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  • Bonne année à tous

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    medium_rosedita.jpgJe vous souhaite donc toutes et tous une bonne année en compagnie de l'ordonnance du colonel Garcia qui a accepté de me seconder pour célèbrer le nouvel An. Comme la pauvre petite avait très froid, elle s'est emmitouflée dans des plumes d'autruche très chaudes. En cette saison, on risque très vite le rhume ! J'ai laissé une autre photo d'elle sur mon "myspace" ici...

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  • Les enfants de Don Quichotte dans les blogs de droite

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    medium_eddq.jpgIl y a un truc qui m'agace particulièrement en ce moment à la lecture de certains blogs de droite (surtout UMP) c'est de lire que les personnes qui campent au Canal Saint Martin seraient des "bobos" qui jettent de la poudre aux yeux. Chers bloggueurs de droite, rappelez vous cette ancienne tradition catholique, vous qui parlez sans cesse de "maissoissantuite" et de la destruction des valeurs, cet ancien usage consistait à toujours garder une assiette pour un pauvre que l'on croisait dans la rue ou qui était proche de chez soi. Quant à la présence de "bobos" c'est de toutes façons faux dans les faits puisque l'on retrouve surtout des gens très simples qui viennent partager une nuit avec les plus mal lotis et que même s'il se fût agi de "bobos", cela n'enlève rien au problème que la droite et la gauche, autant gênées l'une que l'autre par cette question, n'ont pas du tout pris en compte depuis vingt-cinq ans, la politique de Delanoé n'ayant fait d'ailleurs que d'emboîter le pas à celle de Chirac-Tibéri puisque maintenant. On se rappellera que Anne Hidalgo a envoyé les pandores évacuer le campement dés le premier jour en même temps que la préfecture, Paris est encore plus réservée aux très hauts revenus et de plus en plus interdite aux plus pauvres relégués en banlieue où ils sont moins visibles et moins gênants.

    Il est vrai qu'il y aurait encore plus efficace à faire pour que les choses changent, c'est d'aider les SDF à s'inscrire sur les listes électorale, là, les politiques auront vraiment la trouille et sentiront passer le vent du boulet.

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  • Nouvelles tendances et bonnes résolutions - article du Père Fouettard

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    medium_resolutions.jpgJ'ai décidé de ne pas fêter la nouvelle année parce que çà m'emmerdait prodigieusement de le faire sans les gens que j'aime bien et donc je ferai du cocouningue demain soir. Qu'est-ce que je veux pour 2007 ? Je souhaite continuer à m'amuser, à faire des rencontres intéressantes, à admirer sans cesse les richesse que je trouve en celles-ci, à apprécier encore l'amitié, l'amour, les bons vins, les bons livres, à continuer de contempler la beauté des femmes, leur séduction, leur intelligence, leur humour, à surtout ne pas être consensuel ou correct, inscrit dans les usages, à réaliser quelques unes de mes ambitions, dont celle de me faire publier ailleurs que chez des arnaqueurs, à aimer encore, à croire encore que l'homme peut être sauvé de sa médiocrité habituelle, celle qui le pousse par exemple à admettre sans trop de scrupules la destruction de sa planète et surtout, surtout, à continuer de vomir les nouvelles tendances imposées par la pub, les médias en général et l'instinct de troupeau.

    medium_resolutions2.jpgOn voit une partie de ces tendances dans beaucoup d'émissions de télévision en ce moment dont une qui est représentative qui se propose de redécorer votre intérieur en une semaine, une sorte de "coaching" au conformisme et à la grégarité. Une pétulante blondasse débarque dans le pavillon de banlieue de couples "middle class" et "arrange" leur intérieur à l'initiative souvent des gosses déjà complètement gangrenés par le consumérisme et qui refusent que leurs parents se montrent un tant soit peu originaux ou hors des normes : par exemple on dégage les bibliothèques qui n'ont plus leur place dans ces nouveaux intérieurs, au mieux on les remplace par du papier peint qui imite des rayonnages de livres. Sinon, il paraît que les tendances majeures pour 2007 sont  les formes rondes (de ce côté là je suis dans l'ambiance) et le jaune.

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  • Le voyage en douce

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    medium_voyage1.jpgL'auteur traite du voyage et son livre mérite plusieurs lectures pour en comprendre le sens car son style est parfois abrupt. Finalement, selon lui, la quête de voyage est plus la recherche de soi, le désir de retrouver des racines, une culture plus appuyée que la nôtre, plus caractéristique, une réaction à la peur du flou des repères actuels. Il pose la bonne question : a-t-on néanmoins besoin de faire des milliers de kilomètres pour débuter une introspection ? N'est-ce pas plutôt que nous ne savons plus réfléchir sur nous-mêmes ?
    A l'opposé, ce thème fait d'ailleurs l'objet d'une deuxième partie conséquente, le voyage est aussi balisé, normé, banalisé et soumis à des contraintes rassurantes. Le voyageur retrouve la cuisine de son pays loin de chez lui, et refuse de choisir, préférant qu'on le fasse pour lui. Le voyage est alors une sorte de divertissement obligatoire où l'on est sommé de s'amuser. Selon l'auteur, on ne sait plus s'ennuyer également, ce qui est aussi une autre forme d'introspection faut-il le dire. Il traite aussi non sans humour et medium_voyage2.jpgacuité des voyages organisés d'"aventure", où celle-ci est codée, caricaturée : rencontrez un "vrai" fier nomade du désert, faîtes un raid en 4X4 pour vous donner des frissons, etc.
    Finalement, Franck Michel en arrive à la conclusion que ces nouvelles formes de voyage ne sont rien d'autre qu'une sorte de néo-colonialisme, débarrassé de certains oripeaux nationalistes et chauvins, mais l'occidental est toujours persuadé de son rôle de civilisateur, même en cotoyant des cultures plus anciennes, plus sages et plus riches. L'on porte la bonne parole, c'est une nouvelle forme d'évangélisation, d'expansion des dogmes, laïque finalement mais tout autant arbitraire.

