samedi, 04 juillet 2009

Sympa ? Pas sympa ?

En illustrations, un logo concernant une profession que l'on trouvait sympa dans les années 70, avec Max Meynier, et ce qu'est une vie bien remplie selon un dessinateur qui n'était pas sympâ mais se disait lui-même bête et méchant...

Et par là une sale blague pas sympa du tout de Vuillemin

routier_sympa.jpgUn imbécile se croyant habilité à me donner des leçons (ça ne le gène pas de me reprocher exactement son comportement par exemple) suggère que je pourrais finalement ne pas être très sympathique, au bout du compte, plein d'aigreur contre le monde, car aller à contre-courant ce n'est que ça selon la pauvre pensée commune actuelle qui voudrait que tous communient dans un bonheur frelaté et global qui n'existe que dans les pubs pour téléphones cellulaires. Dans ce monde, il faut pourtant être "sympa", terme dont j'ai horreur, ceux qui me connaissent le savent. Être sympa c'est finalement flatter l'autre, même superficiellement, se baser sur l'écume, au lieu d'aller voir plus loin. Ceux que l'on trouve sympa au premier abord sont souvent fades, insipides, sans saveur, inodores, incolores, de ce couple que l'on vantera comme super-épanoui alors qu'il arrive bien souvent que le super-épanouissement cache pas mal de frustrations et que ce couple vraiment tellement sympa n'a rien à se dire. Beaucoup aimeraient bien voir le monde à travers des lunettes roses, constamment, ne pas voir le mal ou l'injustice, ce serait plus simple, il faudrait être positif, que tout soit forcément utile, que rien ne soit absurde. La "sympathie" c'est surtout le plus petit dénominateur commun, quelque chose que le troupeau aime bien, un coeur sec et des tripes molles, on s'étreint, on s'embrasse, on pleurniche, mais on s'en fout de l'autre. Si c'est ça être sympa, je préfère passer pour un sale con antipathique. Personne n'aime les êtres lucides sur la vacuité des aspirations collectives actuelles, c'est somme toute normal, comme celle consistant à croire que parce que l'on expose quelque idées ou lieux communs plutôt sur la justice sociale, cela changera quoi que ce soit à l'iniquité alors qu'il n'y a que les actes, et les actes radicaux.

Et puis finalement l'imbécile ne veut pas voir que derrière une personne "pas sympâ" il y a souvent une blessure, une vulnérabilité, trop de sensiblité...

vieBienRemplie.gifCe sont des gens indifférents, un troupeau docile, qui ne veulent pas être lucides, parce qu'ils sont surtout centrés sur leurs petites personnes. Il faudrait voir selon leurs termes le monde "tel qu'il est", donc s'y soumettre, trouver une "utilité" dans une société irrationnelle et consumériste, devenir un esclave qui aime son esclavage. Les bonnes intentions, la sensiblerie, depuis la téléréalité, celle-ci est comme surmultipliée, on voit partout des grappes de djeuns ou moins djeuns qui s'étreignent pour des futilités. Ce positivisme à la noix envahit tout, des croyants aux incroyants, de la politique aux clubs peinture sur soie des maisons de retraite. Il a aussi un autre symptôme qui est la soumission à des valeurs absurdes et grotesques en toute connaissance de cause, et les hurlements avec la horde, en ayant la peur au ventre de sortir un tant soit peu du troupeau, estimant que l'on doit être reconnu selon les valeurs du troupeau, des valeurs que celui-ci croient objectives, cela lui permet de croire qu'il a vraiment des compétences dans un domaine ou une culture intéressante. J'en veux pour preuve cette demoiselle qui vante sur un fil d'un site de causette les bienfaits de l'objectivité supposée des concours aux grandes écoles fondées par Napoléon, un autocrate, afin de former des cadres dociles permettant d'assurer la pérennité du pouvoir, le sien en l'occurrence, les dirigeants suivants ont conservé ce vivier de larbins très compétents et que l'on reconnaît à leur mort à leur foie chargé de bile et à leur plume dans le cul ainsi que le signalait Desproges à moins que ce ne soit Vialatte.

(NB :C'est peut-être toujours plus ou moins le but. Le pouvoir ne va pas cultiver en son sein les germes de sa contestation et sa destruction.)

ci-dessous une chanson qui énumère tout ce qui n'est pas sympa mais tellement moins ennuyeux que les mignardises des positivistes à tout crin.

vendredi, 03 juillet 2009

La différence qu'il y a entre Woody Allen et Emmanuel Mouret - à propos de "Whatever works"

frederique_bel.jpgJ'ai vu il y a quelques jours sur Arte "Changement d'adresse" d'Emmanuel Mouret que l'on m'avait chaudement recommandé comme léger mais profond, très bien vu sur les relations hommes-femmes, un Woody Allen français, alors que cinématographiquement ses références se voudraient plutôt appartenir à Billy Wilder dont "la garçonnière". Cette propension à glisser absolument des références, en chaussant plus que des gros sabots des chaussures orthopédiques est pénible, surtout quand c'est gratuit; Chez Woody il y a aussi des références mais elles ont un sens car il les maîtrise. Elles ne servent pas qu'à épater la galerie et vendre son film. Le seul élément, si je puis dire, que j'ai retenu du film c'est Frédérique Bel qui joue, contrairement à ce qu'elle affirme, le même rôle de blonde évaporée et fantasque qu'elle jouait à la télévision mais en creux, là aussi si j'ose dire quand on considére les formes de cette actrice. Comme on ne veut pas passer pour trop prétentieux quand même on glisse un ou deux pipôles dans le lot, ici Dany Brillant. Mais les adulescents décrits par ce film ont de bien tristes sensualités, peu joyeuses, et leurs contradictions sont bien mesquines et bien ternes.

whatever-works-800-75.jpgTout de suite, je sors de "Whatever works" de Woody Allen, léger, complètement immoral, finalement très sage : le bonheur surgit toujours là où on s'y attend le moins, et inutile de le chercher, on finit toujours par le trouver même si comme le dit un personnage : "qui joue peut perdre, qui ne joue pas perd tout aussi". Je vais faire mon intéresant mais la chanson de départ est celle du capitaine Spaulding, alias Groucho Marx, dans "Animal Crackers", et elle a un sens. Tout comme le capitaine, le film suggère que les prétentions sociales, la vanité, l'avidité ne mènent à rien, seul compte d'aimer et d'être aimé, pour ce que l'on est, et de se sentir libre quant à cet amour mais aussi quant aux préjugés. D'aucuns y ont vu un Woody Allen trop "première manière", avec digressions et psy, névroses et inadaptation, mais c'est justement pour cela que c'est encore mieux car cela s'enrichit de la maturité de l'auteur, on perçoit sa propre maturité en regardant parfois une photo de soi il y a dix ans, on se ressemble, on sait bien que c'est le même corps mais ce n'est plus le même être humain. Boris n'est pas un cynique, c'est un gosse qui a peur d'être blessé, qui rejette les autres par vulnérabilité.

Et puis j'ai adoré l'esprit du film qui peut être grave mais sans pathos ni didactisme...

Post-scriptum : On voit que les critiques actuels de cinéma ne sont pas cinéphiles car aucun n'a vu que Melody ressemble quand même beaucoup à Tina dans "Broadway Danny Rose"...

Pots de départ à géométrie variable - une anecdote du Père Fouettard

au_revoir.jpg

Ci-contre un futur retraité à la fin de son pot de départ, et prêt à dire "au revoâr"...

Dans une grande maison d'état vouée à l'éducation de nos chères têtes blondes, l'Éducation Nationale, j'ai entendu cette anecdote à mon avis significative : quatre personnes partaient d'un établissement scolaire, deux remplaçants et deux titulaires. Le personnel de l'endroit a récolté des enveloppes pour les deux titulaires et a prévu un jôli cadeau mais n'a rien fait pour les deux autres, à qui on a dit un vague "au revoir" à moitié bredouillé. Pourtant ce beau monde qui fait des différences, qui traite avec aussi peu de considération des personnes qui font le même boulot que lui, est chargé d'éduqer des adolescents et d'en faire des citoyens responsables et capables de ne pas faire de distinction entre ses concitoyens. Toutes ces personnes sont pourtant de gôche et concernées par le monde qui les entoure, jusqu'à un certain point qui est leur propre nombril...

mercredi, 01 juillet 2009

ABC Dick

Inventaire dickien – ABC Dick, Ariel Kyrou

(note sponsorisée par Ubik en aérosol,Ubik s'utilise partout dans la maison, et fera la joie des petits et des grands !!)

canbegwti.gifSi on aime bien les récits linéaires, bien charpentés, avec un début, un milieu et une fin, voire un happy end bien reconnaissable, il ne faut pas lire Dick, et encore moins cet inventaire des thèmes et objets hantant les livres de cet auteur, découvert quant à moi comme beaucoup grâce à « Blade Runner » et surtout « Docteur Bloodmoney »,après avoir lu des romanciers beaucoup plus classiques dans le traitement des récits et du style, et du thème, Asimov et Silverberg ou Theodore Sturgeon. Cet abécédaire dickien me faisait au début un peu peur, il sentait à mon goût l'opportunisme commercial car l'auteur est à la mode au cinéma. Après en avoir feuilleté quelques pages, j'ai ressenti au contraire beaucoup d'enthousiasme pour les analyses d'Ariel Kyrou.

