lundi, 20 octobre 2014

Un Pape plus en phase ? - Les nouvelles mules du Pape, l'excommunication de l'Action Française, un pape enfin en phase…

 Le portrait du Pape vient du site, parp...protestant, "Réforme"

 

Eglise, société, pape François, homosexualité, amaury watremezLe synode des évêques, des cardinaux, des clercs réunis à Rome autour du Pape a sorti un premier texte sur les parents homosexuels et les divorcés remariés qui a fait beaucoup de bruit car enfin, ce n'était pas trop tôt le Pape semblait « en phase » selon la formule de Muray, plus progressiste. En gros, un pape plus progressiste c'est un pape qui paraît d'accord avec tous les errements d'une époque, ou du moins qui y est moins hostile. Les médias, ceux qui les reçoivent, ceux qui assument parfaitement leur allégeance à la société libérale-libertaire ne veulent pas d'un souverain pontife qui remettrait en cause leurs sacro-saintes certitudes et qui les empêcherait de jouir à droite à gauche des biens et des personnes qui les entourent. Il oublient que le Christ lui-même a dit qu'il est « venu apporter le glaive », pas du sirop en bouteilles de cinq litres ni des paroles qui n'impliquent aucun renoncement au confort intellectuel commun.

 

Enfin, les catholiques accueilleraient les homosexuels qui depuis plusieurs siècles c'est de notoriété publique étaient systématiquement brûlés en place publique par les croyants, témoins Michel-Ange, le Caravage ou Raphaël dont nous pouvons encore admirer les œuvres au Vatican, ou à Saint Pierre de Rome, tous des pères de famille bourgeois. Le lecteur avisé que tu as, ami égaré sur ce blog, tu le sais bien, toutes ces œuvres, la « Piéta », le plafond de la Chapelle Sixtine (où les seules personnages habillées sont des femmes) ont été détruites par l'Inquisition, sans parler des livres de Julien Green, systématiquement mis à l'index. Et ces concessions au vent léger de la modernité ne changeront strictement rien à l'hostilité qu'il y a dans le monde occidental envers le catholicisme.

 

Le pape juste avant François, Benoît XVI, et Jean-Paul II l'ont pourtant déjà clairement affirmé sans qu'il n'y ait tout ce tapage : les homosexuels sont accueillis dans l’Église mais bien évidemment en prenant en compte les implications morales engendrées par la Foi de la même manière que pour les hétérosexuels. Chez les bourgeois libéraux-libertaires on veut bien être sympathiques avec le Pape et les catholiques mais on veut aussi pouvoir continuer à jouir comme on l'entend et avec qui on l'entend...

 

Certains catholiques se posent des questions sur le Pape François, en particulier ceux qui ont défilé le 5 Octobre, et aussi aux quatre précédentes « Manif Pour Tous », loin d'être de ces cathos « tradis » « über alles » qu'on leur reproche d'être. Leurs inquiétudes envers la famille, la marchandisation du corps des femmes, en particulier des plus précaires, des enfants, achetés bientôt sur catalogue, tout cela est en définitive clairement nié par le premier texte rendu public par le Synode, le deuxième en ayant atténué certains paragraphes mais le « mal » était fait. Cela rappelle finalement la désastreuse excommunication de l'Action Française où militait de nombreux catholiques qui ne comprirent pas leur condamnation surtout dû à Jacques Maritain qui vouait à Maurras et Léon Daudet une haine tenace, et aussi à Marc Sangnier qui avait « l'oreille » du pape de l'époque, et dont « le Sillon » ne séduisait pas beaucoup de paroissiens malgré son zèle prosélyte et ses bonnes intentions.

 

L’Église s'ouvre donc au sociétal pour plaire à l'élite sociétal-libertaire (enfin élite, c'est ce qu'ils prétendent), suivant le mouvement opéré par la Gauche auparavant, à de rares exceptions, en abandonnant un peu plus les pauvres et les précaires à leur sort. Car bien souvent en France, les grands rassemblements sur-affectifs de « laveurs de vitres » (les charismatiques, cf le geste favori des chachas...) qui font parfois du bien aux jeunes qui y participent, certes, les aumôneries de lycée, les équipes liturgiques de paroisses sont d'abord et avant tout des conservatoires sociaux pour milieux aisés voire très aisés et dans les « communautés nouvelles », l'Emmanuel ou les Béatitudes est pratiqué « l'entrisme » parmi les décideurs. Alors oui de temps en temps on y accueille des pauvres comme des alibis, des prétextes, ou de dans trop rares associations il y a encore quelques bonnes volontés. Mais où sont-ils les pauvres, les petits, les humbles dans l’Église actuelle ? Je veux dire, où sont-ils vraiment dans les pays dits « riches » et « avancés » ?

 

J'ai beau chercher...

 

Je veux bien croire que ce désir de montrer un « Pape en phase » n'est pas le fait du Pape François lui-même, admettons, mais de ses communicants, ces nouvelles « mules » qui travaillent pour le Vatican, mais non pas pour propager l’Évangile mais pour faire un maximum de bénéfices visant pour cela dans la nouvelle politique commerciale en somme les CSP ++ qui ont de quoi « acheter » ce discours plus moderne, « tu vois coco »...

 

Sur ce que l'Eglise pourrait dire encore des riches et des pauvres plutôt que faire du sociétal, merci à l'auteur ayant opportunément rappelé cette citation

Bossuet,  Panégyrique de saint Bernard de Clairvaux: «Cette heure fatale viendra, qui tranchera toutes les espérances trompeuses par une irrévocable sentence ; la vie nous manquera, comme un faux ami, au milieu de nos entreprises. Là tous nos beaux desseins tomberont par terre ; là s’évanouiront toutes nos pensées.  Les riches de la terre, qui, durant cette vie, jouissent de la tromperie d'un songe agréable, et s'imaginent avoir de grands biens, s'éveillant tout a coup dans ce grand jour de l'éternité, seront tout étonnés de se trouver les mains vides…»

samedi, 18 octobre 2014

L'abjecte anodinerie reine d'Internet

Les forums de discussions politiques passionnées ne concernent finalement que très peu d'internautes, on y retrouve d'ailleurs souvent les mêmes intervenants ou le même genre d'intervenants. Ceux de droite sont bien souvent des « sans-dents » précaires exprimant leur colère, parfois maladroitement, ceux de gauche montrent, dans leur majorité, que l'on s'ennuie visiblement beaucoup dans les maisons de retraite conventionnées MGEN (la mutuelle des profs) et que l'on a besoin de se défouler pour cette raison. Quand le lecteur attentif creuse un peu, il s'aperçoit que les opinions qui y sont étalées sont la plupart du temps très superficielles, peu raisonnées servant à donner une image flatteuse de soi, ou celle qui est perçue comme flatteuse par telle ou telle « communauté » de « têtes creuses ».

 

image empruntée là

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Les personnes ayant vraiment des idées issues d'une construction intellectuelle personnelle, argumentée, sont rarissimes. Celles ayant l'ambition de voir à long terme, un peu plus loin que le bout de leur nez, encore plus. Généralement l'argumentaire lambda sur le réseau s'arrête vite et se finit en échange d'injures « décomplexées », d'autant plus violentes que l'interlocuteur est virtuel et que la plupart sont persuadés, se méprenant, que leur anonymat est inviolable sur le Web, insultes également des plus stéréotypées consistant à traiter un intervenant de droite de « facho » par exemple et un de gauche de « bolcho » alors que généralement le premier n'est pas forcément de droite et le deuxième pas exactement de gauche.

 

Ces discussions enflammées, ces diatribes se voulant définitives, ces grandes déclarations grandiloquentes font d'ailleurs bien rire à mon avis les gouvernants et les responsables politiques et économiques car pendant que le peuple se déchire ils continuent à mieux protéger les intérêts matériels de leur petite clique. Et ces échanges ne débouchent bien souvent sur rien dans la vie quotidienne, chacun s'en tenant bien docilement, voire servilement au rôle social qui lui a été assigné, restant sagement dans sa case pour survivre, ne supportant pas que d'autres tentent de se libérer de cet arbitraire par leurs dons, leur engagement personnel, par l'écriture, le dessin, la musique, que sais-je encore ?

 

Des prétentieux pour la grande majorité du troupeau, des empêcheurs de se soumettre comme on l'entend, des indociles vaniteux.

 

Ce qui intéresse en grande majorité l'internaute, ce qu'il retient de l'information, ce sont généralement les pires « anodineries » (conneries anodines) possibles : telle « vedette » de téléréalité a grossi de deux kilos, telle autre a subi de la chirurgie esthétique, tel imbécile décérébré qui présente une émission « d'infotainement » a été surpris à prendre de la « coke » en « boîte » (quelle surprise en effet !), telle présentatrice de Journal Télévisé avait les larmes aux yeux en évoquant un mignon chtit chaton aux yeux tellement émouvants maltraité par son maître sur « facebook », info distillée, reprise et commentée jusqu'à plus soif par les « fécebouquiens », telle bécasse a dit un « gros » mot à la télévision (Q, bite, couilles, con, merde, putain, Attali...) telle journaliste ne portait pas de soutien-gorge à l'antenne et mon dieu ma « bonne dame » c'était choquant, telle stââr s'est fait voler ses photos « intimes » sur son « claoude » (on s'étonne souvent que ça choque car ces stââârs ont souvent montré à l'écran ou ailleurs auparavant abondamment tout ou partie de leur anatomie) etc...

 

 

Je ne sais pas toi ami lecteur, qui incline plus à l'indulgence que moi, mais je suis toujours effaré par le nombre de commentaires sous les pires anodineries, c'est à celui qui balancera le plus de lieux communs, de clichés, de préjugés, et là encore sans aucun complexe, c'est à qui sera le plus conformiste, comme si c'était un concours en somme. Je me suis toujours demandé si ce zèle à se fondre dans la masse ne naît pas de la volonté de montrer à quel point l'on est servile afin de pouvoir continuer à bénéficier encore un petit peu, avant l'abîme, des miettes matérielles que les vrais tenants du pouvoir nous laissent encore, à « hurler avec les loups » pour continuer à survivre en somme comme des rats, ou des bousiers, comme des esclaves affirmant leur joie mauvaise de voir puni à leur place celui ou celle qui ose s'élever contre cela.

vendredi, 17 octobre 2014

Manuel chez les ploucs

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image empruntée au site infoniooz

 

Le gouvernement s'aperçoit qu'il n'est pas vraiment populaire dans la population française, à commencer par cette France « périphérique » évoquée par Christophe Guilluy dont je parlais hier, cette France méprisé, souvent rurale, constituée d'un tissu de petites et moyennes villes éloignées des métropoles de la mondialisation « heureuse » et autres non-lieux, composée de « travailleurs pauvres » et, ou de plus en plus précaires, trop riches pour métier d'être socialement aidés, trop précaires pour s'en tirer, une France méprisée qui vote de plus en plus le Pen pour toutes ces raisons et non par racisme ainsi que feignent de croire la plupart des bourgeois socio-libéraux que ça arrange.

 

Donc, les conseillers en « com » de Manuel, et son orchestre, n'écoutant que leurs intuitions géniales ont conseillé au premier ministre d'aller chez les ploucs manger des spécialités locales, pour faire dans l'authentique, « tu 'ois coco ? ». Manuel, et son orchestre, sont donc allés en montagne chez des agriculteurs montagnards, logique, en Savoie, demandant « quelque chose de simple », « sans nappe » je cite pour faire popu. Ce qui montre leur méconnaissance totale et leur mépris de « ces gens-là ». Car dans le peuple, quand on reçoit on met les petits plats dans les grands, on sort justement les beaux napperons, le beau linge de maison, on s'habille, car on aurait l'impression d'insulter les invités en restant en habits de « tous les jours »....

 

Tu me diras, ami lecteur, ça aussi ça se perd, trop de décervelage, trop de télé-réalité, trop d'Arthur, trop de Cyril Hanouna, trop de de Caunes et consorts à la télévision, entre autres.

 

Manuel, et son orchestre, et ses conseillers « en com », ont juste oublié une petite chose, cela a déjà été fait par Giscard il y a à peu près quarante ans, le premier janvier 1975 qui s'était invité chez une famille de pl...populaire, trois personnes âgées, exactement de la même manière pour renouer le contact avec un électorat avec lequel les politiques avaient déjà perdu le contact. Il renouvellera l'expérience en mangeant avec des familles-types dont celle qui lui servira les fameux œufs brouillés, et se fera prendre en photo avec des éboueurs au petit matin l'histoire ne disant pas s'il a récupéré des trucs, un fauteuil « Voltaire » par exemple (comme celui sur lequel il s'assit lisant en attendant les résultats le soir du deuxième tour en 74 ?), dans le camion benne (anecdotes toutes racontées sous une forme hagiographique dans ce curieux blog faisant l'éloge du septennat Giscard qui fut en quelque sorte le début de la fin).

