mercredi, 29 octobre 2014

Clowns terrifiants et « Zombies Pride » – Quand le film de genre rattrape le réel...

Dans le deuxième opus de la trilogie « Batman » de Christopher Nolan, « The Dark Knight » un clown meurtrier, au visage maquillé en blanc, les cheveux peints en vert, les joues barrées d'une atroce cicatrice qui lui sculptent comme un sourire perpétuel sur ses lèvres peintes en rouges, le « Joker », sème le chaos pour le plaisir du chaos dans Gotham City, la mégalopole tentaculaire non lieu ultime de fiction, refuge de tous les travers de notre époque, ce criminel nihiliste ne s'intéressant ni à l'argent ni même au pouvoir, il veut simplement voir tout brûler, toute détruire. Il ne se donne aucune excuse psychologique ou sociologique, racontant des mensonges différents sur ses l'origine de ses cicatrices à chacune de ses victimes.

 

ci-dessous l'excellent Tim Curry en "Grippesou" le clown maléfique de l'adaptation de "çaé de Stephen King (photo la critiquerie)

 société, cinéma, littérature, zombies, amaury watremez

Il sème le chaos sachant bien que les aspirations des individus dans notre société hyper-matérialiste n'ont strictement aucun sens, il ne veut pas donner un sens du tout, il veut juste aller encore plus loin et montrer en passant que la nature humaine est déplorable en elle-même. Bien sûr, comme le spectateur est quand même devant un film hollywoodien, malgré le ton se voulant « sérieux », il est puni à la fin par le héros.

 

C'est un clown nihiliste tout comme le sont les gosses qui se déguisent en clowns tueurs qui commencent à inquiéter les autorités. Ils ne font pas ça pour une idéologie, encore moins pour essayer de démontrer quelque chose sur notre monde, mais par désir du chaos total, ce chaos auquel conduit implacablement tout ce qui se passe dans nos pays dits « avancés » où la disparition des valeurs et des liens entre les personnes n'ayant été remplacée par rien. Ils font ça aussi pour que l'on parle d'eux, pour créer le « beuze » (c'est réussi) et jouir ne fût-ce qu'un moment de la « célébrité express », sans motif, qui est l'aspiration ultime en 2014 et la seule qui leur reste afin de tenter de remplir la vacuité que les adultes et grandes personnes réputées raisonnables leur ont transmis en héritage.

 

Piètre héritage ! Les enfants sages, dociles, soumis au système n'ont plus que des rêves de violence, des cauchemars de destruction en eux.

 

Cela fait longtemps que les clowns sont terrifiants au cinéma, Lon Chaney dans une série B des années 30 avouait s'être fait peur lui-même en se regardant dans le miroir alors que maquillé en clown assassin. Et dans les séries « B » ou « Z » de « Rape and revenge » ou de « vigilantes » des années 70 et 80 il n'était pas rare que les truands, violeurs, serial-killer se déguisent ainsi.

 

Dans sa trilogie des morts-vivants, Georges A. Romero est très clair, les zombies sont l'allégorie des êtres humains modernes, troupeaux hébétés errant dans des centres commerciaux géants en quête de satisfaction immédiate de leurs pulsions les plus primaires. Leur état de zombification ne change pas grand chose au fond à leur ancien état. Il est même à penser qu'il leur convient beaucoup mieux. Le « remake » des années 2000 pour brouteurs de pop-corn et « addicts » de jeux vidéos violents oublie bien entendu presque complètement cette dimension subversive presque car elle subsiste malgré tout par moments. L'individu hyper-consumériste est de plus en plus fasciné par sa propre destruction et celle de l'humanité, il sait bien au fond de lui que cela ne mène qu'au néant et à l'abîme mais il n'en a cure, il y va quand même, en courant. On se demande même si le fait de se déguiser en zombies et de défiler en « marches zombies » n'est pas une manière pour lui de hâter la chute de son espèce. Il n'y a pas besoin de beaucoup de maquillage au fond, il est déjà zombifié, déjà un mort-vivant comme dans le roman « Cellular » de Stephen King qui commence comme un excellent livre de Richard Bachman et finit comme un mauvais ouvrage du King qui y concentre ses pires défauts : le délayage et une certaine forme de sentimentalisme.

 

Le problème avec le chaos, la haine et la destruction, la violence, c'est quand l'être humain fantasme dessus, lorsqu'il en rêve, et se fascine pour dans la fiction, cela finit la plupart du temps par arriver pour de bon car la vie imite l'art le plus souvent. Et quand le chaos finira par s'installer, il n'y aura pas de possibilité d'« avance rapide »...

 

Ci-dessous le "Joker" dans "The Dark Knight"

mardi, 28 octobre 2014

la curée contre Zemmour c'est bon signe

à propos du livre d'Eric Zemmour, « le Suicide français » chez Albin Michel

 

couverture prise sur amazon.fr

 

Zemmour, politique, histoire, France, amaury watremez

Zemmour emmerde les tenants du pouvoir libéral-libertaire, il dérange leurs larbins communautaristes z-et sociétaux de la « Bonne » presse qui jouent à se faire peur avec les le Pen qui ne veulent pas vraiment de toutes façons accéder au pouvoir et qui sont au fond moins dangereux pour eux. Par contre, quand la curée des Trissotins post-modernes, des petits marquis arbitre des élégances sociétales z-et féministes (et je ne parle pas seulement des arrivistes comme mesdames Pellerin et Vallaud-Belkacem qui n'ont que du mépris pour les « sans dents » elles aussi) et des boutures de commissaires politiques se déchaînent contre un auteur, une personne, sans véritablement argumenter d'ailleurs, ne lui opposant que des attaques à la personne et des injures toutes plus abjectes les unes que les autres, c'est bon signe, cela veut dire que son discours est dans le réel, dans le vrai et qu'il attaque là où ça fait mal :

 

l'Union Européenne et ses soi-disant bienfaits, la légende de la mondialisation « heureuse » et les conséquences d'une immigration incontrôlée (sans pour autant stigmatiser ceux qui émigrent qui le font car ils crèvent de faim et subissent des dictatures ignobles dans leurs pays).

 

Zemmour est en tête des ventes avec son livre « le Suicide français » et ça ça les fait encore plus grincer des dents, les moralisateurs, les donneurs de leçons sociétaux, les chroniqueurs politiques qui ont tous leur « rond de serviette » et leur « emploi » comme au théâtre qui s'imaginent tous être proches du peuple alors qu'ils ne risquent pas d'en croiser même chez Denise au « 41 », on y baise « entre soi », où certains ont encore leurs habitudes et autres bonnes maisons. Car chez les contempteurs de Zemmour, ceux qui lui reprochent tant d'être intolérant et j'en passe on pratique l'endogamie quotidiennement, on n'irait pas quand même se mélanger aux « petits blancs » « franchouillards » de cette « France périphérique » évoquée par Christophe Guilluy.

