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  • Misanthropie de bon matin

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    medium_car.jpgC'est intéressant de prendre le car de bon matin (6 heures 35), on croise plusieurs spécimens d'humanité qui, parfois, incite à la misanthropie, et comme en plus je suis comme les ours, en matinée, capable de lancer un coup de patte malgré le sommeil en retard tant que je n'ai pas eu ce dont je fais mon miel, il m'est difficile de faire preuve de patience. Donc, dans le car, cela va de la jeune fille qui pourrait gagner l'oscar de la voix la plus désagréable du monde qui passe tout le trajet à papoter avec le chauffeur et raconter sa vie, au "Père la cloche" qui rumine son ressentiment contre le monde entier pendant l'heure de voyage vers Vernon, sa rancoeur contre les bourgeois qui "savent même pas donner la petite pièce pour boire un coup". Au fond du véhicule, deux gamines de cités sensibles dissertent sur les fonctions de leur dernier téléphone portable et reçoivent toutes les dix secondes des Hèssèmèsses qui les font rire façon dindes hystériques. Il y a aussi la bonne dame bien habillée, veste autrichienne et parapluie bien droit devant ses genoux, qui ne voit rien et ne veut rien voir mais conserve durant tout ce temps un air sévère et pincé. Le tout me donne des envies de misanthropie mais quand je les vois s'éloigner pour beaucoup manquant totalement de confiance en eux, tentant de prendre une attitude décontractée mais artificielle, je me trouve atrabilaire et injuste.

  • On continue à tuer au Darfour - dépêche de l'AFP

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    GENÈVE (AFP) - Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a averti mercredi le Conseil des droits de l'homme que sa crédibilité était en jeu, six mois seulement après sa création, et lui a demandé d'organiser d'urgence une session spéciale sur le Darfour pour faire taire ses détracteurs.

    Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a succédé en juin à la Commission, un organe discrédité par ses manoeuvres de couloirs, accusé d'adopter deux poids-deux mesures dans ses dénonciations des violations des droits de l'homme.

    medium_Darfour1.2.jpg"Ce n'est qu'en vous montrant rigoureux et courageux que vous pourrez éviter de décevoir les nombreuses personnes partout dans le monde qui se tournent vers les Nations unies pour y trouver un soutien dans leur lutte pour les droits de l'homme", a averti M. Annan dans un discours adressé mercredi au Conseil, réuni à Genève pour sa 3ème session ordinaire.

    "Il n'est pas trop tard" pour démentir les "critiques" et les "jugements prématurés" de ceux qui pensent que certains pays coupables de violations des droits de l'homme pourront désormais échapper à l'opprobre internationale, a assuré le secrétaire général dans son message, lu par Mme Louise Harbour, Haut commissaire aux droits de l'homme. Le Conseil doit notamment éviter de retomber comme la défunte Commission dans "la fracture entre le nord et le sud, entre les pays développés et les pays en voie de développement", a mis en garde M. Annan. Et il ferait taire certains de ses détracteurs en tenant une session extraordinaire sur le Darfour, un cas qui "saute aux yeux", a-t-il insisté. Depuis sa création en juin dernier, le Conseil des droits de l'homme a tenu trois sessions spéciales, toutes consacrées au conflit israélo-arabe. Cette medium_Darfour2.3.jpgquestion ne doit pas "monopoliser l'attention au détriment d'autres sujets qui constituent des violations aussi graves, voire plus graves" des droits de l'homme, selon le secrétaire général.

    "Des atrocités continuent à être commises medium_Darfour2.2.jpgquotidiennement" au Darfour, a ensuite renchéri Mme Arbour elle-même en mettant en cause directement les autorités soudanaises. "Le gouvernement du Soudan et les milices qui lui sont associées (...) continuent d'être responsables des violations les plus graves des droits de l'homme et du droit humanitaire", a-t-elle dénoncé. Province de l'ouest du Soudan, le Darfour est le théâtre d'une guerre civile et d'une grave crise humanitaire depuis février 2003. Selon l'ONU, le conflit a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés. Mardi, le Conseil a adopté, par 25 voix contre 11 et 10 abstentions, une résolution du groupe africain sur le Darfour qui évite de mentionner le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit. "Le Conseil des droits de l'homme doit préserver et renforcer le système des procédures spéciales --ce joyau de la couronne-- tout en développant également une solide revue périodique universelle" pour débusquer les violations des droits de l'homme dans tous les Etats membres, a encore estimé M. Annan. Le secrétaire général prend ainsi fait et cause pour les rapporteurs spéciaux par pays, ces experts indépendants chargés d'examiner la situation des libertés fondamentales dans les pays et qui sont très contestés au sein du nouveau Conseil face à leurs défenseurs occidentaux, désormais très inférieurs en nombre.

    medium_Darfour1.3.jpgSa mise en garde intervient au surlendemain de l'adoption par 30 voix contre 15 et 2 abstentions d'une résolution déposée par l'Algérie au nom du groupe africain demandant la mise en place d'un "code de conduite" pour les rapporteurs spéciaux, qui reviendrait à les museler. "Nous devons regarder les choses en face: les Etats ne sont pas seulement les protecteurs collectifs de nos normes internationales (des droits de l'homme) mais aussi, trop souvent, ceux qui violent ces normes", a souligné le secrétaire général.

  • Copinage : Pour Niki

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    medium_escargot.jpgUne nouvelle rubrique sur nikibar :
    Le tremplin aux (BONNES) idées
    Proposez vos idées ou celles que vous connaissez, si ce sont des BONNES idées, elles seront publiées.
     
    et une nouvelle publication :
    "Le trou aux idées" extrait de Les escargots sauvages, un livre de Niki Verderber (dont je fûs un des premiers lecteurs : note d'Amaury)
     
    et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur:  http://www.nikibar.com/

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  • Que de crimes commis en son nom !

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    medium_ubu.jpgUbu, au départ facétie lycéenne, est devenu une pièce de théâtre et est vite entré dans le répertoire "classique" et la mythologie populaire. On le met à toutes le sauces mais Ubu résiste, son dernier avatar n'étant autre que Ben Laden en attendant mieux. Ubu existe, on peut en rencontrer tous les jours.

