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  • Sur mon roman

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    " Bref, ce crevant de misère fut absolument privé de tout moyen d'informer le public de l'existence de son livre et les sages conclurent, comme toujours, du néant de la réclame au néant de l'oeuvre "...

    (Léon Bloy)

    ...Mon roman est toujours disponible à ce lien pour ceux qui apprécient ma prose :


    http://www.manuscrit.com/catalogue/auteur.asp?idauteur=6342

    Lien permanent Catégories : Livre
  • On est toujours doublé sur sa droite (pour les anglophones)

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    I was walking across a bridge one day, and I saw a man standing on the edge, about to jump off. I immediately ran over and said "Stop! Don't do it!"

    "Why shouldn't I?" he said.

    I said, "Well, there's so much to live for!"

    "Like what?"

    "Well ... are you religious or atheist?"

    "Religious."

    "Me too! Are you Christian or Jewish?"

    "Christian."

    "Me too! Are you Catholic or Protestant?"

    "Protestant."

    "Me too! Are you Episcopalian or Baptist?"

    "Baptist."

    "Wow! Me too! Are you Baptist Church of God or Baptist Church of the Lord?"

    "Baptist Church of God."

    "Me too! Are you Original Baptist Church of God, or are you Reformed Baptist Church of God?"

    "Reformed Baptist Church of God."

    "Me too! Are you Reformed Baptist Church of God, reformation of 1879, or Reformed Baptist Church of God, reformation of 1915?"

    "Reformed Baptist Church of God, reformation of 1915!"

    To which I said, "Die, heretic scum!" and pushed him off.

  • Témoignage du Père Stéphane Joulain sur la Terre Sainte

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    (portrait du "Père Blanc" Stéphane Joulain que j'ai côtoyé durant deux ans chaque jour à Jérusalem, grâce lui soit rendue pour sa patience à mon égard !)

    Présent au Proche-Orient depuis près d'un siècle et demi les Missionnaires d'Afrique continuent encore aujourd'hui l'œuvre qui leur fut confiée par leur fondateur Charles Lavigerie.

    Nous voulons, dans cette région du Monde et aussi en Ethiopie, être premièrement au service de l'Unité des frères et sœurs des différentes Eglises.

    Le Proche-Orient et l'Ethiopie ont un passé riche et multiple. Mais dans les relations avec les Eglises d'Occident, l'histoire est plutôt marquée par les blessures que ces deux poumons de l'Eglise se sont affligés. Grâce à plusieurs communautés, une à Jérusalem, une à Beyrouth et deux en Ethiopie, nous essayons de contribuer, à l'immense tâche de la recherche de l'Unité Chrétienne. Plusieurs Missionnaires d'Afrique, non seulement au Proche-Orient mais aussi en Afrique et dans d'autre pays s'y consacrent entièrement, montrant ainsi l'urgence et la nécessité du dialogue œcuménique.

    Un autre aspect du dialogue présent dans notre mission au Proche-Orient, est celui du dialogue interreligieux, surtout avec les croyants de l'Islam et du Judaïsme. Par de nombreuses rencontres interpersonnelles, nous essayons humblement d'être des ponts possibles entre des frères et sœurs qui s'ignorent ou se font mutuellement du mal. Une mission importante est donc pour nous d'être signe d'Espérance dans un monde ou la violence semble l'emporter. Nous voulons aussi témoigner par notre style de vie internationale qu'il est possible d'accepter la différence de l'autre et ainsi apporter notre contribution à la construction d'un monde juste ou chaque homme et chaque femme peut vivre en paix.

    En Terre Sainte au Liban ou encore en Ethiopie, nous voulons rappeler par notre présence que la mort n'est pas le dernier mot de Dieu. Par l'accueil de l'autre tel qu'il est, nous signifions que l'être humain et plus important que tout au regard de Dieu.

