dimanche, 22 novembre 2009
La douceur de Sade - "By your side"
J'écoutais il y a vingt-cinq ans, j'écoute encore, j'écouterai dans vingt-cinq ans. Entre la douceur de Sade, sans sensiblerie ni grandiloquence, et les gueuleries de "Errenebi", avec leurs danseuses épileptiques, il y a plus qu'un accord de "fa".
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samedi, 21 novembre 2009
Libérez Kareem Amer - blogger égyptien
Kareem Amer par Kareem Amer
En prison par goût de la liberté tout simple pour nous, impossible pour lui, à cause de la théocratie islamique, de la haine, de la sottise...
Je suis étudiant terre-à-terre; j'ai envie d'aider l'humanité contre toute forme de discrimination.(...) j'ai envie d'ouvrir mon propre cabinet d'avocats qui réunira d'autres avocats partageant les même points de vue.
Notre but principal est défendre les droits des femmes musulmanes contre toute forme de discrimination et stopper les crimes violents (...)
• Âge : 23
• Sexe : M
• Signe astrologique : Gémeaux
• Année zodiacale : Rat
• Secteur : Enseignement, Formation
• Profession : student
• Pays/territoire : Alexandrie, Egypte
Centres d'intérêt
• lecture de roman
• écriture de poésie
• regarder le cinema
• construction des relations d'amitié
• voyages
• humanité
• la défense pour les femmes
Parmi ses films préférés:
• troy
• life is all you get
• rousini
• amadeus
• shakespear in love
• the destiny
• titanic
• the last samurai
• one way ticket to mombasa
• i am not scared
• the burning season
• super size me
• head on
Goûts musicaux
• nagat
• fayrouz
• mageda elroumi
• mohammed mounir
• nancy 3ajram
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Pendant que l'on parle de foot la farce continue
Que deviennent les pourris pendant que l'on parle de « foûtebôle » ?
Depuis quelques jours, ils sont nombreux les commentateurs, dont moi, à causer du foot et de la main d'Henry. Pendant ces quelques jours, pourtant il s'est passé des trucs, importants, Total a été complètement blanchi dans l'affaire AZF en 2001, alors que les méthodes de management des ressources de l'entreprise étaient bien en cause. Les pourris s'en sortent et les tricheurs sont excusés.
Cela ne devrait pas être inéluctable.
Et ça l'est toujours.
Sur d'autres rives, de preux chevaliers montés sur de fiers destriers catholiques, de gôche ou de droâte, communistes ou soce-démes, néo-romantiques bernanosiens ou céliniens jaunis par leurs idées rances, grandis en cave, nous chantent sur tous les tons la chanson de l'identité nationale chacun à leur sauce. L'un parle de l'Algérie, l'autre n'ose rien dire, l'un croit en l'humanité nouvelle, l'autre ne songe qu'à l'argent. Mais personne ne s'aperçoit que la Nation française est morte depuis longtemps, et pas de sa belle mort. A cause de vous, de votre propension à vous bâtir un petit domaine bien à vous, bien égoïste, à faire du fric en prenant la pose.
Moi qui ne suis qu'un bloggeur compulsif de province, ça me dégoûte encore et je ne m'y résous pas. Les trois quarts de la société, enfin disons plutôt 99%, préfèrent quant à eux suivre le mouvement, le reste du troupeau et consommer, acheter et bouffer, baiser sans remords, tant que tout cela est encore possible et crever dans la pire grisaille qui soit, celle de l'esprit. On a envie de partir, dans ces moments là, quand on ressent plus que les autres jours la vulgarité de cette société, et je rêve alors de mes terres saintes...
17:48 Publié dans A boulets rouges... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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vendredi, 20 novembre 2009
La main d'Henry
La main du scandale - Parlons « foûtebôle »
Je n'ai jamais été vraiment passionné par le ballon rond, en l'occurence, je crois même que je m'en suis toujours complètement foutu. Cependant en tant que chauvin crypto-pétainiste, onaniste de sacristie, lieu propice s'il en est, et calotin de pissotière (n'en jetons plus), bien sûr que je suis presque content que la France gagne, même de manière malhonnête, un petit bonhomme patriochard en agiterait presque un petit drapeau sous mon crâne. Mais objectivement, Thierry Henry a triché mercredi pour gagner au match contre l'Eire (sur la photo, on le voit, le geste est parfaitement volontaire), capitaine d'une équipe qui a passé deux heures à ne pas jouer au sport pour laquelle elle est normalement payée 200% du PNB du Nigéria afin de représenter notre pays. Parce qu'il y a des intérêts financiers très importants, plus que l'honneur et le beau jeu. C'est totalement l'anti-morale du libéralisme libertaire actuel et de la Sarkozie : la fin justifie toujours les moyens quand il est question de pognon. Ce n'est pas le premier à tricher, ça ne justifie rien. Le match ne sera pas rejoué, en plus les irlandais sont de mauvais clients, c'est eux qui avaient commencé, ils ont voté « Non » au traité de Lisbonne puis « Oui » du bout des lèvres.
(Les salauds ! C'est bien fait ! )
Bientôt les profs d'EPS apprendront aux gosses : tu vois pour gagner il faut tricher, ou bien il vaut mieux coller un coup de boule à l'adversaire que garder l'esprit sportif...
Dans le film ci-dessous, "Coup de tête" de Jean-Jacques Annaux, excellent de justesse, quelqu'un dit : "je paye 11 abrutis pour en calmer 8000", que rajouter de plus sur le foûtebôle actuel ?
