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  • Allo - Oui - noeud (devine quelle fête se cache derrière ce rébus)

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    medium_addams.jpgAujourd'hui, j'allais presque oublier la fête de Allo-Oui-Noeud mais une meute de gamins hurlants et criards, accompagnés de mamans empressées que l'on donne bien une bonne quantité de sucreries à leur progéniture, qui viennent d'entrer dans le cyber-café viennent de me le rappeler. C'est fou comme une fête sans fondements réels dans la culture française, importée des Etats Unis car il n'y avait rien entre les vacances et Noèl pour que les commerçants vendent un peu plus de sottises. Certains iront jusqu'à dire que c'est une vieille tradition païenne d'avant le christianisme y voyant même sans réfléchir beaucoup un argument pour la laïcité, d'autres à l'inverse célèbreront "Holy Wins" par réaction, faisant encore un peu plus de publicité à cette fête macabre. Cela me rappelle aussi mon amusement devant les deux films sur la "Famille Addams", peut-être encore plus le deuxième, qui montrent une famille de doux dingues complètement rétifs à ce que le commun appelle la normalité c'est-à-dire la médiocrité. Les Addams possèdent effectivement un avantage non négligeable sur leurs entourage : ils acceptent les autres tels qu'ils sont...

    PS : Dans ce film, on peut voir Christina Ricci qui enchaîna après sur quelques "OualDisniaiseries" et tourna ensuite avec Terry Gilliam et d'autres des films plus intéressants. 

  • L'apparence selon Cioran

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    medium_Cioran.jpg"Je me délie des apparences et m'y empêtre néanmoins ; ou plutôt : je suis à mi-chemin entre ces apparences et cela qui les infirme, cela qui n'a ni nom ni contenu, cela qui est rien et qui est tout. Le pas décisif hors d'elles, je ne le franchirai jamais. Ma nature m'oblige à flotter, à m'éterniser dans l'équivoque, et si je tâchais de trancher dans un sens ou dans l'autre, je périrais par mon salut."
    [Cioran, Emile Michel - De l'inconvénient d'être né - Gallimard]
    Cioran n'est pas un nihiliste, c'est en fait un mystique, sa pensée, son raisonnement philosophique l'ont amené à se tourner vers le bouddhisme qui répond à ses inquiétudes.

  • "Peeping Brian"

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    medium_bdp1.jpg"Phantom of the paradise", superbe opéra Rock, flamboyant, extrêmement ironique sur les chanteurs éphémères, romantique et violent, contient tout le cinéma de Brian de Palma, y compris sur des tics de filmage qui deviennent quelques fois agaçants, comme l'abus de "split screen". Ce livre est l'oeuvre d'un passionné qui aime bien son sujet, et l'a choisi par goût. Il parcourt toutes ses oeuvres : de "Hi Mom", film d'apprentissage jusqu'à "Femme Fatale", ou même "Mission:Impossible". Certains films de De Palma ne sont pas que des commandes sans âmes, où alors il les détourne, ainsi "Mission:Impossible" introduisant des constatations très acides sur le pouvoir de simulacre de l'image et de l'apparence. Quand il adapte des livres, comme "Le bûcher des vanités" ou "Carrie", il les intègre à son univers, à sa psyché, ce qui est le signe d'un véritable auteur.
    medium_bdp2.2.jpgIl ressemble à Kubrick à bien des égards excepté la froideur, comme le suggère le titre du livre faisant référence bien sûr au célèbre personnage de Fritz Lang observant l'humanité de repaire ultra-moderne, voyeur et démiurge. Il est peut-être plus humble devant son art, mais tout aussi exigeant, s'intéressant sans cesse aux nouvelles possibilités offertes, ainsi qu'aux nouvelles créations. Il refait souvent le même film. Son film-clef est peut-être "Blow out", "petit" film un peu vulgaire dans sa mise en oeuvre, un peu putassier, mais remarquable d'intelligence cependant dans son propos sur ce que l'on appelle le genre, le cinéma en général, l'horreur (il faut d'ailleurs regarder jusqu'au générique final).
    medium_bdp3.jpgBrian de Palma est de la même stature que Raoul Walsh en son temps, ou Howard Hawks, c'est aussi un individualiste comme d'autres "jeunes gens" de sa génération de cinéastes, "le nouvel Hollywood" arrogant, génial et un peu trop clinquant des années 80. Un de ses films, "Scarface", est un film légendaire dans les banlieues pour le côté clinquant et rêve de destinée grandiose pour les lascars ou les racailles. On voit que ce réalisateur est donc bien un auteur qui ne laisse indifférent personne.

    Titre : Les mille yeux de Brian de Palma | Auteur : Luc Lagier | Editeur : Dark Star paru en 2004

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  • Propagande et cinéma

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    medium_guerre1.jpgCe livre analyse les films de guerre, d'espionnage, d'action : des "blockbusters" commerciaux aux films d'auteur, et leurs rapports avec le complexe militaro-financier. Il en dégage essentiellement deux catégories : les films exaltant la politique américaine de type républicain et/ou le statut quasi messianique que se donne les Etats-Unis, d'autre part les films plus critiques : de "Air Force One", montrant un super-président, fin homme politique, courageux devant les méchants, homme du peuple, mais aussi un type super-sensible (Bush junior a-t-il trop regardé ce film ?) à "Croix de Fer" de Sam Peckinpah...
    medium_guerre2.jpgIl existerait même selon lui une troisième catégorie plus perverse de genre de films, la plus intéressante, de ceux qui ressemblent à des "actioners", des "véhicules" pour stars musclées à la mâchoire carrée, et sont beaucoup plus caustiques voire acides : comme "Starship Troopers", montrant la fascisation de la société américaine qui pourrait suivre un impérialisme poussé trop loin de Paul Verhoeven ou "la somme de toutes les peurs" de Phil Alden Robinson, dans lequel c'est la politique américaine, les ventes d'armes à des dictateurs et les officines gouvernementales ne se souciant que modérément de la démocratie qui provoquent un désastre.
    medium_guerre5.jpgCertains de ces films plus pervers malmènent jusqu'à l'image publique de la star virile et la retournent complètement jusqu'à la dérision la plus totale : ainsi "les proies" de Don Siegel, qui montre Clint Eastwood en soldat sûr du bon droit de ses chefs, d'avoir tout ensemble Dieu, la morale et le Bien de son côté, qui pense également séduire quelques jeunes filles du pensionnat où il échoue, il se révèlera finalement lâche, imbécile, retors, menteur, calculateur et souffrira les conséquences. D'ailleurs Clint Eastwood montrera complètement l'envers du messianisme dans medium_guerre4.jpgplusieurs de ses films (avec le plus de talent selon moi dans "Un monde parfait").
    Enfin, Jean-Michel Valantin définit une notion indispensable à comprendre pour saisir les tenants et aboutissants de la politique américaine qui est son sentiment d'être le nouveau peuple élu (cf. la politique US aux Proche et Moyen Orient). C'est la raison pour laquelle les peuples se permettant de critiquer ou de ne pas accepter les diktats, ou les alliances hasardeuses, sont de plus en plus montrés, en particulier les français, comme arriérés, mystérieux, hypocrites et dissimulateurs.

