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  • La situation plus inquiétante que jamais du Proche-Orient

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    mercredi 31 mai 2006, 10h15
     
    Israël menace de multiplier les opérations terrestres dans la bande de Gaza
     
    Par Jean-Luc RENAUDIE

     

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    JERUSALEM (AFP) - Israèl a menacé mercredi de multiplier les opérations terrestres dans la bande de Gaza pour tenter de mettre fin aux tirs de roquettes qui continuent de s'abattre sur le territoire israélien."Nous trouverons les moyens de lancer des opérations qui empêcheront les organisations (palestiniennes) de tirer sur Sdérot. La population (palestinienne) doit comprendre que ces groupes vont lui amener une catastrophe", a déclaré le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, en visite à Sdérot (sud) où deux roquettes sont tombées dans la matinée. Malgré une incursion mardi au cours de laquelle trois activistes du Jihad islamique et un policier ont été tués, trois roquettes, tirées à partir de la bande de Gaza, se sont abattues dans la matinée en Israël.

    Deux de ces engins ont touché la ville de Sdérot et endommagé une maison. Une femme en état de choc a été hospitalisée. Une de ces roquettes est tombée à proximité du domicile de M. Peretz.

     

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    "Nous allons trouver les moyens de frapper le plus possible ceux qui tirent des roquettes", a affirmé pour sa part le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Dan Haloutz, à la radio militaire.L'opération menée mardi était la première de cette ampleur depuis le retrait israélien de la bande de Gaza en septembre 2005 après 38 ans d'occupation. Elle visait un groupe de Palestiniens sur le point de tirer des roquettes vers le territoire israélien. Depuis plusieurs mois, l'armée israélienne réplique aux tirs de roquettes artisanales par des bombardements massifs de son artillerie sur le nord de la bande de Gaza. Les Brigades Jihad Jibril, branche armée du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), ont revendiqué le tir de deux roquettes sur Sdérot. "Les roquettes sont tombées près de la maison du ministre sioniste de la guerre (Peretz)", selon un communiqué du groupe. Cette action se voulait notamment une riposte aux raids meurtriers de l'aviation israélienne qui ont visé dimanche deux bases du FPLP-CG au Liban après des tirs de roquettes depuis ce pays sur le territoire israélien. Décidé à mettre fin aux tirs depuis Gaza, M. Peretz a prévenu que "les opérations aériennes, maritimes et terrestres vont continuer jusqu'à l'arrêt des tirs de roquettes". Le quotidien Haaretz a pour sa part révélé que l'armée projette de recourir à des unités spéciales pour mener des opérations de commando.

    L'opération menée mardi était la première de cette ampleur depuis le retrait israélien de la bande de Gaza en septembre 2005 après 38 ans d'occupation. Elle visait un groupe de Palestiniens sur le point de tirer des roquettes vers le territoire israélien. Depuis plusieurs mois, l'armée israélienne réplique aux tirs de roquettes artisanales par des bombardements massifs de son artillerie sur le nord de la bande de Gaza. Les Brigades Jihad Jibril, branche armée du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), ont revendiqué le tir de deux roquettes sur Sdérot. "Les roquettes sont tombées près de la maison du ministre sioniste de la guerre (Peretz)", selon un communiqué du groupe. Cette action se voulait notamment une riposte aux raids meurtriers de l'aviation israélienne qui ont visé dimanche deux bases du FPLP-CG au Liban après des tirs de roquettes depuis ce pays sur le territoire israélien. Décidé à mettre fin aux tirs depuis Gaza, M. Peretz a prévenu que "les opérations aériennes, maritimes et terrestres vont continuer jusqu'à l'arrêt des tirs de roquettes". Le quotidien Haaretz a pour sa part révélé que l'armée projette de recourir à des unités spéciales pour mener des opérations de commando.

    Elles ont été constituées secrètement il y a deux mois, selon des responsables militaires cités par le journal. La radio publique, citant aussi des responsables militaires, souligne que ce genre d'opérations est "efficace" dans la mesure où elles limitent la liberté de circulation des groupes palestiniens qui doivent agir très rapidement s'ils ne veulent pas être repérés. Selon la radio, si les tirs de roquettes ne cessent pas, l'armée dispose de plans prévoyant notamment la réoccupation d'une bande de territoire dans le nord de la bande de Gaza. Les responsables militaires misent aussi sur une nouvelle "technologie", pour laquelle des dizaines de millions de dollars ont été investis. Ce nouveau système est censé permettre d'intervenir plus rapidement contre des activistes palestiniens. Le recours à ces forces spéciales a d'ores et déjà permis de réduire de 40% le nombre de roquettes tirées vers Israël depuis le mois de mars. La radio publique a précisé que "110 terroristes" ont été tués et 10 cellules de Palestiniens responsables de tirs de roquettes liquidées depuis le retrait de la bande de Gaza, tandis qu'une dizaine d'autres cellules du Jihad islamique ou des Comités de résistance populaire, qui regroupent des activistes de différents mouvements, étaient encore actives. Deux enfants israéliens avaient été tués par des roquettes palestiniennes en septembre 2004 sur Sdérot.

  • L'art de la conversation

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    L'art difficile de la conversation

    A la base de tout échange, en démocratie, en littérature, en réflexion, spirituelle ou intellectuelle, en littérature, il y a d'abord l'écoute. Ne pas savoir écouter est certainement à la base des barbaries. Savoir écouter l'autre, c'est accepter son existence et ses désirs. Trop souvent, les discussions ne sont qu'une sorte de longue masturbation synchrone. L'ignorance, qui provoque la peur et l'agressivité, à l'inverse de la culture, empêche l'écoute, car il ne s'agit pas seulement d'entendre. Pour discuter d'un sujet quel qu'il soit, il convient aussi de savoir le définir et de construire son raisonnement sur des bases solides. Elles ne doivent pas être toujours rationnelles à tout prix car trop de raison amène souvent la dictature. Certains, pendant les périodes troublées, s'enferment chez eux pour réfléchir à l'avenir en attendant des jours meilleurs comme Montaigne. Peut-on encore parler de culture à l'époque de "Loft Story" et "Star academy" ? Peut-on parler de conversation à l'époque des portables qui narcissisent un peu plus leurs utilisateurs ? Il est permis de préférer Montaigne, plus humble que Pascal dans sa démarche, mais ce livre a pour mérite d'ouvrir de nouveaux champs de discussion.

    Titre : L'art de persuader | Auteur : Blaise Pascal | Editeur : Rivages

  • Créer sans compromis

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    Mythes d'Hollywood...

    Un matin, Michael Cimino apprend qu'une journaliste italienne désire faire son portrait car on le considèrerait comme une légende, lui à qui l'on interdit de faire des films depuis déjà quelques années à cause du commerce, des banquiers, de la frilosité morale et intellectuelle, parce que les collines de Burbank abritent depuis le départ une industrie finalement. Plutôt que de passer par la voix d'un médiateur, ou d'une médiatrice qui fausserait sa pensée, le réalisateur se pose lui-même les questions importantes, sans concession aucune, même pour lui. Il dessine progressivement son portrait, par petites touches et celui du monde du cinéma. Pour pallier la difficulté de compréhension d'un monde devenu extrêmement complexe, beaucoup d'américains, des simples citoyens aux créateurs, se réfugient dans une visions "disneylandiesque" du monde : "Nous", les gentils, tous les autres, les méchants. Ce ne sont pas les seuls, il arrive la même chose dans tout les pays occidentaux, qui se lancent dans la quête éperdue d'une authenticité illusoire car ils la cherchent tous aux plus mauvais endroits. Les films de Cimino, même les plus commerciaux, offrent une vision beaucoup moins manichéenne : du "Canardeur" à "l'année du dragon"...

    Hollywood produit des mythes depuis longtemps,des archétypes qui ont la vie dure et qui perpétue une vision faussée du monde, toute entière tournée vers l'idéalisation du mode de vie des sociétés libérales : du héros romantique sans peur et sans reproche, des hommes des vrais qui n'ont pas peur de se salir les mains, des méchants qui sont la plupart du temps de dangereux intellectuels, des cow-boys, des pionniers courageux. Il y a vingt-cinq ans, Cimino avait démonté point par point ces légendes idéologiques dans "La porte du paradis", oeuvre remontée, échec commercial - il ne fait pas bon dire la vérité - et gouffre financier pour "United Artists" qui ne s'en relèva pas. (Ce film montre la fin de la fameuse "Frontier" en se demandant si celle-ci a jamais existé).

    Titre : Conversations en miroir | Auteur : Michael Cimino | Editeur : Gallimard

    Lien permanent Catégories : Cinéma
  • Critique du film "Indigènes"

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    Il semble que le film ne soit pas bon selon "Libération", ce dont je doute un peu, mais du moins a-t-il le mérite de rendre hommage à des soldats que l'on a oublié trop longtemps. Je pense surtout que ce film ne rentre pas dans les critères habituels du journal et du préjugé qui fait de l'étranger ou de la personne d'origine étrangère une victime en puissance. Enfin, il contredit les bon sentiments habituels de la bien-pensance. On ne doit plus se poser la question de l'intégration ou non des jeunes français de la troisième génération, ils sont français de par les combats menés par leurs grand-pères pour la France. Je pense que l'idée qu'ils se soient battus pour la patrie doit beaucoup gêner encore une fois la bien-pensance, cela contredit là aussi leurs préjugés...

    Sélection officielle. Rachid Bouchareb rend justice aux soldats africains morts pour libérer la France des nazis, dans un film étouffé sous les bons sentiments.

    «Indigènes», pour le geste

     

    par Olivier SEGURET
    QUOTIDIEN : vendredi 26 mai 2006

     

    Indigènes de Rachid Bouchareb (France), avec Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan. 2 h 08. Sortie le 27 septembre.

    Si l'on s'en tenait strictement à la qualité du film, de sa mise en scène et de son scénario, il n'est pas sûr qu'Indigènes ferait autant parler de lui. Ce qui justifie l'attention médiatique qui lui a été portée depuis son tournage et explique aussi sa présence en Sélection officielle cannoise, c'est son sujet et, partant, son casting.