Ses romans commencent souvent par un cauchemar, une catastrophe, un cataclysme, qui ne s'arrêtent pas avec la fin mais continuent ensuite, parfois il advient même que ce soit arrivé avant le début de l'histoire. Dick ne fait en somme que transcrire d'autres réalités, où les androïdes sont plus humains que leurs créateurs, où il est normal de voyager de planète en planète, la question ne se pose pas. Il ne s'embarrasse pas de détails techniques incongrus qui de toutes façons finissent bien par vieillir un jour, certains de ses personnes sont précognitifs parce qu'ils le sont, sans autre justification. Chez Dick, un « squib » est une sorte de voiture volante mais on ne sait pas sur quel principe cela fonctionne, et l'on s'en fiche, car il se tromperait sûrement et il le sait, chez lui tout le monde a un « swibble », on ne sait pas ce que c'est exactement mais qu'importe, le lecteur finit par s'en faire une idée presque précise et tangible. Ce qui compte en fait, et cela l'auteur de cet inventaire l'a parfaitement compris, c'est sa manière de raconter, et l'anticipation y est à la fois psychologique et sociologique. Et juste le plus souvent, il est effarant de constater un peu plus chaque jour que nous vivons dans un livre de ce dingue de Phil Dick que d'aucuns limitent à sa grande consommation d'amphétamines dans les années 60, drogue qu'il prenait pour écrire le plus possible et entretenir souvent chahotiquement d'ailleurs sa famille et non pour les trips. Et contrairement à la légende, il n'a pris du LSD qu'une fois. Il lui avait semblé que le quart d'heure de « trip » qui s'ensuivit avait duré plutôt quelques siècles de souffrance exacerbant un peu plus sa sensibilité déjà mise à mal, son associabilité et son inadaptation à un monde aussi médiocre que le nôtre, que ce soit la société faussement permissive des années 60, tant que l'on continue d'entretenir le système, ou notre société encore plus spectaculaire, et envahie un peu plus chaque jour par des simulacres.

dicko.jpgOu est-ce alors que nous vivons dans l'univers d'« Ubik » ? Et que nous sommes tous des morts cryogènisés sur une lune de Mars et que Dick est encore vivant ? Pour Dick, l'hypothèse est parfaitement envisageable et réaliste.

C'est une multitude d'univers en poupées russes, et l'on se trompe généralement sur le sens des récits dickiens. D'aucuns pensent que la réalité alternative décrite par le roman dans le roman est la nôtre, dans « le maître du haut château », qui se déroule dans un monde où les nazis ont gagné la deuxième guerre mondiale. Mais c'est encore autre chose. Il n'y a qu'un seul personnage de cette histoire qui perçoit vraiment la réalité, fugacement, juste en s'asseyant sur un banc. Pour Dick, il est évident que nous vivons dans un cauchemar, que c'est lui qui est mort et non sa sœur jumelle, le trauma originel et absolument indispensable à connaître si l'on veut comprendre le monde dickien. Mais il n'y a pas que ça car l'œuvre est complexe comme le montre ce livre, c'est aussi une autofiction, le récit du propre parcours de Dick qui finit, après son accident mystique de 74 par trouver un sens à l'absurdité, ou du moins en partie car dans « SIVA » ou « Radio Libre Albemuth », le monde reste parfaitement non-sensique. Un autre thème passionnant est finalement que ce qui fait le plus horreur à Phil Dick est l'uniformisation des esprits, des corps, des comportements, afin de maintenir un ordre social vermoulu qui n'a plus d'autre justification que l'avidité de quelques uns et plus aucune légitimité acceptable.

Et le monde de cauchemar que décrit Dick que ce soit dans les deux romans cités ci-dessus ou dans "Le dieu venu du Centaure", c'est le nôtre...

Ci-dessous un petit film, en anglais, sur l'auteur, "the afterlife of Philip K Dick". On y parle de son oeuvre et de son expérience religieuse...

Les morts des icônes sont-elles toujours des morts suspectes ?

avp.jpgA cette question, le troupeau béat des fans ou des adorateurs, ou des midinettes, d'un chanteur, d'une actrice, d'un comique, d'un politique (ce qui revient souvent au même, on reste dans le spectacle) répond : bien sûr et a toujours des réponses qui à défaut d'être rationnelles sont parfaitement construites et argumentées (il ne faut pas discuter avec, ils ont la foi des convertis) : Michael Jackson (ci-contre avec un pote) serait vivant, c'est un de ses sosies qui serait mort à sa place, j'irais plus loin, il est retourné vivre sur la planète Zorg dont il était en fait originaire ; Kennedy n'a pas été assassiné par deux tueurs à la solde de la CIA, il a été tué parce qu'il connaissait la vérité sur les aliens -des vénusiens- et allait la révéler (on trouve ce genre d'hypothèse sur le net) ; Marilyn Monroe est elle aussi toujours vivante, et se cache à "Palm Springs". Napoléon, qui bien qu'étant un tyran sanguinaire, fascine encore les foules, a été sauvé "in extremis" et a vécu en Amérique (où il a vu des américains). Hitler a fini dentiste à Rio, tout comme Goebbels (on a du mal à croire à la mort des monstres, qui fascinent aussi). Il y a encore de grands malades pour voir Elvis un peu partout dans le monde (comme grand malade je pense aussi à Georges Adamsky persuadé de son mensonge, il aurait voyagé dans la soucoupe d'aliens non-fumeurs qui bien sûr, ben tiens, ont refusé de se faire prendre en photos). C'est logique dans notre genre de société dite rationnelle, un chanteur raté comme Raèl peut devenir maître à penser et des acteurs chiantologues croire qu'un banal oscilloscope peut mesurer leur intelligence, et l'on peut voir parfois un charlatan comme Uri Geller fasciner des millions de moutons sur Téeffun, la première usine de décervelage de notr beau pays.

mardi, 30 juin 2009

"Moi je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux"

Maronne-Annick--la-lectrice.jpgDans le poste hier soir, écoutant un poste classique, voilà que j'entends l'invité de l'émission, dont il choisit les disques, répondre à l'interviouveur : "Non moi, je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux". Pour paraphraser Maître Follace, c'est marrant chez les cuistres (ou les imbéciles) cette manie de faire des phrases qui ne veulent rien dire. Comme un roman çà parle de choses imaginaires, comme ça ne parle pas du réel, comme ça ne parle pas de son nombril, ça ne l'interpelle pas quelque part : où ça ? Là, (voir fig 1). Les auto-fictions dont les auteurs nous assomment avec leurs obsessions sexuelles (ça se vend mieux), coprophiles, comme Marie Darrieusecq, ou simplement leurs névroses de pauvre petite bourgeoise (Angot), ont du succès pour ce genre d'olibrius, triste sire d'inculture et de vacuité. Ou alors les pseudo-témoignages chocs, de l'ex-star recyclée en dame-pipi qui vend l'urine des vedettes qui fréquentent les lieux d'aisance où elle officie (les chiottes quoi, les djeuns), ou de la fille de... qui nous explique que faut pas croire ce qu'on raconte, elle était très malheureuse dans son loft de 200 mètres carrés, ou encore les conseils de vie saine de telle ou telle ancienne gloire de la téloche ("Mes secrets minceurs" ou "Mon guide des vins" par Christine Bravo, les "bacs-roumes que je conseille" par Steevy). Quand on imagine, quand on invite les autres à rêver, donc à s'évader de la grisaille, ce n'est pas sérieux. Enfin, et pourtant je suis un "onaniste de sacristie" certifié conforme mais je ne supporte pas ces braves gens qui le regard exalté et les yeux illuminés balancent : " Moi la Bible (l'Évangile) me suffit". Alors que le roman, qui s'appauvrit le plus souvent, quand l'auteur n'a le talent de "non-fiction" ni de Truman Capote ou Norman Mailer, ou Don deLillo, et qu'il se colle seulement au réel le plus quotidien, le plus bêtement trivial, alors que ce genre de livre qui prétend coller au quotidien est nul ou anodin (cf : Anna Gavalda).