    Titre : L'autre sens du voyage | Auteur : Franck Michel | Editeur : Homnisphères

  • Décomposition ultime de la société des loisirs

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    medium_logan_srun.jpgCe livre traite d'une société post-apocalyptique. Les bombes ont finalement explosé, la terre est dévastée. L'humanité survit dans des villes sous globe protègeant des radiations. Le nombre d'êtres humains vivant dans les cités, gérées par un ordinateur, est maintenu par un contrôle strict des naissances ainsi que l'eugénisme social. Tout le monde meurt à trente ans dans un "carrousel" sinistre, cérémonie vaguement religieuse camouflant une exécution. Avant cela, la vie n'est qu'une longue succession de plaisirs, du plus anodin au plus pervers. Dans la paume des mains de chaque habitant des cités se trouve un cristal dont la couleur indique le temps lui restant à vivre. Ceux qui essaieraient de s'enfuir ou d'échapper au carrousel sont traqués par des exterminateurs. Un jour, l'un d'eux se rebelle et s'enfuit avec une jeune fille pour trouver un "sanctuaire" qui abriterait d'autres rebelles ayant décidé de ne plus se soumettre, celui-ci étant peut-être dans l'espace...
    A ne pas lire avant d'avoir lu le livre :
    Bien sûr, il n'y a pas de sanctuaire, celui-ci étant plus l'idée de la liberté, de la conscience personelle. Ce livre est bien de son époque... : les années 70 après la chute de Saïgon, et le pessimisme général des américains qu'il entraîna. Il a comme sujet des préoccupations très actuelles. Que ferons-nous quand toutes les ressources de la planète seront épuisées ? Et que la course au gouffre menée actuellement dans la société occidentale sera arrivée à son terme ?

    Titre : L'âge de Cristal | Auteur : William F. Nolan | Editeur : Denoël

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  • Les "nouveaux" bourgeois

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    Haro sur les propriétaires !
    medium_ellul1.jpgJacques Ellul a écrit cet excellent ouvrage avant mai 68, ouragan sur eau plate qu'il avait plus ou moins prévu. Il y traite de l'évolution de la classe dominante depuis le 18e siècle et de sa formidable capacité d'adaptation aux transformations sociales, même lorsque celles-ci se voudraient anti-bourgeoises, ainsi que sa force principale qui est de faire croire à sa disparition.
    On y voit que l'élément de compréhension de la classe bourgeoise est évidemment la propriété privée et l'enrichissement personnel, l'individualisme compris dans le sens de la satisfaction de tous les désirs physiques. Les bourgeois, selon l'auteur, n'aiment les lois que lorsqu'elles protègent leurs intérêts.
    medium_ellul2.jpgEt que finalement, cette classe a précipité la désagrégation du lien social - l'être humain se retrouve seul - encore présent heureusement dans certaines régions du monde. Finalement, selon Ellul, la société libérale moderne se tribalise, ces nouvelles tribus étant considérées comme étanches les unes aux autres.
    Ce n'est pas le seul écrivain anti-bourgeois qui ne soit pas marxiste, il est bien dans la filiation de Bernanos, Bloy et d'autres. Il manque peut-être de quelques imprécateurs de cette trempe pour faire toucher du doigt l'hypocrisie certaine de notre système social.

    Titre : Métamorphose du bourgeois | Auteur : Jacques Ellul | Editeur : Table Ronde

  • La fille du Père Noèl - une enquête de Mau Spade

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    medium_LA.jpgHier soir, c'était le 24 décembre, un peu après minuit, j'ai entendu un grand bruit sur mon toit et puis plus rien. Je ne m'en suis pas soucié pendant deux jours puis les journaux en ont parlé : la fille du Père Noèl avait été enlevée. Moi qui suis plutôt placide de nature, cela me choqua d'autant plus que je songeai à la tristesse et au chagrin de ses parents, en particulier son père qui devait être affolé. Comme mon métier m'y invite, je suis plutôt de nature curieuse, je suis en effet détective privé, et je décidai de mener ma propre enquête. Cela commençait très mal, je n'avais aucune piste. On ne connaissait pas d'ennemis au Père Noèl excepté peut-être le père Fouettard, mais celui-ci étant indissociable du premier dans l'esprit des mômes, je ne voyais pas trop où était son intérêt.

    J'en étais là de mes réflexions moroses quand j'entendis cogner contre ma porte. Je pris le temps de remplir la coupelle de mon chat avant d'aller ouvrir, les cognements contre mon huis recommencèrent de plus belle, de manière beaucoup plus impérative cette fois-ci. Le type qui entra était du genre colosse, une sorte de chaînon manquant entre le gorille et le garde du corps. Il me poussa contre la droite de sa patte et m'enjoignit de m'asseoir. Son patron fit son entrée et aussitôt je le reconnus : la barbe en pointe, les sourcils en accents circonflexes, les yeux mauvais, le costume de mauvaise coupe, c'était le père Fouettard. Il me mit sa carte sous le nez :

    -J'ai besoin de vos services, il faut que vous retrouviez la fille de mon associé.

    -Et pourquoi je ferai une chose pareille lui rétorquais-je.

    -Pour çà, dit-il, en me donnant un chêque au porteur déjà rempli dont le nombre de zéros après un chiffre qui n'avait pas d'importance me fit réfléchir rapidement.

    -Vous auriez pourtant intérêt à ce que je ne la retrouve pas, çà doit arranger vos affaires.

    -Tu te trompes complètement, j'ai perdu 42% sur mes actions de la société "Christmas incorporated" depuis ce matin, je suis aux abois, j'ai des centaines de créanciers.

    medium_erotisme_medical.jpgIl tourna les talons, ayant décidé qu'il en avait assez dit, et sortit avec son molosse. Je me retrouvai seul, je laissai un mot pour ma secrétaire et me rendit à la clinique du docteur Ames à Burbank connue pour avoir des liens avec le syndicat du crime et une de mes précieuses informatrices. C'était une grande femme brune très séduisante, elle avait un humour caustique ravageur et beaucoup d'esprit. Il serait difficile de la faire parler. Bien sûr, elle nia avoir quoi que ce soit à me dire, je la vis cependant donner un coup de fil qui semblait agité à un interlocuteur qui paraissait la contrarier. Je compris trop tard ce qu'elle avait dû demander alors que j'étais à admirer la vue sur Beverly Hills tout en conduisant prudemment sur Mullholland, mes freins ne répondaient plus du tout. Je perdis le contrôle de ma voiture et me retrouvai dans une chambre d'hopital terne aux murs jaunâtres. J'arrivai à peine à me tenir debout mais je sentais que je devais m'échapper de cet endroit, ouvrant une porte au hasard, essayant de chasser une torpeur de plus en plus prenante, je tombais sur celle que je recherchai, nue au milieu d'une salle d'opérations...

