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  • Guerre ouverte au Proche Orient

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    Malgré les signes de paix encourageants donnés par les responsables du Hamas, la guerre s'installe au Proche Orient entre Israèl et Palestine, ce qui est un non-sens absolu, les situations de ces deux peuples étant inextricablement liées. 

    jeudi 29 juin 2006, 8h53

    Tsahal s'apprête à poursuivre son offensive à Gaza
    medium_tsa.jpgGAZA (Reuters) - L'aviation israélienne a ouvert le feu à plusieurs reprises dans la bande de Gaza, où ont été largués des tracts annonçant une intensification imminente de l'offensive entamée mercredi pour obtenir la libération du caporal Gilad Shalit, enlevé dimanche.
    Un membre des services de sécurité palestiniens a dit avoir vu plusieurs chars israéliens pénétrer peu avant l'aube dans le nord du territoire, mais Tsahal a fait savoir que ses troupes n'avaient pas encore pris position dans la zone.

    Ajoutant à la tension, le corps d'un colon juif dont l'enlèvement a été revendiqué par un mouvement armé palestinien, a été découvert en Cisjordanie, a-t-on appris de sources proches de la sécurité israélienne.

    L'armée a informé la famille d'Eliyahu Asheri, 18 ans, qu'elle avait probablement découvert son corps en Cisjordanie occupée, aux abords de Ramallah, a-t-on ajouté de même source.

    Selon la radio militaire israélienne, les Comités de résistances populaire avaient auparavant annoncé son exécution. Aucun représentant du mouvement radical n'a pu être contacté.

    Un autre groupe armé a revendiqué l'enlèvement d'un deuxième israélien, dont Tsahal a signalé la disparition sans confirmer le rapt.

    Dans le même temps, les autorités israéliennes ont accentué leur pression en faveur de la libération du caporal Shalit, un franco-israélien de 19 ans, en interpellant une trentaine de dirigeants du Hamas durant la nuit, en Cisjordanie. Il s'agit de huit ministres ainsi et de deux douzaines de députés et de maires, a-t-on appris auprès du mouvement radical et des services de sécurité palestiniens.

    "LIGNE ROUGE"

    Abou Oubaïda, porte-parole de l'aile militaire du Hamas, a dénoncé un chantage pour obtenir des informations sur le sort de Shalit.

    Les tracts largués à Gaza invitent les habitants à se tenir à distance des zones où l'armée s'apprête à reprendre position, un an après son retrait unilatéral, au terme de 38 ans d'occupation.

    Plusieurs centaines de Palestiniens masqués, armés et déterminés à en découdre ont pris position dans les rues, dont certaines ont été minées pour empêcher la progression des blindés.

    Faute d'une libération de Shalit, ont averti les autorités israéliennes, l'incursion entamée mercredi dans le sud de la bande de Gaza suivra son cours au nord.

    "L'agression criminelle et l'enlèvement du soldat Gilad Shalit a marqué le passage de la ligne rouge", a souligné Amir Peretz, ministre de la Défense.

    Si aucun affrontement n'a encore eu lieu, une série de raids aériens a privé la bande de Gaza d'électricité et d'eau courante. Plusieurs ponts ont également été détruits.

    Un missile s'est par ailleurs abattu jeudi matin sur un terrain de football de l'Université islamique de Gaza-ville, favorable au Hamas, et un autre a provoqué un incendie dans ce que les autorités israéliennes ont présenté comme une cache d'armes. Côté palestinien, on affirme qu'il s'agissait d'une boutique d'électroménager. Aucun blessé n'a été signalé.

    Les Brigades des martyrs d'Al Aksa, issues du Fatah de Mahmoud Abbas, ont par la suite revendiqué le tir en direction de l'Etat juif d'une roquette équipée d'une tête chimique. L'armée israélienne a indiqué qu'aucun tir ou impact d'un engin de ce type n'avait été détecté.

    Enfin, des chasseurs israéliens ont survolé mercredi à basse altitude l'un des palais du président syrien Bachar el Assad, pour dissuader la Syrie de prêter main forte aux ravisseurs de Shalit.

  • Signe de paix au Proche Orient ?

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    Cette dépêche AFP incitant à un certain optimisme en attendant d'avoir terminé l'excellent livre d'Anne Brunswic sur la vie en Palestine et en Israèl de 2000 à 2006 (un des rares livres présentant un point de vue vraiment global d'ailleurs). Elle est écrivain et journaliste, je suis certain que c'est d'ailleurs la fréquentation des livres qui lui a permis d'écrire cet ouvrage ni trop partisan, ni manichéen et encore moins caricatural, trois défauts cumulés dans les ouvrages de ce genre habituellement pourtant souvent écrits par des "spécialistes"... 

    mercredi 28 juin 2006, 16h41

    Le Hamas franchit une étape importante vers une reconnaissance d'Israël
    Par Sakher ABOU EL-OUN
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    GAZA (AFP) - Le mouvement islamiste Hamas, à la tête du gouvernement palestinien, a franchi une étape sans précédent vers une reconnaissance d'Israël en signant un accord d'entente nationale avec les mouvements palestiniens.

    Le texte, élaboré par des cadres des mouvements emprisonnés en Israël, stipule en effet "la création d'un Etat indépendant sur tous les territoires occupés en 1967 (par Israël) avec Jérusalem comme capitale".

     

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    Le ralliement du Hamas à ce document constitue un changement majeur dans la position de ce mouvement, vainqueur aux législatives de janvier, puisqu'il a toujours refusé depuis sa création fin 1987 début 1988 le droit d'Israël à l'existence.

    Le texte doit encore être officiellement accepté par le Premier ministre Ismaïl Haniyeh et le président Mahmoud Abbas.

     

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    "Le Hamas n'abandonne pas ses principes avec ce document", relève avec insistance a insisté le député du Hamas Khalil Abou Leila.

    "L'initiative des prisonniers ne comprend pas, de manière claire et évidente, une reconnaissance de la légitimité de l'occupation", a-t-il affirmé à l'AFP.

     

    La mention de la création d'un Etat sur les frontières de 1967 dans le texte n'est pas "une reconnaissance implicite d'Israël. Nous avons déjà dit que le Hamas était prêt à accepter l'établissement d'un Etat sur les terres occupées de 1967 contre une trêve. C'est connu et c'est une position que nous avions du temps de Cheikh (Ahmed) Yassine", fondateur du Hamas en 1987, a expliqué le député.

     

    Pour Jihad Hamad, professeur de sciences politiques à l'université de Gaza, les islamistes "veulent garder la face" sans annoncer clairemement qu'ils reconnaissent leur ennemi.

     

    "En acceptant ce texte, le Hamas a protégé l'unité interne et évité, sans reconnaissance franche, une crise dans le mouvement", déjà en proie à de sérieuses dissensions sur la stratégie à suivre, poursuit-il.

     

    Que le Hamas ait paraphé l'initiative des prisonniers, n'est pas une "surprise", pour l'analyste politique Hassan Al-Kachif, indiquant que "le gouvernement avait permis à ses ministres d'avoir des contacts avec Israël sur les questions de la vie quotidienne".

     

    Le mouvement islamiste a, selon l'analyste, fait preuve de "réalisme politique" afin de tenter de trouver une issue à la crise politique et financière que traversent les territoires palestiniens depuis l'entrée en fonction du gouvernement fin mars et la suspension des aides internationales.

     

    Nicolas Pelham, chercheur à l'International Crisis Group (ICG), estime lui aussi que le Hamas reste fidèle à sa stratégie. Il avait déjà lancé des ballons d'essai à la communauté internationale sur une éventuelle coéxistence de deux Etats vivant côte à côte, rappelle M. Pelham.

     

    "Mais, ajoute-il, il attend quelque chose en retour: une légimité internationale".

     

    Cet accord peut se révéler être un premier pas pour le gouvernement islamiste pour voir revenir les aides financières suspendues par les Etats-Unis et l'Union européenne, qui ont laissé les Palestiniens dans une grave crise économique.

     

    "Il est possible que cet accord crée des fissures dans les positions européennes et Israéliennes. C'est accord peut ouvrir la voie à un méchanisme de financement direct ou indirect de l'Autorité palestinienne", poursuit M. Pelham.

     

    Toutefois, rien n'indique que la communauté internationale va reprendre le versement des aides, dont la suspension a laissé les territoires palestiniens au bord de l'asphyxie financière.

     

    La communauté internationale a posé trois conditions au Hamas pour la reprise de ses aides: la reconnaissance du droit à l'existence d'Israël et des accords internationaux signés entre l'Etat hébreu et les Palestiniens ainsi que l'abandon de la lutte armée.
  • Anti-utopie indispensable

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    medium_ubi1.jpgLa paix partout
    (grâce à des drogues et au contrôle total des médias)
    La fin des frontières
    (les peuples gouvernés par un ordinateur géant)
    le bonheur jusqu'à soixante ans
    (la population régulée par l'euthanasie)
    la fin de la violence, la fin de la haine
    (mais aussi la fin de l'art et des sentiments)
    Des îles prisons pour les irréductibles qui y sont libres
    (comme des animaux dans un zoo)
    Mais le tout imposé donc insoutenable.