    Titre : Hollywood, le Pentagone et Washington. Les trois acteurs d'une stratégie globale | Auteur : Jean-Michel Valantin | Editeur : Autrement

  • Moi et mes "rondeurs"

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    medium_confiserie.jpgJ’ai toujours été rond, gros, bas de poitrine, bouboule, obèse, boule de suif, un peu enrobé, enveloppé, gras, voluptueux, pulpeux, imposant. Quand j’étais tout petit, je ne pleurais que pour manger, il paraît, et j’étais déjà un bébé de poids dés la naissance, une publicité pour savons ou bien ressemblant à l’un de ces angelots joufflus en stuc que l’on trouve dans les églises baroques. Un rond pour le visage, deux ronds pour les joues, un rond pour le corps et deux bâtons pour les jambes, il n’est pas dur de me dessiner. Je possède en outre beaucoup de caractéristiques communes avec les ours. Il arrive que j’hiberne quand je suis crevé et il ne fait medium_conf2.jpgpas bon alors de me réveiller avant l’heure. Je suis de la même humeur qu’un grizzli le matin avant de prendre un café bien noir et un ou deux croissants. Parfois, quand j’entends de la musique, je me dandine et cela amuse les autres danseurs qui pour un peu jetteraient des pièces. Mais ils savent arrêter leurs rires car il arrive aussi que j’envoie quelques coups de pattes bien placées. Comme les ours, je suis aussi un grand sentimental et on peut alors me serrer dans ses bras sans grands problèmes, je ne ferai pas de mal bien au contraire.

     

    Pendant l’enfance, je ne me suis jamais posé de questions sur mon physique, grâce à l’amour de mes parents qui m’avaient tout de suite accepté tel que j’étais. J’avais aussi une coquetterie dans l’œil gauche ce qu’un ours aurait bien trouvé utile pour la chasse car jamais ses proies n’auraient su medium_conf3.jpgs’il les regardait ou pas. Pendant une bonne partie de l’adolescence, cela a continué pareillement, un de mes amis m’avait trouvé un surnom : « Ma boule », ce qui donnait « Mau-Mau t’es ma boule ». Je laisse cette blague pour expliquer l’origine de mon surnom ce qui, je pense, ne manquera pas de passionner les dizaines de biographes qui se pencheront sur mon existence plus tard, n’en doutons pas. J’ai alors regretté de ne pas ressembler à ces types, qui sur les écrans ou dans la vie, semblaient tellement sûrs d’eux, tellement à l’aise. Au lycée, medium_conf4.jpgj’étais le nounours de la classe, un « teddybear » pour les autres, j’étais « la petite boule stressée » que l’on voyait foncer au loin sur une des passerelles de la gare quand j’étais en retard. Je ne comprenais plus toutes ces choses, que les autres élèves m’appréciaient vraiment pour ce que j’étais alors que, moi, je ne voulais plus être moi. A l’université, c’était pire que tout, j’étais désespéré puis quelqu’un m’a vanté mes rondeurs voluptueuses. Mais pour moi qui ne voulais plus être moi, elle se moquait de moi, c’était certain.

     

    medium_ours.jpgJ’ai trouvé une annonce qui se proposait de m’envoyer au Proche Orient pour y être au départ, professeur de français, c’est du moins ce que je croyais. Là-bas, mon apparence n’avait aucune importance et j’ai recommencé à trouver qu’être moi ce n’était pas si mal : les petits voleurs dans les rues de la Vieille Ville, je les connaissais tous au bout de six mois, m’appelaient « Boumba » ce que je n’ai pas besoin de traduire et quelqu'un que je voyais souvent de l’autre côté de la ville avait décidé de me nommer « Boule de suif ». Au début, ces surnoms m’agaçaient, puis finalement, « Boule de suif » dans le conte de Maupassant ne songe qu’à se faire accepter et se fait mépriser par des personnes beaucoup plus méprisables qu’elle dont elle sauve la vie, et quant aux petits voleurs, j’étais plus proche d’eux que bien des gens qui prétendaient connaître cette région du monde. Et ceux qui me connaissaient bien et que j’aimais ne m’appelaient plus seulement « Boumba » mais « Cœur blanc ». Quand je suis rentré de ce pays qui est pour moi maintenant ma terre promise aussi, je suis retombé dans mes anciens travers, c’est comme si je n’avais rien compris à ce qui s’était passé pendant ces deux années heureuses malgré les fâcheux qui parfois me réduisaient comme d’autres avant à mon ventre, jaloux peut-être du bonheur que je vivais. J’ai réussi à dégonfler un temps de nombreux kilos en trop mais comme je ne voulais toujours pas être moi, cela ne servait pas à grand-chose.

     

    Et puis, il y a quelques semaines, quelqu’un m’a donné ce désir de me retrouver enfin, mais chut, c’est un secret, je crois que je suis un peu amoureux…

     

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  • Un texte de Niki Vered-Bar - un caractère de la Bruyère moderne

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    Je mets ce texte de Niki en ligne en attendant de terminer un texte que je lui écris sur les "rondeurs"... 