    ...à suivre

    Chez les Moisonneuses ici on trouve l'histoire avec un casting extraordinaire : Amaury as Mau Spade, Alfredo as the Père fouettard, Jenny as the Docteur Ames, and Kelp as the fille du Père Noèl

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  • "Spider" de Cronenberg

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    medium_spider1.jpg"Spider" s'attarde sur les pas d'un fou, mais sa folie est enfouie en fait en chacun d'entre nous, au plus profond. La séparation est mince entre normal et anormal. Le film est une oeuvre différente du livre de Patrick McGrath. Il déconcerte, c'est d'ailleurs son but, par l'identification au personnage principal. C'est aussi une métaphore sur l'artiste. On a longtemps cru que Cronenberg était un cinéaste cérébral, auteur de "films-cerveaux", de "Crimes of the future" à "Crash". C'est en fait tout le contraire, Cronenberg est un cinéaste des sens et des sensations, de la chair, un artiste dans l'esprit de Bacon.
    A l'extrême, "Crash" était finalement un film extrêmement romantique, dans lequel les protagonistes essayaient, d'une nouvelle manière, (adaptée à notre époque), choquante, medium_spider2.jpgscandaleuse, de conserver le souffle de la passion amoureuse (cf. le dernier plan du film). "Crash" a beaucoup choqué ses spectateurs car il n'encadre pas les sentiments et les sens qui n'ont plus de bornes, c'est cela qui choque et qui est subversif. L'amour est admis dans notre société selon des conventions, certes évoluant, mais toujours selon ces conventions. Aimer sans s'embarrasser de normes est toujours autant dérangeant.

  • Les fêtes obligatoires - un article du père Fouettard

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    medium_reveillon.jpgOn va encore dire que je suis un atrabilaire mais les fêtes obligatoires me dépriment, me désolent, m'emmerdent. Que ce soit dans le poste, dans la rue ou à votre travail, la plupart des gens se sentent obligés d'afficher un sourire figé que l'on croirait sculpté sur leur visage, de manger plus que de raison, de bouffer n'importe quoi, des toasts aux oeufs de lump tartinés au mètre au foie gras en carton Labeyrie provenant d'animaux n'ayant jamais vu la lumière du jour, et de boire du mauvais champagne que chaque invité se sera cru obligé d'apporter, en le laissant réchauffer  ensuite sur la table de la cuisine, et en vantant les mérites supposés. On doit rigoler même si l'on n'a pas envie. Généralement, l'on se retrouve avec des personnes avec qui l'on n'a rien en commun à danser sur des tubes connus dans les mariages depuis des générations, çà peut être amusant mais à haute dose c'est insupportable, à écouter une vague relation vous raconter ses déboires sentimentaux que vous n'avez absolument pas envie d'entendre assis sur une fesse sur un des tabourets en formica que votre hôte avait planqué dans sa buanderie, grand classique le tabouret en formica. Vers deux-trois heures du matin, après avoir effectué le décompte obligatoire à minuit, l'on se demande quand on pourra quitter l'endroit sans trop se faire remarquer mais un raseur passablement aviné, représentant en téléviseurs ou agent immobilier, bloque la sortie et vous vante trois bons quarts d'heures les mérites de son compte en banque.  Le moment du départ enfin arrivé, vous vous sentire obligé de glisser un : "c'était super" crispé et songerez au coquetèle de médicaments que vous serez obligé d'absorber pour faire passer le tout.

    Le Père Fouettard

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  • Finkielkraut, Le philosophe du prince

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    On peut agrandir la BD et la lire en cliquant dessus

    medium_pp3.jpgCe qui paraît acquis ne l'est pas éternellement, il y a des luttes sans cesse à recommencer, et qui ne sont pas installées dans toutes les couches de la société tant s'en faut (pédophilie, viols en tournante et j'en passe sont des contre-exemples frappants). Finkielkraut est aussi le philosophe du Prince, ou plutôt des princes, de ceux qui considèrent depuis le 11 septembre que l'on ne peut être que pro-américain, de ces intellectuels parasites qui, avec moins de talent que lui, continue la tradition de Voltaire, s'applatissant devant le roi de Prusse, roi "éclairé" et dictateur militaire. Pourtant, depuis les différentes famines au Biafra, en Ethiopie, la pauvreté dans notre pays, personne ne s'est soucié de leur sort. Cela ne change rien à la situation catastrophique des pays en développement, de celle de nos pays et à la toute-puissance arbitraire américaine, celle qui choisit medium_pp1.jpgpar exemple de ne pas intervenir entre Israël et la Palestine.
    S'il n'y avait pas eu des victimes, j'aurais dit que cet effondrement du World Trade Center est tout à fait bienvenu d'ailleurs. Il aurait montré que notre société occidentale sur laquelle monsieur F. se crispe est bâtie sur rien d'autre que la vacuité du commerce. Notre monde passera comme sont passées beaucoup de sociétés beaucoup sages et libres que la nôtre. La polémique Mitterand/Vichy n'est épineuse que parce qu'elle gêne les archontes du pouvoir actuel, car Mitterand fût bien et restât de droite extrêmement.

    Que Heidegger soit banni des prêts à penser, soit, mais il a discrédité lui-même sa pensée par des prises de position moralement inacceptables pour un homme de sa qualité.
    On évacue un peu vite ce que l'on appelle les branchés conservateurs et la pensée résistante. Il est toujours facile de railler, plus difficile d'analyser (cela s'appelle la réflexion sur le monde qui nous entoure). Certes le vrai "Che" était une canaille sanguinaire, très éloigné de la légende. Cela ne doit stigmatiser pour autant la recherche d'une solution alternative au libéralisme aux problèmes qui nous assaillent, de la pauvreté, à la medium_pp2.jpgviolence, à l'homophobie, toujours présente, au sexisme, toujours présent, au racisme, toujours puissant, cela s'appelle développer sa conscience, sa morale, celle que Martin H. laissa de côté lui préfèrant sa morgue vaguement aristocratique.
    Certes, les branchés conservateurs, dont les lecteurs de Finkielkraut, crispés sur leur confort matériel et moral, font partie, sont souvent irritants par leur incapacité à se connecter au réel des autres couches de la société, à se confronter à la Vérité, ou à admettre les malheurs du temps qui ne les touchent pas. Car c'est ce qui apparaît comme fondamental, la vérité des faits qui n'est pas une construction intellectuelle. F. me fait penser aux habitants de Tel Aviv, dansant, buvant, vivant, baisant, sans vouloir ouvrir les yeux sur ce qui se passe juste à leurs portes, de ceux qui flattent le gendarme pour mieux conserver leur petite existence douillette.

  • Les peintres des Flandres

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    Proches de la terre
    medium_teniers.jpg

    Leurs oeuvres sont mes préférées... 