    Pourquoi lis-tu ?
    medium_ubi2.jpgOn me posait cette question, ce livre offre une réponse plus détaillée que celle que je pourrais donner, un peu comme "le Meilleur des mondes" mais sur un mode mineur. Dans cette uchronie, descritption d'un présent alternatif, un ordinateur doté d'un réseau mondial contrôle le quotidien de l'humanité entière par des injections de calmants, un "suivi" de psychologues et chacun à sa place selon son utilité sociale. Ce que ce livre propose, c'est l'application d'une utopie, tout le monde y est heureux, il n'y a plus de guerres ni de violences. Mais il n'y a plus de liberté non plus, c'est-à-dire l'essentiel.
    Le héros de ce livre, déjà hors-norme par son physique (il a les yeux vairons) commence son apprentissage de la liberté par la lecture et la contemplation d'oeuvres d'art, considèrés comme dangereuses car éloignant de la communauté, de la fourmilière. Il découvre que l'on peut penser par soi-même et changer les choses et que le bonheur est insoutenable quand il est imposé même quand il abolit la violence et la haine.

    Titre : Un bonheur insoutenable | Auteur : Ira Levin | Editeur : "J'ai Lu" ressorti en 2001

  • Chercheur de beauté

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    Extraits de "fragments d'un voyage immobile" :

    medium_pes3.jpgPseudonyme/hétéronyme
    "L’œuvre pseudonyme est celle de l’auteur « en propre personne » moins la signature de son nom ; l’œuvre hétéronyme est celle de l’auteur « hors de sa personne » ; elle est celle d’une personnalité totalement fabriquée par lui, comme le seraient les répliques d’un personnage issu d’un pièce de théâtre quelconque, écrite de sa main."
    Fragments d’un voyage immobile, page 51.

    Déconnaissance
    "Il arrive souvent que je me déconnaisse ; ce qui est fréquent chez ceux qui se connaissent…. J’assiste à moi dans les divers déguisements qui font que je suis en vie. Je ne possède, de tout ce qui change, que ce qui est toujours pareil ; de tout ce qui se fait, ce qui n’est rien."
    Fragment 180, page 95.

    medium_pes2.jpgrien de rien
    "Je ne suis rien.
    Je ne serai jamais rien.
    Je ne peux vouloir être rien.
    A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde."
    Pessoa, Fragments d'un voyage immobile, Fragment 158, page 90.

    ô vous voyageurs de l'esprit...
    medium_pes1.jpgPessoa est méconnu des lecteurs, excepté de quelques privilégiés dont ceux qui l'ont peut-être découvert comme moi grâce à l'émission de Bernard Rapp : " Un siècle d'écrivains ". On a tendance à se tourner vers l'anglosaxomania à tout prix, y compris dans ses déviances, et oublier que nous avons des racines surtout latines, quand je n'ose pas dire méditérranéennes, Pessoa concentre dans sa personne toutes les qualités, toute la civilisation, toute la conscience de la culture du Sud. On ne se lasse pas d'écouter sa petite musique et de lire ses méditations d'homme vraiment cultivé, de ceux qui vont vers les autres, et reçoivent comme richesse ce qu'ils ont à dire.

    Titre : Fragments d'un voyage immobile | Auteur : Fernando Pessoa | Editeur : Rivages réédité en 2002

  • Violences chromées

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    "Un journaliste qui se la joue..."
    medium_ha1.jpgLes rééditions de certains livres ont au moins l'avantage d'en permettre la relecture et d'aller un peu plus loin dans la compréhension d'une oeuvre. Au départ, on s'arrête sur le côté clinquant et flamboyant de la prose de Thompson : Sexe, Drogue et Rock'n Roll, avec aussi un peu d'épate-bourgeois. Le journaliste intègre ici un groupe de Hell's Angels et parcourt avec eux une bonne partie des Etats-Unis avant de finir à moitié mort à la fin du périple, les "roadies" n'ayant pas accepté qu'il ne partage pas ses droits d'auteur.

    medium_ha2.jpgLe sens du livre n'est cependant pas dans la description d'une bande de motards sans foi ni loi mais dans l'anticipation de la société libérale contemporaine à travers les motards : incultes mais fiers de l'être, obsédés par l'argent et la satisfaction de leurs envies de consommateurs, totalement individualistes ce qui les pousse à rejeter toute règle y compris morale, manquant complètement de compassion ou d'altèrité et finalement ayant des fantasmes de nouveaux riches : grosses cylindrées, chromes, femmes soumises maintenues au rôle d'esclave sexuel, etc. (un peu la plupart des rappeurs actuels qui ne sont ni rebelles ni révoltés).

    Titre : Hell's Angels | Auteur : Hunter-S Thompson | Editeur : Laffont ressorti en 2004

    Extraits
    "un modeste viol"
    medium_ha3.jpg"Rien n’accroche autant l’œil d’un rédacteur en chef qu’un bon viol bien sanglant. Comme le dira un Angel : « Pour le coup, on leur a donné le grand frisson. » Selon les journaux, une vingtaine de défoncés avaient arraché deux jeunes filles terrorisées, respectivement âgées de et 15 ans, aux bras de leurs petits amis, et les avaient traînées dans les dunes avant de les violer à la chaîne : « DEUX GAMINES (14 et 15 ans) VIOLEES A LA CHAINE PAR DES VOYOUS CRASSEUX ET CHEVELUS. »
    Un shérif appelé à la rescousse par l’un des petits amis des filles déclara avoir vu , « en arrivant sur la plage, une bande de motards des deux sexes, autour d’un énorme feu de camp. Puis les filles sanglotantes et au bord de la crise de nerfs surgirent chancelantes de la nuit noire, implorant de l’aide. L’une complètement nue, et l’autre n’ayant plus sur elle qu’un tee-shirt en lambeaux. »
    Voilà bien , doux Jésus, de quoi faire bouillir le sang du lecteur moyen et écumer le cerveau de tout homme né d’une femme ou pourvu d’une sœur… Deux innocentes jeunes filles, deux citoyennes américaines, entraînées dans les dunes, et traitées comme les dernières des putes arabes ! L’un des flirts déclara à la police avoir en vain tenté de porter secours aux filles, dans la mêlée s’étant déchaînée sitôt qu’on leur avait arraché leurs robes. Sous le clair de lune bleuté, au beau milieu d’un cercle de voyous lubriques, elles devaient être violées et reviolées dans les dunes.
    Le lendemain matin, Terry le Clodo fut arrêté avec trois autres Angels pour viol et violences, délit passible d’un à cinquante ans de pénitencier. Comme Mémé Miles, Marvin la Torpille et le Parano, il nia la chose , ce quine les empêcha pas de se retrouver quelques heures plus tard à la prison de Salinas, leur caution étant fixée à mille dollars, au cœur d’un pays chanté par Steinbeck, la vallée chaude où l’oseille se ramasse à la pelle, dominée par les héritiers de bouseux descendus des Appalaches, du temps où l’on pouvait encore faire fortune, et qui, aujourd’hui, paient des bouseux moins futés qu’eux pour faire suer le poncho et superviser le boulot des braceros mexicains, dont l’attitude naturelle au repiquage des salades a été démontrée par l’omniscient sénateur Murphy, persuadé que « râblés comme ils sont, ils ont moins à se pencher pour repiquer. »
    Ben voyons ! Et comme le sénateur Murphy a traité les Hell’s Angels de « brutes dégénérées », on peut en déduire qu’ils sont mieux constitués pour violer indifféremment toutes les pauvres filles prostrées qu’ils trouvent sur leur route errante, en allant d’un coin à l’autre, la queue frémissante comme une baguette de sourcier. Ce qui n’est peut-être pas tout à fait faux, quoique pour de toutes autres raisons que celles avancées par l’ex-gambilleur sénatorial de Californie.
    Bien entendue, à l’heure où les Angels se retrouvaient « chez Nick » ce soir-là, personne n’aurait pu prévoir qu’un modeste viol allait leur assurer une percée comparable à celle des Beatles ou de Dylan".
    Extrait p. 24-25
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  • A petits coups de verres de rhum

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    Roman de jeunesse
    medium_rhum.jpgA l'époque de la réaction morale ripolinée de "Ike", des films joyeusement décérébrés avec Doris Day en épouse modèle et Rock Hudson (oui, celui qui est mort du SIDA) en mari viril au menton volontaire, un jeune journaliste, Kemp, s'enfuit littéralement sur l'île de Porto Rico croyant y trouver une vie meilleure à ses yeux et plus conforme à ses idéaux. Il travaille pour un ex-communiste, directeur du "San Juan daily News". Mais la corruption a aussi atteint l'île faussement paradisiaque, les promoteurs sont maîtres du terrain et les politiques mènent un train de vie extrêmement dispendieux. De plus, les journalistes qui l'entourent passent leur temps à s'abrutir d'alcool et de violence. Bientôt, Kemp succombe lui aussi à cette atmosphère délétère et les verres de rhum qu'il boit à longueur de journée effacent ses derniers rêves.
    L'auteur est ici moins provocateur que dans ses autres livres dans ce roman autobiographique mais c'est presque mieux finalement...

    Titre : Rhum Express | Auteur : Hunter-S Thompson | Editeur : Laffont réédité en 2005

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  • L'enfer c'est les autres candidats des jeux télévisés

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    L’enfer des jeux télévisés

    medium_qpc.jpgJe ne rirai plus jamais des candidats des jeux télévisés, de ceux que l’on trouve si lents, si peu cultivés, tellement moins intelligents ou moins cultivés que soi-même. C’est tentant le rêve de pouvoir régler tout les problèmes financiers d’un seul coup, sans trop avoir à combattre, de ne pouvoir que consommer en somme.

