vendredi, 29 août 2014

Se perdre dans les « Chroniques » de Jean-Patrick Manchette

À propos de « Chroniques » de Manchette chez Payot, collection « Rivages noirs »

littérature, société, manchette, amaury watremez, polars, romans noirs

Ci-contre l'auteur du blog se prend pour Martin Terrier

 

Dans mes bagages pour Pamiers, excellent village typique et tellement pittoresque du sud de notre beau pays dont les habitants sont tellement plus simples qu'au nord, j'ai emporté les « chroniques » de Manchette sur « le genre » en général, le roman noir et le « polar » en général, qui se passe sur les marges de notre société, les « classes dangereuses » qui font encore peur au bourgeois, parmi les « soldats perdus » de guerres inavouables, dans des paysages urbains de béton et de grisaille. L'on y boit sec, l'on y fume comme des pompiers (comme Manchette), les femmes y sont traités sans égard, et je suis même certain que les personnages de « romans noirs » ne mangent pas cinq fruits et légumes par jour et qu'ils se foutent complètement du développent durable.

 

Il se rapproche dans ce livre de « chroniques » sur les « polars » pour « Charlie Mensuel » (celui de Choron, pas celui du copain de Carla Bruni) des écrits sur la musique de Lester Bangs, des articles « gonzo » de Hunter Thompson sur la politique ou du livre de Tom Wolfe sur le tour d'Amérique psychédélique et hallucinatoire des « Merry Pranksters », « Acid Test ». Lester, le docteur « Gonzo » et Tom Wolfe écrivaient par amour des Lettres qui sont pour eux un enjeu précisément existentiel. Ce n'est pas tellement le sujet de leurs livres qui les rend si attachants mais le style avec lequel ils en parlent, leur passion, leur rigueur d'analyse, leur subjectivité parfaitement assumée et légitime.

 

Je n'ai jamais bien compris pourquoi un auteur qui écrit sur la littérature ou toute autre chose devrait être objectif, il est beaucoup plus intéressant qu'il prenne le risque de choquer, de déplaire et aussi de partager ce qui le passionne autant.

 

Manchette est, tous les écrivains cités au-dessus le sont, d'une époque moins triste que la nôtre, il y avait dans les années 60, quand il commence à lire et écrire, et dans les années 70, un bouillonnement d'idées et de rêves que les cyniques, les vrais, appellent des illusions. Les auteurs actuels, à de rares exceptions, ont tous retenu la leçon des « petits jeunes gens réalistes » qu'évoque Bernanos dans « Les Grands Cimetières sous la Lune ». Ils font de la littérature pour ces bourgeois « libérés » qui pensent qu'aller à Clichy en « mob » le soir est une expédition tropicale ou des romans à l'eau de rose avec placements de produits comme Marc Musso ou Guillaume Lévy. Ils restent dans « leur » case, ont « leur » rond de serviette dans une émission de télé ou une autre, s'ils sont des « bons » clients bien entendu.

 

L'écrivain tout comme le lecteur assidu sont également de nos jours « psychanalysés », et le diagnostic tombe vite : s'ils lisent, s'ils ont le temps de lire ces salauds c'est parce que ce sont forcément des êtres narcissiques, infantiles, des inadaptés qui ne veulent surtout pas se laisser aller aux compromis de toute nature auxquels le système les enjoint de le faire, des petits compromis réputés indispensables à faire (lécher les bottes de telle ou telle figure d'autorité, y compris celles que l'on méprise, entre autres) qui s'additionnent et ouvrent sur l'abîme, un abîme de vacuité morale ne paraissant pas choquer outre mesure en 2014 en France.

 

L'amoureux de littérature s'oppose à ce consensus presque général et somme toute abject, il sort du rang, c'est un orgueilleux vaniteux car à notre époque toute velléité d'indépendance est considéré comme de la vanité insupportable, l'imbécile ignare étant persuadé qu'il compense son inappétence à la culture car maintenant « y a Internet » (« ouquipédia » et « gougueule » sont les deux béquilles de ces cancres assumés d'un nouveau genre).

 

 

Manchette ne parle donc pas seulement de littérature, vois tu ami lecteur, il parle aussi de notre monde où l'écriture et la lecture ne sont plus pour la plupart des gens qu'un vague souvenir perdus qu'ils sont dans l'inculturation générale due à un matraquage continuel de la publicité et, ou de la télévision qui encouragent les individus à une allégeance totale afin de pouvoir consommer encore un petit peu des « smartefônes » et autres gadgets parfaitement inutiles. Le monde de 2014 est bien pire, bien plus déshumanisé que celui où erre Martin Terrier ou Tarpon, bien plus dur, tout y a un prix y compris les personnes.

jeudi, 28 août 2014

Nadjate ize baque

Najat Vallaud-Belkacem devient ma ministre de tutelle, moi qui ai déjà écrit des horreurs sur elle, dans « Ode à Najat Vallaud-Belkacem » ou « Najat fait la tête » sur ce blog lu par la plupart des cyber-indics ou concierges de France ou de Navarre, institutionnels ou pas, volontaires ou non dont ceux qui le font pour me rendre service confraternellement que je salue ici bien bas, après tout ce sont des lecteurs, me voilà dans de beaux draps si j'ose dire, je vais devoir me corriger rapidement, me gourmander pour essayer de ne pas être insolent, ce qui n'est pas dans mes habitudes, tu me connais ami lecteur, tu pourras en témoigner :

 

image sur le site de "l'Union Républicaine" 

 

politique,société,education nationale,amaury watremez

Enfin quand on parle d'horreurs madame Vallaud-Belkacem on a beaucoup exagéré!J'ai surtout vanté vos mérites, vous avez quand même de très jolies jambes, en étant certes un tout petit peu taquin comme des esprits chagrins vous l'ont certainement fait remarquer, eux qui sont plus attentifs que moi. Il en est même qui m'ont critiqué prétendant que je me moquais de vous. Ne croyez pas que j'essaie de me rattraper aux branches par peur de passer pour un rebelle contrairement à l'élite de la fonction publique qui n'a pas peur de la docilité qui est une forme d'humilité il faut bien reconnaître...

 

Ah, oui hélas, ô rage, ô désespoir, que le tout puissant, le très haut le miséricordieux en soit témoin, il faudrait que je sois beaucoup plus humble, plus modeste que je ne le suis déjà (je pense à ceux qui se targuent d'être modestes sur le Réseau et sur les réseaux dits sociaux)...

 

Madame Vallaud-Belkacem est à gauche, très à gauche, autant à gauche que monsieur Macron, le si sympathique ministre de l’Économie, ce qui n'est vraiment pas possible, le stade suivant étant le révolutionnaire couteau entre les dents s'apprêtant à prendre le cuirassé « Potemkine » d'assaut, en mini-jupe, en couples « homos » « bi » et « trans ».

 

La preuve quand même, elle défend becs et ongles « le mariage pour tous » et toutes les mesures sociétales indispensables prises par le gouvernement un peu trop marxisant, voire maoïste qui nous dirige en ce moment, et pour lequel étrangement, tout comme le président Hollande, personne ne se rappeler avoir mis de bulletin dans l'urne pour lui ni pour des députés de gauche. Il faut bien une Najat pour combattre les réactionnaires si nombreux encore sous nos cieux, tous ces nostalgiques des z-heures les plus sombres de notre histoire, des z-ordres noirs et moraux.

 

C'est quand même bien un témoignage de citoyenneté rare, et de respect évident des valeurs républicaines, contenues dans le « mariage pour tous », que tout cela démontre. J'ai bien conscience qu'il faudra bien que je m'intéresse enfin aux « Gender studies » et surtout aux combats fondamentaux z-et citoyens qui restent, « l'ABCD de l'égalité », la GPA et la marchandisation enfin du corps des femmes, après tout c'est comme l'ouvrier qui vend sa force de travail ainsi que monsieur Bergé ce grande homme nous l'a rappelé.

 

C'est quand même beaucoup plus important que tout le reste des questions brûlantes posées à notre société, et à l’Éducation Nationale (la gestion catastrophiques des stagiaires, les carences de professeurs dans certaines régions, les plus en demande, en surnombre dans d'autres, les rythmes scolaires qui favorisent les villes les plus riches donc les plus à même de leur offrir des activités dignes de ce nom, la fin des bourses au mérite pour les étudiants de licence, mesure certainement égalitaire je suppose etc...).

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que la diversité deviendra enfin une réalité.

On dirait presque le Sud... - chroniques d'un « parisien » exilé dans le Sud

"Presque" car le vrai Sud n'est pas le Sud rêvée de la chanson de Nino Ferrer...

 

photo ci-dessous prise ici

Pamiers%20rue%20castella.jpgEntendant ou lisant que je partais pour mon affectation de CAPES à Pamiers dans le Sud, non loin de Toulouse, sanction plus ou moins bien déguisée du fait de ce blog « impertinent » que tu est en train de lire ami lecteur (attention tu prends un risque) beaucoup de mes interlocuteurs se lancèrent aussitôt dans un panégyrique grandiloquent de ces régions, tellement ceci, tellement cela avec des arguments et « clichés » de « créatifs » pour publicité pour jambon sous vide tellement authentique malgré le cellophane.

 

Alors certes, la région est esthétiquement magnifique il faut bien avouer mais on est très loin des clichés sur le Sud tellement plus « simple », plus sympathique, plus proche des autres, accueillant et sans prétentions, avec le « Rrugeueubi » et ses « troisième mi-temps », ses « nail saloon for elegance and beauty », ses « fêtes pour les jeunes », ses cafés avec les vieux fainéants qui y traînent toute la jounée (payés par le syndicat d'initiative ?) dans le genre de « la partie de cartes » de « Marius » de Pagnol, ses gamins torse nu ou pas autour d'une « mob » à glander au soleil...

 

En outre, c'est une chose de partir dans le Sud en vacances, c'en est une autre fort différente d'y travailler et d'y subir parfois une routine.

 

On dit le Sud plus décontracté, plus indolent, mais j'ai trouvé en gare de Toulouse par exemple que l'on y fait beaucoup plus attention aux règles communes et à la discipline administrative qu'ailleurs. Ainsi à « Paris » (Paris dans le Sud, c'est tout ce qui est au Nord de la Loire), quand on fait la « queue » quelque part, chacun même assis non loin fait attention à sa place dans la file et personne ne songerait à outrepasser ses droits malgré tout, à Toulouse il y a besoin d'une machine distribuant les tickets d'attente et gare à celui qui ne respecte pas l'ordre de passage. Il se fera vertement corriger.

 

Ce qui est amusant est que ce côté très pointilleux sur la discipline va de pair avec une sorte de comédie du « j'm'en foutisme ». Il faut absolument avoir l'air de sr foutre de tout. Et finalement on s'aperçoit d'une certaine uniformisation des coutumes et comportements, les « jeunes », « avé l'assent », sont comme partout ailleurs surtout préoccupés de posséder le dernier « smartefône » à la mode », des tribulations des « vedettes » a-cérébrées de la téléréalité et de faire le « beuze » pour les raisons les plus débiles possibles sur « fessebouc » (TM°).