 

Je n'ai jamais d'ailleurs bien compris, si le moindre groupuscule ethnique peut se revendiquer de son identité propre pourquoi par les français dits de souche ?

 

C'est donc également que ses préoccupations rejoignent celles de centaines de milliers de citoyens français qui sentent bien que l'identité de leur pays est soigneusement détricotée depuis quelques décennies déjà par les gouvernements de droite libérale libertaire comme de gauche sociéto-libérale ce qui revient strictement au même, le second ensemble étant peut-être moins soucieux de maintenir les apparences de morale bourgeois que le premier apprécie encore un peu. Et cela emmerde encore plus les moralisateurs petits bourgeois progressistes, ces « bourgeois pédagogues ». Il n'y a que quelques militants UMP libéraux purs et durs pour croire que le PS est encore un parti marxiste.

 

La France est un pays à qui l'on a appris à se détester, à rejeter ces composantes, dans une histoire officielle par exemple où l'on retient de l'histoire de cette nation que les massacres, malheurs, guerres et colonisation atroce, atroce, en admettant à peine qu'en 1789 et en « Soissantuite » ou en 1981 les français sont « passés déjà plus ou moins de l'ombre à la lumière ». Cela ne devient acceptable qu'à partir du moment où le pays devient « divers » et « multicul », alors que ces personnes composant la diversitude ne se reconnaissent jamais, à quelques exceptions, comme français, leur identité étant ailleurs, qu'ils le soient de deuxième ou troisième génération. En bout d'arguments les « suicidaires » dont parlent Zemmour en viennent toujours à rappeler leur « loi du talion » qui veut que nous payions encore les méfaits atroces, atroces l'on vous dit !, de la colonisation nous les enfants et petits enfants des colonisateurs, ces salauds de français qui étaient mus lorsqu'ils sont partis coloniser, rappelons le en passant, par des idées positivistes, laïques et républicaines, ainsi Jules Ferry.

 

Zemmour égratigne au passage quelques lieux communs et clichés sur l'histoire de France dont l'histoire contemporaine et en particulier celle de la Seconde Guerre Mondiale : celui de la bonne blague des français tous résistants, la statue du Commandeur de De Gaulle, celui d'une résistance forcément puissante dés 1940, celui d'un Vichy composé uniquement de salauds : Rappelons là encore qu'à Vichy s'étaient rassemblés surtout des « républicains dits de progrès » dont Laval, qui était radical, donc beaucoup plus à gauche que le PS actuel ; rappelons aussi que les premiers jeunes à résister furent ceux qui étaient encouragés par leurs curés catholiques (tous d'affreux réacs!) à travers les patronages. J'ai du mal à comprendre l'injure là encore abjecte de « collabo » qui a été prononcée envers Zemmour, dont la famille eut à subir la déportation ; quand il en parle, lui il sait ce que cela a causé comme souffrances...

 

Zemmour encourage avec ce livre à ce que les emmerdeurs de petite et moindre envergure que lui continuent à « emmerder » le monde, à donner quelques coups de pieds bien placés dans la fourmilière.

lundi, 27 octobre 2014

Ignorance et indécence au gouvernement

photo de Zahia, Fleur, Manuel, et son orchestre, le figaro.fr

 

politique, société, najat vallaud belkacem, amaury watremez, indécence, ignoranceFleur Pellerin, ministre de la Culture, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation encore un peu Nationale, sont des purs produits des Grandes Écoles et du système, des filles dociles, ayant une capacité conséquente à l'obséquiosité et au cirage de pompes des maîtres. Elles ne sont ni de droite ni de gauche, elles choisissent une « niche » pour faire carrière à la fin de leur scolarité, celle qui leur permettra de se « goinfrer » comme les autres du gâteau, par contre elles ont parfaitement compris qui étaient les vrais maîtres, dont François Pinault le « sponsor » du « plug anal » de la place Vendôme entre autres choses.

 

Elles ont aussi pour elles d'être esthétiquement agréables sur les photos ce qui rajoute un intérêt à en faire des ministres. Elles auraient réjoui Françoise Giroud qui affirmaient que l'égalité entre les sexes serait réalisée quand des femmes incompétentes, et aussi indécentes que les hommes sur leurs prérogatives liées au pouvoir, arriveraient aux charges les plus élevées. Nous y sommes Françoise !

 

Quand à l'indécence, Najat Vallaud-Belkacem a été questionnée samedi soir dans « On n'est pas couché » de Ruquier par Aymeric Caron, ce qui est d'autant plus réjouissant que ce soit par celui dont elle s'attendait plutôt à être caressée dans le sens du poil, sur ses salaires conséquents de conseillère générale, charge qu'elle assure assumer le week-end, sur son siège au Conseil permanent et sur celui qu'elle gagne comme ministre de l’Éducation Nationale soit par mois l'équivalent de six paies annuelles de professeurs.

 

C'est la même qui il y a peu, dans « le téléphone sonne », suggéraient aux enseignants de faire des efforts, des sacrifices sur leurs salaires. C'est la même encore qui en réponse aux demandes de révisions d'affectation de travailleurs handicapés balancés au petit bonheur la chance partout en France (certains perdant plus de cinq-cent euros de salaire) selon une logique purement comptable et administrative n'a que du mépris à leur opposer, de même qu'aux citoyens français ne partageant pas ses points de vue, qui, ainsi qu'elle le dit, « ne l'intéressent pas ». On peut trouver, ami lecteur, un rien étranges ces conceptions du débat démocratique et des combats contre toutes les discriminations.

 

Elle reconnaît d'ailleurs dans la foulée que selon elle l’École de la République est là pour occuper les enfants, et principalement leurs transmettre des valeurs de la « nouvelle civilisation » évoquée par madame Taubira, clairement, et non pour leur transmettre quelque savoir et ou culture que ce soit. On est très loin de la « Common Decency » que beaucoup regrettent à droite comme à gauche, on serait plutôt dans la pire indécence qui soit, morale et institutionnelle, tout comme celle dont fait état le comportement du président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale, monsieur Carrez qui dans n'importe quel autre pays démocratique aurait démissionné depuis belle lurette par simple dignité.

 

Chez nous, non, chez nous il reste en place et peut continuer à jouer les vierges outragées sans problèmes, comme Thomas Thévenoud, Aquilino Morelle, Jérôme Lavrilleux et d'autres...