Quelques évidences sur la burqua et le niquab - après le débat sur France 2

niqab.jpgAprès le débat d'hier soir sur France 2, je trouve qu'il y a plusieurs évidences qui s'imposent :

La burqua, comme le niquab, deux variantes du voile "intégral" sont des signes de rejet de la culture occidentale en général, et française en particulier.

Ce sont des symptômes d'aliénation de la personne qui nie son humanité, son corps et la beauté en somme de la Création, donc un blasphème en l'occurrence puisque le corps de la femme est perçue comme maléfique.

Ce sont également des manifestations de refus de vivre avec les autres et de se conformer aux règles communes, c'est aussi un symptôme du consumérisme, "je veux me comporter comme je fais mes courses au supermarché en achetant ce que je veux".

Le témoignage de la jeune femme interrogée était à cet égard exemplaire : catholique convertie, elle prétendait "se rapprocher de son créateur" par sa tenue, souhaiter ce genre de rapprochement de cette manière c'est souhaiter la mort, ou une sorte de mort, aux autres, un refus d'humanité.

En réponse, une personne m'a semblé très pertinente, un philosophe musulman parfaitement intégré qui excellemment répondu à l'imam invité qui reprochait à notre société d'être encore trop catholique à ses yeux, et à Raphaèl Liogier l'angéliste de service pour qui il ne fallait pas voir malice à un comportement encourageant les névroses et l'oppression vécue par les femmes.

Les autres invitées comme Fadela Amara, pertinente sur de nombreux points, Elisabeth Badinter, très juste quand elle souligne que l'on devrait aussi débattre de la tenue de certains hommes intégristes, et Dominique Voynet, ont sorti hélas le lieu commun habituel qui veut que ce ne soit qu'une minorité et que cela restera une minorité : rappelons leur que dans les révolutions et les guerres civiles, ce sont les extrèmes qui mènent le troupeau. D'ailleurs Fadela Amara se contredisait quelques secondes après en affirmant qu'"aujourd'hui c'était un voile, mais qu'après ce serait 10, 1000, 10000 et plus...".

Pour moi qui ait vécu deux années extraordinaires au Proche Orient, cela contredit la sensualité joyeuse de l'art de vivre de ces pays,d e cette région, un art de vivre ayant excité la haine de quelques fous malades de leurs psychoses, persuadés que leur mission sur terre est de convertir le reste du monde, à commencer par les plus fragiles et les plus faibles à cette folie.

lundi, 29 juin 2009

Les comédies nanardeusement superbes des années 70/80

la_situation_est_grave_mais_pas_desesperee.jpgParfois, j'ai des crises de cinéphilie honteuse, des envies de nanars bien giboyeux, des films d'horreur italiens des années 80 aux comédies à la con de notre belle France des années pompidolienno-giscardiennes. C'était le bon temps. gràce à la TNT, on peut le revivre car les nouvelles chaînes raclent les fonds de tiroir pour économiser un maximum de pognon, comme hier avec "la situation est grave mais pas désespérée", dans lequel on retrouve Jean Lefèbvre, Maria Pacôme, Michel Serrault et Daniel Prévost qui cachetonne pour la plupart tous dans ce genre de "comédie" écrite avec les pieds et filmé par un type qui pose la caméra puis s'en fout. Bizarrement, ça reste moins nul que la plupart des comédies actuelles (par exemple "le missionnaire" avec Bigarrggh...euâârk) que ce soit au cinéma ou à la télévision : sur TF1 c'est simplement débile, sur France Télévisions, c'est débile ET didactique).

C'était bien, j'ai regardé presque jusqu'au bout, je dis presque car je risquais l'attaque cérébrale sinon. Le scénario est inexistant, les acteurs sont en roue libre, c'est à qui en fera des tonnes, ou cabotinera le plus ; parfois même ils rigolent des répliques de l'autre. On n'y comprend rien, il y a une histoire d'arnaques immobilières mêlées à des amants dans le placard, une bonne qui s'évanouit tout le temps, Prévost qui joue un flic de l'anti-gang, Serrault, un ministre qui pousse des cris aigus comme Zaza Napoli dans "la Cage aux folles", Lefèbvre un promoteur immobilier et Maria Pacôme une femme de médecin que l'on croit mort mais qui ressuscite à la fin, et qui est aussi comtesse. Je crois comprendre ce qui a attiré Serrault là-dedans, c'est comme dans un film de Mocky, l'acteur fait ce qu'il veut, ou alors c'est le règne du système D : par exemple pour figurer deux types dans un ascenseur qui monte on leur demande de plier et déplier les genoux (logique). Il ne manquait plus que Marthe Mercadier, la reine de ce genre de pantalonnade-couillonade.

Dans le même esprit, mais là je dois avouer que même moi, je ne peux pas, il y a les bidasseries tournées au kilomètre jusqu'en 1985, où l'on recyclait des acteurs "underground" comme Jacques Feyder. Pour les réalisateurs de ces trucs, l'humour s'arrêtait à l'almanach Vermot 1825, tout comme les films avec "les Charlots", certains les trouvaient vulgaires à l'époque maintenant un gamin de dix ans en connaît largement plus en grossièretés et saloperies obscènes rien qu'en surfant deux minutes sur Internet. Il était toujours question d'un colonel peau de vache mais con, de troufions sympas et débrouillards, et d'un pensionnat de jeunes filles juste à côté, les actrices qui jouaient les pensionnaires avaient souvent du mal à faire croire à leur ingénuité supposée. Bien au-dessus, bien que parfois d'un humour un peu opaque (ceux scénarisés par Topor dont "les malheurs d'Alfred"), il y avait les films de Pierre Richard, dont certains réalisés par lui-même, les meilleurs étant "les grands blonds", il ya jouait le même rôle, un naïf mais pas tant que ça aux prises avec des cyniques pleins d'argent, il avait des copains plus sûr d'eux que lui joués par Henri Guybet ou Aldo Maccione, qui joue quand même dans un petit bijou que l'on trouve en fouillant ce tas d'ordures : "Pourquoi pas nous ?". J'allais oublier le bas du panier avec les adaptations de Reiser et Wolinski par Claude Confortès ou Francis Perrin, immense comique français zézayant.

Ci-dessous "je sais rien mais je dirais tout"...

dimanche, 28 juin 2009

Le blues et l'irresponsabilité - les militants PS après les européennes

562590_10341965-o.gifJe viens de lire cet article concernant "le blues" des militants PS. Et je pense qu'il faudrait vraiment commencer à se poser les bonnes questions.

Sur le plan des politiques d'harmonisation des budgets nationaux européens, PS et UMP, et Modem, et Europe Écologie, partagent plus ou moins la même vision qui tient du monétarisme économique : des taux d'intérêts très élevés, une politique de réduction drastique des dépenses publiques (rappelons qu'elle a commencé avec le gouvernement Jospin et la Loi d'Orientation Loi de Finances), quitte à privatiser Éducation ou transports ferroviaires, ou Poste. Cela c'est ce qui est en train d'arriver. Sans parler de la laïcité complètement mise à mal, et là il faudrait faire des compromis inacceptables avec des coutumes qui nient la liberté des femmes, ou de l'individu ? Tout en niant le danger ?

Qu'est-ce que l'on propose là-dessus ? Rien de tangible.

Pourtant la politique monétariste n'est pas une seconde une fatalité, elle a même prouvé son inefficacité. Ce n'est pas grave, on laisse tout recommencer comme avant le début de la Crise sans protester. Alors que c'est là qu'il aurait fallu se manifester.

Cette politique n'a aucune incidence pour les plus riches, de la classe moyenne supérieure aux bénéficiares de "stock-options" grasses et bien juteuses. Par contre, elle paupérise la classe moyenne inférieure et tous les précaires un peu plus chaque jour. Il n'y aura bientôt plus de classe intermédiaire. Or, la précarité n'est pas le thème principal des discussions au PS. Il en est qui veulent réfléchir sur des grands thèmes, à la manière du philosophe de comptoir entre la poire et le fromage, ils veulent que l'on prenne du temps, alors qu'il y a urgence sociale ; il y a ceux qui votent ce qu'ils veulent sans réfléchir aux conséquences, agissant en consommateurs, d'autres qui votent UMP sans le dire car pourquoi voter pour la copie ? On ne fait que s'opposer qu'à une personne (Chouchou Ier talonnettes) mais pas assez au fond, à ses idées, car d'aucuns parmi les dirigeants du PS les partagent en fait. Voilà le hic.