 

Derrière les sourires « grands comme ça » et les protestations de « simplicité » à la « Jean de Florette » et « Manon des Sources », pour faire « lothentique » ainsi que le dit Ugolin dans le livre de Marcel Pagno, on sent une certaine dureté voire une dureté certaine et une fermeture d'esprit totale à tout ce qui n'est pas de la région et tous ceux qui ne sont pas du coin, ce qui n'est certes pas l'apanage en province de cette partie de la France tu me diras cher lecteur. Et bien sûr comme dans toutes les régions où le tourisme est un peu développé, cela n'empêche pas de prendre quand même l'argent du méchant « parisien » forcément stressé, forcément « prétenssieux » ; au mieux en apprenant que vous venez de Paris vous sortira-t-on le refrain habituel bien connu depuis nos arrière-grands mères, voire avant (depuis que Lutèce a été construite sur l'île de la Cité) :

 

« Paris c'est beau, j'aimerais bien visiter mais je ne pourrais pas y habiter car les gens y sont trop stressés et pis y sont trop vaniteux ». Ce à quoi, si vous êtes connu un peu dans le bled, on rajoutera : « Mais toi c'est pas pareil »...

 

Il va sans dire que je n'ai dit à personne que je venais de Paris, Paris que j'aime (ce qui est incompréhensible pour 99,99% des provinciaux qui détestent un peu plus Paris maintenant qu'auparavant) non pas car je suis plus prétenssieux ou vaniteux, ou arrogant, ou méchant, mais parce que ce sont tout simplement mes racines, mon « chez moi ». Et bien sûr, si l'on a toujours quelque chose à dire sur les « vilains » « parisiens » il n'en reste pas moins que leur pognon est quand même bon à prendre, surtout en pleine saison « touristique » où bizarrement ils ont tendance à augmenter d'un coup, comme dans toutes les régions de passage françaises il est vrai.

 

 

À suivre...

dimanche, 24 août 2014

Ces méchants cathos qui font rien qu'à critiquer

Consécration ! Ô Gloire éphémère ! Ce matin pendant son homélie, le prêtre de ma paroisse a évoqué ces catholiques qui critiquent selon lui l’Église, et « parfois même sur leurs blogs » (suis mon regard vers ce blog apostat que tu es en train de lire ami lecteur car il parlait de moi), demandant à cette institution « d'être trop ceci ou trop cela, pas assez ceci ou cela », alors qu'il faudrait aimer l’Église en général, de France en particulier, telle qu'elle est et sans poser de questions, sur la persécution des chrétiens irakiens mais pas seulement, sur la désertification des églises en France, exceptées à de rares exceptions celles « tenues » par les « communautés nouvelles » ou « tradis », sans aller plus loin.

 

image ci-dessous tirée de "Super Catho" de Florence Cestac et Pétillon (site kebawe.com)

supercatho.jpg

Il faudrait donc continuer en toute insouciance et laisser faire la providence, finalement si on se retrouve à quelques dizaines chaque messe dominicale ce n'est pas si grave car un jour ou l'autre, sans que l'on ait à bouger le petit doigt, tout s'arrangera. Je songe aussi à cette dame seule obligée de déménager en hâte sans le secours des bons apôtres de chez elle, à ces parents d'un enfant malade complètement ignorés, y compris de leur pasteur supposé, subissant surtout l'indifférence, à ces célibataires à qui l'ont pense rarement car « tu comprends, tu n'est pas marié et nous on n'est que des couples mariés », à cette femme se retrouvant sans travail et sans logement, et démunie, et abandonnée, et qui pourtant aidait bénévolement chaque jour dans sa paroisse etc...

 

Je me suis souvent laissé dire que si certaines critiques, et tentations de « correction fraternelle » portent c'est surtout qu'elles atteignent droit au but, sinon elles laisseraient complètement indifférents. Je les fais non pas car me sentant supérieur à eux, je suis un bien piètre paroissien mais seulement car une bonne « droite évangélique » fait du bien de temps à autres. Je me rappelle aussi écrivant ce texte de ces chrétiens de Palestine toujours accueillants, jamais assez serviables, alors que pourtant persécutés, entre le marteau israélien et l'enclume du Hamas...

 

« Mais c'est une autre culture » s'excuseront déjà certains la bouche en cœur, et en chœur, mais c'est le même Évangile que je sache leur répondrais-je...

 

Je rappelle que ce n'est d'ailleurs pas du tout l’Église, humaine, faillible, grande de par sa faiblesse supposée de par son humanité, que je critique sur mon blog, dans des articles parfois taquins voire caustiques je l'avoue (« Mea Culpa, Mea Culpa, Mea Maxima Culpa »), mais des personnes qui s'en réclament et qui évoquent ses valeurs pour justifier qui d'une avidité de pouvoir, qui de convictions qui n'ont plus rien à voir avec en se donnant un alibi de modernité et pour rester dans le vent ce qui est rappelons le une « ambition de feuille morte ».

 

Personnages qui bien souvent par leur attitude détestable sont autant de repoussoirs car l’Église ce n'est pas seulement l'Esprit qu'ils invoquent à tours de bras, c'est aussi l'Incarnation du Christ en être humain, or ce côté humain est systématiquement dédaigné, mis de côté ou alors on se retrouve mais « entre soi » car il ne faut pas oublier, et ce n'est pas une caricature, que pour eux l’Église est d'abord et avant tout un conservatoire social, où comptent surtout non pas tant la bonne éducation, une culture saine que la taille du coffre-fort, la grosseur du magot.

 

Dans les paroisses, les communautés, ils se cooptent, souvent sans penser à mal, rejetant les bonnes volontés à l'extérieur, mettant en place des structures composées de personnes qui ne connaissent pas vraiment les situations dont elles sont censées s'occuper, ainsi cette personne travaillant pour aider à relier chrétiens d'Orient et d'Occident ne parlant pas un mot d'arabe et ne connaissant rien à l'histoire du christianisme originel considéré comme non catholique par elle alors que la plupart des patriarcats orientaux sont antérieurs à Rome, ces autres laïcs chargés de l'accueil alors que ce n'est manifestement pas leur « charisme » sans parler de ces « lecteurs » qui chaque dimanche massacrent copieusement ce qu'ils lisent, qu'ils n'ont pas lu avant, qu'ils n'ont pas médité, qu'ils ne comprennent pas (Ah ! Le livre de « Djob », ah, le livre de « Malachie » prononcé « ch » et j'en passe et des meilleures...).

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand.

vendredi, 22 août 2014

Il était une fois : CARACCI JEAN-FRANÇOIS. Portrait by Myriam Le Corre

" Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or. " ÉBAUCHE D’UN ÉPILOGUE. Charles Baudelaire

Préambule :

Arts, photos, société, myriam le corre, Caracci Jean-FrançoisParmi les idéologies du président Ceauscecu, une de ses œuvres naît un 23 Avril 1981. Ni père ni mère ! L'enfant est un Dace, pierre précieuse dans l'histoire ancestrale de România : la Dacie remontant un siècle avant Jésus Christ. Un berceau, dans une pouponnière, attend le nouveau né bien langé et dont le programme rouge a déjà scellé son destin et celui de tant d'autres sélectionnés pour la blancheur, la santé et l'intelligence reconnues aux premiers habitants de cette terre d'Europe Orientale. La pouponnière, alors, est une véritable Crèche. Une orpheline, comme un fée, veille sur l'orphelin portant en sa traduction ' Victoire des Peuples ", le prénom de Nicolae. "

 

" Rien ne rompe "

 

Arts, photos, société, myriam le corre, Caracci Jean-FrançoisDécembre 1983. Rien n'est emporté, les bagages des premiers pas de l'enfant restent en Roumanie. Le Dace n'était pas voué à l'adoption. François Caracci bataille fermement pour que l'orphelin devienne Jean-François Caracci. Il fait front à l'administration et à la justice. Son caractère trempé dans de l'acier, émotionnellement l'orphelin qui n'est plus, le vivra, confronté parfois aux assauts brutaux de celui qui est à présent son père, oubliant quelques fois d'être aimant. Alors, l’appréhension au bout du cœur épie le Dace.

 

Arts, photos, société, myriam le corre, Caracci Jean-FrançoisPalerme, fief du pater - et de son parrain : Silvio Berlusconi -, sous le ciel parfois ombrageux de la Sicile et son soleil quelque peu orageux, Jean-François apprend à être un CARACCI. Mais, l'enfant, in petto, sait déjà que son seul Père est DIEU. En silence, il grandit avec Lui et à côté du Cercle méditerranéen.

 

Les gênes originelles du Dace se sont aguerries du froid de l'Est. Le cagnard de la Botte Latine et du Sud hexagonal aurait pu avant l'âge de celui des Poètes de Rimbaud le décimer. La vaillance des gladiateurs, descendants directs de l'orphelin, tatouée dans sa chair " Legio Patria Nostra ", en fera un résistant. Modigliani n'est pas loin. Son auto-portrait est flanqué au-dessus du lit de l'enfant, un brin inquiété par ce visage anguleux. Amédéo, " Le prince de la Bohème ", parvient au fil des ans à amadouer l'enfant qui, d'un sommeil léger , dort sous l'ombre du clan sicilien.

 

Arts, photos, société, myriam le corre, Caracci Jean-François

A seize ans, Jean-François se sent porter pour le Ministère de Jésus Christ. Le père, en colère, lui dicte d'oublier sa vocation. L'adolescent, à regret, se soumet à l'autorité paternelle. Et, son âme tourmentée vivra " La Parabole du semeur". Cependant, les ronces poussent et veillent à ce que la volonté du patriarche soit respectée : ce sera le monde des Affaires internationales.

 

Jean-François est devenu estudiantin et les tensions familiales vont croissantes. Son nid se brise. Le divorce de ses parents de cœur signe ainsi la rupture avec son père. Un choix s'impose : la mère ou le père. Son étoile d'orphelin et son honneur le conduisent instinctivement à protéger sa mater. Caracci père sera sans concession envers Caracci fils, devenant par sa position : le Roumain, l'étranger. C'est le fils indigne de l'adoptant en ce temps même où Dieu prépare en son sein, le dessein du retour du fils prodigue au cœur de la création. Un dilemme lui fait face : la fortune ou la misère.

 

Arts, photos, société, myriam le corre, Caracci Jean-FrançoisDe front, contre vents et marées paternaliste, l'orphelin retrouve l'éducation affairiste reçue par le clan Caracci, Berlusconi, Mancini. Moult procédures judiciaires et tentatives d'intimidations et de déstabilisations, faits de beaucoup, élites comprises ne font pas vaciller le Dace bien que sensible à ces manœuvres. L'Organisation Mondiale du Commerce, relevant de l'exception, l'accueille une année à Genève sous le statut de stagiaire et la Légion Étrangère dans son prestigieux Régiment de Réserve.

 

Les chandelles soufflent son quart de siècle et sous les ferrailles de la Chine, l'Or l'attend. A chacun sa porcelaine ! La sienne, cette porcellena du Pacifique se nomme Chein Fei. Tous deux " inventor " de la Mine : Feng Hua.

