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  • Qu'a dit la fille dans le bus ?

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    medium_jf.jpgA la demande générale, je répond à la question suivante, qu'a-t-elle dit ? J'avais l'impression d'être dans un strip de Riad Sattouf, dans "La vie privée des jeunes", il y avait Mathieu qui "est trop relou, l'arrête pas de m'appeler, y m'a fait une blague, tu peux pas savoir, y m'a dit, où t'es ? Moi j'lui dis que j'suis devant "C&A", Et ben, comm çà y m'dit, ben entre et achète moi un pull, trop relou j'te dis, par contre, je connais un percussioniste maghrébin trop coule, y m'a joué un morceau sur son djembé tellement émouvant tu vois, que si j'avais pas pris trois gélules de Magnésium c'matin, j'me serais effondré par terre en pleurs..."

    C'était tellement frais et candide, tellement authentique que cela m'a ému et fait rire et guéri de ma mélancolie.

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  • Cette vieille frustrée d'Anastasie...

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    medium_Ivan_the_Terrible_2.jpgLa censure a changé, elle n'a pas toujours interdit ou autorisé les mêmes choses. On remarquera que la peur de la nudité, dont frontale, arrive avec l'avènement de l'ère des boutiquiers, dont nous vivons l'apogée en ce moment (on ne devrait pas dire Pax Americana mais Pax boutiquanna). La censure était plus permissive dans les années 70 pendant la "Parenthèse enchantée", elle laisse passer des carnages fascistes maintenant mais pas une scène un peu trop osée à son goût.
    Moi, je sais pourquoi, Anastasie est une vieille fille frustrée, une vieille salope syncrétique, une grenouille de bénitier, qui ne supporte pas la beauté des corps entremêlés, ni la jouissance mais adore la mort et les tueries. La censure a eu aussi son utilité. Beaucoup medium_verdoux2.jpgde films dans les pays totalitaires n'étaient jugés que sur leur scénario, ce qui permettait aux réalisateurs d'en montrer plus à l'image. La censure est aussi politiquement correcte, qu'incorrecte, de droite comme de gauche. Les militants, les idéologues, les dogmatiques n'aiment pas qu'on leur colle le nez au-dessus de la porcelaine blanche de leur sottise.

    Titre : Anthologie érotique de la censure | Auteur : Bernard Joubert | Editeur : Musardine (La)

    En photos, deux films bien charcutés à leur sortie : Ivan le Terrible et Monsieur Verdoux

     

  • Vieux salaud ou aristocrate ?

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    Morale aristocratique ?
    medium_Chardonn.jpgChardonne est insupportable, non seulement il s'est trompé de camp pendant la deuxième guerre mondiale, mais en plus il a le courage de le reconnaître dans une lettre à sa biographe, contrairement à la majorité des français de cette période, tous pétainistes de 40 à 44, tous gaullistes et résistants après le débarquement du 6 juin, un peu à la manière de "nos" intellectuels de gauche, staliniens jusqu'en 54, tous maoïstes en 68, inconscients des dérives du "grand bond en avant" et l'ayant tous oublié en 2001, pour la plupart supporters de Bush, fascinés par les armes de destruction massive, la guerre et les uniformes de parade.
    Ce recueil ne livre qu'une petite partie de la volumineuse correspondance de Chardonne, il manque en particulier, et surtout, les lettres à Roger Nimier, les vraies. Il avait plusieurs papiers à lettres selon son désir de dire ou non la vérité, on ne sait pas si toutes ces missives ont été rédigées sur le fameux papier à lettres quadrillé, mais cela n'a guère d'importance, car l'auteur est le digne représentant d'une morale au-dessus de la medium_Raie100.jpgmorale commune qui puise ses forces à partir de Montaigne. Chardonne laisse à leur juste place tout les pédants imbéciles qui n'auront jamais aucune idée personnelle du fait de leur frilosité intellectuelle.
    Le seul bémol que j'apporterai à ce recueil de lettres est la condescendance, certes brillante, avec laquelle Chardonne parle de ceux qu'il considère comme "inférieurs", à la manière de Morand dans son journal, et qui fait la préface de ces lettres.

    Titre : Ce que je voulais vous dire aujourd'hui | Auteur : Jacques Chardonne | Editeur : Grasset

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  • Space Opera à caractère social

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    medium_lv20.gifValérian, agent spatio-temporel, parcourt l'espace et différentes époques, accompagné de Laureline, ancienne licorne, éprise de justice sociale et de liberté. Valérian n'est pas un héros très malin, sa compagne le tire souvent de situations périlleuses. Il y a tous les ingrédients du space-opera cependant, dans chaque album, les auteurs instillent une dose de préoccupations sociales très actuelles et adultes.
    Dans cet album, Valérian et Laureline font face à d'étranges oiseaux qui se nourrisent des pensées, des rêves et des fantasmes de leurs victimes. Pierre Christin est aussi journaliste et chroniqueur à la radio, où il s'appelle alors Pierre-Marie Christin. Cette bande vient également de "Pilote", (quel journal !), qui fut véritablement un vivier de talents, tous plus ou moins découverts par Goscinny, même si celui-ci n'en avait pas toujours conscience.

    Titre : Valérian, tome 5 : les oiseaux du maître | Auteur : Jean-Claude Mézières, Pierre Christin | Editeur : Dargaud

  • Il y a des jours comme çà - article du Père Fouettard

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    medium_chance_jpeg.gifCe matin, j'ai été réveillé en sursaut une demie-heure avant l'heure raisonnable par le claque-sonne d'un abruti dans la rue du lycée. Impossible de se rendormir, allant tirer de l'argent à la banque, ma carte est avalée le tout à cause d'un charmant jeune homme conscienceux qui fait du zèle, je vais en chercher à un autre distributeur à Evreux, mon cartable d'enseignant transpirant une grande sagesse fait sonner les brones de sécurité à la sortie du grand magasin, obligé de suivre le vigile, suis-je, et d'attendre dans une petite pièce comme une cellule qu'il ait vérifié que mon sac était exempt de toute malhonnêteté, les autres clients regardent passer le dangereux criminel rondouillard. J'attendais non sans frémir la fouille complète dans le style de services intérieurs d'un pays que je connais bien. Mais non, j'en fus pour mes frais. Je me suis alors dit que finalement, j'aurais dû rester couché, sans bouger, sans émettre un son car le premier texte écrit ce matin était d'ailleurs une connerie. Et puis j'entend une jeune fille dire une sottise assez mignonne dans le bus et cela me fait rire, comme quoi tout n'allait pas si mal.

  • Choisir l'amitié ou choisir son camp ?

