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  • le massacre de Cana - article de Libanscopie

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    Article de Libanscopie 

    medium_liban.jpgCana 1996, un massacre qui a permis de "remettre les pendules à l’heure".
    Une centaine de tués, hommes, femmes, enfants et l’arrêt de l’opération « les raisins de la colère ».

    Dix ans plus tard, Cana 2006, une cinquantaine de tués dont la moitié sont des enfants. Indignation générale, et toujours pas de résolutions pour un arrêt des combats.


    Dix ans d’intervalle, la bataille a changé :

    En 1996 Israël occupait une partie du Sud Liban et la bataille pour la libération du territoire était béni et même approuvé par plusieurs puissances étrangères.

    Aujourd’hui le schéma est différent : d’un coté un pays (Israël) qui n’aimerait pas avoir sur son flan Nord une présence islamique menaçante, de l’autre une milice (Hezbollah) qui mène une résistance contre l’indigne Satan qui menace la sécurité du Sud en maintenant une occupation sur un territoire oublié depuis des décennies et le maintien de trois détenus dans les geôles israéliennes.

    Entre temps le Sud Liban s’est libéré, un gouvernement national s’est formé, la reconstruction est entamée, les prévisions économiques semblaient crever les sommets, et la paix civile entamée.

    Entre temps un dialogue national s’est formé pour coordonner les prises de position, pour ne jamais plus sombrer dans des décisions individuelles, pour reconstruire ce qui a été détruit durant 30 ans.

    Pourtant quelqu’un a pensé pouvoir jouer solo, entraînant une déferlante destructrice sur un pays démuni de défenses, et la catastrophe s’abat.

    « Ne critique pas », me dit – on, « la maison brûle et ce n’est pas le temps de chercher les causes mais de s’unir pour éteindre ce feu ».
    « Mon frère a essayé de se faire une tasse de café en allumant un baril d’essence, c’est ce qui a causé l’explosion » répondis – je, « il y a le feu, il faut appeler les pompiers d’abord ».
    « Oui mais tu critiques ton frère sur son comportement » me répond – on.
    « Pour moi c’est une priorité, je ne sais pas s’il s’est rendu compte de ce qu’il a fait, il voulait simplement se faire une tasse de café, il n’arrive pas à estimer les conséquences de ses actes, et on doit en priorité le mettre entre les mains de spécialistes. »
    « Mais le feu s’étend dans toute la maison ».

    Les pompiers ne répondent pas, mon frère ne veut pas être interné dans un établissement spécialisé, je me débats dans cette catastrophe, j’hallucine, je pète les plombs, je crie, je me débats, Cana Bis les joints se disloquent.

  • "Pédé !"

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    medium_raph.jpg

     (portait de Raphaèl ci-contre, peintre notoirement homosexuel à son époque, ayant peint pour l'Église à une époque où cela ne choquait personne et pendant laquelle peu de catholiques se sentaient obligé de moraliser à outrance)

    J'ai compris une chose depuis peu, quelque chose qui me poursuivait depuis longtemps. J'étais persuadé que mes "formes voluptueuses" comme une de mes égéries l'a dit un jour étaient ce qui gênait le plus che moi. Je n'avais pas encore compris que la plupart des gens que je croise me pense homosexuel ou "hormosessuel" comme dirait Zazie. Car, un type gentil, cultivé, plutôt doux et civilisé, un minimum sensible, ne peut être que pédéraste c'est bien connu. Je me suis laissé avoir au jeu tant et si bien que j'ai fini par dire un jour que je l'étais vraiment à des personnes de mon entourage pour être tranquille et que l'on fiche la paix une bonne fois pour toutes. Je l'ai même "avoué" à la femme que j'aimais en pensant que cela me permettreait un temps de me rapprocher d'elle. Cela n'a rien changé mais j'ai entendu beaucoup de personnes me dire que cela "ne les surprenait pas". C'est limpide sur la manière des autres d'apréhender leur entourage et les personnalités des êtres humains qu'ils sont amenés à croiser. Une dernière note, les plus acharnés à vouloir me faire "avouer" sont peut-être quant à eux par contre des "gays" qui s'ignorent (un peu comme tous ces catholiques qui ont une étrange obsession à ce sujet couplée la plupart du temps à une image terrifiante de la sexualité).

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  • Français moyen, pléonasme ?

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    medium_images.10.jpegC'est mon album préféré des "Bidochon" pourtant c'est le pire (ou le meilleur !) en matière de causticité. La "môman" de Robert s'est retourné un ongle, elle en profite pour faire venir son fils et tenter de le "récupérer", celui-ci la croyant mourrante. Raymonde supporte beaucoup de choses et elle finit par sauver in extremis son mariage...

    Il y a une blague belge qui court sur les français à Bruxelles prétendant que dire français moyen est un pléonasme en soi.
    Les Bidochon regardent des animateurs télé au sourire dentifrice de figue éclatée, ils accordent beaucoup d'importance à leur voiture, surtout Raymond qui compense ainsi sa médiocrité sexuelle. Madame se laisse prendre à n'importe quel charlatanisme et est totalement frustrée, et sa belle-mère est une mère abusive, délicieusement odieuse et castratrice. Raymond prend la voiture pour faire deux-cent mètres vers la boulangerie le dimanche. Les Bidochon s'ennuient ferme car il n'y a pas grand-chose dans leur vie assez médiocre.
    Leur entourage ne vaut guère mieux, un bureaucrate miteux en veste orange de VRP mariée à Gisèle, commerciale et frustrée également.
    medium_images.11.jpegComme les "Deschiens", Binet se moque des couches populaires, des prolos de banlieue en pavillons phénix, des "beaufs" et le fait bien. Il le fait bien et le trait est souvent juste mais la cible est facile, et c'est un peu tirer sur une ambulance. Cela n'empêche pas de s'amuser à cette BD.

  • Pendant les vacances le massacre continue

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    medium_images.4.jpeglundi 24 juillet 2006, 14h43
    "Arrêtez le massacre", demande le président libanais
    PARIS (Reuters) - Le président libanais Emile Lahoud a demandé aux Nations unies de prendre des initiatives pour "arrêter le massacre" dans son pays, au treizième jour de l'offensive israélienne.

    "On est en train de taper toute l'infrastructure. Jusqu'à maintenant on a 350 tués, la moitié sont des enfants, plus de 1.500 blessés, l'aéroport, l'électricité, les ponts, tous sont touchés, alors on doit arrêter ce massacre aussi tôt que possible et après on peut discuter de tout", a-t-il dit, interrogé à Beyrouth par Radio France Internationale (RFI).

    "Les Nations unies (...) doivent faire quelque chose, (...) prendre une décision pour avoir un cessez-le-feu", a ajouté le chef de l'Etat libanais.

    Evoquant le respect de la Convention de Genève et l'emploi, selon lui, par les Israéliens d'armes comme les bombes à phosphore et les bombes à laser "contre les civils et les enfants", Emile Lahoud a souhaité un arrêt des tirs le plus tôt possible afin d'éviter le pire.

    Il a affirmé que l'attaque israélienne avait été "planifiée depuis longtemps" et que la capture de deux militaires de Tsahal par les miliciens chiites du Hezbollah n'avait été qu'un prétexte, une "excuse".

    Les Israéliens "attendaient le moment opportun", a-t-il accusé, rappelant l'offensive israélienne de 1982 contre le Liban décidée après l'assassinat de l'ambassadeur d'Israël en Grande-Bretagne. "Israël ne veut pas que le Liban soit prospère", a-t-il affirmé.

  • Il serait temps de reconnaître les vrais urgences

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    dimanche 23 juillet 2006, 11h35
    medium_images.5.jpegLa canicule, une preuve du réchauffement de la planète?
    ROME (Reuters) - Au moment où une grande partie de l'Europe et de l'Amérique du Nord étouffe sous une nouvelle canicule, se pose à nouveau l'épineuse question de la cause de cette vague de chaleur et de son lien avec la dynamique de réchauffement de la planète.

    Ces températures sont-elles un phénomène climatique conjoncturel ou la preuve de dérèglements plus profonds?

    La vague de chaleur a déjà fait une vingtaine de morts en France, où l'on craint une répétition de la canicule de 2003, qui avait tué 15.000 personnes en France et 20.000 en Italie.

    De l'autre côté de l'Atlantique, on enregistre également des températures record dans plusieurs régions des Etats-Unis et du Canada. "Nous sommes en train de cuire", a déclaré Dennis Feltgen, de l'institut météorologique américain.

    La plupart des scientifiques s'accordent désormais sur le fait que la Terre est en train de se réchauffer et que cette tendance va s'accentuer du fait de "l'effet de serre" provoqué par les émissions de certains gaz qui piègent la chaleur dans l'atmosphère. Mais beaucoup de chercheurs jugent qu'ils ne faut pas tirer trop de conclusions d'un seul événement climatique.

    "On ne peut bien sûr pas dire qu'un seul événement météorologique est le fait du réchauffement climatique", a expliqué Asher Timms, du Centre Tyndall pour la recherche sur le réchauffement climatique, en Grande-Bretagne. "Mais dans l'ensemble, notre système climatique est en train de changer".

    medium_images.6.jpeg"SEULES LES MOYENNES COMPTENT"

    Les détracteurs de la théorie du réchauffement global, qui prévoit avec la hausse des températures une intensification des phénomènes climatiques extrêmes, mettent en cause l'emballement médiatique lors des vagues de chaleur.

    "Il y a eu des périodes plus chaudes par le passé. Il y en aura d'autres à l'avenir", a déclaré Bill O'Keefe, membre de l'Institut George C. Marshall, un think tank de Washington, et consultant proche de l'industrie pétrolière.

    "Si celle-ci durait longtemps, peut-être pourrions nous dire que l'activité humaine a un impact".

    Mais beaucoup de scientifiques sont désormais convaincus de l'existence d'une tendance lourde. Selon la Nasa, 2005 a été la l'année la plus chaude en 100 ans, sachant que les trois précédentes étaient déjà les plus chaudes depuis 1890.

    Le Centre national américain de données climatiques a fait savoir que le premier semestre 2006 avait été le plus chaud depuis le début de ses relevés, en 1895.

    "Les moyennes de la Nasa pour la planète et les statistiques que nous réalisons sont beaucoup plus parlantes que l'observation des phénomènes extrêmes en Grande-Bretagne, en France ou en Italie", a dit Philip Jones, climatologue de l'université britannique d'East Anglia. "Ce sont les moyennes qui comptent".

    "Dix des 12 dernières années ont été les plus chaudes depuis 1850. La température moyenne de la planète a grimpé de 0,7 degré depuis cette date et on s'attend à ce qu'elle progresse encore de 2 à 5 degrés au cours du prochain siècle", a-t-il dit.

    DAVANTAGE DE CANICULES A L'AVENIR

    Les sceptiques affirment que l'augmentation des températures au cours du siècle qui s'est écoulé n'a pas été provoquée par la libération de gaz à effet de serre liée à l'industrialisation de la planète mais s'explique par le fait que l'on sortait d'une période froide connue comme "le petit âge glaciaire".

    Selon Jones, l'augmentation des températures au 20e siècle a été trois fois plus forte que lors des autres siècles, signe qu'il ne s'agissait pas d'une tendance naturelle.

    Si quelques étés chauds ne prouvent pas que le climat change, les vagues de chaleur seront en revanche inévitables en cas de réchauffement climatique.

    "Bien évidemment", a-t-il souligné, "si le climat se réchauffe, les épisodes extrêmes sont de plus en plus sévères".

    Outre la hausse des températures, de plus en plus de signes illustrent ce réchauffement. On assiste notamment à une élévation du niveau des océans, provoqué d'une part par l'augmentation du volume d'eau lié à son réchauffement, et d'autre part par la fonte des glaciers de montagne.

    A en croire Jones, les océans s'élèvent en moyenne de 1,5 mm par an. Et cette progression a été de 20 cm depuis la fin du 19e siècle.

    Les autres illustrations possibles du réchauffement de la planète sont l'augmentation de l'intensité des ouragans, la diminution de l'enneigement des massifs montagneux ou encore des modifications des régimes de précipitations.