    En fait, une fois entrés dans cette machine infernale, on s’aperçoit que ce n’est que de la poudre aux yeux jetés vers nos visages par les marchands qui dominent cette société, une manière de nous faire accepter notre sort, de nous résigner un peu plus à devenir des rouages dociles de l’économie. Le joueur est convoqué la veille de l’enregistrement de l’émission, on ne lui laisse pas de répit. Il n’a pas une seconde à lui, ce n’est même pas un individu mais un élément du décor que l’on rend un peu plus décoratif.

    medium_qugdm.2.jpgParfois, l’on daigne lui parler, s’adresser à lui un peu comme à un enfant que l’on va gâter sans qu’il le mérite et qui se montrerait impatient. On lui fait croire que c’est lui qui réussira à participer ou non au jeu mais là encore, on laisse faire le hasard. Si le joueur échoue, il lui sera alors encore plus tentant de recommencer, de revenir, de se forcer à sourire cinq secondes à la caméra même s’il n’a pas envie. La frustration sera d’autant plus grande en rentrant chez lui car dans notre monde l’argent est roi. Le pire est que tout le monde est tenté même au prix de l’oubli de l’essentiel, son humanité.

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  • Une poèsie de Charles Dobzynski

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    J'ai emprunté cette poésie au blog Pézibao de Florence Trocmé. La poésie élève... 

    medium_krakovie.jpg

    (photo du quartier juif de Cracovie) 

    Une poignée de graines juives
    ce qui restait du silo polonais
    fut disséminée en l’an 68.

    Le poète Arnold Slucki mon ami
    dut s’exiler de sa terre natale
    Tel jadis le juif chassé d’Égypte.

    Il n’emporta pour tout bagage
    qu’une amulette un os de sa mémoire
    mais pas son manuscrit.
     

    La poésie yiddish transmise en polonais
    fruit des fouilles de ses années
    arraché à ses entrailles

    Poésie deux fois morte assassinée
    confisquée par la police politique
    sans nulle grotte de Qûmran.

    Pourtant ce qui meurt demeure
    empreinte et sillon
    pour le souvenir semeur.

    Charles Dobzynski, A revoir, la mémoire, Éditions Phi, 2006, p. 39 et 41.

    Charles Dobzynski dans Poezibao :

    Bio-bibliographie de Charles Dobzynskiextrait 1, extrait 2, fiche de lecture de Le Réel d'à côté, extrait 3, au Grand Parquet

  • L'échec des idéaux vu par le Docteur Gonzo

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    Mise en abymes et en abîmes de l'Americana
    medium_hts2.jpgHunter Thompson part pour Las Vegas, Nevada, avec son copain avocat. Ils ont dans leur coffre plusieurs kilos de substances que la morale réprouve. Thompson est sensé faire un reportage sur une vague course de motos pour "Rolling Stone" mais a un mal fou à pondre sa copie. Il préfère alors parler des vrais problèmes de l'heure, les tentations "brunes" des États-Unis, la culpabilité du Vietnam, l'élection de Nixon, porté au pouvoir par la fâcheuse "majorité silencieuse" qui siffle la fin de la récréation des années soixante.
    Ce livre est l'exemple parfait du refus de la pensée unique : Quoi ? on peut penser par soi-même et avoir un avis différent du plus grand nombre ? On peut être subjectif, indécent et impudique en littérature, voillà ce qui en fait le sel. On peut trouver Bataille catho ou non. Si la littérature n'encourageait pas tant à la subjectivité et de là à la liberté de penser, les dictatures ne brûleraient pas les livres.
    medium_hts3.jpgIl y a eu le film de Gilliam, où il a voulu tout mettre et est resté un rien trop sage. Thompson est le reflet d'autres années 70, pas celles du "Flower Power", une génération d'illusions perdues et de faux-semblants. Car le mouvement hippie était aussi une mode, et les étudiants des mouvements de contestation avaient le choix de ne pas partir combattre. Ce sont les milieux les plus populaires qui sont allés là-bas.

    Titre : Las Vegas Parano | Auteur : Hunter-S Thompson | Editeur : 10/18 réimprimé en 2001

  • Les écrits du docteur Gonzo

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    Anti-conformiste
    medium_hts.jpgCe livre propose un recueil des premiers articles d’Hunter Thompson et le début du « gonzo-journalisme ». Contrairement à ce que certains peuvent penser, il n’y a rien de naïf à prétendre à l’anticonformisme et surtout à la lucidité comme Thompson. D’ailleurs, lui-même n’y prétend nullement car le faire, comme Muray ou d’autres avant lui, c’est déjà faire le jeu du système que l’on aura beau jeu de dire « politiquement correct ». Les dérives, quelles qu’elles soient, ne sont pas acceptables, en particulier celles que dénoncent Thompson sur les tentations brunâtres de nos sociétés, eugénisme, compétition, rejet des faibles, ultra-libéralisme, ce qu’il continuera à faire dans « le nouveau testament Gonzo », recueil de ses articles de « Rolling Stone ». Sa lucidité est celle des fous car il est déjanté. Mais la normalité d’être humain n’est-elle pas de réagir devant les injustices ou tout ce qui nous choque. Si Thompson est intéressant c’est qu’il devient anticonformiste non pour s’imposer ou se donner un style, mais pour parler de ce qui le révolte et en parler durement.
    Thompson marque l’esprit, il amène une réflexion à sa manière provocatrice et très rock. Il ne se soucie pas de son statut social ou de ses revenus, provoque aussi, vit avec excès, ce qui vaut mieux que d’être déjà mort comme un « trader » de Wall Street ou à la corbeille de Paris. Il me fait penser à Léon Bloy, qui avait dû éditer ses livres à compte d’auteur et refusait tout compromis, comme Bernanos, Zola, Jaurès ou Léon Daudet qui devraient faire partie de l’empire de n’importe quel écrivain ou philosophe. Il ne serait aucunement naïf ou candide de comparer certains chefs d’entreprise à des reptiles ou autres animaux à sang froid, lorsqu’ils exploitent des populations entières en délocalisant du fait des « bienfaits » de la mondialisation ou du « village global ». Il ne serait aucunement naïf de rappeler que la plupart des politiques économiques actuelles ne donnent aucune valeur aux facteurs sociaux et simplement humains, nous pourrions parler de l’Union européenne au hasard.

    Titre : La grande chasse au requin | Auteur : Hunter-S Thompson | Editeur : 10/18

  • Réédition d'un livre mythique

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    Our time is up !
    medium_pacadis.jpg1977, année rock, année punk. Il y eut le film de Spike Lee, un excellent polar, et avant, ce livre, sur cette date des plus symboliques. Pacadis était critique de rock doué, et insupportable en même temps, un peu comme Beigbeder qui fait d'ailleurs la préface de cette chronique des années punks. Le temps des sales gosses, des musiciens turbulents, provos, décalés, obscènes et dépravés autant que mégalos, était venu, de Gainsbourg aux Clash en passant par les Sex Pistols. C'était l'époque des notables giscardiens et des Fender à fond dans le transistor pour lutter contre l'endormissement général du moins c'est ce que l'on pensait. 

    En plus de ce journal, qui me fait penser par instants aux livres de Nik Cohn ou Hunter Thompson, cet ouvrage est agrémenté d'articles de l'auteur. On peut tout à la fois considèrer les tribulations de Pacadis comme les errements d'un critique mondain dégénéré ou comme le reflet d'une époque qui cherchait un absolu, se fourvoyant parfois au pire, comme à chaque fois, ou créant une esthétique, une manière de vivre somme toute proche du dandysme.

    Les dandys ne sont pas seulement des arbitres des élégances, ce sont aussi des êtres humains un peu plus sensibles que les autres, de leurs écrits, comme ce livre, ressort parfois une étrange mélancolie engendrée par la vacuité des passions humaines, en particulier à notre époque consumériste. Les petits blancs ou les petits bourgeois n'aiment pas les dandys car ceux-ci mettent en valeur la médiocrité qu'ils portent en sautoir, pointent leurs manques, leurs frustrations, leurs haines.

    Titre : Un jeune homme chic | Auteur : Alain Pacadis | Editeur : Denoël réédité en 2002

  • Modération des commentaires

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    Je n'avais pas compris la manipulation à faire pour que les commentaires soient modérés, c'est maintenant chose faite. Les commentateurs homconcules qui sévisssaient sur mon blog ne peuvent plus le faire.

    Je m'excuse ici du fait que d'autres blogueurs aient retrouvé des messages de ce blog sur les leurs blogs personnels. Peu importe qui a fait çà, cette personne n'a besoin de personne pour démontrer son manque son immaturité. Je remercie néanmoins ces contradicteurs minuscules car je n'ai jamais eu autant de visites sur mon bloc, en partie gràce à eux...

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  • Sur les marges...

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    Roman noir de sa vie

    medium_eb1.jpgC'est par ses marges et à l'état de ses prisons que l'on reconnaît le degré de civilisation réel d'une société. Ne serait-ce qu'à cet égard, ce livre est parlant. Il vaut tout les traités de sociologie. Il y en a qui se plaignent de leur existence, trop terne, trop grise, trop tranquille selon eux ; Edward aurait bien aimé en avoir une de ce genre de petites vies peinardes. Mais il a fait de la prison, beaucoup, certains diront qu'il le méritait, qu'il devait payer une dette à la société mais c'est la société qui est toujours débitrice, qui enferme ceux qui ne suivent pas les règles. Il a connu les prisons les plus dures, matons sadiques et prisonniers sociopathes et s'en est tiré. Il est tombé dans une autre sorte de taule : Hollywood et ses riches, complètement coupés du réel, de celui qui court les rues, fait le trottoir ou brûle les bagnoles.
    medium_eb2.jpgIl a déjà raconté cette histoire en la romançant plus ou moins. Elle a inspiré tout le cinéma noir ou policier actuel, la trilogie des "Bêtes". Il est reconnu par ses pairs, de Tarantino à Ellroy, qui est moins intense dans sa description du monde en-dessous, underworld de tous ceux qui sont en marge. De son passage en prison, il a gardé un langage et une attitude de "dur" de cinéma, ou plutôt de cinoche du samedi soir, c'est ce qu'on remarque d'abord. Sauf que lui sait qu'être un dur, ce n'est pas ça, c'est conserver son humanité et non la perdre pour être ravalé au rang d'animal dans une fabrique d'animaux.

