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  • Roger Nimier et Louis Malle

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    medium_nimier.jpgEn relisant un livre sur Louis Malle, avec qui il a collaboré sur "Ascenseur pour l'échafaud", je me suis aperçu qu'il existe énormément de connexions entre les livres de Nimier et le cinéma des années 60. Les héros de l'écrivain, si l'on peut dire, ne sont pas des marionnettes archétypales mais des êtres humains réels avec leurs faiblesses et leurs qualités. Beaucoup ne se soucient nullement d'un quelconque engagement politique, ou alors quand celui-ci est désespéré, et constitue une sorte de prolongement de leur propre autodestruction. On retrouve cet esprit à la fois futile et sans espoir de Nimier et des hussards dans "les Amants" ou "le souffle au coeur", voire "Milou en mai", quant aux films de Malle. medium_malle.2.jpgMais il est également présent dans "Leon Morin prêtre" et bien sûr dans "un singe en hiver" et les divers scenarii et adaptations de Louise de Vilmorin. Malheureusement, futilité et désespoir, quand on les accole, sont deux concepts très vite transformés en clichés, en fantasme de jeune bourgeois désoeuvré : si je m'ennuie c'est parce que je suis rebelle au monde. Bien sûr, le problème des films engagés est bien souvent -à l'inverse et comme pour toute religion révélée ou non - d'être bien trop dogmatique : les bourgeois sont méchants, le peuple est gentil (autre fantasme d'après 45 qui permettait aussi d'oublier la lâcheté quasi générale pendant l'Occupation). Nimier avait déjà cessé d'écrire quand il a participé aux films de Louis Malle, se trouvant incapable de transcrire avec vérité le moindre de ses sentiments ou ses réflexions, trouvant cela trop nombriliste, et ironiquement a terminé comme dans un rêve de midinette : tué au volant d'une voiture rapide à côté d'une jeune et jolie femme blonde.

  • Amaury et les filles

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    medium_chevalier.jpgQuand il était plus jeune, il n'y pas longtemps en fait, Amaury se faisait des filles une idée idéale, romanesque et romantique. Il s'imaginait vivre des grandes amours contrariées belles et tragiques. Il n'avait pas compris qu'il n'aimait pas des filles mais des archétypes. C'est une caractèristique qu'il partage avec Philip K. Dick, pas la seule d'ailleurs car il est presque aussi allumé (il est dur d'arriver au niveau de Phil Dick). Pourtant, gràce à ces trois soeurs, il aurait pu déjà se faire un point de vue plus précis. C'est en fait gràce à ses camarades féminines d'université qu'il a commencé par se poser des questions. medium_parisienne.jpgLa première, Laure, lui a montré que l'on pouvait être séduisante et cultivée, sensible à Josquin des Prés et apprécier les énormités (dans tous les sens que cela implique), Caroline, elle, aimait bien les gentils garçons mais elle préférait prendre les mauvais comme amants. Comme Claire. Le cas le plus intéressant étant bien sûr Elodie qui condensait en elle, lui semblât-il, tous les défauts que l'on attribue d'habitude aux femmes : inconstante, voulant être aimer de plusieurs personnes en même temps sans avoir à choisir, incapable de ponctualité, légère comme une bulle de champagne et parfois très prosaïque. Avec elle, Amaury a compris qu'il était loin d'être un chevalier blanc en armure mais que finalement il avait exactement les mêmes défauts qu'il lui reprochait.

  • Le but de mon régime

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    medium_style.jpgVoilà quel est le but de mon régime, ressembler à ce personnage, être aussi mince et distingué. Ou à peu près. J'en ai marre de ma grossitude : les gros sont sympas, des bons vivants mais ce sont aussi des types, ou des femmes, tragiques. Remarquons que c'est gràce à ce sens de la dérision dont ils sont parfois dotés, tous n'ont pas cette chance, qu'ils peuvent rencontrer des personnes dotées de sensibilité.

    Lien permanent Catégories : Photos
  • Les gestes d'avant

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    medium_cuisine.jpgNotre époque a remis en avant plusieurs interdits en les camouflant sous d'autres vocables recouverts d'une couche de bonnes intentions. Certains vont jusqu'à se plaindre d'une surabondance de liberté et réclamer plus de contraintes. Ceux qui devraient espèrer de vivre "à grands rênes" ne rêvent que d'être fonctionnaires. On raille la culture, le raffinement considérés comme ringards, beaucoup sont même fiers d'être incultes. Et la grande majorité se soumet au pires conformismes qui soit : la dictature de l'apparence, du langage standardisé, des attitudes morales admises. Le tout détruit progressivement nos libertés dans l'illusion d'un confort qui compense cette perte.
    medium_cuisine2.jpgCe livre montre clairement, et à juste titre, que la culture ne se limite pas à l'amoncellement de références livresques, filmiques, artistiques ou intellectuelles en général, mais que cela englobe aussi la gastronomie, et l'appréciation du monde et des autres personnes en général. Le héros de ce livre, un cuisinier, continue des "gestes d'avant" la dictature, et les transmet. Ces gestes ne sont pas simplement des réflexes mécaniques, mais aussi des raffinements qui permettent de créer et qui reflètent la personnalité. Ils reflètent donc aussi l'épanouissement réel d'une personne hors de tout conditionnement extèrieur. Ce ne sont pas non plus des traditions irrespirables, aliénantes, empêchant le progrès et les avancées, mais une possibilité de se libérer de pesanteurs post-modernes.

    medium_cuisine3.jpgEn ces temps d'hygièniquement correct, beaucoup se sentiront au mieux coupables de gourmandise en lisant ce livre, au pire s'en moqueront et repartiront faire du rameur en salle de gym. C'est aussi une question que pose ce livre, le corps n'est pas une machine à exercer des performances, une mécanique sans âme, ou sans esprit, bien que l'on puisse se demander parfois si une grande majorité d'employés de grandes entreprises ou d'administrations n'est pas remplaçable par des robots. Il ne s'agit pas donc pas seulement de nourriture ou de "bouffe" mais de convivialité et de vie en commun, les uns reliés aux autres sans la médiation de machines. Il n'y a rien de mieux qu'un repas pour créer un lien social finalement...