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    medium_ts1.jpgOn ne devrait pas réagir en colère (à un com ici) mais je crois que cela en vaut la peine. Dans mon milieu logique, dans mon "camp", les catholiques dits sociologiques ce qui est très réducteur d'ailleurs quant à mon milieu, j'ai subi de la part de la plupart des personnes rencontrées, excepté quelques exceptions, du mépris, de l'ostracisme, un rejet dû à mon physique, des ragots concernant ma vie privée - je suis passé par tous les vices-, de la froideur - y compris en souhaitant m'engager dans l'Enseignement Catholique- par choix et par Foi où l'on m'a dit (je tiens la photocopie du dossier à disposition de qui voudra) que "mon physique gênerait pour ma présence devant les élèves", dans un établissement d'une association sociale catholique, j'ai dû subir un an le harcèlement moral d'une bonne partie du personnel etc...etc... (mon cas est peut-être exceptionnel...)

    medium_ts2.jpgJe sais bien pourtant que les chrétiens ne sont bien sûr pas parfaits mais ils croient en la Charité, la Miséricorde et le Pardon. Ils ne parlent donc pas en l'air. Les personnes m'ayant le mieux accueilli, tel que je suis, complètement, sont des personnes considèrées par d'aucuns comme des pêcheurs, ce que je suis aussi, ou des pêcheresses y compris quand j'étais en Terre Sainte où la personne qui m'a donné une chance de prouver le plus mes capacités était raillé par la plupart des bons apôtres du lieu. En tant que croyants, dirais-je, nous exagèrons souvent notre importance, il y en a pour aller à juger et condamner sans autre forme de procès, plus durs moralement qu'un tribunal totalitaire nous ne sommes que des "vehicules", rien d'autres, nous ne convertissons pas par nous-mêmes, c'est Dieu qui agit par nous quand nous vivons concrèterment la charité.

    Péhesse : Je me souviens du pélerinage car c'en était vreiment un, d'Alfredo en Terre Sainte, du carmel du Notre Père et du Chemin de Croix du Jubilé.

  • Le Père Fouettard est prudent - article d'icelui

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    medium_prudence.2.jpgJ'ai demandé au tenancier de ce blog d'enlever quelques unes de mes contributions qui auraient pu lui causer du tort du fait la visite de certains lecteurs officiels sur son site. Il y a beaucoup de monde qui vient dont des ouailles pédagogiques d'Amaury (il s'en est aperçu ce matin quand l'un d'eux lui a lancé -selon ses dires- : "Alors Monsieur, vous voulez être Athos ?), ceux-ci n'étant pas réputés pour leur haute discrétion, il convient de faire attention. Certains ébruiteraient mes articles et cela arriverait aux oreilles de la Kommand...des instance officielles. Hier après-midi, comme d'autres, je n'ai pas pu accèder à ce bloc-notes car il y avait trop de visiteurs en même temps. Ne le répétez pas au pseudo sire d'Ainchy, il est déjà bien assez orgueilleux comme çà. Cela lui a fait plaisir de voir que son foutoir virtuel (je ne vous parle même pas de son foutoir en réel) reçoive tant de visiteurs dont quelques petits nouveaux, parmi eux un auteur de talent.

    En illustration : allégorie sur la prudence

  • Un des borgnes célèbres d'Hollywood - le mystère Tex Avery

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    medium_avery.jpegEn leur temps, la plupart des borgnes célèbres de la montagne magique de Los Angeles étaient considérés comme d'ignobles faiseurs commerciaux tout juste bons pour les doubles programmes des "dowtowns" des ploucs "américains" : Fritz Lang, Raoul Walsh, André de Toth et John Ford. Maintenant, la critique pousse des "Ah!" et des "Oh!" devant leurs bandes projetées dans des salles où le public est choisi ou coopté. On n'est qu'entre personnes de bonne compagnie. Tex Avery est le quatrième mousquetaire, négligé encore car réalisateur de dessins animés, ce genre de choses que l'on limite aux enfants quand on est un adulte plein de componction, de réflexion et de raison.

    Dans les années 60, les journalistes de "l'autre" nouvelle revue de cinéma, "Positif", se sont lancés à l'assaut de Tex Avery comme d'autres le firent pour Hitchcock. Car, on ne savait rien de lui. Beaucoup medium_avery2.jpgcroyaient voir sa patte dans les "cartoons" de Donald des années 40. Car il eut plusieurs périodes, à la "Warner", à la "MGM" première période, la moins bonne, à "Universal", avec Walter Lantz, puis enfin de nouveau chez le lion le plus célèbre cinématographiquement. Les cartoons duraient six minutes pour être projetés pendant l'entracte où les "kids" achetaient le pop-corn et les glaces, c'est dire qu'ils étaient méprisés. Les frères Warner revendirent le stock de l'âge d'or de l'animation américaine (de Robert Mc Kimson à Chuck Jones) à très bas prix un peu partout. Certains animateurs de talent (comme Jones mais aussi "Fritz" Isadora Freleng ou Bill Hanna et Joe Barbera) purent s'autoproduire, tous n'eurent pas cette chance. medium_avery3.jpg Tex Avery ne respecte strictement rien, pas même le déroulement de l'histoire qui peut être interrompue de diverses manières : les personnages se poursuivant font une pause, ils sortent du cadre de la pellicule, qui passe brutalement de la couleur au Noir et blanc, l'un d'eux s'arrête pour enlever un cheveu collé au projecteur... C'est le triomphe du non-sens, mais de manière très logique aussi. (Dans "Slap Happy Lion", lorsqu'il se désintègre, c'est sa queue agressive que l'animal perd en dernier). Il y a aussi, et c'est finalement l'essentiel, que décèle Benayoun, c'est l'hypersensibilité de Tex Avery, ses angoisses, ses peurs, qu'ils transforment sur l'écran en rires "hénaurmes" qui ont l'avantage d'être universels...

    Titre : Le mystère Tex Avery | Auteur : Robert Benayoun | Editeur : Seuil (Editions du)

  • Un état palestinien est réalisable - dépêche du Nouvel Obs.com

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    medium_jerswall.jpg

    Enfin un espoir ?..

    Responsables palestinien et israéliens affichaient leur optimisme jeudi à Davos. Mahmoud Abbas estimait que le processus de paix pouvait reprendre, Shimon Peres que la paix se "rapprochait" et Tzipi Livni qu'un Etat palestinien était "réalisable".

    Ils s'exprimaient tous trois au Forum économique mondial (WEF), rendez-vous annuel des décideurs de la planète dans les Alpes suisses.

    Evoquant un Etat palestinien, la cheffe de la diplomatie israélienne Tzipi Livni a déclaré que cemedium_abbas-sharon.jpg n'était "pas une illusion". "C'est là, c'est réalisable", a-t-elle assuré.

    Elle prononçait son discours devant le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui venait de déclarer que le moment était venu pour la paix entre Israéliens et Palestiniens.

    "La paix est attendue et la paix se rapproche", a affirmé lors de la même session le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres.

    La suite ici 

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  • Initiation à la conscience

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    "Une petite gare sur la ligne de Russie" (photo tirée du film de Wölker Schlörndorf)

    medium_musill3.jpg"A perte de vue dans les deux sens, quatre voies parallèles s’allongeaient en ligne droite sur un vaste remblai couvert de ballast jaunâtre ; à côté de chaque voie, comme une ombre sale, la trace noire inscrite sur le sol par les jets de vapeur brûlante.
    La route qui montait vers le débarcadère de la gare, une bâtisse basse, peinte à l’huile, était large et défoncée. Ses bords se seraient confondus avec le terrain bourbeux d’alentour si ne les avaient jalonnés deux rangées d’acacias dressant tristement de chaque côté leurs feuilles desséchées, suffoquées par la poussière et le charbon.
    Etait-ce le fait de ces couleurs tristes, était-ce la lumière du soleil couchant, blême, faible, épuisée par la brume, les choses et les êtres avaient un tel air d’indifférence, d’insensibilité machinale, qu’on les aurait cru échappés d’un théâtre de marionnettes. A intervalles réguliers, le chef de gare sortait de son bureau, tournait la tête, toujours selon le même angle, dans la direction des signaux qui s’obstinaient à ne pas annoncer l’arrivée de l’express, retardé considérablement à la frontière ; puis il tirait sa montre, avec toujours le même mouvement du bras, il hochait la tête et il disparaissait de nouveau comme font ces petits personnages d’anciennes horloges, quand sonnes les heures."