    Cimetière. Nul ne devrait plus ignorer que le film de Rachid Bouchareb raconte le destin de quatre jeunes Algériens, engagés volontaires dans l'armée française (d'Afrique) en 1943 pour délivrer la «mère patrie» du joug nazi. Ils vont découvrir tout à la fois un pays (la France) un peuple (notamment les femmes) et la guerre, au cours de laquelle ils démontreront la bravoure et le courage, aussi admirables que convenus, que le registre héroïque suppose. Des montagnes algériennes à celles des Vosges, de l'Italie à l'Alsace en passant par la Provence et en finissant au cimetière, le bataillon d'infanterie où les quatre personnages nouent une indéfectible amitié va traverser d'un même mouvement et la grande histoire et les apparences.

    Oui, c'est vrai, il y a quelque chose de symboliquement fort et émouvant dans la construction d'un casting et d'une affiche dont quatre noms arabes se partagent, enfin, la tête. Et le quatuor imaginé par Bouchareb, qui attelle Sami Bouajila, Roschdy Zem, Jamel Debbouze et Sami Nacéri, constitue sans doute le principal intérêt d'Indigènes : ils y jouent chacun une honnête partition tout en laissant ensemble entrevoir la qualité de leur accord collectif (n'omettons pas pour autant le francaouète du lot, Bernard Blancan, dans le rôle du lieutenant Martinez). Mais, au-delà de la justice rendue aux quelque 130 000 soldats africains que l'histoire officielle a si longtemps oubliés, au-delà du légitime travail de mémoire auquel Bouchareb nous convoque, au-delà du noble geste qui consiste à restaurer l'honneur piétiné de ceux qui prirent leur part à la libération de ce pays, il est franchement difficile de trouver dans Indigènes de quoi nourrir sa faim cinéphile.

    Etouffé. Le «sujet», voilà l'ennemi. Non pas le thème lui-même, ni bien sûr le morceau d'histoire qu'il réintroduit utilement, mais la contamination complète du film par son sujet ; la geste démonstrative dans laquelle Bouchareb s'englue ; ce sentiment que l'on coche l'une après l'autre toutes les cases consensuelles d'un film étouffé sous les bons sentiments. Il y avait pourtant du risque à creuser, du venin à lâcher, du trouble à reconstituer, comme le démontre une seule et trop rapide scène de chambrée violente. Dans Indigènes, les gouffres et les falaises sont aplanis, jusqu'à la dévitalisation. A quoi bon une idée aussi révolutionnaire pour pratiquer un cinéma aussi conservateur ?

  • Goumiers, tirailleurs, spahis : français !

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    Les indigènes

    Un film, sortant en septembre, de Rachid Bouchareb, va rétablir la vérité mais depuis soixante ans, après la Seconde Guerre Mondiale, après la Première, on a oublié les goumiers, les spahis, les tirailleurs sénégalais. J’y rajouterai les harkis, plus subjectivement, que l’on a abandonné à leur sort en 1962, beaucoup finirent écharpés, mutilés, on profana leurs tombes. Tout cela relève d’une belle ingratitude car ce sont eux qui étaient en première ligne pendant ces deux conflits pour défendre notre pays qui les remercie en leur versant des pensions ridicules. Que l’aide qu’ils ont apportée, sans que personne ne les y force, par amour de la France et de la Liberté, n’ait pas été reconnue a certainement contribué au malaise des jeunes générations d’immigrés. Comment peut-on leur demander d’aimer un pays qui a si mal traité leurs ancêtres assez bons pour se faire tuer pour la Patrie, mais pas assez pour être acceptés. Au lieu de çà, beaucoup maintiennent la peur d’une islamisation de la France, même parmi les bien-pensants de gauche qui assimilent constamment l’Islam à l’intégrisme. Il semble pourtant que leurs lieux de culte, les français musulmans les ont dix fois, cent fois, mille fois mérités ainsi que leur intégration complète. Il ne s’agit pas de repentance mais de remettre les choses en ordre.

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  • L'enfer des cours de récréation

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    Jeunes comme il convient ?

    Qui a dit que l'adolescence était le plus bel âge de la vie ? Alors que c'est certainement le plus impitoyable, le plus dur de l'existence. Qui a dit aussi que le métier de professeur était une vocation, une sorte de quasi sacerdoce que les enseignants exercent avec religiosité en ne pensant qu'à l'intérêt des élèves ? Le collège Charles-Henri, troisième de France, c'est là que l'auteur, qui a été marqué par ses années comme collègien, a décidé de s'immerger pendant trois semaines pour mieux connaître un milieu qui lui semble, au départ, étranger, celui des jeunes "favorisés" des beaux quartiers. Le principal le prévient qu'il s'ennuiera et n'entendra pas de grossièretés dans son établissement, ni ne recueillera de confidences bien passionnantes. C'est bien sûr tout le contraire qui se passe. Il s'aperçoit que ces jeunes-là ne sont pas si antipathiques que çà malgré l'escalade dans l'achat de "marques" - comme dans les banlieues - un comportement souvent très malsain, peu solidaire, voire violent, y compris entre professeurs et élèves, des paroles crues, sexistes, racistes ou homophobes, le mépris envers les plus faibles. Les sociologues et les formateurs en IUFM devraient absolument lire cette bande dessinée ainsi que les postulants au "plus beau métier du monde" qui ne s'aperçoivent de leur adéquation avec ce travail que lorsqu'il est trop tard.

    Titre : Retour au collège | Auteur : Riad Sattouf | Editeur : Hachette

  • Sagesse des chrétiens d'Orient

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    Sagesse d'Orient oubliée

    Les chrétiens l'oublient trop souvent, comme ils considèrent trop souvent les rites chrétiens d'Orient comme des survivances folkloriques... quand ils apprennent par hasard leur existence, parfois on montre un chrétien de ces contrées comme un bon sauvage que l'on exhibe sur des tréteaux.

    Pourtant, les écrits de cet homme méritent que l'on s'y arrête, c'est d'ailleurs l'un des premiers chrétiens à avoir voulu dialoguer avec les musulmans. On oublie ces pères de l'Église qui vivaient en ascètes, tiens ? Comme les lamas d'Asie ? Il ne faut pas aller si loin. On trouve leurs grottes encore en Palestine dans le désert autour de Jéricho ou vers Qumran. Ils sont aussi à la source des rites chrétiens byzantins ou arabes, syriaques ou coptes, éthiopiens ou arméniens, tout de lumière(s), loin de la pompe un peu ridicule et centrée uniquement sur la Crucifixion de nos contrées. Ils vivaient en Orient aussi où la convivialité est un art de vivre, où ce n'est pas un vain mot ainsi que l'accueil. Il est vrai que si on relit l'Évangile, on constate qu'il n'est qu'une suite de repas, de festins, de fêtes, et à tout bien considérer que le Christ est entouré de putains, de voyous, de types mal vus, tout ce que l'Église romaine d'Occident a oublié en somme.

    Titre : De l'incompréhensibilité de Dieu | Auteur : Jean Chrysostome | Editeur : Rivages

  • L'absurdité économique comme un marathon de danse

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    Ce livre qui parle de la crise de 29 est pourtant totalement d'actualité et montre l'importance de la littérature quant à la prise de conscience sur l'iniquité de notre société...

    Interview des vainqueurs

    En direct du marathon de danse de l'état, nous retrouvons James Barney qui questionne les vainqueurs sur leur exploit physique et mental, cet interview était sponsorisée par les Corn Flakes du docteur Spike, les seuls flocon au goût d'orge grillé...

    - Qu'est-ce que ça fait de remporter ce marathon de danse ?

    - On va surtout se reposer pour l'instant, on a peur pour notre calme, écoutez, on vous parlera demain.

    - Mais, vous avez gagné ?

    - Ouais, mais on ne veut pas finir comme ce couple.

    - Lequel ?

    - Ceux du dernier, ils ont eu un problème à cause de la fatigue, la femme paraissait si fatiguée, tu te souviens, chérie ?

    - Il l'a tué, nous on comprend, elle devait en avoir marre de trimer et de chercher de l'argent comme ça. - Accepterez-vous de donner une partie de votre prix à la ligue de vertu de Miss Priscott ? Elle pense que ce serait un témoignage de civisme en ces temps de crise.

    - Il n'en est pas question !

    - Au lieu de nous faire suer, ils feraient mieux de créer une soupe populaire ou un truc comme ça.

    - Comme la fatigue vous fait dire ce genre de paroles, nous reportons l'interview.

    (micro coupé)

    - Qu'est-ce qui vous a pris ? Vous voulez continuer à faire des marathons de danse ramasser un peu de fric pour les deux rats que vous êtes ?

    - Faut nous excuser, mais on est vraiment fatigué, nous aussi.... (bruits de pas traînants, un corps s'effondre)

    - Martha !!

    - Elle a perdu le bébé, bougre de connard !! Quand je vous disais que l'on devait se reposer !!

    (bruits d'ambulance) Un train passe, on entend un bruit, comme celui d'un corps qui tombe, les roues font un boucan d'enfer.

    Titre : On achève bien les chevaux | Auteur : Horace McCoy | Editeur : Gallimard

    Lien permanent Catégories : Livre
  • Loin des fantasmes et des clichés

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    Naïvetés et simplismes

    L'auteur est une ancienne éducatrice de banlieue et connaît bien son sujet, elle est elle-même issue de l'immigration. En tant que femme, je pense d'ailleurs qu'elle a subi plus que d'autres les ravages de la bêtise religieuse. Il y a Tahar Ben Jelloun, intelligent, cultivé, ouvert, qui comme beaucoup de musulmans dans le même cas, donne une image de tolérance, et il y a les imans de banlieue, les prédicateurs de cités, souvent ignorants du Coran eux-mêmes qu'ils ont à peine lu. Ces prédicateurs prennent la place laissée vacante par l'État et les institutions du fait d'une formation insuffisante des acteurs de l'intégration, à commencer par les services sociaux et les enseignants, dont la majorité ne sort pas du système scolaire avant d'entrer dans l'enseignement. La plupart se contentent de peu, vont pointer chaque matin en attendant le soir et les primes, et n'ont aucune vocation à l'enseignement. L'Islam est une religion où l'exégèse et la critique des sources sont interdites, donc où les contradictions sont assumées, d'un sourate pacifiste à un sourate plus guerrier, toutes les interprétations sont permises, de la plus tolérante à la moins, souvent la moins dans nos banlieues, phénomène dont nous ne voyons que la pointe émergée. Alors, où se joue l'intégration ? Peut-être dans le respect des règles communes, sans trop intellectualiser ni faire d'angélisme, ou sombrer à l'inverse dans le rejet, en toute lucidité.