La précarité tangible, concrète, réelle, quotidienne est-elle le point principal du programme du PS ? Non.

Pourquoi donc ? Il y a des militants qui en parlent un peu comme ces riverains du Canal Saint Martin qui les premiers temps trouvaient ça sympa les tentes Quechua puis finalement au bout de trois semaines ont eu le réflexe égoïste ou petit-bourgeois d'appeler les flics, car la pauvreté en parler ne fait pas de mal mais s'y confronter est plus dur. Il y a aussi ceux qui s'en foutent, clairement, et sans s'en cacher.

Quant à moi j'aime beaucoup les beaux discours bien tournés, mais maintenant, je voudrais plutôt du concret....

samedi, 27 juin 2009

Tourments intimes d'un cochon en désintox

269148.zoom.gif

Il fait trop chaud pour autre chose que "Liberty Meadows aujourd'hui, et une pin-up de Franck Cho un peu sadique...

Le cochon est l'ancienne mascotte d'une confrérie d'étudiants, il est actuellement en cure de désintoxication à la clinique de Brandy, la brune, vétérinaire à "Liberty Meadows".cho_2.jpg

vendredi, 26 juin 2009

Les gens sont méchants - la CGT et les sans-papiers

564002.jpgAhlala, les gens sont méchants, tu sais, les pôvres surtout, ils devraient pleurnicher, se plaindre de leur sort en attendant que les lumières de la sagesse de gôche ou non s'engueulent ENTRE eux pour décider de leur sort, pas moufter, pas bouger, restez bien en retrait. Car les lumières du savoir, dont celles qui se prétendent de gôche, savent ce qui est bon pour le peuple, les ouvriers et les précaires. Qui a dit qu'ils ne bossaient que pour ceux qui ont un statut et la sécurité de l'emploi et qu'en vingt ans, ils se sont surtout fait remarquer par leur capacité au compromis et à l'écrasement devant les puissants à qui on sert la main, on joue alors le rôle de prolo de service avec l'accent parigot ou franchouillard "ad hoc", prévoir la coupe "playmobil" en plus.

Et puis voilà que des pôvres sans papiers, certainement des travailleurs exploités du textile, qui bossent 60 heures par semaine, des maçons payés au black, certains on les retrouve même à construire les centres de rétention dans lesquels on les enferme plus tard, voilà que ces pôvres se disent, ils ont fait des promesses il serait temps de les tenir, non ? En réponse, ils ont eu droit à un comportement de petits Hortefeux de gouttière ou de Besson en "Doc Martens", les lumières du peuple, à coups de tatanes qu'ils les ont viré les sans-papiers, il faut pas déconner, ce sont des ingrats les pôvres, on vous le dit. Ils respectent rien, c'est une engeance dangereuse. C'est comme ça les pôvres, ça parle que de fric ou de boulot, on leur dit bien qu'il y a plus malheureux qu'eux ailleurs, allez....Mais ils s'en foutent comme l'an 40,  tu sais, ils veulent tout tout de suite et que l'on arrête de les prendre pour des cons, des cochons de payants en somme.

T'en as même qui se foutent de la gueule des cuistres qui te sortent leur culture prêt-à-porter, leurs conventions finalement très bourgeoisement louis-phillipardes derrière la pose progressiste : toujours les mêmes qui reviennent...

La fin des "brushings"

people-michael-jackson-2466276_1350.jpgFarah Fawett, l'ancienne drôle de dame permanentée au sourire "pepsodent", est morte ce matin, et hier Michael Jackson, l'idole de millions d'anciens djeuns à travers le monde. Pour lui, je ne sais pas, il ne manquait pas de talent, il avait le donc d'enquiller les tubes, et a débuté la "Motown", à la rigueur j'aime bien "Don't stop till you get enough", ou encore même "Thriller" qui était un hommage aux séries B et Z. Beaucoup ont découvert ce cinéma alternatif gràce à lui, et surtout gràce à John Landis. Il y en a qui nous explique qu'il représentait une idéologie nazifiante presque, commerciale et tout, qui voit en lui beaucoup plus qu'il n'était. D'autres le perçoivent comme le symbole des années 80 qu'ils éxècrent, c'est leur droit mais du point de vue du consumérisme c'est de pire en pire surtout maintenant. C'était surtout un malade riche à millions, adulé, un pédophile aussi, une pauvre âme, ni un monstre, ni un ange. De là à faire un pélerinage à "Nerverland", faut pas déconner, je me rappelle déjà le trouver grotesque depuis le collège. Mais il fait aussi partie de ma jeunesse, malgré tout.

farah_fawcett_poster.jpgFarah Fawcett Majors c'était la blonde qui faisait de l'ombre aux deux autres dont personne ne se rappelle plus, excepté Jaclyn Smith qui apparaît dans l'adaptation cinématographique de la série qui était déjà très con mais d'une connerie assumée, on ne se prenait pas trop au sérieux, c'était comme si Hugh Heffner, le patron de "Playboy" avait écrit un feuilleton féministe. C'est un truc très "filles" "Drôles de dames", je me souviens d'une, une drôle de fille aussi, cultivée, dotée d'un sens de l'humour fin, intelligente, m'ayant un après-midi imposé ça chez elle et il ne fallait pas moufter ou oser une plaisanterie, même pendant le générique et ce que récitait le narrateur : "il était une fois trois filles superbes...". C'était une époque encore innocente, un rien inconséquente. On pouvait s'emballer pour des futilités sans que çà ne porte à conséquence, on n'avait pas besoin de se justifier par un pseudo-engagement humanitaire ou idéologique.

jeudi, 25 juin 2009

Dans le secret des dieux de la culture le temps d'un voyage en train

623291.jpgIl y a deux jours, prenant mon train habituel j'entre dans un compartiment où se tenaient trois personnages qui avaient, comme je le compris vite, des responsabilités dans le culturel, au ministère à Paris. Il y avait là un type bronzé de manière trop suspecte pour que son hâle soit vrai, vêtu d'un costume style à col de clergyman (j'ai failli lui dire "bonjour mon père), un plus vieux à cheveux blancs, la voix semble-t-il pâteuse comme Paul-Loup Sulitzer au sortir de son opération ("ai 'écupéré 'atre-vingt 'inze 'our'cent' 'e 'es facultés" comme il l'avoua aux journalistes), et leur compagne, une dame d'un certain âge en tailleur-pantalon blanc trop transparent. C'était, je le compris, la femme du précédent, beaucoup plus jeune que lui à première vue, à moins qu'elle ne bénéficie des bienfaits du botox, une brune qui a passé son temps à sortir plusieurs noms pour impressionner le reste des voyageurs.

Le clergyman était au téléphone, il raccroche et sur un ton feutré : "C'est Mitterrand qui est nommé"

La femme : "Ah, oui, BHL le pressentait, BH (elle l'appelle BH pour montrer qu'ils sont potes) voit souvent clair sur la politique"

Le vieux : "Aaah, mfff, bon, c'est-pas-grave-au-moins-on-reste-en-famille, ahha, pfff"

La femme : "Comme Christine Clerc me le disait hier, c'est toi qui aurait dû être nommé, Chouchou (surnom du vieux "papa-gâteau" à la mode semble-t-il)"

Le clergyman : "J'essaye d'avoir Frédo (comprenez Frédéric Mitterrand avec qui il doit être pote aussi comme il le laisse entendre). Il y a une pièce d'Audiberti que j'aimerais bien monter."

Les deux autres : "Aaah ! Audiberti !" soupirs songeur.

Je ne sais pas qui c'est mais leurs soupirs laissent présager que c'est grave génial comme disent les djeuns.

Devant mon absence de réactions et mon sourire narquois, les trois semblent déçus, on n'entend plus que les ronflements d'une pélerine montée à Lisieux allongée sur la banquette, son fessier ample tourné vers le reste du compartiment.

La femme repart à la charge : "Moi, demain, au fait, je vais dîner avec Arielle, mais sans BH, on sera entre nanas" (j'ai horreur des femmes de trente ans et plus qui désignent les autres femmes comme "nanas"). "Il parait que Carla lui avait déjà dit ça dimanche" (Elle est aussi pote avec Carla)

Le "clergyman" est très occupé, il sort le téléphone vissé à l'oreille. Il parle bas, on est entre initiés, mais j'entend quand même : "Ah, la province c'est bien, mais y connaissent pas grand-chose, même pas Audiberti, tu te rends compte ?" puis "Oui chouchou, je t'embrasse".