    medium_musil.jpgJ'ai longtemps eu le préjugé idiot de ne pas lire ce livre me disant : encore un livre sur des "amitiés particulières" en pensionnat, du Montherlant ou du Roger Peyrefitte en Allemagne. Et puis, j'ai essayé de lire ce livre, qui somme toute, m'a apporté le même plaisir de lecture que "Les Buddenbrook" de Thomas Mann, possédant la même richesse de réflexion, de style et cette idée très intéressante de l'homme indéterminé à travers l'étude de l'indétermination d'un adolescent. Cela m'a rappelé une discussion avec Lionel Tran, scénariste de la BD adaptée du roman "Une trop bruyante solitude", sur la difficulté de trouver des repères à medium_musil2.jpgnotre époque, pour vivre, du fait de la perte d'influence des religions sous nos contrées, des idéologies. Certains tombent alors dans une fuite en avant, la violence, l'extrémisme, le radicalisme, la négation du réel, une intellectualisation à outrance… De plus, le XXème siècle semble marqué par le mal (mais qu'est-ce que le mal?) : une longue série de massacres, de génocides, du Cambodge à l'Arménie, de la Shoah (on y oublie souvent les tziganes, les slaves, les homosexuels et tous ceux qui avaient essayé de combattre) au Rwanda. Et le XXIème n'a pas mieux commencé, certains le situant au 11 septembre 2001. Jamais la haine et la sottise n'ont semblé autant triomphantes. Finalement, l'humanité reste à inventer...

    Site Internet à consulter :
    Musil

    Titre : Les Désarrois de l'élève Törless | Auteur : Robert Musil | Editeur : Seuil (Editions du)

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  • Faces de Carême - article du Père Fouettard

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    medium_sarko.jpegJ'avais envie de vous parler de blogs satiriques sur Ségozy, l'un d'eux "Ségo m'a dit" égrène les gaffes verbales de la candidate et il y en a quelques unes, c'est visiblement d'ailleurs le blog d'un UMpiste. Il a aussi l'avantage de déféndre malgré tout Ségolène Royal quand il y a lieu. Le blog satirique le mieux fait contre Sarkozy est "Sarkostique" bien qu'un tout petit peu moins incisif. j'ai tendance à penser que cela avantage plutôt Sarkozy qu'autre chose finalement et je suis persuadé que les français ne sont pas encore réellement prêts à une femme présidente. On ne laisse rien passer à Ségolène réellement pour cette raison finalement. Il n'y a guère que dans les pays germaniques ou scandinaves que cela se conçoit pour de bon, et encore, ces braves dames sont quand même bien moches car une femme de pouvoir ne saurait être séduisante. Il y a aussi le fait qu'elle le savait et qu'il faudrait qu'elle soit beaucoup plus rigoureuse quant à sesmedium_Sego.4.jpg déclarations. Enfin, mine de rien, les "Guignols" nous refont le coup de Chirac en 95 avec la marionnette de Sarko archétype du gars qui attend d'être récompensé de ses efforts, un peu nerveux, tellement comme nous alors que le pantin de Ségolène est montrée comme une madone inaccessible.

    Sinon, pour avouer un secret de polichinelle, il m'est difficile de contempler chaque lundi le visage de certains collègues déjà affalés, déjà crevés, qui pensent que rien ne va plus, que la France est pourrie, que c'est la faute à tout le monde et aux coiffeurs, déprimés sans raison valable, que les jeunes, Rhalala les jeunes !, sont perdus. Ils ont peur de changer de statut alors que c'est déjà fait, l'état s'est déjà désengagé et vous avez laissé faire tant que cela ne touchait pas vos salaires. Après les précaires qui n'ont pas fini de subir une politique "d'économies" c'est votre tour. Il est encore temps pourtant de réagir mais qui aura le courage de bouger...

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  • Les fulgurations de Barbey d'Aurevilly par Amaury et Critias

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    medium_Barbey.jpeg

    "J'ai toujours été grand amateur et dégustateur de légendes et de superstitions populaires, lesquelles cachent un sens plus profond qu'on ne croit, inaperçu par les esprits superficiels qui ne cherchent guères dans ces sortes de récits que l'intérêt de l'imagination et une émotion passagère."

    Barbey d'Aurevilly, "L'Ensorcelée", Gallimard, Collection Folio n°910, 1977, p.71.

    "Dans un de ses meilleurs soirs, malgré le diable d'air que lui jouait, à lui, sa blessure."

    Dans "l'Ensorcelée", comme à son habitude, Barbey en fait trop. Il fait feu de tout bois et d'étincelles de passion. Comme dans "une vieille maîtresse", le galop des chevaux peut provoquer des incendies. Les amants sont plus que des êtres humains, et plus grand que nature. Évidemment, Barbey n'a pas de cynisme, bien qu'il soit sans illusions, pas d'ironie, et semble toujours quelque illusion sur le genre humain. Le style de Barbey serait donc plus proche de la poésie que de la littérature naturaliste ou prétendue telle. Alors, peut-on aimer Barbey et Flaubert ? C'est une question qui n'a pas de sens, lire les deux permet d'élargir son univers littéraire.

    La réflexion sur le "trop" de Barbey m'a immanquablement conduit à me remémorer les réflexions de Philippe Sellier dans la préface de "Une vieille maîtresse" de Barbey medium_Barbey2.jpg(Laffont/Bouquins, p. 24) : l'esthétique de Barbey contredit en effet « le "goût" auquel nous ont domestiqués des années d'études classiques [j’ajoute : "et la pratique obligée et bienséante du Lagarde et Michard"], où nous avons appris à combiner de façon incertaine les limites du "vraisemblable" moyen attribué au classicisme avec les timides ouvertures des "grands" romantiques français (où ne figurèrent longtemps ni Nerval, ni Lautréamont, ni le Hugo visionnaire, ni Barbey). "Le goût, cette petite faculté d’eunuque" riposterait l’auteur des Diaboliques. Tout choix artistique a ses richesses, permet certaines explorations et en interdit d’autres : opter pour la cohérence (des apparences), analyser longuement le déroulement prévisible des états de conscience et des actes d’une Emma Bovary, par exemple, cela confère à l’œuvre une remarquable puissance allégorique. A ce point de vue, "Une vieille maîtresse" risque de laisser en nous des traces moins durables , comme roman de la désillusion amoureuse, que la Princesse de Clèves ou le chef-d’œuvre de Scott Fitzgerald, "Tendre est la nuit". Mais il en imprimera medium_Barbey3.jpegd’autres, dont sont incapables ces deux romans de l’abattement. Par l’éclat des images, la fulguration des "scènes", l’énergie des personnages, les plus beaux des récits aurevilliens électrisent, fouettent le sang, redressent ceux qui se voûtent. Ils donnent envie de croire, pour reprendre le cri de Pascal dans le Mémorial, à la "grandeur de l’âme humaine" et à son immortalité. »

    Le mot "fulguration" me fait bien évidemment songer à l’expression "magnifique ciel d’orage" que Breton utilise pour qualifier Le Moine de Lewis ou encore à la préface d’Eluard dans le Château d’Otrante d’Horace Walpole (Corti, 1943). Il y a là matière à tout un débat non seulement sur le goût "gothique" (un goût sauvage et barbare par excellence), mais medium_Barbey4.jpgsur une tradition qui remonte à Dante et au Tasse, et pas seulement littéraire d’ailleurs, puisque j’y inclus volontiers certains passages de la Bible, mais aussi les plus grands chefs-d’œuvre de Delacroix, des toiles aussi flamboyantes, aussi débauchées, aussi ténébreuses et ardentes que les Massacres de Scio ou la Mort de Sardanapale. Delacroix qui s’écriait dans son Journal : "Je n’aime pas la peinture raisonnable." Il n’y a souvent qu’un pas en effet entre le bon goût "raisonnable" et les "recettes académiques".