13:26 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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jeudi, 19 novembre 2009
Un film romantique pour deux kilos de débouche évier
Le romantisme moderne me les brise
Deux trentenaires modernes s'embrassent sous la lumière d'un lampadaire parisien (rappel que l'on connait le réalisme poétique, que l'on est entre gens drôlement culturés). La jeune femme porte un imper « couture » gris et un petit « bibi » comme dans la pub « Loulou » de Cacharel », lui est adroitement mal rasé, il a un « djine » « baggys » par esprit multiculturel et une mèche, important la mèche, car cela prouve bien qu'il est ouvert au monde. Bien sûr, comme c'est du romantisme moderne, ensuite l'homme couche avec un autre homme et la femme avec deux filles. Elle monte dans un bus parisien, et la caméra reste fixée sur l'homme qui devient de plus en plus petit, à la fin, il s'agenouille en frappant des deux poings à terre en pleurant et en gueulant « pourquoi ? », on a envie de lui répondre, « Parce que ». Ou alors variante, on voit la scène du point de vue du type, et là on voit la jeune femme une main sur la vitre, la bouche à demie-ouverte. Et elle pleurniche un peu.
Comme dans un feuilleton pour adolescentes post-pubères, « Dawson » par exemple, on entend toujours une scie « pop » à la con référencée z-et nostalgique qui émeut drôlement le spectateur qui n'en demande pas tant. Il pleure toutes les larmes de son corps dans son pop-corn et il faut dire ce qui est, c'est dégueulasse le pop-corn salé et humide alors que ça coûte une fortune à l'entrée de la salle. Le jeune gars romantique correspond le plus souvent à tous les critères pour vendre tel ou tel produit placé dans le film, le regard glisse un peu sur lui, comme le fond de teint qu'il sera obligé de se tartiner sur la tronche quand il sera un peu plus vieux et « has been » complet ou ayant sombré dans la « pipôlade » absolue comme Lindsay Lohan ou Britney, les ex-vedettes en peau de saucisson de la téléréalité pipeautée, ou cette actrice qui a sombré dans l'alcoolisme, la drogue, les accidents de voiture et les mariages triviaux, Shannen Doherty.
Enfin, ça fait cher le romantisme à deux balles, enfin plutôt de 8 à 10 Euros la place (à la place on pourrait obtenir deux ou trois kilos de débouche évier romantique). Bien sûr, il m'est arrivé d'être ému par une chanson à la con ou un tube de mes deux tellement formaté que ce n'en est pas permis, quand je suis amoureux d'une emmerdeuse ou une autre, ravissante comme elles le sont toutes compensant un handicap par un moyen de défense qui leur vient naturellement et de sentir mon coeur fondre ou devenir aussi sucré que de la grenadine en tube. Je rêvais alors de m'asseoir sous la lune ronde et blanche telle qu'on peut la voir dans une pub pour eau de toilette. C'est ainsi. On n'y peut rien. Le romantisme moderne, on le retrouve aussi dans les pubs pour yahourts, je viens d'en voir une où la mère de famille fraîche et toute pimpante en accueillant ses invités reçoit une de ses copines qui lui dit d'un ton joyeux : « pour le dessert, j'ai apporté des yahourts », cette conne, qui montre triomphalement des yahourts au fruits avec un petit noeud rouge. Moi, je ne sais pas, je ne trouve pas ça romantique, je dirais qu'elle se paie ma tête si j'étais la ménagère maîtresse de maison.
Ci-dessous un punch romantique
14:45 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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mercredi, 18 novembre 2009
Le Sergent Poivre rejoue pour vous
Il paraît que l'on doit être ou "Beatles" ou "Stones", moi je ne choisis pas, j'aime bien les deux. Les scarabées de Liverpool, qui n'étaient pas vraiment les gentils garçons que la pub de l'époque faisaient d'eux, restent un des groupes les plus créatifs de la Pop. J'aime beaucoup "Revolver" qui est juste avant, et également "Sergent Pepper", un concentré foutraque et joyeusement eclectique de tout ce que les "Beatles" aimaient en musique. Un jour, ils en ont marre de n'entendre plus que les filles et les boutonneux hurler dans les hauts parleurs des concerts et non leur musique, ils s'enferment dans un studio et ils inventent l'histoire de la fanfare un peu grotesque d'un certain Sergent Poivre...
Je ne suis pas sûr que c'était forcément mieux avant, mais c'était plus créatif.
18:17 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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La paix gâchée entre Israèl et les palestiniens
à propos du dernier livre de Charles Enderlin
« Le grand aveuglement : Israël et l'irrésistible ascension de l'Islam radical »
Charles Enderlin est très mal vu par les sionistes mais tout autant par les séides du Hamas et ceux qui en France les soutiennent. C'est plutôt bon signe. Les uns l'accusent de bidonner ses reportages, les autres d'être partial.Comme tous les défenseurs aveugles d'idéologies, ils sont bien incapables de voir simplement la réalité en face, allant parfois jusqu'à l'autodestruction comme Rachel Corrie.
J'ai pensé à Charles Enderlin en écoutant Yvan Attal chez Ardisson défendre le « sacrifice » (il a de ses mots) de la Cisjordanie par les palestiniens pour assurer la sécurité d'Israèl avec des arguments totalement hallucinants, appuyé par Claude Goasguen qui justifiait l'attitude de l'armée israèlienne par les tirs de roquettes sur Sderot. Ces tirs sont inacceptables, comme tout acte de terrorisme, mais la colonisation qui continue l'est tout et En quoi a-t-on le droit de demander à des personnes de quitter leurs terres ? Sur quelles bases ? Et en quel honneur ? Même s'il a raison sur un point, la Palestine en tant que telle ne peut exister en tant qu'état car elle ingouvernable du fait de la « peau de léopard » des implantations qui la recouvre. La seule solution de paix à long terme est bel et bien un état binational.
