mardi, 31 octobre 2006

Propagande et cinéma

medium_guerre1.jpgCe livre analyse les films de guerre, d'espionnage, d'action : des "blockbusters" commerciaux aux films d'auteur, et leurs rapports avec le complexe militaro-financier. Il en dégage essentiellement deux catégories : les films exaltant la politique américaine de type républicain et/ou le statut quasi messianique que se donne les Etats-Unis, d'autre part les films plus critiques : de "Air Force One", montrant un super-président, fin homme politique, courageux devant les méchants, homme du peuple, mais aussi un type super-sensible (Bush junior a-t-il trop regardé ce film ?) à "Croix de Fer" de Sam Peckinpah...
medium_guerre2.jpgIl existerait même selon lui une troisième catégorie plus perverse de genre de films, la plus intéressante, de ceux qui ressemblent à des "actioners", des "véhicules" pour stars musclées à la mâchoire carrée, et sont beaucoup plus caustiques voire acides : comme "Starship Troopers", montrant la fascisation de la société américaine qui pourrait suivre un impérialisme poussé trop loin de Paul Verhoeven ou "la somme de toutes les peurs" de Phil Alden Robinson, dans lequel c'est la politique américaine, les ventes d'armes à des dictateurs et les officines gouvernementales ne se souciant que modérément de la démocratie qui provoquent un désastre.
medium_guerre5.jpgCertains de ces films plus pervers malmènent jusqu'à l'image publique de la star virile et la retournent complètement jusqu'à la dérision la plus totale : ainsi "les proies" de Don Siegel, qui montre Clint Eastwood en soldat sûr du bon droit de ses chefs, d'avoir tout ensemble Dieu, la morale et le Bien de son côté, qui pense également séduire quelques jeunes filles du pensionnat où il échoue, il se révèlera finalement lâche, imbécile, retors, menteur, calculateur et souffrira les conséquences. D'ailleurs Clint Eastwood montrera complètement l'envers du messianisme dans medium_guerre4.jpgplusieurs de ses films (avec le plus de talent selon moi dans "Un monde parfait").
Enfin, Jean-Michel Valantin définit une notion indispensable à comprendre pour saisir les tenants et aboutissants de la politique américaine qui est son sentiment d'être le nouveau peuple élu (cf. la politique US aux Proche et Moyen Orient). C'est la raison pour laquelle les peuples se permettant de critiquer ou de ne pas accepter les diktats, ou les alliances hasardeuses, sont de plus en plus montrés, en particulier les français, comme arriérés, mystérieux, hypocrites et dissimulateurs.

Titre : Hollywood, le Pentagone et Washington. Les trois acteurs d'une stratégie globale | Auteur : Jean-Michel Valantin | Editeur : Autrement

11:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Littérature, Politique | |  Facebook

Commentaires

Brillante analyse d'une situation compliquée à stopper. A plus sur http://desirsdereaction.over-blog.com

Ecrit par : Fred | mardi, 31 octobre 2006

Mau-Mau ou "Comment je vais ruiner les gens en leur donnant une furieuse envie de passer à la Fnac" (que j'ai à 100 mètre du boulot).

Ecrit par : Jenny Ames | mardi, 31 octobre 2006

C'est un bon investissement pour plus tard.

Ecrit par : Amaury | mardi, 31 octobre 2006

Il n' aura pas de plus tard. Les Grands singes rigolent déjà dans l'ombre.
Adios

Ecrit par : winston bonobo | mardi, 31 octobre 2006

Le bonobo favori du blog est bien pessimiste. Il est vrai que la conjoncture ne rassure pas vraiment.

Ecrit par : Amaury | mardi, 31 octobre 2006

Avis selfo-ballardien, surtout.

Ecrit par : Jenny Ames | mardi, 31 octobre 2006

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