 

Depuis le temps que d'autres et moi rappellent à Manuel, et son orchestre, et aux autres, qu'il y a en France une profonde coupure entre le « pays légal » et le « pays réel » ! Oui je sais, je suis un vieux maurrassien, l'idée vient de Maurras rappellerais-je, et aussi un sale petit bourgeois réactionnaire et hédoniste (je prévois la fiche de l'éventuel flic de la pensée qui me lit). Le « pays légal » même comprend de moins en moins le pays réel qui ne veut plus de ces z-élites qui ne pensent qu'aux intérêts de la même classe depuis que la populace a cru qu'en prenant la Bastille tous les privilèges avaient été abolis du jour au lendemain, ce qui est visible chaque jour on le voit bien : il n'y a plus aucun pauvre dehors en France. On me dira, même une bonne partie des catholiques ont oublié l'accueil des plus faibles, des « petits ». Il n'y a pas si longtemps, dans les familles chrétiennes on laissait certains soirs au moins une place pour quelqu'un qui aurait eu faim dehors, et au minimum on y pensait, on priait pour lui, pour elle.

 

Manuel, et son orchestre, n'ont pas l'air de comprendre que cela ne changera strictement rien à la colère qui monte ces « coups » de « com », alors que des ouvriers sont licenciés de manière inhumaine encore aujourd'hui, et c'est ainsi qu'Allah est grand.

 

Imaginer la scène, Manuel, et son orchestre, à table à la montagne m'a irrésistiblement rappelé la scène ci-dessous...


Les Bronzés mangent à la montagne par tootoo49

jeudi, 16 octobre 2014

La France méprisée – à propos de « la France périphérique » de Christophe Guilly

chez Flammarion, sorti en septembre 2014 (couverture empruntée à lepoint.fr)

 

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Décrivant la petite ville où l'absurdité de l'administration m'a conduit depuis septembre, une de ces villes où il n'y a personne dans les rues passé dix-sept heures excepté les poivrots locaux ou des bandes éparses de « punks à chiens », où les jeunes s'ennuient, un ami a évoqué ce livre que je me suis empressé de lire.

 

L'auteur est géographe, il est également celui de « l'Atlas des nouvelles fractures sociales en France » avec Christophe Noyé, ouvrage indispensable pour comprendre ce que devient notre pays, l'abîme dans lequel il risque de tomber. Finalement, et bien que Guilluy soit plutôt apparemment de gauche, son propos rejoint celui de Zemmour quant au suicide du pays. Il dresse dans ce livre qui sera perçu comme très polémique et qui est éminemment politique le tableau d'une France presque irrémédiablement cassée en deux :

 

La France des CSP ++ et des « rurbains » qui habitent et, ou travaillent dans de grandes métropoles régionales ou nationales, celle où l'on trouve les « bobos », des bourgeois libéraux libertaires ou sociéto-libéraux, ce qui revient au même, voisinant avec les immigrés qui sont « leurs pauvres » et les milieux « issus de la diversité » selon la formule hypocrite à la mode, et la France de ce qui reste de la classe moyenne, la France des petites gens, souvent rurale, méprisée par les élites, c'est elles qui se nomment ainsi, et le pouvoir, celle des petites et moyennes villes qui ont fini après cinquante ans de détricotage systématique de la Nation et des liens traditionnels par perdre presque totalement leur identité, et leur dynamisme.

Cette France périphérique est celle d'une précarité sociale sans cesse accrue, une précarité matérielle mais aussi culturelle et intellectuelle, les éducateurs n'y faisant plus leur travail et encore moins les politiques, sans parler des églises, dont la catholique qui l'a laissé tomber également. Les français qui y vivent sont considérés comme trop riches pour bénéficier des aides sociales et sont trop pauvres pour arriver à se sortir du marasme économique. C'est un cercle vicieux qui implique un chômage endémique dont personne ne s'inquiète, une sous-éducation n'étant le souci de qui que ce soit, et la cause principale du vote Front National, vote qui n'a rien à voir à la base avec un vote protestataire ou un vote raciste. Les français ne sont pas racistes, ils demandent juste pour ceux de la zone périphérique l'équité sociale, et les mêmes aides que des primo-arrivants...

 

Nos élites autoproclamées vivant dans la France privilégiée ont tendance à considérer que les pauvres ce sont surtout les populations immigrées ou français de deuxième ou troisième génération qu'ils côtoient, qu'ils n'aident pas beaucoup plus se contentant de les faire bénéficier des minima sociaux sans éducation à la citoyenneté et aux valeurs républicaines. Bien sûr, elles ont du mal à considérer qu'elles bénéficient de privilèges exorbitants les considérant comme légitimes, et rajoutant aux prétentions matérielles de leurs ancêtres du XIXème siècle des prétentions sociales et culturelles (voir l'essai de Domecq et Naulleau sur la culture en France). La plupart auront d'ailleurs le culot ou la bêtise de dire qu'être bourgeois c'est surtout un sentiment, qu'ils ne ressentent pas, et non une situation objective...

 

Les dirigeants, et les oligarques, n'ont plus le souci de l'intégration économique des plus faibles socialement de leurs compatriotes, se donnant bonne conscience en favorisant plutôt les « minorités », les « communautés », ce qui leur permet de se donner d'eux-mêmes une image flatteuse. Ils n'ont toujours pas compris que cette cassure favorise le vote FN, cela ne correspond pas à leurs schémas, pour eux, ce vote est le fait de nostalgiques de Vichy et du fascisme, de skins bas du front et autres groupuscules le plus souvent infiltrés à 50 % par la BCRI (un militant, un indic...etc). La colère gronde pourtant dans ce pays abandonné à son sort, et bientôt il sera trop tard. Etre pauvre ou précaire ce n'est pas forcément faire partie d'une communauté visible...

mercredi, 15 octobre 2014

Vers la déesse...

Pier Paolo Pasolini – « la longue route de sable » Arléa éditions

littérature, voyage, société, pasolini, cinéma, amaury watremezJe suis, le rappellerais-je, un sale petit bourgeois réactionnaire hédoniste, mais aussi étrange que celui puisse paraître mes écrivains préférés ont tous eu pour la plupart une conduite que la morale réprouve, ce qui en plus ne me choque absolument pas, surtout lorsque l'on parle littérature : j'aime entre autres Oscar Wilde, un homosexuel flamboyant, Proust un inverti notoire, Capote, une grande folle tordue, et un écrivain au destin tragique, Colette qui a eu des aventures féminines, et Pasolini, auteur du film chrétien le plus réussi qui ait été tourné, selon l’Évangile selon Saint Mathieu lu un soir qu'il s'arrêta seul dans une auberge perdue d'Ombrie alors qu'il tournait avec la Callas.

 

En 1959, Pasolini, descendant dans une voiture « familiale » de l'époque, de Vintimille à Trieste en suivant la côte Adriatique, a commencé à emprunter la longue route de sable dont il est question dans ce livre très court, elle a abouti pour lui en 1975 à Ostie, endroit qu'il adulait, où il a été assassiné certainement par un amant malheureux. Il est de ces individus auto-destructeurs qui le savent mais qui veulent tout vivre, tout ressentir, tout aimer et dévorer littéralement en ogres de l'existence qu'ils sont. Il est de ceux qui sont pour ces raisons un peu trop doués pour le tragique et qui y vont en toute lucidité ne sachant pas comment s'y prendre pour être heureux, ayant peur que le bonheur soit ennuyeux au fond.

 

Cela n'empêche pas Pasolini d'être aussi un écrivain solaire, lumineux. Il s'étonne lui-même, lui qui aime la ville, sa poésie, le béton, de s'émouvoir devant autant de beautés sous ses yeux, des longues plages de sable blanc, comme de l'argent sous le soleil de plomb, paysages parfois gâchés par le fléau du tourisme moderne, hygiéniste, se voulant sain, un rêve de lotophage. Sur la longue route de sable il est toujours midi, le temps s'arrête et au loin les âmes capables de poésie croient voir Circé qui les invitent à la rejoindre sur son île en nageant simplement dans les eaux faussement calmes de la Méditerranée, sur les rives de laquelle sont nées nos civilisations. J'aime cette idée émise par un poète de ma connaissance que lorsque l'on meurt l'on va à travers les flots de cette mer à la seule force de nos bras rejoindre la déesse au loin, elle aussi appelant, ses appels étant un peu plus clairs chaque jour qui passe même si l'on s'étourdit d'amours, de colères, de joie ; que l'on fait mine de ne rien prendre au sérieux.

 

En chemin, l'auteur rencontre des célébrités, des anonymes qu'il regarde avec une égale bienveillance, sans pour autant sombrer dans la guimauve. Il croise Visconti dans un hôtel de luxe à Ischia. Il évoque les différences entre les italiens du Nord et le Sud, ainsi que leurs préjugés les uns sur les autres. Il regarde les visages en peintre et le lecteur par la magie de son verbe croit les voir et les reconnaître. Il prend en stop des jeunes filles sages qui vont danser. Il parle des jeunes hommes qui s'ennuient le soir même si le temps est à la douceur ne sachant pas trop comment plaire aux filles, se croyant sûrs d'eux de par leurs rodomontades alors qu'ils sont empruntés et immatures, à la fois ridicules, pathétiques et émouvants à une époque qui était encore très innocente, à la croisée des chemins.

 

Il se moque aussi avec délectation des clichés infantiles que les étrangers ont sur l'Italie, de ces allemandes chargées de piéger de jeunes dragueurs italiens dans la posture de « papagalli » à Venise. Il revoit les palais, les restaurants « sélect », les palaces chargés d'or et de décorations, les artistes que l'on y croise, encore capables de sensibilité mais moins que leurs ascendants, ce que Thomas Mann évoque également dans les « Buddenbrock ». Il n'est pas dupe non plus de ce qu'il y a caché derrière la splendeur de ce qu'il contemple, de la décadence que cela cache, une décadence morale, abjecte, et aussi culturelle, intellectuelle, artistique due à l'abjecte appétence que l'on intime aux individus de consommer biens et choses, et de considérer que la possession de babioles parfaitement inutiles leur donne de la dignité.

 

 

Lorsque le voyage de Pasolini prend fin à Lazzaretto, l'ultime plage italienne, il n'y a que des vacanciers, et un orage qui gronde au loin, finissant par tonner au dessus de l'écrivain qui se retrouve seul à contempler les éclairs et la pluie diluvienne.

photo, site de l'éditeur


Sur le Sable (Les Monstres) - Dino Risi par ESTETTE

lundi, 13 octobre 2014

5ème Avenue, 5 heures du matin, une femme en "petite robe noire" devant Tiffany

 « 5ème Avenue, 5 heures du matin » Sam Wasson collection « Points » éditions du Seuil

 
image de la couverture empruntée sur Amazon.fr

 

cinéma, Truman capote, amaury watremez, littératureLa mise en œuvre de certains films, ceux que la postérité retient de par leur génie, s'apparente souvent à un véritable roman. Ce livre, également une enquête passionnante sur la création d'un objet artistique, raconte celui de l'adaptation de « Petit Déjeuner chez Tiffany » de Truman Capote, à l'ambiance très différente de celle du livre, plus désenchanté, plus triste, œuvre de Blake Edwards devenue véritablement originale et un des rôles les plus marquants d'Audrey Hepburn avec celui de « Vacances à deux », réalisation talentueuse malgré la fin heureuse imposée. A l'aube des années 60 elle y incarne une figure de femme libre très différente des rôles jusque là dévolues aux actrices, une excentrique allant en taxi jusque chez Tiffany les petits matins de déprime, en « petite robe noire » Givenchy, le noir étant en ces temps là réservé aux veuves et aux péripatéticiennes, un croissant à la main, pour retrouver le sourir : jusqu'à ce film la séductrice devait se « ranger » des voitures, ou épouser le héros, et être repentante, ou se faire tuer si elle ne regrettait pas sa mauvaise conduite, comme Gloria Grahame dans « City Heat » de Fritz Lang.