Il y a quelques années, quand je suis revenu de Jérusalem ainsi que d'autres coopérants, nous savions que le Hamas était un mouvement encouragé en sous-main par le gouvernement israèlien, tout comme la plupart des mouvements islamistes, les palestiniens laïcs et ouverts à l'Occident étant progressivement court-circuités afin d'empêcher un partage équitable. On nous disait que nous étions partiaux, que nous prenions trop partie, que nous nous engagions sans réfléchir alors qu'aucun d'entre nous n'avait de haine pour Israèl, qu'au contraire nous aimons également car c'est un des rares exemples de société réellement diverse. Et enfin, la plupart des observateurs occidentaux ont été incapables de comprendre le rôle essentiel de vecteurs de paix des chrétiens d'Orient, favorables à une société laïque, ouverts également au monde, qui auraient pu mener à la paix. L'Église de France, comme les autres est bien incapable elle aussi de les aider, soucieuse de grands et beaux discours ou de pérenniser des innovations parfois hasardeuses mais gratifiantes pour leurs promoteurs qui tiennent finalement à leur aveuglement, et ayant beaucoup de difficultés à concrétiser, excepté l'oeuvre d'Orient malheureusement trop méconnue encore.
Derrière la prose de Charles Enderlin, on distingue aussi un coeur qui bat pour cette terre du Proche Orient. Voilà l'image qui me vient aussitôt quand j'évoque cette région du monde, un coeur qui bat malgré la haine...
11:59 Publié dans Histoire du conflit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mardi, 17 novembre 2009
De Brasillach à Marie N'Dyaye
Je viens de lire un article qui dit une chose extrêmement juste auquel j’essaie de ma petitesse de blogueur compulsif de province (la providence du Tout-Puissant me garde de tout orgueil mal placé) qui m’interpelle où ? Quelque part. Un écrivain a le droit de s’exprimer, même pour balancer des absurdités. C’est comme ça.
Il n’y a pas à demander à Marie N’Dyaye, ou qui que ce soit, un devoir de réserve, demande farfelue qui naît d’un certain anti-intellectualisme à la mode, cependant rien n’empêche de discuter ce que dit cette personne, voire de contester. Malgré tout, je ne suis pas sûr que ceux qui défendent le Goncourt 2009, excepté l’auteur de l’article, aient pratiqué la défense des auteurs jusqu’au bout, y compris les « infréquentables » rejetés par la bien-pensance actuelle, à commencer par Marie N’Dyaye elle-même. On va même jusqu’à lire un auteur plus pour son « engagement », qui consiste le plus souvent en deux ou trois lieux communs vaguement consensuels ou mollement humanitaristes, que pour son réel talent littéraire. J’ai horreur de ça quant à moi car ce genre de conception de la littérature est engendré par l’idée que la littérature devrait forcément avoir une « utilité » pour la société de son temps. Comme un « infréquentable » comme Kléber Haedens, je trouve cela infiniment hypocrite, vulgaire et condescendant.
Quand Brasillach a été condamné, voire même Rebatet, tout le monde littéraire auraient dû prendre sa défense, quant à lui il était en plus un drôle de bouc émissaire de la culpabilité de certains qui auraient dû également se retrouver sur le banc de l’infamie, à savoir à peu près 43 900 000 autres personnes y compris Sartre et son castor guindé (selon les chiffres de l’historien Robert Paxton qui chiffre le nombre de résistants réels en 1944 à 100 000 français, tout comme il est vrai le nombre de « collabos » réellement sincères). On aurait dû défendre tous les écrivains qui se sont engagés pour l’Algérie Française, de Nimier à Blondin, ou encore Céline réputé encore « salaud numéro 1 » au hit-parade des crapules littéraires sans parler d’écrivains comme La Varende, Claudel, ou Mauriac réduit à sa description de la bourgeoisie bordelaise, au purgatoire des écrivains catholiques croyants irrécupérables, ou monarchistes. Ne parlons pas de Jacques Bainville, excellent historien des relations internationales, ou Léon Daudet, chroniqueur sans pareil de la vie littéraire de son époque. On récupère parfois Bernanos, d’aucuns étant persuadés que le Bernanos qui écrit « Les grands cimetières sous la lune » n’est pas le même que celui qui écrit « Le journal d’un curé de campagne », « Monsieur Ouine » ou « la Grande peur des bien-pensants ». Dégoûté par la société de son époque, déjà toute aussi inique et stupide que la nôtre, il est parti au Brésil espérant mettre en forme l’utopie dont il rêvait étant plus jeune, sa « Patagonie » à la Raspail. Quand la guerre est arrivée, et l’armistice de 1940, il ne s’est pas posé en hérault de la résistance, il a simplement continué à se conduire en homme libre. Et comme sa voix était puissante, on l’a écouté, un temps ; la guerre finie, beaucoup sont retombés dans leurs anciens travers. Et quand il écrit « la France contre les robots », on le trouve trop sombre, réactionnaire, alors qu’il avait pourtant raison.