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Son histoire est mêlée à celle des Carrache/Caracci, peintres italiens, fondateurs au seizième siècle d'une académie de renom où l'enseignement se lie d'amitié avec l'antiquité et la Renaissance dont la quête de la vérité expressive est majeure et réactionnaire aux artifices du maniérisme, Papes et Michel-Ange côtoient les Maîtres.

 

Le Dace, épris d'archéologie humaine et de sa nature parcourt la planète bleue, faisant escale dans des ateliers d'artistes* à la recherche de compositions picturales où la technicité avec une préférence pour le figuratif, l'esthétisme exigée, un style reconnaissable soit pas les scènes, les thèmes, les couleurs sont de rigueur et la sensation de la Présence Divine incontournable à travers les œuvres des peintres.

 

Il est un mécène au cœur et aux tableaux en Or ! L'esprit fraternel, les Lignes et les Lignées mais avant tout sa filiation avec Dieu son Père sont inhérents à sa vie : ex nihilo nihil ! 

 

" Par l'Art, je veux montrer que tous les styles de peintures, sculptures... sont une manière à chaque fois différente et complémentaire de créer qui dis-je de Créer ! Mais l'artiste ne possède pas l'ultime DON ! Celui qui n'appartient qu'à Dieu donner la Vie ! Comme Reppetto et Pinocchio ! C'est ça la COLLECTION CARACCI ! "

 Jean-François Caracci 

Myriam Le Corre

 

Légendes des illustrations :

Portrait des Peintres Caracci en 1600.

Portrait de Jules César de Barros & Caracci sur fond d'or pur.

Don d'une toile signée Caracci a la Croix rouge en présence de l'Humoriste Arnaud Tsamer.

Les deux anges peints par les les Caracci pour Alexandre Farnese devenu le Pape Paul III.

Portrait de Caracci Jean-François

 

Melvyn Barros et Jean-François Caracci lors d'une Exposition des oeuvres de Melvyn Barros.

Le blog de Caracci Jean-François (cliquez sur le lien ci-dessous ) :

http://jeanfrancoiscaracci.blogspot.fr/

 

 

jeudi, 21 août 2014

Les excès de langage sur Internet

« Tout ce qui est excessif est insignifiant » disait cette vieille salope de Talleyrand qui mangea à tous les râteliers pendant la Révolution s'enrichissant considérablement au passage ; il lui sera pardonné, un peu, car il a dit aussi :

 

« Qui n'a pas connu l'Ancien Régime n'a pas connu la douceur de vivre ». (un temps sans le souci obligatoire de la rentabilité pour les salariés, les paysans, etc... traités en machines à produire, bientôt à produire des enfants, par les nouveaux maîtres)

image ci-dessous prise ici

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Depuis les deux-cent ans et plus que les bourgeois ont pris le pouvoir en France, ils essaient de nous faire croire qu'ils sont sincèrement persuadés du bien fondé des valeurs de la République ; Liberté, Égalité (terme souvent oubliée dans les discours officiels), Fraternité (confondue avec une tolérance du pire) et que ce sont des apôtres des Droits de l'homme alors que toutes les politiques qui se succèdent depuis le début de leur domination ont seulement pour but exclusif la préservation de leurs intérêts matériels.

 

En os à ronger, rallongeant en somme la longueur de la laisse, ils feignent de laisser au peuple sa liberté de parole qui est comprise par le dit peuple comme sa liberté de dire ce qui lui passe par la tête ce qui consiste donc en l'exposé des pires lieux communs et idées reçues, ce qui s'aggrave depuis que l'Internet a pris autant de place dans le « débat » politique. Le second degré est totalement incompris, la dérision ignorée, sans parler du sens de la nuance, complètement jeté aux orties, le contradicteur est forcément un salaud car contredisant des certitudes, le contradicteur « pique », c'est un emmerdeur.

 

politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezTout massacre de minorités par des fanatiques, des pseudo-révolutionnaires, des militaires, des nationalistes ethno-différentialistes à l'autre bout du monde ou près de chez nous devient un génocide, banalisant le terme qui à la longue ne veut plus dire grand-chose, et induisant une compréhension de la politique uniquement fondée sur l'affectif, avec des gentils tout blancs, et des méchants tout noirs. C'est la réflexion que je me faisais en assistant par hasard à une manifestation (voir photos ci-contre) en faveur des ukrainiens face à la Fontaine Saint-Michel à Paris il y a une semaine, et pourtant on aurait pu croire qu'ils étaient de mon camp, récitant le chapelet en chœur et chantant des chants à la Vierge.

 

politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezIl se passe pour l'Ukraine la même chose qui s'est passé pour la Serbie en guerre contre la Croatie, pour tous ces bons apôtres qui ont pris fait et cause pour les pseudo-rebelles syriens, et vrais djihadistes, contre Saddam (ce qui donne l'Etat Islamique en 2014), contre Bachar El-Assad, contre Yasser Arafat et le Fatah en Palestine, en gros contre tous les régimes qui commençaient une laïcisation de leur pays le tout au nom de bons sentiments...

 

L'utilisation abusive du terme génocide implique enfin une sorte de compétition mémorielle des causes, des massacres subis par telle ou telle communauté, une concurrence du malheur en somme comme si on pouvait peser les souffrances des uns ou des autres et les comparer, les mettre en balance, selon le nombre de morts, dans une comptabilité abjecte. Un seul mort tué par le simple fait de sa différence de naissance, d'apparence, d'ethnie, de religion ou de culture est en soi intolérable. On sait qu'il y a là-dessus encore beaucoup de travail et que les bonnes intentions ne suffisent pas, puisque encore maintenant de quartier à quartier dans une même ville pour beaucoup ce n'est pas la même identité.

 

Et il y a aussi tous ces internautes, les uns issus ou non de la diversitude, les autres prétendant la combattre au nom d'une identité dont ils ignorent souvent tout, convaincus pour certains qu'être français est une idée quasiment racialiste. Les uns comme les autres s'injurient, s'insultent, se traitent de toutes les invectives possibles et imaginables, souvent les pires, en appellent au combat salvateur, au salut par les âmes, à verser le sang des adversaires.

 

J'ai souvent envie de leur conseiller de commencer les premiers, entre eux, ce qui ferait quelques imbéciles de moins sur terre, et je les imagine souvent, lui le fier tribun de la nation, ou tel autre, ardent combattant anti-fââchiiste, petits bureaucrates minables, frustrès et complexés derrière leur guichet, coincés dans leur « open space » ruminant de sombres vengeances sur leur chef de service et contre le monde entier, planqués dans leur bicoque « Monopoly » rurbaine arrachée au système par une allégeance sans failles au système, vexés de ne pas être reconnus à ce qui leur semble être leur juste valeur par leurs profs, leurs instituteurs, leurs maîtres, idem pour leur progéniture déjà soumise elle aussi uniquement préoccupée de posséder le dernier gadget inutile à la mode.

 

Et dans la vraie vie, les mêmes n'utiliseraient pas du tout le même ton ni le même vocabulaire, car bien que leur civilisation ne soit qu'un vernis, ils n'oseraient pas le faire craquer, ne voulant surtout pas laisser croire qu'ils puissent un jour se rebeller pour de bon et non seulement en mettant en « statut » facebook une « peinture » de Ben, ou une photo de chtit n'enfant n'étranger qui n'a faim ou sous les bombes des méchants...

mardi, 19 août 2014

Être son propre Big Brother

Être son propre Big Brother...

Sur Internet, réseaux dits sociaux, blogs, forums, beaucoup sont nombreux à s'émouvoir pour telle ou telle cause, tel ou tel événement parfois complètement anecdotique et dont on se fiche complètement au fond, comme la déclaration la plus sotte d'une « star » de la télé réalité, le nombre de piercings d'un taré qui fait ça juste pour qu'on parle de lui, le nombre de tatouages d'un imbécile qui ne voit que cela pour se faire connaître,, à aller pour cela toujours virtuellement jusqu'à l'injure, la violence verbale la plus crasse, le tout planqué derrière le pseudo-anonymat du Ouèbe dont on sait bien que c'est une fable.

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image ci-contre prise ici

 

De temps à autres, on pourrait croire que cette agitation implique un réveil citoyen, que la population réagit enfin à des décennies de domination de la bourgeoisie depuis 1789 : soit-disant « inspirée » par les Lumières, positiviste industrielle, puis post-industrielle puis maintenant plus bourgeois-bohème (les noms changent mais ce sont rigoureusement les mêmes), que les gens voudraient agir contre les réseaux occultes de la République, réseaux que lorsqu'ils en apprennent l'existence ils cherchent à faire partie plus qu'à les combattre, à profiter eux aussi du « gâteau » en prouvant leur allégeance par une dénonciation par exemple, par du zèle idéologique.

 

Le pouvoir se réclame des valeurs républicaines, des Droits de l'Homme, d'idées dites de progrès, mais il ne s'agit même plus de cela, il s'agit surtout de continuer à préserver leur intérêts bassement matériels par la cooptation endogame, le clientélisme, le népotisme, la corruption cachée ou pas, plus ou moins bien camouflée sous des prétextes juridiques parfois même, certains poussant le culot jusque là, corruption à tous les niveaux.

 

De fait il n'en est rien quant à un quelconque « réveil », à l'exception de rares personnes, de naïfs et d'esprits lucides, car quand il s'agit de faire quelque chose de concret, de faire quelque chose de tangible, et ce dans la réalité de la vie de tous les jours, le petit employé de bureau, tribun implacable derrière son clavier, se rencogne dans son « open space », le fonctionnaire a la trouille d'être « démasqué » ce qui le ferait mal noter de ses chefs, il ne s'agit pour eux que de se défouler en fait.

 

Pire encore on accable le voisin en l'accusant des pires vices en espérant se faire bien voir des maîtres supposés espérant que cela rallongera la longueur de la laisse, confondant ladite laisse avec leur liberté.

 

C'est une soumission volontaire d'esclaves repus qui ont peur d'avoir faim au système, une soumission consentie en toute conscience, ou presque, pour pouvoir continuer à disposer des quelques libertés que le pouvoir nous laisse en aumône, continuer à consommer aussi encore un petit peu tant que la « crise » le permet encore.

 

Cela n'exclue pas d'être le « rebelle de service », de jouer le rôle du « réactionnaire » en se bornant finalement à discuter du sexe des anges et à faire subir aux diptères communs des choses que la morale réprouve (cette blague : Desproges TM°) sans contester ni remettre en question vraiment l'essentiel. Ces adversaires officiels du système sont toujours d'une étrange inertie quand il s'agit de faire réellement quelque chose.

 

Quand d'aventure, on propose aux internautes, facebookiens ou non, une cause à défendre dans la vie de tous les jours, qui implique un risque éventuel pour leur confort intellectuel ou matériel, même minime, il ne reste plus grand-monde. Comme si chacun était son propre « Big Brother », s'interdisant d'aller vraiment jusqu'au bout finalement. Et c'est ainsi que le tout se maintient en place alors que le système est fragile, il faut voir avec quel affolement le pouvoir bourgeois réagit quand il est contesté ! Pourtant ce que subit ceux qui contredisent le système sert de dissuasion, on les soupçonne de fragilité psychologique, d'égocentrisme et j'en passe et des meilleures...