    A Jérusalem, nous offrons aussi à l'Eglise d'Afrique un lieu de ressourcement et de découverte de la Parole de Dieu ; deux fois par an nous accueillons des sessions pour des laïcs, prêtres, religieux et religieuses, venus d'Afrique ou bien y travaillant.

    Finalement, notre fondateur nous a confié une mission de prière pour notre famille spirituelle. Nous restons fidèle à cette mission et chaque jour nous faisons monter vers Dieu un prière fervente pour l'Afrique et pour tous nos missionnaires y travaillant.

  • Sur le livre de de Villiers

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    vendredi 28 avril 2006, 8h44
    Roissy: la note de la DST publiée par Villiers serait un "plagiat", selon Le Parisien

    PARIS (AFP) - La note de la DST (Direction de la surveillance du territoire) utilisée par Philippe de Villiers pour dénoncer une infiltration islamiste à Roissy serait un "plagiat" d'une étude effectuée par une société britannique, affirme vendredi Aujourd'hui en France/le Parisien.

    Le cabinet d'intelligence économique C3P Consultants avait été chargé "d'enquêter sur d'éventuels faits délictueux sur la zone portuaire", écrit Aujourd'hui en France/Le Parisien qui précise que cet audit "a permis de confirmer les vols et a révélé l'existence d'une filière d'immigration probablement clandestine de personnes originaires de la même ville algérienne, Ghazaouet".

    Le quotidien ajoute que "ce plagiat a fait l'objet d'une lecture très orientée" dans le rapport publié. "Si le cabinet C3P évoque une mainmise ethnique, cela devient un apartheid ethnique et religieux", cite en exemple le journal.

    Interrogé par le quotidien, Patrick Seguy, directeur de C3P Consultants, affirme avoir été "très surpris" d'avoir reconnu dans la note "les éléments d'une étude que nous avons réalisé entre janvier et mars 2005". "C'est un véritable pillage", s'exclame Patrick Seguy. "Nous n'avions pas constaté de prosélytisme islamiste", ajoute-t-il.

    Le directeur de C3P assure avoir eu une réunion "fin avril 2005 avec la gendarmerie des transports aériens à laquelle nous avons fourni les parties analyses et statistiques de notre étude", a-t-il poursuivi en précisant que C3P avait été sollicitée pour étayer les soupçons d'éventuels trafics de main d'oeuvre". "Il n'était en aucun cas question de terrorisme", a souligné Patrick Séguy.

    C'est l'hebdomadaire Paris Match qui a révélé que la note, présentée par M. de Villiers comme émanant des Renseignements généraux, était en fait de la DST.

    La note est publiée en annexe 1 du livre de M. de Villiers sous le titre "Note des Renseignements généraux sur la plate-forme Roissy Charles-de-Gaulle, janvier 2006 (extraits)".

    Elle évoque l'infiltration de militants islamistes dans différentes sociétés travaillant à l'aéroport Charles de Gaulle.

    La direction centrale des Renseignements généraux a affirmé que cette note "ne venait pas de ses services".

  • Une terre sans peuple pour un peuple sans terre...

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    (ci-contre : portrait de l'auteur du livre)

    Voilà quel était le slogan livré aux juifs se réfugiant en Palestine à partir de la construction du Foyer National Juif en 1919, et après la Shoah, c'était l'expression pour beaucoup d'entre eux d'un formidable espoir. Il fuyait l'antisémitisme et les fascismes naissants pour recréer une terre promise et une nouvelle société qui leur permettraient de réaffirmer leur fierté d'être juifs à la face du monde. Seulement voilà ...