 

Sam Wasson part de l’œuvre de Truman Capote, de « son » Holly Golightly, dont malgré les aspects sordides de son existence il est difficile de ne pas tomber amoureux à la lecture du court roman salué par Norman Mailer, provient de plusieurs des amies de Capote, et de sa mère, qui était une « demie mondaine » de haut vol : « Babe » Paley en particulier qui avait le même passé que Holly, et qui s'était marié avec un homme riche, Capote perdra son amitié en racontant une anecdote qui salissait son époux croyant la venger d'un mariage qu'elle lui confiait comme tragique dans « Prières exaucées », et prononcera son prénom en mourant, Oona O'Neil la jeune femme de Chaplin, et surtout une jeune allemande ou suisse allemande que l'écrivain rencontra lors de son arrivée à New York en 1943 et qu'il n'oublia jamais.

 

Wasson n'hésite pas à égratigner la figure de l'auteur en évoquant sa légère mythomanie et la conscience très haute qu'il avait de son talent, qui vend les droits de son livre sans trop se préoccuper du destin cinématographique d'icelui, se voyant ainsi que le rapporte le futur producteur du long métrage incarnant le personnage principal, Marilyn étant censée jouer Holly, ce qui n'était pas une mauvaise idée soit dit en passant, la comédienne ayant un « timing » comique plus intéressant que celui de Audrey Hepburn, et ayant vécu le genre de « galère » que traverse le personnage, ayant été obligé d'aller « se repoudrer le nez » aux toilettes bien souvent avant que d'être célèbre et d'obtenir des rôles à sa mesure.

 

Ensuite est racontée toute la production du film, depuis le script jusqu'au montage, au choix de la star masculine, Georges Peppard, pas très bon dans le rôle, décrivant au passage les combats menés contre la censure de l'époque, réticente à l'idée que soit montrée au cinéma une fille légère qui n'est pas punie pour sa « légèreté ». Ce n'est pas que les censeurs actuels soient moins pudibonds, leur hypocrisie est juste différente ; selon moins ami lecteur ils le sont encore plus qu'avant. Un premier scénariste, un romancier « sérieux » que l'on espère malléable et docile, est choisi, pour que finalement Blake Edwards et les producteurs en viennent à un auteur plus libre, mais au caractère plus trempé, moins conformiste, Georges Axelrod, qui travaillera aussi avec Billy Wilder et John Frankenheimer pour « Un crime dans la tête ». Et la génèse d'une des scènes de fête les plus réussies du cinéma, avec celle de « La Party » du même Blake Edwards qui utilise pendant 13 minutes les procédés de « slapstick » et de « slowburn gag » des maîtres de la comédie qu'étaient pour lui Leo McCarey et Mack Sennet.

 

Enfin, est racontée dans cet ouvrage la naissance de la plus belle chanson de cinéma, chantée par Hepburn, récurrente instrumentalement de tout le long métrage, « Moon River » d'Henry Mancini et Johnny Mercer, spécialement écrite pour la tessiture peu étendue de l'actrice qui apprit pour l'occasion à jouer de la guitare, chanson que l'on envie de réécouter plusieurs fois une fois le livre refermé, et revoir au moins la première scène de l'adaptation du meilleur roman de Truman Capote....

 

...Et rêver à Holly Golightly.

 

dimanche, 12 octobre 2014

Après Zola déboulonné Voltaire déshabillé

voltaire-nu.jpgAprès Zola, icône de la littérature n'engagée, et Sartre avec Beauvoir, je m'attaque à une autre grande figure inattaquable selon les arbitres des élégances culturelles, un auteur qui fut pourtant un précurseur des z-intellectuels modernes par bien des points.

 

A ce lien sur Mauvaise Nouvelle

vendredi, 10 octobre 2014

Modiano -toujours- comme dans un dessin de Pierre le Tan

littérature, patrick modiano, amaury watremez, société, époque, nostalgieillustration par l'auteur de l'article

 

J'ai parlé de Pierre le Tan, illustrateur des couvertures « Folio » des romans de l'auteur maintenant « nobélisé », en espérant qu'il n'ait pas été « chaptalisé » par ce prix. Pierre le Tan était un parfait complément de l'écriture de l'écrivain, ses dessins reflétant parfaitement l'atmosphère des livres de Modiano, leur âme. Oser parler d'âme à notre époque est une sorte de provocation, j'en ai conscience, mais je n'ai pas peur, et tant pis pour les cuistres qui croiront y déceler quelque chose d'inavouable. Que Modiano ait reçu le prix Nobel de Littérature est une heureuse surprise, un pied de nez moral de ces messieurs aux convenances littéraires, de celles qui couronnent un auteur qui défend des « causes » importantes, qui ne fait pas, lui, de littérature.

 

Tu ne m'en voudras pas fidèle lecteur, je crois que j'ai déjà employé ce titre, mais je ne fais pas de recyclage, je suis un citoyen soucieux de développement durable. Ce texte d'ailleurs consomme très peu d'équivalent carbone. Je connais Modiano depuis l'enfance, ma mère le lisait toujours avec attention dans le train de banlieue que nous prenions régulièrement, et lorsque l'on le voyait à la télévision, ce qui arrivait souvent dans les années 70 et 80, il nous était intimé nous ses enfants d'être attentifs à cet homme dont les mots se bousculaient un peu mais ce qu'il disait finalement dépassait toujours la cime des immeubles des grands boulevards. Modiano était un peu de la famille, il est né dans le IXème arrondissement comme ma mère, ainsi que d'autres auteurs, Marcel Aymé par exemple, l'auteur de « Clérambard » étant un genre de grand oncle, de fantôme familier, avec Antoine Blondin et d'autres.

 

Je ne sais pas si tu as remarqué ami lecteur mais les écrivains de talent sont tous pour la plupart des infatigables piétons de Paris, en plus d'être marqués par leur enfance et les blessures qu'ils ont vécues lors de cette période. Patrick Modiano est de ceux-là, ainsi que Bernard Frank ou Marcel Aymé, et d'autres. Alors, certes, il écrit toujours le même livre, où il cherche son père, ou un père, mais l'on aime sa petite musique, sa manière bien à lui de s'exprimer. Quand le Nobel de Littérature avait couronné Le Clézio, cet auteur pour jeunes filles de gauches romanesques, cela ne m'avait pas surpris, Le Clézio est un écrivain pour cours d'éducation civique, sur la diversité et la richesse des cultures exotiques, excepté son remarquable texte sur le désert. Modiano a des soucis de petit bourgeois hédoniste réactionnaire, pour reprendre la formule « ad hoc », il aime la beauté des avenues bourgeoises, des immeubles en pierre de taille et de leurs cariatides toujours silencieuses sous le ciel parfois un peu gris.

 

Notre époque préfère les cieux toujours bleus, ripolinés, des cieux couleur piscine comme dans une publicité pour détergent ou un film crétin censé faire rêver le brouteur de « pop-corn » (TM°). Les « modernes » se font des villes et de la ville un peu plus ville que les autres qu'est Paris, la même idée que les inspirateurs de la « Révolution Nationale » de Vichy, la ville est corruptrice pour les purs esprits et les petits garçons bien élevés par leur maman, dans la nature l'homme est meilleur, sa nature est moins vile alors que les Tropiques aussi peuvent être bien tristes également. Exposer sans honte son amour de Paris, de ses artères, de sa vie nocturne, de sa population c'est encore maintenant risquer l'excommunication immédiate, l'anathème sans autre forme de procès, l'on se doit de ne louer que l'état de nature, le vert, le naturel, la ville ne pouvant être qu'artificielle. Les « modernes » ne peuvent donc comprendre Modiano et ses personnages qui aiment à se perdre « rue des boutiques obscures » ou feuilleter des heures durant des livres dans des librairies ouvertes toute la nuit ainsi qu'il l'évoque dans « dans le café de la jeunesse perdue ».

 

 

Adulte, j'ai un peu perdu de vue Modiano quelques temps, comme on perd de vue quand on mûrit un oncle que l'on chérissait pendant son enfance. Sans doute n'étais-je pas assez mût pour goûter ses errances et celles de ses créations de papier dans les rues parisiennes. Je l'ai redécouvert quand il a écrit son livre sur Maurice Sachs, son « père » fantasmé, ce type complexe, homosexuel futile et fêtard, auteur de faux journaux des « années folles » (« Au temps du bœuf sur le toit » a longtemps été pris pour une autobiographie ce qu'il n'est pas), écrivain dilettante néanmoins brillant et au style ciselé, mari d'une épouse trop riche, trafiquant louche avec les nazis qui finiront par l'assassiner après l'avoir martyrisé au sens strict du terme. Sachs rappelle si on l'avait oublié que l'être humain n'a l'âme ni noire ni blanche, on y perçoit plutôt une infinité de nuances de gris (et je ne fais pas allusion ici à « l'histoire d'O » « light » pour ménagères dépressives qui vient de remporter un succès de librairie énorme, hélas...). Je me suis alors replongé dans les courts romans de Modiano, il m'est apparu comme un proche, un de ceux que l'on peut ne pas voir pendant des années et retrouver un jour en ayant l'impression de s'être quittés la veille, de ceux avec qui l'on s'est fâchés « pour la vie » et à qui l'on a juste envie de faire l'accolade lorsqu'on les revoit.

jeudi, 09 octobre 2014

Je suis un sale petit bourgeois hédoniste et réactionnaire

...Et je n'ai même pas honte te dirais-je ami lecteur, mon semblable mon frère en matière d'introduction liminaire, introdulittérature, écriture, société, amaury watremezction liminaire étant avouons le un pléonasme c'est vrai. Étant un réactionnaire sans remords, un « anar de droite » indécrottable et sans regrets, j'ai encore quelques restes sur le langage et la syntaxe et ce malgré quelques mirifiques réformes de l'enseignement des Lettres et de l'ortograffe (oretografe ? ortografent?) qui ont commencé dans mon enfance. Je suis de droite, amoureux de l'art de vivre de mon pays, de son histoire, de sa littérature.

 

Salauds de pauvres !

 

Ces jours-ci je l'avoue je ne suis pas trop dans mon assiette, j'ai réalisé combien j'étais un mauvais citoyen peu responsable et si peu civique qui râle, récrimine et revendique sans répit sur ses droits alors qu'il y a des chtits n'enfants n'africains qui meurent de l'Ebola alors qu'il n'est en plus qu'un représentant de tous ces pays d'hommes blancs qui ont fait vivre aux peuples africains et asiatiques l'esclavage et la colonisation ce qui implique qu'ils méritent la loi du talion hygiéniquement pensante. Il est bien connu que seuls ses semblables ont des instincts vils, tu sais bien ami lecteur qu'il n'y a pas de races, pas d'ethnies, mais une seule humanité même si dans celle-ci il y a des êtres humains plus égaux que d'autres, certains étant condamnés à l’auto-flagellation éternelle.

 

Les français, selon « l'Express » ne font pas assez d'efforts pour les réformes indispensables et obligatoires contre la Crise sinon ce sera des pleurs et des grincements de dents partout dans le pays, enfin une crise, c'est juste que le pouvoir financier est en train de changer de mains et de passer de l'Occident à l'Asie. Un ancien président en fauteuil Voltaire nous l'a pourtant dit, il faut absolument arriver à l'unité politique de l'Europe, abolir enfin les nations, ces vieux trucs du passé, poussiéreux et qui freine l'avènement de l'humanité nouvelle où les individus seront dieu merci neutres et ne se laissant pas aller à de bêtes pulsions individualistes au nom de la Liberté comme d'aucuns, comme moi (« Mea Culpa, mea maxima culpa... ») et quelques autres.

 

Les français sont des ingrats, des enfants gâtés qui ne connaissent pas leur bonheur, de sales petits bourgeois hédonistes et certainement réactionnaires, comme moi je l'avoue bien volontiers qui rêve d'une douceur de vivre qui n'est plus à l'ordre du jour enfin soyons sérieux s'il vous plaît je vous en prie. Heureusement que des gouvernements de gôche réalisent enfin les rêves humides des monétaristes et autres séides de la Finance mondiale qui songent surtout à leurs intérêts.

 

Les français se rêvent encore comme un grand peuple avec une histoire inoubliable, un peuple avec une culture brillante, un art de vivre incomparable, une identité que paradoxalement ces beaux esprits et petits marquis actuels dédaignent et méprisent, considèrent comme « franchouillards » et « ploucs », rêvant d'exotisme et aussi d'Amérique, les bobos parisiens, ces péquenots montés en graine qui singent ce qu'ils croient être l'élégance, qui se verraient plus à New York finalement que dans la ville célébrée par Modiano dans la plupart de ses livres, prix Nobel de littérature qui me plaît plus que celui accordé à Le Clézio, cet auteur pour jeunes filles de gauche rêveuses et bien élevées.