 

Fleur Pellerin est dans la même conception de la culture, elle assume parfaitement de ne pas lire, prétendant comme la plupart des gens incultes que c'est par manque de temps ainsi qu'elle l'a fait dans l'émission « le supplément » de « Canal plus », on attend le moment où comme les ignares elle sortira la fameuse excuse des ânes : « la culture c'est comme la confiture etc... ». Elle assure ensuite qu'elle adôôre « Harry Potter » en bonne adulescente libérale libertaire qu'elle est. C'est la même, ce qui permet de définir sa conception de la culture éminemment petite bourgeoise, qui compare le dégonflage du « plug anal » de MacCarthy aux autodafés nazis, et c'est la même encore qui pose avec son supérieur hiérarchique, Manuel, et son orchestre, à la FIAC de Paris, cet événement pour privilégiés à prétentions culturelles, et avec Zahia, une pute respectueuse qui a dû avoir quelques « clients » dans ces milieux vu « l'introduction » si j'ose dire, uh, uh, uh, dont elle bénéficie. On a d'ailleurs du mal, ami lecteur, à déterminer lequel des trois est le plus vénal...

 

Vive donc l'égalité des sexes qui permet à l'indécence d'atteindre de tels sommets vertigineux ainsi que l'ignorance...

 

Ci-dessous Najat Vallaud-Belkacem parle de son cumul...

vendredi, 24 octobre 2014

Les petits bonheurs

soyons-heureuses-attendant-bonheur-by-miss-ti-L-1.jpeg

image, graffiti de Miss Tick, prise ici

 

Le bonheur est toujours en 2014 le problème de la plupart des primates s'imaginant être évolués, souvent lamentables, qui errent sur cette planète à la recherche d'un point d'eau pour s'y abreuver encore un peu. La plupart d'entre eux sont convaincus que le bonheur réside dans la possession des objets que les véritables maîtres de cette société leur enjoignent de posséder également pour s'intégrer au monde : un « smartfône » ou n'importe quel autre gadget parfaitement inutile mais « dernière génération » toujours dans la main pour montrer que l'on est à la fois soumis et comme les autres, et en avance d'un achat même ce qui est encore mieux, toute la dignité des possesseurs de ces babioles hautement dispensables étant logé pour iceux dans icelles.

 

Le bonheur libéral libertaire, tel celui du porc aussi, c'est aussi de vivre à fond les trois « B » : Boire, Baiser, Bouffer ; sans se poser de questions. « S'éclater » les jours où il faut s'éclater, une « éclate » docile de bêtes de somme, bouffer de la nourriture que même le suidé cité ci-dessus ne voudrait pas bien qu'il soit réputé se contenter de peu, et baiser en copiant au besoin les « vedettes » du porno que l'on voit abondamment sur Internet dés que l'on est en âge de regarder un écran. On ne peut même pas parler de « sexe » ou « d'amour » à ce sujet, ce n'est que de la baise, de la copulation « hygiénique » pour oublier de réfléchir sur sa soumission et son allégeance à un système vicié n'ayant rien à voir avec le véritable hédonisme, celui-ci permettant d'éloigner la bêtise et la haine.

 

Le véritable bonheur finalement c'est un ensemble de petites choses que l'on s'imagine être immuables de personnes dont on croit qu'elles seront toujours là car nous sommes des enfants gâtés, et c'est généralement lorsqu'on perd ces petits bonheurs, que ces personnes qui nous aiment vraiment s'éloignent que l'on comprend que même si tout n'était pas idéal au moins ces petits bonheurs étaient-ils là, au moins nous aimait-on, fût-ce maladroitement. Je pense particulièrement à toi qui était aimée sincèrement, passionnément, mais qui voulait auparavant vivre tout tes désirs sans contraintes, et qui finit à quarante ans passés, un peu triste, un peu nostalgique, regrettant les occasions perdues, croyant qu'une carrière brillante et une aura de femme tellement libre suffisent à te consoler du reste.

 

Les femmes comme toi finissent généralement avec un salaud cynique et phallocrate qui les mènent à la baguette car elles sont certaines qu'elles ne trouveront pas mieux et s'en contentent, alternent compulsivement les jeunesses vénales, ou se retrouvent dans un bled paumé à rêver de leur passé enfui.

 

Ma génération, la dernière des années 60, la dernière des enfants des illusions des « Trente Glorieuses », illusions valant toujours mieux que le bête prosaïsme des années 2000, a recherché ce bonheur de manière encore brouillonne alors que la plupart d'entre nous a dépassé la quarantaine, nous rêvions à des princes charmants et des princesses et parfois alors que la possibilité d'être heureux était sous nos yeux, même si elle ne correspondait pas à ce que nous en attentions, nous préférions chercher autre chose car nous sommes aussi une génération d'hyper-individualistes un peu narcissiques sur les bords, tellement persuadés qu'ils peuvent jouir aussi inconsciemment que leurs aînés, qui ont gardé les pieds sur terre nonobstant n'oubliant de faire voter les réformes sur les retraites leur assurant une vieillesse point trop inconfortable, et après eux le déluge....

 

 

Le bonheur en couple, croyions nous, se construit chacun de son côté, en rêvant, en fantasmant une relation, en l'idéalisant ou parfois en la noircissant. L'amour perçu de cette manière n'est plus qu'une sorte de masturbation synchrone, y compris intellectuelle, chacun croyant préservant sa liberté en s'aliénant les autres au fur et à mesure qu'ils vieillissent, et un jour se réveillant un petit matin, ils voient dans le miroir un vieil homme ou une vieille femme, seuls et ayant perdu sa vie à s'étourdir dans ce qui n'était que des amourettes sans lendemains, à peine dignes d'adolescents post-pubères en oubliant de construire quoi que ce soit, croyant que c'était cela rester libres.


Le bonheur! par LisaGirls

jeudi, 23 octobre 2014

Mon article dans les cahiers "Marcel Aymé"

Littérature, Marcel Aymé, société, Amaury watremezAmi lecteur, mon article sur Marcel Aymé paru aussi ici à ce lien est dans la livraison annuelle des cahiers Marcel Aymé.

 

J'avais écrit cela aussi sur cet auteur...