    Titre : Vie et passion d'un gastronome chinois | Auteur : Wenfu Lu | Editeur : Philippe Picquier

  • Un homme de poids

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    medium_suffren.jpgmedium_brantome.jpgIl y a quelques temps encore, par bravade, j'aurais cité Alexandre Dumas qui était très rond, et un bon vivant jusqu'à la fin, et pourtant séducteur. J'aurais parlé du Bailli de Suffren ou de Brantôme qui, en plus avait un pied bot, mais que cela n'a pas empêché d'avoir plusieurs dizaines d'amantes. Seulement voilà, ces hommes vivaient en des époques où cela n'avait guère d'importance, où le comportement des uns et des autres n'était pas constamment jaugé par les moralisateurs de tout poil et de toute obédience, où le physique était considéré sur un plan non de performance  mais d'après la personnalité de la personne considérée. J'ai donc décidé de perdre du poids, le plus possible, car c'est finalement la seule solution pour que mes compétences et mes talents éventuels soient considérés plus objectivement. J'aurais pu faire "Guy Carlier" mais je n'ai pas de disposition pour le pathétique. 

    Illustrations : le buste du Bailli et Brantôme

  • Kafka et le recrutement d'enseignants

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    medium_kafka.jpgEn réponse à un envoi de CV pour un poste d'enseignant, on me répond que j'ai trop d'années d'enseignement et pas assez d'années en entreprise alors que l'on me reproche exactement le contraire pour d'autres demandes de job. J'avoue ne plus comprendre ce que l'on demande à un enseignant comme qualités. Remarquez, d'autres recruteurs pour également enseigner m'ont affirmé que mon expérience était excellente mais que l'on ne m'imaginait pas du fait de ma "présence physique" devant une classe. J'aimerais comprendre. Encore ce matin, on me dit : "tu devrais passer les concours mais comment les passer dans des conditions kafkaïennes ?

  • Que fait Amaury quand il est déprimé ?

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    medium_deprime.jpgQuand il est déprimé, Amaury se lève tard, très tard, allume la télévision, l'éteint, la rallume, y trouve une occasion d'exercer sa misanthropie qui s'exacerbe quand il est fatigué ou déprimé. Il éteint de nouveau l'appareil et décide de se faire un café ce qui est une mauvaise idée car il sera encore plus agacé par le monde qui l'entoure. Comme tous les matins de déprime, il y a son étagère de CD qui semble faire exprès de se jeter contre ses mollets et d'être dotée d'une vie propre. Il va sans dire que tous les CD tombent alors. En râlant, Amaury les remet et se dirige vers son coin-cuisine qu'il retrouve à grand-peine sous le monceau de vaisselle non-faite. A dix heures et demie, il entend les cloches sonner pour annoncer la messe dominicale.

    Il se dit qu'il ne va pas y aller puis saisi de scrupules finit quand même par s'habiller. A l'église, le démon de l'ironie recommence à le travailler, il voudrait bien que celui-ci le laisse en paix mais il règne dans la cathédrale d'Evreux une ambiance lugubre ce qui le distrait. En sortant, il croise le regard de Thérèse de Lisieux sur la grande photo en noir et blanc d'une chapelle, comme d'habitude, il a l'impression qu'elle est à la fois peinée de ses attentes frustrées et qu'elle se moque gentiment de son humeur du jour. Comme Juliette Gréco, Amaury hait les dimanches, enfin certains dimanches comme celui-là où il ne peut qu'attendre le lendemain et comprendre qu'il est soutenu en regardant les commentaires laissés sur son blog et en allant commenter sur celui des Moissonneuses.

  • Consommateur et catholique

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    medium_cyrillus.jpgCe qui me gêne particulièrement chez la plupart des catholiques actuels, ce n'est pas leur milieu social (la plupart sont quand même des caricatures archétypales de bourgeois BCBG) on dirait parfois que ce sont des publicités vivantes pour Cyrillus la marque de vêtements chic, ce n'est pas leurs options politiques ou de placement dans l'Église : "cathos tradis" ou charismatiques, finalement peu m'importe. Du point de vue de la foi, nous sommes de la même famille et dans uine famille chaque personne est différente. Et on a le droit de ne pas supporter telle ou telle pratique spécifique à un groupe. Cependant, il est à noter que la plupart des ecclésiastique se résignent à cet état de faits social et s'en contentent. Certains s'en réjouissent même car venant de ce milieu BCBG allant jusqu'à proclamer qu'ils ne pourraient pas faire de l'apostolat ailleurs. Cela a le mérite d'être franc. On s'intéresse d'abord aux plus aisés finalement avant d'allers vers "les petits" quand le fait de faire partie du rotary aide à se faire connaître en paroisse.(photo: un exemple de ce que j'entend par archétype)

    medium_premiers_chretiens.jpgNon, ce qui me choque, c'est que finalement les catholiques, comme d'autres religions, ne remettent absolument pas en cause le consumérisme de notre société dont on nous dit que c'est le seul choix de société possibie depuis la "chute du Mur" comme s'il n'y avait pas d'autres alternatives. Il faut quand même rappeler que le mode de vie des premiers chrétiens était largement plus proche d'un mode de vie collectiviste que le nôtre, largement plus radical d'un point de vue évangélique. Avec des aménagements, on peut tout envisager, pourquoi cela ne semble-t-il pas possible maintenant ? Mais je pense que le cerveau des catholiques dans leur grande majorité est normé pour un comportement dit "normal" aux yeux de la majorité, bien cadré et docile, surtout docile. (photo des habitations des Essèniens où vécurent aussi des premiers Chrétiens)

    medium_Zmmanuel.jpgCe qui me choque aussi, c'est que la plupart des cathos pensent que politiquement il doivent être des conservateurs de droite qui ne retiennent de la charité que des préceptes moralisateurs ou des bien-pensants également archétypaux. Certes, il y a des communautés nouvelles qui s'inspirent de ce mode de vie en collectivité mais peu sont réellement capables de voir autre chose qu'une sorte d'idéal spirituel inaccessible qu'elles se construisent. Au Proche Orient, toutes sans exceptions passaient par exemple devant les colonies israèliennes sans s'en choquer, convoquaient les soldats de Tsahal pour surveiller le chemin de croix, surveiller les chrétiens locaux et les musulmans pour qu'ils ne s'approchent le tout à cause de préjugés racistes. Au Proche Orient, aucune de ces communautés ne se posaient de questions sur le fait qu'elles vivaient dans des conditions décentes pendant qu'à côté parfois des familles s'entassaient sur 20 mètres carrés sur trois générations. Là-bas, nous vivions dans un microcosme représentatif des chrétiens en Europe et de leur comportement réel, une seule communauté pratiquait la charité au sens complet, vrai et incarné, les petites soeurs de Foucauld. (photo : une cérémonie dans une communauté nouvelle)

    Personellement, je pense souvent, comme exemple, à mes grands-parents maternels qui ont fait partie du Tiers ordre de Saint François pendant soixante ans sans prétentions aucune ou orgueil mal placé, faisant du bien sans le dire.