 

La diversité, les communautés bariolées dans chaque quartier, les mafieux russes et les émirs pétroliers et théocrates à Manhattan comme aux Champs Elysées, les mafieux russes à Brooklyn comme sur les Champs aussi, les escrocs de la finance à Wall Street et les putes de haut vol un peu partout, il faut bien qu'elles vivent confortablement ses braves femmes, toussa, toussa et le reste, ce sont les vacances « Nouvelles Frontières » tous les jours sans avoir besoin de poser des « erretété ».

 

Et c'est ainsi qu'ils vont tous vers l'abîme...

mercredi, 08 octobre 2014

Chroniques culinaires - « Encore des nouilles » Pierre Desproges aux éditions « les échappés »

Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremezCertains de ces textes ont été utilisés par Desproges pour « Cyclopède » ou les « Chroniques de la Haine Ordinaire », ou encore les réquisitoires des « Flagrants Délires », d'autres sont totalement inédits. Ils ont été rédigés pour la revue « Cuisine et vins de France ». Rien que le fait d'écrire sur la cuisine à notre époque sans moraliser le lecteur, déplorer ceci ou cela, se contenter de dire combien le plaisir de manger et boire de bonnes choses avec ceux que l'on aime est grand. Desproges se foutait complètement de manger « équitable » ou « bio », de manger hygiénique, il aimait les bons produits, cela suffit. Il n'intellectualise pas sur le sujet comme il est d'usage même si bien sûr le plus important lorsqu'on boit par exemple un Cognac ou un excellent Bourgogne c'est aussi ce que l'on en dit après...

 

Les imbéciles n'aiment pas -bien- manger, ils n'aiment pas le bon vin, ils confondent les plaisirs de la table avec la goinfrerie et assimilent ceux du vin à de l'ivrognerie on ne se méfiera jamais assez des buveurs d'eau, ils ont du mal à apprécier les joies et les plaisirs que la vie peut leur donner. Et ils voudraient que le monde entier autour d'eux soient aussi purotins, aussi incapables de simplement apprécier la beauté des choses et des êtres, leurs parfums, leurs saveurs. Ces sots obtiennent parfois ce qu'ils veulent hélas...

 

...Ils n'ont même pas l'excuse d'être d'anciens parpaillots.

 

Une des meilleurs séquences du « Petit Rapporteur » est celle où il va faire ses courses au marché de la rue Lepic, un dimanche, en alexandrins déclamés gentiment par les commerçants dont le célèbre Peppone, marchand de quatre saisons et bien entendu on se souvient de la bataille de boudin blanc avec Prévost vue et revue dans les émissions de zapping.

 

« Un cassoulet sans vin rouge, c'est aussi consternant et incongru qu'un curé sans latin. » écrit Desproges dans ce livre qui aimait la gastronomie en particulier, la bouffe en général et le bon vin aussi. Le livre porte ce titre car lorsqu'il emmenait ses filles à venir au restaurant avec sa femme, celles-ci demandaient gentiment et très poliment aux restaurateurs raffinés chez qui « l'écriveur » les emmenait de pouvoir avoir un plat de nouilles si rien ne leur convenait sur la carte. Plus tard, lorsqu'elles devaient aller au restaurant avec leurs parents, leur première réaction était :

 

« Encore des nouilles ! ».

 

Desproges raconte principalement des repas, son plaisir à les partager avec des amis et sa famille. Il évoque les consternants restaurants à la mode où le champagne peut être vert et ressembler au produit vaisselle à récurer les casseroles. Il décrit son plaisir à bâfrer comme un barbare des mets peu élégants pour se réjouir le ventre. Il raconte la bouleversante histoire de l'inventeur du pain à saucer qui devrait être enseignée dans toutes les écoles. Et même il nous donne des fragments de sa vie amoureuse lorsqu'il narre sa passion pour une femme merveilleuse qui aime goûter les chairs tendres de viandes savoureuses, les desserts délicats de refuges gastronomiques qu'il connaissait, jusqu'à que cette conne mette de l'eau dans un cru rare, un « Figeac » d'une très bonne année, ce qui est, avouons le scandaleux et impardonnable.

Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremez

En passant il rappelle que bien manger et apprécier les plaisirs de la bonne chère, ou du bon vin, indique généralement que l'on a des prédispositions de bon niveau pour les choses de l'amour. Desproges conseille même de faire l'amour à table et manger au lit ce qui est beaucoup plus simple il est vrai.

 

Enfin, en bon cuisinier qu'il était, il propose quelques recettes, des recettes disons difficiles comme « le cheval Melba », en cas d'impossibilité de trouver un cheval on peut le faire avec un chihuahua, la « Marie croquette », et sa manière particulière d’accommoder sa fille aînée, plat unique entre tous, des recettes plus accessibles comme le « pâté à la desprogienne » qui semble savoureux bien que consistant (on met dedans deux paquets de beurre quand même).

 

 

Ami lecteur, si tu es un hygiéniste de la bouffe passe ton chemin ce livre n'est pas pour toi et va manger tes cinq fruits et légumes quotidiens.

 

Image et couverture prises sur le site du "Huffington Post"

Un précaire peut-il être de droite ?

Dédié à Pierre Chaboche, mon aimable correspondant de "Touitteure"

 

Sur la photo on le voit j'essaie de donner des gages de bonne volonté...

 

politique, société, privilèges, amaury watremezHier soir sur « Touitteur », sur le fil de l'émission « le Téléphone sonne », j'ai eu un échange intéressant avec un prof de gauche (pléonasme ? Pas toujours). Pour lui, un type, une femme, de droite était forcément un suppôt du MEDEF et de Pierre Gattaz, le bossu du libéralisme. Et forcément, être de droite impliquait d'être riche à millions et non précaire vivant en foyer à 1000 kilomètres de chez soi. Bien entendu, il m'a accusé ensuite de ne parler que d'argent, la chose n'étant pas très importante selon lui quand on fait un métier nécessitant une vocation comme celui d'enseignant.

 

En concluant ainsi qu'il le disait lui-même qu'il se fichait d'être payé ou pas, je lui proposais donc de partager son salaire en plusieurs parts avec les nécessiteux et ses confrères et consœurs précaires mais curieusement il refusa arguant qu'il redistribuait déjà par les impôts et puis « on ne peut pas être partout n'est-ce pas ? ». Par contre il nous conseilla d'écrire à la ministre de l’Éducation pour solliciter sa pitié en gros comme le faisait les paysans auparavant sous l'Ancien Régime pour demander la clémence du Roy ou de leur « bon mait' » quand un impôt leur semblait trop lourd ou une situation trop difficile.

 

Mais il ne me semblait pas qu'entre-deux ait eu lieu une Révolution qui avait abattu tous les privilèges une certaine nuit du 4 Août ainsi que ce genre de rapport entre les « petits » et les « puissants » ? Combien étrange !

 

Quand je lui rappelai que le délit d'opinion n'existe pas en France, il me rappela que la connerie non plus, car pour lui comme pour ses semblables être de droite c'est être un imbécile. Ce n'est pas possible autrement, moi qui n'ai voté pourtant ni le Pen ni Sarkozy aux dernières présidentielles, ni Hollande d'ailleurs...

 

Ainsi sont les bourgeois de « gôche », libéraux-libertaires, donneurs de leçons de morale, non seulement ils sont objectivement matériellement privilégiés mais en plus ils se donnent un rôle de guides du peuple, cet ingrat, qui parfois même s'en fout réclamant de simplement pouvoir vivre décemment. Ils rajoutent à leurs prétentions matérielles des prétentions politiques, très dogmatiques, ou le sociétal remplace le social, car « on ne peut pas être partout » n'est-ce pas ?

 

Et puis le sociétal ça ne « mange pas de pain », ça n'engage pas à grand-chose quant à une redistribution réellement équitable et ça fait plaisir aux copains, aux copines homos que l'on se doit d'avoir sous la main quand on est un sociétal-libéral de bonne facture pour montrer que l'on est super-modernes, super-tolérants. Bien entendu, quand l'on a soi-même un fils ou une fille qui veut faire son « coming out » c'est tout autre chose. Je pense que tous les jeunes homosexuels qui se retrouvent à la rue dans Paris ou ailleurs, obligés parfois de se prostituer pour survivre, ne viennent pas tous d'atroces-abominables familles catholiques « tradis » ?

 

Un précaire ne peut pas être de droite, ou alors s'il est de droite, il n'a pas le droit de se plaindre. Un précaire se doit de suivre en tout le bourgeois « de gôche », de ne pas regimber à son autorité morale, de voter comme lui. Il est préférable il est vrai pour ces bourgeois « de gôche » qu'un précaire soit « issu de la diversité » (TM°) selon l'expression très hypocrite en vigueur pour être considéré, croire en une foi religieuse de pays lointains, et en plus cela aura le mérite de mettre en valeur la vanité des bourgeois libéraux libertaires avec une petite touche d'exotisme qui prouvera combien il est ouvert au monde. Et au fond, comme ses ancêtres positivistes il a « ses pauvres »...

 

 

Le bourgeois de « gôche » est un genre de dame patronnesse au fond de lui...

mardi, 07 octobre 2014

L'Odyssée revisitée en manière d'autofiction

Ulysse ne venait pas d'Ithaque, cette seigneurie minuscule, rurale, provinciale, il était de la cité des achéens sur le continent, la grande cité turbulente qui faisait peur aux paysans de l'Olympe. Ils avaient peur d'y être pervertis. Il ne se sentait bien qu'à cet endroit, il était chez lui dans chacune de ses rues, de ses ruelles, il était familier de chacun de ses monuments, mais l'ancien roi d'Ithaque son père en était parti avec son épouse, la reine, c'était la première fois qu'il s'était senti déraciné.

 

image de Circé prise ici

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Ulysse n'avait aucune envie de rentrer à Ithaque, son royaume, après avoir combattu à Troie, il se perdit volontairement dans un archipel d'îles inconnues et réputées dangereuses, dont celle de Circé, une enchanteresse qui ressemblait beaucoup à son épouse, Pénélope. Elle transformait les hommes en porcs baveux pour se rassurer sur ses capacités de séduction, et la plupart des hommes, pour la plupart des métrosexuels, étaient ravis de la métamorphose qui était pour eux une forme de régression confortable. Plus rien d'autres à faire que de se rouler dans la fange avec délices sans se sentir redevables de quelque morale ou devoirs envers les autres...

 

La magicienne cherchait quelqu'un qui soit pour elle à la fois un amant et un père. Circé ne sait ce qu'elle veut, c'est une chieuse, ils se disputent, Ulysse qui ne s'était pas transformé, il voulait que Circé l'aime pour lui, décide de rompre et ce qui arrange les porcs qui nombreux dans l'île soutiennent leur maîtresse défaillante sans faillir quant à eux.

 

Ulysse sur son bateau a une nostalgie infinie de Circé, elle lui manque, il la voit dans toutes les femmes. Il essaie d'aller vivre chez les lotophages mais cela ne change rien, il n'oublie rien, pire encore le guerrier fringuant qu'il était perd de sa superbe, il grossit démesurément de par la culpabilité qu'il ressent, il porte tous les malheurs du mondes, il se met hors de la vie. Il finit par aborder au hasard sur une plage de sable très blanc sous un soleil radieux de Méditerranée.

 

Il y trouve Calypso, une nymphe très brune, aux yeux tout noirs, qui se prélassait là, un peu ronde avec des boucles brunes, des « accroche-cœurs » désuets. Elle l'aime de tendres sentiments, elle est beaucoup moins compliquée que Circé dont elle mime les manières pour continuer à plaire à Ulysse qui ne voit qu'elle l'aime vraiment. Calypso regardera le vaisseau s'éloigner, elle se dira qu'il vaut mieux qu'elle se marie avec un brave berger des montagnes, il lui fera un enfant, mais elle finira par rester seule. Ulysse avait retrouvé son Ithaque et une Pénélope, mais il ne le savait pas.