    Titre : L'éducation d'un malfrat | Auteur : Edward Bunker | Editeur : Rivages paru en 2002

  • Hommes-Femmes mode d'emploi

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    medium_mai2.jpgBeaucoup d'hommes ont cru que la féminisation de la société remettait en cause leur virilité et ont très peur pour leur masculinité (tel Eric Zemmour). Il y en a, comme dans les quartiers "difficiles" et à l'autre extrème dans certains milieux tradiotionnalistes pour revenir à un machisme de soudard ou de muletier. Cela va de pair souvent avec une exaltation suspecte des vertus des amitiés "saines et viriles", tous ceux qui ont un peu de finesse, de sensibilité, de gentillesse et souvent de culture sont suspectés d'être homosexuels. Finalement, il semble que la plupart n'ait tout simplement pas terminé leur puberté et ait très peur de devenir de vrais hommes en fait. La plupart ont la nostalgie d'un "avant" rêvé qui n'a jamais existé.Ce livre n'est même pas incompatible avec la Foi, Dieu nous a doté d'un corps et d'une capacité à aimer. En avoir peur, le rejeter revient donc à nier que la création est bonne. 

    Cet essai historique, c'est le fruit d'une thèse universitaire, est littéralement passionant, prend pour thème de départ l'homosexualité en France depuis les années 60 et en particulier 68, sa perception et comment on la vivait auparavant. Son propos va cependant plus loin puisqu'il parle de la libération de la sexualité, des sexualités en général depuis une trentaine d'années et devrait être en fait d'utilité publique. On s'amuse de l'histoire de certains de ces groupuscules aux origines de ces changements et portant des noms pittoresques comme, par exemple les "Gazolines".
    medium_mai1.jpgOn pourrait croire que l'on n'ait plus rien à craindre du retour de l'ordre moralisateur. D'énormes pas restent cependant à faire. Il est par exemple plus facile d'être homosexuel à Paris qu'en province. Les préjugés sont encore immenses devant les couples non-mariés, comme les non-dits pour les familles monoparentales. Il suffit d'entendre les conversations à la terasse des cafés dans certaines villes. Les religions couvrent encore parfois, de moins en moins cependant pour le catholicisme depuis Jean-Paul II, leurs pasteurs pédophiles et refusent toujours les sacrements aux divorcés et autres personnes considèrées comme déviantes. Ne parlons pas de l'ignorance des adolescents quant à la contraception ou l'avortement, de l'attitude ambigue des institutions sur le sujet, du déferlement de la pronographie la plus abjecte, et ce, malgré toutes les campagnes d'information ou de prévention, malgré les bons sentiments affichés.
    Se rend-on compte que dans certains pays, un acte aussi simple que tenir la femme, ou l'homme, que l'on aime par la main est rigoureusement interdit hors du mariage ? Les religions, toutes les religions, y compris le boudhisme pèsent encore sur les mentalités, s'accrochant de toutes leurs forces à ce qui leur restent de pouvoirs ? Ne parlons pas bien sûr des femmes afghanes, des viols en tournante, de l'image de la femme dans la pub, des mariages arrangés contre le gré des adolescentes ...etc....etc... Beaucoup de choses restent à faire, même refaire.

    Titre : Le rose et le noir. Les homosexuels en France depuis 1968 | Auteur : Frédéric Martel | Editeur : Seuil (Editions du)

  • Le néant de la société libérale

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    En attendant la chute des tours...
    medium_lim.jpgUn homme d'affaires qui spécule sur la chute du yen traverse New York un jour de grand embouteillage, symbole de l'aliénation moderne, dû à une visite du président des Etats-Unis. Les services de sécurité quadrillent la ville et obligent le personnage principal du roman à prendre un "chemin des écoliers" qui ressemble à un parcours balisé dans ses souvenirs et sa vie actuelle, bien vide. Il dispose de nombreux gadgets, de caméras de surveillance grâce auxquelles il peut même se contempler dans une mise en abyme narcissique. L'air qu'il respire n'est même pas le même que celui du commun des mortels. Ce n'est pas le seul, il y a beaucoup de limousines aux vitres fumées dans New York. Ses secrétaires, assistants et directeurs financiers se relaient sur le strapontin en face de lui, livrent leurs rapports quantitatifs sur la situation financière. Ironiquement, le yen, dont le personnage principal avait parié la perte sans se soucier des conséquences humaines remonte et c'est lui qui en pâtira.

    Les textes courts de Don DeLillo sont toujours plus intéressants que ses oeuvres interminables comme "Outremonde" qui n'atteint pas, finalement, la qualité, la noirceur et le tragique de la trilogie "America"s Unverworld" de James Ellroy, c'est plutôt une suite de collage de moments, certes bien décrits mais plutôt anecdotiques. Par contre, dans "Mao II", ou dans ce livre, quand il resserre ses intrigues, concentre son style sur la "substantifique moëlle" de ses idées, il atteint au passionnant.

    Titre : Cosmopolis | Auteur : Don Delillo | Editeur : Actes Sud paru en 2004

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  • Devoted to Don DeLillo

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    La foule est l'avenir de l'homme
    medium_ddl.jpgDes milliers de mariés envahissent un stade et communient dans l'adoration d'un fou mégalomane et psychopathe. C'est tellement agréable la foule, plus besoin de réfléchir, de penser par soi-même, de s'angoisser, d'être humain. Mao, autre fou sanguinaire, est vidé de l'histoire elle-même sur des oeuvres "pop" montrant leur ignorance du monde autour, des autres. Il n'y a plus d'individus, seulement des petites cellules indépendantes qui ne se frottent pas aux autres.
    Ce roman n'a pas besoin, comme les livres de Brett Easton Ellis, de verser dans le sanguinolent ou le violent. Le malaise naît devant la représentation exact de ce qui nous meut en ce moment : c'est-à-dire rien. Le néant n'est comblé que par le goût de la réussite, de la compétition, rien de bien différent des gorilles qui désignent leur chef par la taille du sexe, ou les chimpanzés, par la couleur du derrière. C'est l'époque où les gens qui savent encore réfléchir s'isolent en attendant des jours meilleurs, comme Montaigne, devant l'ignorance générale, l'inertie des masses.

    Titre : Mao II | Auteur : Don Delillo | Editeur : Actes Sud paru en 2001

    Un site en anglais sur cet auteur : http://perival.com/delillo/delillo.html

  • L'errance comme vertu évangélique

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    Quand la sottise et la violence dominent...
    medium_bl.jpgGeorges Bernanos est parti s'exiler au Brésil en 1938. Il avait plusieurs raison à cela : l'impossibilité de mener son rêve à bien en France, de vivre sans trop de compromis, le désir de concrétiser un rêve d'enfance : récréer une nouvelle France idéale, comme une Patagonie chimèrique. Mais tout ira matériellement de mal en pis. Bernanos n'est pas fait pour mener des affaires. Avant de partir de France, il faillit même oublier l'argent lui permettant de financer son projet sur le siège arrière d'un taxi. Et bientôt, de toutes façons, il y aurait d'autres urgences, quand la barbarie sera tout prêt de vaincre. Bernanos se démènera et le chemin de la Croix des âmes mènera à de nouvelles colères, de nouveaux livres toujours et encore. Quand la tribu de Bernanos s'en ira, le nouveau propriétaire trouvera du pétrole dans le sous-sol, ce que l'écrivain n'avait jamais supposé.
    Après une série de trois articles sur Bernanos dans "le Figaro" (quand il s'agit d'articles de cette qualité, on peut le lire), Sébastien Lapaque a écrit un livre. Il a perdu de sa provocation, et de son ironie, peut-être mûrit-il diront certains, livrant ici un livre que, personnellement, je trouve moins passionnant sur Georges que son travail chez Actes Sud (fiche livre à ce lien,
    http://www.zazieweb.fr/site/fichelivre.php?num=5094).
    medium_bl2.jpgIl y a une question bien sûr qui n'est pas le sujet principal du livre que j'aurais aimé qu'il développe : pourquoi choisit-on de s'exiler ? L'exil ne signifiant peut-être pas forcément de partir très loin : Montaigne s'est exilé dans sa bibliothèque pour ne plus avoir à subir la sottise du monde qui l'entourait tout en continuant à lutter contre, quelques fois, il n'y a pas d'autres solutions. Dans tous les cas, Bernanos est parti mais a continué à dénoncer la veulerie et la sottise, a été un des premiers à résister.(ci-contre, photo du "chemin de la croix des âmes")

    Titre : Sous le soleil de l'exil. Georges Bernanos au Brésil, 1938-1945 | Auteur : Sébastien Lapaque | Editeur : Grasset paru en 2003

    Extrait:  