    Titre : L'islam des banlieues. Les prédicateurs musulmans : nouveaux travailleurs sociaux ? | Auteur : Dounia Bouzar | Editeur : Syros

  • Connaître l'autre en évitant les préjugés

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    Antisémitismes

    Un peuple sans terre, mais cultivant presque maladivement ses racines avec la tradition, vivait en Europe. Il subissait depuis des siècles des lois iniques le ravalant au rang de peuple de seconde zone, méprisé et jalousé, souffrant des moqueries, des railleries et de la sottise en général. Pourtant il y avait de grands philosophes et d'extraordinaires musiciens dans ce peuple. Le XXème siècle, un des plus noirs de l'histoire humaine, fut le point culminant de l'antisémitisme. On accuse souvent seulement les nazis en oubliant qu'il y eut aussi un antisémitisme de gauche, communiste, qui, en Russie soviétique, comme le rappelle l'auteur, valait bien celui du IIIème Reich et des tsars de l'Ancien Régime impérial. L'auteur de cet ouvrage raconte les progrès et les butoirs des rapports entre les juifs et les russes, les communistes d'avant 1989, la méfiance, les incompréhensions, les envies de liberté. On se rappellera que la première vague d'émigration vers la Palestine pour tenter le rêve de construire un nouvel Israël, au départ état laïc et d'inspiration utopique, vient de Russie (A ce sujet, et à cause de l'actualité, on s'aperçoit que Israël, au moins dans les villes où la laïcité existe, a réussi l'intégration d'immigrés de plusieurs peuples très différents, même si encore beaucoup de jeunes filles russes finissent dans les "lap dancings" de Tel Aviv).

    Titre : Deux siècles ensemble, 1795-1995. Tome premier | Auteur : Alexandre Soljénitsyne | Editeur : Fayard

  • Livre de chevet

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    Beaucoup de ces catholiques dont je lis les blogs, les articles dans les magasines, les livres, cherchant à se distinguer en étant souvent à la lisière de l'antisémitisme par exemple entre autres choses, devrait lire le père Le Guillou qui propose un moyen réel de s'élever au-dessus du consumérisme actuel, de vraiment se distinguer...

    Il y a des livres qui marquent à vie par leur désespoir, leur noirceur, leur nihilisme absolu, parfois écrits avec talent, voire génie. Et puis, il y a ce genre de livres qui élève et pousse le lecteur à se confronter à la beauté dans ce que cela a de plus absolu. L'auteur de cet ouvrage, dominicain décédé en 1989, éxégète, connaissant sur le bout des ongles les oeuvres de Céline, Bernanos et Dostoïevski, à qui il emprunte l'image de l'idiot, incompris de son entourage à cause de l'intelligence de son coeur, entourage qui à l'altèrité préfère un rang social, une quelconque médaille clinquante. Le père Le Guillou a également écrit, en collaboration avec des auteurs orthodoxes et protestants, une partie de "Évangile et Révolution" après 1968 où il proposait, en lieu et place des idées de conformisme social et de standardisation des individus, en particulier dans l'Église même d'ailleurs, une véritable humanisation du lien social. Ce livre de réflexion spirituelle se propose d'inciter son lecteur à transformer "le charbon en diamant", le "désespoir en joie", à l'image de Bernanos. Il prend racine non seulement dans la spiritualité chrétienne compris dans son intégralité, c'est-à-dire catholique, orthodoxe et protestante sans ce que cela ne devienne un syncrétisme mièvre, la spiritualité juive, la musulmane, surtout pour la pensée soufie, et l'extrème-orientale, par la pratique de la méditation contemplative et l'écriture.

    Entre l'absurde et l'Esprit, l'auteur ne choisit pas. Pour lui, toute société humaine est forcément absurde et contestable, le plus absurde étant la haine entrainé par une compétition sociale incessante dans tous les domaines, car reposant sur des bases conjoncturelles et ponctuelles, mais ce qui l'empêche de sombrer dans le désespoir est que sa foi et son espérance peuvent amener quand même à s'en relever. Celles-ci ne sont d'ailleurs pas un déni du monde, un néo-moralisme -il ne juge pas et ne condamne personne-, ou n'enferment pas dans des rites considèrés comme immuables, mais engendrent une exigence intellectuelle, méditative et spirituelle très au-dessus des critères actuels. Contrairement à de nombreux auteurs chrétiens, l'auteur ne fait pas de sociologie, comprise souvent comme plus facile à comprendre, moins exigeante aussi car revenant à dire que finalement la haine et l'injustice sont causés par des phénomènes contre lesquels l'individu ne peut rien faire, excepté se donner bonne conscience en donnant par-ci, par-là.

    La spiritualité du père le Guillou est liée très fortement à son parcours personnel, à la souffrance dûe de 1972 à 1989 à une maladie de Parkinson qui lui a laissé peu de répit mais lui a permis de vivre en profondeur ce qu'a subi l'Innocent, l'Idiot qui est le Christ. Les mouvements saccadés dus à sa maladie faisaient croire à beaucoup de personnes assistant à ses homélies, qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez, que son intelligence était atteinte mais ce livre montre qu'il n'en est rien, que bien au contraire elle se nourrissait de son mal, et dépassait la souffrance, la faiblesse apparente. Il m'est très difficile d'entendre, qui que ce soit, depuis que j'ai assisté à ses homélies, parler de la Passion et de la Croix, parfois de manière très élevée, très forte mais détaché sans se demander quelles en sont les conséquences sur une personne. En l'occurence, selon le témoignage des Bénédictines de Montmartre, le père le Guillou restait d'une exigence intellectuelle et humaine sans failles. Ce qui peut sembler amusant est qu'au départ, il ne voulait surtout pas devenir l'aumônier d'un couvent de religieuses pour diverses raisons mais que c'est dans ce lieu, à Blaru, qu'il a fini par écrire le plus beau de son oeuvre. Comme il est d'usage maintenant de ricaner devant un ouvrage chrétien, certains s'abstiendront de sa lecture qui n'est pourtant pas réservée à un public exclusivement chrétien.

    Titre : Celui qui vient d'ailleurs, l'Innocent | Auteur : Marie-Joseph Le Guillou | Editeur : Cerf

  • La "nouvelle" précarité sociale

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    Quel est le discours des classes dominantes sur la précarité ?

    Quels sont les bases de réflexion du livre en question ? A toute époque, les classes, ou couches, ou strates, sociales, ont développé un discours qui justifient leur pouvoir, leur statut : la religion pour les nobles et la monarchie, par exemple, le libéralisme ou le paternalisme pour la bourgeoisie industrielle du XIXème siècle, etc. On parlait de territoire à l'époque du "printemps des nations", on parlera d'autre chose à l'époque des grands ensembles pour les légitimer. Quelle est la classe dominante à notre époque ? Une classe de personnes qui font beaucoup d'études, sont passionnées par la culture au sens large et ont aussi beaucoup moins de scrupules quant à l'argent et la réussite sociale, ce n'est pas forcément un mal. Il est difficile d'admettre ses privilèges.

    En compensation, cette classe développe un certain intérêt pour la culture mondiale, l'équité sociale (sans que cela ne remette réellement en cause les bases de l'iniquité). Le pauvre y est toujours loin, "exotique", l'étranger. C'est plus facile que de regarder en bas de chez soi. Certes, ils n'ont plus de comportements conservateurs, certes, ils sont souvent moralement libèrés, mais il n'en reste pas moins qu'ils sont déconnectés du réel, de la pauvreté en bas de chez eux, et des ensembles populaires. C'est d'ailleurs tout ce que développe ce livre en partant non de constructions actuelles, d'un besoin de légitimation sociale, mais de statistiques, de faits, d'observations.

    Titre : Atlas des nouvelles fractures sociales : les classes moyennes oubliées et précarisées | Auteur : Christophe Guilluy, Christophe Noyé | Editeur : Autrement

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  • Enfer de ce blog

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    Derrière le trou de serrure, le goupillon

    Bataille est souvent considéré comme un grand auteur de la littérature érotique et il faut reconnaître qu'il écrit bien. Cependant, son érotisme ferait penser à celui d'un curé défroqué dans un roman de Restif de la Bretonne, la morale moralisatrice sans cesse à l'arrière-plan et l'oeil constamment collé au trou de serrure. Cette chair est marquée par la culpabilité et la déviance, et je la trouve un peu triste, voire même grisâtre. Car la chair est faible et je n'ai pas encore lu tout les livres. A cette érotisme somme toute très culpabilisant, et à l'érotisme masculin en général, je préfère l'érotisme féminin qui est beaucoup plus joyeux, beaucoup plus libre : Anaïs Ninn, Alina Reyès, Yourcenar, Marguerite de Navarre et aussi Colette ou plus proches, France Huser, Elizabeth Barillé et Viriginie Despentes, pour ne citer qu'elles en vrac et dans le désordre. Elles vont beaucoup plus loin que les hommes dans l'exploration de leurs fantasmes et de leur sexualité en général, sont moins plus saines.

    D'accord, je suis peut-être un peu sommaire et Bataille mériterait plus de développement, mais pour tout avouer, je n'aime pas beaucoup Bataille et préfère un autre style d'érotisme. Quant à la prétention de bâtir une autre théorie de l'érotisme, je trouve que c'est un peu vain, cela m'énerve énormément, les auteurs comme les autres, qui cherche à théoriser sur quelque chose d'hautement inthéorisable, qui cherche toujours à réglementer à dogmatiser.

    Il n'y a pas d'autoroutes pour l'érotisme comme pour la littérature, il n'y a que des chemins de traverse. Cela me fait penser à Bergson, toutes proportions gardées, écrivant son livre sur le rire, passionnant d'ailleurs, mais sans aucun humour aussi.

    Titre : Histoire de l'oeil | Auteur : Georges Bataille | Editeur : 10/18

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  • Enjoy your Montaigne

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    Ainsi parlait Montaigne...
    "je me garderai, si je puis, que ma mort dise chose que ma vie n'ait premièrement dite." (I, VII - p80)

    "A chacun plaît l’odeur de son fumier"

    "Stercus cuique suum bene olet" (Erasme, Adages, Livre III, chapitre II).

    "Nos yeux ne voient rien en derrière. Cent fois du jour, nous nous moquons de nous sur le sujet de notre voisin et détestons en d’autres les défauts qui sont en nous plus clairement, et les admirons, d’une merveilleuse impudence et inadvertance." (Montaigne, Livre III, chapitre VIII)

    Qu'est-ce que la culture ?