    Pour tenter de forger un consensus scientifique, l'Onu a chargé depuis 1988 un Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) de compiler les données sur la question. Ses conclusions ont une influence majeure sur les décisions politiques car la question climatique fait l'objet d'un lobbying intense du fait de ses répercutions en matière économique et énergétique.

    Membre du Giec, Le professeur Jones a refusé de dévoiler les conclusions du quatrième rapport du Groupe, attendu en 2007, mais il a laissé entendre qu'il abonderait totalement dans le sens de la théorie du changement climatique.

    Pour de nombreux scientifiques, les canicules actuelles sont donc un avant-goût de ce que peut réserver, à l'avenir, une tendance lourde au réchauffement global.

  • Vacances

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    medium_plage.jpgPendant trois semaines, ce blog sera beaucoup moins réactualisé du fait de trois semaines de vacances ou plutôt de deux semaines à Paray le Monial pour l'Oeuvre d'Orient, ce qui donnera lieu peut-être à un petit journal que j'espère savoureux afin de compenser le manque de motivation que je ressens à me retrouver au milieu des sessions charismatiques de l'Emmanuel.

    Votre serviteur, Amaury Watremez

    En attendant une petite citation que j'aime bien et qui résume bien à mon sens l'importance de la littérature : "Les idéologies et les religions éloignents, les rêves et les angoisses rapprochent les êtres humains" d'Eugène Ionesco, une pensée pour le Liban et la Palestine et toute mon affection à ceux que j'aime et tous ceux qui sont capables de réfléchir, sentir et vivre par eux-mêmes.

    PS : Les commentaires seront mis en ligne deux fois par semaine...

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  • L'offensive d'Israèl au Liban prévue depuis longtemps

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     Ce n'est pas une surprise, mais il s'avère que l'offensive était prévue depuis longtemps, l'enlèvement des deux soldats a fourni le prétexte. Aurait-il fallu un tsunami pour que les occidentaux se soucient réellement du Liban ?

     mercredi 19 juillet 2006, 15h04

    L'offensive d'Israël au Liban est prévue depuis longtemps
    L'OFFENSIVE ISRAÉLIENNE PRÉVUE DE LONGUE DATE

    JERUSALEM (Reuters) - Les plans de l'opération que mène actuellement Israël au Liban étaient dans les cartons de l'état-major depuis longtemps et visent à modifier le rapport de force régional, indique-t-on de source militaire.

    En tentant de réduire à néant le stock de missiles du Hezbollah, Israël ne souhaite pas seulement protéger le nord de son territoire. Il veut aussi affaiblir l'Iran, qui utilise le Hezbollah par procuration dans sa confrontation avec l'Etat juif.

    L'offensive de Tsahal se veut aussi un message envoyé à la Syrie, autre soutien du groupe chiite, et au Hamas, les islamistes au pouvoir en Palestine.

    "Cette campagne est basée sur des préparations que nous avons réalisées, sur des renseignements que nous avons recueillis, au fil des ans", a expliqué un porte-parole de l'armée israélienne, Olivier Rafowicz.

    "Israël doit conserver son pouvoir de dissuasion et montrer aux nations qui nous menacent qu'il y a un seuil à ne pas franchir", a-t-il ajouté. "Nous espérons que l'Iran et la Syrie ont maintenant compris que leur parrainage (du Hezbollah) ne peut simplement plus être accepté".

    Ces deux pays affirment apporter un soutien uniquement moral au groupe chiite libanais et nient lui fournir des armes.

    GUERILLA CONTRE ARME NUCLEAIRE

    Un responsable de la défense israélienne a souligné que l'offensive israélienne était la conséquence de la peur suscitée par le programme nucléaire iranien et la crainte d'un conflit prolongé avec les Palestiniens.

    "Avec la bénédiction de l'Iran, le Hezbollah et le Hamas cherchent à établir un équilibre de la terreur - des roquettes Katioucha au nord, Kassam au sud", a-t-il expliqué, faisant référence aux types d'armes utilisés par les deux groupes arabes.

    Pendant longtemps, Israël s'est reposé sur son statut de principale puissance militaire de la région. Il est théoriquement le seul pays au Proche-Orient à posséder un arsenal nucléaire. Mais les armes de la guérilla du Hamas et du Hezbollah ne sont cependant pas faciles à combattre avec une armée conventionnelle.

    Alors que la communauté internationale s'inquiète de la montée des tensions dans la région, Israël a publiquement insisté sur le fait que son offensive ne visait que les combattants du Hezbollah.

    "Nous nous défendons après avoir été attaqués", a dit le vice premier ministre Shimon Peres au micro de la radio militaire israélienne. "Il est important de souligner que c'est de la légitime défense."

    Selon le gouvernement de Beyrouth, trop fragile pour désarmer lui-même le Hezbollah, ce sont pourtant les civils qui paient le prix fort de l'offensive de Tsahal.

  • "Dialogues le soir" par Amaury Watremez

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    Cette nouvelle m'a été inspirée par le souvenir d'une jeune femme qui, lorsqu'elle faisait visiter l'appartement de ses parents, racontait à tous les hommes qui l'attirait, qui croyait tous être le premier à entendre l'anecdote, la nuit où elle s'était retrouvée un soir, nue, à être observée par le peintre habitant en face et disposant d'un atelier dont les hautes vitres donnaient sur la cour de l'immeuble moderne où la jeune femme et ses heureux géniteurs habitaient.

    medium_atelier.jpg

    (photo : toile de Luc Aromda) 

    –A quoi penses–tu?
    –A rien, je pense à nous.
    –Tu m’aimes ?
    –Mais Oui, bien sûr, pourquoi poses–tu cette question ? Cela ne se voit pas ?
    –Oh, si.
    –Tu es la plus belle femme que j’ai connu.
    –N’en fais pas trop.
    –Je ne plaisante pas.
    –Rapproche toi de moi, tu es loin de moi, “tes reins contre les miens”...Comme dans Gainsbourg.
    –Descends un peu les mains, pas tout de suite.
    –J’aime tant faire l’amour avec toi.
    –Je me souviens de la première fois. De ton regard, de ton corps, de ton sourire moqueur.
    –Je ne me moquais pas.
    –Tu te moques encore.
    –Laisse tes mains par là. Attends.
    –Tu étais si jolie .
    – “étais”?
    –Tu l’es encore plus maintenant.
    –C’est bien ce que j’attendais que tu dises.
    –Lorsque nous étions tous les deux au petit matin, j’avais presque l’impression que nous étions un gentil couple.
    –Nous étions un couple déjà mais nous ne le savions pas.
    –Je vais regarder à la fenêtre s’il y a un modèle encore chez le peintre.

     Elle se lève, les rayons de lune découpent son corps en ombres superposées. Elle est complètement nue. Elle un corps, dont les courbes sont tout ce qu’il y a de plus féminines, mais auquel la poitrine, menue apporte une curieuse touche androgyne, il y a des zones d’ombre aussi. Elle regarde une grande baie vitrée sur la gauche, une fille lit allongée sur un canapé, seul élément d’ameublement réputé civilisé dans la pièce, le peintre est torse nu, il donne des coups de fusain saccadé sur une grande feuille posée sur un chevalet. Il a une barbe jupitèrienne mais un Jupin aimable du fait du “barreau de chaise” qu’il a à la bouche. Ce n’est pas un Dieu à tonerre et éclairs. Vulcain plutôt mais il ne boîte pas, ou Pan, un Pan moins alerte. Ou un satyre.

    –Elle est belle. J’aimerais bien caresser ses seins lourds et elle a des fesses cambrées qui me plaisent énormément .
    –Oû est–ce qu’il les trouve ? Elle est belle.
    –Peut–être une étudiante ou une amante ? Tu n’as pas envie de savoir.Pourquoi arrêtes–tu de me caresser ?
    –Je suis sûr qu’il y en a un qui nous voit en face.
    –Ou une .
    –Embrasse moi encore. On doit nous deviner comme deux ombres. Ils ne savent pas ce que nous faisons.
    –Tu crois qu’elle sait que quelqu’un la regarde ?
    –C’est peut–être ce qui lui plaît. Tu ne comprends pas encore les jeunes femmes, pourtant avec moi qui en ait tous les défauts, ou prétendus défauts, tu le devrais mais c’est peut–être parce  que ce sont ces défauts qui te plaisent en moi.

     Petit à petit, les yeux s’habituent à l’obscurité, la chambre n’a plus de secrets. Le silence est presque complet, par intermittences, une sirène ou un chat se font entendre, ou le bruit d’une voiture qui passe puis décroît. Très loin en face, des enseignes lumineuses rouges et vertes jettent un éclat étrange sur la banlieue. Elles donnent à la banlieue des couleurs fantastiques.

    –A quoi tu penses ? Tu dors ?
    –Oui, je dors, laisse moi.
    –Tu ne dors pas puisque tu me réponds.
    –Que veux–tu savoir ?
    –Je suis sûre que tu pensais à cette fille, là, dans l’atelier dehors.
    –Peut–être.
    –Elle n’a pas une poitrine de garçon comme moi, j’ai de tout petits seins.
    –C’est bien plus mignon.
    –Tu dis çà pour me faire plaisir.
    –Mais non.
    –Est–ce que tu serais jaloux si je  posais pour ce peintre ? Il te ressemble un peu.
    –Oui et non.
    –Allez. Je veux savoir.
    –Je préfèrerais que ce soit moi qui pose.
    –Toi ?

      Elle rit.

    –Oui, car je n’aimerais pas du tout que ce soit toi, j’ai vu ses dessins, si sensuels qu’ils me donnent l’impression qu’il a fait l’amour avec ses modèles.
    –Tu es jaloux.
    –Non, je n’aimerais pas, voilà tout.
    –Tu te mets en colère ? J’aime bien que tu sois un peu jaloux, c’est que tu m’aimes.

     Les jours passent, il croise le peintre plusieurs fois lorsqu’il va la voir, il a un sourire aimable, bien éloigné du cynique jouisseur qu’ils avaient vu par la fenêtre. Une fois, il est allé jusque devant la porte de l’artiste, il a entendu Ravel, ou était–ce Satie ? Une vieille dame entrouva sa porte en l’observant avec méfiance.
    –C’est Érik Satie. J’aime beaucoup cette musique

     La vieille femme ne répond pas et ferme sa porte après un dernier regard suspicieux. Il aperçoit le plat du chat à terre et le napperon sur la télévision allumée dont le son est coupé.

     Les jours passent, des nuits entières pendant lesquelles il ne semble y avoir personne dans l’atelier, des nuits entières oû la lumière reste allumée toute la nuit. Un jour, n’y tenant plus il décide de faire la connaissance du peintre. Celui–ci n’en est même pas surpris, sa conversation est des plus agréables. Il a une culture des plus étendues, parlant de tout et de rien avec une aisance des plus plaisantes.

    –Vous devenez d’excellents amis, n’est–ce pas ?
    –Oui, il est extrêmement sympathique, il paraît possèder une empathie extraordinaire.
    –C’est un bon vivant comme toi.
    –Il est de ceux qui savent apprécier un roman de Flaubert et un Chinon, la forme d’une fleur et le corps d’une femme.
    –Seulement le mien.
    –Comment ?
    –Seulement mon corps que tu dois apprécier, pas celui d’une autre.
    –Cela va de soi. Dis moi, tu ris mais tu es jalouse aussi.
    –Non, ce n’était qu’une ... boutade.
    –Cela ne me déplaît pas non plus que tu sois jalouse, c’est une preuve d’amour en quelque sorte.
    –Sur ce plan, tu es classique ? J’espère qu’il n’y a pas que ma jalousie qui prouve que je t’aime. Pourquoi croit–on souvent que ce sont les choses négatives qui doivent prouver l’amour ?
    –Tu me le prouves de bien d’autres façons. Lorsque nous parlons, lorsque je te fais rire, lorsque nous faisons l’amour aussi, même les moments de silence me disent que tu m’aimes.
    –Moi aussi je t’aime.