    Il y avait déjà un peuple en Palestine, comme en témoignent les statistiques britanniques sur les seuls réfugiés en Transjordanie en 48 : 975000 personnes, par exemple, 300 000 habitants à Jérusalem en 1936 dont 250000 musulmans et chrétiens arabes. Des colons venus d'Europe chassent encore des familles entières, des villages qui sont rasés au nom de la Bible et de contrats de bail datant pour certains du XVIème siècle. Cela n'excuse pas les bombes et les attentats suicides mais ils ne justifient pas cette injustice énorme qui permet à l'Occident de régler sa culpabilité sur son antisémitisme en versant des larmes de crocodiles et oublier un peuple entier. Il serait temps d'oublier nos clichés sur l'Islam qui ne font que précipiter les peuples arabes vers le fondamentalisme, il serait temps de se rappeler qu'en 91, nous sommes allés combattre pour des émirs du pétrole, d'ailleurs extrêmistes religieux, et leurs revenus. On ne dit pas colonie mais implantation pour Israël, pourquoi ? Pourquoi personne ne dit qu'en ce moment il y a de l'eau et de l'électricité un jour par semaine dans les territoires prétendument autonomes ? On attend les pamphlets et les indignations de vierges effarouchées des intellectuels français. Voilà qui serait anti politiquement correct ...

    Titre : Les Enfants de Béthanie | Auteur : Saïd K. Abourish | Editeur : Grasset

  • Provocateur hyper-sensible

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    Le monde merveilleux de Robert Crumb

    On a pris l’habitude pour parler de bande dessinée d’utiliser le terme générique de « petits Mickeys », faisant référence à une gentille petite souris pleine de bons sentiments et accessoirement propriétaire de plusieurs parcs à thème en Amérique et en Europe. Sous la plume de l’auteur de cet album, les animaux anthropomorphisés atteignent l’âge adulte. Le fabuliste parlait d’animaux dénaturés, chez Crumb, ils sont disjonctés, se piquent à l’héro, partouzent et sont aussi déphasés que les déplorables animaux humains. Fritz est un gros matou qui soigne son aliénation et son dégoût pour les autres en général par la défonce et une grand nombre de jeunes et jolies chattes quelques fois le tout ensemble, (Cela dit, on peut trouver suspect chez Disney que des neveux vivent à longueur d’année chez leur oncle Donald ?). Fritz est déjà désabusé de la période hippie et annonce la crise de conscience américaine des années 70 après la chute de Saïgon. Il faut dire que le dessinateur vaut également le détour pour le comportement original et la folie. Il appartient à la famille de Philip K. Dick et Norman Spinrad, à ce propos il illustre une anecdote de la vie du premier, son expérience « mystique » de 1974 dans un numéro spécial d’ « Actuel », régulièrement réédité depuis.

    Totalement incompris dans son pays pour la crudité de ses provocations, il est vrai qu'il faut le suivre assez loin parfois, mais on n'est pas si loin d'Huysmans finalement ou de Bataille, et surtout pour son humour corrosif dans ses caricatures des hommes de pouvoir (dans l’un d’eux, Donald Trump finit noyé dans ses toilettes), Crumb a atterri dans le sud de la France pour y continuer son happening permanent. Il faut dire qu’il poussa le bouchon très loin, représentant par exemple un inceste entre sa femme et sa fille. Il y a un dessin qui définit parfaitement la psyché du dessinateur : un petit bonhomme est terré dans un coin, entouré d’obscurité et semble terrorisé. Il y a aussi le souvenir de son frère qui aurait dessiné mieux que lui s’il avait pu. L’humour de Crumb est "hénaurme", comme ses femmes "junonesques " mais c’est pour mieux exorciser ses démons qui sont légions, car il est possédé. Également sur le plan physique, il se rapproche beaucoup de James Ellroy. Mais avant tout, Crumb est un type des plus sympathiques, ce qu’il ne reconnaîtrait jamais sous la torture. (Il y eut un film sur lui par la même réalisatrice que « Straight no chaser », documentaire sur le jazzman lunaire Thelonious Monk, distribué dans les salles grâce à la maison de production « Haut et Court » il y a de ça quelques années).