    Fuir !
    medium_bl3.jpg"L’air est tiède, mouillé, épicé, jeudi 31 mai 2001 à l’aéroport Tom Jobim, sur l’île du Gouverneur à Rio de Janeiro.
    Dans le hall des arrivées, des voyageurs peu nombreux poussent des chariots portant des marques de bière locales : Brahma, Skoll, Antarctica. A l’hôtel Miramar, sur l’avenida Atlântica à Copacabana, j’expose l’objet de mon voyage au réceptionniste. Il ne semble pas surpris que je lui parle de l’auteur du Journal d’un curé de campagne, qui vécut un exil brésilien, à Rio et ailleurs, entre 1938 et 1945.
    – Bernanos ? L’écrivain français ? Je le connais. L’école primaire où j’étais inscrit porte son nom. Escola municipal George Bernanos. Dans le quartier de Meier, après Maracana. Je vous donnerai l’adresse. Je me souviens de photographies et de panneaux retraçant sa vie. C’est grâce à lui que j’ai eu envie d’apprendre le français.
    On croira que j’invente. Normal. J’ai moi-même pensé à un coup monté. Qui m’avait préparé cette plaisanterie ? Personne. Ce réceptionniste a mon âge. Il travaille dans un hôtel international et connaît le nom de Bernanos. Bienvenue au Brésil.
    Pour me remettre de mes émotions, je fais quelques pas le long de la plage. C’est l’automne austral à Rio. L’odeur sauvage de la ville est celle de tous les automnes de la terre. Celle du 31 mai 1945, il y a cinquante-six ans jour pour jour, où Georges Bernanos dit adieu à Rio, "la ville triomphante, sortie toute blanche et comme encore ruisselante d’écume des plages dorées de la mer, puis lancée de montagne en montagne à l’assaut de l’azur", en gravissant une dernière fois le Corcovado aux côtés de Pedro Octavio Carneiro da Cunha, écrivain et historien carioca qui a laissé un précieux journal de ces derniers moments passés aux côtés de l’écrivain. Ce 31 mai, les confidences de Bernanos l’émeuvent spécialement : "Je n’ai jamais eu la sensation que j’ai maintenant, sinon au temps du collège, à la veille des retours de vacances : avoir à accomplir une chose entièrement contre ma volonté. Rentrer en France maintenant."
    Deux jours plus tard, Bernanos embarque sur un bananier hollandais avec sa femme et quatre de ses six enfants - Yves, Claude, Dominique, Jean-Loup - auxquels se sont jointes Elsa, l’épouse de son fils aîné, et sa petite-fille Marie-Madeleine. Direction l’Europe.
    "Son visage était baigné d’une sueur froide", note Pedro Octavio. Comme Joao VI, le roi portugais venu trouver refuge au Brésil après l’invasion française de 1807, l’écrivain ne voulait pas retourner en Europe. Et comme Joao VI, il est rentré malgré lui. La sauvegarde de sa couronne avait rappelé celui-ci. Un télégramme du général de Gaulle celui-là : "Bernanos votre place est parmi nous."
    Vu de France, cet épisode sud-américain impressionne. On a beau énumérer les lieux où vécut Bernanos – Rio, Itaipava, Vassouras, Juiz de Fora, Pirapora, Barbacena –, chercher leur emplacement sur une carte, ils restent mystérieux. On est étourdi par ces patronymes exotiques, ces familiers, ces amis brésiliens évoqués par l’écrivain dans son œuvre et dans ses lettres : Virgílio de Mello Franco, Alceu Amoroso Lima, Augusto Frederico Schmidt, Raul Fernandes, Jorge de Lima, Geraldo França de Lima, Assis Chateaubriand, Austregésilo de Athayde... Cinquante-six ans après le départ de Bernanos, un billet d’avion, quelques numéros de téléphone et une poignée d’adresses m’ont donné l’occasion de venir chercher sous la cendre les braises d’une mémoire prête à se ranimer. Impossible de refuser une pareille rencontre.
    Bernanos a passé sept ans au Brésil. Sept années au cours desquelles il a assisté à la démission de la France dénoncée dans des articles parus en portugais dans la presse brésilienne. Leur suite constitue un chant de colère et d’espérance que Charles Ofaire, éditeur suisse exilé en Amérique du Sud, a publié en français à Rio dès 1943 dans les volumes du Chemin de la Croix-des-Ames.
    De Marseille, où l’écrivain a embarqué pour l’Amérique du Sud en juillet 1938, à la Croix-des-Ames, où il s’est installé en août 1940, la route a été longue.
    Sous le tropique, Bernanos a vécu l’errance comme une vertu évangélique".

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  • Les contes de Marcel Aymé

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    Les rêveries d'un solitaire
    Cet auteur n'a aucune confiance dans l'espéce humaine, ses prétentions, sa capacité surprenante à la haine irrationnelle. medium_ma1.jpgLes enfants et les animaux n'échappent pas à la règle dans ses contes. C'est un fabuliste, un moraliste et un conteur ironique qui a de l'indulgence d'abord pour les faibles, les petits, les enfants, les animaux, les pauvres et les fous. Il trouve quand même de l'indulgence pour certains de ses personnages les moins avouables. Il a de l'humanité à revendre, et du courage. Il en fallait pour écrire une histoire comme "En attendant" : en pleine occupation nazie, des gens se plaignent de leurs malheurs dans une queue devant une épicerie, oubliant de penser aux autres, l'une des personnes prend la parole et dit :" Moi, dit le juif, je suis juif" ce qui résumait tout en 1942.
    Tout le monde a son(ses) conte(s) préféré(s), j'ai une faiblesse pour le "Passe-Muraille" et la "Traversée de Paris", qui dénoncent les mesquineries des "petites gens" en temps de crise, les égoïsmes, les travers moraux et les hypocrisies, faisant voler en éclats le mythe de la résistance cachée des français à cette période, ainsi que les "Bottes de Sept Lieux", histoire pleine de notations en demi-teintes sur l'enfance et ses jeux, et ses douleurs, engendrées par la bêtise des adultes et leur attachement à un rang social. Il est vrai que ces contes sont très connus, mais il aurait été très snob de choisir une nouvelle moins fameuse.
    medium_ma3.2.jpgLe recueil, complet, des histoires d'Aymé est suivi d'une biographie illustrée de l'auteur, extrêmement intéressante, lisible (elle n'a pas le handicap d'être mal écrite comme elles le sont souvent), concise et dense. On voit que ce qui domine, c'est la totale indépendance d'esprit, quant aux chapelles, au classement, aux clans, aux idéologies, aux manières d'écrire, aux religions, aux courants intellectuels, de l'écrivain, ami autant avec Camus qu'avec Céline, classé à droite à la hâte mais écrivant aussi bien dans "Marianne" que dans "le Crapouillot". Cela n'avait d'ailleurs aucune importance pour lui. Il considérait qu'il n'y a que le sot pour se satisfaire d'être enfermé dans un tiroir ou dans un autre.
    Enfin, ce volume a l'intérêt de contenir les illustrations de Nathan Altman, Nathalie Parrain et d'autres pour les "Contes du chat perché", contes que l'on pouvait lire de "quatre à soixante-quinze ans". Marcel Aymé rejoignait les hussards, Nimier, Blondin et les autres, dans sa démarche littéraire qui ne consistait que dans un seul mot d'ordre : surtout ne pas se prendre au sérieux contrairement à d'autres auteurs considérant leurs oeuvres comme indispensables au progrès de l'humanité.

    Titre : Nouvelles complètes | Auteur : Marcel Aymé | Editeur : Gallimard - intégrale sortie en 2002

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  • La fantaisie contre la haine et la sottise

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    Marcel Aymé encore une fois

    medium_ma4.jpgIl y a des écrivains indéfendables, se laissant aller à la haine et il y a des êtres du calibre de Marcel Aymé. Il fut longtemps considéré comme le fantaisiste des écrivains pour bouture de nazillons, le genre intellectuel qui rêve de violences tout en obéissant aux diktats de la société consumériste, et on le classifiait d'extrême-droite du fait de certaines de ses mauvaises fréquentations, toutes choses qu'il rejette avec horreur. On oublie qu'il votait à gauche, au moins au moment du Front Populaire, qu'il était ultra-pacifiste, que l'imprudent fut un des rares écrivains à s'élever contre les rafles de juifs pendant la guerre, il manqua d'y perdre la vie.
    En fait, Aymé n'était ni de droite, ni de gauche, mais du parti humain en général, détestant l'hypocrisie, l'indifférence et les puissances d'argent en général, ou la peine de mort. Tous ses contes, tous ses écrits sont empreints d'une lucidité sans pareille sur l'humaine condition et ses travers. Il détestait les bourgeois en général et fréquentait le petit peuple de Montmartre, du peintre Gen Paul aux gosses de la rue de Norvins, celle où on oublie encore la butte pour touristes.
    Les imbéciles ne comprennent pas ses écrits, il y a trop de fantaisie, pas assez d'intentions sociales, trop de verdeur, ou pas de tirades destinées à l'édification du peuple, pléonasme pour dire mépris. Il fréquentait aussi bien des communistes et signait pour des fachos condamnés à mort pour compenser la lâcheté générale envers les nazis, des moutons noirs, infréquentables certes, comme Brasillach. On y lit tout le mépris que le refus de Picasso de signer la pétition entraîna, par exemple. Personne n'a le droit de décider de la mort d'un autre.
    Enfin, alors que les politiques, les prétentieux, les voleurs et les orgueilleux s'étendent beaucoup sur eux, Marcel était un "taiseux", il ne parlait pas pour ne rien dire, disait leur fait aux imbéciles et leur fatuité aux hommes de pouvoir ou prétendus tels. Alors, lecteur, si tu passes au sommet de la butte, va un peu plus loin et salue un peu la statue coincée dans le mur en bas de la rue qui part de la place du Tertre. Chez lui, le Bien passe par le plaisir et prendre la vie comme elle va.