    Espace de Critias sur Zazieweb 

    En photos : plusieurs portraits de Barbey et une de ses maisons 

    Lien permanent Catégories : Livre
  • La condition de créateur

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    medium_r1.JPGLes artistes ont un avantage sur le reste de la population. C'est que même s'ils ressentent les mêmes souffrances existentielles que le reste de la population, ils sont plus à même de l'exprimer. Il y a actuellement un rejet des citations, des idées exprimées par d'autres avant, une capacité à dire : "je le pense donc j'ai raison". Il y a aussi une croyance répandue de prétendre que l'art ne sert à rien, comme s'il devait avoir une utilité quelconque : nous sommes donc bien dans un monde hautement marqué par l'économie où tout doit avoir un prix et une rentabilité.

    On dît : " Le malheur, la souffrance, l’angoisse, la quête de sens, l’insatisfaction de la vie cela n’a rien à voir avec la création, ou si peu." Je ne citerai que quelques noms pour répondre : Baudelaire, Van Gogh, Goya, Jacques Callot, Hugo, Vallés, Verlaine, Proust, Céline etc...

    medium_r2.jpgPenser qu'il n'entre aucune souffrance là-dedans, c'est aussi considérer que l'art n'est qu'un divertissement intellectuel, un amusement. Cela va plus loin même si pour créer il faut être extrêmement rigoureux avec soi-même. Je ne suis pas submergé par mes émotions pour des pecadilles, mais d'un certain point de vue, je trouve que si les lecteurs des journaux étaient plus submergés par leurs émotions, il y aurait peut-être plus de prises de conscience quant aux injustices et au mal en général qui imprègne toute l'histoire humaine. Personnellement, je trouve formidable qu'il y ait eu un Bernanos pour être "submergé" par ses émotions devant les charniers des franquistes, ou une Simone Weil pour s'engager, ou un Georges Orwell pour se battre, ou un Genet pour parler des prisons, décidément nos écrivains actuels sont bien indifférents au monde ou cyniques.

    medium_r3.jpgMais l'art n'est pas qu'une catharsis : dans l’art il y a transfiguration. L’art magnifie. L’artiste, par son labeur, inaugure un monde au sens mythique. Il fait advenir esthétiquement quelque chose. Ce quelque chose étant l’œuvre en gestation qui s’impose à lui (dans des contours indéfinissables au départ) et qui le dépassera lorsqu’elle sera jetée dans le monde. Ce quelque chose sera arrachée par un travail laborieux. Tâtonnements, errements, égarements, contraintes, corps-à corps et va-et-vient … l’œuvre qui adviendra, alors, aura été nourrie à même l’universalité de toutes les œuvres qui l’ont précédées. L’art est un palimpseste ou l’ancien se lit sous le nouveau.

  • La nef des fous - Vol au-dessus d'un nid de coucous

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    medium_coucou.2.jpgDepuis la première parution du livre et la première séance du film, il est courant de ne voir dans cet oeuvre qu'une critique du système hospitalier psychiatrique américain, pourtant cela va plus loin, car l'histoire est hautement subversive et imprégnée de la contre-culture. Je préfère cette oeuvre au plus précieux "Acid Test" de Tom Wolfe, racontant le périple d'artistes et écrivains pendant "l'été de l'amour". C'est un peu comme le tableau de Bosh représentant la société comme un asile de fous, présents partout.

    medium_coucou2.2.jpgDans l'asile, il y a plusieurs archétypes symbolisant plusieurs communautés : le jeune écrasé par un système, les minorités, la grande masse de ceux qui acceptent tout et obéissent sans réfléchir, le marginal, le rebelle, les frustrés de toute sorte, ceux qui fliquent la conscience tranquille entretenant la peur et l'enfermement. On moque souvent les questions métaphysiques, la philosophie, car le tout amène à se poser des questions sur la légitimité de notre société. La fin est extrêmement pessimiste sur l'issue finale de notre monde mercantiliste qui phagocyte toute vélléité d'indépendance, mais pleine d'espoir quant à un renouveau des idées.

    Titre : Vol au-dessus d'un nid de coucou | Auteur : Ken Kesey (un des noms connus de la contre-culture, apôtre des illusions hippies puis de leur désillusion) | Editeur : LGF

  • Les années 80 : le fric, la frime, la dérision

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    medium_80.jpgYves Adrien est un peu le pendant de Pacadis pour les années 80. Que retient-on des années 80 sinon la fin des rêves, la fin des illusions. Le SIDA referme la "parenthèse enchantée", il y ceux qui se refermeront sur le moralisme, d'autres qui essaieront de se protéger, ceux qui ne se protègeront pas du tout, et ceux qui s'adapteront, les plus nombreux, adaptant leurs goûts à la société, ou se casant bien sagement dans une communauté bien délimitée. Les idoles se sont découvertes mortelles ou humaines. Les philosophes fréquentaient les chanteurs de hit-parade et les actrices. C'était l'époque où il y avait encore de la pub pour de l'alcool et des cigarettes au cinéma, l'époque du "nightclubbing" en plein boom, du Palace au "Boys", des derniers soubresauts du "Club 54" à New York. Même les anciens punks de "Blondie", qui ont commencé au "CBGB", l'antre punk par excellence, se sapent en bourgeois. Rien à voir avec les punks actuels qui ne disent rien de mal contre la société et pensent au futur. La réussite sociale, par le fric et la medium_802.jpgcompétition à outrance, redevient à la mode, elle l'est toujours. Le communisme n'était pas encore une relique, maintenant on organise des défilés Prada place du colonel Fabien. Il y avait déjà des signes qui ne trompaient pas : l'état de grâce de Mitterand n'aura duré que deux ans, bien vite les marchands ont sifflé la fin de la récréation. Maintenant les enfants des années 80 portent des "marques" et font de la pub gratuite, ils payent même pour çà, ils retournent aux dérives les plus moralisantes d'avant ou les adaptent au goût du jour, les femmes au foyer, medium_803.jpegles filles coquettes et bonnes surtout à être sexy, les enfants des années 80 se foutent complètement de la politique et ne votent plus que pour la télé-réalité. Les enfants des années 80 invoquent le prétexte du chômage pour avouer qu'ils ne rêvent plus, sauf quand ils fument de l'herbe ou communient dans un même élan grégaire.