     Quelques jours passent et le peintre les invitent chez lui. Il s’est habillé avec chic pour la circonstance, un très élégant costume noir orné d’un œillet violet au revers de la veste. Ils sont aussi très élégants, elle et lui. Mais il les surpasse car ressemblant tout à fait à un meneur de jeu. Il a mis une petite table ronde au milieu de l’atelier, une petite nappe orange pâle qui s’accorde bien avec la lueur des deux bougies qui l’éclaire. D’autres bougeoirs sont dissèminés un peu partout dans la pièce à des endroits tous plus hétéroclites les uns que les autres.

    –La nuit est belle, ce soir, c’est une nuit de pleine lune, une nuit révélatrice.
    –Nous les aimons aussi beaucoup.
    –Voulez–vous que je vous montre les dernières petites choses que j’ai produites ?

     Il se lève et va chercher un carton à dessin vert foncé au fond de son atelier. Le dessin représente un homme et une femme enlacés. Le deuxième est une femme allongée sur le divan de l’atelier, comme endormie lascivement. Ces femmes que le peintre trace sur le papier sont belles ne sont pas soumis à son bon vouloir érotique.

    –Qu’en pensez–vous?
    –Elles sont belles.
    –Il manque encore une chose que je ne sais pas saisir tout à fait, leur âme.

     Les volutes que laissent échapper le cigare donnent au visage du peintre des airs méphistophèliques. Ils vont s’asseoir dans l’atelier, il bavarde avec lui, elle reste debout devant la grande baie vitrée, songeuse et légèrement ennuyée. Ce n’est pas Pan, c’est un satyre qui l’accompagne.

     Les jours se passent, c’est l’automne qui arrivent, les feuilles d’arbres oranges jonchent les trottoirs, il pleut, le ciel est gris plus souvent qu’à l’habitude. Mais cela n’a rien de triste, la rue incite à l’intime, aux confidences murmurées dans le creux de l’oreille.

     Le bus, qu’ils prennent, traverse Paris. Ils s’assoient  au fond comme les enfants rentrant de l’école. Ceux qui sont sages, que l’on voit tenant la main de leur mère, le cartable sur le dos, les chahuteurs qui abandonnent leurs affaires dans un coin et s’amusent entre les fauteuils.

     Il y a les voitures, les gens, les pressés, ceux qui flânent, les passants, les vieux, les jeunes, les vieilles dames aux cheveux violets qui promènent leur chien, les africains qui semblent toujours déracinés, les petits voyous qui roulent des épaules en marchant. Elle met sa tête sur son épaule, elle lui parle doucement, ils se taisent.

     Un jour, elle part pour quelques temps, ce n’est pas la première fois mais comme à chaque fois, c’est “avant” qui revient, il tourne en rond dans l’appartement, il regarde la télévision trop tard et mange n’importe quoi. Un soir, il regarde la baie de l’atelier du peintre, il n’y a personne, la pluie tombe en longues coulées sur la vitre. Les nuages gris se reflètent dessus.

     Il est tard, il éteint la télévision allumée depuis le début de soirée. Machinalement, il regarde l’atelier en face. Il est là. Il le voit tourner et retourner, en peignoir rouge, énorme, comme un ours en cage. Il y a un modèle, une jeune femme assise, presque nue sur le canapé, elle lui tourne le dos. Le peintre baisse la lumière, il a l’impression que c’est elle. Elle lui a menti, elle est chez le peintre. Il sort de l’appartement s’apprêtant à se précipiter, mais soudain il n’est plus aussi sûr. Elle lui a laissé un numéro de téléphone. Il appelle. Personne ne répond.

     Il s’assied par terre à côté de la petite table du téléphone. Elle est sortie. Cela ne veut rien dire. Il rallume la télévision. Il baisse les stores de la fenêtre. Il est stupide se dit–il.

     Le lendemain soir, il range l’appartement, classe la bibliothèque, mais le doute persiste et revient encore plus fort lorsque, à nouveau, la lumière jaillit dans l’atelier du peintre. Il n’y a que le peintre. Il se trouve ridicule.

     Le soir suivant, elle est de nouveau là, il ne voit pas le visage mais maintenant, il en est sûr, c’est elle. La colère monte, sourde et brutale, il monte les escaliers qui vont vers le peintre quatre à quatre. Il frappe du poing sur la porte. Le peintre vient lui ouvrir, il le repousse avec violence contre le mur, un peu de sang vermillon tache la peinture blanche. La fille qui est dans l’atelier arrive en courant et crie en voyant le peintre effondré à terre. Elle est nue. Ce n’est pas elle.

     Il croit alors que sa colère est retombée, il se penche sur le peintre qui gémit, il l’aide à se relever en répètant sans cesse:”je croyais que c’était elle“. La fille cache ses seins avec ses mains, elle le regarde avec terreur. Il allonge le peintre sur le canapé. Il va chercher un peu de glace.

    –Il n’a rien, répète–t–il mécaniquement à la fille. Ensuite, il oublie ce qu’il fait. Tout ce qu’il se rappelle, c’est que la colère revient encore une fois.

     En rentrant chez lui, il se saoûle conscienceusement et se couche tout habillé sur le lit défait. Le matin, il croit n’avoir fait qu’un mauvais rêve.

     Elle revient deux jours après. Il se sent follement heureux.

    –Mais je ne suis partie qu’une semaine...

     De nouveau, la nuit complice les accueillent dans la chambre baignée d’une pénombre bleutée. Ils ont seulement envie de tendresse, de leur tendresse réciproque retrouvée.

    –Qu’est–ce que tu as fait ces derniers jours ?
    –Je suis sorti, je n’ai pas vu le temps passer
    –Tu ne t’es pas ennuyé de moi un tout petit peu ?
    –Non, pas du tout.
    –Menteur
    –J’ai joué au vieux garçon endurci qui ne range pas ses affaires et ne lave pas la vaisselle qui s’amoncelle.

     Elle se lève, elle entrouve la fenêtre. Elle est soudain soucieuse. Comme une petite fille, elle se ronge l’ongle du pouce. Elle regarde la grande baie vitrée en face sur laquelle se reflète la lune.

    –Je voulais te dire ...

     Il ne dit rien mais une sueur glacée coule le long de son dos.

    –J’ai posée pour le peintre.
    –C’était toi il y a deux jours?
    –Non.
    –Il ne dessine pas comme un homme qui s’offre un moment de plaisir égoïste.
    –Tu as fait l’amour avec lui ?
    –Me dessiner, c’était faire l’amour pour lui.
    –Pourquoi me le dis–tu ? Cela n’a pas d’importance.
    –Je voulais savoir ce que cela faisait.

     Elle revient avec lui. Il la serre dans ses bras.
     Le lendemain, deux hommes sonnent. Elle va ouvrir. Il l’entend parler à voix basse avec eux. Elle l’appelle et dans le son de sa voix perce un sanglot. Il y a deux policiers sur le palier, un brun en blouson bleu, l’air d’un père de famille placide, et un jeune en uniforme.

    –Vous savez pourquoi nous sommes là
    –Oui.
    –Vous connaissez vos droits ? Ou faut–il que je vous les donne.
    –Non, allons–y, comment avez–vous su ?.
    –C’est l’odeur des deux corps et une voisine vous a vu, c’est elle qui nous a prévenu.

     Elle prend la tête de son amant entre les mains, elle pleure doucement, elle chuchote:

    –Pourquoi ?
    –J’ai cru te perdre.

     Il s’en va entre les deux flics. La colère n’est qu’une folie ; pense–t–il mais il est trop tard.

     La vieille voisine eut son quart d’heure de gloire lorsque une équipe de la télévision vint l’interviewer mais le crime ne passionna que deux semaines Margot dans les chaumières. Ensuite, on oublia.

    Post–Scriptum : Le peintre posa ses pinceaux, son modèle, une fille brune au physique “Renoir” étira ses bras et se détendit, il regarda l’immeuble en face de son atelier. Par l’embrasure d’une fenêtre ouverte, il voyait un jeune couple en train de faire l’amour. Il caressa sa barbe et sourit. Encore une fois, le jeu promettait d’être amusant.

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  • Quelques éléments biographiques sur Victor Lherbinier

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    medium_sorb.jpgVictor Lherbinier est né en 1927. Fils d'un diplomate roumain et d'une mère un temps cantatrice à l'opéra de Bucarest que l'on soupçonne d'avoir été une des maîtresses de Staline, il a commencé à écrire quelques traités d'histoire sur la situation des filles-mères dans le Lauragais au XVIIème siècle lorsqu'il était enseignant à la Sorbonne. Ayant très mal vécu Mai 1968, il sombra dans l'alcoolisme et s'abaissa jusqu'au meurtre. Ayant choisi le chemin de la rédemption en prison, il rédigea alors son autobiographie qui émut en son temps les milieux bien informés. Il écrivit ensuite lors d'un séjour à Villejuif un très beau recueil de poèmes ("Toutes les étoiles du ciel" paru en 1980) mais disparut trop tôt d'un cancer généralisé. A l'instar d'un Germain Nouveau, il n'est maintenant connu que de quelques cercles de bibliophiles cultivés. Ses ouvrages sont introuvables, ce qui est dommage, j'ai eu la chance de mettre la main sur le récit de sa pauvre existence au marché de Wazemmes un lendemain d'ivresse. Il est temps maintenant de le redécouvrir. 

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  • Le sang d'un ennemi

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    medium_b1.jpg

    (photo de Beyrouth bombardée) 

    Il y a plus de deux siècles, alors qu'un de ses généraux se vantait d'avoir tué un grand nombre d'ennemis au nom de Dieu et du roi, Louis XV lui rappela que "le sang d'un ennemi, c'est toujours le sang d'un homme qui est versé". Les israèliens, comme les libanais, comme les palestiniens et tous ceux qui combattent -du moins c'est ce qu'ils prétendent- au nom de leur dieu, de leur peuple ou de leur indépendance, devraient se rappeler de cette phrase. Il y a des civils morts du côté libanais comme du côté israèlien, (même si la balance des morts pèse plutôt du côté du Liban), au nom d'une logique religieuse parfaitement absurde et en contradiction absolue avec les principes réaffirmés dans leurs livres saints et clamés un peu partout. medium_b2.jpg

    Quelqu'un me disait il y a peu que quand on est catholique, "l'on n'est vraiment bien qu'entre catholiques". Même s'il est vrai qu'un chrétien ne doit pas rester seul en tant que croyant, l'on est bien entre êtres humains sans considérations autres. Une personne humaine n'est pas un simple concept. Il faut se débarasser des expressions toutes faites en politique du style : "le problème palestinien", "la question juive", "le problème libanais", "le piège des banlieues"... (photo : Haïfa, troisième ville israèlienne, bombardée)

    NB : Personellement, j'enrage que Haïfa, cette ville modèle du point de vue de l'intégration des populations palestiniennes dans un milieu israèlien, laïque dans toute la grandeur du terme, soit bombardée...

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  • Antoine Sfeir sur le Liban

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    medium_as1.jpgAntoine Sfeir, né le 25 novembre 1948 à Beyrouth (Liban), est un écrivain, politologue et journaliste libanais vivant en France. Il a acquis la nationalité française en 1980.

    Il est le directeur des Cahiers de l'Orient (revue d'études et de réflexions sur le monde arabo-musulman), et président du Centre d'études et de réflexions sur le Proche-Orient.

    De 1968 à 1976, il est co-responsable du service étranger du journal L’Orient- Le Jour seul quotidien francophone du Proche et du Moyen-Orient.

    Il est la victime d’un enlèvement en 1976 pendant la guerre du Liban.

    En 1977 il fonde le journal J'informe, puis jusqu'en 1989 il devient journaliste au journal français La Croix puis au Pèlerin. C'est également un collaborateur du journal Le Point, du Quotidien de Paris et de l'Événement du Jeudi, ainsi que des revues Études, Esprit, Afrique et Asie Moderne et Politique Internationale.