    Titre : Lettres d'une vie | Auteur : Marcel Aymé | Editeur : Belles lettres (Les), recueil sorti en 2002

    http://http://www.dole.org/sitedole/MEDIATHEQUE/MA... : La médiathèque de Dole (Jura), a un fonds spécialisé et unique au monde sur Marcel Aymé. Ce fonds va de toutes les monographies dans toutes les éditions, à des manuscrits relativement rares et précieux. Par exemple un scénario pour la série "Fantomas" qui restera inédit. Ce scénario sera mis en BD par un illustrateur local, Damien Cabiron, les dessins sont extraordinaires, quelques planches sont d'ailleurs visibles sur le site de la médiathèque.

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  • "Le Boucher" d'Alina Réyès

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    Je joins à ma propre critique du texte celle, excellente, de Sahkti sur www.zazieweb.fr. Le texte que Stalker a écrit sur le sujet est très bien écrit dois-je admettre bien que je ne sois absolument pas d'accord avec l'opinion qu'il a des des livres d'Alina Réyès.  

    Livre de chair
    medium_alina1.jpgSouvent, l'érotisme se donne des alibis, mythique, romantique, politique ou artistique. Il faut voir les toiles des peintres symbolistes à la fin du XIXème siècle, par exemple "la mort de Sardanapale" où des jeunes filles savamment dénudées se pâment devant le "supplice" qui les attend. Voilà un fantasme typiquement masculin. Alors que les choses sont bien différentes. Il y a même des femmes entretenant cette image, rêvant de pures jeunes personnes "souillées" par des "babares", qui parlent d'enfer ou de purgatoire pour ne pas entendre leurs voix intérieures qui les poussent à ne plus être terrorisées par ce qui n'est en somme que des préjugés sociaux.
    Les pauvres hommes, pauvres mâles, voient les femmes comme de faibles créatures romantiques, des dames perdues en haut d'une tour que le preux chevalier vient délivrer après avoir terrassé un dragon. Le sexe, les fantasmes, y compris les plus crus, semblent réservés au genre masculin, qui les domine, pour se rassurer ou se justifier, pour se convaincre de sa propre virilité.
    Dans ce livre, une toute jeune femme, menue, à la voix douce, rêve du boucher en bas de chez elle, un homme fruste, pas un poète. C'est elle qui tient les rênes de son imagination. Et son imagination est aussi crue qu'un quartier de viande à l'étal de son amant diront les pudibonds alors que ce livre érotique, au sens noble du terme, est beaucoup moins malsain que bien des divagations chichiteuses sur le sujet. Amaury Watremez

    Titre : Le Boucher | Auteur : Alina Reyes | Editeur : Seuil (Editions du) sorti en poche en 2001.

    "Le boucher avait la chair dans l'âme..."

    medium_alina2.jpgEst-ce l'imagination de cette vendeuse en boucherie ? Les mots crus qu'elle entend sont-ils prononcés par le boucher avec lequel elle travaille ? Et ce Daniel, son amoureux, ne serait-il que le fruit de son fantasme, ce rêve de toute jeune fille d'être follement aimée par un homme séduisant qui attire les regards de toutes les femmes sur lui ?
    Alina Reyes sème un tas de petits cailloux blancs, perles d'érotisme brut et de crudité verbale, laissant au lecteur le soin de créer les scènes et les ambiances dans un coin de sa tête.
    La chair prend toute la place. Celle des corps. Celle de la viande. Mélange d'attirance et de dégoût, envie de toucher et de respirer, envie de s'éloigner en se pinçant le nez. Une fois de plus, Alina Reyes manie avec talent cette dualité qui existe en chacun de nous, ce mélange de rejet et d'envie que nous ressentons tous, cette curiosité non pas malsaine mais humaine pour le corps dans ce qu'il a de charnel et bestial.
    Passages incessants entre la frénésie sexuelle (mélange d'érotisme et de pornographie) du boucher et la douceur poétique de ces lettres imaginaires qu'elle envoie à son fiancé Daniel et dans lesquelles elle crie toute sa frustration.
    Comme dans "L'exclue", la reconnaissance et l'acceptation de ce désir animal passent par une forme d'avilissement. Symbolique d'abord, par l'oreille impuissante face aux murmures excités d'un boucher obsédé. Physique ensuite par le don de son corps devenu objet avide de sexe à des inconnus. Salvateur enfin par une renaissance passant obligatoirement par une déchéance corporelle offrant un salut à l'âme qui se libère d'un carcan social et moral.
    C'est bien plus subtil que de la simple pornographie littéraire, il y a un véritable travail de libération de soi derrière ces lignes tourmentées d'Alina Reyes.

     

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  • "Paradis pour tous" d'Alain Jessua

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    "çà va bien !..." 

    J'aime beaucoup ce film d'Alain Jessua qui même si ce n'est pas un chef d'oeuvre reflète parfaitement notre époque où notre société nous condamne à devenir des esclaves dociles du système et contents de leur esclavage, dénués de tout sentiment. Le héros du film était un inadapté complet avant son opération mais il avait une conscience, une capacité de réflexion, de rebellion contre des comportements iniques. Dans le film, la "société" des flashés ressemble beaucoup à la nôtre, on y regarde des pubs comme des oeuvres d'art, on se contente de peu de culture car la réflexion pourrait engendrer une angoisse dont on ne veut plus, on pratique l'amour "libre" comme on consommerait tel ou tel produit.

    Résumé du film : medium_p1.jpgLà, face à la piscine de sa luxueuse villa, Alain Durieux, est assis dans son fauteuil roulant, et il met la dernière main à ses mémoires, tandis que, son épouse Jeanne non loin de lui est tendrement enlacée par le docteur Pierre Valois, leur ami. Alain se souvient… de sa vie médiocre d'autrefois et de son pénible travail d'assureur, ainsi que la désagrégation progressive de son couple. Jusqu'au jour où, totalement désespéré, il avait décidé de se suicider.

    medium_p2.jpgSain et sauf, il avait alors rencontré Valois et lui avait servi de cobaye pour une expérience révolutionnaire sur le cerveau: le "flashage" qui consistait à rendre les gens heureux. A compter de ce jour l'existence d'Alain avait été complètement bouleversée. Tout lui réussissait. Travailleur acharné, il avait même supplanté son ami et chef de service Marc, qui avait fini, lui, par se donner la mort sur les conseils d'Alain , dans un accident de voiture pour déguisé son suicide et pour que sa femme puisse toucher l'assurance. Mais, Alain avait rencontré aussi d'autres "flashés" et avait constitué avec eux une nouvelle communauté de gens heureux. Au grand dam de Jeanne qui elle, le prenait de plus en plus pour un monstre. Car Jeanne n'avait pas changé.

    Aussi Alain avait-il confié ses tourments à Valois. Et celui-ci l'avait aidé à "flasher" Jeanne après l'avoir été lui-même, parce qu'il se sentait trop démoralisé. Seule ombre au tableau, Alain avait perdu l'usage de ses jambes à cause de Jeanne. Mais il s'en était parfaitement accomodé… Et son bonheur est, aujourd'hui encore, parfait.

    Avec Patrick Dewaere (Alain Durieux) / Jacques Dutronc (Pierre Valois) / Fanny Cottençon (Jeanne Durieux) / Stéphane Audran (Edith) / Philippe Léotard (Marc Lebel) , scénario d'Alain Jessua et André Ruellan alias Curt Steiner que les amateurs de Science Fiction connaissent bien.

  • Attaque israèlienne sur Gaza

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    mercredi 14 juin 2006, 9h06 Gaza : nouvelle attaque de Tsahal, 9 civils palestiniens tués

    Par EuroNews

     Photo
    Pour Mahmoud Abbas, l'attaque d'hier est tout simplement "du terrorisme d'Etat"

    Cinq jours après le drame de la plage de Gaza
     l'armée israélienne a tué neuf civils palestiniens, lors d'un raid aérien visant deux militants du Jihad islamique, selon Tsahal. Un missile a touché la camionnette jaune, l'autre est tombé sur la foule. C'est le raid le plus meurtrier depuis presque quatre ans. Dans la nuit, à Jénine en Cisjordanie, Tsahal a abattu un membre des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, avant d'échanger des coups de feu autour de l'hôpital de la ville où s'étaient réfugiés des Palestiniens armés. Sur le plan politique, il y a des signes d'ouverture. Hier soir, le Premier ministre Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas, a rencontré le président Abbas. Une rencontre fructueuse selon leurs propres termes. Ils ont décidé de se retrouver aujourd'hui pour parvenir à un accord national d'ici sept jours.
  • De la laideur

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    La beauté cachée des laids
    medium_millet.jpgLe narrateur de ce livre est laid ou du moins se réprésente comme telle. Il s'interdit tout sentiment amoureux et n'a des relations que sexuelles avec des femmes qu'il choisit parmi celles que l'on considère également comme laides. Quand celles-ci ont des vélléités sentimentales, il les quitte aussitôt. Il reste seul et se contente de cette solitude qui lui permet la satisfaction de quelques plaisirs égoïstes. Finalement, il n'est pas si différent des autres. L'amour n'est qu'une illusion passagère, fugace.
    Il vit comme nous dans une société où l'apparence est primordiale, elle conditionne le jugement que l'on aura des autres, une tête un peu plus grosse que la normale, un physique hors-norme, un oeil fatigué. La plupart d'entre nous ne voyons que çà et ne cherchons pas à aller plus loin, à déceler l'étincelle unique que tout le monde a en soi. La laideur est certainement le pire des handicaps car le monde entier vous la reproche constamment, elle est aussi très relative. Que l'on ne parle pas cependant de beauté intérieure, cela est une vaste blague.

