre en communauté dans le Larzac et de gagner beaucoup d'argent dans les années 80. Les professeurs étaient de deux types, de ceux qui jouaient le nouveau jeu du copinage, s'assurant par là quelques bonnes fortunes sexuelles qui pouvaient passer pour de l'ouverture d'esprit ou qui méprisaient, car ne comprenant pas ces nouvelles attitudes.

     

        Victor Lherbinier était de ceux-là, et à cela s'ajoutait la peur du chaos car sa petite vie était bien trop ordonnée pour souffrir le moindre dérangement. Il enseignait une matière extrêmement précise d’histoire, tellement précise que seuls les initiés auraient pu en dire la teneur. Par contre, les étudiants savaient qu’il serait tellement content d’avoir des participants à son cours que cela leur assurait d’emblée une excellente note. C'était l’un des plus chahutés, les chaises volaient et les derniers rangs de l’amphithéâtre étaient le lieu de débauches aussi savamment organisées que dans les fantasmes d’un vieux magistrat. On appellerait cela "la parenthèse enchantée".

    8c4eeeb200c11c757420385213c21d59.gif     Les jeunes adultes étaient présents avant lui. On le voyait apparaître sa mallette à la main deux minutes précises avant l’horaire, habillé à l’ancienne mode de l’université d’un pull en « V », d’un large pantalon de toile grise, d’une cravate noire et stricte, le nez chaussé de lunettes rondes lui donnant, du fait d’une mèche indisciplinée également, de Robert Brasillach, mais d’un Brasillach ayant survécu à la guillotine et mûri. Au fond, il ne connaissait que peu de choses au monde extérieur. Il vivait chez sa mère, qui devenait gâteuse, une vieille dame roumaine imposante et pleurnicharde. La politique était partie prenante de tous les cours, y compris le sien. Les étudiants d’extrême droite venaient peindre des croix celtiques sur le mur et des inscriptions vengeresses, presque aussitôt recouvertes par les déclamations des gauchistes ou des libertaires, toutes tendances confondues. Chacun portait un uniforme compatible avec ses opinions.

        Lherbinier, étant aussi innocent sur le sujet qu’une chaisière du Luxembourg tout comme en matière de sexualité, laissait faire et cédait volontiers son micro dans un bel élan qu’il pensait socratique et qui n’était que veule. Lorsqu’il estimait que son temps de parole avait été assez lésé, il tentait timidement de faire preuve d’autorité et ne déclenchait que les rires et les moqueries des étudiants présents, réactions sciemment provoquées par les intervenants politiques qui adoraient s’écouter parler.

    3e1fe072641330e77608d739811c08d4.jpg    Ce soir de mai, Lherbinier se sentit plus mal à l’aise encore que d’habitude. Il rentrait chez lui en métro, perdu dans la foule, bousculé, on lui piétinait les pieds et il sentait depuis un bon quart d’heure le coin supérieur de la mallette d’un cadre en costume lui rentrer dans les côtes, quand il eut une inspiration soudaine. Son projet lui fut comme une bouffée d’air frais et il s’étonna de ne pas y avoir pensé plus tôt. Cela le libèrerait, il s’en apercevait. Victor allait commettre un meurtre, celui d’un de ses étudiants. Il avait déjà une personne en tête, pourtant ce n’était pas une écervelée, une pasionaria politique, mais cela lui paraissait mieux convenir du fait de l’horreur gratuite de cet assassinat. Victor se surprit à ricaner légèrement. Il deviendrait quelqu'un.

        Deux mois s’écoulèrent, un insecte étrange accostait la Lune et un homme en foula la poussière, prononçant au passage une de ces phrases pompeuses et définitives préparées avec soin dans les agences de publicité des mois auparavant.

    à suivre...
    Lien permanent Catégories : Écriture