    Biographie d'Adrien Yves Adrien, dilettante français à devise fixe : "Etre dissident de tout, y compris, et surtout, de soi-même."
    1973, invente le Punk. 1974, le renie et s'enferme.
    1977, année punk - bâillement.
    1978, invente les années 80. 1979, s'en lasse.
    1980, publie NovöVision - Les Confessions d'un cobaye du siècle, et se retire.
    2000, revient, publie 2001, une apocalypse rock, et s'éclipse.
    2001, mort philosophale de l'auteur. Entrée en scène du ghost-writer 69-X-69, son successeur.
    2002, naissance de La Bibliothèque fantôme. Seconde mise sur orbite de NovöVision, petite bible blanche du Cultissime.

    Titre : NovöVision. Les confessions d'un cobaye du siècle | Auteur : Yves Adrien | Editeur : Denoël

  • Le Père Fouettard se paye un livre de Marc Lévy et il aime çà

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    medium_ml.JPGRéflexe peut-être idiot : qu'un livre soit best-seller suffit à me le rendre parfaitement antipathique, ne serait-ce que par esprit de contradiction. Je ne suis quand même pas allé jusqu'à l'acheter : je n'ai pas le vice si poussé, mais l'ai emprunté à une bonne âme qui lit ça dans le métro avant d'aller gagner durement son pain quotidien, cela la détend et c'est déjà pas si mal après tout.
    Donc le Diable et le Bon Dieu se font un pari comme dans un téléfilm Disney à la con, du genre que l'on se fait en fin de repas ou de soirée bien arrosé. Chacun d'eux (ou d'elles comme le suggère l'auteur qui ne va jusqu'à dire que Dieu est une lesbienne noire) envoie un représentant sur terre. Ceux-ci s'affronteront pour décider du sort de notre belle planète polluée, mais, pas de chance, loin de s'opposer, les deux personnages tombent amoureux l'un de l'autre (on s'y attendait pas)...
    Évidemment, le style de ce livre est sans fioritures, sec, allant à l'essentiel comme dirait un critique littéraire à la tévé, Steevy par exemple (sans recherche medium_ml2.jpgdiront certains mais ce sont des méchants), mais c'est somme toute logique. Il y a un côté "Harlequin" dans la romance, mais plus pour adultes car il y a quand même deux pincées de Q, ou de ce genre de films avec Meg Ryan (excepté "quand Harry rencontre Sally..." que j'interdis de critiquer). Évidemment, l'auteur ressemble à un cliché de magasine d'écrivain : mal rasé, une belle voix, une belle gueule, et la chemise savamment entrouverte comme BHL, un air rêveur, méditatif, perdu dans le vague (les mauvaises langues diront un air vague quoi). On n'est finalement pas étonné que Spielberg veuille adapter son premier livre...

    Titre : Sept jours pour une éternité | Auteur : Marc Levy | Editeur : Laffont

    Péhesse : Yark ! Yark ! Yark ! C'est sûr, çà fait du bien !

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  • Villepin-Debré : Dupond, Dupont - article de Gérard Silighini

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    Dominique Galouzeau de Villepin (Vraiment, j'ai l'impression d'entendre le nom d'un outsider du tiercé) se présenterait à Evreux à la députation, cette ville a vraiment tous les charmes...

    medium_vd.2.JPGVoilà que s'annonce l'hypothèse d'une candidature de Monsieur Galouzeau de Villepin dans la première circonscription en lieu et place d'un Président de l'Assemblée Nationale transmuté en président du Conseil Constitutionnel par la grâce du Président de la République... Bonheur ineffable, songent-ils, pour les Ebroïciens qui se sentiraient moins abandonnés par un Maire qui aimait tant Evreux mais... Le devoir... Vous comprenez... Le devoir! Et puis tout de même, on resterait entre chiraquiens... Et entre parachutés du même monde... Un Debré ou un Villepin, ça vous a du panache, de la plus value... Ca vous met Evreux sur le devant de la scène... Enfin, le temps d'une campagne électorale, d'un article du Point ou d'une émeute... L'impact sur l'emploi et la création d'entreprises, c'est en revanche bien moins net et, même s'ils travaillent le décor,...
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  • Lettre à Lou - article d'Arnaud le Guern

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    Louise, ma Lou’,
    medium_ddarc.JPGIl est trois heures du matin. J’écoute la voix de loup blessé de Daniel Darc, la musique cruelle et enfantine de Frédéric Lo. Comme eux, « Je me souviens, je me rappelle ». L’aube, les apparitions, les frissons, les lieux, les nuits, les étoiles belles, et toi ma Louise, toi au souffle si tranquille, toi qui t’es pointée un soir de juin.
    Tu dors et ta maman aussi, à côté de toi. Je t’ai laissé ma place pour mieux te regarder. Pour te dire « Je t’aime », comme un fou que je suis. A côté de moi, le chat Pablo et les feuillets de mes Braconnages d’été.
    Dans quelques mois, dans quelques années, tu les liras. Ils sont pour toi. Un baiser, une caresse, un mot dit à ton oreille. Des bribes de toi, des lambeaux de moi sur le ring désincarné du siècle.
    Tu rigoleras sûrement aux éclats à la lecture de mes moqueries. Tu feras semblant d’être effrayée par mes gros mots des quatre saisons. Et tu te diras que ton papa est un obsédé, un dangereux pyromane qui n’en fait qu’à sa fête, un type qui préfère le string au voile de pudeur et qui chérit ta maman comme les poètes chérissent les héroïnes venues de l’Est.
    Et tu te blottiras dans mes bras. Je te raconterai encore des histoires. Je te raconterai que la guerre est perdue, mais que la guerre continue. Encore des cartouches, toujours des collets posés pour arracher au réel ses copeaux de lune, pour t’offrir une poignée d’or du temps. Je te parlerai des moulins à vent, de la Pointe Saint-Mathieu, du phare qui, là-bas, aiguille les tempêtes. Et je te parlerai d’André Breton, c’est-à-dire des mots les plus somptueux lâchés, tels des ballons, sur la peau de la femme – demoiselle, Lolita, jeune fille, femme fatale toujours.

    Suite par là sur le blog d'Arnaud le Guern, critique, auteur, bon vivant, "pistolero quasimodesque" (il exagère) tout juste créé... 

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  • Gonzo critique - "Stagger Lee" et les guitares rebelles

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    medium_sst1.jpgIl pleut dehors, U2 passe à la radio, les hauts parleurs grésillent un peu, cela rappelle l'adolescence quand on n'a pas assez de sous pour avoir un poste convenable. Je boirais bien un truc comme un Irish coffee, il fait un temps à ne pas mettre un petit Lucien dehors. Le temps est à la nostalgie, dont celle des révoltes de l'adolescence. On pense à la musique la plus subversive du XXème siècle, le siècle dernier, voilà qui donne du recul quand on le dit.
    Des photos en noir et blanc, comme la mémoire, me montent au cerveau et à la bouche, des violences policières déjà, la mort de Malik Oussekine et l'affaire du pull-over rouge. C'est loin tout ça, devrais-je me dire.
    L'Amérique se regardait déjà la nombril, ils étaient déjà les plus forts, et l'Europe ne pensait déjà qu'à elle, en France, on s'ennuyait sous Giscard, c'était avant que le Punk, medium_sst2.2.JPGvenant encore d'Angleterre vienne secouer tout ça, avant la niaiserie du disco, niaiserie assumée d'ailleurs, la fin des illusions. Maintenant, cela semble un âge doré, il y avait encore des espérances d'un lendemain autre et surtout meilleur. On entendait Trust chez nous, un peu plus violent que Céline Dion ou Garou quand même.
    Marcus, historien du Rock comme Nik Cohn par ailleurs, parle, en romançant plus ou moins son propos du mythe de Jimi hendrix, mort à 27 ans et de Dylan, serein et absolument subversif (maintenant il chante devant Jean-Paul II). La violence est dans les rues, des jeunes règlent leurs affaires au couteau ou au medium_sst3.JPGflingue, les flics s'en fichent, ça en fait quelques-uns de moins. Il parle des rues pas tranquilles, de la violence des bandes ; Il montre encore que le Rock n'est pas ou n'était pas qu'une musique mais surtout une attitude, un rejet des idées des adultes, de la tradition inepte et sêche, des règles trop strictes.