 

Ulysse a peur d'abuser de la situation alors qu'il aurait simplement pu la vivre, Calypso est une nymphe fragile. Il repart très loin au Sud, il veut se perdre chez les perses, il est persuadé que quelqu'un l'attendra toujours à Ithaque. Il est persuadé que tout le monde pense à lui, qu'il est au centre des attentions. Il aime sa tristesse et son malheur, il ne veut pas en sortir. Elles lui sont confortables, il s'y laisse aller comme les suidés de Circé dans leur bauge.

 

Quand il retourne finalement chez lui, contraint et forcé, il sait qu'il n'est pas le bienvenu, que la vie de ses vassaux, de sa cour, de ses proches a continué sans lui. Il se sent encore coupable de tous les maux arrivés durant son absence. Il devient le jouet de son palais, n'ose plus prendre aucune décision mais il finit par vouloir repartir, il va sur l'île de Circé mais elle n'est plus là depuis longtemps même si chaque paysage évoque pour lui un souvenir amoureux. Il retrouve la plage de Calypso, mais il ne la voit qu'au loin alors qu'elle est dans son palais avec son enfant. Elle le regarde et il voit comme elle est triste mais elle détourne malgré tout les yeux car elle sait qu'il ne saurait pas l'aimer...

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image de Calypso prise là

Égaré dans un quartier de la grande cité de son enfance qu'il ne reconnaît plus alors qu'il y a pourtant vécu, il rencontre une femme qui a les mêmes tourments que Circé, qui veut lui ressembler, mais qui n'est qu'une fille de Roi qui aime à se faire passer pour libéral envers son peuple parce qu'il se désintéresse d'elle et qui ne songerait pas à partager son trésor royal. Elle ne transforme pas les hommes en porcs, mais les pousse à se haïr pour se sentir exister, et le pire est qu'ils se laissent avoir, qu'ils ont l'impression de compter, d'être des princes charmants alors qu'ils n'étaient que des prétextes pour son égoïsme.

 

Il voit bien qu'elle ne l'aime pas. Il la désire et se sent au bord de l'abîme. Il est persuadé qu'il est déjà mort, et qu'il est dans un Hadès intermédiaire, un Hadès personnel. Il croit qu'il est déjà dans le gouffre, dans une des gueules de l'Hydre. Il n'est jamais vraiment revenu à Ithaque, il s'est perdu quelque part sur le chemin de retour et souffre, il veut revivre mais il est trop tard pour s'autoriser à être heureux ne serait-ce qu'un moment. Les Parques ont déjà tissé leurs fils, il ne peut défaire leur ouvrage où est-ce Zeus qui lui refuse le bonheur, ou plus simplement lui-même qui se l'interdit, il ne sait...

samedi, 04 octobre 2014

« Les chiens aboient » - Truman Capote « L'imaginaire - Gallimard »

portrait pris ici

 

Quand on on est un monomaniaque de la littérature comme moi, on aime lire le plus possible des livres d'un auteur en particulier, s'ouvrir aux univers qu'il expose dans ses ouvrages. Truman Capote est de ceux-là. La postérité a tendance un peu rapidement à le catégoriser comme une sorte de ludion un peu superficiel, un charmant auteur dans le genre d'un Cocteau américain, en un peu plus futile, ce serait le rabaisser voire le mépriser à ce qu'il n'est pas, certains allant même à le percevoir comme un Jacques Chazot new-yorkais, un chroniqueur mondain et rien de plus. D'où le titre, « les chiens aboient...

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...la caravane passe ».

 

Capote, prononcé Ké-po-ti, nom qu'il adopte quand sa mère se remarie avec son deuxième époux, le premier étant un escroc irresponsable et léger qui s'est désintéressé de son enfant duquel il demandait cependant parfois des nouvelles sur ses vieux jours ce qui permet à l'écrivain de lui pardonner à la fin.

 

C'est un orfèvre du style permettant au lecteur voulant bien se laisser saisir de partager son horreur de la mort des deux assassins de « De Sang Froid » ou de tomber amoureux de Holly Golightly dans « Petit Déjeuner chez Tiffany », « novella » qui prend son sens lorsque l'on sait que le personnage est en fait une jeune allemande qui avait des ambitions de « cover girl », à défaut elle raccompagnait les messieurs aux toilettes, dont il a été passionnément amoureux, jeune « wunderkid », lors de son installation à Brooklyn pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Il est passionné depuis son enfance, comme tous les enfants qui ne sont pas très doués pour la vie sociale, par la littérature qui est toute sa vie, Harper Lee, son amie d'enfance, sa sœur, en témoignant partiellement dans « To kill a mockingbird », Capote qui vivait chez ses vieilles tantes vieilles filles non loin étant pour elle un « Merlin de poche » d'une imagination sans bornes, lui-même racontant ses moments en particulier dans sa correspondance et dans « la Harpe d'herbes » ou « Les domaines hantés », version abordant le pendant plus sombre de cette période de son existence dont la découverte de son homosexualité dans des conditions troubles alors qu'il avait une quinzaine d'années. Il ne faudrait cependant pas faire du délicat Truman un militant comme il en est qui le font de Proust, il n'en parle pas comme d'une « cause » à défendre.

 

Ce recueil rassemble quelques portraits de célébrités (déjà parus chez Gallimard dans l'édition « Folio » de « Musiques pour Caméléons »), dont Colette qui lui offre un « bibelot » qu'il gardera toute sa vie, Gide portraituré en vieux sage indien, et Cecil Beaton, et d'anonymes et des impressions de voyages de l'auteur en Italie en particulier qui notait tout, et écrivait sur tout. Il se comporte avec les « petites » gens de la même manière qu'avec les privilégiés, n'ayant pas plus d'obséquiosité ou de respect pour les « grands » de ce monde ou les élites auto-proclamées.

 

Le lecteur de ce livre, enfin surtout moi ami lecteur de ce texte, songe aussi au portrait de Proust par Léon Daudet dans ses « souvenirs littéraires » décrivant un être humain complexe à la fois un petit garçon inconsolable, une commère, un cynique désespéré, un auteur modeste, un auteur à l'ambition démesurée, écrivant « De sang froid » aussi pour que l'histoire retienne son nom. Ironie du sort, son œuvre majeure suivante qui devait s'appeler « Prières exaucées » aurait bien dû lu rappeler que c'est sur les prières exaucées que l'on verse le plus de larmes. Il a été mondialement consacré et il a ensuite connu une lente et longue déchéance jusqu'à sa mort, n'écrivant plus grand chose, ne terminant pas ce qui devait être son dernier « grand œuvre » se contentant de préfacer des recueils de textes et d'articles parus dans le « New Yorker » ou « Vanity Fair ».

Pas besoin d'humanité nouvelle ! - LMPT du 5 octobre

Dédié aux cyber-flics, aux bons petits soldats de Najat Vallaud-Belkacem même pas vénaux, aux séides zélés, aux boutures d'indics qui me lisent et qui ne manqueront pas de relayer ce que j'écris ici

 

politique, amaury watremez, LMPT, Taubira, Najat Vallaud Belkacemphoto du haut : « Paris Normandie 27 mai 2013

photo du bas : Amaury Watremez (TM°)

 

Demain dans les rues défileront des familles et des personnes soucieuses des conséquences des lois de madame Taubira et aussi madame Vallaud-Belkacem (celle-ci est très soucieuse des "ABC de l'égalité" mais ne voit aucun problème à envoyer un travailleur handicapé ou une jeune mère à 1000 kilomètres de chez eux). Ces manifestants se feront, se font déjà, traiter de tous les noms, et la plupart des commentateurs dont le jovial Karim Rissouli dans « le Grande Journal » d'hier insistent bien sur le fait qu'il y aura des groupuscules « d'esstrème droite » qui défileront avec eux, ce qui revient à dire que ce sont tous des « fâââchiiistes », ce qui veut tour dire.

 

Cette fois-ci je ne pourrai pas en être sur place, mais je serai avec eux au moins en intention pour les raisons ci-dessous...

 

Il n'est pas question une seule seconde pour ses manifestants de dénier aux homosexuels leurs aspirations à la paternité ou la maternité, la question étant surtout l'idéologie qu'il y a derrière ces lois sociétales et qui participe d'un tout. Il s'agit de créer un homme nouveau, ou plutôt un être humain nouveau, neutre, « libéré » de tous les liens du passé, traditionnels, ce qui fera de lui un individu d'autant plus docile pour que s'entretienne encore quelques temps, avant l'abîme, la dynamique du système tout économique libéral-libertaire, quitte à marchandiser le corps des femmes et des enfants en autorisant « de facto » la GPA et ce contrairement au déclarations mensongères de Valls.

 

Ces lois sont liées à celles sur l'euthanasie bientôt partout en France non pour soulager les souffrances mais pour se débarrasser des éléments humains qui ne sont plus performants.

 

politique, amaury watremez, LMPT, Taubira, Najat Vallaud BelkacemMadame Taubira l'a d'ailleurs exprimé clairement ce but. Il s'agit d'aller vers une « nouvelle civilisation », sans oublier les propos de Jacques Attali sur la naissance prochaine de tous les bébés en éprouvettes, selon une ingénierie de laboratoire, ou de Jean d'Ormession hier soir également qui trouve cela très bien. Ce n'est pas que Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem ne soient pas sincères à mon avis, je suis persuadé qu'elles croient vraiment œuvrer pour le bien universel, elles sont finalement ce que Lénine appelaient des « idiotes utiles », des pions, à la différence d'Emmanuel Macron ou Rebsamen qui sont parfaitement conscients d'être des courroies de transmission de l'hyper-libéralisme...

 

Je ne comprends pas d'ailleurs que des militants de gauche sincères, il en est encore, et non de gôche sociétale, il en est de trop, ne soutiennent pas ce mouvement qui même s'il est parfois brouillon, même s'il est parfois insuffisant quant aux suites réelles dans la vie de chaque jour, est un mouvement de refus de l'avènement de cet individu « fonctionnel », rêve humide de tous les libéraux-libertaires, dont leur « penseur » Attali cité plus haut, sans aucun lien ni attaches, ni histoire, ni valeurs, parfaitement soumis, ne s'emportant et ne se passionnant que pour acheter la dernière babiole électronique à la noix qu'on lui intime d'acheter sans se poser de questions. 

mercredi, 01 octobre 2014

"Patrick and me" - by Rose Océane Ginsburg de la Rimbaldie

10678663_320215091490019_1228683920830050171_n.jpgIntroduction : Ami lecteur, comme tu le sais, je suis un catholique réactionnaire, nostalgique de l'Ordre Moral, moralisateur donc, tu seras peut-être de ceux qui trouveront ce texte scandaleux sur ce blog où il a pourtant toute sa place. Il évoque une période que j'ai connu aussi, un peu erratique mais jubilatoire, la dernière génération de l'après « Mai 68 » juste avant que les vétérans de ce « monôme » d'enfants gâtés ne se rappellent qu'ils n'avaient pas assez de gosses pour payer leurs retraites. Nous sommes des enfants des illusions des « Trente Glorieuses » à qui l'on avait promis que le monde était à eux, que tout leur appartenait, que tout était possible, y compris les rêves les plus fous, les désirs les plus illusoires aussi. J'ai aimé follement moi aussi. Nous ne savions pas trop ce que nous voulions, nous ne savions pas trop où nous allions.

 

Beaucoup se sont perdus en route ou sont revenus dans les rails de la normalité, fût-ce en se laissant gagner par la « bobolisation » et en se donnant deux ou trois alibis « équitables » ou « développement durable » pour se donner bonne conscience. Et finalement les illusions et les rêves sont bel et bien morts, ne restent que l'argent-roi et l'individualisme le plus abject, le plus égoïste.

 

Ce texte est un témoignage sur les années 90, sur des milieux culturels et littéraires où l'on aimait à s'étourdir de sentiments, de sensations, de parfums et de corps en cherchant toujours presque désespérément quelque chose que l'on ne trouvera pas de cette manière, mais ce n'est pas pour rien cependant que beaucoup de femmes au comportement réputé scandaleux sont finalement devenus de profondes mystiques, comme Liane de Pougy, des auteures profondément humaines et sensibles comme Colette ou Sagan.

 

Et puis je songe à mon cher Bernanos et sa Mouchette du « Soleil de Satan » plus proche de Dieu que l'abbé Donissan lui-même pourtant un saint prêtre, Mouchette allant jusqu'au fond de l'abîme pourtant. Il en faut du courage pour dépasser les normes amoureuses et ne pas avoir peur de choquer. En 2014, il semble bien que la plupart des amoureux ne rêvent que d'un bonheur somme toute très bourgeois : un pavillon « monopoly », un chien, une télé écran plat et le dernier « smartefône » dans la poche.