    BOLLOG
    Bollog, celui qu'on attend longtemps, longtemps...


    medium_bollog_1.JPGCette fois, Bollog est la personne qu'une entreprise va vous envoyer. C'est le livreur du mazout ou de la machine à laver que vous venez d'acheter, à moins que ce ne soit lui qui va vous installer la vidéo… Bref, c'est celui qui doit arriver le jour tel ou tel, "dans la matinée" ou "dans l'après-midi". Et encore, si vous avez de la chance... (Il n'est pas rare que l'on vous dise que Bollog viendra tel jour, et que vous ne puissiez sortir de chez vous du matin au soir.)
    Dans votre cas, on doit vous apporter la table que vous avez commandée, et le livreur, Bollog, viendra demain, entre 8 heures et 12 heures. En accord avec votre mari, c'est vous qui resterez à la maison. Vous avez averti votre employeur. Cela peut s'arranger : vous ferez des heures supplémentaires pendant le week-end, et tant pis pour le resto avec votre famille…
    Dès potron-minet, vous attendez SA venue. Vers midi moins dix, vous commencez à vous tracasser et vous téléphonez pour savoir ce qui se passe. La secrétaire vous répond :
    - Il n'est pas encore là ? Il va arriver d'une minute à l'autre, il n'est pas encore midi, après tout…
    Midi, midi et quart, midi et demi, pas de Bollog. Vous téléphonez de nouveau :
    - Il n'est pas venu ? Ce n'est pas possible ! Vous en êtes sûre ? demande la secrétaire.
    Ça, c'est la meilleure !
    - Bien sûr que j'en suis sûre ! S'il était venu, je le saurais tout de même !
    - Bon, ça va ! Ce n'est pas la peine de crier comme ça…
    On aura tout vu ! En fait, tout cela, c'est de votre faute…
    Mais la secrétaire n'est pas si inhumaine que cela, elle va se renseigner, puis vous dit :...

    La suite ici sur le blog de Niki

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  • Témoignage d'un prof de ZEP

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    medium_classe.jpgJe suis prof de ZEP depuis dix sept ans, et prof tout court depuis 22 ans.
    J'ai adoré ce métier. Mais dès que je pourrais, je vais le quitter.
    Pas à cause des mômes, non, mais à cause des mutants dans le genre de Miss Clochette qui n'ont plus aucune conscience politique, sont contaminés au dernier degré par le pédagogisme et ont a peu près autant de recul critique qu'une choucroute en boîte. Je ne veux pas finir ma carrière entouré de ces khmers didacticiens qui ne lisent plus, ne pensent plus et ont le sourire béat des candidats aux abattoirs à venir.
    Syndrôme de Peter Pan, Clochette, tu ne grandis pas, ton blog sent la mort et les grands sentiments, c'est la même chose, tu es mûre pour le fascisme.

    Adios

    Lien permanent Catégories : Politique
  • Nouvelle mode du court

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    medium_mode.jpgNote plus futile quoique. Parfois, la mode est réellement ridicule, parfois moins mais il y en a une qui me pose question en ce moment, c'est celle des gilets, vestes, blousons ultra-court sur un poulovère ou un sous-pull qui arrivent sous les aisselles des filles qui les portent. On a alors l'impression qu'elles s'habillent avec les vêtements de leur petite soeur. Bien sûr, la pub leur fera croire que c'est leur choix personnel de se vêtir ainsi, leur style mais le conditionnement social fait faire malgré tout bien des choses réellement ridicules. Tous les goûts ne sont pas dans la nature.

  • "Flags of our fathers"

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    medium_flags.jpgJe viens de voir le film de Clint Eastwood et j'ai adoré, il dit au moins une chose très justre : les peuples sont de la chair à canon pour les puissants, que ce soit pour la guerre entre pays ou la guerre économique. Les puissants ne font que corrompre l'honneur, le courage et la fraternité des soldats qui ne servent au bout du compte qu'à maintenir le système en place. Ensuite, les héros retombent dans l'oubli, ils rappellent des périodes trop douloureuses à évoquer ou trop gênantes pour la majorité qui s'est contenté de rester dans son coin et survivre. Les héros rassurants comme dans le film de Spielberg sur la seconde guerre mondiale sont des leurres confortables.

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  • Le site de Niki

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    medium_Niki.JPEGJ'ai connu Niki il y a huit ans à Jérusalem, elle tenait le standard de l'hopital français ou hopital Saint Louis entre la ville moderne et la vieille ville. J'ai découvert peu à peu tous les dons de Niki qui a fait son aliyah dans les années 70. Niki écrit, elle a un style très poétique entre Queneau et Pérec, Niki peint, très bien même, et Niki, je crois, a même fait du théâtre. A cela, il me faut rajouter la création d'un site ici en lien, le Nikibar. Pour le petit personnage rondouillard qui fait le lien entre les pages qu'elle a créé, je la soupçonne de s'être inspiré d'un ancien coopérant qui venait très régulièrement discuter avec elle, elle qui connaît des gens très bien comme les acteurs des films d'Amos Gitaï. Je vais lui faire du cirage de pompes mais c'est en grande partie gràce à elle que j'ai pu me libèrer de mes préjugés concernant Israèl et accèder à une meilleur compréhension beaucoup plus nuancée du conflit israèlo-palestinien.

    Un livre de Niki : "les escargots sauvages" paru en 1999 à la librairie Racine

    1. envoyez des voeux d'anniversaire personnalisés. http://www.nikibar.com/envoyez_un_mail.htm
    2. publiez sur le site de courts textes. http://www.nikibar.com/Publiez.htm
  • Abolir les partis ?