Il ne défendait pas une idéologie, tout comme « les Hussards » d’ailleurs, mais vivait en homme libre. Un écrivain, n’importe qui il est vrai, qui défend une idéologie, espère la victoire de son idéologie, qui se bat pour une théorie, subit une contrainte, il ne peut pas tout dire, « pour ne pas désespérer Billancourt » comme dirait l’autre (ce genre de phrases qui couvre l'emprisonnement de Zinoviev ou Soljenitsyne). C’est son droit mais il faut qu’il en assume les conséquences. Parfois, le talent de l’écrivain, quand il en a, fait largement oublier son militantisme, que ce soit Roger Vailland ou Aragon.
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lundi, 16 novembre 2009
Souvenir d'un grand homme d'état et de télévision
(Version stalinienne)
Il y a tout juste douze ans mourrait un très grand homme d'état et de télévision. Lui au moins n'avait jamais peur de ses contradictions. Il assumait, prenait tout sur lui, étant bien sûr totalement libre de Moscou. Il ne vivait pas dans l'opulence capitaliste, partageant de temps à autres, contraint et forcé, les chasses à l'ours de son ami Ceaucescu, autre philanthrope. Certes, depuis on vit beaucoup moins philantrope, comme Bernard Madoff. Le public aimait bien le parler vrai du premier secrétaire, son vocabulaire proche du peuple.
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L’adolescence de Prosper – Torrents d’amour
Un jour de classe il y a longtemps, pendant un cours de musique, Prosper avait vu un autre gros garçon comme lui, un premier de la classe qu’il enviait et méprisait à la fois, pleurer après avoir entendu « la solitude », une chanson de Barbara tellement poignante que des grosses larmes s’étaient mises à couler sur les joues de l’autre élève. Prosper n’aimait pas ça du tout, montrer que l’on est sensible à une chanson, une peinture, un roman ou un film. C’était bon pour les chiffes molles. Comme lui pourtant, ce gros garçon était tenu à l’écart, mais lui il semblait bien que ça lui plaisait.
Dans sa solitude, Prosper consultait de temps à autres les sites qui fonctionnent sur la nostalgie, parfois il retrouvait d’anciens amis d’enfance ou d’adolescence perdus de vue depuis quelques années, et leur amitié reprenait en somme comme s’ils s’étaient quittés la veille, d’autres fois il regardait les fiches d’anciens camarades de classe et était toujours curieux de voir ce qu’il mettait concernant leurs vie actuelle : celle-ci était bien évidemment toujours dorée, idyllique et sans nuages, il lui arrivait de sentir l’insatisfaction derrière les mots roses et sucrés, la détresse cachée de celle qui mettait un portrait d’elle ado, celle qui se montrait en épouse modèle, une autre encore qui se donnait le genre libéré, celui qui posait en Appolon des classes moyennes, celui qui se tenait à côté de sa grosse bagnole rutilante. Lui-même faisait comme les autres : il avait mis une photo de lui plutôt flatteuse et avait décrit son existence actuelle comme passionnante et sans nuages. Bien sûr, le plus intéressant était de regarder les fiches de ses anciens « fleurtes » et dulcinées du Tobozo, ce qui était, mais il se l’avouait à grand-peine, une forme de vengeance particulièrement délectable, une sorte de joie mauvaise.
Il était seul, paumé et manquant tellement de confiance en lui qu’il n’osait pas se regarder dans le miroir le matin mais au moins d’autres étaient malheureux également.
Prosper se rappelait aussi, concernant certaines relations d’adolescence, qu’il n’était jamais invité aux surprises parties, aux boums et autres surpattes, peut-être parce qu’il était déjà inhibé. Il s’entraînait chez lui à danser, bougeant un peu maladroitement quand il écoutait la musique, tel un ours se dandinant au son d’un orgue de Barbarie. Dans ses rêves, il s’imaginait qu’on l’ostracisait à cause de son intelligence, ou de sa culture, qu’il prenait bien sûr soin de cacher avec minutie mais qui ressortait quand même tant elle était éclatante aux yeux du monde. Il se voyait aussi sur son lit d’hôpital, distribuant les bénédictions sur ses camarades ingrats venus enfin lui demander pardon de leur conduite mauvaise à son encontre.
Cet idiot de Prosper n’avait pas compris que les autres adolescents étaient tout autant perturbés que lui et qu’ils se donnaient un genre pour faire illusion, comme les adultes le font pour la plupart d’entre eux, excepté ceux qui ont beaucoup souffert qui n’ont pas besoin de faux semblants pour aimer l’autre, le prenant tel qu’il est et de tout leur cœur. Prosper n’avait pas compris non plus que derrière les récits de séduction et d’amour de ses camarades, souvent dignes des « Onze-Mille Vierges » d’Appolinaire ou des « Mémoires » de Casanova, on trouvait un puceau timide ou une pucelle tremblante. Certes, il n’y a plus attentif aux normes qu’un adolescent, qui tient à la fois à marquer sa différence mais aussi à rentrer dans le cadre, à ne pas avoir la tête dépassant du troupeau. C’est pour cela que la plupart portaient un « djinne » des années 50 aux années 80, persuadés que cela marquait leur attitude rebelle alors qu’au fond ce n’était qu’un uniforme comme les autres.
à suivre...
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dimanche, 15 novembre 2009
Michel Magne - compositeur superpop
De Michel Magne, fantaisiste pop auquel un film est consacré, dommage que ce soit seulement en bonus du DVD collector des "Tontons flingueurs", on retient surtout la musique des "Tontons flingueurs" ou des "Barbouzes", éventuellement celle des "Fantômas" version années 60, voire de la série des "Angélique". On oublie tout le reste, à savoir, les films de Jean Yanne, les premiers films de Bertrand Blier, pas mal de polars, les premiers "OSS 117", la dimension parodique était déjà dans la musique, "le Singe en hiver" et la trilogie des "Monocles" qui lui permet d'écrire son "blue rondo à la turk" personnel, aussi fin et délicat, et doté de la même élégance que celui de Dave Brubeck. Michel Magne était, aux yeux du système, un inadapté complètement fou, un anarchiste de droite un peu gênant car exigeant et perfectionniste ce que les bons apôtres ne sont jamais, ne se remettant jamais en question.