    "Merdre ! Mère Ubu, c'est ainsi pour l'auteur de cette oeuvre immortelle qui nous mit au monde avec notre pompe à phynances, on lui accorde beaucoup de descendants qui ne mérite pas de sa lignée glorieuse et mitigée.

    - Vous vous trompez Père Ubu, il y a Pennac ou tout auteur insérant quelques mots à l'orthographe bizarre dans sa prose dégoûtante.
    - Que nenni, ma commère ! Merdre de merdre, Jarry est beaucoup plus osé, beaucoup plus imaginatif, comme Queneau en somme, beaucoup plus pataphysicien en somme, pour cette sentence, je m'en vais vous flageller de mon bâton à supplices, Merdre de Merdre de cornegidouille de ma chandelle verte !"

    medium_ubu2.jpg Alfred Jarry était un de ces véritables anarchistes, comme Bierce, qui ne respectent rien, y compris l'idéologie de ne rien respecter. Et sa prose, théâtrale ou non, était beaucoup plus originale. C'est aussi le prototype de l'inadapté social, rétif à toutes les conventions, que l'on rapprochera d'Erik Satie en musique. Il faut relire Jarry et tout Ubu.

    Titre : Ubu roi | Auteur : Alfred Jarry | Editeur : Flammarion

  • Ohmondieumondieu

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    medium_nothomb.jpgMademoiselle Nothomb, fille de diplomates belges très bourgeois, comme ils savent l'être, livre son roman d'automne habituel en 2001. Qu'en dire ? Pas grand-chose, elle puise dans sa réserve de cahiers déjà noircis sans corriger. Amélie bouffe de la pourriture verte sur les fruits, Amélie se ronge les ongles. Qu'un psy s'en occupe car Amélie a perdu son goût, comme un Champagne éventé après trois jours sur le siège avant de la voiture de fonction d'un VRP. En tout cas, ça n'épate plus le bourgeois qui préfère explorer les profondeurs des organes de l'appareil reproducteur de Catherine Millet ou les fantasmes inavouables d'un écrivain aussi exaltant qu'un mormon dépressif atteint de paralysie faciale, Michel H.

    Titre : Cosmétique de l'ennemi | Auteur : Amélie Nothomb | Editeur : Albin Michel

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  • Titre par antonyme

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    medium_groucho.jpgIl faut bien faire vendre un livre de mémoires avec un titre accrocheur. Lorsque Marx prétend être un amant lamentable, ce n'est qu'une ironique antiphrase pour insinuer le contraire. Alors que dans mon cas, ce ne serait que la stricte et exacte vérité de dire que je suis un amant formidable, en effet, pendant que j'écris ces lignes du haut de ma propriété fortifiée en marbre de Carrare sur les hauteurs de Venise, Monica Bellucci et Michelle Pfeiffer se caressent lascivement en attendant ma présence rassurante. Je pense aussi à une autre anecdote que rapporte Groucho. A sa "Bar-Mitzva", il demanda au rabbin quel était le sens de la vie, celui-ci lui répondit en hébreu. Lorsque Groucho lui demanda ce que cela voulait dire, le rabbin lui dit que c'était 800 dollars par trimestre pour les cours d'hébreu. Groucho parle toujours de lui-même avec un sens de la dérision et d'humain caractérisant vraiment l'esprit et l'humour juifs.
    Titre : Mémoires d'un amant lamentable | Auteur : Groucho Marx | Editeur : Seuil (Editions du)

  • (Rires nerveux)

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    medium_ugly.jpgOn se surprend à rire jaune ou nerveusement en lisant ce récit des horreurs perpétrées pas Ugly, un enfant monstre qui doit beaucoup à Matheson. La situation est ici tout à fait différente, tout le monde trouve normale la monstruosité d'Ugly excepté sa petite soeur. Il tue ses grand-parents en voulant bien faire, éxécute son oncle Starsky, nerveux de la gâchette et adepte de l'auto-défense, tombe amoureux d'une jolie aveugle et ainsi de suite jusqu'à l'apothéose finale toute en horreur. Ce livre fût d'abord un feuilleton radiophonique, sur France-Inter en 1986, à l'époque où Desproges officiait, voisinage intéressant. L'auteur, Daniel Mermet, y anime toujours une émission passionnante parlant de tout et de rien.
    Titre : Ugly | Auteur : Daniel Mermet | Editeur : Seuil (Editions du)

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  • L'Orient creuset de nos civilisations

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    medium_yourcenar.jpgCe titre ressemble au sujet d'une dissertation scolaire : "Vous avez trois heures, pas de documents, allez-y..." Ou alors, on pense à un vieux sketch de Bedos : "L'Orient mon vieux Robert !..." Yourcenar connaît tous les Orients, en Europe, en Asie, au Proche-Orient et en Inde dont elle a goûté les sagesses, avant que ce ne soit à la mode, avec Grace Frick, sa compagne. Elle imagine le sauvetage des muses, anciennes déesses, par la mère du Christ, donne une version sensuelle de légendes indiennes. On y respire l'odeur métallique du sang. Elle raconte l'histoire d'un peintre si proche de son art que c'est son existence qui se transforme en oeuvre. On y trouve aussi un prince asiatique qui n'a pas compris grand-chose à son corps et passe à côté de son plus grand amour. En parlant de ces légendes, de ces mythes fondateurs, Yourcenar confirme qu'elle est vraiment une représentante d'une civilisation hyper-raffinée, esthète, d'une intelligence hors-norme et rappelle que le génie existe et est fascinant.