 

Et toi ami lecteur, tu attends quoi pour te réveiller car le prochain sur la liste c'est toi ?

dimanche, 17 août 2014

Des catholiques solidaires ?

Texte dédié à Frigide Barjot

 

(Ce texte est également dédié à tous les fonctionnaires de la DCRI qui lisent quotidiennement ce blog, à mes collègues qui n'hésitent pas à faire remonter ce que j'écris aux « autorités compétentes », pour "mon bien")

 

« le premier qui dit la vérité... »

 

Ci-dessous sur la photo je récidive donc...

 

politique, christianisme, société, religions, hypocrisie, Frigide barjot, Amaury Watremez...On connaît la suite. Depuis que les libéraux-libertaires et la gauche sociétale se sont accaparés la réflexion sur les questions de la famille, du corps, de la sexualité, toute contradiction même argumentée est considérée comme relevant du passéisme le plus sombre, de l'obscurantisme voire des fameuses « z-heures les plus obscures de notre histoire » (TM°). On a pu le constater tout au long des « Manifs pour tous » organisées par Frigide Barjot contre la « loi Taubira », à l'origine de ce mouvement maintenant récupéré par les catholiques « professionnels », elle avait su fédérer des catholiques, des non catholiques, des croyants, des incroyants autour de ces questions centrales, sans haine des homosexuels, sans rejet de qui que ce soit.

 

Ceux qui ont participé à ces manifestations ont également pu le constater à leurs dépens, surtout quand ils dépendent de l'institution pour leur métier ou le logement, la réponse fut cinglante, brutale et dure, sans pitié. Le pouvoir dominé par les libéraux-libertaires a montré qu'il ne supporte pas la contradiction, et qu'il riposte sévèrement. Pas directement, jamais frontalement, ce sont des sanctions cachées, on invoque la loi, qui a alors bon dos, car ces punitions contre le contradicteur sont elles-mêmes contre la jurisprudence républicaine.

 

On rappelle par exemple à l'enseignant que je suis qu'il ne doit pas faire preuve de prosélytisme, ni de propagande, deux choses que je me permettrai pourtant jamais dans l'exercice de ma profession quant à moi devant transmettre un savoir d'abord et avant tout, et puis ce sont les actes pour les autres que l'on pose qui doivent parler par eux-mêmes. Cela dépend bien sûr de l'interprétation de ces deux mots : propagande et prosélytisme. Comprenons que dire, sur le Net ou ailleurs simplement « Je crois en dieu », c'est déjà du prosélytisme à leurs yeux et que contredire la « bonne parole » sociétale c'est en soi de la propagande insupportable.

 

En gros ouvrir la bouche pour dire ce que l'on pense de lois qui vont tout droit à la marchandisation des corps, des enfants, des ventres des femmes, à l'addiction au sexe, mais un sexe tellement triste, tellement grisâtre est hautement punissable, et l'affirmer quand on est catholique encore en plus c'est d'autant plus mâââl. On risque l'excommunication

 

Et comme, pour parler de mon cas mais je ne suis pas le seul, on ne peut pas me sanctionner sur ma pratique professionnelle malgré les deux ou trois inspections que l'on m'a infligé. On m'envoie à 850 kilomètres de chez moi contre la circulaire Sauvadet de 2012 qui explique pourtant clairement qu'on ne peut pas. Ils n'ont pas de chance, moi qui suis d'une longue lignée d'indociles et de réfractaires, d'« anars de droite » et catholiques, ce n'est pas ça qui risque de me faire taire.

 

On vire Frigide Barjot de son logement, traitée elle-même avec mépris et dédain par les « catholiques professionnels » qui ont récupéré ce qu'elle a initié et qui se sont d'abord bagarrés pour des histoires de « petits chefs » avant que de s'intéresser à quelque réflexion que ce soit, tout ce qui les intéresse étant une part du pouvoir, quitte à jouer les rôle des « cathos repoussoirs » de service, femmes politiques ou blogueurs estampillés « cathos officiels », voix de la conférence des évêques de France qui ne va pas souvent contre le courant, c'est le moins que l'on puisse dire servant à de rares exceptions une bouillie spirituelle mièvre, inodore, sans saveur, sans odeur, alors que comme le dit Fabrice Hadjaj la Foi est de la dynamite.

 

Ces « cathos officiels » ont peur de choquer, de déplaire, sont bien timides, ils numérotent leurs abattis et ont la trouille de perdre une seule miette du « système » car c'est quand même bien agréable de se sentir intégré même si c'est pour jouer le rôle du « méchant ». Je me souviens de ces collègues enseignants pourtant participants à « LMPT » mais s'en cachant, s'en défendant quitte à se renier et se compromettre, pour survivre. Ils ne veulent pas vraiment sortir du rang, ils invoquent eux-mêmes les arguments de ceux qui les détestent, qui haïssent la foi et la morale qui va avec, car ils n'ont pas compris qu'en face, les dogmatiques du sociétal les mettent déjà dans le même sac que tous les autres réacs, fachos et tuttit quanti.

 

Ces « cathos officiels » sont le plus souvent d'une docilité effarante face au système, d'une allégeance inavouée et inavouable d'où leur carence de solidarité. Pas tous, certains ne sont pas loin de « basculer ». Et puis « Dieu écrit droit avec des lignes courbes » et parfois la providence réveille les consciences là où personne ne s'y attendait, chez des personnes de bonne volonté tout simplement qui veulent avoir la liberté de penser par eux-mêmes, sans mot d'ordre pour un parti ou un leader, pour le Bien Commun, qui se rassemblent tout simplement par amour de la liberté.

 

Et cela commence doucement malgré tout...

 


Clip : Le Premier qui dit la Vérité doit être... par Super_Resistence

samedi, 16 août 2014

Petit hommage à Adèle Blanc-Sec de Tardi

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On remarque sur la photo du square de Denfert que la statue de Raspail a encore disparu, ceux qui ont lu les albums me comprendront

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Ambiances parisiennes

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J'aime Paris, tu l'auras compris depuis longtemps ami lecteur...

 

J'aime Beaubourg pour son ambiance foutraque, turbulente, irrévérencieuse, cosmopolite, les "forains", les montreurs de bulles de savon, les musiciens, les clowns de rue...

 

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Le premier qui me dit que "Beaubourg ça ressemble à une  raffinerie", je le tape et c'est surtout qu'il ne comprend pas la poésie de ces endroits, un peu mieux cachée que parmi les chtites fleurs et les petits z-oiseaux.

 

Le bourgeois déteste, ça trouble sa conception du repos, de la tranquillité de jouir de son magot en toute quiétude et de la certitude que son pognon justifie sa fatuité...

 

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La fontaine de Niki de Saint Phalle est un des lieux que je préfère depuis mon enfance...

 

 

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Le parvis de Notre Dame reste presque le même qu'au 

Moyen Age, un petit peuple bigarré, une "Cour des miracles" pas toujours reluisante, un mélange que les uns ou les autres trouveront tellement vulgaire, les bourgeois mêmes bohèmes détestent encore les "classes dangereuses"

 

 

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"Shakespeare and company" est l'une des plus belles librairies de Paris, on y croise les fantômes d'Hemingway et Fitzegerald, j'aime ce lieu depuis vingt-cinq ans déjà...

 

Je n'ai aucune envie de dire adieu ou même au revoir à Paris, me promenant le matin du 15 Août dans le quartier de Notre Dame des Victoires j'y retrouvais comme soudain mon enfance, je ne veux pas la perdre encore...

Toutes les photos Amaury Watremez (TM°)photos,paris,littérature,amaury watremez

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jeudi, 14 août 2014

Hommage à Gainsbourg : PORTRAIT par Myriam Le Corre (Rose-Océane)

Introduction : J'ai vraiment rencontré une Melody Nelson il y a une vingtaine d'années, c'était une "adorable petite conne" qui partageait comme moi la passion de la musique et des chansons de Gainsbourg. J'étais son Miller, enfin plutôt Henry que Arthur, et elle elle était ma Birkin. Tous les deux nous étions des gosses insolents  de Paris-Pantruche, comme le chanteur. Et puis un jour je l'ai perdue, le qu'en dira-t-on avait fait son oeuvre. Elle n'est même pas passée sous les roues d'une Rolls, c'était un fantôme évanoui dans l'éther. 

 

photo ci-dessous prise sur l'excellent blog "popkotidien" (et cette fois mon "excellent" est sincère)

musique, Gainsbourg, littérature, arts, myriam le corre

Classieux, la passion comme dans "Belle du Seigneur", mais plus dure à vivre que dans les livres, ça donne parfois envie de mourir.

 

Coïncidence, ou pas, les âmes cabossées comme elle, et comme moi je l'étais, comme je le suis, reconnaissent ceux parmi les artistes et les écrivains qui sont dotés de ce petit plus de sensibilité qui les fait dire "fragiles" mais qui fait que ce monde est un peu moins laid. Coïncidence, Myriam qui écrit sur ce blog aime Gainsbourg, peut-être encore plus que moi. 

 

Classieux les coïncidences....

 

S'il y a un dieu là-haut "il écrit droit avec des lignes courbes".

 

Amaury Watremez

 

Hommage à Gainsbourg : PORTRAIT

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Mon Élysée, Je me noie avec félicité dans la symphonie de ta grisaille abyssale. Et, puisque tes illusions donnent sur la cour, j'oublie ma chambre au fond de la mienne, pour te rejoindre .Tu es l'Arsouille et le Milord. Le faussaire qui signe ses « toiles » musicales...

Au pupitre, bercé par Fréderik Chopin, il y a le romantisme....

Dans ton encrier, le reflet d'Huysmans empreint des pleins et des déliés du symbolisme...

musique, Gainsbourg, littérature, arts, myriam le correSur le chevalet de tes amours picturaux, il y a entre autres, « Le martyre de saint Sébastien » de Mantegna , Cranach divinisant « Adam et Ève », Géricault et « Le radeau de la méduse », et plus loin, bien loin aux antipodes, Dali, entre eux, Delacroix ...Tu te transportes au chevet de ta mélancolie jusqu'au Louvre...

 

musique, Gainsbourg, littérature, arts, myriam le correDans les nuances de tes vers ambrés et ombrés, il y a Baudelaire, Rimbaud, Picabia...

 

Dans tes traits d'unions, il y a Nabokov, Lewis Carroll, Lautréamont... Dans ta respiration, la spirale de tes volutes bohémiennes, les saccades des aléas des affreux : ceux du showbizbiz : tes affres, toi, l'inconditionnel du perfectionnisme.

 

Et toujours cette quête des éternels adolescents que tu étends comme une bannière parfois que tu traînes comme un boulet... Dans ton cœur, tes blessures dorment d'un sommeil agité...

 

musique, Gainsbourg, littérature, arts, myriam le correDans l'esthétisme et l'outrance d'un intérieur « comme il faut » , il y a le souvenir de Salvador, mais aussi celui de Des Esseintes. Dans ton dandysme, il y a les manies du spleen puis le chiffonnement des faux pas cadencés d'autrui...