 

Littérature, Marcel Aymé, société, Amaury watremezsite de la société des amis de Marcel Aymé

21:39 Publié dans Art de vivre, Article, Livre, Lu et vu sur le Net | Lien permanent | | Tags : littérature, marcel aymé, société, amaury watremez | |  Facebook | |

Les névroses de pauvre petite fille riche de Catherine Cusset

 À propos du livre de Catherine Cusset « Une éducation catholique », chez Gallimard

 

couverture prise sur le site de Babelio.fr

 

littérature, société, politiqueL'être humain est capable du meilleur mais ses instincts sont vils, et il justifie toujours ses instincts en les déguisant de nobles atours, celui d'une révolte esthétique, d'une rébellion de bon aloi qui fait son effet dans les salons des z-élites bourgeoises et petites bourgeoises alors que si quelqu'un laisse libre cours à ses désirs et pulsions c'est le plus souvent par simple envie de le faire, par narcissisme, par besoin de catharsis et rien d'autres. Les enfants de « bonne » famille (ils le croient encore pensant que le matériel dont ils disposent leur donne une légitime ...) cherchent le plus souvent des alibis et dérivatifs dans la psychanalyse ou alors sont persuadés que c'est la faute à la religion qui aurait bridé leurs appétits forcément légitimes puisqu'ils en ont envie, c'est qu'ils le sont...

 

Pour Catherine Cusset, qui raconte son histoire, celle d'une jeune fille très choyée d'un bon milieu, couvée, dorlotée, matériellement parlant et tant qu'elle fait de bonnes études dans les rails, une jeune fille rangée en somme, c'est la faute de la foi catholique de son père qui l'a éduqué dans celle-ci, foi qui la culpabilise, pôvre petite, d'avoir des désirs sexuels envers ses camarades de pension, l'individu moderne, surtout s'il a les moyens déteste se sentir coupable, avoir des responsabilités envers autrui, cela le gène dans son envie de se rouler dans sa bauge morale. En outre, ce cliché des écoles privées non mixtes dans lesquelles les filles préfèrent « aller coller les timbres à la cave » selon l'expression d'argot bien connue ne pourrait même plus servir d'argument pour aligner les scènes de Q qui dans ce livre sont bien fades et sans chair, ce qui est le comble pour une femme se voulant libérée.

 

Elle effleure très superficiellement la question de la foi dans ce livre, la sienne ressemble surtout à un « surmoi » lié à « l'imago » paternel, ainsi que disent les psys, l'obligeant à canaliser ses appétences, et aussi à son complexe d'Electre envers Dieu. La foi permet, normalement, de connaître aussi ses faiblesses, ses limites, par où l'on pèche le plus, ce que sont nos carences, sans pour autant s'y appesantir, mais se savoir faillible et capable de ces instincts bien vils évoqués en début de texte permet justement de les éviter un peu plus. Selon la description qu'elle fait de son père et d'autres catholiques, ceux-ci sont des semi-débiles incultes et immatures, là encore elle confond maturité et « avoir des heures de vol au compteur » comme on le dirait dans Frédéric Dard ou ADG.

 

Et puis c'est tout simplement que l'auteure de ce livre a surtout des névroses de « pauvre petite fille riche » et adulée, gâtée jusqu'à l'aliénation moderne confondue avec la liberté d'esprit, liberté consistant surtout dans son cas à coucher avec des femmes et, ou multiplier les amants de passage sans se fixer sur un homme ou une femme, ce qui impliquerait de la brider dans son consumérisme personnel des amours éphémères.

 

Complaisamment, on ne lui en demandait pourtant pas tant, l'auteure nous raconte également combien ce fut difficile pour elle d'échapper à cette foi qui faisait de l'amour un vrai chemin de Croix à l'entendre. On compatit, pauvre petite soumise à ses appétits, obligée de souffrir pour enfin se laisser aller à la consommation effrénée des choses et des corps (je n'ai pas dit des bêtes) alors qu'elle a envie de « faire des choses » avec sa meilleure copine. Là aussi elle fait une confusion communément répandue faisant de la foi une idéologie consistant à appliquer telle ou telle recette obligatoire, de prendre tel ou tel chemin de vie balisé, et que celle-ci se heurterait forcément au principe de réalité, une idéologie rigide. Rappelons le, la définition de la morale catholique n'est pas du tout celle d'un manuel à suivre mais plus libre que cela, elle est de saint Paul bêtement perçu encore maintenant comme un « Père la pudeur » et un salaud de « matcho » pré-zemmourien :

 

« Tout m'est permis mais tout ne m'est pas profitable ».

 

Il n'y a aucun interdit, c'est juste que certaines attitudes, certains comportements ne favorise pas notre épanouissement intellectuel et spirituel, ne nous permettent pas toujours d'aller vers l'autre, cet autre étant parfois Dieu, ne nous font pas de bien même si cela fait, un court moment, du bien au corps.

 

J'ai souvent rencontré des jeunes femmes comme Catherine Cusset, ami lecteur, je ne veux pas non plus les accabler, ce n'est pas forcément de leur faute : des parents absents, démissionnaires, ou se foutant de leur éducation tant que l'école « marchait », des parents « soissantuitards » attardés plus soucieux de continuer à jouir tant qu'ils le peuvent encore etc...

 

Je ne leur jette pas la pierre, ce qui ne m’empêchera pas de dire que ce livre est hautement dispensable même s'il se vendra peut-être sur la base de réactions courroucées de « cathos réacs de service », c'était d'ailleurs a priori et visiblement le but de l'éditeur.

lundi, 20 octobre 2014

Un Pape plus en phase ? - Les nouvelles mules du Pape, l'excommunication de l'Action Française, un pape enfin en phase…

 Le portrait du Pape vient du site, parp...protestant, "Réforme"

 

Eglise, société, pape François, homosexualité, amaury watremezLe synode des évêques, des cardinaux, des clercs réunis à Rome autour du Pape a sorti un premier texte sur les parents homosexuels et les divorcés remariés qui a fait beaucoup de bruit car enfin, ce n'était pas trop tôt le Pape semblait « en phase » selon la formule de Muray, plus progressiste. En gros, un pape plus progressiste c'est un pape qui paraît d'accord avec tous les errements d'une époque, ou du moins qui y est moins hostile. Les médias, ceux qui les reçoivent, ceux qui assument parfaitement leur allégeance à la société libérale-libertaire ne veulent pas d'un souverain pontife qui remettrait en cause leurs sacro-saintes certitudes et qui les empêcherait de jouir à droite à gauche des biens et des personnes qui les entourent. Il oublient que le Christ lui-même a dit qu'il est « venu apporter le glaive », pas du sirop en bouteilles de cinq litres ni des paroles qui n'impliquent aucun renoncement au confort intellectuel commun.

 

Enfin, les catholiques accueilleraient les homosexuels qui depuis plusieurs siècles c'est de notoriété publique étaient systématiquement brûlés en place publique par les croyants, témoins Michel-Ange, le Caravage ou Raphaël dont nous pouvons encore admirer les œuvres au Vatican, ou à Saint Pierre de Rome, tous des pères de famille bourgeois. Le lecteur avisé que tu as, ami égaré sur ce blog, tu le sais bien, toutes ces œuvres, la « Piéta », le plafond de la Chapelle Sixtine (où les seules personnages habillées sont des femmes) ont été détruites par l'Inquisition, sans parler des livres de Julien Green, systématiquement mis à l'index. Et ces concessions au vent léger de la modernité ne changeront strictement rien à l'hostilité qu'il y a dans le monde occidental envers le catholicisme.