    Voilà encore un livre intemporel. Il propose une définition de la culture qui va du sensuel à l'intellectuel. A une époque marquée par l'intolérance et la violence qui en découle, Montaigne s'est enfermé dans sa bibliothèque avec ses livres et a décidé de parler de lui et seulement de lui, mais ce qu'il dit est toujours valable et loin d'un classique poussièreux, c'est un autre encouragement à la liberté qu'il offre. Pour lui, la culture ne s'arrête pas à la raison mais commence par les sens, du sexe au goût, l'amitié, le refus de l'arbitraire, des dogmes arbitraires, idéologiques et intellectuels, devant lesquels il est hautement sceptique. Cela peut se traduire par : Apprécier les courbes d'un corps féminin, un livre de Yourcenar, ou de Marcel Aymé, un verre de Bourgogne, la couleur d'un arbre, un sourire, la solitude comme la convivialité d'un repas entre amis, goûter un moment, lire un roman de gare comme un essai de philosophie, etc... (libre à chacun de faire sa propre liste), rechercher ce qui mène à la paix dans une discussion et non à la violence, passer pour un "guelfe aux yeux des gibelins et pour gibelin aux yeux des guelfes". 

    Titre : Les Essais | Auteur : Michel De Montaigne | Editeur : Gallimard | Thème : Philosophie

  • Excellent ouvrage de Christophe Bourseiller sur la droite extrême

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    Nazis dans le rétro

    Bourseiller est le spécialiste des enquêtes sur les extrêmes, cultivé, ayant fréquenté Guy Debord, comédien promenant son ton blasé de film en film, parfois dans quelques "nanars" (personellement, je l'aime beaucoup dans "P.R.O.F.S"), admirateur de Genet, spécialiste des cultures souterraines, écrivain de talent. Il livre ici un regard éclairé et intelligent sur la frange radicale de la droite française, celle qui va du groupe "Occident", dont fit partie Madelin, à ceux qui se réclament de Maurras, des skins des clubs de supporters aux beaux quartiers, tous cachant mal leur xénophobie et leur judéophobie obsessionnelles. Bourseiller les replace tous dans leurs milieux, dissèque leurs opinions et montre ce qu'elles ont de dangereuses en profondeur, et qu'elles sont de plus en plus ancrées. Il n'y a pas loin entre les étudiants de Grenoble, qui ne semblent pas pourtant être fascistes, qui défilent pour réclamer le départ des gens du voyage de leur campus et le racisme militant.

    Titre : Extrême droite | Auteur : Christophe Bourseiller | Editeur : Julliard

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  • Diverses choses

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    Il est amusant de constater le nombre de personnes qui viennent juger certains blogs, comme le mien, et les condamner sans appel en se réclamant souvent de la charité évangélique. Ils insultent commodément en se cachant derrière un pseudonyme commode, adorent la polémique. Ce sont pour moi, qui ait du mal à supporter cette intransigeance moralisatrice si peu humaine, certainement des séminaristes frustrés, plus mystiques qu'un anachorète des premiers temps, plus excessif qu'un pénitent. Les anciens qui ont compris beaucoup de choses avant nous décèleraient leurs failles plus sûrement que nous le ferions quant à leurs pulsions de vie ou de mort.

    Il y a plusieurs nuances chez eux, les "tradis" moyens, les "tradis" complets, les "tradis" au trois quart, les "progressistes" honteux, les "fiers de l'être", les "penseurs ignorés"  qui n'argumentent jamais de toute manière leur appréciation étant sûrs d'avoir raison. Ce sont les certitudes qui rendent fous comme disait un philosophe maintes fois caricaturées, Nietzsche. Il est donc certain qu'ils n'aimeront pas l'irrévérence qui leur sera insupportable, la dérision révélant les manques d'une pensée ou d'une opinion infailliblement. Pourtant si nous sommes tous chrétiens, nous sommes tous donc déjà unis dans le Christ...

    A ces "bons apôtres" qui ne font que jeter, à la figure des personnes qu'ils croisent, leurs blessures sans les aider ni faire preuve de la moindre compassion, je rappellerai cette parole de l'Évangile très simple et qu'ils ont sans doute oublié : "ne jugez pas et vous ne serez pas jugé". Je ne sais pas quant à moi ce qu'ils sont ni ce qu'ils ont vécu, ne me hasarderai pas à les juger là-dessus, mais de gràce, un peu moins de violence, un peu plus de civilisation. Sinon le fait d'être attaqué de cette manière (y compris par des virus dans ma boîte mail ce qui est moins drôle et dénote leur courage) me montre que les pauvres choses que je peux dire ne laisse pas indifférent (à commencer pour eux par mon texte sur les groupes d'extrème droite).

    Toutes proportions gardées (je n'ai pas envie de m'exiler ni de me suicider et n'ai ni le talent de l'un ou le courage de l'autre), cela me fait penser aux campagnes infâmes de dénigrement de Maurras et sa clique au sujet de Roger Salengro et Bernanos après "les grands cimetières sous la lune". Dire la vérité des groupes d'extrème-droite ne veut pas dire que l'on renie en bloc toutes leurs valeurs ou quant à moi mes parents, il ne s'agit plus de révolte adolescente. J'en garde la recherche de la beauté (finalement le traditionnalisme catholique est une sorte d'esthétisme religieux d'ailleurs), le goût de la liberté que les mouvements que j'ai fréquenté m'ont parfois donné "a contrario", l'amour de mon pays et de sa culture.

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  • Petit lexique de la bien pensance

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    Petit lexique de la bien-pensance de gauche : Quelques clichés sociaux-démocrates

    1472871250250.pngAltermondialisme n.m : Idées qu'il convient d'adopter en société, déculpabilise d'appartenir à la bourgeoisie. Parfois synonyme de néo-colonialisme.

    Anti-sionisme n.m : Permet parfois d'être antisémite sans l'avouer.

    Art(s) n.m. : forcément contemporain, inaccessible au commun des mortels, suppose une formation. S'extasier rêveusement ou prendre une photo avec son téléphone portable pour montrer la dérision de l'art. NB : l'art figuratif, l'art classique est réservé aux réactionnaires.

    Beauf (voir "plouc") n.m. (une femme ne peut être beauf depuis le MLF) : Tous les pauvres qui ne sont pas acceptables par leurs idées, leur comportements et que l'on trouve vulgaire. NB : Le beauf est toujours l'autre

    Catholicisme n.m : Ringard, réactionnaire (voir ces mots). Parler de l'opinion du Pape sur le préservatif.

    Citoyenneté n.f. : Très important : organiser des fêtes de quartier, en parler avec des jeunes issus de l'immigration, l'oublier au moment du vote.

    Consommation n.f : mauvaise si pas équitable (devient alors citoyenne dans ce cas précis).

    Cuisine n.f : Du monde, si française bourgeoise et ringarde sauf si régionale.

    Culture n.f. : synonyme : Jack Lang, parler de la contre-culture, vouer aux gémonies la culture bourgeoise.

    Droite n.m. : Méchants.

    Droits de l'homme n.m : Tous ceux qui ne pensent pas comme nous ne les respectent pas, s'appliquent aux peuples qui votent comme on leur dit de voter.

    École privée n.f : École de riches, y mettre ses enfants sans le dire.

    Économie n.f : Ne doit plus faire peur (Ceux qui en ont peur ont peur du risque et sont timorés).

    Étranger(s) n.m : Pauvres toujours acceptables, un(e) jeune français(e) d'origine étrangère le reste.

    Europe n.f : La souhaiter unie politiquement. Voter "Non" au référendum n'est pas bien, risque d'anathème.

    Fête n.f : Indispensable à la citoyenneté, s'organise comme acte civique, ceux qui n'y participent pas sont des ringards (voir ce mot).

    Fonctionnaire n.m : Doivent accepter de partager leurs acquis.

    France n.f : multiculturelle et européenne.

    Franchouillard n.m (voir "plouc" et/ou "beauf") : Pauvres trop vulgaires pour être acceptables.

    Gauche n.f : Gentils sauf si nationalistes ou patriotes.

    Homosexuels n.m plur : Tous fins, cultivés et sensibles.

    Intégristes n.m : Étrangers qui ne font pas ce qu'on leur dit (faire peur avec le mot), permet d'être xénophobe sans trop de remords.

    Intellectuel n.m : De gauche bien sûr, engagé évidemment (synonyme : "citoyen")

    Islam n.m : évoquer les parfums du souk et les danseuses du ventre

    Jeune n.m : Porte une casquette et un survêtement, écoute du rap, vit en banlieue.

    Journaux n.m : Le Monde, Télérama, les Inrockuptibles à la rigueur (l'Équipe est un journal de "beaufs" par contre tout comme n'importe quel journal régional qui sera alors "franchouillard")

    Le Pen n.m : Incarnation du mal absolu, épouvantail utile.

    Littérature n.f : Autofiction. thèmes à aborder : vie sexuelle, excréments, viol, inceste

    Medias n.m (employé au pluriel) : Génère le décervelage du peuple. NB : parler d'"Arte"

    Minorités n.f (employé au pluriel) : Communautés selon l'origine ou les penchants individuels, paradoxalement ce segmentage en groupe permet d'aller vers les autres.

    Objectivité n.m : Ce qui convient à la bien-pensance.

    Pauvres n.m : Gentils et un peu irresponsables, sont persuadés de l'importance du partage.

    Peuple n.m : Il convient d'en être proche. En parler surtout si opprimé.

    Plouc (voir "beauf") n.m : Voir beauf, synonyme.

    Racisme n.m : Le raciste est toujours l'autre, le nationaliste ou le souverainiste sont soupçonnés de l'être

    Rap n.m : Exprime le désespoir des jeunes, ne pas l'aimer conduit à devenir ringard (voir ce mot)

    Réactionnaire(s) n.m : épithète la plus insultante, s'applique à ceux avec lesquels on n'est pas d'accord

    Régions n.f : participent à la diversité de la France (parler des langues régionales et des artisanats locaux)

    Religions n.f : Forcément intégristes et moralisatrices, sauf le bouddhisme et l'hindouisme ou l'Islam hors de France

    Ringard(s) n.m : Forme particulière de beauf : rit aux "Tontons flingueurs", n'est pas hygiéniquement et culinairement correct

    Société multiculturelle n.f : Forme la plus élevée de la société actuelle

    Tourisme n.m : Toujours citoyen et concerné. Il consiste à prendre conscience de la pauvreté des pays pauvres (cela ne veut pas dire les aider ou partager les richesses)

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  • "My Generation"

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    Comme c'est mon anniversaire aujourd'hui, j'avais envie d'un texte qui parle de ma génération...