 

musique, Gainsbourg, littérature, arts, myriam le correTon snobisme est maquillé en la vertu d'une confession sur un Peintre, un Poète, un Écrivain, un Compositeur, un Vrai, un Grand ! Les fresques et les frasques de ta vie ont une couleur : le Bleu, tes amours , celle du corail. Tu es après Lucien, Julien, - le Sorel - d'apparence bien sous tout rapport et Gris, celui qui de nuage en nuage joue à saute-mouton... Tu es le bloc rocheux de Magritte qui fait outrage à un ciel clément... Le 19ème siècle est ton berceau et l'alcool ton tombeau ! Mais il y a toutes tes suffocations traversées par un certain docteur Jekyll et mister Hyde. Et ainsi ils en ont voulu à toi même !

 

 

Rôse Ginsburg de la Rimbaldie ... AN 2013

 

"Adam et Eve" , Lucas Cranach l'Ancien - Wikipédia

"le martyre de saint Sébastien" , Mantegna - Wikipédia

Autoportrait de Picabia - site dadart

Affiche de "Docteur Jekyll et Mister Hyde" - Wikipédia

Portrait de Gainsbourg - sur le site FNAC.com

mercredi, 13 août 2014

La démocratie disent-ils... - article trouvé dans une bouteille

J'ai réellement trouvé cet article dans une bouteille, il n'a bien entendu aucun rapport de près ou de loin avec moi...

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Ou pas.

 

"Cela fait huit ans que je tiens ce blog. Au départ, il s'agissait surtout de « vendre » mon roman publié par un éditeur qui m'a eu par un contrat correspondant à du compte d'auteur déguisé. Vu l'enthousiasme général engendré par mon livre sur le net, j'ai commencé progressivement à écrire sur les ouvrages que je lisais, sur la politique, sur l'air du temps, sur moi, en toute liberté, sans m'interdire aucunes libertés. On m'a bien averti de temps en temps sur mon « devoir de réserve », concept m'amusant et me faisant même rire à gorge déployée, car il signifie surtout rester dans la note idéologique du pédago-libéralisme initié il y a quelques années par Philippe Meirieu, applaudir aux changement sociétaux, considérer sans rire que Najat Vallaud-Belkacem est de gauche et ne pas faire de vagues, faire allégeance...

 

Personnellement, j'ai cependant toujours eu à cœur d'être dans mon métier neutre et de ne jamais faire allusion en quoi que ce soit à mes opinions. Et puis c'était juste une manière de respecter les élèves afin qu'ils se forment par eux-mêmes à la réflexion sans qu'on les oblige à quelque idée que ce soit.

 

J'ai bien eu quelques alertes, une collègue m'a dit un jour que j'étais un peu trop impertinent, et la plupart me « googlisait » après m'avoir rencontré, le réseau permettant d'être son propre « Big Brother » et celui du voisin. Du jour au lendemain, après m'avoir lu, je devenais « persona non grata » ce qui m'étonnait dans un premier temps pour des personnes si soucieuses de tolérance par ailleurs, d'écoute et de liberté, de pluralisme des idées. Je n'avais pas compris que c'était comme dans le Parti Communiste Chinois, on peut penser tout ce qu'on veut tant qu'on reste dans la ligne du parti, que l'on se soumet « a minima », y compris aux idées les plus absurdes et quitte à en être schizophrènes.

 

Et puis il y a eu l'affaire de ma photo dans « Paris Normandie » lors du départ d'une manif de « LMPT », j'étais photographié souriant, en plus, et content de moi pendant un événement contredisant la « doxa » de ceux qui se considèrent comme mes maîtres. Cette photo a fait le tour de l'Académie comme une traînée de poudre, de par la « bonne » volonté d'une bouture de délatrice qui l'a faite complaisamment circuler y compris dans l'enceinte de l'ESPE, ex-IUFM, sans parler de cet ancien camarade de classe, commère et ragoteur qui avait cru bon en rajouter parmi les formateurs. Et puis on a su aussi que je rédigeais un blog, j'y ai été catalogué très vite comme militant réac, un infâme nostalgique des z-heures les plus sombres de notre histoire, etc...

 

Car ces lecteurs honteux de mes écrits étaient étrangers à toute capacité à la nuance bien sûr. Et ils n'ont jamais compris que j'étais tout sauf un militant pour le bénéfice d'un parti ou d'un groupuscule.

 

Alors que j'y suivais une formation, c'était un festival d'allusions me concernant, de remarques sibyllines à mon sujet, de coups de fil à mon lycée pour vérifier que j'étais bien en poste, non pas pour me « fliquer » non, non, mais parce que « l'on s'inquiétait » à mon sujet.

 

J'avais cru à l'époque pouvoir prendre la liberté de faire remonter à l'époque le fait scandaleux que cette formation dite « en alternance » se déroulait sans convention d'alternance, en toute illégalité. J'ai été effaré tout du long par la docilité avec laquelle de mes camarades acceptaient des conditions de travail scandaleuses, me reprochant même de « ne pas jouer les règles », de ruer dans les brancards en somme car on nous demanda par exemple de payer les droits d'inscription de cette formation alors que le contrat signé quelques mois auparavant affirmait noir sur blanc que nous n'aurions pas à le faire.

 

Cerise sur le gâteau, je fus interrogé à l'époque par plusieurs journaux (et « Radio France »), dont « l'Humanité », « le Canard Enchaîné » et « Paris Normandie » sur le mépris absolu avec lequel l'institution traite les contractuels, remplaçants, enseignants. C'est cela que je paye aussi. "Gare à celui qui dit la vérité..." on connait la suite...

 

Réussissant ma certification pour me titulariser par le CAPES, je crus échapper au désir de m'avoir de divers commissaires politiques en herbe, et boutures de miliciens sociétaux. Grave erreur ! Alors que selon la loi et leur propre circulaire, je devais être affecté dans mon Académie d'origine, voilà que l'on m'envoie dans l'Académie de Toulouse, à 850 kms, sans le reclassement, la prise en compte dans le salaire de mon ancienneté, ce qui est un acquis et un dû. Ce n'est pas la ville de Toulouse contre laquelle j'ai quoi que ce soit, mais contre cette profonde injustice qui est une manière de m'ostraciser sans bavures.

 

Mais je ne me laisserai pas faire sans me battre."

"If You need help juste whistle..."

(Le fameux "regard en dessous" c'était juste à cause de sa grande timidité face à Bogart la première fois qu'ils jouèrent ensemble...)

 

On note les différences cruelles pour les actrices actuelles, exceptée Scarlett Johanson, toutes retouchées, virtualisées, déréalisées, sans corps ni cervelle...ni charme ou séduction...

cinéma, amaury watremez, lauren bacall

14:35 Publié dans Art de vivre, Cinéma, Lu et vu sur le Net | Lien permanent | | Tags : cinéma, amaury watremez, lauren bacall | |  Facebook | |

« Kyrios Missel... » - « Le balcon de Spetsai » de Michel Déon

littérature, michel déon, Amaury Watremez, Grèce, SudÀ propos de « le Balcon de Spetsai » de Michel Déon en Gallimard Folio

 J'évoquais ici mes envies de Sud déjà...

image ci-contre prise sur Amazon

 

Je suis tombé tout à fait par hasard sur ce livre qui invite à partir vers le Sud, qui je rappelle n'est pas le Sud réel mais un Sud utopique et rêvé, patrie des rêves et de ceux qui ont encore une âme, grâce à une opération du genre de « Paris plage » à Évreux, où des livres « mis au pilon » par la médiathèque locale, généralement des bouquins considérés comme « poussiéreux » et pas assez « dans le vent » de la modernitude sont proposés à la lecture des ébroïciens esseulés sur les bancs et chaises longues à disposition des « aoûtiens ».

 

Ces livres sont tellement méprisés qu'ils sont là pour « faire genre » comme disent les djeuns : on sait très bien qu'ils ne seront pas lus. Déon, généralement classé à droite et parmi les « réacs » n'allait pas échapper à la main lourde des bibliothécaires de l'endroit dont la tâche de nos jours ressemble de plus en plus à celle des pompiers pyromanes de « Fahrenheit 451 ».

 

Je dois te l'avouer ami lecteur, à l'exception du « Jeune Homme Vert », je ne suis pas vraiment fanatique des romans de cet auteur bien que moi-même « réac » et petit bourgeois hédoniste. Ce livre n'en est justement pas, c'est le journal de l'auteur racontant sa vie frugale mais heureuse sur son île perdue en Grèce avec sa femme avant qu'ils ne partent vivre en Irlande, autre paradis perdu. Toujours les esprits libres, dotés d'un minimum de sensibilité aux autres et au monde, ont eu à cœur de rechercher ces « déserts » loin de la sottise universelle, des préjugés, des lieux communs.

 

Pourtant, ouvrant « le Balcon de Spetsai », je me suis laissé prendre et n'ai lâché ce livre qu'au bout d'une centaine de pages alors que des nuages menaçants s'amoncelaient au-dessus de la ville. Le bleu du ciel, le soleil éclatant un petit moment, et le bruit de l'eau de la rivière toute proche, ont été ce court instant qui me parut éternel le bleu du ciel de Méditerranée, le bruit de la rivière était celui des vagues à Nauplie ou Athènes, et le soleil était celui tiré par le char d’Apollon. Qu'à cela ne tienne j'ai alors continué ma lecture sous les portes du théâtre « à l'italienne » la pluie tombant comme une pluie tropicale comme sous ces latitudes à la verticale du soleil.

 

Il évoque également des personnages littéraires de cette époque, des auteurs grecs, Katsimbalis et Katzanzakis, auteur de « Alexis Zorba » et de « le Christ recrucifié » et plus particulièrement les figures de Jacques Chardonne, charmeur avec les dames et cynique encore à soixante-dix-huit ans passés, et Paul Morand, deux autres écrivains rigoureusement « infréquentables » en nos temps de moralisation culturelle à tous crins, lui ayant rendu visite en ces lieux bénis par les dieux, les visages des villageois et des touristes, des étrangers qui sont contrairement à eux des « xenos » incapables de s'adapter, croyant bon d'affirmer sans cesse leur supériorité d'occidentaux libertaires, persuadés de venir guérir de leurs névroses comme ce peintre américain ne peignant que des phallus en diverses situations et sa compagne dont Déon raconte les tribulations tragi-comiques se terminant sur le suicide de l'« artiste ».

 

Beaucoup plus que des pensums savants et doctes, beaucoup plus que des autofictions de voyage pénibles et narcissiques, Déon sait transmettre avec talent l'essence de ce qui est vraiment la Grèce et la Méditerranée en général, cette douceur de vivre et de respirer paradoxalement mêlées à une violence de sentiments et de sensibilités à fleur de peau. Il y arrive car son écriture a de la chair, du corps, qu'elle coule dans ses veines, qu'elle n'est pas sèche et seulement intellectuelle, que lorsqu'il décrit la peau des vieilles femmes et des vieux pêcheurs l'on a envie de leur caresser leurs rides, de même lorsqu'il peint la beauté des jeunes filles le lecteur sent sous sa paume frémir la douceur d'un sein rond et doux.