    Titre : Nouvelles Orientales | Auteur : Marguerite Yourcenar | Editeur : Gallimard

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  • Dans le jardin du géant égoïste

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    medium_wilde1.jpgC’est une des plus belles lettres d’amour qui ait jamais été écrite, contre l’hypocrisie, l’intolérance et le culte des apparences. Wilde fait d’une histoire personnelle une histoire universelle comme beaucoup d’auteurs de génie règlant leur catharsis grâce à la feuille blanche.
    Son amant était un Lord, lui n’était qu’un roturier même si dandy. Son tort n’était pas d’être homosexuel, on le lui aurait pardonné à l’époque si les apparences eussent été sauves, elles le furent pour Lord Arthur Douglas. Wilde, contrairement à sa légende dorée, maîtrisait l’argot et aimait fréquenter les voyous et les putains dans les pubs du port de Londres. Il aimait aussi, sans se soucier de ce que l’on pouvait en dire sans voir que les endroits chics qu’il fréquentait n’étaient que des paravents, des toiles peintes. A l’époque, la société anglaise, aussi rétrograde et grégaire dans ses goûts que la société américanisée actuelle où il est bien vu d’être ignare, portait aux nues le statut social.
    Il suffit de voir le microcosme du loft, on en a tant parlé ces dernières années : tous soucieux de leur apparence, de ce que l’on pense d’eux, vivant dans un environnement sans livre, ni film ou quoi que ce soit favorisant la réflexion personelle, tous noyés dans le culte du « même » comme les spectateurs de ce jeu du cirque nouvelle mode.
    medium_wilde2.jpgWilde terminera sa vie en France, après un passage éprouvant par la geôle de Reading dont il tira une ballade sensible. Il mourut dans un hôtel miteux près de l’Odéon, entouré d’amis catholiques, dont les Maritain, qui prétendirent à sa conversion finale sur son lit de mort alors que sa dernière phrase fut : « Ah ! Ce papier peint !!… ». Ce livre n’a rien d’un bréviaire de militantisme homosexuel, mais n’est que le journal d’un amour fou. Le sexe n’a que peu d’importance, seule compte la personne et ce qu’elle est dans sa vérité, voilà ce qu’il nous souffle à l’oreille. La « Recherche du temps perdu » de Proust donnera un autre regard sur l’homosexualité masculine et féminine « belle époque », à se prendre au jeu, on pourrait même tomber amoureux d’Albertine, ce qui est dangereux. Wilde rappelle Charlus et sa medium_wilde3.jpgmagnificence. Ces homosexuels de génie ont engendré une idée fausse sur les gays en général, leur accordant à tous le même talent, ce préjugé sur le fait que les types cultivés en soient forcément. Il y a des imbéciles et des gens intelligents. Ils ont cependant en commun la même sensibilité, la même blessure, de ceux qui ont souffert du regard des autres, qui ont souffert d’être hors-norme. Wilde l’était de plusieurs manières, irlandais, ce qui ne pardonnait pas dans l’Angleterre victorienne, marié et homosexuel, dandy et avide de reconnaissance. Je suis allé sur sa tombe au Père Lachaise un jour, il faisait gris, les immeubles de béton dominaient le paysage, il pleuvait un peu, comme si le géant égoïste d’un de ses contes était encore renfermé dans son château.

    Titre : De profundis | Auteur : Oscar Wilde | Editeur : Stock

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  • L'amour est comme un éternel Présent

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    medium_math1.jpgLes ricaneurs, les cyniques ou les désespérés n’aiment pas les émotions qui deviennent tabous. Le romantisme est un flot d’émotions, quelques fois sans illusions, comme dans « Belle du Seigneur » ou ce livre qui sera peut-être méprisé car appartenant à un genre l’étant également et qui est le plus personnel de l’auteur du « journal d’un monstre ».
    Richard Matheson a écrit un roman de science-fiction romantique sans mièvrerie. Bien entendu, l’argument scientifique est là encore des plus fantaisistes, le héros du roman, qui porte le même prénom que l’auteur, voyageant dans le temps grâce à sa force mentale. Il rencontre dans le passé une jeune actrice dont il était tombé amoureux seulement par l’intermédiaire d’une vieille photo jaunie. medium_math2.jpgLe passé se limite d’ailleurs à l’hotel de bord de mer où elle était descendue. Le présent finit par se résumer à l’amour que finissent par se porter les deux premiers personnages du titre, la mort les sépare par l’intervention inopportune du quotidien, une toute petite pièce de monnaie de notre époque que Richard retrouve dans sa poche.
    C’est un roman d’amour fou sans illusions, la passion ne dure qu’un petit moment trop rapide, le quotidien a tôt fait de l’étioler pour Matheson. L’amour pourrait être aussi un moyen d’échapper à la mort si l’homme gardait espoir et ne se laissait pas rattraper par l’habitude et le héros de l’œuvre se sait cancéreux en phase terminale. Le geste fou de vouloir retrouver une femme qui a vécu des medium_math3.jpgdizaines d’années auparavant l’est moins que de se réveiller à un n’importe quel moment de l’existence et s’apercevoir que l’on n’a rien vécu d’important. Si le monde se limite dans le passé, peut-être fantasmé, c’est que l’amour permet d’ignorer tout ce qui pourrait engendrer le désespoir. Matheson ne dit rien de plus que l’amour ne devrait être qu’un éternel présent.

    Titre : Le jeune homme, la mort et le temps | Auteur : Richard Matheson | Editeur : Gallimard

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  • Faibles femmes

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    Jeunes filles, jeunes femmes, matrones encore accortes, dames de l'âge mûr, vous avez le droit de vous venger si vous estimez que ce commentaire ne vous honore pas (que l'on me passe l'expression). En photos : l'affiche du film de Michel Boisrond tiré du livre, et deux photos d'actrices de cette oeuvre.