  • Dans l'atelier du peintre

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    medium_atelier.3.jpgCe livre inachevé a été écrit par un jeune homme qui est mort à trente ans et n'a pas eu le temps de le terminer ce qui est d'autant plus émouvant. Dans sa brève existence, il a réussi à être plus créatif que bien d'autres créateurs qui finissent cacochymes et décorés de hochets sociaux qui ne veulent plus rien dire. La liste de ses mises en scène est impressionnante, il commence à seize ans, il s'apprêtait à mettre en scène "Père" de Strindberg quand il est décédé. J'ai toujours eu un profond respect pour les créateurs, ces êtres capables d'extraire de leur âme, de leurs entrailles, de leur coeur, des mots qui font réfléchir ou qui émeuvent, ces créateurs qui sont encore trop souvent considèrés comme des bons à rien, des individus inutiles.

    En commençant à le lire, on songe à plusieurs écrivains, d'un "hussard" plus poétique aux romans italiens d'après la Deuxième Guerre Mondiale, il m'a fait penser quant à moi à un Huysmans joyeux, capable de fantaisie. C'est surtout, loin de toutes influences, dont il s'est dégagé, un livre très personnel qui suit plusieurs personnages dans leurs tribulations à travers Paris, trois hommes qui s'improvisent détectives gràce à leurs fortunes, deux femmes qui sont de leur vie, deux Marie-Madeleine. Cyril Grosse fait ressortir autant les actes les plus quotidens de manière poètique mais sans que cela ne soit que de l'anecdote. On sent bien sa passion du théâtre et de la mise en scène car ici chaque geste des personnages a son importance symbolique. Il faut se laisser faire, entrer dans son univers, ce qui est facile. Il m'a suffit de lire quelques mots pour l'entendre me raconter cette histoire.

    Titre : Le peintre | Auteur : Cyril Grosse | Editeur : Cahiers de l'égaré (Les)

    Lien permanent Catégories : Livre
  • Je suis en colère

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    medium_orage.jpgCe matin, je me suis réveillé tout à fait calme mais en colère, pas une colère nerveuse d'impulsion, une colère très calme, très tranquille; Je ne supporte plus ma vie. J'ai absolument besoin de changer d'air et m'y emploie au maximum mais j'ai l'impression de me battre contre des moulins à vent. Je suis en colère contre celui que j'étais il y a quelques années, naïf, persuadé de la bonté du monde entier alors qu'il en était la dupe. Il pensait que la vérité profonde des personnes rencontrées était ce qui suffisait chez eux et que la vanité sociale n'avait aucune importance alors que pour la majorité, excepté quelques moissonneuses ou commentateurs de blog, c'est fondamental. Je me sens un peu comme Charlie Gordon dans "Des fleurs pour Algernon" qui découvrent la bêtise assumée et les compromis mesquins des personnes dites "normales". 

    Je suis en colère car il faudrait que je sois docile mais je ne peux pas m'y résoudre, je ne peux pas me résigner à un sort professionnel qui ne m'apportera pas l'équilibre. Certes, un individu ne se réduit pas à sa profession mais je ne souhaite qu'un tout petit peu de confort matériel, le strict minimum; Comme je suis croyant, je prie, je passe du temps devant l'Eucharistie dans la chapelle de la Vierge de la Cathédrale d'Evreux, chez moi ou même dans le car en allant vers Gisors mais parfois la colère est trop forte et je me sens trop faible pour espérer, je me sens complètement isolé. Aller su mon blog ou sur celui des Moissonneuses me permet de voir que je ne suis pas seul et que d'autres pensent à moi.

     

  • Les ménagères névrosées de la publicité

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    medium_stepford.jpgDans une publicité pour une crème dessert, une mère de famille a plusieurs dizaines de pots de cette crème dans son réfrigérateur qu'elle offre aux pauvres malheureux qui n'en ont pas, les inconscients ! Il semble d'ailleurs qu'elle ne mange que çà car on ne voit rien d'autres dans la maison comme nourriture. Dans une autre, une mère qui organise l'anniversaire de ses enfants n'a que des barres chocolatées glacées à offrir aux amis de sa progéniture. On ne compte pas les névrosées du lavage que l'on voit à nettoyer des monceaux d'habits et de linge quotidiennement; Cela me rappelle "les femmes de Stepford", roman d'Ira Levin dans lequel des femmes intelligentes et indépendantes sont remplacées par leurs clones cybernétiques dociles et parfaites ménagères. Finalement, si on prend le raisonnement à l'extrême, la normalité selon la pub et notre société qui y diffusent ses ersatzs de valeurs, c'est de se conduire en robot ou plutôt en androïde dépourvu de toute émotion.

  • Spectacle de la société du spectacle

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    medium_2908387360.jpgCe livre m'est comme une initiation poussée au vrai théâtre contemporain, loin de l'épate-bourgeois, que je connais peu et dont je pouvais avoir une opinion caricaturale. En lisant ces pièces, on ne peut s'empêcher de se dire que l'auteur a lu Guy Debord et les situationnistes, ou qu'il s'en est rapproché par sa réflexion personnelle. Bien sûr, maintenant tout le monde prétend avoir lu "la société du spectacle" et la plupart ne retient que la critique des médias en oubliant la remise en cause radicale de la société capitaliste moderne.