 

 

Il est proche de ces gens dits « simples » par les bourgeois qui les méprisent, enviant leurs liens plus vrais au monde. Et alors qu'il rapporte de Paris des romans de jeunes auteurs, il les jette à la mer, n'en ayant pas besoin, connaissant un bonheur de tous les instants sur cette terre pour lui sainte, bonheur que je comprend l'ayant ressenti de même dans ces régions turbulentes mais que l'on se prend à aimer passionnément de Méditerranée, berceau de nos civilisations.

mardi, 12 août 2014

Hommage à Robin Williams

En France, faire rire c'est mâââl, en plus abomination de la désolation, faire rire c'est po-pu-laire (à prononcer du bout des lèvres comme une chose « sale ») ! Ne vous rendez-vous donc pas compte ma chère ? On accepte à la rigueur le comique qui fait comme Coluche « son » « Tchao Pantin », ce qui le légitime, alors que tous les comédiens le disent, jouer la tragédie est beaucoup plus facile à jouer que le comique. Coluche d'ailleurs avait donné sa « recette » de son jeu dans ce film, il fumait un « joint » d'herbes exotiques avant chaque scène...

 

image prise sur le site du "Guardian"

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Ou alors c'était une autre manière de ridiculiser le parterre de prétentieux mondains le célébrant aux « Césars ».

 

Alors certes il y a les humoristes gras et, ou vulgaires qui n'ont pas une once de vrai talent, pas de profondeur et qui ne font qu'encourager les imbéciles à leur médiocrité, les humoristes morts ou pas, Guy Bedos, Anne Roumanoff, Jérémy Ferrari faisant dans « la dénonce » citoyenne et le pseudo sociétal, et il y a ceux qui sont drôles car leur humour est vraiment la politesse du désespoir face à un monde marqué par la sottise, la violence, la bassesse et les instincts vils d'êtres humains pitoyables primates pourtant virtuellement capables du meilleur.

 

Robin Williams a fait « son » propre « Tchao Pantin » pour lequel il a été reconnu en France par la critique « kipense » : « le Cercle des poètes disparus », beau film certes mais recelant malgré tout une deux scènes putassières et gênantes : comme le suicide du jeune Nate, son père refusant qu'il fasse du théâtre. Je le préfère largement dans « Good Will Hunting » dans ses dialogues avec le jeune Will où il laisse éclater toute son humanité, et même dans des « nanars » de seconde zone où les moments où il apparaît valent la vision de ces navets infâmes dont un « beach movie » dégénéré d'Harold Ramis pré « Un jour sans fin », chef d’œuvre d'humour et de finesse.

 

Avoir le sens de l'humour, et donc de la dérision, c'est tout ce qui reste face à une société et un monde qui n'ont plus vraiment de sens, dans lesquels les individus refusent de réfléchir, voire de vivre sereinement en profitant de chaque seconde, de chaque minute avec ceux qu'ils aiment. Rien ne compte que leur image, leur apparence sur le Ouèbe, le personnage qu'ils jouent. Il n'y a guère que les imbéciles qui sont il est vrai légion pour se parer autant de gravité et de sérieux, eux savent, eux pensent, eux comprennent tout. Attention, les banalités qu'ils ont à dire comptent, d'autant plus maintenant qu'elles sont visibles sur le Net ! Elles ne sont pas écrites sur du sable, effacées sitôt la marée redescendue.

 

L'imbécile n'a pas le sens de l'humour, il met en relief sa médiocrité, il se moque de ses certitudes. On comprend qu'il n'apprécie pas que l'on tourne en dérision sa bêtise...

 

Comme beaucoup d'artistes et de créateurs de formes, Robin Williams soignait son mal-être, on le comprend c'était le début des années fric, les années 80, son trop-plein de sensibilité au monde avec de la dope en quantité et beaucoup d'alcool ce qu'il arrêta juste après avoir vu son copain John Belushi lui proposer de se jeter tête la première contre un mur : « Tu verras c'est marrant » et mourir quelques jours plus tard d'overdose. Et comme tous les pseudo-dilletantes c'était un bourreau de travail. Et il s'est tué car certainement trop de choses étaient devenues insupportables...

 

Plutôt les berner et s'en moquer une dernière fois, comme Dino Risi...

De la nature humaine et de l'Islam modéré

De tous temps, de toute éternité aurait dit Vialatte, à chaque révolution, chaque guerre civile, chaque bouleversement social, ce sont les radicaux, les plus violents, les plus haineux qui entraînent le reste du « marais », du troupeau, qui aura une peur panique d'être largué, perdu en route. Personnellement ami lecteur, je n'ai jamais compris ça. Je préfère garder ma propre opinion que de me compromettre en hurlant avec les loups, juste par confort ou pour le plaisir douteux de faire partie de la même « tribu » que d'autres, y perdant comme d'autres mon individualité, ce qui nous rend unique étant pourtant notre bien le plus précieux.

 

image ci-dessous prise ici

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Cette propension au pire instinct grégaire de l'espèce humaine s'aggrave généralement d'une appétence à se donner un genre d'émulation par la violence, c'est à qui sera plus haineux et plus violent que le voisin. C'est à qui répondra à des appels au meurtre par d'autres appels au meurtre sans trop se soucier des conséquences. La plupart des êtres humains sont incapables tout simplement de vivre et penser par eux-mêmes, ce qui signifierait de comprendre les nuances et la complexité de tout événement sur cette planète où rien n'est blanc ou noir, il y a juste une infinité de gris, certains plus soutenus que d'autres il est vrai.

 

L'instinct grégaire et la propension à la haine d'un groupe sont d'autant plus fortes que ce groupe est constitué de nombreux car il s'agit aussi de dominer l'autre sous le moindre prétexte qui a souvent été la foi religieuse, pervertie, car la foi n'est pas une idéologie, ou une utopie ou une autre ayant pour la plupart en commun le désir de faire le bonheur de l'humanité y compris malgré elle. C'est ce qui arrive à l'Islam en ce moment qui a remplacé dans de nombreux pays pauvres et en développement depuis quelques décennies l'idée révolutionnaire, surtout depuis la « Révolution » islamique de 1979 qui se voulait un « mix » entre « chariah » et marxisme.

 

Ce sont les occidentaux qui ont soutenu et financé les mouvements les plus fondamentalistes dans le monde arabe ceci afin de mettre des bâtons dans les roues aux régimes ayant des velléités de plus de laïcité, de modernisation ; en Égypte, les frères musulmans, en Syrie, les « djihadistes » et pseudo-rebelles, en Afghanistan les talibans, dont était plus ou moins Massoud, au Liban le Hezbollah, en Palestine le Hamas et un peu partout contre les dirigeants baasistes. Les occidentaux l'ont fait par ignorance, dédaignant les partis, les groupes plus modérés ne correspondant pas à la vision caricaturale qu'ils avaient du Proche et du Moyen Orient, et par intérêt afin de continuer à contrôler les routes commerciales passant par ces régions et le pétrole bien sûr.

 

Dans nos pays dits développés, la Palestine est devenue un enjeu majeur, non pas que les pro-palestiniens s'inquiètent réellement pour certains de ceux qui sont issus de la diversitude du sort des gazaouis par exemple. Ils sont juste dans une compétition mémorielle abjecte, où leurs souffrances sont mises en balance avec celles des juifs pendant la Shoah, considérés comme les maîtres de l'Europe, cela encourageant certains africains à cette même « compétition » avec ce qu'ils ont subi à cause de l'esclavage.

 

Et maintenant il est très tard, presque trop tard. Cette émulation par la violence se propage encore plus rapidement qu'auparavant par le Réseau. Quand d'aucuns en appellent à la guerre, à l'affrontement, à rayer de la carte ceux qu'ils supposent leurs adversaires, je voudrais parfois qu'ils aient le nez une fois rien qu'une fois sur les conséquences des guerres civiles sur les enfants et les plus faibles.

 

J'enrage également de ces personnes qui semblent découvrir seulement maintenant le sort des chrétiens orientaux de ces pays, chrétieDe la nature humaine et de l'Islam modéré

 

De tous temps, de toute éternité aurait dit Vialatte, à chaque révolution, chaque guerre civile, chaque bouleversement social, ce sont les radicaux, les plus violents, les plus haineux qui entraînent le reste du « marais », du troupeau, qui aura une peur panique d'être largué, perdu en route. Personnellement ami lecteur, je n'ai jamais compris ça. Je préfère garder ma propre opinion que de me compromettre en hurlant avec les loups, juste par confort ou pour le plaisir douteux de faire partie de la même « tribu » que d'autres, y perdant comme d'autres mon individualité, ce qui nous rend unique étant pourtant notre bien le plus précieux.

 

Cette propension au pire instinct grégaire de l'espèce humaine s'aggrave généralement d'une appétence à se donner un genre d'émulation par la violence, c'est à qui sera plus haineux et plus violent que le voisin. C'est à qui répondra à des appels au meurtre par d'autres appels au meurtre sans trop se soucier des conséquences. La plupart des êtres humains sont incapables tout simplement de vivre et penser par eux-mêmes, ce qui signifierait de comprendre les nuances et la complexité de tout événement sur cette planète où rien n'est blanc ou noir, il y a juste une infinité de gris, certains plus soutenus que d'autres il est vrai.

 

L'instinct grégaire et la propension à la haine d'un groupe sont d'autant plus fortes que ce groupe est constitué de nombreux car il s'agit aussi de dominer l'autre sous le moindre prétexte qui a souvent été la foi religieuse, pervertie, car la foi n'est pas une idéologie, ou une utopie ou une autre ayant pour la plupart en commun le désir de faire le bonheur de l'humanité y compris malgré elle. C'est ce qui arrive à l'Islam en ce moment qui a remplacé dans de nombreux pays pauvres et en développement depuis quelques décennies l'idée révolutionnaire, surtout depuis la « Révolution » islamique de 1979 qui se voulait un « mix » entre « chariah » et marxisme.

 

Ce sont les occidentaux qui ont soutenu et financé les mouvements les plus fondamentalistes dans le monde arabe ceci afin de mettre des bâtons dans les roues aux régimes ayant des velléités de plus de laïcité, de modernisation ; en Égypte, les frères musulmans, en Syrie, les « djihadistes » et pseudo-rebelles, en Afghanistan les talibans, dont était plus ou moins Massoud, au Liban le Hezbollah, en Palestine le Hamas et un peu partout contre les dirigeants baasistes. Les occidentaux l'ont fait par ignorance, dédaignant les partis, les groupes plus modérés ne correspondant pas à la vision caricaturale qu'ils avaient du Proche et du Moyen Orient, et par intérêt afin de continuer à contrôler les routes commerciales passant par ces régions et le pétrole bien sûr.

 

Dans nos pays dits développés, la Palestine est devenue un enjeu majeur, non pas que les pro-palestiniens s'inquiètent réellement pour certains de ceux qui sont issus de la diversitude du sort des gazaouis par exemple. Ils sont juste dans une compétition mémorielle abjecte, où leurs souffrances sont mises en balance avec celles des juifs pendant la Shoah, considérés comme les maîtres de l'Europe, cela encourageant certains africains à cette même « compétition » avec ce qu'ils ont subi à cause de l'esclavage.

