mercredi, 11 avril 2007

Recettes littéraires

Mise en bouche
medium_Cuisine_plongee.jpgAprès le spirituel, un peu de charnel...

Quelque soit le partenaire que l'on invite à déguster les mets que l'on fabrique, quelques soient nos propres goûts, comme les personnages de Pierre Louys, ou la maman de Topor, Dumas ou Rossini, voire Casanova, la cuisine est un excellent préliminaire à l'amour même monstrueux. Elle est sensuelle par les senteurs, les couleurs, les matières, la rugosité des pommes de terre, la douceur de la peau des piments, le duvet des pêches. C'est un tout sensuel, où compte aussi le paysage, les visages des compagnons de table, la conversation, la douceur du climat de Méditerranée, ou le froid sec du Nord en Novembre. Il n'y a pas que la nourriture, il y a aussi le vin et les alcools, un Bourgogne ou un Chinon, un vin liquoreux du Lubéron, dont les appellations renvoient à des pays, des endroits précis, exotiques presque, les liqueurs de fruits. Des vins comme des extases successives. Il n'y a d'ailleurs pas que les grands dîners, il y a les petites bouffes entre amis, les sandwichs sur le zinc dans les cafés, on a tous un souvenir de "jambon-beurre" délicieux en attendant le train, les "ballons" de pinard au petit matin, après la fête. On a perdu cette sensualité, ce rapport aux odeurs, aux goûts, très loin du rapports charnel entretenu avec la nature, par exemple par les peintres flamands, ou hollandais, dont les natures mortes titillent presque le palais. La gourmandise est un péché certes...

Titre : Les recettes littéraires, tome 1 : Hors d'oeuvre, potages | Auteur : Arnaud Malgorn | Editeur : Mercure de France

12:15 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Politique | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.