    Il fonde en 1985 les Cahiers de l'Orient, produit à 4 000 exemplaires chaque trimestre. Ce journal se veut une fenêtre ouverte sur la Méditerranée et repose sur une charte rédactionnelle fondée sur la francophonie.

    medium_as2.jpgAntoine Sfeir, dans l'émission "C dans l'air" de France 5 hier, a résumé parfaitement la situation actuelle du Liban. Ce pays a subi pendant vingt ans une guerre civile, l'invasion syrienne, l'indifférence des pays arabes alentours, les bombardements israèliens, les guerres de religion. Personne n'a rien fait pour résoudre les problèmes. On préconise maintenant de créer une force internationale sous l'égide de l'ONU en sachant qu'Israèl n'a jamais respecté la plupart des résolutions de l'honorable assemblée. J'ai eu la chance de rencontrer Antoine Sfeir avant de partir en Israèl/Palestine, c'est un homme de bon sens qui a en horreur le fanatisme religieux, d'où qu'il vienne, il aurait pourtant eu quant à lui des raisons de sombrer dans l'argumentaire consistant à parler de lutte de civilisations.  

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  • le sens de la fête

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    medium_fete.jpgIl y a quelques temps déjà, alors que nous sortions d'une journée studieuse en bibliothèque, tu remarquas, chère "Pussycat", que le seul fait pour moi de prononcer le mot "fête" suffisait à m'allumer des étoiles dans les yeux. J'adore la fête, la danse, la convivialité. Elle implique que l'on ait vraiment le sens des autres, que l'on soit capable de génrosité et d'offrir à ceux que l'on aime quelques moments agréables. Peu de gens sont capables de vraiment faire la fête : il y a ceux pour qui elle ne consiste qu'en une manière de jouer un personnage et d'affirmer un personnage que l'on croit lié à un statut social que les autres envieront, le VRP peut se prétendre cadre, le bureaucrate moins frustré , il y a les mondains, pour qui une fête qui ne serait pas d'un ennui mortel est à proscrire, et un certain type de croyants qui pensent que la fête est diabolique : je me souviens d'une fête mondaine après un vernissage, il ne fallait surtout pas occuper la piste de danse, ni rire, je me souviens d'une "fête" dans un lieu hautement spirituel, du rire de gamines de jeunes femmes (elles buvaient du cidre !!! Brut !!!) présentes et des "animations" qui suivirent.

    En guise de conclusion, je dirai que les meilleures fêtes auxquelles j'ai participé étaient celles de Ramallah en Palestine et de Tel Aviv en Israèl car elles sont dénuées du cynisme et de l'amertume que l'on décèle souvent dans d'autres endroits. 

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  • Combustions spontanées - Nouvelle de Victor Lherbinier

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    medium_Amis3.jpgRapport de police du 15 novembre 200...

     Nous commençons l’interrogatoire selon la procédure habituelle. Le lieutenant Mercier pose les questions.

     Vous dîtes que vous n’êtes pas au courant ?

     Cela fait longtemps que çà a commencé, pourtant ...

     Il y avait un cas par jour au départ, et puis, tout le temps. On avait beau chercher une explication, personne n’en avait trouvée. Les corps prenaient feu, se consumaient au milieu de la rue. Il ne restait bientôt plus qu’un squelette carbonisé que les gens n’enjambaient plus depuis quelques temps qu’avec indifférence. Certains essayaient d’éteindre la combustion mais n’y parvenaient jamais. Le gouvernement devait agir, ils avaient promis, ils ne pouvaient rien faire.

     Moi, depuis, je sais la vérité, je sais pourquoi mais je ne peux pas le dire. A certains moments, mes mains puis tout mon corps se couvrent de cloques blanchâtres, je contrôle encore mais bientôt il sera trop tard. Normalement, celui qui raconte donne son nom, moi, je n’ai pas de nom, plus de nom, comme tout les autres. Pourtant j’ai été un de ces hommes sans peurs, sans craintes. Maintenant, c’est bien fini.

     Son amnèsie n’est qu’un moyen de protection du cerveau contre un traumatisme profond.

     Je dois être irréprochable, moral et pieux. Lorsque j’étais petit, j’ai vu ma mère flamber d’un coup, comme un éclair de magnésium, je m’étais fait mal au genou, comme tout les gosses, elle avait dit : “ ce n’est rien”. Elle a été carbonisée.

     Il ne faut pas jurer non plus, ne pas faire l’amour, ne pas goûter ce que l’on mange. Tout péché, tout manquement est immanquablement puni. Il y a des gens qui adorent Dieu de toutes les forces, comme moi, ils sont dans la crainte, tout le temps. Ils craignent Dieu, ils veulent continuer à vivre mais ils ne peuvent même pas le dire.

     J’ai de temps à autres l’impression d’être en enfer, un enfer de lois et de préceptes. Les miracles devraient être quotidiens mais çà n’empêche pas les gens de mourrir lorsqu’ils sont malades, s’ils meurent c’est qu’ils ne croyaient pas assez. Un des leaders de la religion a menti lui-même un jour, il regardait les seins d’une femme, il est mort sur le coup.

     Bien sûr, la péchêresse a été lapidée. Par des pierres qui ont eues l’air de jaillir de nulle part en même temps comme je le croyais quand j’étais enfant. En fait, tout le monde s’était baissé en même temps pour les ramasser au sol le plus vite possible et les jeter encore plus vite.

     Si elle méritait çà ? Mais évidemment, c’était une péchêresse.

     Je n’étais pas marié et je n’avais pu devenir prêtre, j’avais essayé autant que je pouvais dans les deux cas mais rien, je ne sais pas pourquoi, je ne me suis jamais posé la question. Quelque chose de déréglé, sûrement. Vous dîtes que quelque chose s’était déréglé déjà ...

     Et puis, j’ai rencontré quelqu’un que notre berger, celui de la ville m’a présenté, c’est comme çà que çà se passe. Elle était couverte d’habits de la tête aux pieds, je ne voyais que ses yeux, un regard doux, un peu bovin ais-je failli penser mais j’ai évité cette pensée à temps. Je me suis frappé la poitrine tout de suite. Je sentais déjà les flammes m’entourer. Elle serait obéissante, nous aurions des enfants, pour la plus grande gloire de notre peuple de croyants.

     Elle est morte ? Elle n’existait pas vous dîtes ? Ce sont des mensonges ! Laissez-moi sortir, j’ai peur ici, j’étouffe. Laissez-moi !

     ...

     L’un d’entre nous émet l’hypothèse science-fictionnesque et un rien fantaisiste des mondes paralèlles. Chacun sait que la théorie des quantas a fermement réfuté cette théorie il y a deux ans.

     Oui, oui, je promets, je, je me tiendrais tranquille. Les premiers mois, ce fut merveilleux, nous passâmes sept mois, sept mois sans nuages. Elle était une épouse accomplie et bientôt  nous eûmes une bonne surprise, elle attendait un enfant. Nous rendîmes alors gloire à Dieu. Nous avions copulé sans désir, uniquement pour avoir des enfants. Sa grossesse commença, petit à petit son humeur se détériora, il n’y avait aucun signes tangibles sur son visage mais moi, je le sentais bien, elle n’était plus aussi enthousiaste aux prières ou aux offices malgré le sourire perpétuel qui s’étalait sur son visage avec presque de l’obscènité maintenant ?

    -Vous rayonnez mon enfant, lui disaient toutes les vieilles croyantes.

    -C’est grâce à l’affection et l’autorité de mon mari, répondait-elle en souriant largement.

     Mais, moi, je savais bien qu’elle ne disait plus la vérité. Je n’arrivais pas à deviner ce qu’elle avait, ou peut-être ne le savais-je que trop bien. Lorsque je me réveillai, plus tôt qu’elle, je voyais des cloques commencer à apparaître sur son visage pendant son sommeil puis se résorber. A chaque fois, je les observais avec terreur, je portais en permanence une discipline pour expier ses péchés à sa place, mais bientôt, cela ne suffirait plus. Des gouttes de sang perlaient sous ma chemise blanche. Je pouvais à peine m’asseoir.

     J’avais horriblement mal mais je tenais bon. Je me repentais de ses péchés. Je grandissais dans ma foi, pensais-je. Un jour, je rêvai que je partai la chercher en enfer. Les flammes m’environnaient, des démons m’entouraient, me pressant de toutes parts, on entendait des gémissements tout autour. Je m’aperçus que je n’avais pas peur, je me réveillai en sursaut, tout mon corps était couvert de cloques, ma peau était rouge. Je courus sous la douche froide pour calmer ma douleur et faire pénitence, l’eau était glacée, je recouvrai rapidement mes esprits.

     Je suis en enfer ? N’est-ce pas ? C’est ainsi que notre berger le décrivait. J’ai pêché.

     Je ne suis pas surpris, très peu de gens vont au paradis. Je ne suis pas mort pourtant.

     Nous pensons que Monseigneur Lefèvre, devenu pape en 1979 sous le nom de Pie XIII, aurait été en accord avec cet homme. Il est heureusement mort au cours d’un attentat des Brigades Rouges en 1981, ne puis-je m’empêcher de dire. Il avait réintroduit la “question” comme tout  le monde s’en souvient.

     Un soir, c’est arrivé, nous dormions lorsque j’ai senti l’odeur. Elle commençait à brûler à côté de moi, le lit prit feu, j’allais chercher de l’eau, cela ne faisait qu’attiser la combustion de son corps. Je sortai alors de la maison en m’arrachant les vêtements et en hurlant des demandes de pitié sans suite à Dieu. Je n’étais même plus sûr que ce fût Dieu. Il pleuvait à torrents, la rue était boueuse, je m’effondrais dans la boue. Je regardais le ciel, les étoiles mortes, sans aucun mouvement, l’eau dégoulinait partout sur mes bras et mes jambes. Je demandais pardon. Je perdis connaissance.

     Lorsque je revins à moi, j’étais toujours à terre, la boue avait sêchée, j’en étais couvert, des plaques tombèrent à terre quand je me relevais. J’étais presque nu, humilié, mais encore en vie. Je rêvais d’un autre endroit. Ma maison était détruite. Je pensais à toutes nos espérances, envolées. Il ne restait rien. Je devais partir de notre ville, m’exiler pour faire pénitence, je brisais tout les objets qui restaient intacts, rien ne devait m’inciter au retour. Et je pris la route.

     Vous ne connaissez pas notre ville ? Elle est pourtant tout près de ce lieu, il me semble. Il n’y a pas de fenêtres ici ? Je veux savoir où je suis.

     C’est la capitale des pays du Nord, le nord du continent européen.

    Qu’est-ce que l’Europe ?

     Continuez...

     Je me construisis une hutte de branchages dans la forêt, elle m’abritait de la pluie et me donnait un abri. Le premier jour, je ne mangeai pas. Je restai prostré des heures assis sur une racine moussue, puis la vie et l’envie de vivre recommencèrent à produire leur effet en moi et je repris goût aux occupation simples. J’aimais entendre les animaux, le bruit du vent, le bruit de la pluie, un doux murmure. Je rêvais presque d’un ailleurs possible. Je ne savais pas où.

     Maintenant, je sais qu’il y a un ailleurs. Ce n’est pas de l’ironie.

     Je rassemblai mes maigres effets et me mit à marcher, des heures, puis des jours. La forêt n’en finissait pas. Elle recouvrait les montagnes, les vallées. Mais, un jour, au fond d’un vallon, je trouvais une ville, vide, il n’y avait plus personne, les maisons en était d’une architecture d’une finesse inconnue pour moi, décorées de sculptures aériennes. Mais il n’y avait personne, je ne rencontrerai pas le gens qui avaient conçues ces merveilles. Les inscriptions étaient dans la même langue que celle de mon peuple. Cette ville avait dû être abandonnée il y a longtemps, à une époque indéterminée, je crus avoir retrouvé le paradis perdu, le jardin originel.

     Un symbole ? C’est parce que vous ne croyez pas que vous dîtes çà. Mais il existe. Le Mal existe, surtout dans les autres, en moi, il n’y en a presque plus. Presque.

     Je suis entrée dans une maison, le sol s’est effondré, je me suis réveillé, la ville était redevenue vivante. Infernale, des machines rugissantes me poursuivaient, je suis en enfer, me suis-je dit. Deux hommes m’ont attrapé, ils m’ont tapé dessus, je me suis retrouvé dans cette grande pièce toute blanche. Non ! Ne me laissez pas seul ! J’ai si peur seul, des démons m’assaillent ! Je vous en supplie, je vous en prie ! Non !