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    medium_PS.jpgIl y a quelques temps, un éditorial de "la Nef", journal catholique dont la rédaction est composée de nombreux anciens d'"Immédiatement" ancienne formule, proposait l'abolition des partis pour que tout le monde marche enfin dans le même sens et que l'on avance, prétextant que finalement droite et gauche c'est pareil, que l'on applique simplement les théories qui fonctionnent. Ils auraient dû aller plus loin dans leur raisonnement, cela s'appelle medium_UMP.2.jpgde l'"empirisme organisateur" et a été enoncé par Charles Maurras au sein de la ligue d'"Action Française" avant la première Guerre Mondiale. Cela se répand de plus en plus sur le Net et correspond aussi à une dérive perverse de la société libérale qui est que peu de monde supporte encore la contradiction et la différence car cela remet en cause l'allégeance de la majorité au libéralisme sensé continuer à nous procurer le même confort matériel.

    medium_lcr.jpgSauf que droite et gauche, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Bien sûr, tout le monde se retrouve sur le respect des libertés publiques et des droits de l'homme quoique parfois je doute de la sincèrité de tous les hommes politiques sur le sujet. Je me suis demandé si cela pouvait être aussi une pose de ma part, une manière personnelle de se mettre en valeur, mais la conception de l'économie à droite diffère malgré tout vraiment de medium_FN.2.jpgcelle de la gauche excepté quelques points de gestion objectifs qui ne peuvent pas être menés autrement que d'une seule manière, et encore d'ailleurs. La droite actuelle subordonne tout à l'économique en restant fixée sur la vieille idée que quelqu'un qui est pauvre est quelqu'un qui ne veut pas s'en sortir. Malheureusement, elle est suivie en partie là-dessus par quelques uns à gauche qui sont dans l'idée qu'il y a des impondérables : l'Europe, la mondialisation. Or, ce ne sont pas des fatalités malgré tout le bourrage de crâne que l'on nous en fait.

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  • A minuit tous les humains sont gris...

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    medium_minuit1.jpgJ'ai eu envie de parler, ou reparler, de ce livre après avoir lu dans un hebdomadaire conservateur une critique du film qui en a été tiré par Clint Eastwood. Cette critique prétendait que cette oeuvre était une apologie de l'homosexualité. Cela est malgré tout intéressant car cette constatation amène au coeur du problème : juger ou non les autres êtres humains et surtout les condamner sans aucune chance pour eux de pouvoir s'en justifier. C'est aussi que l'esthète, l'amateur d'art ou de littérature, ayant goûté au "Gai Savoir", fait peur car il sort des préoccupations du commun : manger, boire, dormir, gagner beaucoup d'argent, se marier, avoir des gosses et se ranger socialement.
    Dans le livre, John Berendt présente plusieurs personnages hauts en couleurs de Savannah, excentriques, apparemment futiles, légers mais tous n'ayant cure de la morale commune, de Lady medium_minuit2.jpgChâblis, qui joue son rôle dans le film, travesti beaucoup moins grotesque que certains pseudo-fermiers, assuré, dissipé et libre, l'homme qui promène un chien invisible, Luther et la grande prêtresse vaudou, à Jim Williams, esthète, amateur d'art, fin, cultivé, intelligent, homosexuel et ayant un goût prononcé pour les petites gouapes vulgaires, du moins selon les apparences : tout de l'image que l'on se fait habituellement de l'homosexuel, une image rassurante. Mais, comme d'autres, Williams a une part d'ombre. Un soir, il abat un jeune homme chez lui.
    La vérité est délicate à trouver, il plaide la légitime défense. Tout le monde pense à une affaire de moeurs ayant mal tournée entre un giton et son protecteur mûr. Nul ne pense à une question d'amour passionnel partagé...

    Titre : Minuit dans jardin du bien et mal | Auteur : John Berendt | Editeur : Belfond

  • Situation invivable des précaires enseignants, un exemple de Victor Lherbinier

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    medium_HIV.jpgAlors que les collègues titulaires s'en moquent plus ou moins pour une grosse moitié d'entre eux, souvent les plus jeunes malheureusement (L'une d'elles m'a dit qu'elle ne parlait que de ce qu'elle connaissait et ne voulait pas faire de politique, voir son argumentaire ici, il y en a même eu une pour me dire qu'elle ne descendrait jamais dans la rue pour titulariser les contractuels et une autre pour affirmer que les précaires parlaient trop d'argent sans pour cela proposer la moitié de son salaire), ils vont être cependant obligés de faire 32 heures complètes de travail par semaine au lieu des 18 heures de cours admises jusque là du fait du licenciement massif des aides-éducateurs, contractuels enseignants et ATOS et des surveillants. Comme d'habitude, ce sera d'abord sur la base du volontariat en attirant les volontaires à l'aide d'heures sup' puis imposé. Quant à ce jeune collègue qui travaille sur Gisors pour huit heures trente d'heures de cours par semaine soit même pas un mi-temps, je viens d'apprendre qu'un poste plus intéressant financièrement aux Andelys est subordonné à lui trouver un remplaçant à Gisors ce qui est virtuellement impossible. En gros, on se moque de lui.

    Le site du ministère pour plus d'éclaircissements, monsieur de Robien adore le dialogue

  • Mon syndrôme de la marieuse juive

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    medium_timide_et_sans_complexe.jpgQuand j'ai lu le commentaire d'Alfredo à mon post sur le Prince Eric, cela m'a rappelé mes nombreuses tentatives de marieuse juive quand j'étais en fac. Bien sûr, comme tous ceux atteints de SMJ, j'avais du mal à trouver quelqu'un pour moi. Je me souviens particulièrment d'un timide qui me demandait des conseils. Je lui dis donc un jour d'aller au cinéma puis ensuite au restaurant pour discuter et voir s'il pouvait y avoir des affinités. Le lendemain de cette sortie avec une charmante donzelle qui avait déjà un camarade de jeux, ce qu'il savait, il m'avoua être bien allé au cinéma mais voir "la liste de Schindler" et qu'ils avaient tellement pleuré en sortant qu'ils n'étaient pas allés au restaurant ensuite. Un peu plus tard, après avoir passé son agrégation dont il m'avoua que c'était aussi pour impressionner les demoiselles, il avait à ce moment là une sorte d'aventure platonique avec une femme mariée, je compris qu'il préfèrait les histoires compliquées à leur concrétisation. Mon SMJ s'en est trouvé frustré...

    photo : Les héros de "Timide et sans complexes", feuilleton sympathique des années 80

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  • Des hommes, des vrais !!