 

Le pape juste avant François, Benoît XVI, et Jean-Paul II l'ont pourtant déjà clairement affirmé sans qu'il n'y ait tout ce tapage : les homosexuels sont accueillis dans l’Église mais bien évidemment en prenant en compte les implications morales engendrées par la Foi de la même manière que pour les hétérosexuels. Chez les bourgeois libéraux-libertaires on veut bien être sympathiques avec le Pape et les catholiques mais on veut aussi pouvoir continuer à jouir comme on l'entend et avec qui on l'entend...

 

Certains catholiques se posent des questions sur le Pape François, en particulier ceux qui ont défilé le 5 Octobre, et aussi aux quatre précédentes « Manif Pour Tous », loin d'être de ces cathos « tradis » « über alles » qu'on leur reproche d'être. Leurs inquiétudes envers la famille, la marchandisation du corps des femmes, en particulier des plus précaires, des enfants, achetés bientôt sur catalogue, tout cela est en définitive clairement nié par le premier texte rendu public par le Synode, le deuxième en ayant atténué certains paragraphes mais le « mal » était fait. Cela rappelle finalement la désastreuse excommunication de l'Action Française où militait de nombreux catholiques qui ne comprirent pas leur condamnation surtout dû à Jacques Maritain qui vouait à Maurras et Léon Daudet une haine tenace, et aussi à Marc Sangnier qui avait « l'oreille » du pape de l'époque, et dont « le Sillon » ne séduisait pas beaucoup de paroissiens malgré son zèle prosélyte et ses bonnes intentions.

 

L’Église s'ouvre donc au sociétal pour plaire à l'élite sociétal-libertaire (enfin élite, c'est ce qu'ils prétendent), suivant le mouvement opéré par la Gauche auparavant, à de rares exceptions, en abandonnant un peu plus les pauvres et les précaires à leur sort. Car bien souvent en France, les grands rassemblements sur-affectifs de « laveurs de vitres » (les charismatiques, cf le geste favori des chachas...) qui font parfois du bien aux jeunes qui y participent, certes, les aumôneries de lycée, les équipes liturgiques de paroisses sont d'abord et avant tout des conservatoires sociaux pour milieux aisés voire très aisés et dans les « communautés nouvelles », l'Emmanuel ou les Béatitudes est pratiqué « l'entrisme » parmi les décideurs. Alors oui de temps en temps on y accueille des pauvres comme des alibis, des prétextes, ou de dans trop rares associations il y a encore quelques bonnes volontés. Mais où sont-ils les pauvres, les petits, les humbles dans l’Église actuelle ? Je veux dire, où sont-ils vraiment dans les pays dits « riches » et « avancés » ?

 

J'ai beau chercher...

 

Je veux bien croire que ce désir de montrer un « Pape en phase » n'est pas le fait du Pape François lui-même, admettons, mais de ses communicants, ces nouvelles « mules » qui travaillent pour le Vatican, mais non pas pour propager l’Évangile mais pour faire un maximum de bénéfices visant pour cela dans la nouvelle politique commerciale en somme les CSP ++ qui ont de quoi « acheter » ce discours plus moderne, « tu vois coco »...

 

Sur ce que l'Eglise pourrait dire encore des riches et des pauvres plutôt que faire du sociétal, merci à l'auteur ayant opportunément rappelé cette citation

Bossuet,  Panégyrique de saint Bernard de Clairvaux: «Cette heure fatale viendra, qui tranchera toutes les espérances trompeuses par une irrévocable sentence ; la vie nous manquera, comme un faux ami, au milieu de nos entreprises. Là tous nos beaux desseins tomberont par terre ; là s’évanouiront toutes nos pensées.  Les riches de la terre, qui, durant cette vie, jouissent de la tromperie d'un songe agréable, et s'imaginent avoir de grands biens, s'éveillant tout a coup dans ce grand jour de l'éternité, seront tout étonnés de se trouver les mains vides…»

samedi, 18 octobre 2014

L'abjecte anodinerie reine d'Internet

Les forums de discussions politiques passionnées ne concernent finalement que très peu d'internautes, on y retrouve d'ailleurs souvent les mêmes intervenants ou le même genre d'intervenants. Ceux de droite sont bien souvent des « sans-dents » précaires exprimant leur colère, parfois maladroitement, ceux de gauche montrent, dans leur majorité, que l'on s'ennuie visiblement beaucoup dans les maisons de retraite conventionnées MGEN (la mutuelle des profs) et que l'on a besoin de se défouler pour cette raison. Quand le lecteur attentif creuse un peu, il s'aperçoit que les opinions qui y sont étalées sont la plupart du temps très superficielles, peu raisonnées servant à donner une image flatteuse de soi, ou celle qui est perçue comme flatteuse par telle ou telle « communauté » de « têtes creuses ».

 

image empruntée là

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Les personnes ayant vraiment des idées issues d'une construction intellectuelle personnelle, argumentée, sont rarissimes. Celles ayant l'ambition de voir à long terme, un peu plus loin que le bout de leur nez, encore plus. Généralement l'argumentaire lambda sur le réseau s'arrête vite et se finit en échange d'injures « décomplexées », d'autant plus violentes que l'interlocuteur est virtuel et que la plupart sont persuadés, se méprenant, que leur anonymat est inviolable sur le Web, insultes également des plus stéréotypées consistant à traiter un intervenant de droite de « facho » par exemple et un de gauche de « bolcho » alors que généralement le premier n'est pas forcément de droite et le deuxième pas exactement de gauche.

 

Ces discussions enflammées, ces diatribes se voulant définitives, ces grandes déclarations grandiloquentes font d'ailleurs bien rire à mon avis les gouvernants et les responsables politiques et économiques car pendant que le peuple se déchire ils continuent à mieux protéger les intérêts matériels de leur petite clique. Et ces échanges ne débouchent bien souvent sur rien dans la vie quotidienne, chacun s'en tenant bien docilement, voire servilement au rôle social qui lui a été assigné, restant sagement dans sa case pour survivre, ne supportant pas que d'autres tentent de se libérer de cet arbitraire par leurs dons, leur engagement personnel, par l'écriture, le dessin, la musique, que sais-je encore ?

 

Des prétentieux pour la grande majorité du troupeau, des empêcheurs de se soumettre comme on l'entend, des indociles vaniteux.