     L’homme a été retrouvé, couverts de haillons, sur le boulevard Magenta à 1h32 du matin, il prétendait venir d’un autre monde, un monde sans grandes villes commes les nôtres. Il venait peut-être d’un monde paralèlle nous a dit le druide-médecin.Le lendemain de son interrogatoire, on n’a retrouvé dans sa cellule qu’un petit tas de cendres froides et grisâtres. et des os noircis

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  • Sur la poésie de Salah Stétié, écrivain libanais par gibéon

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    A l'heure où de nombreux prophètes annoncent un nouveau choc de civilisations, il est bon de rappeler l'exemple de Salah Stétié, poète ; essayiste, ami des peintres, passeur entre les rives, homme de l'universel, doublement ancré, dès son enfance, dans la langue française et la culture arabo-musulmane, diplomate et observateur subtil de la tectonique des peuples. Né en 1929 à Beyrouth, Salah Stétié est un enfant de ce précieux espoir placé dans le tressage des langues et des cultures, qui lutte avec les simplifications, les incompréhensions et les violences de l'Histoire.  

    La page de gibéon

    medium_stetie2.jpgFiancailles de la fraîcheur

    Ou : rien

    "Toute chose dit son nom dans la langue
    Ce n’est pas l’embrouillée des racines
    Le vrai nom l’autre face
    Endormie dans la beauté nocturne

    Beauté, berceau de terre
    Donnant aux chiens, aux pourceaux, aux enfants
    Tes seins de prison pure
    Enjolivés de lune et de liserons

    Arbre très noir sur le lac transparent
    Voici l’heure et l’étoile
    En qui bientôt les choses vont s’abîmer
    S’entreparlant dans l’amour des nuages

    On ne voit plus leurs mains
    Soudain si grande face
    Que c’est comme un arbre apparu mentalement
    Mon araignée des sables

    Je pense à toi dans la douleur
    Et me voici sur les chemins d’ici mes cils
    Balayant toute route
    Pour que soit le monde à la fin larme pure ’

    Tombée et dans le néant anéantie
    Avec cette blessure
    À cause des pierres oubliées pierres oubliées
    Dans le froid de la langue

    Sous tous les vents de la violente lune
    Assise avec brûlure en solitude
    Et défendue par des brassées de lis
    Où rien - ni eau, ni pierres

    Dormirons-nous dans le lit des poussières
    Entre les nuits d’avant Pays d’ici où ne parlera personne
    Mais seulement venue une hirondelle
    Indiquer la prison ?

    Le feu comme un insecte
    Nous accompagne un peu par amour de l’enfant
    Seul je sors dans le seul
    Mon visage est obscur

    Au seuil comme est l’asphalte des moissons."

    Salah Stétié, in Salah Stétié par Marc-Henri Arfeux, Seghers, poètes d’aujourd’hui, p.191.

    medium_stetie.jpgSalah Stétié est né à Beyrouth en 1929. Poète, essayiste et critique d'art, il fait ses études universitaires en France après avoir suivi, à l'Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth, les cours de Gabriel Bounoure, l'un de ces maîtres à qui la langue et la culture françaises devront au Liban et dans tout le monde arabe une présence et un rayonnement durables. Passionné par les problèmes de la poésie contemporaine, il se lie d'amitié dès les années cinquante avec Jouve, Mandiargues, Ungaretti, Bonnefoy, André du Bouchet, David Gascoyne, entre autres.
    Par la suite, il créera à Beyrouth, en langue française, un grand hebdomadaire culturel, L'Orient littéraire, qui jouera un rôle important de médiateur entre les nouvelles créativités en Occident, notamment en France, et les surgissements de nouveaux modes d’écriture et de pensée en Orient et dans le monde arabe.
    En France, il collaborera aux principales revues de création littéraire et poétique, dont Les Lettres Nouvelles, Le Mercure de France, La Nouvelle Revue Française, Diogène, Corps écrit ...

  • La colonisation de la Palestine

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    Les paravents de la nouvelle colonisation
    On demandait à cet écrivain pourquoi il prenait tant à coeur de s'occuper des palestiniens, il répondir supris : "Mais parce qu'ils me font du bien"

    medium_genet.jpgDe Genet, on retient souvent l'homosexuel affirmé et en rupture de société, le militant anti-bourgeois contre l'hypocrisie morale. Ce fut aussi un des premiers écrivains à s'intéresser aux souffrances des palestiniens. A Gaza, à Jérusalem, à Ramallah, on ne compte pas les salles Jean Genet, les centres du même nom, qui rendent hommage plus qu'en France à ce littérateur. Il affirme déjà dans les années 70 qu'il y a une colonisation des terres par des européens et des américains en Palestine, que les palestiniens ou les arabes israéliens sont des citoyens de seconde zone...

    Titre : Jean Genet et la Palestine - Revue d'études palestiniennes | Auteur : Collectif | Editeur : Minuit

  • Le drame libanais

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    Un seul commentaire, le Liban est en guerre depuis 1975... 
    Nos dirigeants vont-ils plus s'en inquiéter maintenant ?
    Les civils pris dans le piège libanais
    Les étrangers attendent l'évacuation et les habitants du sud du pays tentent de fuir.
    Par Isabelle DELLERBA
    QUOTIDIEN : Lundi 17 juillet 2006 - 06:00 article de Libération.fr
    Beyrouth de notre correspondante
    medium_beyrouth.jpgA l'ambassade de France, à Beyrouth, les bénévoles, débordés, le téléphone portable collé à l'oreille, tentent d'organiser le plus efficacement possible le voyage vers Chypre des milliers de Français qui n'ont qu'une idée en tête : s'échapper au plus vite d'un pays pilonné nuit et jour par l'aviation israélienne. Parmi les 17 000 Franco-Libanais, 1 000 résidents permanents et des centaines de touristes, certains vivent déjà de véritables drames. Ainsi, une mère de famille myopathe est bloquée dans le sud, sans médicaments, avec ses trois enfants. Un quinquagénaire est obligé de se cacher, seul, dans une petite maison d'un village bombardé à plusieurs reprises et déjà à demi déserté. Une touriste désargentée n'a pas les moyens de s'abriter ailleurs que chez des amis dans la banlieue chiite de Beyrouth, frappée par des dizaines de raids depuis hier matin. Des situations d'urgence, qui devraient leur valoir, s'ils arrivent à rejoindre l'ambassade, d'être évacués en priorité.
    «Cauchemar». 
    Un ferry de 800 à 1 600 places, affrété par la France, est attendu dans la journée au large des côtes libanaises. Des avions, des navires, des hélicoptères et plus de 800 militaires sont mobilisés. «Je suis prête à payer la somme que vous voudrez, mais prenez-moi dans le premier bateau, implore une vieille femme. Je ne dors plus, ma famille à Paris est morte d'inquiétude, et plus ça va, plus la situation se dégrade.» 
    «Il s'agit de faciliter le départ de ceux qui le souhaitent et non pas d'une évacuation», assurait, hier, un membre de l'ambassade. Surtout, ne pas donner l'impression de fuir. «Ce serait interprété comme un message politique, poursuit-t-il. Cela voudrait dire que la France abandonne le Liban et qu'elle ne le considère pas en mesure d'assurer la sécurité de ses résidents.» 
    La tension grimpe d'heure en heure au Liban, et la journée d'hier fut d'une extrême violence. Après les nouveaux raids, menés à l'aube, dans la banlieue sud de la capitale ­ le bastion du Hezbollah qui n'est déjà plus qu'un champ de ruines ­ et à Baalbek, dans l'est du pays, l'aviation israélienne a multiplié ses opérations sur l'ensemble du territoire. Il faut dire, qu'entre-temps, un missile de la milice islamiste avait touché la ville de Haïfa (lire page 3). Une attaque, très mal vécue par de nombreux Libanais, car ils ont immédiatement compris qu'elle allait déclencher de vastes représailles. «C'est un cauchemar, confiait, peu après avoir appris la nouvelle, une habitante d'Achrafieh, un quartier chrétien épargné mais qui tremble à chaque déflagration. Tout cela ne va jamais s'arrêter.» 
    Le Hezbollah, que les autorités israéliennes veulent éradiquer, n'a, il est vrai, aucune intention de mettre fin aux hostilités.
    Solidarité. 
    «Nous ne sommes encore qu'au début, a déclaré, hier soir, dans une intervention télévisée, le chef du Parti de Dieu, Hassan Nasrallah. Du moment qu'ils ont choisi la guerre ouverte, nous la poursuivons», avant d'ajouter : «Jusque-là, nous nous étions efforcés à épargner les civils dans la mesure du possible, nous avons concentré nos tirs sur les colonies de peuplement, nous aurions pu faire différemment.» Et l'armée israélienne, donne également dans la surenchère. Après avoir annoncé que des commandos spéciaux opéraient au Liban, elle a appelé les habitants du sud du pays à quitter leurs maisons. Ce qui laisse présager une invasion terrestre destinée à repousser le Hezbollah hors de la zone frontalière.
    Depuis lors, les civils sont de plus en plus nombreux à essayer de rejoindre Tyr. La grande ville du sud la plus proche de leurs villages. Ils arrivent en voiture, à pied, tenant leurs enfants par la main, et cherchent un abri dans les mosquées, les églises et les écoles, qui ont ouvert leurs portes aux réfugiés.
    A Beyrouth, aussi, des centaines de personnes en provenance de la banlieue chiite, cherchaient hier soir un toit pour la nuit. Six établissements scolaires ont été réquisitionnés pour les accueillir, mais ils ont rapidement affiché complet. Pour parer au plus pressé, la solidarité s'organise. Des chrétiens, qui en veulent pourtant aux Hezbollah d'avoir engagé tout un peuple dans une guerre sans merci, se disent prêts à héberger des familles chiites.

  • "Diabolic Talk Show" - nouvelle de Victor Lherbinier

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    medium_cam.jpgUne nuit, d’orage comme il se doit, j’ai fait ce rêve étrange.

     ...Et nous sommes fiers et très heureux d’accueillir aujourd’hui dans notre émission quatre hommes saints ! Ils vont participer à notre passionnante controverse sur la Vérité, qui la possède ? Vous le saurez en regardant notre émission animée par notre animateur vedette préféré !”

     Sur ce qui semble être un gigantesque plateau de télévision arrive le présentateur, c’est un homme habillé d’un costume style courtier en bourse et d’une cravate un peu trop voyante. Il sourit de toutes ses dents, d’un sourire trop grand pour être sincère, son regard dément d’ailleurs ce sourire. Il marche rapidement, entouré de deux jeunes femmes à la beauté conquérante. Une musique grandiloquente éclate en même temps ainsi que d’assourdissants applaudissements .

     Un projecteur illumine soudain une table ronde au milieu du plateau, des néons violets l’éclaire par le sol donnant à la scène un aspect “dantesque”. Autour de la table se trouve quatre hommes, un rabbin, un prêtre, un mollah et un moine tibètain qui se demandent visiblement quel est le genre d’endroit oû ils se trouvent. Ils ont tous les quatre un “vibreur” de jeu télévisé devant eux . Les applaudissements cessent soudainement.

    Présentateur : –Le sort a désigné Schlomo Kurtzwitz pour commencer, Schlomo c’est à vous ! Vous avez trente secondes pour nous persuader que vous possèdez la Vérité!

    Rabbin : – Nous sommes le peuple élu, Yahveh nous a choisi pour l’aimer et nous aimer, pour conduire les autres peuples vers Lui. Nous tenons tous nos rites de Lui”. Le vibreur retentit grotesquement.

    “Meeep!”

    présentateur : –Ah ! Mauvaise réponse Schlomo ! La circoncision n’est pas dans la Bible !”.

     Il se tourne vers le public en souriant, le public s’esclaffe bruyamment et siffle le rabbin. ”Dix secondes en moins, dix secondes de pénalité mais vous avez encore vos chances !

    Rabbin : –Nous avons beaucoup souffert au cours des siècles, martyrisés par toutes les autres races. Dieu l’a permis pour nous  éprouver...

    Présentateur : –Et vous en avez fait souffrir ! N’est–ce pas ? et le Mal ce n’est pas Dieu qui le commet, qui le veut pour tester qui que ce soit ! C’est...”.