 

En lisant Rose, qui raconte ici son « travail du négatif », j'ai pensé aussi aux textes de Bukovski sur Hollywood, sur des personnes de milieux privilégiés où l'on oublie parfois que si l'on fait partie d'une élite, l'on n'en est pas moins touché par les mêmes travers que toute le reste du monde, ce que je lis aussi dans la devise de Marguerite Yourcenar : « Je ne vis pas comme ils vivent, je ne rêve pas comme ils rêvent, je n'aime pas comme ils aiment, je mourrai comme ils meurent ». Bien entendu, « Patrick and me » qui pourrait être un livre que pourtant elle n'écrira pas pourrait être une nouvelle version des « Claudine » frauduleusement signé du mari de l'époque de Colette, le bougre....

 

Amaury Watremez

 

Ce texte n'est pas dédié @ Patrick Amine mais à Lorette NO... et Christine Subes...

 

Patrick and me by Rose Océane Ginsburg de la Rimbaldie
         

Myriam19922.jpg        Voilà, j'avais 23 ans et lui terminait sa trentaine. La vie me souriait mais guère les femmes. J'en prenais mon parti. Il faut dire que mon physique les dérangeait. J'étais une parfaite inconnue  sillonnant la France grâce à un physique avantageux. .J'étais regardée  de tous au point où je ne faisais pas cent mètres dans la rue sans qu'un homme me propose d'aller boire un drink. J'acceptais souvent. A l'époque, j'étais en couple. On était libre de faire ce que l'on voulait. Mais mon concubin ne supportait pas l'idée que je puisse m'étendre dans d'autres draps que les siens. 
        
                                                                 Il était là, assis sur un amas de livres dans son petit salon. Je regardais par la fenêtre. Il lisait des textes que j'avais écrit en hommage à Gainsbourg. De temps en temps, il levait ses yeux vers moi et un fugitif sourire éclairait son visage. Parfois, il me posait une question. J'étais mal engoncée dans mon âme et timide. Mais quelque chose c'est passée à ce moment là. Une chose silencieuse... Des sortes de tropismes flottaient dans l'atmosphère. C'était le matin et en cette fin de matinée, notre rencontre cheminait vers un futur "pan"  retentissant dans ma vie, une déflagration de mon être. On n'en était pas encore là, ni lui ni moi le devinions. Alors, on c'est dit au revoir avec la promesse de se revoir. Je retournais dans ma vie de couple. Dans ce loft qui servait aussi d'atelier mécanique et de couture. Où tout le monde passait même des inconnus frappaient au rideau de fer. Qu'ais- je dis à mon concubin ? Je ne sais plus.  Peut- être ne lui ais-je rien dit. Ma machine à écrire était comme à l'accoutumée sur le bar. Je me suis assise sur la chaise haute et j'ai ébauché un texte. Quelques jours après, par l'intermédiaire de la cousine de mon concubin, il m'offrit deux livres :" petit traité de la versification" et  "Essai sur le juke-box".  A cette occasion, F. lui apprit qu'il y avait un juke-box chez-moi. Peu de temps a passé avant que je revois Patrick. On avait rendez vous au Café de Flore à 18 heures. Mon concubin m'y déposa en voiture. Patrick n'était pas seul. J'étais une fois de plus intimidée et je crois que je n'ai pas dit un mot... une fois de plus... Puis avec Patrick on a décidé d'aller manger des tapas. Là aussi, en ce lieu de décor hispanique on n'était pas isolés car Patrick connaissait des gens. Un amour sourd naissait en moi. On a été ensuite à la Casbah. J'ai dansé. Patrick affalé sur une sorte de pouf m'observait. Revenant vers lui, il a évoqué Baudelaire :" tel un serpent qui danse au bout d'un bâton".  Puis lorsque l'on ait parti, dans la voiture que Patrick avait emprunté, je lui ai dis: " je ne veux pas rentrer. Je veux rester avec toi. 
    Alors à nouveau, je me suis retrouvée dans son petit salon. Il m'a mis entre les mains des textes qu'il avait écrit mais il me semble que là non plus je n'ai rien dit. J'étais offusquée par l'un d'entre eux qui racontait une histoire sur la maladie vénérienne d'une femme. Au lit on s'est embrassé.  J'avais comme l'impression qu'il ne voulait pas m'embrasser. J'étais habituée aux baisers à pleine bouche de mon concubin et voici qu'un autre picorait mes lèvres. On c'est peut-être caressé. Je ne sais plus mais on n'a pas fait l'amour ! Ce que je me souviens c'est que je me sentais très bien. Déjà,  je me posais  la question sur mon attirance si "charnue" à l'endroit de Patrick. On ne peut pas dire que Patrick était un Apollon. Et je ne me souviens pas de lui avoir trouvé du charme.  Patrick était  un esprit rayonnant, un peu dandy . Tous les murs de sa chambre  formaient  une cloison  par des livres qui de bas en haut  en étaient comblés. Le salon aussi... L'esprit de Patrick contenait toute sa richesse : un trésor inestimable d'œuvres. Une sorte de sanctuaire de la Littérature, de l'Art et de la Musique. Le matin on a certainement pris un café. Du déjeuner j'en ai oublié sa saveur. Il fallait que je rentre. Il fallait m'y résoudre. J'ai téléphoné en fin d'après- midi à mon concubin. Il est venu me chercher chez Patrick qu'il connaissait. Étrange cette entrevue à trois... Je me demande ce que Patrick a du penser. Je n'étais pas mal à l'aise et je ne dissimulais rien mais il c'est passé dans ces instantanés des choses comme si  rien ne c'était passé entre Patrick et moi. Je n'avais pas prévenu mon concubin que je découchais. Il ne fut pas inquiet de mon absence. C'était la première fois depuis ma rencontre avec mon concubin, il y avait de cela trois ans,  qu'à un autre je m'offrais. Avec Patrick en nous faisant la bise on c'est dit à bientôt.  Il n'est rien apparu de cette fugue conjugal dans ma relation avec mon concubin. Surprenant ce comportement où toutes mes émotions étaient enfouies à l'intérieur de mon être. Où pas un instant quiconque aurai pu se rendre à l'évidence de ce que je vivais en marge de mon couple.
    Jamais quand j'étais avec mon concubin je pensais à Patrick de façon fiévreuse et jamais quand j'étais avec Patrick je pensais à mon concubin en me disant que je faisais là une chose mauvaise. Tout était dissocié.  Ce qui est étrange dans les sentiments que j'éprouvais envers Patrick est que je n'avais aucun fantasme. Je me laissais porter. Je le laissais me transporter. 

 myriamquart.jpg   Avec mon concubin, tous les jours nous étions entourés d'amis. La vie était agréable et moi, je ne voulais faire que des rencontres avec des gens différents des autres. On me disait hautaine, arrogante, je m'en foutiste. Ces qualificatifs ne me troublaient pas car je n'accordais ma sympathie qu'à des personnes qui pour moi le méritaient. Ne sommes nous pas tous un peu comme cela ? Un matin alors que je lisais la mythologie grecque Patrick me téléphone. Il a fallut que je lui fasse la lecture sur le passage de Morphée. Curieux ! pourquoi Morphée ?  Voulait- il me faire comprendre qu'il  était un marchand de sable qui allait plus tard m'anesthésier ? Il me donne rendez vous le soir au Flore.
    En raccrochant le combiné du téléphone, je me suis interrogée. Qu'est-ce qui attirait Patrick en moi? Ma jeunesse ? Le fait que mon physique n'indifférait personne ? Mon esprit ? il me semble que j'étais un peu creuse à l'époque malgré les compliments que l'on me faisait sur sa subtilité... Qu'en reste-t'il aujourd'hui ? Pour toute réponse et en guise de suggestion, je me disais et je répétais à ceux qui nous voyaient ensemble que j'étais sa potiche.
    
    Patrick aimait mon odeur : un mélange d' « Ysatis », de « l'Air du temps », de « Coco » et de mon déodorant «  L'orientale ». Je me vêtissais comme personne.
    
    Avec Patrick au Flore, on a bu du vin rouge. Puis on est allé à Monoprix acheter deux bouteilles de vin.  Patrick était convié à un dîner et il désirait que je l'accompagne. Nous voici devant un appartement du quinzième. Une belle jeune femme nous ouvre la porte. A l'instant où je l'ai vu, j'ai aimé Lorette. Elle organisait une raclette. Je la revoie dans la cuisine en train de couper des tranches de fromages. Il y avait aussi Grégoire son compagnon. Une jeune femme qui ne faisait que déclamer des vers de Shakespeare dans sa langue originale. Un couple dont la femme grisonnante travaillait au Centre Pompidou et un ami d'adolescence de Lorette,  journaliste dans une radio. J'ai demandé à Lorette si je pouvais téléphoner. Sentant que la nuit serai longue et féconde, j'ai prévenu mon concubin qu'il ne fallait pas  m'attendre ignorant  quand je rentrerai. Je me rappelle que ce soir là, j'ai été si amoureuse de Patrick que lorsque des jeunes femmes de Yougoslavie sont arrivées plus tard chez Lorette et que Patrick passait un peu trop de temps avec elles, je me suis introduite dans leur cercle. J'ai arraché Patrick à mes pseudos rivales et je l'ai conduit dans la salle de bain. C'était quasiment du viol ! Dans la soirée les bouteilles défilaient, l'ambiance était joviale. Nous avons poursuivi nos conversations très animées sur le canapé. Je voulais Patrick tout à moi. Rien qu'à moi...malgré le fait que je déclamais à qui voulait bien tendre l'oreille que mon concubin était l'homme de ma vie. Même si au cours du repas Patrick avait prétendu l'être.
    Tout le monde s'en est allé. Quant à Patrick, il est parti se coucher dans l'appartement voisin. Je suis restée seule dans le salon avec Lorette à danser. Ses collants étaient filés et elle m'a fait remarquer qu'ils étaient semblables à des autoroutes. Elle s'est approchée de moi puis m'a embrassé. Pendant le dîner, lorsque j'ai précisé que j'étais « homosensuelle », elle nous a longuement parlé d'une histoire d'amour qu'elle avait eu avec une femme. Nous sommes maintenant dans son lit.  Grégoire est là. Il veut profiter de nos ébats. Je renonce à lui alors il se revêt et s'en va. Lorette le suit. Je rejoins Patrick. Il dort . "  Patrick réveille toi ,j'ai fais l'amour avec Lorette". "laisse moi dormir"...
    A mon réveil Patrick n'était plus là. Et chez Lorette ça sonnait dans le vide. Je me suis engouffrée dans le métro. Je suis rentrée chez moi. Il y avait du monde. J'ai pris à part mon concubin et lui ait contée Lorette. "Tu t'es bien amusée" qu'il m'a dit. Pour moi, ça allait plus loin. Je n'avais que Lorette en tête. Lorette pour moi : symbole de la Beauté à tous les égards. Lorette au corps d'une volupté intense, genre qui n'est pas encore passé entre les mains d'un sculpteur. Lorette bien plus sculpturale que la Vénus de Milo.
    Du haut de ma chaise et dans ma bulle, pensant à Lorette j'ai entamé :
    
    J'irai conter fleurette
    Dans le jardin de pâquerettes
    De la belle Lorette
    J'irai dans sa maisonnette
    Dans l'arrondissement de ses sens

Hâtée

Je ne saurai plus à quel sein

Me vouer
    Puis  de son essence
    J'en ferai mon parfum.
    
myriam1992.jpg    A présent dans ma tête, il y a Patrick, Lorette et mon concubin. Faire ménage à quatre ne m'aurai pas déplu. Le plus mystérieux est que rien ne transpirait. Dans le club d'amis de ma vie intime, ma nouvelle vie souterraine n'avait pas d'échos. Quelques questions parfois, vite éludées...car  l'on me voyait de moins en moins. Et aux dîners d'organisés, je brillais par mon absence. Et quand j'étais présente, j'étais ailleurs...
    