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    Pauvres hommes !
    medium_zemmour1.jpgJe ne me sens pas particulièrement "métrosexuel" (ces nouveaux hommes qui se maquillent, prennent soin de leur corps commes les femmes et rêvent d'amour comme dans "Amour, gloire et beauté") ou féministe tendance service d'ordre du MLF mais ce livre m'a fait rire. L'auteur reproche aux hommes actuels de s'être laissés corrompre par les valeurs féminines et d'y avoir perdu leur identité virile. Il oublie qu'il s'adresse à une toute petite minorité. Car il me semble que la grande majorité masculine développe plutôt une identité machiste et phallocrate à l'extrême dans les cités dites "difficiles" ou les quartiers réputés l'être moins de quelques "petits blancs".

    medium_zemmour2.jpgEt ce n'est pas si mal que les valeurs féminines, ou réputées l'être, soient adoptés par les hommes; Et au risque de passer pour un hormosessuel à ses yeux, je répète que j'aime tellement la féminité que je me fous des réflexions de Zemmour. les valeurs féminines conduisent à plus d'équilibre et -un peu- moins de violence. Zemmour a raison au moins sur un point, c'est la généralisation du couple comme modèle ultime, et des sentiments exhibés avec fierté jusqu'à la mièvrerie, les voies un peu différentes étant très mal considèrées.
    Titre : Le Premier Sexe | Auteur : Eric Zemmour | Editeur : Denoël en 2005

    Un lien vers un article anti-Zemmour d'Angèle Paoli mais que je trouve tout aussi insupportable finalement sur la fragilisation de l'identité masculine

    Une interview de Zemmour sur le Mague

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  • Peut-on critiquer les religions ? L'émission de Bern hier soir

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    medium_synagogue.jpgHier soir, j'ai regardé l'émission de Bern sur les religions dont la question était : "A-t-on le droit de critiquer les religions ?". Y étaient invités des représentants des trois religions monothéistes dont Jean-Michel Di Falco, plutôt ouvert, un rabbin semblant plutôt libéral et un imam musulman modéré qui aime bien la critique "si elle est constructive" (quand ce n'est plus une critique donc), le député se proposant d'instituer une loi anti-blasphème, Odon Vallet, Rachida Khalil, Jacques Attali, de loin l'intervenant le plus subtil et le plus nuancé de la soirée. Il a rappelé que les trois religions "du livre" ont permis de cultiver medium_reims.2.jpgl'espérance des croyants au cours des siècles et qu'elle en a poussé certains à massacrer ce qui est incontestable. Il me semble pour ce que je connais que la position de Monseigneur Di Falco est cependant bien isolée vis-à-vis de la grande majorité des croyants actuels ; les catholiques progressistes ont des enfants qui ne vont plus à la messe, les jeunes qui pratiquent aujourd'hui aiment plutôt la messe en latin et une doctrine très carrée bien éloignée du medium_mosquee.jpgquestionnement de l'époque précédente. Les juifs ont été une communauté extrêmement meurtrie par la Shoah, c'est le moins que l'on puisse dire, mais une jeune femme présente sur le plateau, Olivia Cattan (auteur avec Kenza "du Loft" de "Deux femmes en colère") a opportunément rappelé le sort de ses semblables qui leur est réservé par les plus intégristes et le Talmud. Quant à l'imam, il a paru beaucoup moins vindicatif finalement que Mouloud Aounit pour qui toute critique de l'Islam s'assimile à du racisme et qui compare Redeker à Ben Laden. J'ai trouvé çà assez effrayant qu'une partie du public l'applaudisse pour cela.

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  • Réactionnaire ?

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    medium_reac.jpgHier, en regardant l'émission de Bern sur les religions, je ne pouvais m'empêcher de penser à une chose. Nos politiques pour la plupart, les médias et les "gendegôche" ne se rendent absolument pas compte que l'époque est réactionnaire malgré les jeans taille basse et les nombrils à l'air. Ce n'est même plus çà, pour la plupart des gens la question ne se pose même plus. A notre génération, tout de suite après 68, on a fait croire que tout était possible, que toutes les aspirations étaient envisageables mêmes les rêves les plus fous, maintenant l'on veut plus simplement avoir un boulot, le garder, partir de temps en temps en vacances et pouvoir élever un ou deux enfants. Par peur de perdre un confort certes précaire, tous ou presque prête allégeance à la société libérale, on reste docile, on ne fait pas de vagues, on est prêt à obéir à tout. En passant, on remarquera d'ailleurs que c'est plutôt l'hyper-libéralisme qui a tué le sens de la communauté et non "Maisoissantuite" dont les plus ardents militants ont été de toute façon phagocytés par le système. 

  • Copinage : Céline Minard à la radio

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    medium_celine.jpgMa note qui parle de son roman à ce lien; Céline était invitée hier à l'émission littéraire du mardi de "France Culture", on peut l'écouter par là. C'était une camarade de lycée hors-norme, une fille extravagante et, malheureusement pour moi, BM (pour connaître la signification de ce sigle, voir plus bas), une amoureuse de la littérature qui bien que nous n'ayons pas du tout les mêmes goûts en la matière écrit avec un style original et ouvert ce qui change. 

    PS : BM signifie Broute Min... dans le langage châtié de la Souris.

    photo : portrait de Céline en poètesse

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  • Une journée type

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    medium_horloge.jpgHier matin, je ne me suis pas levé de bonne heure contrairement à Marcel P. mais vers neuf heures à l'hotel où je dors le lundi soir du fait de l'impossiblité de sortir de ma chambre du lycée et de l'obligation de la partager avec un collègue contre lequel je n'ai aucun grief mais qui semble préfèrer comme moi ne pas être envahi par un importun. Ce que j'attend toujours impatiemment en commençant ma journée c'est de pouvoir consulter les commentaires sur ce blog ou celui des Moissonneuses et les mails de Jenny, Kelp et Alfredo. Après deux heures dans le car, de retour vers Evreux, en écoutant pour la énième fois Todd Rundgren, et en lisant "le guerisseur de cathédrales" de Philip K. Dick que mon libraire habituel m'a déniché et qui complète ma collection des romans de cet auteur, collection d'ailleurs complète maintenant, je me précipite au cybercafé proche de la gare routière d'Evreux pour consulter encore une fois Internet. A croire que je vais sombrer dans le cyberautisme pour oublier la sottise de ce monde hyper-libéral. Après être rentré de chez des amis vers minuit (à ce propos,  évitez le cidre brut fermier, çà colle une migraine infernale), je continue ma lecture de Phil Dick et reçoit juste avant de dormir un SMS du docteur Ames qui me met de bonne humeur pour la nuit. C'est amusant mais gràce à tout cela je n'ai plus envie de "fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve".