    La "lutte des places", écrite entre 1978 et 1983, montre sur scène l'affrontement entre les esprits nomades mené par Yakali qui est monsieur Loyal à ses heures de la société du spectacle. Chacun donne son avis sur le monde tel qu'il va en attendant un changement radical. Les "fous" et les prisonniers finissent par être libérés et la conscience progresse enfin. J'aime beaucoup cette première pièce car elle me rappelle mon adolescence qui correspond aussi à la fin des illusions de l'après 68, à la fin des utopies. Nous étions libres et nous ne le savions pas. Nous "rêvions d'un autre monde", et on ne l'ose plus. "La lutte des places" montre que, justement, il ne faut pas à hésiter à remettre en cause les certitudes et rêver d'un changement radical alors que la majorité des jeunes et des moins jeunes actuellement fantasment sur des sinécures de "ronds-de-cuir".
    'Le libre jeu" a été écrit entre l'été 1992 et le printemps 1995 au centre national des écritures du spectacle à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Cela montre bien d'ailleurs que l'État a encore un rôle de mécène important à jouer quant à la culture si son action permet la création de nouvelles oeuvres comme celle-ci qui n'a rien d'un happening bâclé. Cette pièce est, me semble-t-il, plus pessimiste que la première, bien que toute espérance n'en soit pas complètement absente. On y suit les tribulations d'une famille moderne, sur trois générations ce qui permet d'aborder plusieurs réflexions dont la mixité sociale et ethnique, les différences de générations. La figure m'ayant le plus touché est celle de l'enfant, qui symbolise l'avenir. C'est un enfant très sage fasciné par la violence, un enfant qui ne semble plus rêver. La pièce finit sur lui et l'on s'inquiète de ce qu'il va devenir...

    Titre : La lutte des places, le libre jeu | Auteur : Jean-Claude Grosse | Editeur : Cahiers de l'égaré (Les) sorti en 1995

  • La politique loin de la langue de bois - Au sujet des présidentielles

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    medium_mansouret.3.jpgJ'aime bien quand les politiques parlent aussi directement qu'Anne Mansouret... Bonne retraite, Camarade Premier Ministre !Allons, Monsieur le Premier Ministre, il faut regarder les choses en face. Votre candidature virtuelle ne fait b...  ni les socialistes, ni les Français. D'ailleurs, si vous êtes sincère, vous admettrez que ce phantasme de candidature ne vous fait pas b...non plus ! Oh ce n'est pas une question d'âge, vous êtes en pleine forme; Pas davantage un problème de capacité ...

    (pour lire la suite cliquer sur le lien ci-dessous)

    http://mansouret.blog.lemonde.fr/mansouret/

    De plus, je suis spécialement redevable à Anne de son soutien personnel concret pendant la période que je traverse. Je ne connais pas beaucoup de politique qui le ferait...

     

     

    Lien permanent Catégories : Politique
  • La communion des hommes

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    medium_pere_le_Guillou.jpgQuand le père le Guillou parlait du mystère de la Croix ou de la souffrance, ou de la joie, il vivait le tout dans sa chair. Il n'en parlait jamais comme de concepts intellectuels reliant toujours le tout à l'Incarnation. De plus, il était très au fait des spiritualités des chrétiens d'Orient, des juifs et des musulmans et les intégrait dans sa vie quotidienne. Ce n'était pas un gourou comme le deviennent parfois certains prêtres, sa réflexion incite à réfléchir par soi-même. Il avait beaucoup d'humour, parfois caustique, et une qualité rare chez un homme de cette culture, la capacité de parler à une petite fille de 7 ans de choses simples, même s'il est vrai que les enfants étaient malgré tout impressionnés. Il ne jugeait ou ne condamnait personne, rien de ce qui est humain ne lui était étranger.

    Homélie sur les lectures suivantes Jerémie23,1-6 Ephésiens2,13-18 Marc6,30-34

    "Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ". Le Christ demande à ses apôtres de s'écarter de cette foule immense qui les enveloppe pour être à l'écart et se reposer un peu. C'est ce que lui-même fait souvent: il part dans la montagne à l'écart pour prier son Père. Le Christ veut ainsi montrer à ses apôtres que leur premier devoir est de se mettre à l'écart avec lui et de se reposer en lui. Il choisissait ses apôtres d'abord pour être avec lui, ensuite pour prêcher.
    Etre avec lui signifie découvrir le mystère de Dieu de l'intérieur et être capables d'en parler. " Venez à l'écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu ". C'est le la part du Seigneur une invitation solennelle pour aller au cœur de la vie du Christ. Le cœur de la vie du Christ est de parler avec son Père.
    Etre à l'écart avec le Christ, c'est être auprès de son Père, c'est vivre dans le secret de son Père. Cela doit être le sens de notre vie quotidienne. Nous devons, nous aussi, prendre des temps, à l'écart, pour se reposer en Dieu.
    C'est une des données fondamentales de toute l'histoire d'Israël. La grande réalité de la vie est le repos donné dans le Seigneur, le repos qui nous donne de demeurer près de lui et d'expérimenter sa présence. Il s'agit de découvrir au plus profond de nous-mêmes sa présence et d'aller évangéliser ceux qui n'ont pas entendu cet appel.
    Remarquons que la foule déjoue cet appel d'aller dans un endroit désert. " A pied, de toutes les villes, ils courent là-bas et arrivent avant eux ". Le Christ est pris de pitié devant cette grande foule. Il se trouve devant des brebis sans berger, devant des hommes accablés, des hommes qui portent le poids de toute une vie de souffrances et il veut les réconforter. " Il est saisi de pitié envers eux, parce qu'ils sont comme des brebis sans berger, alors, il se met à les instruire longuement ". Le Christ se donne tout entier et se livre à eux parce que sa pitié est celle de son Père pour les hommes sans pasteur.
    Jérémie parle des misérables bergers: "A cause de vous, mes brebis se sont égarées et dispersées, et vous ne vous êtes pas occupés d'elles ". C'est Dieu lui-même qui va rassembler ces brebis et les ramener dans leurs pâturages pour qu'elles soient fécondes et se multiplient. Le Christ est pris d'une immense pitié pour la foule qu'il a devant les yeux et sa vie n'est qu'une déclaration d'amour pour les brebis sans berger.
    Dans le cœur du Christ, il y a une compassion étonnante, reflet de celle même de Dieu, compassion devant la souffrance des hommes, devant le manque d'enseignement des hommes, devant le manque de communion entre les hommes. La vie du Christ n'a qu'un but, celui de rassembler dans l'amour tous les hommes, les amener à l'écart et les faire se reposer en Dieu. J'insiste bien: se reposer dans le Christ, comme il le fait lui-même dans le Père pour être disponibles à l'égard de tous les hommes et livrés pour eux.
    Le fait pour le Christ d'être saisi de pitié pour les hommes, d'en avoir compassion et de les instruire lui permet de rétablir la communion entre tous les hommes. Il est mort pour que les enfants de Dieu dispersés dans le monde soient réunis en lui. Il donne sa vie pour ses brebis et c'est ainsi qu'il " créé en lui un seul Homme nouveau ".