    Le vendredi suivant, avec Patrick et nos deux bouteilles de vin rouges achetées chez Monoprix, on sonnait chez Lorette. Nous sommes en train de déguster une raclette. Il y a entre autre, Marie Laure dont la famille s'occupent d'un grand théâtre parisien. Patrick m'avait demandé d'apporter mes nouveaux écrits où il était question des multiples facettes de la femme. J'ai peu de souvenirs de ces notes mais il m'en reste un fragment : « il y a des femmes qui portent des strass à défaut de ne pas posséder des diamants tandis que d'autres portent des diamants à défaut de ne pas briller naturellement ». On a longuement conversé sur  ces chimères où tout le monde s'accordait. Entre deux verres, Marie Laure me dit qu'elle avait rencontré Gainsbourg et moi je lui parlais de Brian Setzer. On a convenu qu'elle me préférait Setzer et moi Gainsbourg : que de regrets  m'ont parcouru à ce moment là...  Puis en plein repas Grégoire a embrassé Lorette : j'ai eu un pincement au cœur  ! Je me suis sentie trahie. Pourquoi donc l'embrassait-il ?  Et pourquoi à ce moment là ? Il ne pouvait pas attendre que je m'en ailles !!!!! Grégoire méditait sur les colorations. Il en est ressorti pour lui que les brunes se teignaient en blonde pour masquer leur "sévérité" et que les bondes se teignaient en brune pour dissimuler leur "douceur"...quelque chose comme ça... Mais pendant qu'il philosophait, il l'a fallut que je gère mon émotion. Que je remette mes idées au net. Lorette et Grégoire sont et vivent ensemble. Moi je suis celle qui a fait intrusion dans leur intimité. Il fallait me résoudre à cette déconfiture : Il est absolument normal que Lorette et Grégoire s'embrassent d'autant qu'ils se konkubinent. Mais j'avais envie de crier dans un haut parleur "touche pas à Ma Lorette!!! ". Je crois que Grégoire m'en a voulu que je ne lui cède pas et moi je lui en veux encore de ce baiser car persiste encore en moi qu'il était intentionnel.  La rivalité n'était pas ostentatoire mais elle était présente...pour moi...
    
     Arrivent les premières semaines de l'An nouveau. Je suis avec Patrick. Dans le salon de Lorette, nombreux, on continue à fêter la nouvelle année. La raclette est toujours exquise en bonne compagnie... Il y a une ambiance bonne enfant mais bruyante pour une heure indue. Je joue maintenant l' hôtesse de maison à une dame en robe de chambre à qui j'ouvre la porte et dont la chevelure est retenue par des bigoudis. "J'en ai marre de ce bordel quasi quotidien, j'appelle la police" " Faites donc madame. Voulez-vous  l'appeler d'ici ? Bonne année ". Je suis allée sur le palier.  Elle rouspétait en redescendant chez-elle.  J'avais l'ivresse des flacons spirituels et je riais  : "laissez donc la jeunesse vivre sa jeunesse". Elle m'a tendu son poing !
    La soirée fort animée se terminant, la voiture une fois de plus empruntée nous ramène dans le sweet home de Patrick. Là, c'est le black-out. Je ne sais même pas si je n'ai pas empêché Patrick de dormir en peut-être ronflant. 
    Ronflonflons dus à une débauche d'alcool !
    
    Quelques jours plus tard, il y avait une exposition des productions des anciens élèves de l'école des Beaux Arts de Paris, rue Bonaparte. Patrick tenait à m'y emmener. On a fait le tour des "sans titre" plus vite que la vitesse du son. J'étais exaspérée ! Faire des années d'études pour en fin de cursus accrocher des gribouillis m'atterrait. Je l'ai fait si violemment ressentir à Patrick que j'ai fini par le planter dans le métro.

 

Rose Océane Ginsburg de la Rimbaldie

 

légendes des photos : 

Hommage à « Bus Stop » photo Jean Homet

photo « Dirène » expo « Éternel Nomades » - graphisme Pascale Even

en cours de théâtre...

Le « jus de la rue » parisienne

société, littérature, paris, amaury watremez

image de "la petite ceinture" prise sur "Paris côté jardins"

 

Pour voyager moins cher que le Tégévé et revenir vers les lieux que l'on chérit, il y la littérature. En parcourant des poèmes de Jacques Roubaud, Jacques Réda et Roger Caillois sur des lieux insolites de cet arrondissement un peu méprisé de Paris qu'est le XVème (les immeubles en « trompe-l’œil » de la Croix-Nivert, les anciens « bains douches » devenus cinéma etc...), aucun personnage célèbre n'y a laissé vraiment une trace durables, il n'y a pas de monuments notables invoquant une gloire passée, les milieux sociaux y sont mélangés, et il est juste à la lisière de la banlieue, où habitent les « classes dangereuses », en lisant ces vers m'est donc apparu le visage de mon grand-père maternel, piéton infatigable de Paris, parisien passionné de sa ville qu'il connaissait par cœur au sens propre comme au sens figuré.

 

C'était un grand monsieur très mince, à la silhouette élégante et un peu « tatiesque », extrêmement pudique. Il m'emmenait quand je venais le voir lui et ma grand-mère faire les courses et le tour des commerçants du quartier, pas toujours scrupuleux avec ce client parfois distrait. Il n'osait pas souvent discuter, par timidité. Mais un jour que je lui parlais de mon plaisir à aller avec lui dans des petites boutiques qui dans le XVème avaient encore cette pâte et cette identité indéniablement parisienne un peu perdues depuis, des petites lumières dans les yeux il m'évoqua ce qu'il appelait le « jus de la rue », idée qui n'est pas à la mode, qui n'est pas dans l'air du temps où il est de bon ton de vanter les mérites d'une pseudo authenticité provinciale et rurale qui serait plus saine, plus z-ôthentique, bref des clichés sortis de la tête d'un créatif de pub...

 

Et j'ai toujours pensé que ces lieux communs qu'égrènent « bobos » et autres parasites intellectuels sont finalement des réminiscences pétainistes qui rappellent les discours sur la « Révolution Nationale » ou « Goupi Mains-Rouges », sur la ville corruptrice, tentatrice, pleine de fainéants, de prétentieux, de pseudo-artistes et écrivains beaucoup moins simples, beaucoup plus compliqués, que les braves gens de la campagne dont l'âme est pure comme la rosée du matin, c'est de notoriété publique. Il suffit de lire Maupassant ou Marcel Aymé pour comprendre que la nature humaine y est la même qu'ailleurs...

 

Le jus de la rue m'expliqua mon grand-père c'est le bruit de la ville, des passants, des voitures, les cahots des trains au loin, les travailleurs qui s'apostrophent d'un trottoir à l'autre, qui s'engueulent sans aménité, les parfums des -jolies- femmes dans la rue, même l'odeur de l'essence, l'odeur du pain et des croissants au petit matin par le soupirail du boulanger, les immeubles comme des vallées profondes où l'on aimerait se perdre, les fenêtres des appartements des boulevards dans lesquels se reflète le ciel parfois gris ce qui n'a pas d'importance puisque « Paris est la plus belle ville du monde » disait-il. C'est aussi cette lumière particulière le matin, ou le soir, cette atmosphère spéciale que l'on ne trouve nulle part ailleurs, ce petit peuple cosmopolite et bigarrée, bruyant et tellement humain.

 

Il me montra lui aussi les merveilles poétiques cachés du XVème, y compris le square un peu surréaliste selon Caillois de la rue Desnouettes, et son « rocher aux singes » que les gosses méprisent depuis qu'il est là, mais dont, paradoxalement, personne ne songerait à se débarrasser, un peu comme le centre Pompidou que tout le monde trouve affreusement laid, à raison, mais qui fait partie néanmoins de l'identité profonde de la ville. A Paris, même la laideur a une âme, même le béton, même le bitume de la route ont une poésie bien à eux.

 

 

Depuis cette conversation que j'ai eu avec lui il y a vingt ans, « Paris-Pantruche » a bien changé, Montmartre a perdu ses petits bistros populaires où se mêlaient bourgeois et prolos ce qui est la caractéristique de toute la Ville. Bastille et le faubourg Saint-Antoine sont devenus des repaires de marchands de copies de meubles bourgeois, de fabricants de vêtements exploiteurs de main d’œuvre à très bas prix. Les endroits authentiquement parisiens sont plus difficiles à dénicher, ceux qui les connaissent en gardent jalousement l'adresse, mais il y en a encore. Le « bobo », la nouvelle espèce dont on on se moque depuis ces deux décennies, n'y est pas pour grand chose, ce n'est bien souvent qu'un ancien péquenot parvenu, monté en graine qui singe les manières de ce qu'il estime être les vrais parisiens. Le problème c'est l'avidité des promoteurs et des privilégiés de de la société libérale-libertaire, y compris deux ou trois maires ou mairesses, qui enlaidissent tout ce qu'ils touchent...

lundi, 29 septembre 2014

Discussion sans voiles sur le voile musulman

Chaleureusement dédié à Edwy Plenel et son « Pour les musulmans » se voulant le pendant du « Pour les juifs » de Zola

 

image empruntée au "Bondy blog"

 

politique, société, voile islamique, amaury watremez, sorbonne, Edwy plenelDédié à Mehdi, mon meilleur copain de CE1, chez qui j'allais manger des « loukoums » pour le goûter sans que personne ne se soit jamais posé la question de nos origines respectives ni ne s'en soit offusqué ; gràce à ses parents je me suis ouvert à ces terres du Proche Orient dont je suis amoureux et à leur vraie culture, celle des histoires que Shéhérazade raconta à un sultan cruel, culture qui n'est pas celle des purotins islamistes violents, haineux et d'une bêtise sans nom mis partout en valeur dans les médias y compris dans ceux soucieux de « diversitude »...

 

Soyons bien clair, il se trouvera certainement des musulmans pour être d'accord avec ce que je vais écrire, et je ne généralise pas à plaisir, mais m'inquiète d'une présence de plus en plus marquée des voiles sur les têtes des femmes et des jeunes femmes musulmanes, ce qui est un profond recul comparé aux années 80 ou 90 où la question ne se posait même pas en cours de récréation dans les écoles et collèges, dans les lycées, voire en université, le voile « incomplet » n'étant pas moins inquiétant que les autres. Ce n'est pas une crainte de « serreurs de fesses effarés » que j'exprime, il suffit de regarder autour de soi dans les transports en commun, dans la rue, sur le Net. On me dira, pour les belles âmes comme Edwy par exemple, la montée de l'intégrisme est due aux français tous racistes et xénophobes.

 

Samedi soir, j'ai « discuté » si l'on peut appeler comme ça l'échange de soliloques avec plusieurs « touitteuriens » réagissant à l'information évoquant cette professeur d'université demandant à une étudiante si elle allait garder son « machin », son voile islamique, sur la tête, professeur copieusement injuriée, évidemment raciste et islamophobe, un « sale blanc », un « sale français » bien entendu aussi de « sale sioniste » (traiter un contradicteur de « sale sioniste » évite de se mettre en délicatesse avec la loi mais la judéophobie que cela signifie est transparente), ainsi que mon aimable personne un peu plus tard. Dans les meilleurs des cas, on m'a opposé en réponse une conception étrange de la laïcité et de la liberté qui impliqueraient que l'on pratique sa religion comme on l'entende, selon sa fantaisie, tant que l'on reste entre soi sans parler de cette idée qu'être français c'est avoir une carte d'identité en poche, ce qui est juste être citoyen français, ce qui est très différent.

 

Et Renan dans « Qu'est-ce qu'une Nation ? » en 1882 définit clairement la citoyenneté française qui demande à ceux qui s'en réclament une adhésion à l'unicité du territoire, à une langue (à sa culture), à des valeurs partagées. On me dira que les français « de souche » eux-mêmes n'ont plus tellement conscience de cette identité commune.

 

La laïcité « à la française » impliquait un compromis « a minima » pour que tous les milieux la constituant puissent vivre ensemble sans heurts. Bien sûr le problème à l'appliquer maintenant vient surtout du fait qu'elle était dirigée avant tout contre le catholicisme qui était déjà une religion très sécularisée, ce que n'est pas l'Islam qui ne connaît pas l'idée même de sécularisation. Le voile est d'ailleurs en lui-même un signe de refus net, clair, objectif, des valeurs françaises se basant sur l'idée que les femmes devraient impérativement faire preuve de « pudeur » en cachant leurs cheveux car risquant en les montrant d'exciter la lubricité des hommes qui sont tous des bêtes lubriques enragées c'est connu.

 

L'idée de la femme que cela sous-entend est qu'elle est donc forcément la maman ou la putain, tentatrice ou vierge pure...