    "Le goût des femmes laides" de Richard Millet paru chez Gallimard en 2005

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  • Bébés requins

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    medium_sb.jpg

    Révolution culturelle 

    J'ai découvert cet excellent roman grâce aux bonnes oeuvres de mon dealer habituel. On s'aperçoit que la littérature chinoise, ce n'est pas que des objets spirituels intéressants mais dénués de chair, des documents ethnologiquement intéressant mais littérairement nuls. On découvre aussi que la liberté est peut-être dans une certaine forme d'hédonisme. De plus, Hong-Kong y perd son statut-cliché de mégalopole cosmopolite et fourmillante au profit de Shangaï.
    C'est donc l'histoire d'une lolita, ou plutôt d'une femme enfant car elle n'a plus l'àge d'être une nymphette selon les critères de Humbert Humbert, qui vit la nuit et cherche le grand amour tout en préservant à tout prix sa liberté ce qui est très difficile.

    C'est une femme instruite qui souffre du machisme traditionnel et du dogmatisme du parti. Elle vit avec un artiste qui joue les esprits libres mais se révèlera très bourgeois.Celle-ci, Coco, découvre que c'est la frivolité, ou du moins ce que les esprits chagrins nomment ainsi, qui est indispensable. Je ne sais si c'est Yvette Horner ou Nietzsche qui l'a dit mais : "la gravité est le bonheur des imbéciles". Coco laisse croire à ses parents qu'elle va sagement se ranger, ce qui arrivera peut-être, elle se pique d'écriture aussi, pour se libérer.

    Apparemment, ce livre a été non seulement interdit mais envoyé au pilon en Chine. Il est donc absolument nécessaire de le lire. Le manuscrit a été sauvé grâce à des amis occidentaux de l'auteur. On ne peut pas dire enfin que les personnages sont des yuppies d'un nouveau genre, plutôt des dilletantes, c'est-à-dire des êtres que tout passionne, qui rebuteront tous les aspirants à la gravité, ce genre de personnes que les esprits dogmatiques détestent.

    Shangai Baby Auteur : Zhou Weihui Éditeur : Philippe piciquier sorti en 2004 en France

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  • Florence Foster Jenkins

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    medium_fff.jpgIl fait très chaud, je me sens d'humeur voluptueuse et très peu enclin à un quelconque effort intellectuel, j'éccoute le "massacre à la bidonneuse" disponible à ce lien http://www.bide-et-musique.com/song/5023.html pour ne pas m'endormir.

    On y trouve un morceau tiré de "Lakmé" d'une authentique Castafiore (voir photo ci-contre) à mi-chemin entre une véritable cantatrice et une drag queen : Florence Foster Jenkins.

    Le mélange de trivial et de morceaux très honorables m'y amuse beaucoup...

    Contenu du programme : 

    Suzanne A - Das Tod und Mädchen (d'après Franz Schubert)

    Jean-Philippe - Johnny B. Goode

    Florence Foster Jenkins - L'air des clochettes (extrait de l'opéra Lakhmé de Léo Delibes)

    Isao Tomita - La danse infernale du roi Katschei (extrait de L'oiseau de feu d'Igor Stravinsky)

    Doudoucoincoin - Pluie d'Irlande (d'après Michel Farinet)

    Steve Brunelle - Ave Maria (d'après Franz Schubert)

    Lucien Grodard - S'éclater le doigt (parodie de Casser la voix de Patrick Bruel)

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  • Vertiges de l'amour

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    medium_bds1.jpgCe livre est un très beau livre sur la passion amoureuse, sur la force des sentiments, pas des émotions frelatées de télévision, non de véritables sentiments sans mièvrerie ni sensiblerie. C'est un livre âpre finalement. Ce n'est pas forcément mon livre préféré sur le sujet, me retrouvant plus dans "Au-dessus du volcan" de Malcolm Lowry mais il correspond à une étape dans la compréhension de l'amour, celui qui brise toutes les barrières sociales, les rendant ridicules.

    Il n'y a rien de plus difficile que de parler d'amour sans tomber dans les platitudes ou les banalités. Albert Cohen évite les unes et les autres, et parle de la passion au sens profond, de celle qui rappelle aux juifs aussi quand ils lisent le Talmud, que ce n'est rien d'autre que le désir de recréer l'androgyne originel, de retrouver celui ou celle avec qui on pourra tout partager. Il montre aussi la déraison de la passion amoureuse qui conduit à l'abîme sans solution autre que le désespoir ou la mort., que ce n'est rien d'autre que le désir de recréer l'androgyne originel, de retrouver celui ou celle avec qui on pourra tout partager. Il montre aussi la déraison de la passion amoureuse qui conduit à l'abîme sans solution autre que le désespoir ou la mort.

    L'amour dans ce livre n'est ni mièvre, ni à l'eau de rose. Il fait mal et blesse à vif. Cet amour n'est pas facile et il est rejeté par la société dite raisonnable. Même si le livre est parfois un peu long, ne serait-ce que dans les pensées transcrites d'Ariane, il marque à vie.

    (photo du manuscrit)

    medium_bds2.jpgExtrait : 

    Sensualité matinale
    "Attentes, ô délices, attentes dès le matin et tout le long de la journée, attentes des heures du soir, délices de tout le temps savoir qu'il arriverait ce soir à neuf heures, et c'était déjà du bonheur. Aussitôt réveillée, elle courait ouvrir les volets et voir au ciel s'il ferait beau ce soir. Oui, il ferait beau, et il y aurait une nuit chaude avec beaucoup d'étoiles qu'ils regarderaient ensemble, et il y aurait du rossignol qu'ils écouteraient ensemble, elle tout près de lui, comme la première nuit, et ensuite ils iraient, iraient se promener dans la forêt, se promener en se donnant le bras. Alors, elle se promenait dans sa chambre, un bras arrondi, pour savourer déjà. Ou bien, elle tournait le bouton de la radio, et si c'était une marche guerrière déversée de bon matin, elle défilait avec le régiment, la main à la tempe, en raide salut militaire, parce qu'il serait là ce soir, si grand, si svelte, ô son regard.

    Parfois, elle refermait les volets, tirait les rideaux, fermait à clef la porte de sa chambre, mettait des boules de cire dans ses oreilles pour n'être pas dérangée par les bruits du dehors, bruits que cette belle pédante appelait des réducteurs antagonistes. Dans l'obscurité et le silence, couchée, elle fermait les yeux pour se raconter, souriante, ce qui s'était passé hier soir, tout ce qu'ils avaient dit et tout ce qu'ils avaient fait, se le raconter, blottie et ramassée, avec des détails et des commentaires, s'offrir une fête de racontage à fond, comme elle disait, et puis se raconter aussi ce qui se passerait ce soir, et il lui arrivait alors de toucher ses seins.

    Parfois, avant de se lever, elle chantait tout bas, tout bas pour n'être pas entendue par la domestique, chantait contre l'oreiller l'air de la Pentecôte de Bach, remplaçait le nom de Jésus par le nom de l'aimé, ce qui la gênait, mais c'était si agréable. Ou encore elle parlait à son père mort, lui disait son bonheur, lui demandait de bénir son amour. Ou encore elle écrivait le nom de l'aimé sur l'air, avec son index, l'écrivait dix fois, vingt fois. Et si, n'ayant pas encore pris son petit déjeuner, elle avait soudain un borborygme de faim, elle se fâchait contre le borborygme. Assez ! criait-elle au borborygme. C'est vilain ! Tais-toi, je suis amoureuse! Bien sûr, elle se savait idiote, mais c'était exquis d'être idiote, toute seule, en liberté."


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  • Un chieur...

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    Dandy "New Wave"

    medium_dustan.jpgDustan peut agacer par son style entre égocentrisme et effets à la mode selon ceux qui le réduisaient à son statut de night-clubber suicidaire. Il fait penserr au "Feu Follet" de Drieu mais aussi Drieu lui-même, sans s'être fourvoyé cependant avec une idéologie totalitaire et ses séïdes. Ceux qui paraisent ne faire que danser au-dessus du volcan énervent souvent, on dit qu'ils ne prennent pas le monde au sérieux, qu'ils devraient tenter d'être plus graves devant les malheurs qui affectent notre monde. Dustan sortait beaucoup, voyait beaucoup de pipôle et faisait de sa vie une autofiction qu'il racontait au fur et à mesure en "oubliant" de parler de sa souffrance devant la maladie. Impardonnable. Il ne pouvait même pas faire un mondain repentant, un témoin du SIDA bien lisse que l'on verrait sur les plateaux des "talk-shows", sitôt vus, sitôt digèrés par le public, et ce même si cela n'enlève rien en émotion aux témoignages de Charlotte Valandrey, Jean-Paul Aron ou Hervé Guibert.

    medium_dustan3.jpgDustan pourrait paraître très loin de l'écrivain engagé. Mais en fait, c'est bel et bien un chieur, on me pardonnera le mot, un emmerdeur qui montre les points qui font mal, ceux que l'on ne voudrait ne pas voir et qu'ils remarquent incidemment lors de son "exil" loin de Paris dans le Nord. Il s'aperçoit de la fin de l'ascenseur social, que le fossé se creuse toujours un peu plus entre les plus favorisés et les autres, et que les politiques ont échoué à réduire ce problème, qu'ils ont même renoncé à le faire. Car Dustan est hypersensible au monde et aux déboires de ceux qui l'entourent finalement, comme tous les écrivains possèdant vraiment du talent à revendre. Personellement, j'ai découvert Dustant en dépassant mes préjugés très négatifs - un chroniqueur mondain "trash" typique ayant le style bien caricatural de certains magasines culturels- et j'ai découvert un type bien, tout bêtement...