Ce qui domine comme impression est que ces trois braves gens s'en foutent de la culture, ils sont aussi dans le "bling-bling", et changeront de maître sans problèmes à chaque fois qu'ils devront veiller à protéger leurs intérêts.

Fort heureusement, nous sommes arrivés à Evreux avant que ma nausée ne soit complète.

12:45 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, politique, société, mode, culture, faux-culs | |  Facebook

mercredi, 24 juin 2009

Qui oserait aujourd'hui se foutre de la gueule d'une vache sacrée comme ça ?

Bien sûr, je ne parle ni même de polémiquer, ni de discuter, mais de ridiculiser cette élite auto-proclamée tellement imbue d'elle-même qu'elle n'admet plus la moindre contradiction.

Et la réponse à la question du titre est : "personne"

Le côtching (vaguement) spirituel à la mode

SM_gourou.jpgS'il y a bien un truc qui m'énerve en ce moment, c'est ça, le côtching spirituel, ou vaguement spirituel : genre bouddhisme à la Mathieu Ricard, yoga pour cadres stressés, conseils de bon sens que l'on fait payer une fortune. Les promoteurs de ce genre de services assurent débarasser l'âme et le corps de leurs adeptes de tout sentiment qui nécessairement fait du mal, de toute émotion, de tout esprit de contradiction et d'indocilité pour se fondre dans un grand TOUT mou et sans contours.

Depuis que le Dalaï Lama est un "pipôle" de haut rang adulté par des pipôles de rang beaucoup plus inférieur, on développe tout cela pour rassurer le consommateur en mal de lien social détruit par quelques décennies de libéralisme actif et de décervelage intensif, à tel point que culture et intelligence, ou indépendance d'esprit sont actuellement presque des insultes.

Quant aux autres, chrétiens "décrocheurs d'ampoules" entre autres, on aime bien se noyer dans une affectivité confortable en groupe, pour ensuite être encore plus "performant" dans notre société de "performance" et de marchandisation de tout y compris la merde, vendue en oeuvre d'art, voire transformée en steak haché de synthèse au Japon. Le tout très loin de l'exigence spirituelle réelle.

Rappelons aussi qu'un être humain débarassé de toute émotion, sentiment ou réflexion personnel, c'est généralement un mort.

J'aime beaucoup le sketch en illustration, il est très juste également quant aux personnages

"Vulnérable et massif" - Torrents d'amour

Albatros.jpgCe qui est amusant dans les journées de formation pour adultes, c'est que l'on y retrouve tous les archétypes que l'on trouve dans une classe d'enfants ou d'ados : les fayots, les filles glamour de la cour de récré, les grandes gueules, le ou les cancres, la piétaille. Quand on est un peu trop sensible, donc un peu trop vulnérable, on remarque tout de suite ce côté dérisoire, le grotesque des situations, et des comportements. Et on n'arrive pas à les prendre au sérieux. Parfois les esprits trop sensibles et vulnérables se réfugient derrière l'humour caustique, des remarques sarcastiques et ce qui apparaît aux autres comme du dédain. L'avantage que l'on a alors est que l'on décèle chez les autres une sensibilité plus étroite qui est celle de la hiérarchie à laquelle ils accordent pour la plupart du temps le plus d'importance qui est, « est-ce que j'en jette plein la vue ou pas ? », avec un objet totem reconnu par tout le monde, un habit, une attitude.

C'est le bon côté des choses quand on est un peu trop sensible, on est plus lucide, c'est même un atout pour celle ou celui qui prétend écrire et que cela soit intéressant pour les autres. Mais on est aussi un peu plus prétentieux aux yeux de la société.

Et ce besoin chevillé au corps d'écrire est une forme d'égocentrisme, de narcissisme, celui qui écrit a une très bonne opinion de lui, sinon il n'écrirait pas et garderait ses rêves, ses fantasmes, ses illusions pour lui. Écrire ce blog pour moi, et d'autres petites choses, fait partie de cette "protection" au monde nécessitée par ma sensibilité qui se manifeste un peu trop.

On comprend vite aussi que l'intelligence est plutôt un handicap et que 99% des personnes sont malveillantes a priori envers quelqu'un qu'elles ne comprennent pas, surtout quand on ne rentre pas dans les cadres et les figures imposées, comme au patinage artistique.

J'ai relu dernièrement un court portrait de mon auguste moi hier qui me décrit comme « massif et vulnérable ». C'est ma foi un portrait très juste, j'ai toujours considéré la colère, y compris la mienne, la dispute, la violence, comme de la folie, la haine tient presque de la maladie mentale, de la pathologie. On devrait la rejeter avec horreur au lieu de s'y adonner. Seulement voilà, pour se protéger, des attaques, des railleries, de la colère des autres justement, on préfère trop souvent se laisser envahir, allant même jusqu'à la séparation, plutôt que de souffrir plus. Car les personnes plus sensibles que les autres souffrent beaucoup plus. Elles dégustent. Se forger une coquille humoristique est somme toute une bonne formule, au risque de se retrouver tout seul. Certes, les esprits libres le sont souvent, seuls, on leur fait payer leur incapacité à se fondre dans la masse, et il est très délicat d'affirmer, quand on est croyant, que l'on accepte tout, que l'on prend tout, pour la plus grande gloire de Dieu, il arrive le plus souvent que l'on voudrait bien que tout cela s'éloigne, on voudrait être docile, ne pas être si sensible, si émotif, si vulnérable.

Ne pas être Humain, en somme.

mardi, 23 juin 2009

Réquisitoire contre le nouveau ministre de la culture

Mansoâr ! (les plus jeunes d'entre vous, ayant eu la chance de connaître plusieurs réformes éducatives qui ont parfaitement réussies, ils sont complètement ignares en 2009, ignorent l'allusion de ce premier mot, la manière de dire "Bonsoir" de Frédéric Mitterrand et ne savent pas non plus qui est Desproges de toutes manières. La docilité devient un art de vivre, tout comme l'instinct grégaire et l'humour doit respecter la plupart des lieux communs que les moutons appellent leurs opinions. Frédéric Mitterrand est un cinéphile distingué et également une très belle endive braisée de la culture, qui avait du mal à trouver des vestes qui tombent bien sur ses épaules d'ablette), s'occupant de la création chic à la Villa Médicis, après avoir sévi à TV5.

Réquisitoire de Desproges contre Frédéric Mitterrand en 1982, toujours d'actualité. Pas si méchant...

Ami jeune, faire de l'humour ce n'est pas seulement dire "prout", "couille", ou encore "bite" comme Bigard tous les deux mots, c'est aussi écrire avec talent un texte que l'auditeur écoute en riant mais aussi en réfléchissant. Fin de la parenthèse)

lundi, 22 juin 2009

Le christianisme est-il un communisme ?

Ami djeuns, lecteur qui vient trouver ici des trucs sur "Secret Story", tu seras déçu, aujourd'hui on fait dans l'intello...

alain_badiou.jpgJe viens de lire deux, trois articles très intéressants parlant d'Alain Badiou qui affirme que Saint Paul était communiste, ou du moins collectiviste. On peut aussi rapprocher les travaux de Marx des écrits de Saint Augustin. Il y a aussi plusieurs sermons de Bossuet, des pamphlets de Bernanos ou de Léon Bloy contre les bourgeois et leur bien-pensance qui donnent superficiellement raison à Badiou, contre les catholiques qui n'allaient pas jusqu'au bout de la radicalité évangélique. Il est vrai aussi que les premiers chrétiens vivaient dans des communautés fondées sur un partage complet et équitable des richesses. Ce qu'ils ont oublié maintenant pour beaucoup, malheureusement, oubliant même la fraternité avec leurs frères et soeurs d'Orient. Il est vrai aussi qu'un chrétien ne peut pas être libéral sans se dédire.

st-paul.jpgMais les buts sont radicalement différents. Comme l'a rappelé Benoît XVI dans "le sel de la terre" avant qu'il ne devienne Pape, le but du christianisme actuel quant à la société est de faire évoluer celle-ci du rapport de forces obligatoire à une société plus fraternelle, par une spiritualité solide mais pas par l'affrontement ou la révolution. Il y a aussi que le but des idéologies (à l'inverse c'est la même chose pour le libéralisme qui aimerait bien créer un "homo consommatorum" docile et polyvalent) est de créer un homme nouveau, tandis que celui de la foi chrétienne est que l'être humain le devienne enfin pleinement, avec toutes ses faiblesses. Avec la théologie de la Libération, on a pu croire qu'une alliance était possible. Mais prétendre que l'on tue au nom d'un Dieu que l'on place à ses côtés, comme ceux d'en face, c'est un blasphème.