    Une génération se découvre...

    En lisant ce livre, lu au départ parce que je suis né cette année là, on se dira qu'une génération se découvre enfin, comme dans cet ouvrage, celle née après Mai 68, qui a vécu son enfance pendant les deux crises du pétrole et vu le chômage atteindre ses proportions actuelles, une génération dorlotée par une vague de permissivité et la découverte ainsi que l'expérimentation de nouvelles libertés mais aussi traumatisée par l'épidémie du SIDA. C'est aussi la génération de la désillusion, les deux auteurs en souffrent, qui n'a pas vu les idéaux libertaires des années 60-70 s'accomplir comme on le lui avait promis, sur l'essentiel, au contraire, les aînés ont fini par rejoindre complètement la société et s'y intègrer totalement au lieu de la changer quoiqu'ils en disent et la société n'a jamais été aussi inégalitaire. La génération suivante semble même en attente de beaucoup plus de cadres et de normes, même si ceux-ci sont offerts par la télévision, le radicalisme religieux ou politique ou, un ordre moral en tout cas désiré avec ardeur d'où qu'il provienne. Chez les extrêmes, les plus jeunes sont souvent les plus radicaux en ce moment. On pourrait en conclure que la liberté de réfléchir par soi-même fait très peur. Les livres de trentenaires fleurissent en ce moment, du jeune diplômé prônant un retour aux valeurs dites traditionnelles à la "célibattante" esseulée en attente du prince charmant.

    Ils sont toujours un peu entre deux, comme ce livre, qui ne se positionne pas réellement, ne sait pas trop quoi dire. Les auteurs s'attaquent à des figures marquantes des medias, des "soixante-huitards" ou réputés tels, maintenant d'ailleurs bien installés, qui reprocheraient aux trentenaires de ne pas assez s'impliquer. Ils voudraient dénoncer l'imposture des nouveaux bourgeois mais dans le même temps, aimeraient bien vivre les mêmes expériences. Ils ne semblent pas comprendre que l'imposture remonte plus loin : à mai 68 justement, transformé en mouvement politique de rêve, en utopie alors qu'il s'agissait au départ pour les filles de rester chez leur copain le soir.

    Certes, il semble y avoir plus de libertés, des progrès ont été faits au moins par la loi, mais les consciences sont loin d'avoir toutes suivies les mouvement. Il a donc bien fallu s'adapter, ou essayer de le faire, s'intègrer à des modes de pensée étriqués. Il y en a pour se réfugier dans la nostalgie de l'adolescence, ou de l'enfance : on chante les "tubes" de Chantal Goya en boîte, on se fait des intégrales "Capitaine Flam" ou "Goldorak", on achète des bonbons comme on le faisait en primaire. Il y en a qui écrivent pour transmettre leur mal-être. D'autres dépriment, rêvent de fuguer, d'abandonner leurs responsabilités, ou ce que l'on considère comme telles, celles-ci sont souvent rappelés par la génération d'avant qui les a rarement assumées. La plupart des gens de mon âge que je connais sont déboussolés, ne savent plus que faire. Ce que ne disent pas les auteurs de ce livre, qui ne veulent pas être "méchants", c'est que c'est aussi une génération "perdue" au niveau économique.

    Titre : Génération 69, les trentenaires ne vous disent pas merci | Auteur : Laurent Guimier, Nicolas Charbonneau | Editeur : Michalon

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  • Les Turcs pour la laïcité

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    Cet article montre qu'il faut arrête de renvoyer systèmatiquement au visage des turcs une image d'eux qui est caricaturale...

    Des dizaines de milliers de Turcs dans la rue pour la laïcité
    La manifestation intervient au lendemain d'une attaque visant le Conseil d'Etat, bastion des valeurs républicaines, qui a coûté la vie à un magistrat.

    LIBERATION.FR : jeudi 18 mai 2006 - 19:28

    Ils estiment la laïcité turque en danger face à la pression croissante des islamistes. Des dizaines de milliers d'habitants d'Ankara ont manifesté jeudi dans la capitale et conspué le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan au lendemain d'une attaque visant le Conseil d'Etat, bastion des valeurs républicaines et ayant coûté la vie au magistrat Mustafa Yücel Özbilgin 64 ans. C'est au cri de «Dieu est grand» que l'assaillant, Alparslan Arslan, un avocat de 29 ans, avait fait feu dans cette institution connue pour sa fermeté à faire respecter l'interdiction du port du voile islamique dans la fonction publique et les universités. Quatre autres magistrats avaient été blessés

    «Gouvernement, démission», «Premier ministre, assassin», «Les mollahs en Iran», a scandé la foule, dans laquelle figuraient de nombreux militaires de haut rang, lors des funérailles du magistrat. Les manifestants, réunis sur l'esplanade de la mosquée de Kocatepe, la plus grande d'Ankara, ont violemment conspué les membres du gouvernement venus participer à la cérémonie. Le ministre de l'Intérieur, Abdulkadir Aksu, a été visé par des jets de bouteilles en plastique. Considéré comme le chef de file de l'aile la plus radicale de l'AKP, le parti islamiste modéré au pouvoir de puis 2002, le vice-Premier ministre Abdullatif Sener, a été copieusement insulté, accueilli aux cris de «Que viens-tu faire ici, sans honneur». Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan était absent, en visite dans la ville balnéaire d'Antalya (sud de la Turquie), selon son programme officiel.

    Dans la matinée, une foule de plus de 25.000 personnes avait afflué au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), fondateur de la République laïque sur les décombres de l'empire ottoman, pour afficher son attachement aux valeurs de la République, scandant «La Turquie est laïque et le restera». Il y avait là des centaines de magistrats et d'avocats revêtus de leurs robes et une vaste foule de simples citoyens —certains arborant des photos d'Atatürk ou le drapeau turc. Leur cible le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, un ancien militant islamiste dont l'épouse et les deux filles sont voilées. Il s'en était publiquement pris aux décisions du Conseil d'Etat dénonçant notamment comme une «ingérence dans la sphère privée», l'arrêt des magistrats qui avaient validé les sanctions contre une directrice d'école primaire portant le foulard hors de son établissement. Le quotidien islamiste radical «Vakit» avait publié leurs photos les désignant comme cible.

    Le Premier ministre promet «un châtiment exemplaire» au coupable du meurtre et à ses éventuels complices. Certains au gouvernement dénoncent cette attaque «comme une provocation» des services. Le camp laïc, lui, accentue la pression. «Ceux qui sont la cause de cette attaque doivent reconsidérer leurs positions et leur comportement», a lancé le président turc Ahmet Necdet Sezer, juriste et partisan convaincu de la laïcité. Denyz Baikal, le leader de l'opposition de gauche, voit dans ce crime «un signal pour ceux qui refusent toujours de voir les grands dangers vers lesquels la Turquie est entraînée». La presse libérale accuse encore plus ouvertement le gouvernement d'avoir implicitement encouragé cette attaque.


    (d'après AFP)

  • Le Chevalier des touches de Barbey d'Aurevilly

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    Barbey et le naturalisme

    Un site très bien réalisé sur l'écrivain : http://www.univ-tlse2.fr/lla/barbey/

    Barbey tout court, c'est ainsi que l'appelle les initiés qui le lisent, détestait le naturalisme, de Flaubert à Zola. Dandy soit ridicule, pantalon violet à grand carreaux rouges, haut-de-forme doublé de satin blanc, moustaches "daliennes", soit flamboyant, (cf les échanges avec Alphonse Daudet rapportés par Léon Daudet dans ses souvenirs littéraires, Léon Daudet me fait frissonner l'échine à chaque fois que je le lis évoquer les grands écrivains que gràce à lui on croit alors avoir vraiment connu).

    Il rédigeait ses romans passionnés à grands traits d'encre de toutes les couleurs, je regrette d'ailleurs l'ancienne couverture du livre de poche qui montrait des exemples de cette écriture. Dans ce livre, il offre un regard cette fois inhabituellement sec et froid sur la chouannerie normande, cruelle et engagée. Il remet en question un des mythes fondateurs de notre époque et de la sienne, dans un sens ou dans un autre. La Révolution ne fût pas une période facile et emportant l'adhésion générale, la Chouannerie n'était pas un mouvement romantique.
    Populicide... C'est le terme employé par Babeuf au sujet de la Vendée en armes.
    Avec ce livre et d'autres, on peut se rappeler que les génocides, les tueries en masse rationnalisées ne sont pas l'apanage du XXème siècle. Il faut rappeler que dans le Poitou et la Vendée ainsi qu'en Normandie et en Bretagne, 250 000 personnes : hommes, femmes et enfants, soldats et civils ont été massacrées pour la simple raison de leurs opinions différentes, voire de leur naissance. En France, pendant la révolution. Il y eut des fours crématoires à Angers, des bateaux coulés bourrés de prisonniers à Nantes, des villages rasés etc...etc...comme l'écrivait un responsable de l'époque, républicain, à qui l'on demandait un rapport. Non, les choses ne changent pas, on tue toujours au nom de la raison en Israël et Palestine, en ex-Yougoslavie et ailleurs sans oublier que des hommes et femmes meurent de faim et de froid sous nos portes à notre époque de progrès, toujours plus en avant vers l'avenir.

    Lien permanent Catégories : Livre
  • Sur Bernanos et les "néo-chrétiens"

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    Article de "LA SOEUR DE L’ANGE" à paraître en septembre prochain avec un dossier : "A quoi bon Dieu ?"

    Revue semestrielle animée par Mathieu Baumier et Alain Jugnon, publiée par les éditions A Contrario (13, rue Lamartine, 71250 Cluny, contact@lasoeurdelange.com)

    A signaler au lien suivant un texte offrant un point de vue bien dffiérent sur cet auteur mais également assez pertinent : http://www.diplomatie.gouv.fr/label_france/France/LETTRES/bernanos/bernanos.html

    "Hommage à Georges Bernanos enfant"

    Georges Bernanos, cet enfant, ce pauvre diable, ce chrétien de race (ce sont ses propres termes) a déjà moqué et renvoyé à leurs chères études théocratiques et néo-conservatrices les jeunes loups du néo-christianisme, imbéciles et enfants humiliés, postmodernes et post-démocratiques : « Ah ! sans doute, il y a le style chrétien, comme il y avait jadis le style noble, il y a même un nouveau style chrétien, pour ne pas écrire un style néo-chrétien, c’est d’ailleurs, hélas ! tout ce qui nous reste de cette fameuse renaissance catholique, en quoi nous avions mis tant d’espoir, voilà bien des années.