  • Steven Segal : justicier alter-mondialiste

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    medium_Seagal.jpgSteven Seagal, "Stiveune Sigôle", est considéré, à juste titre, aux Etats Unis comme le héros de films d'action "de gauche" ou "liberal" ou anglais. C'est assez paradoxal d'ailleurs car il s'adresse surtout aux "rednecks" du Midwest. Dans chacun de ses "chefs d'oeuvre", il se bat contre de méchants capitalistes pollueurs, des extrêmistes religieux pentecôtistes, des militaires félons qui veulent faire la guerre aux pauvres des pays arabes ou asiatiques etc...

    J'avoue que ses films me réjouissent toujours (certes à petite dose) : il n'a qu'une seule expression faciale qui veut tout dire selon la musique additionnelle, il a une manière d'envoyer les méchants au tapis très drôle, main en avant dans la face du vilain, il ne bouge pas tellement pour un type sensé être un expert en arts martiaux et prend des tonnes de film en film depuis quelques années. Mais finalement, et si c'était çà la solution pour changer les mentalités ?..

    Lien permanent Catégories : Cinéma
  • Savoir est un plaisir

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    medium_mairie.JPGJ'ai reçu ce livre par un de ses auteurs (avec Philippe Granarolo et Laurent Carle), Jean-Claude Grosse à la suite d'une discussion au sujet du dernier festival d'Avignon. Je viens juste de commencer à le lire, non pas dans l'ordre mais en piochant un peu partout. La quatrième de couverture prétend que c'est un labyrinthe, mais dans un labyrinthe on se perd, alors qu'ici on risque plutôt de se trouver enfin. Ils citent également des initiatives de Cécile Ladjali dans le fameux "9-3" que je trouve toutes passionnantes. Elle enseigne vraiment la littérature comme on le devrait, des classiques aux plus contemporains.

    Selon les auteurs de cet ouvrage, l'éducation est actuellement fondée sur la docilité à des standards de vie et de pensée, et ce sont d'ailleurs bien les plus dociles qui réussissent le mieux. Ces standards sont également influencés par un déterminisme certain qui fait que l'on s'interdit d'enseigner la littérature ou la philosophie, les arts ou la musique, à des personnes qui en ressentent le besoin et sont capables de s'y plonger. On a donc bien tort de blâmer "Mai 68" car la libre réflexion des élèves est loin d'être véritablement encouragée. On s'y aperçoit qu'un enseignant(e) peut parler de tout, encourager développer son sens critique sans obliger les élèves à supporter des heures le derrière coincé sur leur chaise un cours magistral qui sera ressenti comme parfaitement arbitraire.

    En tant qu'enseignant, j'ai donc eu envie de "tester" certains textes proposés par le livre. En lycée professionnel, c'est encore plus intéressant car si les élèves que j'ai y sont, ce n'est pas par vocation pour la grande majorité, c'est par manque de docilité à la manière de pensée, aux diktats intellectuels qu'on leur impose. Cela a fonctionné au-delà de mes espérances. Ces élèves méprisés par ailleurs ont fait de la philosophie sans s'en rendre compte, du moins au départ, et se sont passionnés pour les textes proposés qu'ils se sont appropriés.

    Titre : Pour une école du gai savoir | Auteur : Philippe Granarolo, Laurent Carle, Jean-Claude Grosse | Editeur : Cahiers de l'égaré (Les)

    Le blog de Jean-Claude Grosse

  • Une semaine à Gisors

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    medium_lp.JPGJe viens de rentrer de Gisors, riante petite cité du Nord de l'Eure comme chacun sait, et de me taper deux heures à l'aller et deux heures au retour. Certes, çà permet de bouquiner, je suis en train de finir "une balle dans la tête", certes, çà permet d'écouter de la musique, certes, la campagne est très jolie , un chateau devant lequel on passe avant Gaillon ressemble à un bibelot en "biscuit" rose, certes, certes, mais au bout d'un moment du fait de la lenteur extrême de l'administration à changer ma situation, à avoir une réponse claire, je me mets à rêver de béton, de gasoil, de pollution urbaine, d'embouteillages et de trains bondés. Peut-être que je ne connais pas mon bonheur certes, me diront les édiles libérales, car je suis "libre professionellement de construire un parcours d'une flexibilité adaptative moins contraignante" (j'arrête là, même la parodie de discours libéral me fait vomir).

    en photo, le lycée Louise Michel/Louis Aragon où j'enseigne

    Lien permanent Catégories : Blog
  • Article de "Tageblatt" sur le discours de Chavez à l'ONU

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    medium_chavez1.2.jpgPour Chavez, Bush c'est le diable. Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est déchaîné mercredi à la tribune de l'ONU contre "l'hégémonie américaine", qualifiant le président George W. Bush de "diable" qui "sent le soufre". "Hier, le diable est venu ici et ce lieu sent encore le soufre", a lancé le président Chavez, en faisant allusion au discours de M. Bush mardi devant les dirigeants du monde entier réunis à New York. Alliant le geste à la parole, le bouillant chef d'Etat a fait un signe de croix en levant les yeux au ciel, semblant implorer la protection divine contre le président américain, qu'il a encore qualifié de "menteur" et de "tyran". "Il est venu ici comme s'il était le propriétaire du monde", a-t-il ajouté dans une harangue haute en couleur, qui tranchait avec la monotonie des discours de la plupart des dirigeants mondiaux qui se succèdent depuis mardi à la tribune onusienne.La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, interrogée sur ce discours, a répliqué sèchement: "Je ne vais pas m'attarder sur ces commentaires. Ils ne sont pas dignes d'un chef d'Etat". L'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, a accusé M. Chavez d'avoir une "vision de bande dessinée des affaires internationales".