     

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  • Maigret se fait une toile

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    J'ai fortement pensé à Simenon lundi soir, à ses romans et à leurs adaptations cinématographiques, l'hotel où j'étais pouvant être un décor d'une enquête de Maigret...

    medium_maigret1.jpgOn trouvera tous les renseignements officiels, les indications utiles dans le livre, "D'après Simenon" de Claude Gauteur. Cependant, cet ouvrage manque un tant soit peu d'une opinion détaillée et ne tournant pas à la louange obséquieuse. L'auteur ne donne que des opinions d'inconditionnels absolus du commissaire à la pipe qu'ils aimeraient même s'il était joué par un travesti en tutu.
    Maigret a eu différentes incarnations. Celles de la télévision sont plus inscrites dans les mémoires que les autres, cinématographiques - excepté Gabin - : Jean Richard et Bruno Crémer. Celui-ci a medium_maigret2.jpgpris, et acquis la fausse lourdeur du commissaire, son air un peu las d'observateur en fait jamais lassé de ses frères humains. On sent bien grâce à lui que Maigret ne juge pas, ne condamne pas. Malgré tout, la reconstitution des années 50-60 souffre quelques fois du manque de crédits de la production, de plus les costumes des acteurs, figurants compris, sont trop bien repassés, trop nets. C'est le musée Grévin. Personellement, je retrouve plus Maigret et l'écriture de Simenon dans les téléfilms avec Jean Richard qui fut d'ailleurs l'incarnation d'un autre personnage de la littérature policière, alias Bérurier, et de comédies paysannes ou troupières qu'il faut bien oublier. Je n'ai jamais compris l'obligation de situer les enquêtes de Maigret dans les années d'écriture des romans alors que leur conjoncture n'a aucune importance finalement. medium_maigret3.jpgC'est l'humain qui prime, et les vices et perversion, travers et défauts de la nature humaine n'ont pas changé d'un iota.
    Au cinéma, il ferait chic de citer automatiquement l'interprétation de Pierre Renoir dans le film de son frère tiré de "la Nuit du Carrefour" dont des scènes seraient perdues. C'est celle que préférait Simenon. On constate simplement que même si, esthétiquement, le film est de toute beauté quant à l'utilisation du noir et blanc, du clair-obscur, il a beaucoup vieilli sur la description psychologique des personnages. L'Occupation vit l'américanisation "ponctuelle", pour cause d'embargo des films hollywoodiens, de Maigret qui devient plus un "privé" à caractère officiel agrémenté d'un "sidekick" comique à la noix. medium_maigret4.2.jpgC'est Albert Préjean, le séducteur des écrans de l'époque qui le jouait. A noter cependant un film à sketches de la même époque avec Michel Simon qui donne une vision originale du personnage, une sorte de trahison "fidèle" à la manière d'Elliot Gould pour Marlowe plus tard. On dit beaucoup de bien des deux films avec Jean Gabin. Je m'attendai donc à un diamant noir serti de sombre exploration de l'âme humaine. Quelle déception ! Montmartre sent le studio et Jean Desailly en psychopathe sent trop le jeu d'acteur de théâtre. A ce sujet, il serait intéressant - parenthèse intellectuelle - de réfléchir sur les acteurs au théâtre et au cinéma comme a pu le faire André Bazin en son temps ou les "Cahiers" en leur temps.
    Ce qui manque aux films de Maigret, c'est de rendre l'atmosphère urbaine sans sombrer dans le cliché absolu, et surtout les descriptions de Simenon, où l'urbanité, les maisons, les quartiers, les immeubles avec cour, le pavé des trottoirs deviennent comme une abstraction.

    En photos : deux Maigret de cinéma, Gabin et Albert Préjean, deux Maigret de télévision, Bruno Cremer et Jean Richard

  • Incompatibilité ?

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    Bernanos dans "Charlie Hebdo"
    medium_bernanos.jpgOn s'aperçoit que Bernanos peut "émouvoir de colère, de haine ou de joie" tout le monde et qu'il ne se réduit pas à l'extrème droite. On penserait ne pas le trouver dans "Charlie Hebdo", mais il s'y trouvait bien il y a quelques temps sous la plume de Philippe Lançon qui cite les "grands cimetières sous la lune" sur la "colère des imbéciles" :
    "la colère des imbéciles remplit le monde. Il est tout de même facile de comprendre que la Providence, qui les fit naturellement sédentaires, avait des raisons pour cela. Or, vos trains rapides, vos automobiles, vos avions les transportent avec la rapidité de l'éclair". Comme le souligne Philippe Lançon, "l'exportation de soi devient alors un désastre".

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  • Prête-nom classique

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    Un histrion peut-il être un génie ?
    medium_moliere.jpgCe livre se demande, travaux à l'appui, si Molière (libertin au sens premier du terme) ne serait pas qu'un prête-nom pour Corneille, déjà auteur de tragédies reconnues. Tout historien peut remettre en cause à peu près tout sur la foi de ses études. Denis Boissier fait donc un travail d'historien tout à fait sérieux dans l'esprit. Cependant, on remarquera que la question inverse n'est jamais posée : un auteur de comédies peut-il aussi avoir écrit des tragédies ? En France, les auteurs de comédies, et les comédiens encore plus, sont tellement déconsidérés que personne ne se posera la question alors qu'objectivement, dans le même esprit qu'un travail historique, on pourrait malgré tout se la poser aussi. Ce genre d'interrogation est récurrente depuis quelques décennies, c'est une sorte de "marronnier" éditorial qui revient régulièrement.
    Denis Boissier ne va cependant pas jusqu'au bout de son travail de reconstitution des moeurs des créateurs pour une époque. La comédie à l'époque de Molière était fortement teintée d'improvisations que les comédiens finissaient par rejouer quand celles-ci "marchaient" sur le public, car jouer était medium_corneille.jpgaussi vivre ou survivre. Tout n'était pas mis sur papier. Il me semble aussi que ce travail, certes sincère et sérieux, ressort de l'opinion communément admise sur les histrions, les artistes, les poètes, les peintres et musiciens depuis le triomphe social de la bourgeoisie. Ces gens-là ne sont pas sérieux, sont des paresseux qui masquent leur incapacité à s'adapter aux règles communes sous des prétextes fallacieux de création artistique.
    On a posé la même question à propos de Shakespeare, comédien, d'origine populaire, chef de troupe, qui n'aurait pu écrire les pièces géniales encore jouées de nos jours un peu partout. Il fallait que ce fut son rival Marlowe, érudit, plus "sage" dans son comportement, plus "bourgeois" en somme.