    Les tons de la peinture flamande rapprochent de la terre, par les ocres, les bruns, les chairs, les jaunes dorés et les rouges sang. Il y a les peintres de genre qui tel Breughel (ou Brueghel) transfigurent le réel en y instillant une note fantastique. L'auteur de ce livre a choisi d'ailleurs cette dynastie d'artistes pour illustrer son propos.
    Les peintres flamands sont des terriens, des hommes qui ont le sens de la nature autour d'eux, une nature toujours idéalisée, car la guerre n'a cessé de faire rage sur leur territoire, frontière s'il en est. Il faut aussi oublier les modèles actuels, les Flandres vont beaucoup plus haut que la Belgique, et dans les artistes flamands, on pourra inclure sans trop de difficultés, Rembrandt ou Rubens, Vermeer ou Téniers (proche de Velasquez par l'iconographie de ses toiles).
    En dehors de la période traitée par cet ouvrage, on n'oubliera pas Magritte, bon illustrateur de la Belgique actuelle dans ce qu'elle a de surréalisme, ou Jérôme Bosch, seul peintre des cercles infernaux.

    Titre : La peinture flamande du XVIème au XVIIIème siècle. Un relais d'idées d'Erasme à Diderot | Auteur : Florence de Voldère | Editeur : Flammarion

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  • La névrose du portable

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    medium_Tel.jpgJe ne suis pas d'un tempérament violent quoique parfois impulsif mais j'ai parfois des envies de meurtre lorsque je croise un/e triste individu victime de la névrose du portable : c'est comme le hochet du bambin ou la cigarette, ou l'envie de téter pour les nourrissons, çà les prend constamment. On sort l'engin de sa poche pour regarder l'heure à peu près toutes les dix secondes (achetez donc une montre), parfois même on fait semblant de parler à un ami imaginaire au bout du fil pour se donner une contenance. Dans le train, quand on ne sait pas trop quoi faire, comme on a perdu l'habitude de lire ou simplement la capacité à savoir s'ennuyer et rêvasser, on le tourne et on le retourne puis on finit par appeler un interlocuteur pour débiter des constatations parfaitement ennuyeuses et sans intérêt dont on fait profiter tout le wagon, on finit parfois par traverser le train en fixant l'appareil comme une boussole. J'apprécie la ligne Paris-Evreux pour une raison bien simple d'ailleurs, on ne capte pas de réseau pendant une bonne partie du trajet ce qui empêche les névrotiques du téléphone de s'adonner à leur vice. J'ai moi-même une de ces machines qui fait honte à mes élèves, en effet, on peut recevoir des appels et appeler avec ce qui est du dernier ringard pour eux...

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  • Libéralisation des transports : un exemple d'inefficacité, la SNCF

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    medium_sncf.jpgAujourd'hui, j'ai reçu la réponse négative du service régularité de la SNCF basé à Caen me refusant le remboursement d'un trajet Gaillon/Paris où nous avions subi une heure de retard sous prétexte qu'il faut que le parcours doit être supérieur à 100 kilomètres pour que le remboursement soit effectif. C'était le 10 novembre, le train de 17h46, quinze jours après le train avait également une heure de retard, cette fois "à cause de la pluie" (il est vrai qu'il ne pleut jamais en France), quinze jours plus tard, ce n'était certes pas la faute de la SNCF, une bagarre immobilisait le train. Des voyageurs me disent que c'est pareil tous les vendredis pour ce train ainsi que pour les autres TER. On nous dit dans les médias que l'efficacité du service sera plus importante du fait de la libéralisation des transports, de la baisse des coûts et de licenciements massifs de personnel. Il est évident que c'est un mensonge.

    On peut leur écrire ici

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  • Terrorisme intellectuel

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    medium_Mao.jpgCertes, ce livre est de droite, donc forcément subjectif mais il dit quelques vérités utiles, des faits avérés que peu veulent encore réellement voir. Pour les méfaits commis par la droite et les dictatures de droite, il suffit de se reporter à l'abondante bibliographie que l'on trouvera partout, du nazisme à Salazar, de Franco à Pinochet en passant par les "maladresses", bourdes et sottises des différentes administrations américaines. Et la mort du dictateur chilien il y a quelques jours peut aider à rappeler qu'un terrorisme intellectuel ne doit pas en justifier un autre. Aucune idéologie ou foi ne justifie que l'on tue en son nom. Et rappelons que Bernanos n'avait pas hésité à dire la vérité sur les horreurs commises aveuglément par son camp sans pour cela se renier, il était simplement intellectuellement honnête jusqu'au bout (NB : Lu d'ailleurs à ce sujet dans un hebdomadaire catholique financé par la famille Michelin un article dénonçant les pseudo "faux" héritiers de l'écrivain, en particulier ceux qui dénoncent le libéralisme bien sûr). On trouve ce livre dans les librairies de certaines communautés catholiques nouvelles (inspirées pour l'une d'entre elles des pentecôtistes américains, la confession de Bush et de nombreux républicains, il n'y a donc pas de hasard), comme si dans l'esprit de certains, les crimes des uns s'équilibraient avec ceux des autres et que cela les excuse par là-même.
    "Pour ne pas désespérer Billancourt", quelques uns ont menti sur la réalité de régimes medium_castro.jpgdécrits très longtemps comme idylliques alors que c'était d'odieuses dictatures coupables de l'assassinat de millions de personnes, certes pour des causes différentes de celles du nazisme auquel on ne peut les comparer. Il n'empêche que les faits sont indiscutables. Il y en eut comme Gide pour dire la vérité, d'autres comme Aragon dont cela ne remet pas bien sûr en cause le talent pour la nier. Ne parlons de tous les philosophes qui ont oublié leur engagement pour Mao.
    Il y avait une idéologie du progrès, du changement inéluctable, de la destruction naturelle et considérée comme obligatoire des valeurs de l'ancienne société à commencer par les valeurs morales, la famille, la religion. Personne ne s'est demandé ce que l'on mettait à la place et quelles conséquences cela engendrerait-il de détruire tout cela. Certes, il medium_staline.jpgy avait beaucoup d'hypocrisies, il y en a encore d'ailleurs. Mais alors que certaines n'ont d'ailleurs pas bougées, d'autres formes de mensonges et de compromissions sont apparues. Et ce qui contredisait les idées nouvelles était systèmatiquement nié ou ridiculisé.
    On parlait de liberté pour les pays colonisés, souvent avec raison et la décolonisation était de toutes façons obligatoire mais était-il nécessaire de refuser toute aide à ceux qui dans ces peuples souhaitait que la France reste encore un tout petit peu (Hélie de Saint Marc parle très medium_polpot.jpgbien des ordres qu'il a reçu l'obligeant à abandonner des villages entiers en Indochine à la vindicte de leurs compatriotes, ce qui signifie au massacre). On a laissé croire que les pays européens ont accordé l'indépendance à leurs empires par grandeur d'âme de leurs peuples alors que ceux-ci en ressentait au mieux de l'indifférence, au pire du racisme. Personne ne s'est soucié d'aider ses pays à s'en sortir ou à progresser, parfois même on assiste à une sorte de néo-colonialisme de la part même de ceux qui le dénonçait il y a quarante ans.
    On pensait que Dieu était mort comme titrait "Times" en 1965 mais les peuples qui s'en réclament pour justifier leurs violences, le terrorisme ou la guerre n'ont jamais été aussi nombreux. Beaucoup reste sur des schémas anciens, ne voulant pas voir par exemple les causes réelles du retour de l'antisémitisme dans les banlieues et ailleurs comme j'ai pu l'entendre en province à travers plusieurs réflexions extrêmement désagréables.