    medium_tropbonaff.jpgCe livre faisait partie de l’enfer des bibliothèques de nombreux fonctionnaires des postes (par exemple) il y a peu. Pourtant, il n’y a plus maintenant de quoi y fouetter un enfant de chœur sauf de ceux qui apprécient la messe en latin.
    Une jeune fiancée que l’on suppose ingénue en ces temps lointains va se donner un peu de bon temps avec des révolutionnaires irlandais autant grandes gueules et va-t-en-guerre qu’irréfléchis et un rien stupides. On y compare la Liffey qui coule à Dublin à la Guiness et le courageux commando a pris possession d’un bureau de postes justement, celui du quartier. S’ennuyant un peu dans cette ambiance saine et virile, odeur de sueur, bière et rodomontades, la demoiselle en détresse décide de se faire allègrement trousser dans différentes positions et en différents endroits que la morale réprouve autant qu’un club medium_tropbon.jpgéchangiste à Montlûçon (sud). A la fin, elle sera délivré par un autre imbécile, chevalier sans peur, sans reproche et sans cervelle, qui exécutera les assiègés pour l’inavouable raison qu’ils auraient voulu voir les chevilles de leur otage rougissante, qui l’aura difficilement reconnu à son bien-aimé.
    Avec ce joyeux ouvrage, Queneau montre que l’on peut être paillard sans être vulgaire, immoral sans culpabilité, et donne envie de rechercher le plaisir là où il est. Il ne fera pas beaucoup rire les grincheux et autres atrabilaires qui ne peuvent supporter ça, eux qui s’interdiraient le boire, le manger et la chair medium_tropbon2.jpgtant que leur cause (idéologie, religion : rayez la mention inutile) n’est pas arrivée à maturité. Est-ce pour autant un brulôt féministe ? Cela dépend desquelles. Les Chiennes de garde é-e-s, militante è-e-s de café du commerce chic, n’aimeraient pas beaucoup ça. On peut penser que d’autres comme Gisèle Halimi, qui apprécie la bonne chair et était amie de Frédéric Dard, en rient aux éclats. Mais peut-on faire confiance, en matière de morale, à un auteur, qui fait d’un travesti ayant un numéro de danseuse espagnole, un des personnages principaux de son livre le plus connu ?

    Titre : On est toujours trop bon avec les femmes | Auteur : Raymond Queneau | Editeur : Gallimard

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  • Nicolas Sarkozy vu par Gérard Silighini

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    medium_sarko.jpg"Mais si ma loi sur l'immigration passe, Ils vont me choisir ou ils vont me subir ?"

     

     

     Les récrés de: Nicolas... l' Sarko

    C'est pas vraiment une récré cette fois.

    C'est bien trop sérieux.

    C'est une loi Sarkozy qui viendrait remplacer une loi Sarkozy (La première ne suffisait donc pas?)

    C'est l'idée de l'immigration choisie... non ! jetable... qu'il ne lance que comme des clins d'oeil médiatiques à un électorat qu'il guigne...

    Et il me hérisse, moi qui ne serais pas là si la France n'avait pas accueilli mes grand-parents au début des années 20.

    Il me hérisse, Nicolas l'Sarko... lui qui ne serait pas là non plus si la France n'avait accueilli son père quelques années plus tard...

    Nicolas l'Zappeur,

    Tout lui est bon, même le pire , pourvu qu'on parle de lui, pourvu que ça paye électoralement...

    C'est pourtant vrai que question photos et couvertures de magazines, Nicolas l'Petit ne lui arrive pas à la cheville. ..

    A ne pas suivre...

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  • Un poème de Niki Verderber (Vered-Bar)

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    medium_tempete.JPGJe suis rentrée chez moi, trébuchant sur les pistes âpres de l'enfance,

    Prête à décrasser les vieilles années et les mauvais rêves. Il n'y avait plus personne, les fantômes même s'étaient évaporés.

    Les ruines, pourtant, ne celaient rien : des failles de lassitude Et des débris de gêne aveuglaient encore le bistre des pierres.

    Des craquelures de peine grise suintaient le long des murs.

    Une fragrance d'antan, d'amer, cernait durement les bourrelets de poussière.

    Un chaos cinglait mon angoisse.

    J'ai démêlé ce tourment, ces rides, ces verrues de dissension :
    À ce havre malingre d'autrefois ma vie n'adhérait plus.

    Alors, délaçant les courroies des épaves,
    Décidée d'écarter le passé, j'ai posé mon lendemain
    Hors des marais blessés.
    J'ai troqué le pas de mon destin.
    En passant sur la brume, j'ai cueilli l'ombre bleue de nuit.
    Ma torpeur s'est dissipée.

    Le matin renaissait, et, dans la paume de ma main,
    Les pétales d'étoiles souriaient.

    Le texte chez Niki

     1er accessit avec diplôme de Médaille de bronze au Concours International Littéraire
    Arts et Lettres de France - 2003

  • Un extrait du livre d'Alexandre Jollien - "La construction de soi"

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    medium_zenon.jpg"Je ne m'effraie plus en songeant que peut-être ils persisteront en moi [mes réflexes, ma servitude]. Sur ce point, les stoïciens m'éclairent en forgeant le concept de proclivitas, la disposition aux maux. Ainsi, chacun est le terrain d'instincts, d'inclinations, d'habitudes, et doit bâtir avec ses multiples propensions. Oui, je fuis dans l'avenir. D'accord, je souhaite toujours mieux. Certes, je m'emferme dans des shcémas. Mais, justement, en prenant conscience de nos vulnérabilités, nous pouvons avancer vers la liberté, de sorte que nos petits penchants ne s'attardent pas en nous pour devenir le fond de notre âme."

    Alexandre Jollien - "la Construction de soi" au Seuil - 2006 page 36 

    Les stoïciens chez Wikipédia

    Photo : le buste de Zénon de Crotone, un des fondateurs de cette école 

  • Jenny et Mau-Mau sont bordéliques

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    medium_place.jpgSamedi soir au café Dejazet, près de "chez Jenny", nous parlions tranquillement avec Jenny devant un coca l'ailte (TM) de choses et d'autres. N'ayant pas beaucoup de place, nous nous étions un peu étalés il est vrai sans pour cela bloquer le passage. Quelle ne fût pas notre surprise d'entendre une jeune fille en duffle-coat nous intimer l'ordre de ranger nos affaires et de penser un peu aux autres. Objectivement, cette jeune personne a raison, il faut penser aux autres et ne pas les gêner quand on se trouve dans un endroit public mais il y a des manières de le dire et je crois, à l'entendre, que la ségolènite gagne les esprits (tendance à parler aux autres en cheftaine scoute ou en institutrice psycho-rigide). Nous étions place de la République un samedi soir et c'était comme si Ségolène était déjà élue.

  • On commence à parler de guerre civile en Irak

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    mardi 28 novembre 2006, 9h06

    medium_irak.jpgPour de grands médias américains, l'Irak est désormais en "guerre civile"

    Par Catherine HOURS

    NEW YORK (AFP) - Plusieurs grands médias américains ont décidé qu'ils qualifieraient désormais de "guerre civile" le conflit irakien, au grand dam de la Maison Blanche qui récuse toujours ce terme.