     Il sourit suavement et regarde, faussement modeste, le bout de ses ongles, puis il se reprend et se tourne vers les “candidats”. Il tient son micro des deux mains semblant esquisser un geste de prière : “Ah! Je suis désolé. Au revoir Schlomo !”

     La chaise du rabbin est violemment tirée en arrière, il disparaît dans l’obscurité derrière la scène. Son “vibreur” de forme curieusement phallique disparaît aussi.

    Présentateur : –A vous mon père ! On l’applaudit bien fort pour lui souhaiter bonne chance !

    Prêtre : –Le message d’amour de l’Évangile nous demande d’aller vers les pauvres, vers les petits pour les aimer, pour retrouver Jésus  en eux ...

    Présentateur : –C’est pour cette raison que vous leur fermiez les portes de l’Église chaque soir en hiver mon père ?” demande–t–il en souriant de plus belle.

    Prêtre : –Attention, il faut bien appliquer la charité mais nous ne devons pas aller contre l’Ordre public, nous devons avoir de bonnes relations avec “César” n’est–ce pas ? Ce n’est pas le rôle de l’Église.”

     Il a un doux sourire en disant cela.

    Présentateur : –Ah mon père, vous êtes tombé si facilement dans  mon piège. Le Christ dans l’Évangile ne vous enjoint–il pas d’accueillir tout les pauvres sans restrictions aucunes, gratuitement ? Attention, il ne vous reste que dix secondes, seulement dix petites secondes !”

     Il se tourne vers le public dans un tonnerre d’applaudissements.

    Prêtre : –Mais nous accueillons tout le monde...

    “Meeep!”

    –Nous respectons l’Amour !

    “Meep ! Meep! Meep!”

    –On ne peut appliquer l’Évangile à la letre !

    “Meep! Meep! Meep! Meep ! Meep! Meep ! “
    Présentateur : –Et pourquoi donc ? Qu’est–ce qui vous en empêche mon père ? ” : dit–il sur un ton soudain cassant.

    Prêtre : –Mais les conventions sociales, la société dans laquelle nous vivons !

    Présentateur : –l’air faussement sombre et triste : –Vous avez perdu, nos règles sont très strictes, peut–être à bientôt, mon père !

      Comme le précédent, le prêtre est tiré en arrière des plus violemment. Il a la bouche ouverte dans un hurlement que personne n’entend.

    Présentateur : –Et maintenant, une page de publicité, ne zappez pas ! A tout de suite !

    –Tonerres d’applaudissements–

    présentateur : –Retour sur notre plateau pour la suite de notre passionnant débat qui pourrait bien durer toute l’éternité ! Il nous reste deux candidats en lice. On les aplaudit !”
     
      Un énorme panneau lumineux “Applaudissez” descend du plafond.

    Présentateur : –C’est maintenant le tour de Sa grandeur Ibrahim Zitouni pour répondre à notre question.

    Sheikh :–Nous n’avons pas besoin d’accueillir les autres puisqu’ils sont déjà musulmans.Ils ne leurs manquent que la profession de Foi, tout le monde est libre de la faire !

    Présentateur : –Même dans l’autre monde, hé, Ibrahim, hein ? Comme dans certains pays que nous ne nommerons pas ici ? Et “quid” des femmes votre grandeur ?

    Sheikh : –Elles sont libres, elles peuvent divorcer, elles dirigent la maison et nous leur conseillons la pudeur pour connaître la liberté.

    Présentateur : –C’est pourquoi vous ne leur laissez que certains hopitaux et que vous les forcez à se couvrir de la tête aux pieds, vous avez peur de quoi, de la beauté de leurs corps ou de vos obsessions ? Vous ne pouvez rester parmi nous plus longtemps, adieu, bye, bye !”

     Il agite la main d’un air moqueur et l’autre est englouti, il se met à rire alors, d’un rire aux larmes qui le secoue, qui l’oblige à se tenir les côtes, à s’asseoir sur le sol oû il se roule. Le public l’accompagne et les gens se roulent par terre entre les rangées de fauteuil, un rire sauvagement démentiel qui gonfle comme un raz de marée montant jusqu’au plafond du studio.

    présentateur–soudain calmé :–Mais ce débat est tout ce qu’il y a de plus  sérieux.

     Il remet une mèche de cheveux qui lui était tombée sur le front en ordre et reprend son sourire étrangement figé.

    Présentateur : –“Soleil Calme”, c’est à vous ! Vous avez la réputation d’être pacifique.Nous allons voir.”

    Moine boudhiste : –Nous le sommes, notre religion n’impose rien. Ce n’est d’ailleurs pas une religion mais une philosophie.

    Présentateur : –Elle plaît beaucoup en Europe en ce moment.

    Moine boudhiste : –Oui, nous avons la joie d’y gagner de nombreux adeptes grâce ...

    Présentateur : –Vous faites donc du prosélytisme ? Vous êtes une religion, donc ? Ah! Premier faux–pas ! Dix secondes en moins !

    Moine booudhiste : –L’individu développe une attitude de sérènité face à sa propre individualité, par la sophrologie, la méditation.

    Présentateur : –Oui, elle flatte l’égoÏsme de l’individu occidental nanti en lui donnant une philosophie qui lui permet de ne penser qu’à lui et de ne pas chercher à aller vers les autres, ce dont il a peur.”

     Il sourit et se fait applaudir par son public. Il lève les bras comme pour demander un geste de calme, le silence tombe aussitôt.

    Présentateur: –Et le système de castes mon cher ? Qui condamne de jeunes enfants, des millions, à l’esclavage?

    Moine : –Ils doivent accomplir leur cycle, nous n’y pouvons rien ?

    Présentateur : –Cet esclavage ne choque pas votre sérènité?  Ni les  animaux sacrés que regardent passer des être humains affamés ?

    Moine : –Non

     ... Il est lui aussi dévoré par l’obscurité dans un fracas de “Meep!” des quatre “vibreurs” qui sonnent en même temps jaillissant de leurs cavités.

    Présentateur : –Il n’y aura pas de gagnants aujourd’hui non plus mais nos candidats reviendront pour rejouer dés demain comme ils le font depuis le début de notre émission et comme ils continueront à le faire pendant encore longtemps j’en suis sûr ! Mais restez à l’antenne ! Nous avons invité un khmer rouge, un nazi, un ancien garde de l’Armée soviétique et un milicien de “fasci”pour discuter de l’Opression ! Tout de suite, une page de publicité ! Ne zappez pas !”

     La même musique tonitruante éclate, le présentateur lève les bras et fait le tour du plateau en courant, un mouvement de caméra filmé d’une hauteur vertigineuse le suit dans son déplacement. Il sert les mains et se repait des acclamations des spectateurs.

     Et je réalise enfin que j’applaudis à tout rompre moi aussi.

  • Le point de vue affiché de Bush (et de ses conseillers) sur le Proche Orient

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    Bush impute la crise du Proche-Orient au Hezbollah

    Le Nouvel Observateur - AP | 15.07.06 | 12:18

    medium_Bush.jpgSAINT-PETERSBOURG (AP) -- Le président américain George W. Bush a imputé samedi au seul Hezbollah l'escalade des violences au Proche-Orient, se démarquant de son homologue russe Vladimir Poutine, plus critique à l'égard d'Israël.
    Lors d'une conférence de presse conjointe, les deux chefs d'Etat ont affiché les divisions qui pourraient dominer le sommet du G-8 ce week-end à Saint-Pétersbourg.
    "A mon avis, le meilleur moyen de mettre un terme à la violence est de comprendre pourquoi cette violence est apparue dans un premier temps", a souligné George W. Bush, rappelant les attaques à la roquette et l'enlèvement de deux soldats israéliens menés par le Hezbollah.
    Vladimir Poutine a pour sa part jugé inacceptable de chercher à atteindre des objectifs politiques par des enlèvements et des frappes contre un Etat indépendant. "Dans ce contexte, nous considérons que les inquiétudes israéliennes sont justifiées", même si "l'usage de la force doit être équilibré", a-t-il dit. AP

  • Citation sur notre époque et sur la paix

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    "Parfois, il incombe à une génération d'être grande, il ne tient qu'à vous d'être celle-là"

    Nelson Mandela (que l'on apprécie ou non l'homme d'état ou le personnage historique, la citation est belle)

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  • Un point de vue sur le Proche Orient

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    Proche-Orient: les Etats-Unis sont responsables de l'embrasement, selon Hugo Chavez

    Le Nouvel Observateur - AP | 15.07.06 | 04:51


    medium_chavez.jpgCARACAS (AP) -- Le président du Venezuela Hugo Chavez a accusé vendredi les Etats-Unis d'être responsables de la détérioration de la situation au Proche-Orient par leur soutien à Israël, estimant que les "désirs de domination de l'empire américain" pourraient mener à un "réel Holocauste".
    "La faute fondamentale revient encore à l'empire américain. C'est l'empire qui a armé et soutenu les abus de l'élite israélienne, qui a envahi, abusé et défié les Nations unies depuis longtemps", a-t-il martelé lors d'un discours à Caracas.
    "Je saisirai cette opportunité pour condamner catégoriquement et pleinement l'agression que mène l'élite israélienne contre des innocents" au Proche-Orient, a déclaré le président suite aux quatre jours de bombardements israéliens sur le Liban en raison de la capture de deux soldats de Tsahal par le Hezbollah.
    M. Chavez a critiqué la force excessive de l'offensive israélienne, qui a fait 73 morts côté libanais.
    "Allons-nous bombarder des villes et leur dire que nous n'arrêterons pas de bombarder avant qu'ils aient rendu le soldat? C'est de la folie", a-t-il estimé.
    L'escalade de ces derniers jours est selon M. Chavez imputable à l'influence excessive des Etats-Unis dans la région.
    "Le désir de domination de l'empire américain n'a aucune limite et cela pourrait mener le monde vers un réel Holocauste. Que Dieu nous sauve", a déclaré le président vénézuélien, qui compte parmi les opposants les plus virulents à la politique étrangère américaine. AP

  • Les fruits d'une politique désastreuse : vers l'embrasement du Proche Orient ?

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    Tout le Proche Orient s'emflamme du fait d'une opération dont le but supposé était de retrouver deux soldats enlevés alors qu'il s'agissait surtout de détruire les bases de missiles du Hezbollah. Les réactions des uns comme des autres témoignent d'une méconnaissance de la région, où tout est entremêlé, et d'une ignorance crasse concernant l'Islam, "diabolisé ou "angélisé", comme les chrétiens d'Orient ou les fondements d'Israèl. Rien que dans cette note de Reuters, par exemple, on distingue au moins une erreur, Israèl n'est pas un état complètement "juif" puisque l'on y trouve une minorité de 20% d'arabes chrétiens ou musulmans, dits "arabes de 48". Par cette précision, l'on constate déjà la complexité du Proche Orient.

    samedi 15 juillet 2006, 16h49

    De Gaza au Liban, de l'opération ciblée à la guerre ouverte ?
    NOUVELLES FRAPPES ISRAÉLIENNES AU LIBAN

    JERUSALEM (Reuters) - Comme dans la bande de Gaza, ce qui a commencé au Liban comme une opération pour retrouver deux soldats capturés par le Hezbollah est devenu un conflit militaire dont personne ne peut prédire quand il se terminera.

    A Gaza, l'opération destinée à libérer le caporal Gilad Shalit, enlevé le 25 juin par un commando palestinien, s'est élargie pour inclure l'arrêt des tirs de roquettes du Hamas en direction d'Israël et la destruction des institutions du gouvernement palestinien dirigé par le mouvement radical.

    De la même manière, le conflit entre Israël et le Hezbollah s'est intensifié mais cette fois en l'espace de quatre jours seulement durant lesquels les frappes aériennes israéliennes ont fait 93 victimes libanaises, selon le Liban.

    "L'objectif est de faire partir le Hezbollah du Sud-Liban", a clairement affirmé jeudi Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, lors d'un discours au cours duquel elle a à peine parlé de l'enlèvement des deux soldats, qui datait pourtant de la veille.

    "La première phase de l'opération consiste à diminuer leurs capacités. Nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser rester là. Nous ne pouvons pas permettre qu'un dirigeant comme Nasrallah... dicte les actes dans cette région", a-t-elle déclaré, faisant référence au dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah.