    Titre : Dernier roman | Auteur : Guillaume Dustan | Editeur : Flammarion paru en 2005

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  • Vivre vraiment

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    Aucune indifférence

    medium_iggy.jpgCe que recherche l'auteur, James "Jim" Osterberg alias l' "Iguane pop", de ce livre qui n'est pas exactement une biographie mais plutôt une longue ballade dans l'Amérique des marges, plutôt celle de la contre-culture que celle qui va à l'office tous les dimanches. On a souvent parlé d'Iggy Pop comme du premier des punks, un exhibitionniste extravagant et excentrique, un type qui crache à la figure des braves gens. Son style n'est pas loin du langage parlé, il est rock par essence, dans ce que cela signifie de plus provocateur, du moins aux yeux des puristes. On pense à la chanson de Van Morrison qui parle de l'odeur des "TB sheets". Le style en tout cas accroche de suite, on ne lâche le livre qu'à regret.

    C'est son amie Anne qui est à la base de ce manuscrit qui explique en fait l'immense désir du musicien d'être reconnu, aimé de tout le monde pour ce qu'il est, ses talents artistiques en premier, son aptitude à créer un monde avec un riff sur Fender, à suggérer, engendrer, impliquer des sensations en quelques minutes sur une face "A" ou devant un parterre de ploucs enivrés par de la mauvaise bière du Midwest, des "rednecks" qui boivent comme des trous, incultes et fiers de l'être. Là-dedans, Iggy Pop est comme un dandy moderne, avide d'esthétique et de beauté — on peut trouver de la beauté à un "dinner" en chrome ou à un rade pour routiers paumé au milieu du désert —, car comme beaucoup de gamins du "baby boom", il veut tout car il a besoin de plus que les autres pour se sentir vivre.

    Titre : I need more. Les Stooges et autres histoires de ma vie | Auteur : Iggy Pop | Editeur : Serpent à plumes (Editions Le) sorti en 2006

  • L'algèbre de la mort

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    medium_algebrecouv.jpg"L'algèbre de la mort" de Messaoud Benayoucef, écrivain algérien, est disponible au lien ci-dessous http://www.lembarcadere.net/algebre/index.html

    Ce livre m'a d'abord effrayé par son volume important. J'ai eu peur d'un pavé mais on est vite pris par le talent de l'écrivain, un style sans fioritures, paraissant simple, mais surtout dense. Dans le métro parisien, l'auteur croise Elias H. qui lui raconte une histoire qui le concerne aussi, qui concerne l'Algérie. c'est la première fois qu'il entend parler d'une organisation clandestine dont il ne soupçonnait pas l'existence, et qui risquerait bien de modifier le visage de son pays.
    Beaucoup de choses sont dites sur ce pays, beaucoup sont écrites, généralement par des personnes qui n'ont pas beaucoup de compétences pour le faire. Celles-ci ont de ce pays une vision caricaturale : exotique, à la manière des orientalistes, où les algériens sont des farouches guerriers, le sabre à la main, extrêmiste, où ce ne sont que des musulmans intégristes, coloniale, nostalgique de l'Algérie Française, ou encore angélique où l'on ne veut voir que ce qui arrange. On demande d'ailleurs aux écrivains locaux d'étoffer ces visions du Maghreb, de les appuyer pour donner bonne conscience car une vision nuancée, plus difficile à accepter, est plus dure à comprendre. Et finalement, beaucoup de ces opinions sont tout simplement toutes plus ou moins colonialistes.

    Ce livre fait le décompte de la terreur, étudie l'algèbre de la haine, de la violence religieuse (en arabe, ce mot qui s'écrit "El Jabr" signifie aussi la force du destin contre lequel on ne peut pas grand-chose). L'auteur est effrayé de la folie furieuse qui a pris son pays mais il la décrit de manière presque froide, clinique, effectuant un constat dénué -apparement- de passion, sans grandiloquence, car la grandiloquence sonne creux, comme le bronze. Cela fait plaisir à écrire, à lire parfois, mais cela ne décrit rien. On y croise plusieurs personnages dont des portraits de femmes très loin des images d'Épinal manichéennes de femmes arabes qu'affectionnent les medias actuellement : ou soumises et voilées, ou féministes radicales. Il y a ici des jeunes filles qui travaillent, qui espèrent, qui vivent ou essayent de vivre.
    Ce livre parle de la peur, de la lâcheté devant le terrorisme et les idéologues qui tentent de convertir les masses par les bombes, les couteaux et les armes, toujours au nom d'un Dieu qui reste pacifique. L'auteur lance ici une réflexion de simple bon sens : si Dieu existe et qu'il est parfait, puisque Dieu, il ne saurait demander de guerre sainte en son nom. Ce genre de raisonnement signifie la mort dans certains pays soumis à l'arbitraire religieux et qui aurait dû disparaître après l'indépendance selon les projets laïcs des dirigeants du FLN en Algérie, mais qui n'a fait qu'empirer. Je n'écris d'ailleurs ces phrases qu'avec des pincettes car les occidentaux, comme le montre l'actualité et l'histoire, n'ont pas de leçons à livrer.

    Comme tout le monde, on se dit que "la guerre c'est pas bien", que "la violence c'est pas beau", banalités que , certes, il est utile de répéter, mais qui ne résolvent rien quant aux attentats sanglants et à la terreur que subit l'Algérie. Messaoud Benyoucef propose d'abord un état de fait, fait le constat des choses, des sentiments et des illusions encore vivaces, avant de chercher une solution qu'il a l'humilité de ne pas donner mais qui est peut-être dans la recherche de ce qui est humain en nous.

  • La fascination de la destruction

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    Quand les deux tours se sont effondrées, beaucoup se sont crus au cinéma, le réel dépassait la fiction la plus échevelée, tous les scenarii du plus crétin des "blocknbusters estivaux", Hitler serait encore vivant quelque part en Amérique du Sud, protégé par les américains et l'Église. Un gouvernement secret dirige le monde d'un bunker à trois kilomètres de profondeur sous l'Antarctique. Les extraterrestres débarquent chaque jour à l'Aire 51 dans le Nevada, la zone la plus photographiée au monde d'ailleurs. Les américains n'ont jamais mis le pied sur la lune, c'était un studio. Les aliens ont débarqué à Roswell....etc...etc... Et j'en passe et des meilleures.
    Je m'étonne toujours que des personnes raisonnables, normalement intelligentes, c'est-à-dire douées de réflexion, tombent dans des sottises aussi grandes comme celle que Thierry Meyssan expose dans ce livre; Étrangement, ce sont les mêmes qui nieront l'évidence en face de manipulations bien réelles celles-ci... 

    S'il y avait conspiration, réfléchissons deux minutes : il faudrait que les quarante mille témoins qui ont VU l'avion s'écraser soient complices, il faudrait que tous les radars américains aient été brouillés sciemment, de plus, c'est une belle saloperie, si l'on me passe l'expression, pour les familles des victimes qui ont, elles, RÉELLEMENT perdu des proches. A moins que ce ne soit des acteurs, qui sait ?
    Cela m'étonne que ce genre de rumeur, sans fondement sérieux - les amateurs d'OVNI ont aussi un nombre incalculable de preuves sur ce qu'ils avancent - soient répandues par le Réseau Voltaire car c'est une chose qui est plutôt l'apanage de l'extrême-droite d'habitude ce genre de théorie du complot, des politiciens de bistrot aux petits bourgeois du XVIème : des extra-terrestres, on passe vite au complot judéo-maçonnique ou d'autres bêtises. Beaucoup de personnes d'extrême-droite sont persuadées de l'existence d'un gouvernement mondial secret à 400 mètres sous le Pôle Nord rassemblant des juifs, des arabes, des africains, des asiatiques, des francs maçons et des homosexuels bien sûr...

    Si les extra-terrestres débarquaient pour de bon, personne ne le prendrait au sérieux de ce fait. 
    Cela me fait d'ailleurs penser au conflit israelo-palestinien qui a lieu en ce moment. Cela permet à certains de répandre en surfant sur les injustices leur antisémitisme non avoué ou tout simplement leur haine latente. Il y a une différence entre dénoncer les injustices contre les palestiniens et rejeter les juifs. J'ai un secret à révéler, il n'y a pas de Big Brother, pas de complot mondial. Il n'y en a pas besoin, car l'esprit grégaire s'entretient tout seul. Ce genre d'hypothèse peut tout à fait être d'ailleurs une autre intox.
    Toutes ces légendes viennent de l'abandon du religieux, du divin, de la fin du merveilleux à cause des sciences, "la musique des sphères", du gnosticisme. C'est inquiétant pour la majorité qu'il ne semble ne plus y avoir d'imprévu, de frontières à repousser. On compense par autres choses, car si la Raison a expliqué beaucoup de choses, elle n'a laissé c'est vrai qu'un vide. De là le succès des X-files, des horoscopes dans tous les journaux, y compris ceux réputés sérieux.

    L'effroyable imposture | Auteur : Thierry Meyssan | Editeur : Carnot sorti en 2002

    http://www.effroyable-imposture.net 

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