    Chaleureusement applaudi par une grande partie des délégués, le président du Venezuela a tenu à se montrer à la hauteur de sa réputation de pourfendeur infatigable de "l'hégémonie» américaine". "Nous ne pouvons pas permettre à la dictature mondiale de se renforcer", a-t-il dit, affirmant que "l'impérialisme" américain était "une menace pour la survie de l'humanité". Eclectique, il a invoqué successivement l'intellectuel de gauche américain Noam Chomsky -dont il a brandi le livre dénonçant la politique américaine dans le monde-, le philosophe grec Aristote et le cinéaste Alfred Hitchcock. Selon lui, George W. Bush, qu'il a souvent accusé de comploter pour le renverser, répand "une fausse démocratie de l'élite" et "une démocratie des bombes".

    medium_chavez2.4.jpgDans une conférence de presse, il a également souhaité que le président américain "soit traduit devant un tribunal international pour génocide" à cause de la guerre en Irak. Hugo Chavez se veut le porte-drapeau d'une révolution socialiste et "bolivarienne" (du nom du père de l'indépendance sud américaine Simon Bolivar), et fait campagne pour un siège de non-permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Il est la bête noire des Etats-Unis qui estiment qu'il a une influence déstabilisatrice en Amérique latine et qu'il entretient des relations suspectes avec d'autres régimes anti-américains. Présenté par le président cubain Fidel Castro comme son "fils spirituel", M. Chavez soutient également l'Iran dans son bras-de-fer avec Washington au sujet de son programme nucléaire. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lui avait d'ailleurs rendu visite à Caracas juste avant de se rendre à l'ONU pour se livrer lui aussi, mardi soir, à une attaque en règle contre les Etats-Unis.   

  • L'incapacité à être heureux

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    medium_couple.jpgC'est intéressant de constater l'incapacité de ma génération à être heureux. Alors que la possibilité de vivre même quelques moments de bonheur se présente, on le repousse par peur de ne pas pouvoir réaliser d'autres rêves que l'on estime plus importants et plus grands. On nous a fait tant de promesses et fait miroiter tant de choses que l'on a fini par croire qu'un autre monde était possible. Finalement, à la longue, on finit par tout perdre ou se rabattre sur un compromis. Ils sont nombreux parmi les amis de mon âge à avoir attendu longtemps le grand amour qui parfois leur passe sous le nez et finalement à se marier bien bourgeoisement avec le dernier venu par peur de la solitude. Je ne crois pas que cela soit si sage car cela engendre un ennui bien plus mortifère que ce que l'on croyait. Je me souviens de tel ou telle me disant que tel homme était si gentil, cultivé et doux, que "je m'en sens si proche, tu vois" mais que "je ne me sens pas prête", que telle femme était proche, attentionnée, intelligente et pleine d'humour mais que "cela n'est pas pour moi, que je ne m'en sens pas digne". On a peur de s'enflammer alors que parfois la prudence est très mauvaise conseillère, la plupart des couples qui durent que je connais sont des couples qui se sont laissés faire par leurs sentiments.

  • Entendu dans la rue sur Benoît XVI et l'Islam

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    medium_saoudite.jpgHier après-midi, en attendant un des bus d'Evreux pour remonter chez moi, j'ai entendu plusieurs jeunes filles et jeunes types maghrébins et africains soutenir que le Pape devait s'excuser vis à vis d'eux car il "leur avait manqué de respect". C'est également le discours que semble propager plusieurs gaulois pur jus. Aucun n'a lu le texte du Pape qui est une controverse intellectuelle et historique. C'est la différence majeure entre Christianisme et Islam, Dieu s'incarne pour les chrétiens catholiques et la raison se trouve liée inextricablement à la foi, ce que l'on appelle les deux natures, alors que l'Islam est monophysite, Dieu ne peut s'incarner et la raison ne peut l'atteindre, Dieu n'a qu'une seule nature, il est Dieu. Là-dedans, rien d'insultant pour les musulmans, simplement la constatation de la différence.

    La polémique ne semble concerner que les chrétiens et les musulmans mais rappelons qu'aux Proche et Moyen Orient, un occidental est "chrétien" dans l'esprit des gens même s'il n'est pas croyant. Rappelons aussi qu'aucun dignitaire musulman, de quelque obédience, ne s'est excusé avec l'excision des jeunes filles en Afrique, le terrorisme, les crimes "d'honneur", les mariages forcés, et qu'il est beaucoup plus difficile d'être chrétien au Pakistan ou en Arabie Saoudite (où il n'y a pas d'églises autorisées à l'inverse de Rome où il y a mosquées et synagogues) que musulman en Europe et que pour l'instant la judéophobie la plus virulente ne se répand pas chez les occidentaux mais dans certains milieux musulmans.

    medium_irlande.jpgCela ne veut pas dire pour autant que l'on doit oublier et absoudre les violences en Irlande du Nord ou les fautes passées de l'Église. 

    Finalement, ce qui domine derrière tout çà, c'est la bonne vieille loi de la jungle, la bonne vieille loi de la foule, du groupe le plus nombreux qui prône l'amour du prochain dans sa religion alors qu'il applique la loi du plus fort ou du plus con.

  • Désolation au Darfour - article du "Monde Diplomatique"

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    medium_darfour.jpgLa région du Darfour, au nord-ouest du Soudan, est ravagée, depuis février 2003, par un conflit économico-politique qui a provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes et un exode massif de réfugiés au Tchad. Cette catastrophe humanitaire, à propos de laquelle les Nations unies évoquent un « nettoyage ethnique », est souvent éclipsée par les fragiles pourparlers de paix entre le nord arabo-musulman et le sud chrétien et animiste, qui s’affrontent depuis 1983 sur fond de manne pétrolière. Au Darfour, où l’ONU a enfin pu envoyer une mission d’enquête le 22 avril 2004, les combats meurtriers rappellent que la paix au Soudan n’est pas seulement une question nord-sud mais une équation nationale.

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  • Publicité certifiée par le blog

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     Ne trouvant pas encore chaussure à mon pied ou de pot à mon couvercle, je me lance dans le matrimonial pour aider les autres à le faire et changer de job par la même occasion...
    medium_clairon_pub.2.jpg

  • Marre de s'excuser d'être soi

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    medium_foule.jpgJe réfléchissais depuis quelques temps à ce qui faisait que j'avais si peu confiance en moi et que j'étais d'une humeur en dents de scie ces derniers jours. En dehors du fait qu'il y a l'envie de réussir le but que je me suis fixé de stabiliser une bonne fois pour toutes ma situation et d'avoir un boulot plus en rapport avec mes capacités, il y a aussi l'impression que j'ai passé une bonne partie de ma vie à m'excuser d'être qui je suis, à ne pas réussir à comprendre que ce que j'avais de différent était une richesse et non un handicap. Quand on lit, quand on est un peu sensible au monde qui nous entoure, que l'on est moins docile aussi aux diktats stupides imposés par la société, l'on ne peut pas être accepté vraiment car l'on ne rentre pas bien dans les cadres, des cadres rassurants pour la majorité des gens qui finalement n'a aucune envie de sortir de sa médiocrité intellectuelle et morale, car la réflexion inconforte et déséquilibre. J'ai passé mon temps à m'excuser de tout cela, à faire le dos rond, à éviter le moindre conflit sur la question ce qui d'ailleurs ne suffit pas aux yeux des médiocres, il faudrait disparaître tout à fait.