    Titre : Fritz the Cat | Auteur : Robert Crumb | Editeur : Anthracite

  • Nostalgie de l'enfance

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    Comme une étoile filante

    Les livres de Boris Vian sont marqués au coin par la nostalgie, en particulier celle de l’enfance, et des bonheurs perdus. Ce n’est pas étonnant que les adolescents adorent ses œuvres. Ils ont l’impression d’y retrouver un peu de ce qu’ils viennent juste de perdre. En plus de ses romans les plus connus, je conseille ses traductions de nouvelles américaines de science-fiction, traductions bien supérieures aux originales. Il y en a une qui démontre encore la lucidité des enfants devant la fausseté du monde des adultes : « Tout smouales étaient les borogoves » d’après Katherine L. Moore et Henry Kuttner (recueil de leurs nouvelles chez « Marabout SF » et « J’ai Lu SF »). Il trouva dans une autre de leurs histoires l’idée de l’orgue à cocktails. Les écrits de Vian sont à son image : des étoiles filantes qui ne durent pas assez longtemps. Comme les vagues qui font et refont le même mouvement à l’infini. Il est très proche de Lewis Caroll dont il emprunte une part de l’esprit : un goût pour l’« absurde » et le « nonsense » et qu’il incite à relire. C’est en allant le voir chanter que Gainsbourg s’est convaincu de monter sur scène lui aussi en voyant ce « mec raide de trouille et de timidité ».

    Il a vécu intensément lui aussi en connaissant la valeur de l’existence et des plaisirs comme les joies qu’elle recèle. Cela, les russes d’origine comme lui le savent de naissance. Il était aussi de la « génération perdue » d’après la seconde guerre qui se réfugiait dans les caves en attendant la bombe pour se perdre dans la fête, avec ses amies Magali Noël qui le chantait et Gréco, la grande « Jujube ». C’est aussi grâce à lui que des jazzmen innovateurs comme Charlie Parker, les Jazz Messengers ou Monk, qui jouaient leur musique devant des dîneurs qui n’en avaient rien à fiche, sont venus en France où on les a enfin écoutés. Je le rapprocherais d’un autre cardiaque vivant trop vite à la même époque, Roger Nimier même si chacun aura pris des directions d’engagement politique strictement opposées, Vian en écrivant « Le déserteur ».

    Titre : L'Écume des jours | Auteur : Boris Vian | Editeur : LGF

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  • Farenheit 451

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    La passion de la littérature

    La littérature est inutile d'un strict point de vue objectif, comme l'art, comme la musique, on n'en tire aucun bénéfice social ou financier, on n'en aurait même pas besoin pour progresser spirituellement ou intellectuellement rationellement parlant. Pour beaucoup même, la littérature, ce n'est pas sérieux, ce n'est qu'un délassement, une sorte de passe-temps futile. Mais, le "hic" est que les êtres humains sont dotés certes d'un cerveau, mais aussi de sentiments qui pousse à l'Agapé, à la rencontre avec l'autre. Certes, il n'y a pas besoin de livres pour rencontrer quelqu'un, mais lire permet d'augmenter les chances d'aller vers les autres, sans les juger, sans les condamner tout en étant malgré tout lucide. En tant que croyant, je crois aussi me rappeler que le Christ dans l'Évangile n'a pas dit à la samaritaine de changer de conduite, ne l'a pas condamnée, il lui a dit ce qu'elle vivait clairement. On pourrait aussi parler de la femme adultère à laquelle il dit de ne plus pêcher, mais Lui peut se le permettre car Il est sans péchés.