    LE "CANCER" DU LIBAN

    Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Dan Halutz, a pour sa part parlé vendredi d'une "opération intensive et de grande ampleur" contre le Hezbollah qu'il a qualifié de "cancer" se développent dans le corps du Liban.

    "Il y a de nombreuses autres cibles. Notre objectif est d'atteindre le Hezbollah et d'attendre que le gouvernement libanais prenne ses responsabilités, ce qui signifie retirer le Hezbollah de la zone frontalière et le remplacer par une autre force, une force qui représente la souveraineté du Liban", a-t-il déclaré, s'appuyant sur la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies qui réclame, entre autres, le désarmement de toutes les milices.

    Halutz a ajouté qu'Israël voulait faire comprendre aux Libanais qu'ils "ont avalé un cancer qui doit être régurgité et que, dans le cas contraire, ce pays en paiera le prix, comme par le passé", allusion à l'invasion du pays par Israël en 1982, pour chasser les activistes palestiniens.

    Alex Frishman, analyste militaire au quotidien israélien Yedioth Ahronoth, affirme samedi dans un entretien au quotidien français Libération qu'une opération militaire d'Israël pour déloger le Hezbollah du Sud-Liban était prévue depuis longtemps et que son déclenchement n'"était qu'une question de temps".

    "Ce plan était de longue date dans les tiroirs et les militaires attendaient le feu vert du gouvernement. Le Hezbollah a fait une erreur en pensant que le nouveau cabinet israélien serait plus faible que celui de Sharon parce qu'Olmert et Peres ne sont pas des généraux", déclare-t-il dans Libération.

    L'Etat juif a pour l'instant refusé les offres d'échanges de prisonniers du Hezbollah et des groupes palestiniens qui ont enlevé Gilad Shalit.

    Il y a deux ans, Israël avait accepté de libérer 400 détenus pour obtenir la libération d'un ancien colonel à la retraite, Elhanan Tanenbaum et les corps de trois soldats israéliens.

  • Sur la prière

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    Un texte très court du père Alain Bandelier résumant ce que l'on oublie souvent de la prière, je rêve que charismatiques ou "tradis" le lisent :

    medium_priere.jpg"Quand tu pries, tu ne sens rien, tu n'entends rien, tu n'as rien à dire ? Bravo ! Te voilà enfin prêt à prier pour de vrai. Cherche Dieu, pas des sensations."

  • Marie D. et son bébé

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    M.D. et les bébés
    medium_md.jpgRien qu'à écrire ou taper le mot "bébé" on a déjà l'impression de contempler une bouille toute ronde de petit enfant et on ressent presque l'envie de gâtifier et de gazouiller idiotement. Pourtant, le bébé, son arrivée, ce qu'il entraîne, ce n'est pas un sujet très répandu et beaucoup d'écrivains masculins ne s'y intéressent pas du tout ou exècrent le sujet : de Maupassant parlant à leur sujet de "larves humaines gluantes" jusqu'à Nimier prétendant les noyer. Les créateurs de religions, de Gilbert Bourdin à Confucius, y voient seulement le fruit obligatoire du mariage et du rôle de la femme. Il a fallu attendre Jean-Jacques Rousseau et ses idées sur les enfants pour entrevoir quelque chose, ou dans un autre genre Jerry Siegel et Joe Schuster quand ils racontent l'arrivée de Superman dans un berceau intergalactique.
    medium_md2.jpgJ'ai eu envie de lire ce livre après avoir entendu parler de l'adaptation de cette pièce avec Lio, ce qui donne un curieux mélange : l'interprète de l'immortel "Banana Split", certes loin d'être bête (il suffit de relire Pacadis), travaillant avec une normalienne. L'auteur s'intéresse donc à tous les aspects de la vie avec un nourrisson à commencer par le change et les excréments de celui-ci, ce qui est un peu gênant. De plus, elle a l'air de considérer que sa grossesse est exemplaire. Elle s'en remet vite et a très vite envie de se remettre à travailler. C'est compréhensible mais il faudrait lui dire que s'il y a des femmes qui ont une vie active jusqu'au neuvième mois, d'autres doivent s'aliter dès le troisième et toutes les femmes n'ont pas une vie aussi privilégiée, sans être péjoratif à ce sujet.
    Enfin, dans ce livre, le père disparaît presque complètement. Il est amusant ici de remarquer que lorsque l'on exerce ces critiques contre Marie D., cela finit un peu comme pour Angot : on est phallocrate, puritain et agressif...

    Titre : Le bébé | Auteur : Marie Darrieussecq | Editeur : POL

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  • Précis de littérature hors des sentiers battus et rebattus

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    Quelques "grands" auteurs
    medium_jnl.jpgJ'ai reçu cet excellent ouvrage grâce au" livre en jeu" de zazieweb.fr. Dès les premières lignes, on ne peut s'empêcher de rire, aux éclats parfois. Les deux auteurs traquent le ridicule chez des écrivains qui furent déjà victimes de leur vindicte dans "Petit Déjeuner chez Tyrannie". On pouvait avoir peur que Jourde et Naulleau rentrent dans le rang. Mais il n'en est rien. Le recueil de critiques est pensé comme un "Lagarde et Michard" du futur, peut-être certains articles ne vont-ils pas jusqu'au bout de cet idée d'ailleurs.
    Il est question de Christine Angot et de sa fascination pour les excréments, ainsi que de la répétition des mots dans son oeuvre, on part à la recherche des propositions de subordination chez Emmanuelle Bernheim, on se moque de l'égocentrisme de Philippe Labro comme de Bernard Henry Lévy qualifié de clown blanc, des métaphores un rien pompeuses de Dominique de Villepin, on raille les insuffisances de Sollers, premier des dilettantes, le franglais "hype" et branchouille de Guillaume Dustan, des clichés déversés par tombereaux d'Alexandre Jardin ou des symboles employés par Camille Laurens ou Madeleine Chapsal.
    medium_jn.jpgEt finalement, l'on finit par comprendre que Naulleau et Jourde ne sont rien d'autres que des lecteurs exigeants tout comme les zazienautes. Bien sûr, même si leurs charges paraissent sans doute parfois un peu faciles, elles n'en sont pas moins salutaires...

    Titre : Le Jourde & Naulleau. Précis de littérature du XXIe siècle | Auteur : Eric Naulleau, Pierre Jourde | Editeur : Mots et Cie sorti en 2005

    Deux extraits : Sur Marie Darrieusecq et sur Alexandre Jardin

    Darrieusecq et les couche-culottes
    "Depuis Laurence Pernoud, aucun écrivain n’était allé aussi loin dans l’exploration des plus secrets replis (notamment fessiers) du personnage. Comme l’écrit Darrieussecq elle-même « Tout l’hôpital se mobilisait contre cette provocation [...]. Tout de suite, il mettait la révolution, il foutait le bordel. » Révolution : le mot suffit à résumer le projet du « Bébé », un des rares ouvrages des éditions POL à figurer dans toutes les bibliothèques de Cuba." (page 70)

    Jardin par Chevillard
    "Pourquoi une telle résistance ? D'où me venait cette prévention qui si longtemps me tint éloigné de l'œuvre solaire d'Alexandre Jardin ? Oh, je n'en ferai pas mystère : elle se nourrissait d'amertume et de ressentiment. Voici en effet un écrivain de ma génération dont les livres séduisent à chaque fois trois cent mille ingénues - leur âme est un filet d'eau claire, leur peau un vélin vierge - tandis que les miens ne sont lus que par une poignée de mâles solitaires vraisemblablement malpropres et malodorants, tant obsédés par le fait littéraire qu'ils en négligent les soins de la plus élémentaire hygiène. Et tandis que les lectrices graciles d'Alexandre Jardin bronzent en lisant dans les squares ou sur les plages, nues presque, mes lecteurs s'emmitouflent dans les chambrettes cafardeuses de leurs interminables hivers et célibats sans fin où mes efforts parfois leur arrachent un pauvre sourire découvrant, j'aurais mieux fait de me taire, une dentition lamentable. Et si vous voyez dans la rue trois mignonnes aux fesses hautes, aux cheveux qui dansent, suivies par un bossu louche et cradingue, vous pouvez être sûrs que ce sont trois lectrices d'Alexandre Jardin filées en zigzag par l'un de mes plus fidèles lecteurs." (page 132)

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  • Les écrivains "sulfureux"

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    La "mauvaise réputation"

     (photo ci-dessous : Rebatet en dédicaces) 

    medium_reb.jpgLes écrivains « maudits » étaient ceux qui étaient le plus lus dans la maison dans mon enfance, par atavisme familial, par tradition politique et pour emmerder le monde. Et quoi de plus jouissif que de lire des auteurs réprouvés par les bonnes gens ? Foin de bons sentiments donc, pourquoi se refuserait-on de lire un si bon auteur qui est réellement plus talentueux que Céline, qui descend beaucoup plus bas dans la recherche des noirceurs de son âme ?
    Cela n'empêche pas le lecteur averti de séparer non pas le bon grain de l'ivraie mais les opinions imbuvables d'un réel génie littéraire. On me dira qu'un lecteur averti est en général un adulte capable de saisir d'autres nuances qu'un manichéisme de pacotille, qui n'a pas besoin qu'on lui explique ce qu'il a le droit de lire ou pas.
    Beaucoup de gens ont encore peur de lire Chardonne, d'une finesse incomparable, ou Drieu… Ces écrivains ont cependant eu une utilité : permettre à certains de reporter leur culpabilité après la guerre de 40 sur un bouc émissaire confortable. Pourquoi a-t-on souvent peur d'eux ? Ils ont l'attrait des choses interdites mais fascinantes, comme les chats sont attirés par le feu à s'en faire brûler les moustaches.
    medium_chard2.jpgEt ce sont aussi et surtout des "dandies" qui font un magnifique pied de nez au monde, constatant en même temps la dérision de cette existence, car comme disait Yourcenar : "je ne vis pas comme ils vivent, je n'aime pas comme ils aiment, mais je mourrai comme ils meurent".

     (ci-contre : portrait de Jacques Chardonne délicieux "oncle à la mode l'enfer" de Roger Nimier et Antoine Blondin)

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  • Les années 60 ne sont pas terminées

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    Sur les années 60 en passant...
    medium_60.jpgComme le dit Philip K. Dick dans sa conférence (son "délire" ?) française de 1977 quelques temps après sa crise mystique de 74, les années 60 n'ont jamais pris fin, le reste est une illusion. Bien sûr, le côté "Flower Power" qui fut une mode commerciale méprisable comme une autre, engendrait des sentiments, des attitudes, des opinions moins cyniques que celles qui sont en train de prévaloir. Plus pour longtemps d'ailleurs, car les attentats du 11 septembre ont peut-être changé la donne. Aucun américain, aucun occidental, ne peut plus être ignorant du monde qui l'entoure ou indifférent tant qu'il conserve un certain confort, intellectuel et matériel.
    Bien sûr, les hippies les plus radicaux sont maintenant au mieux chefs de choucroute à Carrefour mais leurs idéaux valent encore la peine que l'on s'y intéresse. Pour parler d'un radicalisme politique, Spinrad en est un des plus beaux fleurons.

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  • L'éducation situationniste

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    Casser les moules
    medium_van.jpgVaneigem, bien qu'un peu extrémiste dans ses prises de position, ne propose ni plus ni moins que de casser les modes de pensée imposés par les institutions, en particulier l'éducation. Des méthodes de réflexion, des cadres de raisonnement sont bien sûr indispensables mais pourquoi les utiliser systématiquement, comme en université où la dialectique est mise à toutes les sauces. Le système d'éducation actuel favorise d'ailleurs ainsi encore plus les milieux favorisés. Cet essai/pamphlet de Vaneigem trouvera un écho dans l'ouvrage d'Ivan Illich, "Une société sans école". On dit souvent : "mais que propose-t-on à la place ?", ce qui est une bonne question mais il est peut-être temps de réfléchir à de nouvelles formes de pédagogie.