    "Le terrorisme intellectuel" de Jean Sévilla paru en 2004 à la librairie académique Perrin

  • Etes-vous un mutant ?

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    Tout sur les mutants !
    medium_XMen.jpgDans les années 60, au moment du mouvement des droits civiques, des hippies, des babas-cool à chemise hawaïenne, ont imaginé les mutants, un peu comme une métaphore des minorités opprimées (au départ dessiné par Jack Kirby et scénarisé par Stan Lee, suivi par Chris Claremont, plus sombre). Tous ont des pouvoirs surprenants, délirants, voire psychédéliques. Ce qui est aussi intéressant dans ce "comics" et profondément peu américain, c'est que les personnages ne sont pas forcément marqués du côté du Bien ou du Mal, chacun naviguant entre les deux, à commencer par le plus ambigu et le plus charismatique qui est Wolwerine, (dans ses origines, les auteurs aborderont de front le problème de l'enfance maltraitée).
    En voici quelques-uns :

    Professeur X : télépathe fin et cultivé (rare pour un héros de "comics") cloué dans un fauteuil roulant.

    Scott Summers alias "Cyclope" : le type même du gars sérieux, un peu fade. Balance des rayons d'énergie rouge de ses yeux.

    Wolwerine : possède des griffes indestructibles rétractiles à ses poignets, peut s'autoguérir (pratique). Le plus charismatique.

    medium_malicia.jpgMalicia (ou Rogue en anglais), voir ci-contre : peut absorber les pouvoirs et la personnalité des personnes qu'elle touche, séductrice, et certainement pas le type de la jeune fille en détresse. Une des premières héroïnes dont la sexualité est abordée franchement...

    Titre : X-Men. L'encyclopédie des mutants | Auteur : Peter Sanderson | Editeur : Mascara-Privilège (La)

  • Ultra-libéralland pour les petits enfants !

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    (musique de cirque: riam pam padipalapam pam !!)
    medium_rees_legal.jpgVoix du Monsieur loyal du parc : à l'entrée du parc, voyez notre attraction-défouloir, un pays à bombarder, vous irez ensuite dans une party new-yorkaise, vous vomirez à cause de votre coke en regardant les "twins towers" s'effondrer de nouveau..."
    Commentaire d'un type en chemise à rayures Hugo Boss et bretelles : Super, j'suis tellement overstressé, ça va me faire du bien !"
    Monsieur Loyal, suite : "Vous continuerez votre parcours dans le dédale des simulations d'OPA à la bourse, vous admirerez nos fresques grandioses sur les OGM"
    Caissière : "Achetez votre place en cédant vos droits à la retraite, vos libertés en échange d'une superprospérité qui durera le temps de votre visite"
    Là, je me suis réveillé en sueur et j'ai vu la BD de Rees au chevet de mon lit, ce n'était que de la fiction songeais-je, mais bien vite, je me rendis à l'évidence, j'étais déjà prisonnier de l'ultralibéral-Land...
    Sites Internet :
    http://www.lemarginal.com/bd002.html
    http://www.mnftiu.cc/mnftiu.cc/war23.html

    Titre : Putain c'est la guerre | Auteur : David Rees | Editeur : Denoël

  • "Poètes vos papiers..."

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    medium_ferre1.jpg"Poètes, vos papiers...", c'est ainsi que Léo Ferré titrait sa préface aux "Fêtes galantes" de Verlaine. On demande aux poètes de justifier leurs choix d'écriture, une virgule ici, une rime là, une image d'un côté, une métaphore d'un autre, en oubliant l'essentiel. Finalement, c'est peut-être une erreur d'étudier Verlaine, Rimbaud ou même Ferré à l'école, car on les vide de leur substantifique moelle. On leur retire leur personnalité, leur individualité, pour les faire rentrer dans le rang, qui dans une école, qui dans un cadre. Il y aura certainement beaucoup d'hommage poussiéreux ou hypocrites pour Ferré, de biographies opportunistes, ou ceux qui ne pouvaient comprendre son hyper-sensibilité et sa révolte au monde vont en faire une icône, autre chose, une image de manuel, un chromo aux bonnes joues roses, inoffensif car vidé de lui. Il finira par rentrer au Panthéon.medium_ferre2.jpg
    On a même vu une idole des jeunes chanter "Avec le temps", elle faisait risette à la caméra, elle avait les dents bien blanches : malgré les spots, on avait l'impression que derrière elle, tout était gris. Certes Ferré roulait en Rolls, et alors ? C'est encore plus anarchiste d'une certaine manière car cela ne rentre dans aucun cadre et emmerdait les anars officiels, ceux qui aiment quand même les mondanités et les récompenses. Mais ses chansons montrent la corruption de la grisaille, encore, elles montrent la corruption du matérialisme tout-puissant, de la sottise reine, de l'étroitesse d'esprit...
    Ferré c'est le petit neveu de Céline, le frère des communards, qui se sont fait tuer pour que les bourgeois continuent à ne pas changer leurs habitudes. Les sages diront qu'il ne peut y avoir de liberté complète, c'était même un sujet du bac (aujourd'hui, il y a des jeunes pour accepter de manifester entre deux rangées de CRS et qui n'y voient pas malice, par exemple...).

    Titre : Testament phonographe | Auteur : Léo Ferré | Editeur : 10/18

  • La philosophie dans le living room

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    medium_rousseau.jpgAttention, il s'agit de dérision...
    "Si Louis XIV, par son talent, avait suscité un Grand Siècle, Louis XV, malgré sa paresse, peut signer son siècle des Lumières. Il s'agit non pas de l'éclairage au gaz, qui viendra un peu plus tard, mais des lumières de la connaissance et de la raison, allumées par les gros cerveaux des philosophes qui se multiplient au XVIIIe siècle.
    L'un des plus volumineux est Diderot qui, avec son équipe de chercheurs socialistes, rédige de 1751 à 1772 l'Encyclopédie, manifeste de l'idéologie optimiste et rationaliste qui donnera au monde la démocratie libérale, le communisme et Bernard-Henri Lévy.