    Il me semble que, pour tout lecteur ce livre est indispensable. Il parle de la nécessité de la culture, de l'échange, du libre-arbitre, de l'aliénation des masses, du retour d'un ordre moral et du danger de la "totalitarisation" de notre société occidentale si nous n'y prenons garde. Ce n'est pas seulement une fable mais aussi un livre très bien écrit. Le personnage principal de ce livre devient un homme-livre. Il apprend par coeur l'oeuvre d'un écrivain et en devient la mémoire vivante. Et vous ? Si tout les livres étaient interdits, censurés, quel livre choisiriez-vous de sauver ? Il faut également rappeler que c'était la méthode très réelle de Soljenitsyne afin de transmettre son témoignage sur le goulag. Il ne s'agit pas de mettre en avant les rats de biliothèques coupés du monde, mais l'aider à trouver un peu d'humanité, lire les livres comme autant de témoignages sur les êtres humains, leurs faiblesses, leur force parfois. La littérature montre qu'il n'y a pas non plus de déterminisme. Il ne s'agit pas forcément de lire des milliers de livres, cela n'a rien d'indispensable. Je connais des amis qui se contentent d'un seul voire d'une ligne dans l'un d'eux comme un jeune dominicain qui vient d'écrire une thèse de trois-cent pages sur "le jeune homme tout nu" dans l'Évangile de Saint Jean au moment de la Passion.

    Titre : Fahrenheit 451 | Auteur : Ray Bradbury | Editeur : Gallimard

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  • En réponse à "fram"

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    Je réponds ici à Fram, bloggueur comme moi, sur un commentaire qu'il a fait il ya quelque jours, me reprochant de tourner en rond et attendant une belle conversion (lire son blog à ce lien : http://blognotes.hautetfort.com/about.html ).

    Tout d'abord, comment pouvez-vous juger de ma foi ? De quelle autorité tirez-vous ce jugement car c'en est un ? Dieu n'est pas une sorte de pion céleste distribuant les bons et les mauvais points. Si l'on prend votre point de vue, les pharisiens auraient du être les premiers à suivre le Christ au Paradis, ils respectaient tout ce qu'il fallait, priait au bon rytme, jeûnait quand c'était demandé, étaient très sages et très savants mais n'avaient aucune humilité ni sens de leur faiblesse, contrairement au publicain de la parabole. Logiquement c'était eux qui aurait dû accueillir Jésus avant tout le monde, or, ils ne l'ont pas fait. Personellement, je me sens trop pêcheur ou trop faible spirituellement pour me donner le droit de me poser des questions sur la conversion ou non d'une personne. Enfin, aux yeux de Dieu, chaque personne est différente et va vers Lui de manière unique comme Il nous aime chacun de manière unique.

    Nous sommes tous frères en Christ car Il est mort pour nous tous, que l'on reconnaisse l'Église ou pas. Je ne pense pas que l'on puisse voir l'accueil au Ciel comme une sorte de douane où Saint Pierre tamponnerait les passeport de nos âmes, ou comme cet huissier dans un conte de Marcel Aymé qui accumule les carnets de bonnes actions qu'ils notent précautionneusement et s'aperçoit que le seul acte que Dieu retiendra est celui qu'il a commis gratuitement. Il faut aussi relire Benoît XVI, tout lire et non retenir seulement ce qui va dans le sens que l'on veut. La mission de l'Église n'est plus d'être dans un rapport de forces mais d'amour, ce n'est pas grave d'être moins nombreux...

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  • Les livres saints au regard de l'archéologie

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    Ce livre ne remet pas la Foi en question, simplement les évènements décrits et leur historicité. Il n'empêchera pas un chrétien de croire en la résurrection du Christ. 