    Titre : Sly Stone : le mythe de Staggerlee | Auteur : Greil Marcus | Editeur : Allia

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  • Ratage raté

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    medium_rate.JPGA l'ère de la pensée molle, de l'humanitarisme "light" et du politiquement correct, de  l'orthodoxie de pensée et de la contre-orthodoxie imposées toutes deux, mais aussi de la compétitivité, de la performance obligatoire, de la gestion de vie, de l'hygiéniquement correct, de l'alimentairement acceptable (souci de pays nanti), ce livre apparaît comme une provocation.
    Certes, ceux à qui tout bonheur est interdit, ne souriront pas. Mais il pervertit les codes actuels avec bonheur. Il y a des hypocrisies qui se maintiennent, un mépris que l'on a plus ou moins conscient pour les plus pauvres, ceux qui sont en difficulté financière, ceux qui ont fait moins d'études, quand ce n'est pas de la condescendance. Dominique Noguez ne propose pas de réussir son ratage il est vrai mais de le rater aussi.
    L'auteur ne fait que retourner un miroir aux nantis, leur signifiant leur vacuité et leur remarquable insignifiance lorsqu'ils oublient que l'humanisme n'est pas mièvre.

    Titre : Comment rater complètement sa vie en onze leçons | Auteur : Dominique Noguez | Editeur : Payot

  • Tentation bouddhiste

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    medium_Liberte.jpgIl aiderait à se libèrer, entend-on souvent. Se libérer oui mais de quoi, car l'individu, homme ou femme, est un corps et un esprit, sensible au froid et au chaud, comme à l'amour et à la haine, se libérer de la haine, peut-être, quoique je ne me vois pas me libérant de la colère que m'inspire l'injustice et le mensonge en général. Si, se libérer, c'est psalmodier en choeur des mantras tous sur le même ton, je préfère les discordances car sinon, cela s'apparente à une pensée totalitaire, une pensée de masse qui s'impose comme la foule s'impoe. Ce genre de concert me fait trop penser au meilleur des mondes ou à un bonheur insoutenable.
    Se départir de toute opinion qui n'est pas nôtre, je ne suis pas d'accord, les autres ont des choses à apporter, des opinions, des coups de gueule, des rires, des peines, des joies qui m'enrichissent lorsque je les partage. C'est se dire aussi : je le pense donc j'ai raison. C'est nier ce que ceux qui ont travaillé sur la conscience peuvent nous apporter. C'est un repli sur soi, un enfermement. Cet enfermement je le comprends d'ailleurs medium_Liberte_contre_jour.jpgqu'il soit tentant, les progrès techniques et sociétaux sont telles depuis deux siècles qu'ils ne peuvent qu'inquiéter, car les progrès de la conscience ne suivent pas.
    Je comprends néanmoins que ce style de pensée satisfasse de plus en plus d'occidentaux, en même temps que l'individu s'"objectise" de plus en plus, que le corps devient de plus en plus une machine que l'on entretient. Enfin, si je me souviens bien, les adeptes de ce penseur, digne d'estime cependant, je le reconnais, forment une secte, c'est-à-dire un groupe d'individus, pour certains sincères, persuadés de choisir leur voie en toute liberté alors qu'ils obéissent à un instinct malheureusement comparable à celui qui anime les lemmings l'été à aller se noyer en même temps.

  • Zima - texte de Bertrand Redonnet

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    En septembre l’air était presque bleu déjà.

    medium_br.JPGLes matins frissonnaient et les grands bohémiens du ciel des étés finissants, en chemin inverse du mien, s’enfuyaient à tire-d’aile, quittant la place alors que j’y venais. Les oiseaux, eux, ils connaissent la terre.
    Ils savent lire le soleil et le sens dans lequel il faut tourner.

    Octobre a embrasé la forêt et novembre une à une a éteint les lumières.

    Tout petits des flocons égarés ont batifolé de-ci, de-là, timidement, comme des éclaireurs et sans jamais toucher le sol. Ils ont saupoudré les toits et ils sont repartis très vite vers le ciel.
    J’ai dit que c’était déjà l’hiver.
    On m’a souri.
    Alors, le vent s’est levé, sec et froid. La terre s’est durcie et les flocons sont revenus, par milliers cette fois-ci, et chaque jour. Le souffle de l’est devant lui les poussait. Ils ont tout fait de blanc, les routes, les chemins, les champs, les forêts et les lacs.
    Les rivières se sont arrêtées.

    La suite ici 

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  • Le maître de l'humour limousin

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    medium_desproges.2.jpg« Il nous défendait contre les cons, l'ennui, le chagrin et la mort ». C'est une très belle citation de l'auteure de cette biographie qui résume bien ce qu'apportait Desproges. Dieu sait qu'il y en a beaucoup des cons, c'est à cause d'eux que les digues ploient sous les inondations, c'est à cause d'eux que les enfants du Sahel ou d'ailleurs meurent toujours autant de faim alors que les pays occidentaux font du choléstérol (sans qu'il n'y ait de minute de silence comme on attend pour d'autres événements douloureux), par leur faute que des enfants sont fanatisés un peu partout et que l'on balance des bombes de haute technologie sur des pays encore techniquement médiévaux. Après avoir réfléchi un instant à ces questions douloureuses, je me suis demandé à ce qu'aurait fait Desproges dans le cas précis. Je suis donc allé dîner dans un restaurant ("chez l'ami Pierre", rue de la main d'or dans le XIème, ça tombait bien, où l'on sert des magrets de canard dans leur jus avec un petit Saumur Champigny délicat), en compagnie de ma dulcinée, Priscilla, une jeune danoise d'1 mètre 82 à qui je montre le plus souvent possible lmedium_desprogesmid.jpg'étendue de la culture française.

    Au moment du dessert, elle a cru bon de me demander le motif de notre sortie, je lui ai dit que c'était à cause des malheurs du monde et que j'avais besoin de me remonter le moral, elle a trouvé que ça faisait encore beaucoup de dérision et que c'était trop cynique. Je lui ai alors parlé des bobos qui s'enthousiasment pour le pittoresque de Montmartre, qu'ils voient surtout comme celui d'Amélie medium_desproges2.jpgPoulain, Bastille, Ménilmontant ou Wazemmes à Lille, où ils transforment des anciens immeubles populaires en lofts et d'anciennes halles en théâtre d'art et d'essai, sans se soucier des populations moins aisées qui, elles, émigrent vers les banlieues et les cités qui se ghettoïsent de plus en plus. C'est beaucoup plus cynique en un sens. Et il est des pays où boire du Saumur Champigny est puni de la bastonnade publique...