Badiou et Saint Paul ne sont pas si éloignés, après tout Saint Paul s'inspire du stoïcisme et de l'épicurisme. Mais la Foi les sépare, peut-être pas pour très longtemps, qui sait ?

Tout le monde s'en fout de la burqua en France

burqa02.jpgDans le Landerneau politique, on discute depuis une semaine de la burqua en France (je ne sais pas quel effet ça vous fait de lier ces deux mots, moi ça m'emmerde grave comme disent les djeuns) : Oui, Non, peut-être, oui mais, pas question, ça dépend des conditions. D'autres multiplient les grandes déclarations péremptoires, les grands discours sur l'air de "la Patrie en danger". Il est hélas déjà trop tard, pourtant on vous avait prévenu. La laïcité réelle dans beaucoup d'établissements n'est plus qu'un lointain souvenir, quand ce n'est pas l'école qui organise les repas de ruptures de jeûne de Ramadan, entre autres. Et contrairement à ce que l'on croit, ce ne sont plus seulement les extrèmistes qui suivent les coutumes importées d'Iran mais les croyants "lambda" qui pensent alors retrouver une identité. Madame Aubry, qui fût présidente de l'association pour empêcher le voyage du Pape en France au moment du baptème de Clovis, on entendait le même air de "la Patrie en danger" contre Jean-Paul II, et idem contre Benoît XVI ensuite, quand il a parlé de petit bout de latex, Martine nous dit donc que c'est une question sociale (ce qui fait un peu marrer car elle a voté comme les autres la Loi d'Orientation Loi de Finances qui a commencé le détricotage du Service Public). Elle a raison mais ce n'est plus seulement ça.

Et puis finalement le troupeau bêlant docile et décevervelé s'en fout. Les djeuns se passionnent pour "Secret Story" et le "qui c'est-y qui va sortir du Guantanamo pour larves décervelées ?", ils votent d'un seul mouvement pour en décider, passifs, prêts à payer 60 centimes le SMS. Je sors d'en voir tellement mal à l'aise devant des livres qu'on doit presque leur coller dans les mains, tellement passifs, puis ravis d'aller parler de leur nombril sur "Emméssène" Leurs parents trouvent que Carla elle est trop sympa et ne rêvent que d'une chose, claquer du fric ostensiblement comme le nabot qu'est au pouvoir. Dans leurs têtes, ou ce qu'il en reste, la démocratie est déjà morte, ils sont prêts à obéir aveuglément au premier opportuniste venu, ce qu'ils font d'ailleurs. La politique et la réflexion qu'elle devrait entraîner ne passionnent plus grand-monde. Quand on leur parle, la plupart nous sortent le refrain habituel : "Ben tous les goûts sont dans la nature, et puis on a le droit de faire ce qu'on veut", même si c'est con.

dimanche, 21 juin 2009

Madeleines électroniques des années 80 - Joe Jackson, Yves Challand

8-spirou-chaland.jpgC'est fou comme Joe Jackson ou même Matt Bianco paraissent maintenant des groupes complètement désuets, plus que certains des années 60. Tout est daté, on se croirait dans une BD d'Yves Challand (voir strip de Spirou ci-contre) ou de Ted Benoît coincés entre les années 40, pour l'ambiance, les belles bagnoles, les épaules carrées et les pantalons zazous et l'an 2000. Peu importe, j'aime bien encore, c'est loin et proche, c'est une sorte de madeleine de Proust électronique.

C'est vers cette époque que l'on a commencé en somme à vivre dans un perpétuel présent.

19:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musique, littérature, bd, politique, mode, société, télévision, nostalgia | |  Facebook

samedi, 20 juin 2009

Le punk pour les nuls - "Si on reparlait de Pacadis ?"

openmarket.jpg

Je ne sais pas si ce texte est punk, on s'en fout, il a deux ou trois choses à dire...

S'il y a un truc qui me fait marrer quand je navigue sur les sites et blogs qui font dans le cultureux, c'est que certains se revendiquent du punk, voire "punk à diplômes", attend, ce sont des voyous mais des voyous qui ne sont pas n'importe qui, tu vois, de la khâgneuse en crise d'adolescence tardive au quadra autodestructeur. Certes, ils écrivent parfois très bien, ont souvent du talent mais ce sont des jeunes gens bien proprets quand même. Ce n'est pas grave d'être un bon garçon ou une bonne fille, il ne faut pas en tirer un complexe mes mignons, mais c'est quand même assez ridicule. Dans un pogo, ils ne tiennent pas deux minutes. Et sans la carte bleue de Papamaman, sans leur intérieur bourgeois et leurs goûts de vieilles dames, ils ne survivraient guère ces enfants sages.

In 1977, "our time is up"...

1977, année rock. Il y eut le film de Spike Lee et avant, ce livre, sur cette date des plus symboliques. Pacadis était critique de rock doué, et insupportable en même temps, un peu comme Beigbeder qui fait d'ailleurs la préface de cette chronique des années punks. Le temps des sales gosses, des musiciens turbulents, provos, décalés, obscènes et dépravés, lucides sur la dégénérescence de la société, autant que mégalos, était venu, de Gainsbourg aux Clash en passant par les Sex Pistols. C'était l'époque des notables giscardiens et des Fender à fond dans le transistor pour lutter contre l'endormissement général. En plus de ce journal, qui me fait penser par instants aux livres de Nik Cohn ou Hunter Thompson, cet ouvrage est agrémenté d'articles de l'auteur sur les mondanités parisiennes de l'avant retour du fric-roi (qui l'est toujours).

Ce sont d'ailleurs des enfants très sages qui finiront par avoir raison de Pacadis, et le virer du "Palace" bientôt repris par des "managers" qui metteront quelques années à le couler. Ce livre est une sorte de gros doigt tendu aux "punks à diplômes" justement, qui sont du genre à aller démarcher le prolo, ou le sauvageon qui n'en rien à foutre car il sait bien que c'est du vent (rires : "on est des punks mais on est aussi pas rien, on a fait les grandes écoles mon bon meussieur"). Les punks avaient vu venir tout ça, quand les petits bourgeois ont commencé à copier leurs fringues, ils ont aussitôt décidé de s'habiller en costumes-cravates et de remettre un certain genre de classe à la mode, comme Debbie Harry. J'aime bien Pacadis, malgré toutes ses contradictions et le fait que finalement, il aimait ça l'or et le clinquant des bourgeois, mais il est tout à fait dans la tradition des Blondin et autres, un funambule à l'esprit plus grand que celui de ses contemporains.

Par ici on peut entendre Yves Adrien

Titre : Un jeune homme chic | Auteur : Alain Pacadis | Editeur : Denoël

Sur la photo, on reconnait Marie-France, Paquita de Paquin et Pacadis, je crois.

Les années 80 étaient bien entamées, mais Sapho restait dans l'esprit, regardez ci-dessous, c'était un peu trop évident "The Clash" ou les "Sex pistols", tu trouves pas ?

Burqua et préservatif

image1th7.jpg

Quand on regarde la photo, n'a-t-on pas envie de lui botter le cul à cet imbécile fier de ses femmes comme de son cheptel ?

La "burqua" ou le "niquab", les deux formes de voiles portées par les femmes musulmanes les plus extrêmistes, que ceux-ci fussent imposés ou non, le sont au nom d'une morale hypocrite qui veut que seul le corps des femmes peut inspirer de la concupiscence et que donc il convient de le cacher. On me dira, ils sont nombreux, ailleurs, croyants ou pas à partager ce point de vue. Tout en exaltant paradoxalement d'un autre côté le culte du corps et de la beauté formatée : allez comprendre. Ce sont clairement des signes d'oppression des femmes, que celle-ci soit consentie ou pas, il n'empêche. Pourtant, certains semblent prêts à laisser faire, tant que ces femmes qui portent ces atrocités répugnantes et leurs compagnons stupides restent de bons petits consommateurs dociles. Il en est qui sont ravis souhaitant depuis longtemps une bonne petite guerre ethnique, des affrontements dans les rues ce qui compenserait leurs virilités défaillantes ou leurs complexes sociaux.