    Le croyant de 2006 ne peut plus croire aveuglément les emplacements, les évènements transmis par la tradition, et ses histoires, d'où l'utilité de ces recherches (cela ne signifie pas qu'il comprend mieux ce qu'il croit d'ailleurs ou qu'il est meilleur). Cependant, ce livre ne lui pas est réservé, mais intéressant en général pour tous ceux qui veulent creuser la question car il y a beaucoup de réponses, et pas seulement religieuses, à trouver dedans. Une telle remise en cause ne remet pas en question la spiritualité se dégageant de la Bible, en exceptant les récits guerriers, et du moins si on la lit avec paix : la compassion, le pardon, l'altérité, la sensualité (lisez donc le Cantique des Cantiques...)
    Ce livre a une autre importance qui est de mettre en lumière précisément l'histoire du Proche Orient. La Bible prise à la lettre (comme le Coran), ou l'Évangile, servent trop souvent de justifications à des préoccupations géopolitiques bien de notre temps (fondamentalisme et néo-colonialisme déguisé car c'en est un bien un), chacun prenant ce qui lui convient. L'on brandit l'un ou l'autre livre saint comme tittre de propriété (cf l'interview d'un colonel francophone israélien il y a deux jours disant : "nous étions là il y a 5000 ans") en oubliant les populations. Sur ces bases faussées, car extrêmistes, il y en a qui balancent des bombes d'une tonne sur des quartiers populaires tuant des innocents, pendant que de vieux responsables religieux fanatiques envoient des ados en tuer d'autres, mais de l'autre camp.
    Les gens peuplant cette terre n'ont pas besoin de ces passions religieuses. Les israéliens ont besoin de paix et de sécurité, les palestiniens ont besoin d'eau, d'électricité, de médicaments, de nourriture, de libertés fondamentales comme celle de circuler à leur gré. Dépoussièrer ces croyances permet de renvoyer l'un et l'autre camp face à ses responsabilités quant à la violence.
    Des exemples de ce dépoussièrage : la conquête de la terre de Canaan ne s'est pas faite militairement (donc pas de murs de Jéricho qui croulent sous les trompettes), mais a été plutôt une assimilation progressive de populations immigrées qui sont devenus dominantes. Qui était ces peuples ? C'était certainement des esclaves hérétiques égyptiens, adeptes de la religion monothéiste -tiens?- d'Aton. Moïse n'est peut-être que la conjonction de plusieurs personnes ayant existées, comme Abraham. En tout cas, la démarche de ce pavé malgré tout digeste me semble moins prétentieuse que la Bible "réécrite" paru il y a quelques temps...

    La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l'archéologie

    Israel Finkelstein

    Neil Silberman

    Bayard Asher

     

  • Un centaure en plein midi

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    On ne peut comprendre les palestiniens si on ne saisit pas leur amour violent, sensuel, incarné, de leur terre comme celui dont les auteurs de ce livre font preuve. C'est un autre paradoxe de cette terre d'être une terre de religions et une terre invitant ardemment au plaisir des sens. C'est une terre de nature. Je pense souvent à une anecdote quand je pense à la Palestine. Un jour, à l'heure du zénith, parmi les buildings modernes, verre et béton, entre la ville occidentale et la vieille ville, j'entendis un bruit de galop. Un petit garçon montait à cru sur un cheval à la robe sombre, une petite fille derrière lui. Les accompagnait plusieurs autres chevaux. Ils traversèrent les quartiers nouveaux, faisant résonner le bitume d'une manière absolument nouvelle. Comme beaucoup de peuples arabes, les palestiniens sont des centaures, ne faisant qu'un avec leur monture.
    Source : La Porte du Soleil | Auteur : Elias Khoury | Editeur : Actes Sud

  • "Quand différent devient un synonyme de dangereux..."

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    V pour Vendetta

    Je sors de la séance de 14 heures d'un cinéma de Lille où je viens de voir "V pour Vendetta". Certes, artistiquement, ce n'est pas encore çà, il y a des longueurs, quelques dialogues inutiles mais l'idée est là : notre société nous transforme en "epsilons dociles et polyvalents" comme l'écrit Jean-Paul Brighelli, elle nous donne l'illusion de la libre parole, de pouvoir s'exprimer, mais ce n'est qu'un faux-semblant car rien ne change jamais. Les écrivains, les musiciens, les artistes, les acteurs, les réalisateurs de cinéma, les créateurs en général ne sont acceptés que s'ils contribuent à encourager les gens à consommer toujours plus. Dés lors qu'ils ne se plient pas à cette règle, ils sont méprisés comme le sont ceux qui aiment lire, admirer une oeuvre d'art, écouter un morceau de musique, de Bach à Satie et même Marvin Gaye sans que cela ne leur amène une amélioration de leur statut social ou un quelconque intérêt, la gratuité devient un crime. C'est à la base que notre monde est malade, il a peut-être cru tué l'idée de Dieu, qui n'a d'ailleurs jamais été autant vivante qu'en 2006, mais n'avait rien à proposer en échange. Bientôt, comme dans le film, comme c'est déjà le cas sur certains points chauds du globe, la peur de la guerre, de l'autre -rien ne relie plus les êtres humains ecepté leur mode de consommation-, la trouille engendreront l'acceptation de l'intolérable, de la diminution des libertés.