    Titre : Avertissement aux écoliers et lycéens | Auteur : Raoul Vaneigem | Editeur : Mille et une nuits (Editions) sorti en 2001

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  • A la recherche de Proust

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    Proust est à tout le monde
    medium_p2.4.jpgIl est reconnu par la plupart des gens que Marcel Proust est, avec Céline, le pinacle de la littérature française du XXème siècle. Comme Montaigne, Proust ne fait que parler de lui et du milieu qu'il connaît le mieux. De plus, il a presque été un classique instantané (les classiques sont-ils donc solubles dans l'eau ?).
    Cette oeuvre fleuve est merveilleuse, on se laisse vite prendre à sa langue et à son rythme que l'on quitte avec regret, on revient dans chaque partie du cycle comme lorsqu'on retrouve un ami. Chaque phrase est d'une finesse diabolique et l'ensemble d'une sensualité diffuse des plus agréables. De plus, Proust a un regard des plus ironiques sur un milieu somme toute très superficiel.
    medium_p3.jpgCe que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de littérature pour les intellectuels (souvent autodécrétés), les élèves de khâgne (qui ont tous lu le premier tome de "la Recherche", c'est au programme, mais le goûte-t-il vraiment ?), ou pour les autres, il n'y en a que de deux sortes : la bonne et la mauvaise. Et même dans la "mauvaise", même dans les romans de gare, il y a toujours quelque chose à sauver, une phrase, un mot, une émotion. Dans "Big Sister", par exemple, quand l'auteur parle de l'impossibilité d'avoir un enfant pour un couple du livre, il ne triche qu'à peine.

    Titre : A la recherche du temps perdu | Auteur : Marcel Proust | Editeur : Gallimard

    medium_p1.2.jpgLe temps retrouvé (chapitre 1) : Tansonville
    "Toute la journée, dans cette demeure de Tansonville un peu trop campagne qui n'avait l'air que d'un lieu de sieste entre deux promenades ou pendant l'averse, une de ces demeures où chaque salon a l'air d'un cabinet de verdure, et où sur la tenture des chambres, les roses du jardin dans l'une, les oiseaux des arbres dans l'autre, vous ont rejoints et vous tiennent compagnie - isolés du moins - car c'étaient de vieilles tentures où chaque rose était assez séparée pour qu'on eût pu si elle avait été vivante, la cueillir, chaque oiseau le mettre en cage et l'apprivoiser, sans rien de ces grandes décorations des chambres d'aujourd'hui où sur un fond d'argent, tous les pommiers de Normandie sont venus se profiler en style japonais, pour halluciner les heures que vous passez au lit, toute la journée je la passais dans ma chambre qui donnait sur les belles verdures du parc et les lilas de l'entrée, sur les feuilles vertes des grands arbres au bord de l'eau, étincelants de soleil et la forêt de Méséglise. Je ne regardais en somme tout cela avec plaisir que parce que je me disais, c'est joli d'avoir tant de verdure dans la fenêtre de ma chambre jusqu'au moment où dans le vaste tableau verdoyant, je reconnus, peint lui au contraire en bleu sombre, simplement parce qu'il était plus loin, le clocher de l'église de Combray, non pas une figuration de ce clocher, ce clocher lui-même, qui mettant ainsi sous mes yeux la distance des lieues et des années, était venu, au milieu de la lumineuse verdure et d'un tout autre ton, si sombre qu'il paraissait presque seulement dessiné, s'inscrire dans le carreau de ma fenêtre. Et si je sortais un moment de ma chambre, au bout du couloir j'apercevais, parce qu'il était orienté autrement, comme une bande d'écarlate, la teinture d'un petit salon qui n'était qu'une simple mousseline mais rouge, et prête à s'incendier, si un rayon de soleil y donnait".

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  • Ambiguité ou nuance ?

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    medium_barres.jpgIl est dommage qu'on laisse à le Pen et d'autres "philanthropes" le monopole du drapeau et de la France, et de sa culture. Pour parler de Marcel Schwob, ami de Barrès (comme Léon Blum) et de Léon Daudet (comme Proust, rappellerais-je aussi la place de Lucien Daudet dans la vie de Proust ?), on n'oubliera pas qu'il a été un des premiers à écrire dans l'Action Française. On oublie aussi souvent que les premiers ministres de la Collaboration, Laval y compris, étaient des hommes de gauche, et que Vichy avait été mis en place par l'Assemblée de "Front Populaire".
    Je ne peux m'empêcher aussi de rappeler que la politique colonialiste a été encouragée plus que sous tout autre ministère que sous celui de Jules Ferry, homme de gauche (sources, à peu près tout les ouvrages d'histoire sur la période).
    De ces auteurs, et Drumont, on retient essentiellement l'antisémitisme, inexcusable, injustifiable, c'est vrai, mais la réalité est un peu plus complexe. Bernard Lazare, le premier avocat de Dreyfus, a été conseillé à la famille du capitaine, par Barrès (sources Jean Denis Bredin sur "l'Affaire").
    Drieu et Brasillach, comme Céline et Chardonne, et comme quarante millions de français à l'époque, se sont fourvoyés avec le nazisme. Cela n'enlève rien à leur talent littéraire. Pour Drieu comme pour Céline, cela entrait dans une détestation plus générale de l'humanité, ce qui n'excuse rien.
    medium_chard.jpgOn pourrait aussi parler de tous les intellectuels pleins de bonnes intentions qui se sont fourvoyés avec le pire totalitarisme d'inspiration soviétique, d'Aragon à Gide, en passant par Malraux, tous auteurs magnifiques aussi, encore plus ceux qui ont su en revenir, tous ceux qui se sont fourvoyés avec Mao, le "Grand bond en avant" et la "Révolution culturelle" (combien de morts déjà ?), de Finkielkraut à BHL ou Sollers et j'en oublie, tous ceux qui ont porté aux nues Pol Pot, il y en avait un qui était sous-ministre à l'Éducation sous Jospin. Je ne parle même pas de tous les écrivains et philosophes mouchardant pendant la guerre Civile ceux qui ne suivaient pas le ligne du Parti communiste russe, anarchistes ou simplement combattant pour la liberté, et qui en payaient durement les frais (lire à ce sujet "Hommage à la Catalogne" d'Orwell). Citons aussi simplement ne serait-ce que Soljenitsyne qui n'est pas devenu un apôtre du libéralisme pour autant...
    medium_mirbeau.jpgCela n'excuse pas les crimes du fascisme (inspiré en partie de Georges Sorel, anarchiste "de droite", déçu de la révolution, dois-je rappeler aussi que Mussolini était un cacique du parti socialisate italien jusqu'en 1916 ?), du nazisme, et le racisme ambiant actuel, mais il ne faudrait pas oublier les méfaits d'utopies, au demeurant généreuses et ayant eu au moins le mérite d'exister, du moins au départ car les gouvernements ne peuvent s'empêcher de dire, toujours : on verra plus tard pour la justice sociale, et on ne voit jamais plus tard...
    Je voudrais aussi rappeler, encore, que les premières lois sociales ont été inspirées par Frédéric Ozanam, catholique de Lyon, Lamenais, théologien catholique, et d'autres, à commencer par le travail des enfants, en notant cependant que les catholiques eux-mêmes se sont empressés de lmes oublier bien vite ou de les cantonner à un rôle de "saint de vitrail" figé et caricatural. Un des premiers résistants de 1940 s'appelait Honoré d'Estienne d'Orves (il n'a pas attendu la rupture du pacte germano-soviétique), catholique, tout comme Bernanos, un des premiers à dénoncer le franquisme, le nazisme et les exactions de la Guerre d'Espagne, salué par Simone Weil, communiste et juive qui avait fait de même, dans sa correspondance.

    medium_darien.jpgJe trouve que dans chaque auteur, de Barrès à Darien, de Mirbeau à Léon Daudet à Tailhade, il y a quelque chose d'intéressant à découvrir, même et y compris ceux que l'on rejette un peu vite. D'Estienne d'Orves et le Colonel Rémy étaient ligueurs, comme la majorité de la jeunesse de 1939, et c'est vrai, cela n'excuse rien, mais eux, tout ligueurs qu'ils soient, n'ont pas attendu la rupture du pacte germano soviétique pour combattre pour la liberté, comme Jean Moulin, homme de gauche.
    Si Gide et Aragon ne peuvent pas être réduits à leur soutien du stalinisme, Barrès et Léon Daudet ne peuvent être réduits à leur antisémitisme, (posture qui était celle de la société française dans son ensemble, ce qui ne l'excuse pas). Léon Daudet a fait son mea culpa quant à cette opinion dans ses "souvenirs littéraires", comme Bernanos dans "la grande peur des bien pensants". Maurras était un personnage infect mais il a aussi écrit de belles pages sur la culture grecque, pages intéressantes à lire malgré tout. Je n'ai par ailleurs aucunement l'intention de réhabiliter ce genre d'auteurs. A propos, saviez-vous que Jaurès adoraient ces pages sur la culture héllène ? 
    medium_jaures.2.jpgOn parle de la religion comme "opium du peuple". Ce n'est pas neuf. La société en a trouvé de nouveaux qui ne valent pas mieux et il se peut que l'on ait remplacé la religion catholique en France par celle de l'économie, du profit, et de la consommation, pour les libéraux, par le marxisme, de moins en moins et c'est dommage, pour la gauche car une bonne part du "Capital" est encore largement valable si l'on veut faire preuve d'un tant soit peu d'honnêteté intellectuelle.

    Qu'a-t-on trouvé comme base communautaire à la société ? Peu de choses à part une sorte d'humanitarisme doucereux et ponctuel qui sert à donner bonne conscience en hiver par exemple, ou quand la pauvreté devient trop criante.
    Il n'y a plus de vue d'ensemble sur la société. Ce qu'avait en commun ces auteurs, d'un extrême à l'autre, c'était de rechercher au moins une solution. Je n'ai pas l'intention de répondre à des citations vengeresses par d'autres citations vengeresses, à des hommes ou des femmes par d'autres, de se battre à coup de chiffres, d'ailleurs "que l'on soit de gauche ou de droite, l'on est toujours hémiplégique". Cela n'a pas de sens, car on oublie le facteur humain en tentant de plaquer des idéologies, des opinions sur une complexité autrement plus grande.
    Sur le Front National et les partis d'extrême droite, il est utile de lire plutôt Zev Sternhel, qui remonte à la source même de l'hydre, ou Christophe Bourseiller, qui en montre les entrailles.

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  • A lire pendant la canicule

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    "Science fact"
    medium_ns.jpg"Keskecé" encore que ce truc ? La "science fact" est composée à 99 % de faits tout à fait réels et envisageables, le 1% restant faisant certes la différence. C'est la différence entre "Star Wars" et le "mystère Andromède".
    Dans ce livre ironique, cruel, car en cette fin de XXIème siècle, l'auteur montre avec acuité que l'homme n'aura pas changé d'un iota sa conduite, Paris ressemble à la jungle équatoriale, les pays chauds sont des déserts et la Louisiane a disparu avec une bonne partie des Etats Unis. Les multinationales contrôlent toute l'économie et font un chantage au climat. La Sibérie est un royaume presque paradisiaque. Sur la Seine glissent des bateaux à roues à aube.
    Les hommes n'ont toujours pas pris leurs responsabilités et on suppose qu'il y a déjà eu un grand nombre de protocoles de Kyoto signés et remplis de promesses jamais tenues. Les peuples sont toujours autant passifs devant la catastrophe, certains comme d'habitude imaginent que ce sont leurs enfants qui trouveront la solution.
    medium_ns2.jpgDes savants, des techniciens, des scientifiques réfléchissent sur les probabilités de mutations de la biosphère dans les années à venir. Il y en a qui parlent de la condition Vénus, c'est-à-dire inhabitable dans les années à venir. Une espionne et un prince agent secret sont à la recherche d'un homme qui aurait la clé. La réponse est encore pire.
    Les êtres humains détruisent ce qu'ils aiment, pour la plupart, mais dans ce livre aux accents swiftiens, Norman Spinrad démontre par A+B que le seul combat valable, c'est la sauvegarde de la planète. Et aussi qu'il est déjà trop tard...

    Titre : Bleue comme une orange | Auteur : Norman Spinrad | Editeur : Flammarion sorti en 2002