Cela me rappelle la polémique autour des déclarations supposées de Benoît XVI. Ils furent nombreux ceux qui n'ont rien compris à ce qu'a dit le Pape, les mêmes maintenant sont parmi les plus virulents à légitimer le voile islamique. Il faudrait qu'ils expliquent leur démarche. Sont-ils lâches ? Ou sont-ils simplement indifférents ? Tant que cela n'arrive pas chez eux, à leur seuil. Je me souviens pour ma part de cette jeune femme qui prenait des cours de français à Jérusalem, palestinienne, belle ; elle parlait arabe avec un accent jordanien d'une douceur très sensuelle, elle avait des cheveux noirs qui lui tombaient en cascade sur le dos. Elle était toujours extrèmement féminine, elle était fiancée avec un jeune homme qui travaillait à Ramallah, ils avaient réussi à faire accepter leur relation au lieu de subir un mariage arrangé ; à oser cette féminité, elle risquait sa vie pour ça.

C'est cela la réalité d'une théocratie, ici soumise à l'Islam.

Il n'y a pas d'échappatoire.

vendredi, 19 juin 2009

Neuf ans d'ancienneté = zéro expérience : un cas présenté par le Père Fouettard

tableau_noir.jpgUn précaire enseignant, non titulaire donc, remplaçant depuis neuf ans, reçoit hier une lettre de son autorité de tutelle lui signifiant que comme il ne relève pas du ministère concerné et encore moins du corps des fonctionnaires, il n'est pas apte à candidater à un concours qui ne demandait aucune condition de statut.

Il a pris tous les contrats, que ce soit près de chez lui ou à "Pétaouschnok", a passé les concours, dans sa matière c'est fermé depuis trois ans, mais il essaie de se requalifier quand même.

C'est peine perdue, il se heurte à un mur d'incompréhension totale car même les personnes censées le défendre lui opposent les mêmes arguments que son autorité de tutelle.

Ce sont donc des clowns grotesques en somme. Ne pleurez pas si l'Éducation Nationale s'effondre, par votre faute.

Vous parlez de Sarkozy, vous vous opposez à la loi sur les universités, très bien, commencez donc par le statut des précaires, chers amis de gôche et les autres. L'abstention diminuera très vite et il y aura des gens pour voter pour vous.

Les bobos : raillés et enviés

snob1.jpgAlors bien sûr, il y a les vrais bobos, libéraux-libertaires avachis et hypocrites petits bourgeois qui sous l'étiquette "équitable" se comportent tout aussi égoïstement que leurs aînés louis-philippards, et puis il y a aussi ceux que l'on traite de "bobo", que l'on accuse de tous les maux, un peu facilement, on raille mais en fait on envie la culture et le désir de s'instruire au moins ou de s'élever un peu intellectuellement, et cela sans se conduire en consommateur. Maintenant d'ailleurs toute personne un peu nuancée dans son propos, qui lit de temps en temps un bouquin est traitée de "bobo", ça permet d'éviter aux autres de faire l'effort d'en ouvrir un, ou de chercher à s'élever intellectuellement en sortant des schémas tout faits. On les accuse d'habiter le ghetto bourgeois de Saint Germain des prés, qui n'est plus une référence depuis au moins quarante ans, d'être des "parisiens" pervers et chafouins qui se moquent des gentils provinciaux qui veulent absolument monter tout en haut de la Tour Eiffel quand ils "montent" à Paris et qui ricanent sous cape, c'est sûr, quand ils voient les péquenots débarquer en grande tenue à la mode du temps de René Coty. Cela devient l'accusation préférée des Cauet, Arthur et Bigard (qui a une cironstance atténuante, avoir essayé de monter "Clérambard" de Marcel Aymé), des Marc Lévy et Musso face à leurs détracteurs qui les accusent de faire de la merde, alors qu'ils en écrivent, en filment ou en réalisent comme émissions de télévision. On nous bassinne alors de plus en plus avec les régionalismes tellement plus vrais que ces prétentieux de parisiens, et puis "on a pas besoin de lire "la princesse de Clèves" dans la vie" ou "moi je lis pas de romans, mais des "livres sérieux"", je cite avec des pincettes.

Voir par ici "J'suis snob" de Vian dont on ne manquera pas de m'accuser...

Sarkozy avant Sarkozy par Jean Genet

giacometti_jean_genet.5.jpgOn aime ou on n'aime pas Genet (moi ça dépend des écrits, j'ai quand même du mal avec "les paravents"), mais dans ce texte, il a curieusement des accents presque à la Léon Bloy sur les bourgeois et notre société "de porcs" en général, et aussi sur les libéraux-libertaires décomplexés actuels, "né(s) roturier(s) qui veut(lent) apparaitre doré(s)". Comme quoi entre un pêcheur et un mystique, il n'y a pas tant d'espace.

extrait d'un manuscrit inédit écrit en 1947 et mis en vente ce week-end au salon international du Livre Ancien

"...La jactance solennelle, la conviction courroucée, et le langage si vide qu'on n'y peut découvrir la moindre idée car elle serait fausse"

"Aujourd'hui il lui faut l'or et les breloques afin d'avoir le pouvoir absolu. Car il croit qu'il existe. Le pouvoir, pour lui, ce n'est pas un sommet -Il déteste les côtes-, c'est une sorte de solitude où l'air serait moins pollué qu'ailleurs. Des ampoules d'air solitaires, appelées peut-être par ses phrases ampoulées. Pour y arriver, il faut de l'or. Il en faut pour acheter le pouvoir solitaire qu'il croit déjà aux enchères".

mercredi, 17 juin 2009

La mouche et le maître du monde

Sur la photo ci-contre, Barack garde bien au chaud la mouche qu'il n'avait fait qu'assommer...

barack-obama-1.jpgEn Iran, des personnes osent se rebeller contre le pouvoir crétin des mollahs, ose se dresser contre la barbarie de coutumes stupides imposées par une minorité. De quoi t'est-ce nous parle-t-on avant ? De la mouche qu'Obama a écrasé d'un geste sec et précis. Il faut dire que c'est diablement plus important, c'est pénible une grosse mouche bleue qui tournicote autour de la tête ou ailleurs en faisant "bzz", on a envie de dire "c'est pas moi", "c'est pas à cause de moi". Bien fait pour le dyptère commun. Ensuite, le maître du monde nous dit qu'il fera pareil de toutes façons avec l'Iran (en gros le dingue au pouvoir en ce moment et les manifestants de Téhéran c'est kif-kif à ses yeux). Obama c'est le messie, plus personne ne veut réfléchir sur son propre pays, sur sa région, sa ville, son avenir, non on préfère s'en remettre à un gars qui est presque aussi cabot que Morgan Freeman dans "Deep Impact" ou Dennis Haybert dans "24 heures chrono". Sur la Palestine et Israél, il ne fait qu'appliquer une cautère sur une jambe de bois en faisant semblant de se passionner alors qu'on sent bien c'est pas son truc, on rigole presque quand on lit qu'il veut bien une Palestine indépendante mais démilitarisée afin qu'elle se laisse coloniser sans poser trop de problèmes et qu'il applaudit le discours de Netanyahu‎ . Mais ne nous attardons pas là-dessus.  Ou alors lisez le texte de David Grossman en réponse (il paraît d'après ce que l'on m'avait dit sur Causeur que personne en Israël ne contestait "Bibi"Netanyahu‎ , il faut croire que si) dans le numéro d'"Haaretz" d'aujourd'hui et qui montre que beaucoup d'israéliens veulent la paix mais que les seuls interlocuteurs choisis par les américains sont les pires et les plus extrêmes à chaque foi.

Ici un jeu pour aider notre Chouchou national (chouchou Ier talonnettes) à faire aussi bien qu'Obama

mardi, 16 juin 2009

Les jeunes filles qui rêvent

28109.jpgDans le bus, dans la rue, on voit des jeunes filles en djin taille basse parfois quand elles sont seules, quand elles ne se sentent pas observées ou qu'elles s'en fichent soudain, remonter ce vêtement sur leur taille comme si elles étaient soudain gênées de la naissance de leur chute de reins qu'il laisse apparaître, qu'elles comprenaient que la mode c'est vraiment con. Ou bien à cacher leurs formes, serrées par un pantalon ultra-collant style 80's, par un pull ou autre chose (rien de pire que le pantalon blanc transparent, rien de moins séduisant finalement). Comme si finalement ce besoin compulsif de plaire à tout prix, même de manière hyper-primaire, elle le ressentait très négativement (car dans la pub, une fille ça doit plaire, avoir un postérieur tentateur et un buste chasse-neige qui attire les regards et tant pis si on la prend pour une fille facile). Cela s'accroît de plus en plus, de pire en pire, avec les émissions de « côtching » stupide imposant aux jeunes esprits des stéréotypes de plus en plus débiles, sans parler de tous ces « talk shows » et trucs pseudo-réels mettant en scène grossièrement la vie de couple ou la pervertissant.