    "Nous avons eu de prudentes délibérations," a expliqué lundi à l'antenne Matt Lauer, présentateur-vedette de NBC, relevant que la chaîne avait hésité pendant des mois avant de se résoudre à l'évidence, au terme d'une nouvelle semaine sanglante sur le terrain.

    Lauer et un expert militaire, le général à la retraite Barry McCaffrey, ont offert de précises explications: une guerre civile oppose au moins deux groupes d'un même pays utilisant la violence à des fins politiques sur fond d'incapacité du gouvernement à enrayer les événements, et le conflit irakien tombe dans cette catégorie.

    NBC a franchi le pas après plusieurs médias ce week-end: le Los Angeles Times utilise désormais le mot sans guillemets, l'éditorialiste de Newsweek estime qu'"il ne peut plus y avoir de doute sur le fait que l'Irak est en guerre civile". Editor & Publisher, magazine professionnel des médias, voit là "un tournant", sans doute précipité par "le pur chaos de la semaine passée".

    "Si ce n'est pas une guerre civile, alors (les Irakiens) préfèrent ne pas voir ce à quoi peut ressembler une vraie", commentait lundi le correspondant de CNN à Bagdad, Michael Ware.

    medium_irak2.jpgMais la présidence américaine a de nouveau rejeté la notion de "guerre civile".

    "Ce que vous avez est une violence religieuse qui semble moins destinée à prendre le contrôle d'un territoire qu'à exprimer des différences et aussi tenter de déstabiliser une démocratie", a dit lundi Tony Snow, porte-parole de la Maison Blanche.

    "La situation sur le terrain est très sérieuse, mais ni le Premier ministre (irakien Nouri) al-Maliki ni nous-mêmes ne jugeons que l'Irak est en guerre civile", a renchéri le porte-parole du Conseil à la sécurité nationale, Gordon Johndroe. "La sécurité de Bagdad et la formation accrue des forces de sécurité irakiennes seront au sommet des priorités de la rencontre (entre Bush et Maliki à Amman) cette semaine".

    Le New York Times, qui jusqu'ici écrivait "au bord de la guerre civile", a aussi décidé d'employer l'expression pour de bon.

    Envoyer un mail à Salam Pax pour recevoir des nouvelles en direct chaque jour et vu de là-bas 

  • Haute couture - article de Gérard Silighini sur le handicap

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    medium_danse.3.jpgJe sors d'un défilé de mode organisé par l'association Trisomie 21 Eure.

    Pronuptia, place du grand carrefour s'était chargé du côté professionnel et c'est quelque chose de remarquable qui se déroulait là... L'acceptation de la différence... La différence comme moteur de l'ensemble ....

    J'avoue que j'avais un peu peur de ce que pourrait donner une telle manifestation, peur que ce défilé de mode ne provoque des apitoiements ou des applaudissement convenus... Ce n'était pas le cas.

    Ce n'étaient pas, assis autour de la piste, des enfants trisomiques et d' autres personnes ; C'était un public soudé.

    Ce n'étaient pas davantage, sur la piste, des mannequins trisomiques et d'autres; C'étaient des mannequins qui défilaient ensembles.

    Il m'est revenu cette anecdote.

    Il y a une douzaine d'années, j'animais le travail d'un groupe d'enseignants et de cadres éducatifs venus de différents pays européens (Pour ceux qui connaissent, il s'agissait d'un programme Arion) et je l' avais emmené visiter une SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adaptée) du département.

    Le principal du collège présentait l'organisation de l'établissement et soulignait l'investissement d'enseignants du collège qui acceptaient d'aller faire cours en Segpa... C'était le cas en particulier du professeur d'anglais ; je crois me souvenir qu'un professeur de lettres y assurait quelques heures également.

    Une enseignante espagnole est alors intervenue, demandant au principal s'il était certain de ne pas faire fausse route.

    "Vous intégrez quelques uns de vos enseignants à la section spécialisée, lui dit-elle, et ils ont le sentiment de faire une bonne oeuvre... Mais ce ne sont pas les enseignants qu'il faut intégrer, ce sont les élèves de la Segpa qu'il faut intégrer au collège... Ce n'est pas la même chose".

    Cette jeune Espagnole avait, en deux phrases totalement renversé, la conception de la prise en charge du handicap qui était la nôtre... Et ce renversement de perspective commence aujourd'hui à s'imposer

    Blog de Gérard Silighini 

  • Se chercher

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    medium_chartreuse.jpgL'auteur de ce livre, qui vient d'une famille aisée et de spiritualité plutôt traditionnelle, a décidé un jour de tout plaquer, selon l'expression, et d'entrer comme moine dans l'ordre des chartreux, dont la règle est certainement une des plus dures : voeu de silence, une vie presque totalement solitaire dans une cellule ressemblant à une grotte d'anachorète, sauf pour assister aux offices et manger avec sa communauté. Cela implique une ascèse très exigeante. Thierry Paillard y était entré en pensant ne jamais en sortir, mais sa quête d'identité ne faisait que débuter. Car finalement, il se sentit très vite mal en Chartreuse, faisant deux ou trois fugues avant d'en être exclu et de se marier avec une jeune femme qu'il aimait finalement depuis des années. Son parcours est intéressant comme témoignage sur finalement l'humanité des postulants à une règle aussi dure que celle des chartreux, leurs défauts et qualités, et que le parcours achoppe parfois sur un écueil. On est quand même un peu gêné, et déconcerté, par la complaisance parfois morbide avec laquelle l'auteur s'analyse. La réflexion sur le même sujet d'auteurs, comme par exemple d'Alexandre Jollien, sera par contre beaucoup plus intéressante.

