samedi, 12 mai 2007
La légende du Saint-Buveur - Ermano Olmi
Un vieux monsieur bien mis et un peu mystérieux choisit parmi plusieurs clochards qui peuplent les quais de la Seine Andreas Kartak, ancien mineur de Silésie, ayant fait de la prison pour meurtre. Il remet à son protégé un prêt de deux-cent francs qu'Andreas doit rapporter le dimanche matin après la messe, à l'église Sainte-Marie des Batignolles où se trouve la statue de sainte Thérèse de Lisieux. Ce prêt inespéré va bouleverser la vie d'Andreas qui va rencontrer des personnages qui le détermineront à essayer de rapporter le billet aux pieds de la statue de la sainte. Il croise un ancien amour, un ami qui essaie de profiter de lui, un autre qui prétend le sauver alors qu'il n'agit que par vanité. Il ne peut s'empêcher de partager le peu qu'il a. Une petite fille vient le voir souvent, pour discuter avec lui, c'est peut-être la "petite Thérèse" qui vient l'encourager. Il ne rapporte pas l'argent ce qui le désespère, il vient demander pardon aux pieds de la statue croyant qu'il est trop tard. il meurt en tenant la main de la petite fille...
J'aime beaucoup ce film. (Il n'y a pas besoin d'être croyant pour l'apprècier, je précise, ce n'est pas un chromo "saint sulpicien"). Cependant, je trouve que c'est un film évangèlique au sens profond du terme, un film qui met en lumière nos faiblesses, des faiblesses que l'on est souvent prompts à détecter chez les autres sans se soucier des nôtres propres, et sans comprendre que parfois il n'est pas bon de rappeler ses manques à une personne. La "petite Thérèse" dans le film dit les choses simplement, elle ne reproche pas à Andréas de ne pas tout dire. Elle le prend tel qu'il est et le console à la fin. Car il s'est dépouillé de tout, y compris les rêves illusoires de gloire ou de vaine gloriole qu'il avait. Ce monde ne peut le comprendre, bien sûr, un monde où le jeu social pousse sans cesse à la compétition, l'affrontement et l'écrasement du plus faible, du plus petit. Il erre dans un Paris qui est filmé comme Rome, une ville sans pittoresque, mais pas sans âme.
15:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : Cinéma, Littérature, Religions |
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Commentaires
& Rutger Hauer est sensationnel
quant à la ville, ce pourrait être n'importe quelle ville... c'est LA VILLE (comme s'il n'y en avait qu'1 au monde)...
1 "puissance supérieure" a réduit l'univers à ce quartier & joue avec les marionnettes
(je ne suis pas croyant)
Ecrit par : Eric LOW | samedi, 12 mai 2007
Ecrit par : Amaury | samedi, 12 mai 2007
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