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samedi, 14 novembre 2009
Dans la rubrique on s'en fout : la polémique Marie N'Dyaye, Raoult ; Ségolène à Dijon
Marie N'Dyaye conchie la France actuelle, elle le dit, elle en a le droit, mais accepte quand même le prix le plus prestigieux du pays, non pas qu'elle en soit fière, et non pas qu'on parle encore de littérature, mais faut pas déconner, coco, un Goncourt, ça se vend toujours, les gens l'achètent même sans le lire. Elle se prend pour une réincarnation d'Hugo alors qu'elle n'a pas la stature, n'ayant même pas le talent de l'apologiste sénile des infanticides, Marguerite D., ou je ne sais quel autre ectoplasme glorieux de la bien-pensance mais revient quand même pour être devant les caméras à la sortie de Drouant. Sur ce, Eric Raoult réagit et invoque un devoir de réserve de l'écrivain, que celui-ci n'a pas à avoir. Il a raison sur un point, Marie N(Dyaye conchie la France mais n'est pas très cohérente avec ses grands principes affirmés dans l'interview aux z-Inrocks.
Ce n'est rien d'autres en somme qu'une polémique de cloportes qui ne changent pas, attendant vainement la métamorphose.
Ségolène va à Dijon à une réunion de cerveaux très musclés pour parler des thèmes que l'opposition devrait aborder. C'est son ancien porte-parole qui organise cette sorte de jamboree d'egos, car en fait, il s'agit surtout de déterminer pour cette belle bande de faux derches, aussi hypocrites que des grenouilles de bénitiers clochemerlesques, qui c'est qui va être le chef en 2012. Et voilà que monsieur Peillon s'époumonne et pousse les hauts cris : "et comment ! Et que c'est à moi maintenant d'être le chef ! Scandale !". Mais Ségolène reste et ne se barre pas, telle Jeanne devant Orléans avec Gilles de Rais, qui aurait apprécié les "boxeurs quadragènaires thaïlandais" lui aussi. Rappelons que l'opposition ne devrait aborder qu'un seul thème, fondamental, qui est celui de la montée inquiétante de la précarité des moins bien lotis, de la classe moyenne aux RMIstes tous suspects, tous coupables car précaires que l'on désigne comme feignasses aux moutons UMP, surtout les retraités qui tremblent dans leurs caleçons de flanelle pour leur magot.
On reste dans le cloporte...
Ci-dessous, chanson d'actualité
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vendredi, 13 novembre 2009
Lotus élan rouge... - Torrents d'amour
"Avengers mood" – Torrents d'amour
J'ai perdu sa piste lors d'une soirée d'hiver froide et calme, d'un froid dur et pesant, d'un calme de fin du monde, le ciel était gris noir. On avait l'impression que le paysage était celui d'un studio, les bâtiments des trompe-l'oeil en bois et la nuit, les étoiles et la lune, une toile peinte. J'étais dans ma Bentley jaune et je passais devant l'Opéra espérant la voir mais elle n'y était pas. Je n'étais pas vraiment dans une Bentley, je n'étais pas vraiment John Steed, ce n'était pas vraiment Diana Rigg mais se jouer la comédie permettait de faire passer la souffrance du moment. Elle avait peut-être été enlevée par un savant fou projetant de transférer son esprit dans un corps robotique ou bien projetée dans le temps sans espoir de retour par un millionnaire maléfique et salace. Dans des aventures télévisuelles, c'est facile de se défendre contre les malfaisants, un ou deux « katas » avec un air méchant, avec de la musique « pop » très rythmée en fond sonore et les truands sont à terre.
Dans la vie, on souffre plus.
Ce soir, John Steed était triste, et n'arrivait pas à retrouver son flegme légendaire ainsi que son humour caustique tellement élégant auprès des demoiselles. Il nageait en plein Spleen, les ailes de l'Ennui lui cachaient la lumière. Il prétendait que ça n'avait pas d'importance, que ce n'était rien, que déjà il n'y pensait plus, mais même Mère-Grand, ou son équivalent, quand il l'appelait au téléphone, n'arrivait pas à le dérider ou lui donner envie de contrer les plans d'un ennemi diabolique et extravagant. Il croyait avoir cessé de rêver mais...
...Il se retrouva prisonnier d'un sablier géant, entouré de décors excentriques représentant les personnages d'un jeu de société policier. Il se laissait progressivement recouvrir de petits cailloux, et bientôt, seul son chapeau melon était encore visible et la poignée de son parapluie. Il se ressaisit au dernier moment, sa partenaire avait disparu, c'était à lui de la retrouver, quitte à en perdre la vie et que cela en vaille la peine. Par exemple en utilisant la pointe de la canne épée dissimulée dans son « Brigg » Prince of Wales confectionné spécialement chez Trubshaw pour lui depuis longtemps. Le verre ne résista pas longtemps aux ultra-sons du dispositif spécial installé dans la pointe et le sablier se brisa, répandant les cailloux, il était libre.