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  • De l'archipel du Goulag à l'enfer libéral

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    Une image, un discours, un homme qui n'ont rien pour plaire ni aux médias, ni aux progressistes, ni même aux réactionnaires, simplement aux hommes et femmes libres qui ne s'agenouillent devant aucun pouvoir...

    Homme libre

    Après avoir effectué plusieurs années de purgatoire littéraire, Soljénitsyne ressort des placards où l'avaient rangé ceux dont il dénonçait les hypocrisies et compromissions selon eux obligatoires avec les pires dictatures du XXe siècle. L'auteur de cette autobiographie, qui ici se raconte plus que dans les autres livres, parle plus de lui et de sa famille, de ce qu'il a vécu avec eux, de ce qu'ils ont soufferts ensemble, a lutté contre le nazisme et contre le communisme non seulement stalinien mais également celui qui l'a suivi en Russie, malgré une certaine détente sous un certain "Monsieur K.". Il a lutté contre les mensonges véhiculés par les laudateurs du régime soviétique et depuis la chute du mur et certaines de ses déclarations, on le rangeait bien facilement parmi les réactionnaires nostalgiques de l'empire russe et de l'orthodoxie triomphante. Il a lutté contre lui-même, contre la nostalgie de sa terre. Il aurait pu se laisser faire après tout et rester chez lui, mais le prix lui semblait trop élevé à payer. Certains allèrent même jusqu'à soupçonner ses intentions lors de la rédaction de "l'Archipel du Goulag". En effet, le mur tombé, on allait pouvoir continuer à consommer en toute tranquillité, sans se poser de questions sur le lendemain, sur s'intéresser au sort des plus pauvres, des plus mal lotis de la planète, sans se soucier de l'équilibre écologique.

    Mais il fallut que l'écrivain continue son rôle d'empêcheur de tourner en rond, d'emmerdeur qui essaie de pousser ses congénères à plus de réflexion et moins de docilité devant n'importe quelle idéologie, voire quand bien même celle-ci serait l'espèce d'humanitarisme "light" qui sévit actuellement dans nos contrées. Malheureusement, l'intelligence est moins confortable que l'insouciance irraisonnée. Et la réflexion anihilie les certitudes faciles. Cette autobiographie le prouve encore une fois, l'auteur en est bien un homme debout, sans compromis, qui donne du courage pour affirmer ses opinions. Il rêve de gouvernement mondial pourtant, d'une fraternité étendue à toute l'humanité sans contrainte arbitraire, sans idéologie dogmatisée. Il le croit malgré tout possible et garde de l'espérance. Il me fait irrésistiblement penser à Bernanos quant à sa foi. Ils sont de la même eau. Leur foi n'est pas une idéologie moralisatrice ni un paravent permettant de se donner bonne conscience : comme prier avec forces gestes ou gesticulations, chanter extatiquement puis continuer de supporter les pires compromis avec le monde qui nous entoure, comme ces croyants qui "ont le coeur sec et les tripes molles", ou comme encore tous ceux qui se laissent aller à des émotions d'une impudeur folle à al télévision, mais n'ont finalement pas plus de coeur que les autres. Or, Soljénitsyne est toujours scandalisé par le mal, celui qu'il a connu dans les camps, et qui est à la fois la destruction méthodique de l'humanité des êtres humains et un attrait irrésistible pour le néant, en toute connaissance de cause, par le mensonge et par l'hypocrisie.