    illustration : "la Foule" toile d'Olivier Suire Verley

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  • "Mon cul !" - Extraits de "Zazie dans le Métro"

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    Pas besoin d'en rajouter, j'adore "Zazie dans le métro" et la manière dontonicoze...

    medium_zazie.jpgPas chiche
    "- Par egzemple, continua Zazie impitoyable, si je te demandais, t'es hormosessuel ou pas ? est-ce que tu comprendrais ? ça serait-i de ton âge ?
    - Mots intereseting, fit un voyageur (le même que tout à l'heure).
    - Pauvre Charles, soupira Gabriel.
    - Tu réponds, oui ou merde, cria Zazie. Tu comprends ce mot-là : hormosessuel ?
    - Bien sûr, hurla Gabriel, veux-tu que je te fasse un dessin ?
    La foule intéressée approuva. Quelques-uns applaudirent.
    - T'es pas chiche, répliqua Zazie".

    Merde, c'est d'un compliqué
    medium_zazie2.2.jpg"- Merde, c'est d'un compliqué... Ah ! enfin, des mots que tout le monde connaît... vestalat... vésulien... vétilleux... euse... ça y est ! Le voilà ! Et en haut d'une page encore. Vêtir. Y a même un accent circonchose. Oui : vêtir. Je vêts... là, vous voyez si je m'esprimais bien tout à l'heure. Tu vêts, il vêt, nous vêtons, vous vêtez... marant... positivement marant... Tiens... Et dêvétir ?... regardons dévêtir... Le vlà. Dêvétir vé té se conje comme vêtir. On dit donc dêvetez-vous. Eh bien, hurla-t-il brusquement, eh bien, ma toute belle, dêvetez-vous. Et en vitesse ! A poil ! à poil !"

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  • De retour de Gisors...

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    medium_gisors.jpgComme les moissonneuses (TM) dont je suis maintenant, j'ai envie d'exposer ici mon humeur morose pour mieux l'exorciser. Certes, j'ai été un peu extrème, Gisors n'est pas Verneuil sur Avre, les autochtones sont plus ouverts, plus enclins à la discussion et la petite ville n'est pas désagréable à vivre : quand on n'est pas précaire enseignant, ce dont beaucoup de personnes dans les administrations se foutent comme l'an 40 du fait de notre absence de statut réel. Je serai cependant injuste de généraliser car en ce moment, ils sont plus de quelques uns à se battre pour les contractuels au Rectorat de Rouen. J'ai hâte que tout cela aboutisse.

    medium_scissors_sisters.jpgCela fait deux jours que j'écoute les "Scissors Sisters" en boucle pour garder mon punch et un peu de bonne humeur. J'aime bien leur musique qui allie le ringard, la modernité, le décadent et le gadget. C'est curieux d'ailleurs, je constate que j'ai toujours airmé les groupes hors-norme dans leur genre, ou le "bon" mauvais goût. Me pédoquiserais-je ? Me gommeuserais-je ?

     

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  • Où l'on voit que le "Z" atteint une dimensions métaphysique ou le péché mignon de Mau-Mau

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    medium_cm1.jpgLe monstre des profondeurs, sa carapace en latex luisante de l'eau de la piscine/lac sauvage dont il sort en grognant, a la fermeture éclair qui baille dans le dos lorsqu'il enlève la jeune fille en détresse, qui n'est seulement vêtue que de son bikini. Un soldat en tutu et haut-de-forme prévient le héros, "il y a des milliers de rats derrière cette porte", le héros ouvre ladite porte, en sort trois rongeurs filmés en très gros plan pour faire foule. Une moussaka géante envahit la terre en détruisant tout sur son passage (vérifiez, le film existe...).
    medium_cm2.jpgLes cinéphiles pervers, il faut l'être, auront reconnu "La créature du lac noir" et "Virus cannibale", film tellement nul qu'il en devient passionnant tellement il accumule les erreurs. Mais saviez-vous que "Alien", techno thriller futuriste "arty" de Ridley Scott est pompé sur un film de Mario Bava, des péripéties aux personnages ?
    Les artisans du "Z" sont souvent passés à Hollywood par les ateliers de Roger Corman, l'Oncle Picsou du fantastique, certains s'en tirent et font d'honorables carrières, Coppola, auteur de l'épouvantable "Dementia 13", tourné sur une barque pour Corman, Cameron, décorateur sur la "Galaxie de la terreur" et chargé de faire aterrir les fusées en diagonale sur une planète de carton pâte et Peter Jackson, qui filma l'invasion de la Terre dans son jardin il n'y a pas si longtemps que çà.
    medium_cm3.jpgmedium_cm4.jpgAu détour d'un plan foireux ou d'une réplique à la noix, les réalisateurs de ces horreurs délicieuses plaquent des petites choses subversives de temps à autres. Même Russ Meyer, le pape des mega vixens, fait de ses "héroïnes" des représentantes du "Women's lib" avant l'heure, contrairement aux mâles qui sont toujours des crétins congénitaux. Les films "Troma" tournent quant à eux en ridicule plus d'un travers de la société libérale, libertarienne. Bien sûr, ce ne sont pas vraiment des chefs d'oeuvre mais ces films ont un côté plus efficace que de savantes discussions.
    N'ayons pas peur d'un peu de "bon" mauvais goût comme dirait John Waters, qui s'est assagi certes, bien que son travail photographique reste peu sage. Et écrasons une larme pour Ed Wood...