    Autre cerveau de première catégorie, spirituel et méchant : celui de Voltaire qui, avec son affaire Callas (une obscure erreur judiciaire), donne une avant-première de l'affaire Dreyfus.
    medium_voltaire.jpgVoltaire est surtout le premier intellectuel de gauche, dans la mesure où il est très à l'aise dans la haute société qu'il dénonce.
    Esprit universel, il est aussi l'ancêtre du fascisme avec ses considérations sur les juifs et les Noirs.
    Enfin, il peut être considéré comme un pionnier du capitalisme actionnaire avec les dividendes qu'il retire de la traite des esclaves. Avec ça très spirituel, bien de chez nous.
    Autre grosse pointure, Jean-Jacques Rousseau, qui malgré des origines modestes et protestantes, conquiert Paris vers 1750 avec son Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, best-seller des salons aristocratiques.
    La grande idée de Rousseau, c'est que l'homme est naturellement bon et que c'est la société pourrie qui le corrompt. Cet axiome peut sembler simple et même faux, mais c'est quand même lui qui a donné le pouvoir à Pol Pot et à François Mitterrand.
    medium_14juill.jpgDans l'immédiat en tout cas, personne ne songera à contester le mythe du bon sauvage - sauf peut-être l'explorateur La Pérouse, dévoré en 1788 par des indigènes polynésiens.
    RÉSUMÉ : Le siècle des Lumières est le triomphe des intellectuels de gauche, parasites talentueux de la société d'Ancien Régime. Voltaire et Rousseau, par leurs écrits et leurs plaisanteries, préparent la Révolution tout en vivant dans un cadre agréable. Les libertins se cultivent grâce à l'Encyclopédie de Diderot et, entre deux lectures, ils font beaucoup l'amour et boivent du chocolat."

    La suite ici chez "Jalons"

  • Se libèrer de ce qui est vraiment futile

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    medium_ste-2.jpg"Comment favoriser en nous cette sorte de délivrance? Tout est paradoxal chez l'homme, on le sait bien. On assure le pain de celui-là pour lui permettre de créer et il s'endort, le conquérant victorieux s'amollit, le généreux, si on l'enrichit, devient ladre. Que nous importe les doctrines politiques qui prétendent épanouir les hommes, si nous ne connaissons d'abord quel type d'hommes elles épanouiront. Qui va naître ? Nous ne sommes pas un cheptel à l'engrais, et l'apparition d'un Pascal pauvre pèse plus lourd que la naissance de quelques anonymes prospères."
    [Saint-Exupéry, Antoine (de)- Terre des hommes -Gallimard]

  • La mort de James Brown

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    medium_JB1.jpgJames Brown a commencé à chanter au temple avec les autres membres de sa communauté, mais pas du gospel gentillet comme on entend parfois. Celui-là vient des tripes et de tout l'être de ceux qui le chantent. Il se rappelle des souffrances endurées par le peuple noir sous le joug des blancs, vendus la plupart du temps par leurs propres frères ou souverains, il vient de la colère accumulée pendant des années à cause de la ségrégation car une fois l'esclavage aboli, les américains se sont empressés de remettre quelques barrières entre les personnes, il vient de la révolte contre l'injustice, l'incompréhension et la violence. Mais plutôt que de retourner cette violence contre les autres, James Brown la chante, la crie, c'est le "shout" jubilatoire et jaculatoire des premiers chants d'esclaves, une manière de vivre entièrement comme Billi Holliday, Charlie Parker, Monk ou Mingus engagés sur des voies encore plus radicales. Bien sûr, au milieu de plusieurs chefs d'oeuvre, il y a une ou deux bouses FM faites pour faire danser les ados mangeurs de Corn Flakes en rythme sans qu'ils ne se posent trop de questions. Bien sûr, il y a un ou deux séjours en prison pour des sottises inexcusables comme les violences qu'il medium_JB2.jpgcommet sur sa femme. Il y a beaucoup de dérision dans la "Soul", la musique paraît futile, les paroles ont toujours un sens. Beaucoup n'y comprennent rien, pour d'autres, c'est encore de la musique de "nègres" qui gêne dans le décor, qui fait du mal aux certitudes. J'ai eu la chance d'assister, et d'organiser (une grande fierté) un concert de Maceo Parker, à Orsay en 1992, qui a longtemps joué avec lui. Il restait de sa puissance mais il y avait moins d'âme.

  • L'anniversaire de la présidente Kelp - par Hyppolithe de Saint Poulet

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    medium_kelp.2.jpgAujourd'hui, partout dans la capitale, ce ne sont que ris et joie, félicitations et exultation, c'est l'anniversaire de la présidente Kelp, mademoiselle Charlotte. Celle-ci s'est adressé au peuple ce matin avec le vice-président Hector, et après un discours émouvant a rejoint sa région natale. Certaines mauvaises langues diront que je ne suis qu'un vil flatteur medium_kelp2.jpgmais je pense que le colonel Garcia ne se trompe pas quand il parle de l'intelligence de la présidente, de sa finesse et de son medium_Kelp.jpgindulgence face aux énormités parfois proférées par les quelques excentriques dont elle aime à s'entourer en soirée. Je dirais personellement que j'admire la présidente pour son caractère fort ainsi que sa capacité à la passion, à la générosité politique, qu'elle sait tempérer de douceur et d'attentions.

    Hyppolithe de Saint-Poulet

    Sur les deux photos, la présidente est en compagnie de l'impératrice, de votre serviteur sur la deuxième ainsi que d'Antoine, notaire dilletante.

    "Happy birthday Miss presidente", Amaury 

  • C'est la faute à les autres !

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    medium_complot.jpgIl y a un genre d'individus que je supporte de moins en moins, c'est celui pour lequel c'est la faute des autres s'il ne réussit pas, s'il n'est pas reconnu comme le phénix de la pensée qu'il pense être. Il ne fait bien sûr rien pour prouver ses compétences supposées. Il ne fera jamais aucun effort qu'il abbhore et jalouse abominablement tous ceux qui ont un talent ou une compétence reconnue qu'eux n'ont pas, il est persuadé qu'il y a un complot à son encontre dont son responsables -rayez la mention inutile- les juif (bouc-émissaire favori des abrutis)s, les arabes, les pakistanais, les mexicains, les bengalis, les coiffeurs, les musulmans, les curés, les "communissses", les "homossessuels", les policiers, les profs, les hommes politiques, le gouvernement (que l'on appelle familièrement "ils"). Certains parmi eux sont de vrais victimes certes, mais ils sont rares. Ceux-là, ma compassion leur est acquise. Et il y a les adeptes de théories du complot abracadabrantesques comme Philip K. Dick, persuadé d'être observé et manipulé par une intelligence d'Outre monde...