    Lien vers l'article de Zazieweb :Jollien

    Titre : Le jour où j'ai sauté dans l'infini | Auteur : Thierry Paillard | Editeur : Presses de la Renaissance

  • Lesbienne communiste et militant réactionnaire

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    medium_jonquet.jpgAlors que communiste signifiait encore quelque chose pour les trentenaires ayant connu l'âge glorieux des nageuses est-allemandes aux J.O., ou des interviews de Georges Marchais par Ellkabach, pour les générations ne se rappelant que la chute du mur et l'effondrement des démocraties populaires, cela ne veut plus dire grand-chose, ou alors rappelle l'odeur des merguez de la fête de l'"huma". Les utopies collectivistes semblent bien oubliées, même si cela n'est pas bien grave du fait de leur mise en application parfois meurtrière, on peut quelques fois regretter cependant que les utopies en général soient tant considérées comme de dangereux fantasmes. Dans ce livre, teinté de polar, d'ailleurs paru auparavant comme tel, Jonquet retrace l'itinéraire d'un militant de base, René Castel, qui pour pouvoir réussir son ascension sociale au sein de son usine s'engage en 1947 dans la lutte politique au sein du PCF. Ce même Castel, beaucoup plus tard, connaîtra quelques déboires que l'on ne révélera pas, et sera idolâtré comme sage tutélaire par une jeune femme de bonne famille en rupture de ban du point de vue social, car ne pouvant pas faire un "bon" mariage à cause de son homosexualité et fâchée avec sa famille, publicitaire de son état, souhaitant redonner un nouveau souffle au Parti (avec un grand "p") en le replaçant au coeur de la vie politique.
    Titre : Du passé faisons table rase | Auteur : Thierry Jonquet | Editeur : Actes Sud

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  • Se souvenir des belles choses

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    medium_Nimier.jpgAlors que se multiplient les livres-confessions, qui sous couvert d'autofiction, permettent à des auteurs d'étaler au vu et au su de tout le monde leurs frasques sexuelles, voire d'étudier leurs humeurs corporelles les plus triviales, Marie Nimier parle de son père, Roger. Rien d'extraordinaire dans le prénom, rien d'extraordinaire dans le fait d'avoir un père. Sauf que celui-là est mort alors qu'elle n'avait que cinq ans et possède une légende sulfureuse et une réputation d'insolence avec les cuistres pompeux ou les salonnards prétentieux. Nimier était un colosse, un papa de rêve qui joue au rugby, aime les animaux, était parfois perdu dans la recherche impossible d'une beauté à donner à ce monde sans pour autant se soumettre à des idéologies, d'où qu'elles viennent. Nimier détestait ses propres romans, détestait son époque, pour sa médiocrité, pour la standardisation des individus, et a pris des engagements peu recommandables, incompréhensibles, aux yeux de la majorité bien-pensante. De tout cela, Marie Nimier parle avec tendresse, sans sensiblerie cependant, avec humour et sans impudeur. Son père lui a transmis le goût de la langue, du style, l'exigence créatrice.

    Titre : La reine du silence | Auteur : Marie Nimier | Editeur : Gallimard

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  • La beauté cachée des laids

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    "On m'avait assez répété que j'étais laid : il me fallait le devenir, et j'avais, à quinze ans, assez de jugeote pour deviner que tout se jouerait dans le domaine amoureux, à tout le moins sexuel, puisque, je le savais déjà, j'étais de ceux à qui l'amour est refusé, et qui, par conséquent, doivent séparer ce sentiment du désir qui en est la dimension incendiaire, et consolatrice."

    medium_goya1.jpg

    Le narrateur de ce livre est laid ou du moins se réprésente comme telle. Il s'interdit tout sentiment amoureux et n'a des relations que sexuelles avec des femmes qu'il choisit parmi celles que l'on considère également comme laides. Quand celles-ci ont des vélléités sentimentales, il les quitte aussitôt. Il reste seul et se contente de cette solitude qui lui permet la satisfaction de quelques plaisirs égoïstes. Finalement, il n'est pas si différent des autres.

    medium_goya2.jpgL'amour n'est, dans cette optique, qu'une illusion passagère, fugace. Il vit comme nous dans une société où l'apparence est primordiale, elle conditionne le jugement que l'on aura des autres, une tête un peu plus grosse que la normale, un physique hors-norme, un oeil fatigué. La plupart d'entre nous ne voyons que çà et ne cherchons pas à aller plus loin, à déceler l'étincelle unique que tout le monde a en soi. La laideur est certainement le pire des handicaps car le monde entier vous la reproche constamment, elle est aussi très relative. Que l'on ne parle pas trop cependant de beauté intérieure, cela est une vaste blague dans notre monde tel qu'il est où elle n'intéresse pas grand-monde.

    Titre : Le goût des femmes laides | Auteur : Richard Millet | Editeur : Gallimard

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  • Géant vert

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    medium_hulk.jpgIl est dangereux de se gausser du docteur Bruce Banner. Celui-ci a été exposé à une dose trop importante de rayons gammas en sauvant un jeune crétin qui était resté dans le champ d'une expérience visant à créer une nouvelle arme de destruction massive pour l'oncle Sam. Depuis, quand il s'énerve, (un bouton de chemise qui ne ferme pas, une photo de Michelle Pfeiffer en Catwoman, regarder Mar-Olivier Fogiel...), il se transforme en géant vert surhumain qui finit par devenir un superhéros qui rend la justice de manière brute de décoffrage. Mine de rien, ce "comics" (dessiné par Jack Kirby lui-même, les amateurs comprendront), paraissant un rien "neuneu", se voulait subversif, car ce qui fait exploser Banner, c'est surtout les frustrations accumulées de par l'hypocrisie de notre société, et ce qu'il ne peut exprimer de ce que son père lui a fait subir pendant son enfance comme violences sexuelles (aborder la pédophilie dans une BD dans les années 60, voilà qui était des plus culottés), ce que personne ne veut d'ailleurs entendre ni même écouter (il y a des tabous à garder enfouis, lire aussi sur le même thème dans le genre fantastique "le policier des bibliothèques" de Stephen King).

    medium_hulk2.jpgLe docteur Banner n'était pas si bon il est vrai puisque mettant au point une bombe encore plus terrifiante que toutes les précédentes, Docteur Jekill et Mister Hyde se partageaient déjà sa personne. Cet album est écrit par un des scénaristes en vogue en ce moment, qui a participé aussi à la recréation de "Daredevil", et mis en images par Richard Corben, connu longtemps par les ados post-pubères amateurs de BD des années 70 pour les poitrines défiant les lois de la pesanteur de ses héroïnes tout comme l'appareil reproducteur de ses héros, pour l'anecdote superficielle. Il est amusant de retrouver cet auteur dans le circuit "mainstream" sur une oeuvre opportuniste, mais il est clair qu'il n'a rien perdu de son talent graphique.
    Sites Internet :
    http://www.bedetheque.com/index.php?A=2313
    http://perso.wanadoo.fr/integristebd/corbendream/