    Titre : Desproges. Portrait | Auteur : Marie-Ange Guillaume | Editeur : Seuil (Editions du)

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  • Livre utile pour briller en société

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    medium_bilbio.jpgBeaucoup de gens ont acheté ce livre en le prenant au premier degré, en croyant naïvement que c'était vraiment une sorte de guide de conversation littéraire qui dispenserait de lire les livres qu'il faut avoir lu pour briller en société et ne pas avoir peur du ridicule.
    La culture est toujours un moyen d'ostentation sociale ou un vecteur d'immenses complexes, on supposera souvent qu'une personne ayant quelques connaissances dans la matière les possède du fait de ses études et de son instruction, quant à soi l'on se justifiera en disant que l'on n'a pas le temps parce que l'on est très occupé ou bien on laissera entendre qu'une personne a beaucoup lu car elle est riche.
    Il y a toujours et encore dans notre beau pays ce préjugé que, pour être vraiment cultivé, il faut avoir lu tout Proust, Joyce, Duras, Le Clézio, Pennac, Zola et quelques autres classiques relevant d'une véritable orthodoxie littéraire et d'une contre-orthodoxie : Nimier, Montherlant, Céline, Chardonne.
    Cela est toujours vu comme une obligation scolaire, il faut voir les parents acheter à leur progéniture une cargaison de ces classiques supposés indispensables avant la rentrée, alors que la phrase de Proust ou celle de Joyce demande une certaine maturité et aussi qu'il faut y prendre plaisir. Tout est là en fait, la plupart du temps, on oublie cette variable fondamentale. Si l'on n'apprend pas le plaisir de lire, l'on sera dégoûté de nombreuses lectures. Enfin, un lecteur qui medium_bilbio2.jpgsait cela saisit qu'il n'y a pas d'orthodoxie ou de contre-orthodoxie en littérature, il n'y a que des bons et des mauvais livres. Cet ouvrage montre que l'on peut picorer dans les livre, les parcourir rapidement, qu'il n'y a pas de diktats et insiste bien sur cette idée du nécessaire plaisir de la lecture.

    On remarquera aussi que le livre est finalement considéré comme dangereux, à la fois rejeté et désiré, on n'en voit jamais dans les intérieurs type proposés par les émission de télévision sur la décoration ou dans les feuilletons. Ce sont toujours les méchants qui ont une bibliothèque garnie, jamais les bons qui sont toujours de joyeux drilles incultes. Cela fait peur car cela paraît inatteignable, une prétention infinie (que d'aucuns compensaient en achetant de faux rayons de livres en carton : un mètre de Voltaire, deux mètres de Balzac etc...). 

    Comment parler des livres que l'on n'a pas lu - Pierre Bayard aux éditions de Minuit

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  • Eudes est un mêle-tout - une aventure du petit Nicolas

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    Les histoires du petit Nicolas sont un très bon remède à la morosité et une manière de la surmonter. C'est ce qui constitue une partie de mon plaisir à écrire ces imitations de Goscinny.

    medium_lepetitnicolas.jpgIl y a deux semaines, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire, Eudes a fait deuxième en composition de mathématiques et il était troisième en histoire. Eudes est un copain qui est très fort et qui met très vite un coup de poing dans le nez à ceux qui ne sont pas d'accord avec lui. C'était bizarre car il était tout rouge quand la maîtresse l'a félicité, elle a rigolé un peu, elle est très jolie quand elle fait çà et elle a dit : "Qu'est-ce qu'il va tomber ?". Nous avons alors tous regardé par la fenêtre, mais la maîtresse se trompait car le soleil était très haut dans le ciel au-dessus du gazomètre de la rue en face de l'école. Agnan était jaloux de Eudes, il le regardait méchamment, il est drôle Agnan, il a toujours peur que quelqu'un soit premier de la classe à sa place. Quand nous sommes sortis, le Papa et la Maman d'Eudes l'attendaient à la sortie, ils étaient tous les deux très bien habillés, ils ont dit à Eudes que son grand-frère les rejoignait plus tard au restaurant "la cloche d'or" où le Papa d'Eudes a un ami qui fait la cuisine. Eudes nous regardait en rigolant drôlement, c'est qu'il n'a pas l'habitude d'être félicité par ses parents ou la maîtresse.

    Depuis ce jour-là, Eudes donne son avis sur tout et personne n'ose le contredire car il est très fort, il nous a dit qu'il voulait aller faire "Polytechnique" comme lui a dit son père qui, s'il n'était pas allé au service militaire et s'il n'avait pas rencontré sa mère, serait devenu ingénieur des ponts et chaussées au lieu de vendre des assurances, ce qu'il ne fera pas toute sa vie. Il passe son temps à expliquer à Alceste, mon copain qui est très gros et qui mange tout le temps, qu'il mange de trop et ce qu'il devrait manger pour maigrir et vivre mieux. Cela embête Alceste qui ne sait plus comment faire pour finir son croissant de dix heures à temps pour entamer ses deux tartines beurrées de onze heures. Eudes s'assoit souvent à côté de Clotaire maintenant et lui corrige ses fautes, parfois il prend même son cahier et son porte-plumes et luii montre comment on fait pour trouver à quelle heure la baignoire qu'une dame Y remplit à raison de 60 cm3 par minute débordera. Il a dit même à la maîtresse comment faire pour bien écrire au tableau, il n'aurait pas dû car, à la place de Clotaire qui est tellement habitué qu'il a des pages d'avance, il a dû copier cinq-cent fois : "je ne mêlerai plus de ce qui ne me regarde point".

    medium_petit8.jpgHier, après qu'il m'ait dit que ma mèche était coiffée du mauvais côté et qu'il ait dit à Geoffroy que des déguisements de cosmonaute çà n'existait pas, nous avons décidé qu'il fallait que "la bande des vengeurs" lui donne une leçon. Nous avons tous rédigé un mot avec plusieurs couleurs pour lui dire qu'il était devenu un sale cafard comme Agnan mais qu'il n'avait pas le droit de se mêler de tout. Il est venu avec le bout de papier devant nous, il l'a déchiré en petits morceaux et il l'a jeté dans le caniveau devant la grille de l'école. Et il nous a suivi jusqu'au terrain vague où  des grands jouaient au football. Eudes a oublié pourquoi il était énervé et il nous a dit qu'il fallait que l'on joue aussi. Nous n'osions pas à cause des grands, il y en a un qui a reconnu Eudes et lui a dit de venir dans son équipe car même les grands ont peur de lui. Le lendemain, Eudes a raté la composition de mathématiques du mardi, quand nous sommes sortis de l'école, son Papa qui était en costume du dimanche lui a donné une gifle. Pauvre Eudes ! Nous l'aimons bien notre copain !

    à suivre... 