    Péhesse : Tout le monde pense de cette manière à un moment ou un autre, çà a été aussi mon cas, je crois avoir vraiment mûri quand j'ai surmonté ce genre d'opinion.

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  • Classique malpoli

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    medium_pn.jpgBien sûr, tout le monde ou presque connaît les répliques et l'histoire des permanents de "SOS Détresse Amitié" bloqués un soir de Noël avec une belle brochette de névrosés tous plus veules et affreux les uns que les autres : Katia, le pompier travelo à ses heures, Pierre, le grand échalas coincé, Thérèse qui n'est pas laide mais a une "beauté intéressante", Félix, l'ordure du titre, Zézette, "epouse X" du précédent, qui collectionne les huîtres comme cendriers, Madame Musquin, que l'on ne voit que dans le film, Monsieur Preskovic et ses doubitchous "roulés sous les aisselles" (ou son "kloug"), et la voix de Michel Blanc au téléphone. Certains diront préfèrer la captation vidéo de la pièce au film. Je pense que les deux se valent, la pièce étant peut-être plus noire. Cette période des fêtes "obligatoires" a des côtés pénibles par l'obligation qu'elle paraît engendrer de se réjouir à tout prix, les réunions de famille inteminables entre l'Oncle Gilbert, célibataire parfumé qui vit avec Bernard en "colocation" et qui est "tellement fin" (traduisez par "homosexuel), la tante Marie-Béatrice, grenouille de bénitier maniaco dépressive, le grand-père qui s'en fout et se régale de la bûche ; on en sort un peu "barbouillé" comme si l'on avait avalé trop de chocolat en attendant le premier de l'an...

    Titre : Le père Noël est une ordure | Auteur : Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte | Editeur : Actes Sud

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  • Tout pour déplaire

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    medium_JK.jpg"La France est devenue un pays de flics et d'espions, qui passent leur temps à dénoncer les autres, à interpréter ce qu'ils disent, mangent, fument". L'auteur de cette phrase regrette la disparition de valeurs telles que l'honneur, la probité, l'indépendance. Stéphane Denis a tout pour déplaire, il lit Anouilh aussi bien que Marcel Aymé, Beckett aussi bien que Proust. Stéphane Denis dit sa vérité à une civilisation en pleine dégénérescence, où le désir est mort avec la langue et l'amour de la littérature compactée en petits paquets pratiques à ranger. Il aime la campagne, les animaux, l'odeur des grillades et le fumet d'un bon vin (je suis sûr qu'il boit du Chinon). Quand les civilisations s'écroulent, ils sont quelques-uns à se réfugier dans un coin pour protéger ce qui peut l'être, rappelez-vous Montaigne, cela allait de Virgile au vin d'Yquem et à la chair des poissons.
    Ce livre parle de deux soeurs, Jackie Kennedy et Lee Radzivill. Il pense que la littérature permet d'expliquer la réalité et l'histoire, et la relation entre ces deux femmes le fascine pour ses liens avec la grande Histoire. Il aime aussi les histoires et aime déplaire, comme Cyrano. Il ne pense pas que l'histoire est scientifique, mais humaine déjà, ce qui est bien suffisant.

    Titre : Sisters | Auteur : Stéphane Denis | Editeur : Fayard

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  • Quand j'étais chanteur - cadeau de Noèl pour toi, pour vous

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    QUAND J'ÉTAIS CHANTEUR (Pour Jenny, Alfredo, Alfred, Alex et vous tous)
    (Paroles: Michel Delpech, J.M. Rivat, R. Vincent / Musique: Roland Vincent   1975)
    Michel Delpech (France)

    medium_delpech.jpgJ'ai mon rhumatisme
    Qui devient gênant.
    Ma pauvre Cécile,
    J'ai soixante-treize ans.
    Je fais de la chaise longue
    Et j'ai une baby-sitter.
    Je traînais moins la jambe
    Quand j'étais chanteur.

    J'avais des boots blanches,
    Un gros ceinturon,
    Une chemise ouverte
    Sur un médaillon.
    C'était mon sourire
    Mon atout majeur.
    Je m'éclatais comme une bête
    Quand j'étais chanteur.

    Un soir à Saint-Georges,
    Je faisais la kermesse.
    Ma femme attendait,
    Planquée, dans la Mercédès.
    Elle s'est fait j'ter dans l'Indre
    Par tout mon fan-club.
    J'avais une vie d'dingue
    Quand j'étais chanteur.

    Les gens de la police
    Me reconnaissaient.
    Les excès de vitesse,
    Je les payais jamais.
    Toutes mes histoires
    S'arrangeaient sur l'heure.
    On m'pardonnait tous mes écarts
    Quand j'étais chanteur.

    Ma pauvre Cécile,
    J'ai soixante-treize ans.
    J'ai appris que Mick Jagger
    Est mort dernièrement.
    J'ai fêté les adieux de Sylvie Vartan.
    Pour moi, il y a longtemps qu'c'est fini.
    Je comprends plus grand'chose, aujourd'hui
    Mais j'entends quand même des choses que j'aime
    Et ça distrait ma vie.

    Pour moi, il y a longtemps qu'c'est fini.
    Je comprends plus grand'chose, aujourd'hui
    Mais j'entends quand même des choses que j'aime
    Et ça distrait ma vie...

  • A Bethléem

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    Bethléem : maison du pain en hébreu, de la viande (sous le sens de toute chair qui se mange) en arabe

    medium_betleem1.jpgDepuis que j'y ai passé deux ans, chaque année quand revient Noèl, je pense à Bethléem. Bien sûr, j'ai assisté les deux fois à la messe, interminable, à la Basilique de la Nativité, ou plutôt à la Basilique Sainte Catherine pour les catholiques, juste à côté. Bien sûr, j'ai râlé les deux ans à cause de la durée de la célébration et du fait qu'il faille supporter trois heures d'attente et les photographes ou les questions des journalistes. Mais j'étais un privilégié car aujourd'hui les chrétiens d'Orient ont à peine le droit de l'être et ceux qui devraient y penser le plus, les chrétiens d'Occident, n'en ont rien à foutre finalement et que même dans les organismes qui pourraient les aider, on trouve surtout des gens favorisant leur carrière. 

    medium_betlem2.jpgLes occidentaux viennent s'extasier devant l'étoile d'argent sensée figurer l'emplacement de la mangeoire (faux : puisque le vrai est vers la crypte de Saint Jérôme un peu plus bas) et s'en retournent chez eux la conscience tranquille. Je préfère d'ailleurs me souvenir de cette mangeoire en granit et imaginer ce qui devait se passer autour, les vieilles femmes cancanant, les hommes autour de Joseph, tout un petit peuple de petites gens, des animaux, le genre de bordel que l'on trouve au Proche Orient dans les souks, des enfants qui courent partout, quelque chose de très humain et non un tableau figé et hiératique. Mais çà, beaucoup sont incapables de voir cette humanité.