 

Ce qui intéresse en grande majorité l'internaute, ce qu'il retient de l'information, ce sont généralement les pires « anodineries » (conneries anodines) possibles : telle « vedette » de téléréalité a grossi de deux kilos, telle autre a subi de la chirurgie esthétique, tel imbécile décérébré qui présente une émission « d'infotainement » a été surpris à prendre de la « coke » en « boîte » (quelle surprise en effet !), telle présentatrice de Journal Télévisé avait les larmes aux yeux en évoquant un mignon chtit chaton aux yeux tellement émouvants maltraité par son maître sur « facebook », info distillée, reprise et commentée jusqu'à plus soif par les « fécebouquiens », telle bécasse a dit un « gros » mot à la télévision (Q, bite, couilles, con, merde, putain, Attali...) telle journaliste ne portait pas de soutien-gorge à l'antenne et mon dieu ma « bonne dame » c'était choquant, telle stââr s'est fait voler ses photos « intimes » sur son « claoude » (on s'étonne souvent que ça choque car ces stââârs ont souvent montré à l'écran ou ailleurs auparavant abondamment tout ou partie de leur anatomie) etc...

 

 

Je ne sais pas toi ami lecteur, qui incline plus à l'indulgence que moi, mais je suis toujours effaré par le nombre de commentaires sous les pires anodineries, c'est à celui qui balancera le plus de lieux communs, de clichés, de préjugés, et là encore sans aucun complexe, c'est à qui sera le plus conformiste, comme si c'était un concours en somme. Je me suis toujours demandé si ce zèle à se fondre dans la masse ne naît pas de la volonté de montrer à quel point l'on est servile afin de pouvoir continuer à bénéficier encore un petit peu, avant l'abîme, des miettes matérielles que les vrais tenants du pouvoir nous laissent encore, à « hurler avec les loups » pour continuer à survivre en somme comme des rats, ou des bousiers, comme des esclaves affirmant leur joie mauvaise de voir puni à leur place celui ou celle qui ose s'élever contre cela.

vendredi, 17 octobre 2014

Manuel chez les ploucs

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image empruntée au site infoniooz

 

Le gouvernement s'aperçoit qu'il n'est pas vraiment populaire dans la population française, à commencer par cette France « périphérique » évoquée par Christophe Guilluy dont je parlais hier, cette France méprisé, souvent rurale, constituée d'un tissu de petites et moyennes villes éloignées des métropoles de la mondialisation « heureuse » et autres non-lieux, composée de « travailleurs pauvres » et, ou de plus en plus précaires, trop riches pour métier d'être socialement aidés, trop précaires pour s'en tirer, une France méprisée qui vote de plus en plus le Pen pour toutes ces raisons et non par racisme ainsi que feignent de croire la plupart des bourgeois socio-libéraux que ça arrange.

 

Donc, les conseillers en « com » de Manuel, et son orchestre, n'écoutant que leurs intuitions géniales ont conseillé au premier ministre d'aller chez les ploucs manger des spécialités locales, pour faire dans l'authentique, « tu 'ois coco ? ». Manuel, et son orchestre, sont donc allés en montagne chez des agriculteurs montagnards, logique, en Savoie, demandant « quelque chose de simple », « sans nappe » je cite pour faire popu. Ce qui montre leur méconnaissance totale et leur mépris de « ces gens-là ». Car dans le peuple, quand on reçoit on met les petits plats dans les grands, on sort justement les beaux napperons, le beau linge de maison, on s'habille, car on aurait l'impression d'insulter les invités en restant en habits de « tous les jours »....

 

Tu me diras, ami lecteur, ça aussi ça se perd, trop de décervelage, trop de télé-réalité, trop d'Arthur, trop de Cyril Hanouna, trop de de Caunes et consorts à la télévision, entre autres.

 

Manuel, et son orchestre, et ses conseillers « en com », ont juste oublié une petite chose, cela a déjà été fait par Giscard il y a à peu près quarante ans, le premier janvier 1975 qui s'était invité chez une famille de pl...populaire, trois personnes âgées, exactement de la même manière pour renouer le contact avec un électorat avec lequel les politiques avaient déjà perdu le contact. Il renouvellera l'expérience en mangeant avec des familles-types dont celle qui lui servira les fameux œufs brouillés, et se fera prendre en photo avec des éboueurs au petit matin l'histoire ne disant pas s'il a récupéré des trucs, un fauteuil « Voltaire » par exemple (comme celui sur lequel il s'assit lisant en attendant les résultats le soir du deuxième tour en 74 ?), dans le camion benne (anecdotes toutes racontées sous une forme hagiographique dans ce curieux blog faisant l'éloge du septennat Giscard qui fut en quelque sorte le début de la fin).

 

Depuis le temps que d'autres et moi rappellent à Manuel, et son orchestre, et aux autres, qu'il y a en France une profonde coupure entre le « pays légal » et le « pays réel » ! Oui je sais, je suis un vieux maurrassien, l'idée vient de Maurras rappellerais-je, et aussi un sale petit bourgeois réactionnaire et hédoniste (je prévois la fiche de l'éventuel flic de la pensée qui me lit). Le « pays légal » même comprend de moins en moins le pays réel qui ne veut plus de ces z-élites qui ne pensent qu'aux intérêts de la même classe depuis que la populace a cru qu'en prenant la Bastille tous les privilèges avaient été abolis du jour au lendemain, ce qui est visible chaque jour on le voit bien : il n'y a plus aucun pauvre dehors en France. On me dira, même une bonne partie des catholiques ont oublié l'accueil des plus faibles, des « petits ». Il n'y a pas si longtemps, dans les familles chrétiennes on laissait certains soirs au moins une place pour quelqu'un qui aurait eu faim dehors, et au minimum on y pensait, on priait pour lui, pour elle.

 

Manuel, et son orchestre, n'ont pas l'air de comprendre que cela ne changera strictement rien à la colère qui monte ces « coups » de « com », alors que des ouvriers sont licenciés de manière inhumaine encore aujourd'hui, et c'est ainsi qu'Allah est grand.

 

Imaginer la scène, Manuel, et son orchestre, à table à la montagne m'a irrésistiblement rappelé la scène ci-dessous...


Les Bronzés mangent à la montagne par tootoo49

jeudi, 16 octobre 2014

La France méprisée – à propos de « la France périphérique » de Christophe Guilly

chez Flammarion, sorti en septembre 2014 (couverture empruntée à lepoint.fr)

 

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Décrivant la petite ville où l'absurdité de l'administration m'a conduit depuis septembre, une de ces villes où il n'y a personne dans les rues passé dix-sept heures excepté les poivrots locaux ou des bandes éparses de « punks à chiens », où les jeunes s'ennuient, un ami a évoqué ce livre que je me suis empressé de lire.