« Chère Madame Peel... » dit-il pour lui-même à voix basse, sa quête pouvait commencer. Il épousseta d'un geste rapide ses habits et sortit du repère du « maître du jeu » ainsi que se proclamait lui-même un nabot d'origine continentale, ceci expliquant cela. L'affreux personnage ne se contentait pas de tuer des innocents dans ses machinations diaboliques, il faisait griller ses « scones » sans veiller à leur doré, ce qui était, vous l'avouerez, impardonnable.
Il interrogea Brodny, « l'attaché culturel » de l'ambassade du « camp d'en face », un fieffé menteur et un filou qui avait pris grand plaisir à se laisser aller aux dérives de la vie capitaliste, mais il aimait bien Steed et Steed l'aimait bien. Brodny jura ses grands dieux qu'il n'était pour rien dans la disparition de Madame Peel. Il ajouta que d'ailleurs on avait vu la Lotus élan rouge de la partenaire de Steed non loin de la maison d'une femme terrible et domniatrice fanatique de Guillaume II, des portraits du tyran ornaient toutes les pièces de sa maison. La tâche s'avérait ardue...
à suivre...(peut-être)
Ci-dessous, Chrissie Hynde est à la recherche de Steed...
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mercredi, 11 novembre 2009
Deux fondamentaux : Miles Davis et John Coltrane
De temps en temps, je reviens aux fondamentaux, et au classieux, en l'occurence Miles Davis et -surtout- John Coltrane, moins cynique et plus sympathique que le premier qui a commis quelques bouses pour le fric (on peut le comprendre, et avec son talent on peut se permettre de ne pas souscrire à la morale commune, "and so what ?"), et aussi Thelonious Monk, poète des silences et des dissonnances. J'aime aussi Ahmad Jamal qui vient de sortir un nouvel album.
Ami djeuns, écoute sans crainte, ce sont les bases que la soupe que tu écoutes parfois en "errenèbi" ne fait que caricaturer.
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mardi, 10 novembre 2009
Des parents proches : Cassavettes et Tarantino
La même famille de cinéma
Les deux réalisateurs ont tous deux le même amour du cinéma, qui est vital pour eux. Cassavettes tourne des panouilles ou des rôles complets dans des films de grande consommation, parfois des chefs d'oeuvre, que ce soit « les douze salopards » ou même l'oublié feuilleton « Johnny Staccato », où il incarnait un privé qui joignait les deux bouts en étant batteur pour un groupe inspiré de celui de Gene Krupa. Hier soir, je regardais « Jackie Brown » du deuxième et j'étais frappé de la ressemblance de ce film avec les deux films proches « du genre » de Cassavettes, « Meurtre d'un bookmaker chinois » et « Gloria » (oubliez le remake avec Sharon Stone, nullissime), à mon sens supérieur : le son direct, les acteurs qui parlent beaucoup quitte à sombrer dans la logohrée, l'image un peu sale, la musique qui n'est plus incidentelle mais vient de l'action engagée, on entend les chansons que les personnages écoutent à la radio, qui passe dans une galerie commerciale, ou que quelqu'un met sur un tourne-disque, car chez Tarantino, on a encore des vyniles, des beaux objets avec des belles images ultra-référencées et relatives à la culture pop. Dans un cas comme dans l'autre, les scènes sont exubérantes, on se laisse aller à la folie, au délire, on lâche les rênes, que ce soit les braqueurs du début de « Pulp fiction » ou Mabel dans « Une femme sous influence », alias Gena Rowlands.
Dans les deux cas, la vision du genre est très réaliste, les truands n'y sont pas des rigolos « bling bling » qui ont de la vie la même conception que les traders comme Jérôme Kerviel, ni des personnages flamboyants, ce sont des types parfois insignifiants à première vue, durs sur le fric et mollasons du cervelet qui tuent comme ils soulagent leur vessie, tels ceux de « Gloria » ou les crétins tragiques de « Reservoir Dogs ». Les princes charmants sont des losers un peu ridicules, Moskowitz et sa grosse moustache, joué par Seymour Cassel, dans « Minnie et Moskowitz », Robert Forster et ses airs de très vieux beau gosse à la tonsure plus qu'apparente. Mais ils restent droits, honnêtes et ne se laissent pas aller aux petites magouilles du tout-venant pour survivre sans honneur ni dignité. Les hommes chez Cassavettes ou Tarantino sont complexes, ils ne sont pas d'un bloc, ne sont pas entièrement bons, ou mauvais, Ben Gazzara dans « Meurtre d'un bookmaker chinois » est un peu veule, Bill dans « Kill Bill » n'est pas le méchant ultime que promet le premier volet du du film. Ce sont également deux cinéastes qui aiment leurs actrices qui sont leurs muses.
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lundi, 09 novembre 2009
Le bazar turbulent de la polémique
Démocratie en ralenti
De plus en plus souvent, on entend les électeurs, formés politiquement ou non, chipoter sur la démocratie. Il y a trop d'élections, il faudrait seulement deux partis, un de gauche, un de droite, et pourquoi pas un seul, ce serait encore plus simple, non ? Alors que la démocratie c'est justement cet « émiettement » des partis. On nous dit qu'en France, il y a d'ailleurs soixante millions d'opinions différentes pour s'en gausser, mais quelle importance ? On se plaint d'avoir trop d'élections et certains vont jusqu'à penser qu'il ne faut pas trop remettre en question les décisions des politiques et dirigeants, ou chefs d'entreprise car eux savent ce qu'il faut pour les autres étant réputés plus compétents, ou alors par le fait qu'il faudrait être encore un peu plus dociles que nous le sommes déjà. On en vient même à dire que droite et gauche ça ne veut rien dire, ce qui est faux même si des gauchistes peuvent être au fond pétainistes et des dirigeants de l'UMP pro-révolutionnaire, comme Xavier Bertrand. Seulement voilà, la langue de bois, comme celle que décrit Christian Delporte dans son livre sur le même sujet conduit à justifier souvent l'injustifiable, que ce soit d'un côté politique ou de l'autre. C'est venu rapidement, ça a pris à peu près vingt-cinq ans pour nous convaincre que la démocratie était une coquille vide, ce qui est très loin d'être le cas comme j'ai pu le vivre en étant au Proche-Orient où le moindre geste, le plus anodin, a des airs transgressifs, et où nous avons vraiment pris conscience de nos droits qui sont devenus encore plus précieux à nos yeux.