    Nous disposons d’un moyen d’expression littéraire, à l’usage presque exclusif des journalistes et des essayistes, modeste sans doute, mais qui s’est substitué heureusement à la rhétorique sulpicienne hors d’âge, dont les poncifs les moins usés dataient d’un siècle et demi. Tout jeune catholique de lettres peut désormais remplir son stylographe d’un sirop que le temps n’a pas encore trop épaissi, où la combinaison des essences bon marché donne au lecteur moyen l’illusion des vraies fleurs et des vrais fruits, (...), avec un rien de résine barrésienne facile à se procurer aujourd’hui dans tous les bazars.

    Pour le dégustateur expert, l’onction sulpicienne fait encore le fonds du mélange, elle a seulement un peu suri. Les palais mal avertis croient y reconnaître le goût de l’ironie, ou parfois même, lorsque la dose de résine est trop forte, celui d’une insolence aigrelette » Le jeunisme chrétien reconnaît là son maître. Que faire ? Reconnaître son maître et se taire."

    Alain Jugnon

  • Da Vinci Code : beaucoup de bruit pour rien...

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    L'excellente critique de Marie-Noelle Tranchant dans le Figaro d'aujoud'hui qui remet les choses à leur juste place quant à la polémique parfaitement grotesque déclenchée par le livre et le film "Da Vinci Code". Cela n'empêchera pas les incroyants de continuer à ne pas croire ou de se convertir, cela n'empêchera pas les croyants de continuer à avoir la foi. Je préfèrerais, quant à moi, que les chrétiens réfléchissent à leurs propre manques dans la société actuelle, à l'implication, réelle, de l'Opus Dei dans des régimes liberticides. Le fait que d'autres aient soutenus Staline ou Mao à l'autre bord ne justifie pas ce silence sur ce point délicat. Pourquoi ne pas s'interroger aussi sur le fait que l'Église accueille maintenant des groupes de croyants au comportement quasiment sectaire, en désespoir de cause, pour "faire nombre" ? Que beaucoup de croyants disent de grands et beaux discours mais que cela ne les empêche pas d'être aussi arrivistes, arrogants et matérialistes que les autres ?

    Donc finalement, Amélie Poulain est la petite fille de Jésus-Christ, et puis ?...

    "Étouffe-chrétien"

    Que Da Vinci Code soit un « événement », il est difficile de l'ignorer. Mais un film ? La déception cinématographique est à la mesure du battage et du secret entretenus autour de l'arrivée sur les écrans de ce thriller théologique tiré du best-seller de Dan Brown. Dès le début, au Louvre, le réalisateur s'empêtre dans l'action. Poursuivi par un mystérieux tueur, Saunières (Jean-Pierre Marielle) abaisse une herse de sécurité, mais reste à portée de pistolet et s'occupe à décrocher un tableau avant de se retrouver nu et mort sur le parquet. Les lecteurs du roman décrypteront la scène, mais le découpage la rend visuellement aberrante.

    Dans la séquence suivante, Robert Langdon (Tom Hanks), spécialiste de symbolique religieuse, donne une conférence qui se propose de montrer que les choses ne sont jamais ce qu'elles sont, que les symboles ont de multiples significations, et que la vérité originelle gît sous les couches d'interprétations successives déposées par l'histoire. La question est : « Comment démêler la vérité de la croyance ? » Un problème épargné au spectateur, qui ne trouve rien à croire dans la folle histoire du monde qui va lui être contée.

    L'exposition contient déjà tous les défauts du film : anémique dans les scènes d'action, bavard et pompeux dans les scènes de conférence, qui sont les plus nombreuses. Car nos héros sont des intellectuels, et des trissotins de la plus pédante espèce. Pourchassés à la fois par la police internationale et par le tueur de la secte sanguinaire de l'Opus Dei, ils ne peuvent pas s'empêcher d'expliquer leurs thèses. Dans un fourgon blindé au conducteur menaçant ou dans un avion privé guetté par Interpol, ils continuent à pérorer sur le Graal qui est une femme qui est Marie-Madeleine qui est la femme de Jésus qui est un homme qui a été élu Dieu par l'Eglise qui a occulté sa vie privée et sa descendance et tué le culte du féminin sacré. Vous suivez toujours ?
    Sans doute pénétrés de la profondeur du sujet, Ron Howard et son scénariste Akiva Goldsman s'appliquent laborieusement à creuser la thèse et l'antithèse, remontant le cours de l'histoire à coups de flash-backs numériques dignes des plus mauvais péplums sur la Rome de Constantin ou les Templiers. Du coup, ils oublient complètement le spectacle, la magie des complots, le charme des tueurs et des traîtres de mélodrame. La plupart des scènes, qui pourraient donner au film le rythme excitant du thriller, sont traitées en gros plans ou en plans rapprochés statiques sur des personnages qui se réduisent à leurs discours, dénués de toute consistance dramatique. Tom Hanks n'a rien à faire, Audrey Tautou est une mignonne petite cruche qui gobe tout ce qu'on lui raconte avec un air ébahi. Elle a du mal à croire qu'elle est l'arrière-petite-fille de Jésus-Christ. Nous aussi. Quant à Silas (Paul Bettany), le moine tueur de l'Opus Dei, il sort droit du Grand-Guignol, l'humour en moins. L'humour, c'est ce qui manque désespérément à cette pseudo-quête du Graal qu'il fallait raconter à la James Bond. En prenant la chose au sérieux, Da Vinci Code « le film », grosse tartine didactique, atteint ce résultat paradoxal de faire ressortir la solennelle crétinerie de l'histoire.
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  • Les Chrétiens d'Orient en focus du "Monde"

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    Enquête du "Monde" dans l'édition du 13 Mai
    Les minorités chrétiennes d'Orient, on a souvent cru qu'elles seraient balayées par le vent de l'histoire. Que leurs divisions, les discriminations dont elles souffrent et l'émigration finiraient par avoir raison de leur résistance puisée, depuis deux millénaires, dans une histoire prestigieuse et une foi radicale. Venus principalement du Proche-Orient, héritiers des premières communautés chrétiennes (Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Constantinople, etc.), onze patriarches et chefs d'Eglises catholiques - dont le cardinal Nasrallah Sfeir, chef spirituel des maronites, Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, Mgr Grégoire III Laham, patriarche de l'Eglise melkite - seront en France, du 15 au 24 mai, pour répéter que les chrétiens d'Orient sont un "enjeu de civilisation" dans des pays terrassés par la guerre, les désastres économiques et la montée de l'extrémisme islamiste.

    Jacques Chirac rend homage aux chrétiens d'Orient
    Six patriarches d'Eglises chrétiennes orientales se sont entretenus avec Jacques Chirac, lundi 15 mai, durant une heure et demie, de la situation dans leurs régions, et ont appelé la France à œuvrer pour la paix, notamment au Proche-Orient. "Les chrétiens d'Orient ont toujours été un pont vers l'Europe et ont contribué, bien avant que ce ne soit un enjeu majeur des relations internationales, au dialogue des cultures, a déclaré le président français. A ce titre, ils ont plus que jamais leur place au Moyen-Orient".

    Au patriarche syrien catholique d'Antioche, Ignace Pierre VIII Abdel-Ahadn, qui a demandé des visas temporaires pour les réfugiés irakiens, M. Chirac a promis de "ne pas oublier les chrétiens d'Irak'", a indiqué le prélat. Ils ont été reçus, lundi 15 mai, par le Président, avant de sillonner la France et les communautés de l'émigration. L'invitation vient de l'Œuvre d'Orient, réseau d'entraide (100 000 donateurs) créé il y a 150 ans à Paris, alors que la France avait encore rang de puissance protectrice des chrétiens de l'Empire ottoman. La délégation comptera aussi des chrétiens de l'Inde (issus de l'extension vers l'Asie des premières communautés syriennes) et d'Ethiopie, des catholiques de rite byzantin ("uniates") d'Ukraine et de Roumanie. Mais l'attention va se concentrer sur la situation, jugée "catastrophique", des chrétiens d'Irak, d'Egypte et de Palestine, voire de Turquie et du Liban.
    Le chaos irakien, l'isolement iranien depuis la crise nucléaire, les manifestations contre les caricatures de Mahomet (publiées dans des pays "chrétiens") ont aggravé la marginalisation de ces minorités. Présente en Mésopotamie depuis deux mille ans, la population chrétienne d'Irak a diminué d'un tiers depuis le conflit Iran-Irak et les deux guerres contre Saddam Hussein (1991 et 2003). Elle n'est plus que de 650 000, soit moins de 3 % de la population. Des églises ont été attaquées à Bagdad, Kirkouk, Mossoul. Les chrétiens continuent de se réfugier au Kurdistan irakien, en Jordanie, en Syrie, au Liban et, pour les plus aisés, en Amérique du Nord.

    En Egypte, les coptes aussi se disent victimes des gains des Frères musulmans. Aux élections de novembre 2005, un seul député chrétien a été élu contre... 88 Frères. Cinq autres ont été "nommés" par le président Hosni Moubarak en vertu de son privilège constitutionnel. "Il y a une mainmise des islamistes sur un pays qui tourne à la dictature héréditaire", se lamente un responsable copte sous couvert d'anonymat. Aux discriminations dans l'accès aux emplois publics s'ajoute la radicalisation religieuse. La Haute-Egypte est, depuis longtemps, le théâtre d'agressions antichrétiennes (et de règlements de comptes entre confessions), mais des heurts - 1 mort et 50 blessés - ont aussi eu lieu, mi-avril, à Alexandrie. Et l'exode continue.

    Il se poursuit également dans les territoires occupés de Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Les chrétiens palestiniens ne seraient plus qu'entre 50 000 et 80 000. Aux dernières élections, la majorité s'est portée sur les listes du Fatah, mais des chrétiens ont aussi voté pour le mouvement islamiste victorieux du Hamas. Et le maire chrétien de Bethléem a été élu grâce à son soutien. Les chrétiens jouent un rôle dans la direction de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, et six sièges sur 88 leur sont réservés au Conseil législatif. Mais ils s'inquiètent de l'islamisation de la société, des restrictions à la circulation (le "mur" israélien) et de la menace du terrorisme.