    Titre : L'affaire Molière : La grande supercherie littéraire | Auteur : Denis Boissier | Editeur : Jean-Cyrille Godefroy paru en 2004

  • Vision millénaire en attendant le bus

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    medium_bedouin.jpgHier soir, en allant chez des amis, j'allai m'asseoir à côté d'un vieux monsieur africain en djellabah pour attendre le bus. Il avait un calot sombre et son vêtement était couleur de terre, il portait des mules en cuir dans lesquelles il était pieds nus. A la main, il tenait un chapelet en ébène et métal qu'il égrènait lentement en psalmodiant les 99 noms de Dieu qu'il y a dans l'Islam. La mélopée était facile à comprendre et à chaque nom il ponctuait d'un "Allah Akbhar" un peu plus fort. En une seconde, j'étais sur la piste pas loin de Djibouti. Bien sûr, pas d'exotisme de pacotille ni d'idéalisation d'une image de bon sauvage, car c'était peut-être une vieille fripouille madrée mais sa prière exhalait quelque chose, la nostalgie d'un paradis perdu, d'une sagesse immémoriale oubliée...

  • Retrouvons le prince Eric

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    medium_Erric.2.jpgMau-Mau et la plupart de ses commentateurs sont des voyous peunkes, des libertaires qui ne respectent rien mais ils sont capables de bonnes actions. Si vous avez des nouvelles de fffff ou aaaaa ou Louis-Joseph ou fram, dîtes le, si fffff lit ce message, il faut qu'il réponde à la Rubia avec qui il a, semble-t-il, des choses en commun.

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  • Ubu n'est pas mort

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    medium_Hugo.jpgLe père Hugo, Victor, s'était inspiré de l'histoire d'un homme qui avait volé un morceau de pain, condamné pour cela au bagne, pour écrire "les Misérables". On pensait que c'était loin tout çà. Quatre garçons ont volé des viennoiseries dans une boulangerie à Grenoble et risquent d'être condamnés pour cela à une peine de prison ferme comme le confirme ce lien vers le site de LCI que l'on ne peut suspecter de gauchisme. Le procureur dit répondre à la demande de fermeté du ministre et, ce qu'il ne dit pas, à la "vox populi", cette fameuse "majorité silencieuse" de "braves gens" écervelés, ces serreurs de fesses effarés. Ubu n'est pas mort, il a remis en route la "pompe à phynances". Les partisans de ce ministre et les autres diront que c'est très grave un vol, que çà doit être puni. Il y a quelques années, un juge avait acquitté une femme qui avait volé de la nourriture pour ses enfants. Les temps changent très vite, il y a de quoi s'effrayer...

  • Le rêve d'Alain-Fournier

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    J'ai eu envie de parler d'Alain Fournier après avoir vu la bande-annonce du film sans envergure sur son roman le plus connu : Yvonne de Galais y est une mini-bobo minaudante, et Meaulnes une sorte de rebelle de cités en plus désuet. 

    Le gilet de Meaulnes
    medium_AF2.jpgAlain Fournier s'est perdu quelque part dans une forêt qui n'était pas Brocéliande, un lieu où l'on trouve des personnages fantastiques, des jeunes filles aux yeux tristes, mais simplement un champ de bataille atroce. Il n'a pas eu le temps d'écrire énormément. On retient surtout de lui son seul roman "Le grand Meaulnes", ses poèmes "Miracles, poèmes et proses", sa correspondance amicale avec Jacques Rivière, d'une amitié rare, ses chroniques et critiques étonnantes. Il n'eut pas le temps de terminer son deuxième roman "Colombe Blanchet". L'auteur de ce livre divise plus ou moins son ouvrage en deux parties : l'une traite medium_AF.jpgplus de l'auteur et de son parcours, l'autre est une relecture du "grand Meaulnes", oeuvre qui le fascine et qu'il étudie d'ailleurs à travers tout le livre finalement car la division de cette étude est finalement arbitraire.

    medium_AF3.jpgMeaulnes fascine par l'irruption du fantastique, de l'extraordinaire, dans la banalité des jours qui passent. Ce voyage intérieur commence dés le moment où le narrateur entrevoit le gilet de Meaulnes, d'une couleur et d'un tissu d'une élégance hors du temps. Ce gilet, selon Antoine Sonnet, c'est la tentation de partir en laissant tout derrière soi, de s'abandonner à ses rêves, larguer les amarres vers une terre d'où la routine est absente, où l'amour est toujours libre de toutes contraintes sociales ou morales.
    Finalement, "Le grand Meaulnes", c'est déjà de l'autofiction car le "je" y existe avec force. C'est aussi un roman qui rappelle que la part d'enfance est absolument nécessaire à la vie de n'importe quel être humain.