 

Et maintenant il est très tard, presque trop tard. Cette émulation par la violence se propage encore plus rapidement qu'auparavant par le Réseau. Quand d'aucuns en appellent à la guerre, à l'affrontement, à rayer de la carte ceux qu'ils supposent leurs adversaires, je voudrais parfois qu'ils aient le nez une fois rien qu'une fois sur les conséquences des guerres civiles sur les enfants et les plus faibles.

 

J'enrage également de ces personnes qui semblent découvrir seulement maintenant le sort des chrétiens orientaux de ces pays, chrétiens orientaux dont ils se fichaient complètement et dont ils continuent à se fiche complètement, pour eux cela reste des « bougnoules », et ce ne sont que des prétextes à leur course à la haine. Chrétiens orientaux qui étaient pourtant des médiateurs parfaits entre le monde musulman et européen, pouvant encourager l'exégèse de l'Islam par exemple, ce qui commençait à se faire à Alexandrie, à Beyrouth, à Jérusalem. Cela aurait pu apaiser la région s'ils n'avaient pas été si longtemps méprisé par ceux-là même qui en appelle sur le Net car ils sont courageux mais pas téméraires à ni plus ni moins qu'au choc de civilisation sous prétexte de les sauver.

 

Et c'est ainsi que les uns comme les autres en appellent finalement à leur perte, et c'est ainsi qu'Allah est grand......

dimanche, 10 août 2014

Les cathos de province

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Affiche de l'excellent film de René Féret qui parle du même sujet prise ici

 

Je crois que c'est le fulgurant Barbey d'Aurevilly qui le dit plusieurs fois dans ses lettres à Trébutien, après que ses œuvres aient été poursuivies et dénoncées pour "immoralité" par la "bonne" presse, pour un catholique ardent comme il l'était il n'y avait rien de pire comparé aux « bouffeurs de curés » sans cervelle, sans culture, sans mémoire, aussi dogmatiques que des inquisiteurs, aussi froids que des conventionnels, que les catholiques de province à l'esprit étriqué, attirés comme les abeilles par le sucré, le mièvre, le brillant, le clinquant, le superficiel en somme, moralisateurs hypocrites persuadés que leur moralisation camouflerait leurs turpitudes. Je pense que les descendants de ceux que Barbey côtoyait à son époque sont encore pires car ils rajoutent des prétentions grotesques, s'imaginant au faîte du progrès, aux vanités déjà abjectes de leurs ascendants s'imaginant que les privilèges matériels dont ils bénéficiaient déjà les légitimaient quant à un rôle social.

 

Barbey n'aurait pas supporté notre époque, encore moins que la sienne, la littérature ayant été envahie un peu plus encore par la vision terre à terre qu'en ont les esprits étriqués qui déjà en son temps se moquait de lui pour ses excès supposés, les roues de la voiture de la « vieille maîtresse » qui s'enflamment de par la passion des deux amants, la croix de chair de « Un prêtre marié », dont surtout de par l'accusation d'excès vestimentaire faite au « vieux viking au verbe sifflant » (Léon Deudet TM°) qui était l'expression du dandysme et de l'élégance de l'auteur du « Chevalier Des Touches ».

 

Pour l'auteur de « l'Ensorcelée » « chevalier de la Manche française pauvre et fier comme Artaban toute sa vie », pour reprendre la formule de Léon Daudet dans ses fabuleux « Souvenirs Littéraires » ainsi que pour Léon Bloy plus tard, qui le paiera cher toute sa vie, poursuivi jusqu'à la tombe par les créanciers, et Bernanos, qui rêvait d'une Patagonie bien heureuse comme Antoine de Tounens et se retrouvera dépouillé de tout rentrant d'exil en 48, le pire ennemi des valeurs chrétiennes c'était d'abord et avant tout l'esprit bourgeois, ou plutôt l'esprit très « petit bourgeois » du temps, cette satisfaction immonde à se contenter de profiter de sa bauge personnelle, de pouvoir s'y rouler avec délices un peu plus que le voisin sans souci du Bien Commun, ces rêves étriqués de confort matériel égoïste et intellectuel aussi (quelques certitudes tenant lieu d'opinions) ; esprit bourgeois qui n'est pas l'apanage des catholiques de province mais que ceux-ci pratiquent avec ardeur.

 

Les évoquer ces catholiques de province fait naître en moi des images bien précises : cette dame au physique de crémière B.O.F , bonne blonde bien en chair aux bonnes joues rouges se sentant obligée de s'habiller en « boubou » africain à la messe car « les africains ils sont tellement joyeux quand ils prient », celle là encore qui trouvait que les prêtres africains encore de Notre Dame qu'elle avait vu à la télé étaient « teeellement beaux » dans leur candeur en somme ; ne voyant pas malice toutes les deux aux lichés abscons et bien racistes au fond que cela représentait ; ce monsieur parlant sans cesse de « communauté » de « fraternité » et « tutti quanti » aux intentions de prières et serrant les mains des paroissiens présents ou allant communier selon l'ordre de préséance au « Rotary's » finalement plus important pour lui que la charité fraternelle, fût-ce envers un bon « samaritain », cette communauté multipliant les soirées de réflexion favorisant plus le « coaching » spirituel qu'une vraie réflexion, ces catéchistes, ces prêtres, ces religieux ne voulant surtout pas choquer, ni remuer les âmes...

 

Ces catholiques de province ne comprennent pas la désertion des églises, ne voient pas le problème ou quelle est leur responsabilité dans le fait que leurs enfants et petits enfants maintenant ne ressentent plus le besoin d'aller à la messe le dimanche. Ils ne voient pas que c'est leur comportement qui interdit toute communauté paroissiale réelle et fraternelle au sens tangible et concret, ils ne veulent pas comprendre que c'est leur attitude qui ferment à ceux qui voudraient franchir le seuil de l'église mais qui sont encore timides. Ils n'ont pas d'opinion réelle sur leurs voisins il faut dire, et sont au final indifférents à tout ce qui n'est pas de leur milieu, de leurs habitudes spirituelles ou autres, et cherchent comme beaucoup à se mettre en valeur.

 

Attention ami lecteur, ne te méprends pas, ce n'est pas parce que je les raille sévèrement que je prétends être meilleur qu'eux, et fort heureusement tous les catholiques de province ne sont pas de cet acabit, bien au contraire. Moi aussi je suis pêcheur, moi aussi souvent je me leurre et suis dupé par les apparences, moi aussi parfois je pourrais surmonter un peu plus souvent qu'à l'accoutumée mon appétence à la misanthropie, mais le tout est d'en avoir conscience au moins un peu comme d'être dirigé plus par les préjugés qui trop souvent nous animent et nous dirigent dans nos comportements.

 

Ci-dessous un montage sur le pays de Barbey dans la Manche

samedi, 09 août 2014

Le futur décomposé

à propos de « Docteur Futur » réédité chez « J'ai Lu » - Flammarion

 

couverture prise sur amazon.fr

littérature, SF, politique, sociétéPhilip K. Dick aime bien le thème du voyage dans le temps, il s'en est souvent servi pour évoquer ses propres obsessions retournant le sujet et le poussant dans ses dernières extrémités, mais pas du tout à la manière des « classiques », je songe particulièrement à la nouvelle dans laquelle c'est le futur qui conditionne le passé, au « Temps désarticulé », histoire dans laquelle un enfant particulier peut voir le futur et le passé dans leur globalité, ou à « A rebrousse-temps », roman dans lequel le temps s'écoule à l'envers et où cela est parfaitement logique pour les protagonistes du récit et aussi pour l'auteur que cela ne gêne pas du tout et qui mêle une écriture et des péripéties à la Lewis Carroll avec le « cyberpunk ».

 

Jim Parsons, le héros paradoxal du livre, est médecin en 1998, pas le nôtre mais celui de Philip K. Dick, où les androïdes souhaitant s'humaniser et les voitures volantes sont monnaie courante, il subit un accident de voiture et est kidnappé par des voyageurs temporels qui l’emmène quatre-cent plus tard dans une société multiculturelle, et multiraciale, où l'être humain est conçu selon une ingénierie génétique sophistiquée (les fœtus sont conservés dans un cube de verre gigantesque) et qui vit paradoxalement en tribus selon des critères eugénistes. Il comprend bien vite que la mort domine tous les rapports sociaux, que l'euthanasie est couramment pratiquée, ainsi que le meurtre de tous ceux qui s'écartent de leur conditionnent social, des malades ou des individus considérés comme inutiles.

 

Dés son arrivée dans l'avenir, un automobiliste tente de l'écraser, pensant répondre à son désir de se suicider en se mettant sur le bas-côté de la route ce qui, Parsons l'apprend, est monnaie courante dans ce monde étrange. Étant blanc de peau et de type caucasien, il est vite repéré alors que toutes les races ont fusionné. Il est arrêté par la police secrète, et ses « shupos », des enfants assassins, après avoir tenté de soigner une jeune fille blessée, une opposante au régime en place. Il est interrogé par Al Stenog, un cynique et exécuteur des basses œuvres et est condamné après avoir avoué son « crime » à être déporté sur Mars dans un vaisseau automatique.

 

D'autres opposants lui font comprendre qu'ils l'aideront, et qu'il devra suivre leurs instructions en route. Envoyé dans un lointain futur de la terre, la race humaine en ayant disparue depuis longtemps, il ne doit son salut qu'à une plaque de métal gravé apposée sur un bloc de granit, sur laquelle sont gravées toutes les manœuvres qu'il doit effectuer pour revenir sain et sauf à bon port. Revenu à son point de départ, ce futur décomposé, il lui est demandé de soigner Corith un grand personnage qui s'oppose au pouvoir à la demande d'une de ces « filles aux cheveux noirs » que l'on trouve dans toutes les œuvres de Dick ou presque qui séduit Parsons.

 

Il s’exécute et retire une flèche du cœur de l'homme qui l'a reçu pendant un voyage dans le temps pour tuer Sir Francis Drake et ainsi assurer la suprématie de la race des indiens d'Amérique que Corith se flatte de représenter, sur le Nouveau Monde. Quelques instants plus tard venant vérifier ses soins, il retrouve une autre flèche plantée au même endroit...

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Et ami lecteur, je ne viens de raconter qu'un petit tiers du livre.