    Au Liban et en Turquie, des progrès sont signalés. "Les maronites se sentent plus forts dans le nouveau contexte politique libanais", estime un responsable. La voix du patriarche Sfeir est l'une de celles qui se sont fait le plus entendre pour un retour à l'indépendance du Liban contre l'occupation syrienne. 40 % des chrétiens (maronites, melkites, etc.) auraient quitté le pays depuis le début de la guerre, en 1975, mais la diaspora, à Paris ou à Lyon, est active et garde des liens puissants avec leur patrie.

    Enfin, dans un pays comme la Turquie qui fait des efforts pour être fréquentable, les chrétiens (arméniens, chaldéens, syriaques, assyriens) constatent de "petites ouvertures" : restauration d'églises, autorisation de chanter dans les langues d'origine, etc. Mais le génocide arménien, la laïcisation et l'islamisation ont vidé le pays de sa population chrétienne (0,1 %). Le souvenir pèse aussi dans des villages chrétiens du Sud-Est qui, pris en otage entre la guérilla kurde et l'armée turque, ont été rasés.

    Au-delà de leurs divisions confessionnelles et rituelles - qui sont autant de moyens d'affirmer leur enracinement -, la plupart des patriarches et évêques orientaux encouragent leurs fidèles à militer pour la démocratisation, le développement de leurs pays et à vivre avec les musulmans "sous le regard de Dieu". Encore faut-il que leurs dirigeants politiques respectent leurs droits dans des sociétés où le pluralisme confessionnel ne devrait pas être faiblesse mais richesse, non pas naïveté mais fidélité.

    Henri Tincq
    Article paru dans l'édition du 13.05.06

  • Correspondance de Debussy

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    Vivre "hors du monde"

    Je me sens passionné par cette correspondance car je ressens souvent comme l'auteur de ces 2500 lettres, dotées d'un appareil critique très bien fait, toutes proportions gardées n'ayant pas son génie, de vivre "hors du monde" où tant de compromissions dominent, où la haine est souvent plus vivace que la paix. L'hypersensibilité de Debussy est une bénédiction pour lui car elle permet de créer des oeuvres délicates et raffinées comme "Pélléas et Mélisande", "La Mer" ou les orchestrations des "Gymnopédies" d'Erik Satie, autre hypersensible. Debussy déteste la foule et ses vociférations y compris quand elles sont en sa faveur. Il cherche aussi un amour parfait que rien ne pourrait ternir, ce qui est parfaitement impossible du fait de la nature humaine et aussi des préjugés sociaux qui rejettent la passion amoureuse que l'on s'interdit de peur d'être rejeté par son voisinage. Il préfère toujours "fuire le bonheur de peur qu'il ne se sauve". Il se cache derrière beaucoup de causticité et d'ironie, des mots d'esprit acérés par peur d'être dupés par les autres à cause de son émotivité. Cet humour caustique ne signifiait en rien qu'il méprisait ses semblables, mais qu'il s'en protégeait tellement ceux-ci sont plus perméables à la sottise qu'à l'altérité.

    Titre : Correspondance 1872-1918 | Auteur : Claude Debussy | Editeur : Gallimard

    Lien permanent Catégories : Musique
  • Les braves gens

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    Je déteste la violence, voilà un beau cliché, mais c'est vrai, je rejette la violence qui est une demie folie, une forme évoluée de l'animalité.

    Ce livre démonte en partie les clichés sur la vie à la campagne, plus "saine", sur les "braves gens" dotés d'une mémoire immémoriale réputée plus sage alors qu'ils ne sont qu'étroits d'esprit.

    Colère...

    L'auteur raconte tout d'abord comment il a subi pendant des années la violence de son père avant de se retourner contre lui. Il décrit ensuite le processus qui l'a conduit à amener l'instituteur pédophile de son petit village normand, dans l'Eure, à se livrer à la gendarmerie après plusieurs années de dizaines de viols commis sur plusieurs de ses élèves. Face à ces viols, les villageois préfèraient se taire, faire comme si cela n'existait pas, les gosses étaient considérés comme des affabulateurs. Cela me confirme personellement dans mon opinion concernant la vie dans ces endroits, pas si idyllique que l'on croit. Il pourrait y avoir beaucoup plus de livres comme celui-là je pense. Les enfants qui se font frapper, humilier, violer et martyriser ne cessent pas la plupart du temps, paradoxalement, de continuer à aimer leur bourreau, à quêter un sourire, un compliment, un simple petit mot parfois comme on l'a vu aussi avec le garçon violenté par un curé pédophile dans l'actualité récente, il se souciait plus du sort de l'ecclésiastique que du sien pendant le jugement .

    Les victimes de violences familiales se taisent la plupart du temps ou finissent par se détester ou se sentir coupables. La violence est multiple, elle est plurielle car il y a aussi la violence verbale plus insidieuse, plus perverse. Le sujet de ce livre autobiographique, même si l'auteur se cache derrière un pseudo, Raoul Rose, me touche particulièrement , profondément. Cette souffrance peut conduire à un besoin de la sublimer par la création littéraire mais il y aura toujours une insatisfaction, une impossibilité à en guérir tout à fait... Jean-Yves Cendrey ne mâche pas ses mots, il n'a pas pris de gants pour décrire le réel ou le repeindre en rose. Il montre la crudité des situations, de celles que l'on ne voudrait pas ne plus voir en face, par lâcheté. Il décrit justement cette lâcheté tranquille, quotidienne, assumée et terrifiante des "braves gens" du village. Lui qui a dit la vérité et fait cesser les viols a dû fuir ce village où l'on lui réservait un sort peu enviable. Ses anciens voisins lui reprochent tout simplement de leur avoir mis sous le nez leurs contradictions et leurs bassesses. On pourrait penser à Léon Bloy en lisant ce livre, qui ne cherchait pas à plaire, qui ne désirait pas le consensus à tout prix.

    Titre : Les jouets vivants | Auteur : Jean-Yves Cendrey | Editeur : Olivier (Editions de L')

    Lien permanent Catégories : Livre
  • Une interview de Loana et Laure du loft

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    L'interview de deux anciennes "lofteuses" célèbres sur toute la planète voici Laure et Loana.

    En effet, quel intérêt d'interroger un artiste, un écrivain en herbe ou un acteur qui créent quelque chose, plutôt aller questionner deux filles qui se montrent pour de l'argent (note : on appelle çà un "peep show"). L'entretien est mené par Hyppolithe de Saint Poulet, mon chroniqueur "people"... 

    HSP : Mesdemoiselles, bonjour.
    Laure et Loana : Bonjour, qu'est-ce qu'on est contentes de répondre à vos question ? On peut vous appeler Hippo'? (rires crétins)
    HSP : Non, je suis de vieille génération consanguine, comme Laure d'ailleurs.
    Laure : C'est clair !
    HSP : J'aimerais vous poser des questions sur votre avenir.
    Loana : Moi, je commencerai un doctorat de physique nucléaire après avoir rendu ma thèse de psychologie à la Sorbonne. Ensuite, je partirai méditer en Inde.
    HSP : Non, Loana, ce n'est pas dans le script, vous êtes la bimbo décervelée.
    Laure : C'est clair ! Moi, j'ai une cervelle, moi, j'ai même un piercing sur le cervelet droit.
    Loana : C'est vrai, euh, en fait, j'ouvre aussi ma boîte de strip-tease avec l'aide de Maurice Martinez, mon compagnon de Marseille.
    HSP : C'est donc à lui, cette BMW rouge garée devant le loft ?
    Loana : Oui, c'est mon sucre d'orge.
    HSP : Là c'est bien mais n'en faîtes pas trop. Et vous Laure ?
    Laure : Mon papa va m'acheter Fabrice quand on sortira. C'est un peu mon Ken et je suis sa Barbie.
    HSP : Et comme travail ?
    Laure : Ouah l'autre, qu'est-ce qui dit ? Je comprends pas...
    HSP : t-r-a-v-a-i-l
    Laure : AAaah OK, je vais fonder une entreprise de cosmétiques, Lauréal, L'Oréal ? Ok ? C'est marrant, non.
    HSP : Vous en faîtes beaucoup dans le rôle de la fille à papas qui conforte les ploucs dans leur médiocrité.
    Loana : Chez elle, c'est naturel.
    Laure : C'est clair.
    HSP : Mesdemoiselles, merci.
    Laure et Loana : De rien, merci pour les cacahuètes

    Lien permanent Catégories : Article
  • Sur Michel Onfray philosophe "parce que je le vaux bien"...

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    Nous avons interogé une célébrité locale, Maurice, l'ivrogne officiel du "rendez-vous des chasseurs"  fameux café de Verneuil sur Avre, riante localité de l'Eure...
    Michel Onfray veut simplifier l'enseignement et l'apréhension de la philosophie pour les élèves. Cela part d'une attention méritoire certes, mais en simplifier la pédagogie et la didactique, c'est courir le risque de la réduire à des slogans et diminuer la réflexion.
    Pourquoi ne pas aller interroger un philosophe de bistrot, il y en a par brouettes entières, et lui demander de livrer sa réflexion ou un intervenant d'un des multiples forums du Net refaisant le monde devant son écran, (moi le premier) ? Pour se faire, j'ai eu envie d'aller interwiever Maurice Glaviot, l'ivrogne officiel du bar "au rendez-vous des chasseurs".

    Amaury : Maurice, peut-on prouver l'existence de Dieu ?
    Maurice : Ch'sais pas, moi, ya pas de preuves, attends mon cinquième pastis et ch'pourrais répondre.
    Amaury : Donc, vous êtes un hédoniste, un épicurien ?
    Maurice : Un quoi ? Euh non ! Ch'suis pas de la jaquette moi !
    Amaury : Bien, ne vous emballez pas Maurice. Et donc, que pensez-vous de la réflexion intellectuelle actuelle ?
    Maurice : Ya que des cons partout, on peut pas allumer la téloche sans tomber sur un de ces abrutis, c'est pas possib'...
    Amaury : Donc, vous trouvez qu'il n'y a pas assez de réflexion philosophique ?
    (Ici, le garçon, Félicien Cirause, amène le cinquième apéritif de Maurice)
    Maurice : Ben, c'est pas çà... ya quand même André Comte-Sponville par exemp'. (Ici, Maurice réfléchit à sa réponse sur l'existence de Dieu tout en buvant à petites gorgées réfléchies son verre, je me tais respectueusement). Mon gars, ch'peux t'le dire, Dieu existe, je le vois !... Il est très grand, un peu gros, il a de grandes oreilles, des défenses et une trompe, et la peau rose ! ...Mince alors !...
    Amaury : Bien, Maurice, je vous quitte et vous laisse à votre méditation mystique.