    Titre : Le rêve d'Alain Fournier | Auteur : Antoine Sonet | Editeur : Duculot publié en 1952 (offert par Néhel)

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  • Les néo-conservateurs

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    Le messianisme nouveau est arrivé
    medium_Bush.2.jpgIl y a beaucoup de préjugés sur les Américains en ce moment, beaucoup de clichés pas toujours exacts, en particulier sur la guerre en Irak, dûs en partie à la popularité mérité des films de Michael Moore ou aux sketches des "Guignols". Pour beaucoup d'habitants des Etats-Unis, en majorité protestants pentecôtistes, dont ses dirigeants, leur nation est comme un nouvel Israël pour les croyants dans le Dieu de la Bible, un phare des nations pour les autres peuples redonnant un modèle moral sûr et solide, et surtout facile à comprendre, face à un monde qui ne l'est plus du tout. L'Amérique s'est retrouvé une "Frontier", morale cette fois-ci, une quête du bien. Ces nouveaux réactionnaires, comme on les appelle, ou néo-conservateurs, me font penser personnellement à ces jeunes couples catholiques que l'on voit de plus en plus dans certains milieux en France. On les dit rayonnants, ils suintent la gentillesse par tous les pores de leur peau, chantent avec chaleur à l'église quand ils ne tiennent pas la guitare tous les dimanches. Mais le tout est faux car sous l'apparence de bon humeur se cache souvent une dureté extrême de jugement sur la morale ou la politique.

    Titre : L'Amérique messianique : les guerres des néo-conservateurs | Auteur : Alain Frachon, Daniel Vernet | Editeur : Seuil (Editions du) paru en 2005

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  • Jeunes et vieux cons

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    Qu'est-ce qu'un vieux ? Qu'est-ce qu'un jeune ?
    medium_mazaurette2.jpgDans ce livre manifestement de poids (2 kilos 5 soient 480 pages que je n'ai pas terminées car j'ai un blocage que j'explique ci-dessous), l'auteur, qui a aussi longtemps sévi sur Zazieweb et ayant également écrit "Nos amis les hommes", présente deux héros, jeunes, qui se transforment en snipers pour dégommer les vieux au fusil à longue portée, en fait tous les tenants d'une autorité, d'un ordre social, moral, d'acquis sociaux.
    Ce ne sont pas les seuls car un peu partout, les meurtres de vieux se multiplient, au départ sans raison apparente. Du passé, ces jeunes veulent faire table rase.

    medium_mazaurette.jpgBien, mais quand devient-on vieux ? Quand n'est-on plus jeune ? Il y a des jeunes qui ont des aspirations de vieux : rappelons que le rêve de la majorité des jeunes en 2004 est de devenir fonctionnaire, d'être bien "installés" comme ils disent, de disposer de tout le confort moderne et de continuer à consommer à leur guise. Il y a des vieux qui ont des aspirations de jeunes et pas seulement rester physiquement inchangés. Et on se rappelle de la chanson de Brassens qui chante qu'il n'y a pas d'âge à la sottise. Beaucoup de jeunes sont acquis à tous les préjugés sociaux les plus imbéciles : du sexisme au racisme en passant par l'écoute de chanteurs kleenex imposés par la publicité. Et Peter Pan ne s'aperçoit pas qu'il vieillit et devient le capitaine Crochet...

    medium_mazaurette3.jpgL'auteur de ce roman écrit maintenant des critiques de films porno dans un magazine pudiquement appelé masculin : scénario et dialogues en passant par le jeu des acteurs. Certes, l'idée est amusante, très second degré et teintée d'une aimable dérision. Je doute cependant que les lecteurs de cette revue en apprécie tout le sel. Au mieux, ceux-ci se sentiront déculpabilisés qu'une femme écrive ce genre de texte. Il n'y pas longtemps, celle-ci était encore invitée chez Stéphane Bern et Ariel Wizman dans une émission de divertissement où elle eut peu de temps pour parler de son livre. Elle portait un "sweater" avec une effigie de la Vierge dessus pour se faire remarquer comme elle l'a d'ailleurs dit avec franchise. Mais il y a longtemps que cela ne choque plus grand-monde ce genre de provocation...

    Titre : Le pire est avenir | Auteur : Maïa Mazaurette | Editeur : Jacques-Marie Laffont

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  • Le couple parfait

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    medium_barbie.jpgElle porte un tailleur très chic ou une veste dite autrichienne, ou bien encore un louque beaucoup plus simple, presque "étudiante". Elle a un chignon ou un carré toujours impeccable et un maquillage parfait. Même après un accouchement, on ne voit aucune séquelle. Même lorsqu'il s'habille "sport", son mari est parfaitement élégant, un jean "501", des "docksides" pieds nus (attention "private joke"), un petit pull coll en v négligemment posé sur ses épaules habillées d'un polo "Lacoste" ou d'une chemise à carreaux Vichy bleue et blanche. Il arrive à paraître viril même quand il s'occupe de ses enfants qu'il porte sur son ventre dans un harnachement spécialement pensé pour comme doivent le faire les "nouveaux" pères. Chez eux, jamais un bruit plus haut que l'autre et le moindre divertissement à l'usage des gosses a d'ailleurs un medium_ken.jpgintérêt pédagogique et quand le dernier rejeton trace un "A" ou toute autre lettre maladroitement sur un tableau ou sur le mur de sa chambre, c'est l'extase. Les enfants n'ont jamais la paix, ne s'ennuient jamais, donc ne rêvassent pas, le rêve n'améliore pas la performance faut-il le dire. Tous les deux, elle et lui, arrivent à être selon tout leur entourage, d'une simplicité exemplaire et ils distribuent leurs conseils réputés éclairés à tout le monde. Arrivés à cinquante ans la plupart du temps, ils se sont tellement ennuyés que le couple se délite, qu'ils finissent par se séparer ou font chambre à part pour maintenir les apparences. Je préfère quant à moi les maisons où l'on se dispute, où l'on rit beaucoup,  où l'on se moque, où les enfants ont le droit de s'embêter et font parfois des sottises, où l'on est humain en somme.

  • Racisme ordinaire

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    medium_senat.jpgDeux attachées parlementaires voulaient prendre un café à la buvette du Sénat. Il est à signaler qu'elles sont d'origine africaine. Un sénateur UMP, réfléchissant sur une loi concernant la ségrégation au travail, débarque sur le lieu et commence à pester car il trouve que l'endroit est vraiment sale. Il interpelle les deux jeunes femmes en leur disant que c'est "vraiment sale ici, qu'il faudrait penser à nettoyer, compris ! Nettoyer !". L'une des deux dames lui répond alors en lui précisant leur fonction. L'autre s'embrouille alors et précise "qu'il a un beau-frère antillais". Y-a-t-il quelque chose à rajouter ?

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