 

Jim Parons finira bien par devenir le thaumaturge du futur de la planète mais pas exactement de la manière à laquelle il s'attendait et qu'attendait ses alliés. Dick se fera un malin plaisir de semer les fausses pistes et de faire de l'histoire américaine originelle un puzzle alambiqué et complexe où personne n'a l'air d'être ce qu'il est vraiment et réciproquement. Corith par exemple s'avère être un homme fou de pouvoir, un paranoïaque de la pire espèce persuadé de tuer pour le bien de l'humanité. La société future dans laquelle la mort est toute-puissante est décrite par l'auteur comme allant de soi pour les êtres humains de ce temps qui ne comprennent pas une seconde les arguments moraux que le « docteur Futur » leur oppose, et qui ne sont pas eux-mêmes sans réponses en partie recevables, un peu comme ces gens qui en 2014 justifient l'euthanasie et le darwinisme social, et la mort donc, par la compassion envers les pauvres.couverture ci-contre sur Babelio

18:25 Publié dans Art de vivre, Article, Écriture, Histoire, Livre, Lu et vu sur le Net, Politique | Lien permanent | | Tags : littérature, sf, politique, société | |  Facebook | |

vendredi, 08 août 2014

Le curieux parfum de désuétude de Lester Bangs

A propos de « Fêtes sanglantes et mauvais goût » chez Tristram, collection « souple »

 

Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202014-06-14%20a%CC%80%2020.49.10.pngDans ce deuxième ouvrage paru chez Tristram en collection « souple » Lester Bangs évoque la contre-culture des années 70 à travers différents groupes de Rock et de Jazz, du début de la décennie jusqu'à sa mort dans les années 80, mort logique, Lester Bangs ne pouvait survivre aux années fric, comme Pacadis en France. Lester écrivait sans cesse, tapant sur sa « portative » chaque jour des milliers de signes, des phrases interminables dont il perdait parfois le fil (il n'était pas toujours bon, comme n'importe quel auteur), mais ayant cette passion de l'écriture chevillée à l'âme, au cœur, au ventre, au sexe et au cerveau. Inconsciemment aussi, comme tous ces ogres de la vie, il devait savoir qu'il avait peu de temps pour dire tout ce qu'il avait à dire, et le partager.

 

Ce livre a pris un curieux parfum de désuétude, il sera lu certainement par des quadragénaires nostalgiques de périodes moins cyniques et des quinquagénaires encore idéalistes, car le monde a définitivement changé et pas dans le sens de plus d'humanité, de hauteur morale ou intellectuelle, un monde où l'imbécile moyen est persuadé que les gadgets parfaitement inutiles qu'il utilise le rendent « de facto » plus intelligent, plus intéressant :

 

Aujourd'hui les gosses eux-mêmes ont accès à de l'ultra-violence immersive sur le Net qui n'a même plus la charge subversive qu'elle avait avant, et à tout le porno le plus abject qu'ils veulent en consultant Internet, qui n'a plus du tout la même charge transgressive. Le monde comme dans une gravure en creux que décrit Lester Bangs était plus naïf, plus candide, plus lumineux aussi. Les plus jeunes y exprimaient encore des illusions, les grandes personnes rêvaient d'un avenir meilleur pour leurs enfants, d'une société libre où l'art et la littérature auraient été accessibles à tout le monde, où l'art populaire aurait été aussi bien considéré que l'élitiste.

 

De nos jours, ceux-ci ne pensent plus qu'à préserver leurs z-acquis sociaux, leurs rêves étriqués et petits bourgeois afin de continuer à consommer encore un petit peu avant le « flash » final qui finira bien par arriver un jour du fait de la sottise universelle. Et les idoles des « boîtes » mythiques,égéries de couturiers scandaleux en leur temps ou de photographes « arty », se marient avec des hommes d'affaires bedonnants, des bourgeois qu'elles raillaient auparavant mais qui ont gagné en quelque sorte, ou rêvent encore à leur jeunesse enfouie dans leur « deux pièces » de banlieue.

 

Le rock-critique, qui publie dans « Village Voice » et « Creem », ne manque pas de lucidité, il l'écrit même à plusieurs reprises, le Rock est mort depuis longtemps et il y a peu de créativité, le peu restant étant le plus souvent récupéré à plus ou moins brève échéance par l'industrie de « l'entertainement » qui maintenant pousse le vice jusqu'à se passer complètement des velléités de création de tel ou tel artiste, le public appréciant le plus souvent d'écouter et réécouter encore les mêmes chansons, les mêmes morceaux, les mêmes scies, refusant de grandir, de mûrir, noyé dans un « complexe de Peter Pan » collectif, tout en étant soumis à l'arbitraire d'un système socio-économique particulièrement dur, engendrant un darwinisme social impitoyable parfaitement intégré et accepté par tous, à commencer par les plus jeunes certains que leur allégeance aveugle est obligatoire.

 

Il décrit l'envers du décor de la musique populaire, les groupes « gothiques » et « satanistes » composés de braves types qui sont pour la plupart des sortes de « working class hero » restant finalement très moraux, entre autres dans le chapitre sur « Black Sabbath », Ozzie Osbourne n'est pas Anton LaVey qui était lui-même un gros malin flairant les naïfs et les crédules en jouant les satanistes de fête foraine, les icônes sulfureuses comme les « Stones » finissant par resservir après Altamont toujours la même tambouille vaguement sexuelle pour vendre aux naïfs, prétextant qu'un public trié sur le volet, donc payant plus cher, appréciera mieux leur musique, les « punks » qui finissent toujours par rentrer dans le rang, certains finissant jurés dans les émissions de téléréalité avec alibi artistique, pour le pognon. Le tout reste du divertissement, du « Show Business » plus ou moins faisandé.

 

Il se pose aussi la question de ce qui est ou non de bon goût, s'il en existe un mauvais et s'il n'y a pas un « mauvais » mauvais goût pire que tout et un « bon » mauvais goût questionnement à l'instar de celui de John Waters dans ses films qui aime la « provoc » « tongue in cheek » avec un petit sourire en coin, assumant tranquillement d'être un « freak » infréquentable, tout comme Lester Bangs qui l'est dans un genre plus « hénaurme », totalement irrespectueux des us et coutumes imposés par les arbitres des élégances culturelles et des conventions sociales des « bonn'gens » esclaves conscients et volontaires par peur de sortir du troupeau consumériste.

 

Le livre est aussi une forme d'autofiction où Lester Bangs se raconte et décrit la vie d'un sale type misanthrope et asocial uniquement intéressé par ce qu'il écrit ou lit. Il n'est pas tendre avec lui, pas le moins du monde complaisant ou sombrant dans un misérabilisme pleurnichard lorsqu'il évoque ses tribulations, contrairement aux auteurs germanopratins pour qui la sortie du « périph » c'est la jungle. Si la dérision est totalement incomprise, ainsi que toute tentative de second degré, en 2014, tout ce que l'on peut dire ou écrire étant pris au pied de la lettre, que dire alors de l'auto-dérision perçue à la fois comme une pathologie de type finalement orgueilleux et narcissique, et comme une faiblesse, comme un manque de confiance en soi.

 

Je lis Lester Bangs en prenant des textes au hasard dans ses livres, c'est comme avoir une conversation avec un ami proche, de celles que l'on a au mitan de la nuit, quand l'alcool et la bonne chère, et l'amitié, vous aident à rester lucides et arrondir les angles d'une réalité tellement marquée par la médiocrité, la bêtise et la souffrance.

 

Ci-dessous "Paranoid" une des chansons préférées de Lester...

 

mercredi, 06 août 2014

Angélisme ou Xénophobie que choisir ?

politique, société, islam, religions, immigration, xénophobie

Image ci-contre prise ici

 

Autant l'angélisme et l'aveuglement volontaire des institutions, dont celui du journalisme plus ou moins institutionnel, concernant les questions liées à l'immigration et à l'insécurité m'énervent et m'amusent dans le même temps au plus haut point, autant la xénophobie que certains expriment à droite de manière de plus en plus marquée m'agace encore plus. A gauche, certains les traiteraient de racistes mais personne n'est véritablement raciste au sens exact du terme, tout le monde est « simplement » xénophobe à divers degrés cependant, ayant peur de « l'Autre », quel qu'il soit, certains en étant plus conscients que d'autres cependant. Dans ma bonne ville d’Évreux, l'étranger, par exemple, ça commence à la sortie de la ville...

 

Ne parlons pas du rejet sans conditions de l'Islam, alors que finalement un musulman qui respecte les valeurs dictées par les « Cinq Piliers de la Sagesse » sera plus proche finalement des valeurs nationales traditionnelles que certains français de souche hyper-matérialistes qui ne pensent qu'à leur nombril, au pognon, à boire, baiser et bouffer, non par une conception hédoniste du plaisir mais pour vivre de la même manière que le porc se vautre dans la bauge, se roulant dans la fange de ses aspirations étriquées et égoïstes sans le moindre remords.

 

Et elle n'est justifiée ni par la propre xénophobie des personnes d'origine étrangère ni par les bons sentiments exprimées par les arbitres des élégances politiques. Et la haine et la violence des uns ne justifient pas la haine et la violence des autres. Je suis également stupéfié par l'absence totale de capacité de compréhension du second degré ou de l'ironie par de plus en plus de personnes qui en restent à un niveau primaire, très primaire, qu'ils excusent en se vantant d'être des « vraigens », des gensimples », eux, j'ai toujours trouvé cette prétention à la « simplicité » que certains confondent avec médiocrité d'une sottise effarante.

 

Après tout les africains, asiatiques ou maghrébins qui émigrent en France ne sont pas responsables de la politique menée par les différents gouvernements qui se succèdent en France depuis une quarantaine d'années, de leur cynisme abject consistant à organiser la paupérisation d'une main tout en se donnant un alibi de générosité de l'autre en offrant allocations et protection sociale sans de réelle contrepartie citoyenne minimale en échange aux primo-arrivants ou aux français de deuxième ou troisième génération à qui l'histoire officielle apprend en le serinant sur tous les tons que la France est un pays raciste, intolérant et inhospitalier ayant une longue histoire de massacres et de haines dus d'abord à la religion catholique, et à la monarchie, histoire que nous devrions à les lire payer et payer encore dans le masochisme mémoriel de bon aloi ayant cours de nos jours.

 

Et puis l'on peut comprendre que ces personnes qui crèvent de faim chez elles, subissant souvent en même le joug d'une dictature militaire ou d'une théocratie viennent en France où elles savent trouver de quoi vivre et bien vivre sans renoncer à leurs traditions, sans avoir à adhérer au contrat social ancien qui demandait à ce que l'on fasse quelques compromis sur ces anciennes coutumes afin de vivre avec les autres français, qu'on taise un peu ses propres revendications communautaires pour mieux instaurer la paix sociale, et la vivre ensuite.

 

Tous.

 

Le problème est surtout là-dedans, dans la perte des valeurs communes, de ce qui liait la Nation, dans une société de « moimoimoiïstes » que de toutes façons cela ne concerne pas car ceux-ci ne souhaitent vivre qu'avec des reflets en somme...

 

L'époque n'est pas du tout à la prise de conscience des ces nuances indispensables à saisir, cela concerne également ceux qui s'affirment pro-palestiniens et légitiment le Hamas par leur crédulité, encourageant au passage l'affirmation de revendications strictement communautaristes et de haines ethniques qui n'ont rien à voir avec le conflit israélo-palestinien. Pourtant, il le faut bien à moins que l'on ne préfère un pays à feu et à sang d'ici quelques années au nom de coutumes, de conflits ethniques, de religions et de traditions présentées comme millénaires qui sont souvent toutes neuves (tel le « voile islamique » que l'on voit de plus en plus, total ou non, sur la tête des femmes en « cités » ou non).

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