Quant à moi, je refuse catégoriquement de rentrer dans un moule de pensée quel qu'ils soit, dans un cadre que l'on m'impose, d'où qu'il vienne, même en prétextant que c'est pour mon bien. Nous vivons peut-être dans une sorte de totalitarisme mou, ce n'est pas totalement exagéré, les peuples étant finalement soumis à l'arbitraire économique qui se doit d'entretenir sa dynamique mortelle, mais nos libertés sont bien réelles. Et à la performance qui impose sa logique, je préfère le joyeux bazar, aussi turbulent soit-il, de la polémique politique.
16:26 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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dimanche, 08 novembre 2009
Conversation littéraire
J'aime bien quand les gens parlent de livres, qu'ils s'imaginent cultivés, c'est toujours, comment dire, intéressant. J'ai entendu cette conversation dans un café à une table dont les trois occupants, une brune à coupe « pratique », un quadra à louque encore ado, une grosse blonde devaient travailler dans le culturel ou l'éducatif. Une dame vitupérait contre le niveau très bas des enfants quant à l'orthographe, elle rajoute à la fin de sa diatribe :
- Et en plus, ils ne savent même plus de textes par cœur.
Quelqu'un lui demande :
- Et toi qu'est-ce que tu réciterais encore maintenant ? Je suis sûr que tu connais bien un poème d'Hugo ou de Baudelaire.
L'autre répond, elle est logique :
- Non je veux dire, à leur âge, je les savais, maintenant, comme je travaille (tout ça) j'ai oublié.(ben voyons)
Cela n'a pas l'air de choquer les deux autres qui repartent de plus belle :
- Tu leur parles de livres, ah ben dis donc, moi je lis tout le temps et ben eux, ils lisent plus du tout.
- Qu'est-ce que tu lis ? » demande l'homme du groupe, l'insolent.
- Je suis en train de lire un gros livre de 600 pages qui a eu tout un tas de prix, tu verrais, c'est génial, répond celle qui semble la plus lettrée (elle a des lunettes)
- Je ne sais pas, j'oublie les titres répond-elle en mentant effrontément car elle ne l'a même pas commencé.
La pauvrette cherche une diversion en regardant dans toutes les directions, y compris dans la mienne, puis finit par s'arrêter sur les jouets déjà en vitrine d'un magasin tout proche.
- Moi, pour Noël, je vais offrir une console de jeux XP super 4000 (TM) (là c'est moi qui invente pour ne pas faire de pub aux marchands de rêve cyberautiste) à mon fils. Il paraît qu'on peut mettre aussi des jeux éducatifs drôlement bien dessus (pipeau quand tu nous tiens).
Les autres disent qu'ils ne savent pas, qu'ils vont y réfléchir mais il semble que la fille de l'un ait déjà en tête de commander au Père Noël consumériste le dernier modèle de portable.
En effet, on reste dans le littéraire et la culture...
20:23 Publié dans Écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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samedi, 07 novembre 2009
Rostropovitch à la chute du Mur de Berlin
Le mur de Berlin était une saloperie contre la liberté de millions de personnes, nul besoin d'en dire beaucoup plus. Alors, oui, tout n'est ni rose ni parfait depuis, le libéralisme étant également une autre horreur tout comme le consumérisme. Mais quand la liberté est victorieuse, rien d'autres ne prévaut ou ne devrait prévaloir et quant à moi je refuse qu'un idéologue, un bureaucrate, un politique, m'impose sa conception du bonheur, même avec les meilleures intentions du monde...
19:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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Petit hommage à Jacno qui vient de mourir
A entendre de ci de là, les années 80 c'était terrible, la bof génération, des gosses perdus entre "Soissantuite" et la génération suivante, plus droite dans ses baskets. Maintenant ce sont les quadras coincés entre bobos et bobeaufs, retraités des pavés et idéologues nostalgiques des murs de toute sorte.
Il y avait Elli et Jacno pour la bande son, après les "Stinky Toys" et avant les chansons pour Lio quant au deuxième et les musiques plus carribéennes pour la seconde. A l'époque, les chanteurs populaires chantaient chez Rohmer...
15:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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vendredi, 06 novembre 2009
Un "sous-chien" aboie...