  • Chanson immortelle - "le Chasseur"

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    medium_Delpech.3.jpg

    Cette chanson me poursuit, j'avais envie de faire partager ma compulsion et n'ai pas d'inspiration pour autre chose, donc voilà.

    Il était cinq heures du matin
    On avançait dans les marais
    Couverts de brume
    J'avais mon fusil dans les mains
    Un passereau prenait au loin
    De l'altitude
    Les chiens pressées marchaient devant
    Dans les roseaux

    {Refrain:}
    Par dessus l'étang
    Soudain j'ai vu
    Passer les oies sauvages
    Elles s'en allaient
    Vers le midi
    La Méditerranée

    Un vol de perdreaux
    Par dessus les champs
    Montait dans les nuages
    La foret chantait
    Le soleil brillait
    Au bout des marécages
    Avec mon fusil dans les mains
    Au fond de moi je me sentais
    Un peu coupable
    Alors je suis parti tout seul
    J'ai emmené mon épagneul
    En promenade
    Je regardais
    Le bleu du ciel
    Et j'étais bien

    {Refrain}

    medium_delpech2.jpgEt tous ces oiseaux
    Qui étaient si bien
    Là-haut dans les nuages
    J'aurais bien aimer les accompagner
    Au bout de leur voyage
    Oui tous ces oiseaux
    Qui étaient si bien
    Là-haut dans les nuages
    J'aurais bien aimer les accompagner
    Au bout de leur voyage

  • La belle histoire du Père Noèl et du taux d'actuarisation - article du Père Fouettard

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    medium_STC1.jpgComme tous les ans, c'est le retour de l'infâme barbu et de sa femme qui, faisant des affaires seulement une fois l'an, raisonne à fluxs tendus. Cette années encore, les enfants auront sous le sapin des consoles de jeux vidéos violents qui les pousseront de plus en plus à l'autisme, des DVD de films d'action hyper-violents, et des effigies en plastique de leur héros de marketing favori. Les petites filles se verront encouragées à la vulgarité et à la pétasserie par des poupées roses qui s'habillent toutes comme Paris Hilton  ou Britney medium_STC2.jpegSpears, modèles de réussite de ces chères petites tètes blondes. La Mère Noèl montre l'exemple comme le voit sur sa photo, elle s'est fait refaire de partout. Tout un tas de cadeaux moches seront donc écoulés encore cet hiver et le Père Noèl avec sa femme pourra se payer des vacances à Marbella encore une fois ainsi que chaque année et ils auront beaucoup de bénéfices bruts.

  • Niki dans le "Jerusalem Post"

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    Jerusalem Post, 12 décembre 2006
    "Le bal des casse-pieds", Stéphane Elkaïm

    medium_Niki.jpgArtiste multiforme, Niki-Vered Bar a créé en observant ses semblables un personnage désopilant : le Bollog.
    Claire Brétecher a ses frustrés, Cabu son beauf et Sempé son petit Nicolas. Niki Vered-Bar, elle, a ses Bollogs.
    "Des Bollogs on en connaît tous, soutient-elle. C�est le technicien qui arrive des heures en retard pour faire la réparation, le chauffeur de taxi qui emprunte l�itinéraire le plus long, le type qui vous passe devant dans la file d'attente. Des gens agaçants que l'on voudrait éviter mais qui font forcément partie de notre quotidien".
    Sur son site Internet tout juste mis en ligne, Niki a ainsi publié une douzaine de textes succulents décrivant les petits méfaits de ces casse-pieds ordinaires. Le Bollog n'est parfois qu'un rigolo un peu ridicule. Comme celui qui saute sur la pointe des pieds derrière une personne interviewée pour le seul plaisir de passer à la télévision. Ou plus gravement celui qui, résolu toute sa vie à "ne pas passer pour une poire", en vient à haïr son prochain. Dans un style alerte et grinçant, Niki Vered-Bar met en scène ses Bollogs et donne ingénument quelques tuyaux pour s'en défaire. Au-delà de la douce satire sociale pointe une vraie tendresse et surtout un authentique sens de l'humour. "Ces personnages me sont venus en observant la société israélienne, raconte Niki. Je vis ici depuis trente cinq ans. Je connais donc tous les bons côtés des Israéliens mais aussi tous leurs travers. Cela dit, quand j'ai parlé de mes Bollogs israéliens à mes amis français, les gens m'ont dit : "mais on a les mêmes chez nous !" La suite sur Nikibar

  • Billie et Monk

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    medium_Billie.jpgOn en revient parfois à ses premières amours, en l'occurence pour moi le Jazz et surtout Billie Holliday et TheloniousMonk. C'était deux inadaptés lunaires chacun à leur manière. La première est descendu aux tréfonds des abîmes et les mots qu'elles chantent ont toujours plus de profondeur que d'autres chanteuses qui ne lui arriveront jamais à la cheville même si leur technique est meilleure. J'ai écouté souvent, par exemple, les gospels chantés par Jessye Norman. Elle a une voix extraordinaire mais ne retransmet pas l'émotion ou le sens complet de chaque phrase. Je pense aussi à cette chanteuse issue de "la Nouvelle Star", une jeune femme ronde d'origine africaine, Miss Dominique, qui a une voix superbe mais dont on sent qu'elle ne vit pas ce qu'elle chante jusqu'au plus profond des fibres de son être. Bien sûr, il ne suffit pas d'avoir été prostituée, battue par un mari violent ou droguée pour avoir du talent mais Billie ou "Lady Day" a un talent unique.

    La page de Serge Colson sur la chanteuse 

    medium_Monk.jpgPour qui ne comprend pas les dissonnances, Thelonious Monk est inécoutable, comme il en rajoute et parsème ses oeuvres de silences qui rythment efficacement ce qu'il compose, les puristes crient au scandale. Il était toujours accompagné de sa femme Nellie qui pensait au concret pour deux, adepte des blagues énigmatiques ou complètement grotesques, certainement un peu trop marqué par la drogue, trop de marijeanne fumée dans les clubs, et la sottise ségrégationniste, trop de coups de matraque blanche sur le crâne du fait de règlements édictés par des gens qui ne l'écoutaient jamais jouer. Les mêmes le revendiqueront plus tard comme appartenant à la culture américaine de plein droit. Monk est souvent relié au "Be-Bop" car on aime bien les petites boîtes de classement alors qu'il est certainement inclassable, à part.

    Site officiel de Monk, en anglais (plein d'extraits à télécharger) 

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