    Titre : Ze craignos monsters. Le re-retour | Auteur : Jean-Pierre Putters | Editeur : Vents d'Ouest

  • Les contes de L.A. d'Ellroy "Da dog"

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    medium_LA1.jpgCe livre présente plusieurs nouvelles ou textes courts sur l'écriture de James Ellroy, l'écrivain de polar le plus sombre de cette époque, qui produit les romans les plus sombres, les personnages à la part d'ombre toujours envahissante.
    Sombre toujours. Ellroy appelle aussi son livre, c'est le sous-titre en anglais, "L.A tales", contes de L.A, par dérision, par besoin de soulever la toile peinte des illusions de tous les paumés, des naïfs qui regardent les séries télévisées au premier degré, ou les films où Bruce Willis sauve le monde en tricot de corps.
    medium_LA2.jpgCe qui a intéressé Ellroy avant d'écrire, c'est de retrouver le salaud qui avait envoyé sa mère au paradis des mères célibataires, c'était la rage qui l'habitait, la rage qui lui donnait envie de continuer à vivre pourtant, la rage qui le poussait à surmonter les difficultés, la rage de décrire le réel et non des histoires de fée rassurantes. Ellroy a vécu l'envers du décor, le versant plus inquiétant du rêve, il en a perçu toutes les nuances. Il a dormi dans la rue, s'est accroché avec les flics et a continué à lire, s'est fait plusieurs cabanes de carton et a toujours dévoré plus de livres.
    Et à force, Ellroy est devenu une sorte de chien, iol est devenu Ellroy "Da Dog"...
    PS : à signaler une interview de lui dans le "Mad Movies" de ce mois-ci.

    Titre : Destination morgue | Auteur : James Ellroy | Editeur : Rivages

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  • Enfer à la cité des anges

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    medium_ellroy.2.jpgBradshaw, Considine et Meeks sont trois flics qui chacun à leur manière représentent l'homme droit et honnête obligé de se compromettre avec les milieux criminels. Ce sont un peu des personnages de "privé" déchus de leur qualité de héros romantique urbain. L'un d'eux fraye avec Mickey Cohen, l'autre avec Howard Hughes, pendant que Considine est définitivement passé de l'autre côté, le plus obscur et se perd dans "la chasse aux sorcières" des années 50, l'obsession de la traque des "rouges".
    C'est aussi une manière pour James Ellroy d'explorer les recoins obscurs de sa ville, qu'il connaît parfaitement, espace de faux-semblants, de putains qui ressemblent à de grandes dames et inversement, de notables habillés en gangsters, de truands travestis en personnes fréquentables. Los Angeles, et surtout Hollywood, dont Ellroy montre également l'envers du décor, est marqué par la corruption, la loi du plus fort, le racisme endémique qui vire à la névrose. C'est aussi mon roman d'Ellroy préféré
    Les crimes ne sont que des révélateurs de ce Mal hantant les "suburbs", même les plus pauvres, du "Barrios" hispanique au quartier noir. Il sont aussi le révélateur de l'état de décrépitude sociale de la société américaine, qu'il serait naïf de nous considérer comme étrangère. Il y a d'ailleurs des exégètes du roman noir comme Jean-Patrick Manchette ou même Baronian qui voient dans les mafieux des capitalistes un peu plus radicaux que les autres. Ellroy ne juge pas, il montre simplement que la morale n'est pas quelque chose de relatif mais qu'elle aide l'humanité au moins à la compassion.

    Titre : Le grand nulle part | Auteur : James Ellroy | Editeur : Rivages

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  • "Tyler parle du chaos"

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    medium_palahniuk.jpgRaconter l'histoire de ce livre revient à en déflorer la fin, qui, si elle n'est pas si surprenante n'en est pas moins originale. Un VRP de luxe s'en va de ville en ville, de chambres anonymes et miteuses (odeurs de tabac, taches suspectes sur la moquette), et mène une double voire une triple vie. Pour se donner l'impression d'être encore vivant, il participe à des groupes de discussion de malades en phase terminale. Il y rencontre Marla qui ressemble à une héroïne de mangas. Il met en place avec Tyler, un théoricien du chaos qu'il croise, un projectionniste de cinéma, le "Fight Club", un endroit où tous se laissent aller à leurs pulsions animales.
    Ce roman coup de poing, écrit dans un style haché pas du tout élégant, mais ressemblant à une vraie création littéraire originale, a donné lieu à un film paradoxal ressemblant à un gigantesque spot de pub et à un encouragement à la subversion tous azimuts, avec Brad Pitt (Braaad !!) et Edward Norton. Dans la littérature américaine actuelle, beaucoup croient prendre ainsi le pouls de l'Amérique malade, souffrant en fait des mêmes maux que l'Europe : la course au profit, la vacuité intellectuelle, le repli frileux sur soi et nos richesses depuis un certain automne.
    Au moins, en littérature, il n'y a guère que les américains pour oser aller si profondément dans la contestation de notre système.

    Titre : Fight Club | Auteur : Chuck Palahniuk | Editeur : Gallimard paru en 2002 en Folio SF

    photo de l'auteur

    Son site : http://www.chuckpalahniuk.net/ par lui-même (an anglais)

  • L'impudeur pour guérir

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    "J'ai remis en place la moustiquaire et replié les clous pour la maintenir. Je suis revenu à la maison à pied en planant très haut. Le cambriolage, c'était le voyeurisme multiplié par mille."

    James Ellroy, "Ma part d'ombre", Rivages, 1997, p.188.

    medium_ellroy.jpgHier, j'ai revu "LA Confidential" dans la chambre d'hotel où je logeais à Gisors pour la soirée et cela m'a donné envie de parler de James Ellroy. Ce n'est pas très original, j'adore Ellroy, ses personnages ambigus donc humains, la descente dans les noirceurs de l'âme. Il est pour moi comme un compagnon de perssimisme ou de lucidité. J'aime BIEN Ellroy parce qu'il est dingue. medium_ellroy2.jpgJ'aime BIEN Ellroy parce qu'il est monstrueusement juste dans ce qu'il écrit de manière extrêmement dense. J'aime BIEN Ellroy parce qu'il est toujours tendu à la limite de la folie. Il est en colère et maintient sa colère. Et en même temps, c'est un inadapté hyper-sensible à la connerie du monde extérieur.

    Ce livre est une enquête policière qui a pour thème principal la résolution du complexe d'Oedipe monstrueux d'Ellroy. Pour y arriver d'une manière radicale, il fait l'amour avec elle par delà la mort en tentant de trouver son assassin et fait d'un banal fait divers une tragédie qui aura des résonances pour chacun des lecteurs. En effet, sa mère est une femme seule perdue dans une cité-dortoir pourrie élevant seule son fils, souffrant de la solitude et de sa propre misère sexuelle, des ragots, de la médiocrité et des préjugés dans l'amérique des années 50 qui était loin de ressembler à une peinture de Norman Rockwell, comme celle de Bush junior.
    medium_ellroy3.jpgEllroy, bien sûr, est fou, hors-norme extrême et le cauchemar des gens normaux alors que leur conformisme est bien plus monstrueux.

    Titre : Ma part d'ombre | Auteur : James Ellroy | Editeur : Rivages