 

L'auteur est géographe, il est également celui de « l'Atlas des nouvelles fractures sociales en France » avec Christophe Noyé, ouvrage indispensable pour comprendre ce que devient notre pays, l'abîme dans lequel il risque de tomber. Finalement, et bien que Guilluy soit plutôt apparemment de gauche, son propos rejoint celui de Zemmour quant au suicide du pays. Il dresse dans ce livre qui sera perçu comme très polémique et qui est éminemment politique le tableau d'une France presque irrémédiablement cassée en deux :

 

La France des CSP ++ et des « rurbains » qui habitent et, ou travaillent dans de grandes métropoles régionales ou nationales, celle où l'on trouve les « bobos », des bourgeois libéraux libertaires ou sociéto-libéraux, ce qui revient au même, voisinant avec les immigrés qui sont « leurs pauvres » et les milieux « issus de la diversité » selon la formule hypocrite à la mode, et la France de ce qui reste de la classe moyenne, la France des petites gens, souvent rurale, méprisée par les élites, c'est elles qui se nomment ainsi, et le pouvoir, celle des petites et moyennes villes qui ont fini après cinquante ans de détricotage systématique de la Nation et des liens traditionnels par perdre presque totalement leur identité, et leur dynamisme.

Cette France périphérique est celle d'une précarité sociale sans cesse accrue, une précarité matérielle mais aussi culturelle et intellectuelle, les éducateurs n'y faisant plus leur travail et encore moins les politiques, sans parler des églises, dont la catholique qui l'a laissé tomber également. Les français qui y vivent sont considérés comme trop riches pour bénéficier des aides sociales et sont trop pauvres pour arriver à se sortir du marasme économique. C'est un cercle vicieux qui implique un chômage endémique dont personne ne s'inquiète, une sous-éducation n'étant le souci de qui que ce soit, et la cause principale du vote Front National, vote qui n'a rien à voir à la base avec un vote protestataire ou un vote raciste. Les français ne sont pas racistes, ils demandent juste pour ceux de la zone périphérique l'équité sociale, et les mêmes aides que des primo-arrivants...

 

Nos élites autoproclamées vivant dans la France privilégiée ont tendance à considérer que les pauvres ce sont surtout les populations immigrées ou français de deuxième ou troisième génération qu'ils côtoient, qu'ils n'aident pas beaucoup plus se contentant de les faire bénéficier des minima sociaux sans éducation à la citoyenneté et aux valeurs républicaines. Bien sûr, elles ont du mal à considérer qu'elles bénéficient de privilèges exorbitants les considérant comme légitimes, et rajoutant aux prétentions matérielles de leurs ancêtres du XIXème siècle des prétentions sociales et culturelles (voir l'essai de Domecq et Naulleau sur la culture en France). La plupart auront d'ailleurs le culot ou la bêtise de dire qu'être bourgeois c'est surtout un sentiment, qu'ils ne ressentent pas, et non une situation objective...

 

Les dirigeants, et les oligarques, n'ont plus le souci de l'intégration économique des plus faibles socialement de leurs compatriotes, se donnant bonne conscience en favorisant plutôt les « minorités », les « communautés », ce qui leur permet de se donner d'eux-mêmes une image flatteuse. Ils n'ont toujours pas compris que cette cassure favorise le vote FN, cela ne correspond pas à leurs schémas, pour eux, ce vote est le fait de nostalgiques de Vichy et du fascisme, de skins bas du front et autres groupuscules le plus souvent infiltrés à 50 % par la BCRI (un militant, un indic...etc). La colère gronde pourtant dans ce pays abandonné à son sort, et bientôt il sera trop tard. Etre pauvre ou précaire ce n'est pas forcément faire partie d'une communauté visible...

mercredi, 15 octobre 2014

Vers la déesse...

Pier Paolo Pasolini – « la longue route de sable » Arléa éditions

littérature, voyage, société, pasolini, cinéma, amaury watremezJe suis, le rappellerais-je, un sale petit bourgeois réactionnaire hédoniste, mais aussi étrange que celui puisse paraître mes écrivains préférés ont tous eu pour la plupart une conduite que la morale réprouve, ce qui en plus ne me choque absolument pas, surtout lorsque l'on parle littérature : j'aime entre autres Oscar Wilde, un homosexuel flamboyant, Proust un inverti notoire, Capote, une grande folle tordue, et un écrivain au destin tragique, Colette qui a eu des aventures féminines, et Pasolini, auteur du film chrétien le plus réussi qui ait été tourné, selon l’Évangile selon Saint Mathieu lu un soir qu'il s'arrêta seul dans une auberge perdue d'Ombrie alors qu'il tournait avec la Callas.

 

En 1959, Pasolini, descendant dans une voiture « familiale » de l'époque, de Vintimille à Trieste en suivant la côte Adriatique, a commencé à emprunter la longue route de sable dont il est question dans ce livre très court, elle a abouti pour lui en 1975 à Ostie, endroit qu'il adulait, où il a été assassiné certainement par un amant malheureux. Il est de ces individus auto-destructeurs qui le savent mais qui veulent tout vivre, tout ressentir, tout aimer et dévorer littéralement en ogres de l'existence qu'ils sont. Il est de ceux qui sont pour ces raisons un peu trop doués pour le tragique et qui y vont en toute lucidité ne sachant pas comment s'y prendre pour être heureux, ayant peur que le bonheur soit ennuyeux au fond.

 

Cela n'empêche pas Pasolini d'être aussi un écrivain solaire, lumineux. Il s'étonne lui-même, lui qui aime la ville, sa poésie, le béton, de s'émouvoir devant autant de beautés sous ses yeux, des longues plages de sable blanc, comme de l'argent sous le soleil de plomb, paysages parfois gâchés par le fléau du tourisme moderne, hygiéniste, se voulant sain, un rêve de lotophage. Sur la longue route de sable il est toujours midi, le temps s'arrête et au loin les âmes capables de poésie croient voir Circé qui les invitent à la rejoindre sur son île en nageant simplement dans les eaux faussement calmes de la Méditerranée, sur les rives de laquelle sont nées nos civilisations. J'aime cette idée émise par un poète de ma connaissance que lorsque l'on meurt l'on va à travers les flots de cette mer à la seule force de nos bras rejoindre la déesse au loin, elle aussi appelant, ses appels étant un peu plus clairs chaque jour qui passe même si l'on s'étourdit d'amours, de colères, de joie ; que l'on fait mine de ne rien prendre au sérieux.