Houria Bouteldja et les « sous-chiens »
J’ai eu la grande faiblesse hier de regarder l’émission de Frédéric Taddéi où étaient invités Alain-Gérard Slama, au discours mille fois entendu, on croirait les intentions de prière d’une paroisse ultra-progressiste, Houria Bouteldja, comment la qualifier sobrement sans être blessant ?, Éric Besson, cynique et intelligent, Michel Onfray, calme et brillant, et Daniel Lefeuvre, « hussard noir » à l’ancienne mode, pour débattre sur l’identité nationale, grande faiblesse car finalement je suis resté devant le poste pour voir jusqu’où pouvait aller Houria Bouteldja pour qui la France de 2009 est encore un pays « colonialiste » et sa politique étrangère « impérialiste », quant à ses habitants dits de souche ce sont des « souchiens » (ou sous-chiens), notons le jeu de mots subtil et d’une kolossale finesse (parce que comme la France est un pays nationaliste, impérialiste et colonialiste, ses citoyens sont des « sous êtres » dont on peut tourner en dérision l’identité commune et le passé), vous dîtes que c’est une conception raciste ? Non, pour Houria, du fait du passé terrible de la France, où tout est à jeter, tout n’y est qu’oppression et rejet de la différence, on a le droit (partant du même raisonnement, certains mettent en balance la Shoah et l’esclavage, et considérant que l’on a trop parlé de la première la remettent en cause). Il s’agit de toutes façons d’une haine de la France telle que des historiens aussi différents que Marc Bloch, Jacques Bainville et Braudel l’ont défini. Entre deux on nous fait subir une chanson de « Diams », « ma France à moi », qui suit la même logique que « l’indigène de la République » qu’est Houria. Et on comprend que le parcours de la chanteuse, doublé quant à lui d’une aliénation personnelle, est logique somme toute. Car, quoi que l’on en dise, quoi que l’on en pense, le voile est un signe d’aliénation (je ne dis pas que c’est le seul).
Et finalement, comme l’a souligné Onfray, qui se fait traiter de « paternaliste », pour moi le plus juste de la discussion, (certes, ce n’était pas difficile, mais contre toute attente, moi, un onaniste de sacristie, j’aime bien ce philosophe pourtant pourfendeur acharné de ma foi), il s’agit finalement de préconiser un communautarisme, de faire de la nation un empilement de communautés où chacun vit selon ses règles, même absurdes, sans se soucier de celui qui est différent où qui ne souscrit pas à ces règles, et le tout au nom de la liberté de conscience. La définition de Renan reste d’actualité, les français vivent ensemble par un consentement mutuel et le désir de vivre d’après le même socle de valeurs puisées dans la très riche histoire de France. Bien sûr, et cela annihile toute discussion sérieuse, comme tous les idéologues, Houria B. assimile tout contradicteur à un fasciste, ce qui est d’une grande richesse rhétorique comme on le constate. Et au bout du compte, elle fait le jeu de Besson...
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mercredi, 04 novembre 2009
Mesurons la difficulté du métier d'enseignant en 2009 avec le Père Fouettard
Le sketch est très, très pertinent, sur tout, voire en-deça de la vérité, en fait c'est pire je pense mais tout aussi drôle. Il manque le portable allumé constamment à la main. Ci-dessous, réactions d'ados que j'imagine lisant ce blog ! (pardon d'avance les djeuns qui lisent ce blog, mais je sais que ça vous fait rire aussi).
Note personnelle : Suite à ma note sur le keffieh (sa signification profonde qui n'en fait pas un vêtement anodin) qu'avait lu des djeuns d'un établissement où j'officiais, à la fin de l'année j'avais eu une révolte des keffiehs, toutes les filles de la classe avaient choisi d'en mettre un pass que ce que les profs il a écrit, ça se fait trop pas !
- Ouah, ça se fait trop pas !
- C'est un vieux qui se fout de nous; il se prend la tetê !
- Tu vas voir, il va critiquer le portable, quand c'était les années 60, il aurait pas voulu du téléphone !
- Ouais, il est trop dard ce vieux !
Rires post-pubères (voir sketch)
- Ouais, il est sur fessebouc aussi, ça se fait trop pas pour un gars de son âge !
- C'est comme moi, j'suis allé sur MSN , hé ben y'avait un vieux qui voulait sortir avec moi, mais je lui ai dit, moi je ne mange pas de ce pain là !
- ???????
- Enfin, j'veux dire, je couche pas avec les vioques, merde, quoi ! Je choisis ma life, et c'est pas mes remps (mes parents ou mes darons) qui décident. Et puis il avait un polo trop moche, c'était même pas un Lacoste.
Le Père Fouettard
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mardi, 03 novembre 2009
D'où vais-je, où viens-je, dans quel état j'erre ?
« Peut-être serait-ce un bienfait, pour un vieux peuple, de savoir plus facilement oublier : car le souvenir brouille parfois l'image du présent et l'homme, avant tout, a besoin de s'adapter au neuf. »
— Marc Bloch, L'Étrange Défaite
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
— Marc Bloch, L'Étrange Défaite
Sinon il y a aussi la réponse de Pierre Dac à Monsieur Besson :
A l'éternelle triple question : «Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ?», je réponds : «Je suis moi, je viens de chez moi, et j'y retourne.»
Si on se pose la question de définir l'identité nationale, c'est qu'elle n'existe plus dans les esprits après des decennies de sado-masochisme national, d'autoflagellation à outrance et de remords d'à peu près tout quant à notre histoire. On a oublié que l'histoire de France est un tout qui commence en 498, que même les plus monarchistes de l'Action Française reconnaissaient que la Révolution participe de la construction de la Nation, dont la prise de conscience éclate quand un anonyme crie "Vive la Nation !" à Valmy et que cela galvanise les troupes car ce cri implique une idée commune de la liberté.
Monsieur Besson est peut-être un "petit mufle réaliste" comme aurait dit Bernanos, un homme qui fait carrière sur le dos de la Nation et en profitant des méfaits de la pauvreté.
Je retiens la définition de Renan :
Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis
18:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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