C'est un moment émouvant où les filles, et les femmes, sont toujours belles, ce moment où leurs gestes sont complètement naturelles et non dictés par la mode ou les conventions, quand elles relèvent leurs cheveux par exemple.

*

Derrière les yeux noirs des filles de quinze ans, il n'y'a pas forcément de mystère.

*

Et puis quand les copines réapparaissent, la pudeur est obligée de s'envoler, on essaie des attitudes, un pied sur l'autre, les deux pouces négligemment glissés dans les poches du pantalon, l'air blasé comme si à quatorze ans ou dix-sept on en avait déjà beaucoup vu du monde, comme si on en savait déjà beaucoup trop. C'est le cas pour certaines, quand il arrive que le nouveau copain de Maman s'avère être aussi un amateur de tendrons et de chair fraîche ou qu'elle doive descendre plus avant dans les cercles de l'enfer domestique qui va jusqu'aux abîmes. On voudrait se faire passer pour une séductrice, une femme mystérieuse, presque fatale, on n'aime pas être comme les potiches des clips de « R'n'B » mais finalement on assume quand même car on croit que c'est obligatoire.

9_WEB_ToKillAMockingbird.jpgOn ne peut jamais juger. Une petite qui a l'air affranchie peut se révéler encore une enfant totalement innocente rêvant au grand Amour n'osant pas croire que cela puisse lui arriver. Celles-là, derrière leurs yeux noirs, elles ont de temps à autres le regard perdu, les yeux noyés par un chagrin inconsolable et pour ne pas désespérer se mettent en ménage avec un copain de classe quand les parents ne veulent plus d'elles dix-huit ans passés « paske bientôt y 'a plus les allocs ».

*

Pourquoi sont-elles si émouvantes ?

*

On a envie de les consoler ces jeunes filles presque perdues, de leur dire que leur beauté vaut plus que la conception qu'en a la société actuelle : de la viande à l'étal. On aimerait qu'elles continuent à rêver et non à devoir mettre les pieds dans la réalité de temps en temps sordide. Elles ont des stratagèmes pour vivre comme les autres quand elles vivent sous une dictature ou la férule de crétins barbus ou imberbes qui n'hésiteraient pas à annihiler toute trace de féminité s'ils le pouvaient, comme Marjane Satrapi ou cette jeune fille palestinienne obligée de se voiler qui profitait des cours de français au centre culturel de Jérusalem pour flirtouiller.

lundi, 15 juin 2009

Une société de calculateurs sans cervelle

« Il y a une part de la réalité relevant non du contrôle quantitatif, mais de l'intuition vagabonde. Cette intuition, c'était justement ce qui guidait les fondateurs de la médecine à l'aube de l'ère moderne »

(parlant du feuilleton « Docteur House » comme quoi on peut faire de la philosophie de tout)

« Nous risquons de devenir tous et partout des bêtes à concours sans espoir et, comme disait Nietzche, sans joie. Ce type de rapport à la vie pourrait amener à un sérieux appauvrissement de l'existence. Les évaluations impliquent un monde déjà en place et connaissable. Un monde dont l'incertitude inhérente à l'avenir est bannie ».

« Les vraies découvertes impliquent une certaine aberration, ou tout du moins des risques et un certain goût de l'imprévisible ».

Avita Ronell dans un entretien paru dans « Marianne » du 13 au 19 juin, page 80-82.

imageAprès avoir lu cet entretien présentant son livre j'ai eu envie de dire « enfin », enfin quelqu'un qui parle des délires du quantificatif, du fascisme statistique, de l'imbécilité de la mise à l'épreuve obligatoire qui nous mène à une société stupide, au bonheur universel mais imposé et contrôlé, l'individu renonçant à tout ou partie de ses libertés. Ce qui est très intéressant avec ce livre et cette philosophe est qu'elle ne se réclame pas d'une idéologie ou d'une autre pour appuyer ses dires, mais s'inspire des travaux de Foucault, Husserl et des livres de Kafka dont on limite souvent l'oeuvre à « la Métamorphose » ou encore au « Procès ». Elle part aussi de personnages de Flaubert comme Homais à la mentalité calculatrice, et Charles Bovary plus intuitif, plus imaginatif.

Selon elle, cette tentation du décompte chiffré de la vie humaine a toujours existé, il conduit chez nous à la marchandisation de chaque chose, y compris le corps et l'âme humaine, à la judiciarisation des rapports sociaux, même quand cela découle d'une bonne intention, et finalement à la négation de l'humanité qui n'est plus qu'un regroupement de mécaniques. Même la science est touchée, car finalement les grandes découvertes ont souvent été effectuées par des personnes qui finissent par contredire des théories considérées comme intouchables ; et dans la réforme actuelle des universités françaises, l'évaluation des résultats des chercheurs est une absurdité totale. L'auteur ne se situe cependant ni à droite ni à gauche, son discours contredit aussi bien la dogmatique des uns ou des autres, et c'est ce qui fait tout son intérêt. On ne quantifie pas l'esprit, le beau, le talent, le génie, la sensibilité, considérés comme superflus. Et pourtant, plus que jamais notre monde en a besoin, et non de discours lénifiants.

innovation-creativite-demarche.jpgLa tendance calculatrice semble victorieuse, mais elle ne fait que soutenir une société en voie de dégénérescence rapide, car seul l'égoïsme y est l'anti-idéal partagé par tous, tout comme l'ignorance et l'inculture triomphantes, qui se doublent également d'un relativisme des goûts, d'une volonté de ne surtout rien hiérarchiser, Chateaubriand voisinant avec Marc Lévy qui lui-même voisine avec Flaubert, Céline étant mis sur le même pied que Houellebecq, tout comme Aragon est perçu comme un romancier valant bien un auteur de « la veillée des chaumières ». Comme nous sommes maintenant constamment à la traine des Etats Unis, où publie Avita Ronell, il faudra nous montrer patient, nous comprendrons sa réflexion d'ici dix ou quinze ans, il sera bien trop tard.

Guide des bonnes manières avec les imbéciles haineux

thumbnail.php?file=N__onazis_549142148.jpg&size=article_mediumJe viens de recevoir un commentaire m'enjoignant de réagir au sujet d'un blog qui serait "néo-nazi", ce qu'il n'est pas, il est "simplement" bêtement judéophobe et politico-délirant, ce qui est bien dommage car il pervertit au passage de belles idées. Certes la bêtise a cela d'affolant qu'il faudrait toujours tout recommencer quant à l'enseignement de l'histoire, ou des religions finalement, car c'est comme un échec, la haine revient toujours comme une mauvaise marée. Après quarante ans de films, de documentaires, beaucoup ne veulent pas en entendre parler, ne veulent rien savoir quant à l'Holocauste, parfois invoqué à tort et à travers, il suffit qu'un taré graffite une croix gammée pour que l'on en parle. Et enfin, un chrétien, un catholique, ou un protestant, ne peut pas être anti-sémite sans contredire sa foi. Sur le blog mentionné, on trouve beaucoup de fantasmes, sur la circoncision en particulier qui apparaît à certains comme une castration, sur les mères juives vues comme dans un sketch de Popeck, sur bien sûr l'argent des juifs, sur leur côté très intellectuel (comme si il n'y avait pas de juifs cons). Bien sûr, le délire inverse, tout aussi extrème, tout aussi stupide, existe aussi, on en trouve des exemples dans les commentaires de ce site, où simplement dire les faits quant à Gaza, ou la colonisation israèlienne, vous fait aussitôt taxer d'anti-sémite quand on ne sort pas que les palestiniens ont émigré en Palestine il y a quatre-vingt dix ans tout au plus, quand on ne soupçonne pas les contempteurs de Kouchner ou Conne-Bendit d'être judéophobes. Il n'a pas à être raciste ou anti-raciste, mais "a-raciste", çà ne doit pas entrer en ligne de compte.

Et de toutes façons, il ne faut pas trop se soucier des imbéciles ou des tarés haineux, car “il faut être économe de son mépris étant donné le grand nombre de nécessiteux” comme le disait Chateaubriand. On ne peut pas dialoguer avec un type, ou une fille, dont les opinions sont marquées par la haine, on n'y arrive pas commeça, il n'y a que la fermeté, ne pas leur permettre l'impunité, ou les ridiculiser car ils sont souvent grotesques que ce soit par leur goût des confréries "saines et viriles" (souvent un signe d'homosexualité latente refoulée) où quelques harpies les rejoignent parfois, ou leur addiction aux uniformes rappelant de mauvais souvenirs totalitaires.

Ò