    Titre : Hulk, tome 2 : Banner | Auteur : Brian Azzarello, Richard Corben | Editeur : Marvel Panini France sorti en 2003

  • Uchronie délirante

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    medium_vortex1.jpgEn 1937, deux espions nazis hystériques et affreux s'emparent de la machine à voyager dans le temps du professeur Steinberg. L'Allemagne de Hitler compte bien en faire un horrible usage. la séduisante Tess Wood et l'héroïque Campbell sont envoyés pour sauver le monde. Ils partent en 3020 à la poursuite des deux nazis. Pour s'apercevoir qu'à cette époque le nazisme est un cancer recouvrant le monde. Les nazis ont changé le cours de l'histoire et leur Reich a gagné la seconde guerre mondiale. La terreur, la haine, et la sottise règnent sur le monde. Le premier tome, plus spécialement dessiné par Stan met en scène Campbell, tandis que le deuxième medium_vortex.jpgtome, dessiné par Vince, met en scène Tess Wood, les deux auteurs ayant écrit le tout ensemble. Ils connaissent par coeur le genre, la série B et les comics des années 50, ou les couvertures des "pulps" américains avec leurs héroïnes en costume moulant ou bikini rouge déchargeant leur gros fusil laser sur d'horribles extra-terrestres aux yeux pédonculés.

    Sites Internet : http://www.stanetvince.com/
    http://www.actusf.com/BD/interview/itw_stan_et_vince.htm

    Titre : Vortex, Tome 1 : Campbell, voyageur du temps | Auteur : Stan, Vince | Editeur : Delcourt sorti en 2003

  • Exposition intéressante sur Nikibar

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    medium_expo.JPG1. L'Association des Peintres et Artistes en Israël (Agoudat atsayarim) soutient officiellement le site et en a averti ses membres.
     
    2. Une nouvelle exposition : Nataly Volkovich-Kusnetsova http://www.nikibar.com/expo_Nataly_Volkovich_Kusnetsova.htm
     
    Since 1991 member of Artist Union of the USSR.
    Since 1994 member of International Association of Art (AIAP) UNESCO.
    In 1994 was awarded the Shoshana and Mordechai Ish-Shalom prize for her painting.
    In 1996 was awarded scholarship Ministry of Science, Research and Culture of land Schlesvig-Holdstain (Germany).
    In 2003 prize of Israel Ministry of Culture "Cite International des Arts" Paris - residents & work. Some paintings are being kept in the stores of the Artist Union of the USSR.
    Some paintings were sold to the Ministry of Culture of the USSR, to private collections in Russia, Israel, France, USA, UK, Belgium, Germany, S.Korea, etc.
    et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur http://www.nikibar.com/

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  • Blanches colombes et vilains messieurs

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    medium_calypso.jpgL'auteur de ce recueil, colonel dans l'armée suisse, certainement un vieux monsieur célibataire, nous fait part de son obsession des nymphettes dans une totale impudeur. L'auteur de cette anthologie avait d'ailleurs écrit un excellent article dans "le Figaro littéraire" sur le même sujet en rappelant que les Lolitas ne savent pas ce qu'elles veulent et que maintenant de nombreuses femmes sont des Lolitas en puissance, qu'Ulysse fût un des premiers hommes à l'apprendre et le comprendre. D'ailleurs, celuiè-ci est reparti bien vite vers sa Pénélope mais Humbert K. l'imagine soupirant parfois en regardant la mer. Par une bizarre coincidence, il s'appelle Humbert comme Humbert Humbert du roman de Nabokov et K. comme le héros du Procés de Kafka. Ce livre, loin de toute dérive pédophile et d'apologie de cette perversion ignoble, fait quand même la nique à ceux qui rêveraient du retour d'un ordre moral qui ne dit pas son nom et nous fait rêver à une sexualité libérée de toute culpabilité ou dissimulation, ce qui justement pousse aux actes graves de moins en moins tus depuis quelques années ce qui est tant mieux gràce à cette volonté de ne plus dissimuler.

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  • Un emmerdeur de première

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    medium_yanne.jpgCertains feront la fine bouche devant ce livre. Car si Jean Yanne emmerdait le monde, c'était surtout les "trouduculpompeux" qui "trouduculpompisent", qui aiment bien s'écouter parler en se regardant dans le miroir. D'ailleurs, depuis qu'il est mort, ce sont les cons qui lui tricotent des hommages hypocrites qui sonnent comme autant de "enfin, on est débarrassés !". Il y a dans ce livre un ensemble de petites phrases méchantes, provocatrices (ô bonheur !) et de répliques incisives comme : "Quand j'entends le mot culture, je sors mon transistor" ou "la légion d'honneur c'est comme les hémorroïdes, n'importe quel trou du cul peut l'avoir". Cela me rappelle le conseil que donna Marcel Aymé au sujet de ses décorations au président qui voulait lui remettre un de ces hochets... Il est qualifié d'anar de droite, appellation un rien sotte, car il avait la bizarrerie, pour d'autres plus doctrinaires de ne pas sacrifier sa liberté pour une quelconque idéologie, toujours très quelconque comme toutes le sont. Il a aussi le paradoxe pour notre élite si brillante et autoproclamée de concilier Godard et Bouvard, Goretta et la grosse farce, Jean-Philippe Toussaint et Paul Préboist. En fait, c'était surtout un emmerdeur...