     

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  • Elle votera pas Sarkozy

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    medium_sego.4.jpgElle votera pas Sarkozy, elle l'a dit, c'est un facho, une bouture de dictateur, un idiot, comme Bush, elle l'aime pas beaucoup non plus, elle ne votera pas pour ce type, c'est hors de question. D'ailleurs, s'il est élu, elle quitte le pays, elle l'a promis. Dans ses rêves parfois, elle s'imagine qu'elle lui colle un coup de pied au cul et que tout le monde rigole, elle sait bien qu'il a peur des gens comme elle, c'est sûr. Elle n'est pas mariée, on est moderne, çà ne se fait plus le mariage. Elle a eu deux gosses, au début son homme était sympa, en plus il était beau, parfois quand il se mettait un peu en colère, il y avait comme une lueur dans ses yeux. Puis maintenant, il passe de plus en plus de temps au café, il lui laisse quand même l'argent pour les commissions, pour s'occuper de son garçon et de sa fille. Il râle quand le repas est froid, mais ce n'est pas de sa faute, elle se dit, il va changer, il ne va plus être pareil, elle l'a mêmemedium_sarko.3.jpg accompagné au début pour l'alcool, maintenant, c'est comme lui, elle en a besoin tout le temps. Quand elle se repose enfin, à la fin de la soirée, quand sa progéniture est enfin endormie, elle regarde les infos, lui il vote le Pen de toutes façons, elle, elle vote contre Sarkozy, sinon, çà va être pire. Elle va voter pour Ségolène, c'est une dame chic et en plus on peut l'appeler par son prénom, elle est pas fière, cette dame. Elle va tout changer, elle se dit, en regardant le journal, elle fait ses comptes, la vie est de plus en plus chère, elle s'arrête un peu pour râler contre la journaliste qui dit que Ségolène et son compagnon (comme elle) paie l'ISF, et alors ? Cela n'empêche pas d'être pour la justice. Elle votera pas Sarkozy, parce que s'il était élu, çà serait pire. 

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  • Celui qui sait - par le Père Fouettard

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    medium_Chantecler.jpgDans ma corporation, cette espèce est très répandue, celui qui sait, celui qui comprend tout mieux que vous, qui a toutes les solutions, qui est toujours rationnel, toujours plus raisonnable. On va me dire, pourquoi ne regardes-tu pas tes défauts, tout le monde en l'a, et tout le discours un rien lénifiant qui va avec. Ce genre d'individus n'a qu'une seule qualité mais de taille, il sait se mettre en valeur et expliquera pourquoi, lui, il a réussi, et pourquoi, vous, la voie que vous suivez est sans espoir. Il a tendance à ne pas supporter les esprits sensibles, artistes ou créateurs car cela le dépasse. Généralement, quand j'en croise un, je pense au commissaire Maigret tel qu'il est décrit dans les romans de Simenon, et dont je possède en plus le gabarit : comme lui, j'en rajoute dans la paupière faussement lourde, l'oeil paraissant atone et j'insiste un peu plus sur mon physique imposant, cela met l'autre en confiance et le pousse à être d'autant plus grotesque et à dire ce qu'il n'aurait pas osé dire jusque là par peur du ridicule. On le croise la plupart du temps avec sa cours de jeunes collègues émerveillées de ce coq de village.

  • Sur Montherlant - Qu'est-ce qui fait le "moi" ?

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    medium_montjeune.JPGEn lisant le journal de Montherlant (mort il y a trente ans ce vendredi), on pense très vite au mot de Cocteau sur la personnalité : "Ce qui agace les autres, cultive le, c'est toi". Après tout, Montherlant n'a fait que ça. Élève chahuteur et brillant, voué à une amitié particulière, dandy, aristocrate et pacifiste.
    On le classe souvent comme homme de droite, on oublie qu'il était contre la Guerre d'Espagne, et fort de son expérience de la Guerre de 14, un anti-munichois n'ayant pas supporté l'humiliation des démocraties devant Hitler. On le classe comme misogyne, à cause des "jeunes filles", il l'était sûrement moins que tous les auteurs qui ne font que décrire des stéréotypes féminins et non de medium_mont11.jpgvrais personnes. Il y a des vérités qui ne sont pas bonnes à dire.
    Avant Montherlant, on a collé Jérémie au fond d'un trou, "suicidé" Socrate et poussé Diogène au fond de son tonneau. De plus, il avait un défaut ennuyeux voire impardonnable, dans les milieux littéraires, politiques et culturels : il méprisait les honneurs. On aura dit que son suicide n'était qu'un dégoût de la vie, c'était peut-être aussi la seule porte de sortie devant la médiocrité du monde.
    Montherlant agaçait, agace, agacera, il n'est réduit qu'à "la ville dont le prince est un enfant", aux amours de dortoir dans les pensionnats des bons pères, mais il était plus que ça. Et c'était vraiment un aristocrate (je ne parle pas de la particule)...de l'intelligence, et ceci, ça agace vraiment les médiocres.

    Titre : Garder tout en composant tout | Auteur : Henry de Montherlant | Editeur : Gallimard

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  • Le môme Michel a avalé son bulletin de naissance

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    medium_ma1.2.jpgLe môme Michel n'était pas à la mode. On trouvait ses films ringards, trop familiaux, genre papa dans maman le samedi soir et puis marre. Et puis, des mignons qui se piquent d'écrire se sont entichés de lui, pour son langage, son sens des répliques et pour se faire une identité. Il y en a même un qui proposent de débaptiser la place Denfert pour lui offrir. Mais, ce n'était pas à lui, il ne faisait que prendre dans la rue ce que les autres disaient derrière le crachoir, dans les cafés, la rue.
    En plus, le môme Michel se fichait de la politique comme de la première culotte de sa grand-mère, et ça monsieur ce n'est pas permis. Quand on lui parlait du sujet, il se disait "anarchiste de droite", ce qui était une blague, une tarte à la crème des intellectuels. On ne peut pas être medium_ma2.jpganarchiste et de droite, contre les institutions et pour Travail, Famille, Patrie et tout le toutim. D'ailleurs, les bourgeois le débectent dans ses films ou dans les scénarios, ils sont toujours ridicules.
    Et puis, il y a tous les rigolos de salon, les pompeux qui pompent dans les réceptions, les "uni-ver-si-tés" et les derniers endroits où l'on cause, y compris les parties fines. Ceux-là, ils trouvent Rabelais sublime et un rien épicé, mais trouvent qu'Audiard, Boudard, Cavanna, ou Dard (à Saint Pierre, ils ont dit qu'ils n'avaient pas fait exprès pour les désinences), c'est quand même vulgaire, ma chère.

    Titre : Michel Audiard : la vie d'un expert | Auteur : Philippe Durant | Editeur : Dreamland

  • A chacun son Atlantide, a chacun son Anthinéa

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    medium_atlantide05.jpgLa quatrième de couverture de l'édition de l'époque en livre de poche proclame qu'il faut une nuit blanche pour lire ce livre. Il est vrai que c'est un excellent roman d'aventures. Selon Pierre Benoit, l'Atlantide est située dans le massif du Hoggar, enfouie sous le désert du Sahara. L'antique royaume a une reine, belle, sensuelle, cruelle, sans pitié, Antinéa.
    Elle est immédiatement aimée de tous les hommes qui croisent son regard, dont les explorateurs égarés qui la rencontrent, comme St Avit et Morhange. Ce ne sont pas les premiers, ils s'échapperont de l'Atlantide, mais reviendront, car la passion qu'ils ressentent pour Antinéa aura raison de tout, c'est peut-être la seule attitude raisonnable : céder à ses sentiments ?
    J'ai souvent rêvé de ressentir ce genre de passion, Pierre Benoit m'a aussi fait aimer le désert, qu'il comprend instinctivement, en imagination, avant de le parcourir vraiment. Le désert est un excellent lieu pour l'ancien royaume déchu, car il est fait pour les mirages, les illusions, la fantaisie, le rêve, la méditation, la solitude.

    Titre : L'Atlantide | Auteur : Pierre Benoit | Editeur : LGF

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