    Titre : Le grain tombé entre les meules, tome 1 | Auteur : Alexandre Soljénitsyne | Editeur : Fayard

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  • L'engagement politique des chrétiens

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    Un chrétien peut s'engager en politique mais ne choisit normalement pas un camp plutôt qu'un autre, il n'est ni de gauche ni de droite, peut défendre la solution une idée de droite si elle lui semble intéressante mais ne pas hésiter à s'intéresser aux solutions que la gauche propose si celles-ci peuvent apporter une réponse. Un chrétien n'est pas exactement marxiste, car c'est un matérialisme, mais il n'est pas non plus libéral car c'en est un autre. Quand il voit une injustice, il ne me semble pas qu'il doive rester de marbre et réfléchir avec prudence et sagesse à ce qu'il a sous les yeux. Normalement, s'il est humain, il partage les souffrances de ceux qui souffrent et essaient de les soulager d'une partie de leur fardeau, sans donner de leçons, sans se prendre pour le sauveteur de l'humanité ou jouer du cor pour commenter ses bonnes actions. C'est comme çà qu'il doit agir parce qu'il n'y a pas d'autres possibilités, excepté de se compromettre avec l'iniquité de notre monde un peu plus que de raison. Il ne va pas en Afrique pour s'occuper des petits noirs, montrer ses photos une fois rentré, dire comment ils sont faibles et irrationnels sans des personnes comme lui au lieu de comprendre qu'il est aussi faible qu'eux et est un serviteur inutile...

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  • En pensant à Élodie

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    Sous le regard des fantômes aztèques...

    Ceci est un de mes livres indispensables...


    Je me sens très proche de Malcolm Lowry. Le lire atteint des choses très personnelles, me fait réfléchir et penser plus que par d'autres oeuvres, m'émouvoir plus que de raison et même rire parfois. Car ce livre donne quelques clés du dérisoire, du spirituel et surtout de l'amour fou, celui qui détruit toutes les barrières. On peut d'ailleurs le préférer à "Belle du Seigneur" quant à la description d'une passion, ce qui est mon cas. Il est lié à la kabbâle, au monde des esprits, à la politique internationale, aux vaines petites histoires d'un microcosme protégé, au Mexique et ses cantinas, au mescal, à l'alcoolisme et aux visions des sages, des sorciers, des saints et des fous ce qui revient au même.

    L'auteur a réécrit le manuscrit plusieurs fois, l'a perdu, retrouvé, l'a remanié des dizaines de fois jusqu'à ce que chaque mot fasse sens, que chaque phrase porte une signification. Cette oeuvre est donc bien au sens premier du terme une oeuvre vitale, au même titre que "la conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole, une oeuvre où les mots ont longtemps coulé dans les veines de Lowry, intellectuelle mais dans le sens où l'intellect n'est pas détaché de la chair. C'est un écrivain hyper-sensible, ressentant chaque moment dans ses veines, vivant un peu plus intensément que d'autres en sombrant parfois dans l'excès mais les cimetières sont pleins d'hommes raisonnables qui n'ont vécu qu'à moitié.

    Parler du roc de la Despedida décrit dans cet ouvrage, un immense rocher en équilibre au-dessus du gouffre, fendu en deux, c'est évoquer derechef un symbole de l'amour fou et de l'impossibilité de le vivre radicalement sans aller jusqu'à l'indicible ou la mort. Le consul est peut-être le héros d'"Ultramarine", il a vécu les mêmes tribulations, dont un épisode horrible sur un bateau, et souffre de ne plus être en errance sur les mers, son errance devenant intérieure. Et si ce livre est un livre vital, c'est qu'il suit le lecteur au cours des années et qu'il marque profondément, qu'il transforme la vision du monde, comme Céline. Les êtres humains n'étant, pour pasticher quelqu'un, que des "petits tas de préjugés", ce roman est également salutaire pour en évacuer quelques uns et s'ouvrir plus au monde.

    Titre : Au-dessous du Volcan | Auteur : Malcolm Lowry | Editeur : Gallimard

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