    Site Internet :
    http://www.ecrannoir.fr/stars/acteur/yanne.htm

    Titre : Je suis un être exquis | Auteur : Jean Yanne | Editeur : Cherche Midi éditeur (Le)

  • Riquet à la houppe et la laideur

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    medium_Riquet.jpgUne dessinatrice de caricatures pour touristes m'arrête à Montmartre, elle me dit que j'ai un visage "intéressant" ; Cela voulait-il dire que j'étais si laid ? J'aurais pu mal le prendre mais finalement cela signifiait que j'étais unique en mon genre et que mon individualité était plus intéressante que d'autres visages plus lisses ou plus formatés.
    Sur le livre de Millet, je reviendrai plutôt sur la réflexion au sujet de la laideur et de la conception ultra-subjective de celle-ci que Millet ébauche. Celle-ci est intéressante. Qu'est-ce que la laideur ? Sinon, un outil parmi d'autres nous permettant de mesurer notre capacité à aller vers l'autre, à essayer de le rencontrer... Il est amusant de voir que la laideur a souvent eu comme corollaire la capacité à séduire : Brantôme, petit et bossu, Robespierre, souffrant d'un pied bot, Gainsbourg (mon laid préféré)... La blessure induite par la laideur a souvent entraîné une attirance pour la création, bien que tous les laids ne soient pas des créateurs et que tous les laids ne soient pas des génies.

    Riquet à la houppe, millet à la loupe | Auteur : Catherine Millet | Editeur : Stock sorti en 2003

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  • Trop vieille à quarante ans ?

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    medium_anpe.3.jpgElle a la quarantaine, elle est jolie et a "des formes" qui ne sont pas à la mode à notre époque de mannequins sous-alimentés. Elle a un parcours professionnel atypique qui pourrait passer pour chaotique aux yeux des plus conformistes. Elle a à peine la quarantaine et pourtant, on la trouve déjà trop vieille pour certains postes ou on lui reproche de ne pas avoir suivi des rails confortables. Elle avait plein de projets, elle s'occupe d'humanitaire, d'aider les autres pour ne pas sombrer et pourtant, on ne veut déjà plus d'elle. Elle commence, elle qui respire la joie de vivre, à penser qu'elle n'a plus d'avenir.

    On peut lui écrire ici et je lui transmettrai. 

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  • Une expo sur l'enfance interdite - article de Sud Ouest

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    Poursuivi pour une expo au CAPC

    medium_expo.3.jpgSix ans après qu'il a quitté la direction du CAPC, le musée d'Art contemporain, Bordeaux se rappelle à la mémoire de Henry-Claude Cousseau, aujourd'hui à la tête de la prestigieuse École nationale supérieure des beaux-arts, à Paris. Mardi, au sortir d'un interrogatoire de près de quatre heures, le conservateur, âgé de 60 ans, a été mis en examen par Jean-Louis Croizier, le doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Bordeaux. En tant qu'organisateur, en 2000, de l'exposition « Présumés innocents, l'art contemporain et l'enfance », il lui est reproché d'avoir contrevenu à plusieurs articles du Code pénal relatifs à la protection de l'enfance.


    La suite ici sur le site de Sud Ouest

  • Prophétique(s)

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    medium_Edern.jpgLe même de mes amis dont il fût déjà question dans mes chroniques, qui est soucieux de mon esprit, m'a montré il y a une semaine un livre sur des prophéties dont celle-ci : "Il s'écrira beaucoup de mauvais livres au XXe siècle et après". Il est à noter que cette prophétie se réalise chaque jour un peu plus. Il s'écrit beaucoup de mauvais livres, publiés ou non, par de pseudo-génies méconnus ou pas. Jean-Edern Hallier, souvent caricaturé, souvent brocardé, parfois à juste titre, le personnage plus grand que nature se prétait à la raillerie, pestait contre tout cela comme le rappelle l'auteur de ce livre et surtout au sujet de la bêtise ou des icônes obligatoires, de la charité à la une et des littérateurs sans grand talent ni imagination. Contrairement à beaucoup de commentateurs littéraires, politiques, musicaux contemporains, le monde de Jean-Edern ne ressemblait pas à Disneyland, un monde où le bien et le mal sont confortablement bien distingués. Ce n'est pas grave d'être caricaturé, ce qui l'aurait été, c'est d'inspirer l'indifférence.

    article de Mylène Koziel

    medium_Edern1.jpgCeux qui pensaient qu’Edern était mort seront déçus. Ils peuvent se retourner dans leur tombe de cadavres morts-vivants. Avec la Stèle érigée par Arnaud Le Guern, Edern est devenu Immortel, vivant pour l’éternité de l’Art. Le Dragon continue à cracher ses flammes à travers la bouche de Le Guern. Mais ici, il n’est pas absolument pas question de biographie : « ce livre est tout sauf un petit objet littéraire vaguement biographique. » Laissons cela à ceux qui n’ont rien à dire, ces scribouillards rapiécés, ces disciples d’Onan qui n’éjaculent d’aucun mot. Ici, il n’est question que de style. Partouzard, hédoniste, orgasmique. Celui de Céline d’abord, celui d’Edern ensuite, celui de Le Guern enfin. Il style, donc il est. Il style-streame sur les vagues de la Déesse Mer, porté par l’Eole des mots. Sur la plage-page, sa Stèle pour Edern célèbre l’union sacrée de Lady Poésie avec Mister Pamphlet, pour la gloire de l’Eternité. Celle d’Edern, celle des Immortels, celle de la Littérature.
    Jean-Edern et sa bande d’Idiots, les Terroristes du Verbe, les Fanatiques du Mot. La « Déesse Littérature » ne souffre medium_Edern2.jpgpas les païens. « Djihad édernique », leguernien, fondamentalement intégriste. La guerre est déclarée. A coups de bombes littérorristes à la figure de tous ceux qui ont peur et qui tremblent dans leurs caves humides. Tous les « pieds-pensants » qui pourrissent dans la tiédeur du conformisme. Les scripouilluex esclaves du trottoir littéraire. Les faux bourgeois du Verbe que la Monarchie guillotine en place du Livre. Les pseudo-intellos qui s’écoutent parler et qui prennent l’Artiste pour un bouffon. Mais « dire des idioties de nos jours où tout le monde pense profondément, c’est le seul moyen d’avoir une pensée libre et indépendante» (Boris Vian). Et Le Guern de déverser son « déluge d’idioties », dans le sillon creusé par Jean-Edern et L’Idiot international. Apocalypse now, mais sans Arche de Noé. Le style insecticide débarrasse la Terre Littérature de la vermine rampante et des mauvaises herbes.

    Titre : Stèle pour Edern | Auteur : Arnaud Le Guern | Editeur : Jean Picollec sorti en 2005