jeudi, 17 août 2006
Dossier de "Marianne" sur les chrétiens d'Orient
Sur le site de "Marianne" j'ai trouvé cet excellent dossier sur les chrétiens d'Orient qui se heurtent souvent à l'indifférence des chrétiens occidentaux. Il n'a pas le défaut de ce genre d'articles habituellement, réservés à des spécialistes.
Chrétiens d’Orient : une mosaïque d’Eglises dépeuplées
Le 17/08/2006 à 11 h 28 par skander houidi
Malgré une présence bimillénaire, les diverses Eglises d’Orient ne cessent de décliner et leurs fidèles de s’exiler. Au mois de mai dernier, des patriarches et archevêques des différentes Eglises d’Orient se sont rendus en France, ancienne puissance protectrice des chrétiens levantins, pour attirer l’attention de l’opinion sur la situation critique de leurs ouailles. Mais celle-ci se montre généralement peu encline à faire l’effort d’appréhender l’incroyable diversité de ces coreligionnaires de l’autre rive de la Méditerranée. Et on peut la comprendre : on compte aujourd’hui une soixantaine d’Eglises orientales, réunissant quelques 20 millions de fidèles dans le monde, qui se répartissent en trois branches principales : les orthodoxes (Coptes, Syriaques, etc.), leurs équivalents catholiques ou assimilés (Chaldéens, Maronites) et les Eglises autocéphales.
Les Chrétiens d’Orient sont les héritiers de l’Eglise syriaque d’Antioche, où se sont formées les premières communautés de Chrétiens, qui vont ensuite essaimer de la Syrie jusqu’à la Perse. A partir du milieu du Ve siècle, des désaccords doctrinaux voient le jour, augmentés d’une fragmentation géographique ou culturelle, pour aboutir à la mosaïque d’Eglises que nous connaissons aujourd’hui.
C’est de la querelle portant sur la « nature » humaine ou divine du Christ, au concile de Chalcédoine (451), que va naître le premier grand schisme d’orient, séparant l’Eglise orthodoxe de Byzance, alors phare du christianisme dans le monde, et certaines Eglises d’Orient : les Melkites (que l’on retrouve aujourd’hui dans tout le Proche-Orient, jusqu’au Koweït) restent fidèles au Patriarche de Constantinople, tandis que les Syriaques – autrefois appelés Jacobites (Proche-Orient, Turquie, Inde) –, les Coptes (Egypte), les Arméniens, les Éthiopiens orthodoxes, ou les Assyro-chaldéens de Mésopotamie, deviennent autonomes.
Ensuite, l’histoire se chargera d’éloigner encore plus ces chapelles hétéroclites. Au moyen-âge, pendant les croisades et les invasions mongoles, puis sous l’Empire ottoman, nombreuses sont les Eglises qui se rapprocheront de Rome, seule planche de salut dans un contexte musulman qui considère les gens du Livre (juifs et chrétiens), selon les époques et les lieux, au mieux comme des protégés (statut de Dhimmi), au pire comme quantité négligeable (humiliations, conversions forcées et persécutions). Au Liban, les Maronites s’unissent au Pape vers le XIIe siècle, suivis trois siècles plus tard par les Chaldéens d’Irak. Avec pour résultat que chaque Eglise orthodoxe (syriaque, copte, melkite, assyrienne, melkite, arménienne) a son équivalent catholique.
Aujourd’hui, les Chrétiens d’orient, auxquels il faut ajouter quelques Catholiques romains et Protestants, seraient une dizaine de millions au Moyen-Orient et au moins autant dans la diaspora. Seuls les Maronites, Grecques orthodoxes et Melkites du Liban (1,5 millions, 40% de la population) et les Coptes égyptiens (7 millions, 10%), forment des minorités importantes. Ce qui n’empêche pas ces derniers de subir des discriminations dans l’accès aux hautes fonctions, d’être marginalisés politiquement (un seul élu copte à l’assemblée), et de voir leurs lieux de cultes attaqués (comme à Alexandrie en avril dernier).
Pour tous ces chrétiens arabes, qui se revendiquent comme tel, dans des pays où ils ne représentent guère plus de 3% de la population (Irak, Syrie, Jordanie…) la situation est analogue et l’expérience amère : le nationalisme arabe, auquel ils avaient souvent adhéré (Michel Aflaq, un grecque-orthodoxe, a été le co-fondateur du parti Baath syrien en 1947), s’est effondré, laissant prospérer le fondamentalisme islamique. Avec pour conséquence l’érosion d’une présence pourtant deux fois millénaire et l’exil : les Assyriens d’Amérique sont six fois plus nombreux que leurs quelques 40 000 frères restés en Iran et en Irak.
17:29 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Religion, Politique |
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Commentaires
Merci de votre article. Toute action peut aider les chretiens d'orient. Les catholiques syriaques en France ou syriens catholiques en Orient sont les plus minoritaires. A peu pres 150000 personnes en tout dans le monde. Toutefois, ils ont leur particularites et essayent d'exister au milieu de tous ces rites. En realite nous sommes simplement un rite different des autres avec des Docteurs et Pere de l'Eglise propres toutefois...Le Cercle Catholique Syriaque en France et son site http://www.cerclesyriaque.fr en sont une illustration. Merci! JPF
Ecrit par : Jean-Pierre FATTAL | vendredi, 18 août 2006
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