 

Autre question brûlante, la plupart de mes intervenants défendaient le droit de porter le voile en invoquant les droits de l'homme et la laïcité républicaine mais aucun d'eux ne se reconnaissaient réellement comme français, ce qui était marqué par leurs pseudos, l'un d'eux disant « Je suis marocain », l'autre se revendiquant « algérienne » d'abord et avant tout. Que l'on ne me dise pas que c'est le racisme qui est la cause de ce rejet de l'identité française, dont leur histoire participe au cours des siècles même si cette histoire commune s'est souvent construit au travers de conflits. Hanane la porteuse de voile a eu vite fait de médiatiser son geste, à commencer par le "Bondy blog" car elle n'est pas une citoyenne lambda souffrant d'une loi sur la laïcité selon elle inique pour les musulmans, elle porte son bout de tissu par conviction, et c'est une militante.Cette discussion n'aboutit qu'à une conclusion : on en est là, et cela ne préjuge pas de lendemains qui chantent.

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand...

vendredi, 26 septembre 2014

Explication de l'ambition d'un assassinat à propos de CARACCI Jean-François...By Amaury Watremez...

En collaboraion avec Myriam Le Corre

 

politique,société,caracci jean-françois,myriam le corre,amaury watremez,politique,francs maçonsJean-François Caracci, 33 ans, artiste mondialement reconnu, homme d'affaires, capitaine de réserve, a demandé et obtenu dix-huit millions d'Euros et sa condamnation pour faux et usage de faux contre son père adoptif, François Caracci qui a fait fortune dans la construction métallique, et qui aujourd'hui encore dispose d'amitiés haut placées auprès des barons du BTP (Bâtiments et Travaux Publics) du Languedoc-Roussillon. Le jeune homme avait découvert au greffe du tribunal de commerce de Montpellier (Hérault) que, sans l'avertir, son père l'avait évincé du capital de ses sociétés au seul profit de sa maîtresse qu'il a épousé par la suite. Les actes de transmission avaient été avalisés par une avocate et un expert-comptable. Ils portaient la signature truquée de Jean-François Caracci.

 

Dans sa quête, Jean-François Caracci s'est heurté aux réseaux puissants de son père. Le dossier de sa plainte avait étrangement disparu du greffe du tribunal de grande instance. En outre, il a subi de nombreuses pressions d'amis de son père pour renoncer à sa plainte pourtant légitime, dont des « frères » de la loge maconnique grande loge de France ! dont il fait partie et dont bientôt il ne reçoit plus les convocations. Tous ces réseaux sont donc liés, qu'ils aient pignon sur rue ou non. Jean-François Caracci et sa mère, divorcée de François Caracci, craignaient encore cependant que le pire ne soit pas tout à fait advenu et ce avec raison.

 

politique,société,caracci jean-françois,myriam le corre,amaury watremez,politique,francs maçonsSon père adoptif entendait l’installer dans le sillage de sa soif avide de pouvoir, et lui intime d'étudier en master d' « Affaires Internationales » alors qu'il se rêve mécène et créateur afin de faire honneur à ses glorieux ancêtres. L’adolescent a la force de caractère d'annoncer à son père son désir de « chercher le mystère du Christ dans l’art », celui-ci menace alors de le déshériter. Le procès s'ensuivra. Entreront en jeu des chefs de la Mafia sicilienne, des maîtres de la « franc maconnerie ». Le fils remportera finalement son combat. Ses tribulations et souffrances sont cependant bien loin d'être terminées.

 

politique,société,caracci jean-françois,myriam le corre,amaury watremez,politique,francs maçonsEn 2010, son ex- fiancée a été menacée d'être virée de son emploi suite à de nombreuses intimidations de par leur relation.

Et il y a dorénavant un contrat de la « Mafia sicilienne » sur la tête de Jean-Francois Caracci afin que tout l'héritage de son père revienne à Cupidis la marâtre, sa belle-mère. Le lecteur comprendra le danger imminent courant sur la vie de Jean-François Caracci et se rappellera de la gravité de la non-assistance à personne en danger d'une part et d'autre part que toute personne ayant vent d'une infraction à venir est dans l'obligation de s'en inquiéter auprès de la justice, auprès du commissariat, au risque d'être considérée comme complice .

 

Cet article est une synthèse de différents articles publiés depuis 2004. La conclusion est d'actualité !

Amaury Watremez assisté de Myriam Le Corre

 

Légendes des illustrations :

Articles de presse sur l'affaire Caracci

Dieu peint par les Caracci

jeudi, 25 septembre 2014

A cœur vaillant rien d'impossible pour le Pardon...By...Caracci Jean-François...&...Myriam Le Corre...

 " La vengeance est un plat qui se mange froid. " Dicton populaire

politique,société,caracci jean-françois,myriam le corre,amaury watremez,politique,francs maçonsDe sa Haute-tour sicilienne de Castellammare del Golfo en la province de trapani, le Roy, dit Soleil noir, dans son baldaquin, agonisant de vieillesse auprès de sa jeune épousée, dite Cupidis la marâtre pour avoir courtisés le royaume de l'alité et l'héritage du Prince, se trouva fort brillant d'un édit, condamner à la potence le Prince. Et, à l'expiation d'une trêve, fit, par les vilains, porter un pli frappé du sceau de la Faucheuse. Pour cause, l'intendance de ses terres et de ses dépendances tournant comme le mauvais vin, la tête du Roy, songeant que seule sa belle au cœur de ronces avait le souffle pour cueillir la moisson. De nobles messagers avertirent le Prince de veiller au bon grain et de jeter dans la Géhenne l'ivraie.

 

Le serpent de l’Éden, métamorphosé en la dite Cupidis la marâtre, ensorcela le Roy pour jeter un mauvais sort au Prince. Ainsi le Roy trouva bon l'intrigue en pensant que de son action, la geôle guère il ne gouttera grâce au crépuscule de sa vie, l'âge faisant son œuvre pour qu'au tombeau, il repose sans soucis de Procès. Le Roy trouva bon aussi d'emporter dans les hécatombes l'aube nouvelle du Prince. Celui-ci, depuis belle lurette, assigna à terre son épée, ne voulant point combattre le Roy et par sa seule FOI, armé.

 

politique,société,caracci jean-françois,myriam le corre,amaury watremez,politique,francs maçonsLe Prince, en sa gentilhommière méditerranéenne, éduquait une enfant effondrée par le pli de l'injustice de Soleil noir qui pour Cupidis la marâtre, un trésor et une chasse gardée mis en péril son gardien au cœur d'Or et très Croyant. Dans les larmes de l'enfant, le lecteur peut voir qu'une décade plus tard, le Prince à nouveau se doit de s'exiler pour fuir la folie Meurtrière de Soleil noir son père et de Cupidis la marâtre. Le lecteur s'inspirera aussi de la formule de Tacite à propos des justifications des ravages des conquérants : Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant *

 

* Où ils font un désert, ils disent qu'ils font la Paix.

CARACCI Jean-François & Myriam Le Corre

 

Il était une fois : CARACCI JEAN-FRANÇOIS. Portrait by Myriam Le Corre :

 

Le blog de CARACCI Jean-François :

 

http://jeanfrancoiscaracci.blogspot.fr/

 

Légendes des illustrations : cliquer sur les images les agrandit

°Mémento Mori: je me souviens que je suis mortel

°L'enjeu des Caracci père et fils la Sicile.

mardi, 23 septembre 2014

« Sin City 2 « Sin Movie...

Je ne sais pas si tu as remarqué ami lecteur, dans les listes de livres préférés ou d'auteurs favoris cités dans les « listes » sur « fècebouc » ou « Touitteure », il y a toujours des romans qui ont la côte parmi les les arbitres des élégances culturelles ; Proust d'un côté, Céline de l'autre, des titres très « prout prout ma chère c'est vraimengéniâle », mais jamais ou rarement les internautes n'ont le courage d'évoquer leur appétence pour les « mauvais » « genres » que pourtant ils lisent aussi au sein desquels on trouve pourtant et souvent les œuvres contemporaines les plus intéressantes. L'auteur de ces lignes pense quant à lui que la littérature ne se divise pas en petits compartiments étanches, il y a juste les bons et les mauvais livres, peu importe le genre dont ils ressortent.

 

GIF animé emprunté au "Huffington post"

giphy.gif

 

« Sin City » la bande dessinée raconte dans des histoires courtes parues depuis 1991 les déboires de personnages vivant dans la mégalopole cauchemardesque de « Basin city » surnommée « Sin City » où l'amoralité et l'injustice sont reines. Ce sont autant d'archétypes de film et roman « noir » : le « loser » chevaleresque, la brute finalement honnête injustement accusée, le flic corrompu par les femmes ou l'argent, le politicien pourri jusqu'à l'os, le « flambeur » de salles de jeux au fond romantique, la putain faussement dure au grand cœur. C'est « la » série de Franck Miller qui voulait créer quelque chose de totalement original dont il aurait le contrôle créatif absolu.

 

La première adaptation suivait principalement les déboires de Marv, Mickey Rourke sur deux ou trois couches de latex, qui finissait sur la chaise électrique, Josh Hartigan, Bruce Willis, un flic protégeant une gosse dont les parents avaient été assassinés de la vindicte des politiciens véreux de la ville et Dwight MacCarthy, Clive Owen dans le premier « Sin City », Josh Brolin dans le deuxième, un beau gosse à l'âme torturé protégé par les prostituées de la ville. Ces personnages se conduisent généralement dans la bande de Franck Miller, et dans le long-métrage, comme des personnages de « comic book » pour adultes, Marv saute d'un immeuble à l'autre comme le ferait Batman ou Daredevil, les femmes ont toutes des courbes de « super-héroïnes », des poitrines qu'elles montrent sans trop de problèmes qui défient les lois de la pesanteur, et un « gentil » continue à respirer même touché par vingt-cinq ou vingt-sept balles contrairement au salaud qui expire à la troisième au « climax ».

 

La deuxième raconte ce qui arrive à la protégée de Josh Hartigan, Jessica Alba, qui veut se venger de Roarke, le maître de « Sin City », Powers Boothe, après le suicide du flic, l'amitié de Marv et Dwight, et la passion de ce dernier pour Ava Lord, Eva Green, une « plante vénéneuse », femme fatale ultime poussant ces amants à tuer ceux qui la gêne se révélant au final amoureuse pour de bon de Dwight. Et là je t'avoue ami lecteur que je préférais largement Carla Giugino à Eva Green dans le même registre.

cinéma, littérature, société, comic book, pulp, polar hard boiled, sin city, Amaury Watremez

Affiche prise sur "thehollywoodnews", on l'agrandit en cliquant desus

 

La BD avait un aspect graphique intéressant par le traitement en violents clair-obscurs, un noir et blanc hyper-stylisé, un style qui radicalisait le polar « hard boiled » en lui redonnant un lustre mal élevé, épicé, plus attirant en le mixant avec les conventions du « comic book » tout en revenant aux racines des « pulps » oubliant que ces deux genres d’œuvres issues de la pop-culture ont déjà les mêmes racines et que même si c'était surtout pour becqueter, Dashiell Hammet, à travers les aventures du « Shadow », Patricia Highsmith pour « Superman » et « Captain Marvel », voire Manchette qui était traducteur pour « Strange » (et auteur de la traduction des « Watchmen » d'Alan Moore), Mickey Spilane pour « Batman » ont aussi écrit des histoires de super-héros. L'aspect graphique travaillé à la palette graphique était bien rendu dans le premier film, et adapté, il tourne au procédé dans le deuxième...

 

« Sin City » a eu rapidement plus « la carte » que les précédentes bandes de l'auteur, et puis ainsi cela permettait aux critiques soucieux de leur réputation de lire des « comics » sans culpabiliser. Je trouve cependant qu'il y avait un peu d'affectation là-dedans de la part de Franck Miller infiniment meilleur à mes yeux dans des travaux plus spontanés mais moins « chics » comme « Daredevil Rebirth » ou « The Dark Knight returns » ou « Batman Year One ». J'aime bien la suite du « Dark Knight returns », « The Dark Knight strikes again » qui bien qu’extrêmement bordélique dans l'histoire , elle part dans tous les sens, a des côtés sympathiques.

 

Le « Superman » de ces années là, dont les épisodes écrits par les princes du « Genre » pourrait maintenant aisément passer pour un gauchiste fini, et un héros de « roman noir » au costume un peu plus bariolé, ces ennemis étant souvent également de ces archétypes de « film noir » : des flics pourris ou des patrons sans scrupules ni honneur, des dirigeants vendus au plus offrant. On aurait aimé que Franck Miller retrouve l'humilité des créateurs de ces années là...

 

ci-dessous la bande-annonce 

 

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