  • Le meurtre d'Anvers

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    A la Télévision, on a vu des sympathisants de "De Vlamse Belang" mettre en balance ce crime avec les délits commis par les étrangers pour minimiser l'évènement. On ne peut pas sélectionner ses indignations. Cela vaut pour la droite extrême ou non comme pour la gauche, extrême ou pas...

    Une fillette belge de 2 ans et sa nourrice malienne abattues par un skinhead.
    La Belgique indignée par le meurtre raciste d'Anvers
    par Sabine CESSOU
    QUOTIDIEN : samedi 13 mai 2006
    Anvers envoyée spéciale
    «Les étrangers ne sont pas des cibles de tir.» Cette banderole surplombe bouquets de fleurs et bougies allumées sur un trottoir de Swartezuster Straat. Dans cette rue du centre-ville d'Anvers, une fillette belge de 2 ans et sa nourrice malienne de 24 ans ont été abattues par un skinhead. Jeudi, peu avant midi, Hans Van Temsche, 18 ans, crâne rasé et tout de noir vêtu, a tiré à bout portant sur ses victimes. Auparavant, il avait grièvement blessé au thorax une femme turque de 46 ans, qui lisait un roman sur un banc public de Kleine Goddard, une autre rue du centre-ville. L'agresseur s'était procuré son arme le matin même, un fusil de chasse Winchester, dans une armurerie d'Anvers. Après avoir été sommé de se rendre, il a été abattu par un policier en civil et blessé au ventre. Hospitalisé d'urgence, il a déclaré avoir eu l'intention d'abattre des étrangers en raison «d'événements qui se sont passés dans sa vie privée», a indiqué hier le parquet d'Anvers, sans donner plus de détails.

    Mine grave. Sur Zwartezuster Straat, les passants s'emportent. «C'est comme si c'était moi qu'on avait tué», affirme un homme qui se présente comme «Belge d'origine sénégalaise». «L'armurier qui a vendu le fusil est au moins aussi coupable que le meurtrier», regrette un jeune Marocain. Pour la prière de vendredi, Marocains, Maliens et Sénégalais sont arrivés par petits groupes, la mine grave, à la mosquée de Lange Kievitstraat, près de la gare centrale. «C'est un choc», témoigne Mamadou Camara, un proche de la famille de Ndoye Yatassaye, la jeune femme tuée, engagée comme fille au pair par un restaurateur d'Anvers. Ndoye Yatassaye avait quitté Bamako en 2005 pour rejoindre sa tante, employée depuis plus de vingt ans par une agence municipale pour l'emploi.

    En début de semaine, Hans Van Temsche, que ses proches décrivent comme un «garçon introverti et normal», s'était rasé les cheveux. Son père l'avait conduit lundi à l'internat de l'institut d'agronomie où il étudiait. Dans la longue veste noire qu'il portait, des documents néofascistes ont été trouvés.

    Alors que toute la Belgique s'indigne, le parti d'extrême droite Vlaams Belang (VB, Intérêt flamand) a tenté d'amortir le choc. Car la tante de l'assassin, Frieda Van Temsche, est députée du VB. Cette dernière a multiplié hier les déclarations affirmant que la famille n'avait «rien vu venir». Interrogé par Libération, Frank Vanhecke, président du VB, admet avoir plaidé en faveur de «l'autodéfense», mais jamais pour la violence. «Je refuse qu'on nous fasse porter la responsabilité de ce crime, déclare-t-il. Ce jeune est issu des milieux gothiques et n'est pas membre de notre parti. La victime la plus spectaculaire, d'ailleurs, est une jeune enfant blanche, ce qui est incompréhensible. Il n'y a aucune excuse et probablement aucune explication.»

    «Cordon sanitaire». Les enjeux politiques sont réels. Le VB a réalisé le plus fort score de son histoire, 33 % des voix, lors des municipales de 2000, dans son fief d'Anvers. A la faveur d'un nouveau scrutin à la proportionnelle, son leader anversois Filip Dewinter espère bien remporter la seconde ville belge (450 000 habitants) lors des prochaines municipales, en octobre. Un «cordon sanitaire» formé par une coalition de partis classiques a jusqu'à présent permis de maintenir le VB à l'écart des affaires municipales, sans entamer sa popularité. Les sondages le créditent en effet de 25 % des intentions de vote dans la Belgique flamande.

    Depuis la mort de Joe Van Holsbeeck, un Belge de 17 ans tué le 12 avril pour son baladeur MP3, à Bruxelles, par deux jeunes Polonais, le sentiment d'insécurité exploité par le VB semble être monté d'un cran. Sans lien apparent, une série de crimes racistes ont été commis en Flandre : le corps d'un Marocain de 23 ans a été retrouvé le 10 mai dans l'Escaut et un Français d'origine africaine est dans le coma, après avoir été tabassé par cinq skinheads à Bruges. A Anvers, le patron de l'US Army Stock, un magasin d'accessoires militaires, admet vendre des pistolets d'alarme et des insignes nazis à des «collectionneurs». Impassible, il affirme que le crime commis par Hans Van Temsche relève de «l'ordinaire». Un simple «fait divers».


  • Stephen Colbert sur Georges W. Bush

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    Discours de Stephen Colbert prononcé contre Bush à la Maison Blanche

    D’abord, c’est une mauvaise métaphore. Ce gouvernement ne coule pas – il prend de l’essor. Si chaises longues ils réarrangent, c’est plutôt sur le Hindenburg ! (...) Voyons qui est là ce soir. Le général Moseley, chef d’état-major de l’Armée de l’Air, et le général Peter Pace, président de l’état-major conjoint. Eux soutiennent encore Rumsfeld. Vous n’êtes pas encore à la retraite, n’est-ce pas, Messieurs ? Oui, ils soutiennent toujours Rumsfeld. Au fait, j’ai une théorie sur la manière de traiter ces généraux à la re- traite qui nous dérangent tant : ne pas les laisser prendre la retraite ! Allez, nous avons bien le programme Stoploss [interdisant aux soldats en Irak de quitter le service], qu’on l’applique à ces types. J’aivu [l’amiral] Zinni et ces gens à l’émission de Wolf Blitzer [sur CNN]. Si on est suffisamment fort pour être interviewé à l’une de ces émissions, on peut très bien se mettre devant un ordinateur et ordonner aux soldats d’engager la bataille. Soyons
    sérieux. (...)
    Joe Wilson est ici aussi. Et il a amené sa belle épouse, Valerie Plame. Oh, non ! Qu’est-ce que je viens de dire ? [le regard horrifié]. Je suis désolé, Monsieur le Président, je voulais dire qu’il a amené son épouse, Mme Joe Wilson. [Le procureur] Patrick Fitzgerald n’est pas là ce soir, n’est-ce pas ? Okay, j’ai évité le pire.
    Eh bien sûr, le nouveau porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow.
    (...) Un vrai héros ! Il a accepté le deuxième poste le plus difficile du gouvernement, après celui d’ambassadeur en Irak. (...) Scott McClellan était pressé de prendre sa retraite. Il pensait vraiment devoir passer plus de temps avec les enfants d’Andrew
    Card. (...)
    Monsieur le Président, je voulais moi-même briguer ce poste. J’aurais fait un fabuleux porte-parole. Je n’ai que du mépris pour ces gens de la
    presse. Je sais comment traiter ces clowns. (...)
    (Colbert a ensuite présenté la vidéo d’une conférence de presse à moitié fictive, dans laquelle lui-même joue le porte-parole. On voit comment il traite ceux qui posent des questions gênantes. A la fin, la journaliste Helen Thomas pose une question qu’elle a
    réellement posée à l’époque à Scott McClellan : Quelle est la vraie raison pour laquelle vous avez voulu faire la guerre ? Pris de panique, le secrétaire à la presse s’enfuit, poursuivi partout par Helen Thomas.)


    (Traduction tirée du N° du 12 mai 2006 de Nouvelle Solidarité)

  • Évidence ?

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    Certaines personnes bien intentionnées pensent que l'on parle trop du racisme, des discriminations de toute sorte ou de l'Holocauste. Je pense à certains de mes élèves qui ont été jusqu'à me dire que "les juifs l'avaient bien cherché, M'sieur". D'autres specimens sont plus mondains et moins innocents. Ils pensent qu'il faudrait s'arrêter d'en parler car vraiment ils en ont marre, "on le sait !!" disent-ils entre la poire et la fromage après le gigot aux haricots verts dominical. Ce qui se passe ces derniers temps, de l'incendie d'une école juive, la mort du petit Larbi, le jeune qui s'est fait tuer aux Mureaux, les insultes odieuses que l'on continue à entendre, ne montre qu'une chose, on en parle pas assez, on a même peur de parler de certains racismes, en particulier le racisme de ceux qui l'ont subi. L'antisémitisme le plus virulent en ce moment n'est pas d'extrême-droite, il est en partie musulman. Le fait de porter des "dreads" ou d'écouter Bob Marley, porteur d'une doctrine authentiquement raciste si d'ailleurs, ou de la sono mondiale, n'efface pas les préjugés, ne rend pas antiraciste, quand l'inculture sur les autres sociétés qu'occidentales est aussi flagrant.

    On peut aller écouter un concert de musique ethnique (fooormidâble) et rentrer chez soi en ne voyant rien de la pauvreté autour. Une énumération des préjugés dont quelques-uns sont nuancés, rendus acceptables : Les arabes sont tous violents et bruyants, les juifs pervers, les africains de grands enfants, ou tous rappers, ou dealers, ou footballeurs, les asiatiques durs à la tâche (un bol de riz par jour) etc...

    Quand donc ces préjugés absolument répugnants disparaîtront-ils et ne seront plus entretenus ? Quand donc ne nous poserons-nous plus la question ? Bien sûr, dire "le racisme c'est pas bien", c'est un peu comme dire "la mort j'aime pas" ou "la guerre c'est horrible", c'est facile certes mais encore indispensable, indispensable de répéter encore et toujours ce qui se passe quand la haine arrive au pouvoir.

    Titre : Le Racisme | Auteur : Pierre-André Taguieff | Editeur : Flammarion

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