 

En chemin, l'auteur rencontre des célébrités, des anonymes qu'il regarde avec une égale bienveillance, sans pour autant sombrer dans la guimauve. Il croise Visconti dans un hôtel de luxe à Ischia. Il évoque les différences entre les italiens du Nord et le Sud, ainsi que leurs préjugés les uns sur les autres. Il regarde les visages en peintre et le lecteur par la magie de son verbe croit les voir et les reconnaître. Il prend en stop des jeunes filles sages qui vont danser. Il parle des jeunes hommes qui s'ennuient le soir même si le temps est à la douceur ne sachant pas trop comment plaire aux filles, se croyant sûrs d'eux de par leurs rodomontades alors qu'ils sont empruntés et immatures, à la fois ridicules, pathétiques et émouvants à une époque qui était encore très innocente, à la croisée des chemins.

 

Il se moque aussi avec délectation des clichés infantiles que les étrangers ont sur l'Italie, de ces allemandes chargées de piéger de jeunes dragueurs italiens dans la posture de « papagalli » à Venise. Il revoit les palais, les restaurants « sélect », les palaces chargés d'or et de décorations, les artistes que l'on y croise, encore capables de sensibilité mais moins que leurs ascendants, ce que Thomas Mann évoque également dans les « Buddenbrock ». Il n'est pas dupe non plus de ce qu'il y a caché derrière la splendeur de ce qu'il contemple, de la décadence que cela cache, une décadence morale, abjecte, et aussi culturelle, intellectuelle, artistique due à l'abjecte appétence que l'on intime aux individus de consommer biens et choses, et de considérer que la possession de babioles parfaitement inutiles leur donne de la dignité.

 

 

Lorsque le voyage de Pasolini prend fin à Lazzaretto, l'ultime plage italienne, il n'y a que des vacanciers, et un orage qui gronde au loin, finissant par tonner au dessus de l'écrivain qui se retrouve seul à contempler les éclairs et la pluie diluvienne.

photo, site de l'éditeur


Sur le Sable (Les Monstres) - Dino Risi par ESTETTE

lundi, 13 octobre 2014

5ème Avenue, 5 heures du matin, une femme en "petite robe noire" devant Tiffany

 « 5ème Avenue, 5 heures du matin » Sam Wasson collection « Points » éditions du Seuil

 
image de la couverture empruntée sur Amazon.fr

 

cinéma, Truman capote, amaury watremez, littératureLa mise en œuvre de certains films, ceux que la postérité retient de par leur génie, s'apparente souvent à un véritable roman. Ce livre, également une enquête passionnante sur la création d'un objet artistique, raconte celui de l'adaptation de « Petit Déjeuner chez Tiffany » de Truman Capote, à l'ambiance très différente de celle du livre, plus désenchanté, plus triste, œuvre de Blake Edwards devenue véritablement originale et un des rôles les plus marquants d'Audrey Hepburn avec celui de « Vacances à deux », réalisation talentueuse malgré la fin heureuse imposée. A l'aube des années 60 elle y incarne une figure de femme libre très différente des rôles jusque là dévolues aux actrices, une excentrique allant en taxi jusque chez Tiffany les petits matins de déprime, en « petite robe noire » Givenchy, le noir étant en ces temps là réservé aux veuves et aux péripatéticiennes, un croissant à la main, pour retrouver le sourir : jusqu'à ce film la séductrice devait se « ranger » des voitures, ou épouser le héros, et être repentante, ou se faire tuer si elle ne regrettait pas sa mauvaise conduite, comme Gloria Grahame dans « City Heat » de Fritz Lang.

 

Sam Wasson part de l’œuvre de Truman Capote, de « son » Holly Golightly, dont malgré les aspects sordides de son existence il est difficile de ne pas tomber amoureux à la lecture du court roman salué par Norman Mailer, provient de plusieurs des amies de Capote, et de sa mère, qui était une « demie mondaine » de haut vol : « Babe » Paley en particulier qui avait le même passé que Holly, et qui s'était marié avec un homme riche, Capote perdra son amitié en racontant une anecdote qui salissait son époux croyant la venger d'un mariage qu'elle lui confiait comme tragique dans « Prières exaucées », et prononcera son prénom en mourant, Oona O'Neil la jeune femme de Chaplin, et surtout une jeune allemande ou suisse allemande que l'écrivain rencontra lors de son arrivée à New York en 1943 et qu'il n'oublia jamais.

 

Wasson n'hésite pas à égratigner la figure de l'auteur en évoquant sa légère mythomanie et la conscience très haute qu'il avait de son talent, qui vend les droits de son livre sans trop se préoccuper du destin cinématographique d'icelui, se voyant ainsi que le rapporte le futur producteur du long métrage incarnant le personnage principal, Marilyn étant censée jouer Holly, ce qui n'était pas une mauvaise idée soit dit en passant, la comédienne ayant un « timing » comique plus intéressant que celui de Audrey Hepburn, et ayant vécu le genre de « galère » que traverse le personnage, ayant été obligé d'aller « se repoudrer le nez » aux toilettes bien souvent avant que d'être célèbre et d'obtenir des rôles à sa mesure.

 

Ensuite est racontée toute la production du film, depuis le script jusqu'au montage, au choix de la star masculine, Georges Peppard, pas très bon dans le rôle, décrivant au passage les combats menés contre la censure de l'époque, réticente à l'idée que soit montrée au cinéma une fille légère qui n'est pas punie pour sa « légèreté ». Ce n'est pas que les censeurs actuels soient moins pudibonds, leur hypocrisie est juste différente ; selon moins ami lecteur ils le sont encore plus qu'avant. Un premier scénariste, un romancier « sérieux » que l'on espère malléable et docile, est choisi, pour que finalement Blake Edwards et les producteurs en viennent à un auteur plus libre, mais au caractère plus trempé, moins conformiste, Georges Axelrod, qui travaillera aussi avec Billy Wilder et John Frankenheimer pour « Un crime dans la tête ». Et la génèse d'une des scènes de fête les plus réussies du cinéma, avec celle de « La Party » du même Blake Edwards qui utilise pendant 13 minutes les procédés de « slapstick » et de « slowburn gag » des maîtres de la comédie qu'étaient pour lui Leo McCarey et Mack Sennet.

 

Enfin, est racontée dans cet ouvrage la naissance de la plus belle chanson de cinéma, chantée par Hepburn, récurrente instrumentalement de tout le long métrage, « Moon River » d'Henry Mancini et Johnny Mercer, spécialement écrite pour la tessiture peu étendue de l'actrice qui apprit pour l'occasion à jouer de la guitare, chanson que l'on envie de réécouter plusieurs fois une fois le livre refermé, et revoir au moins la première scène de l'adaptation du meilleur roman de Truman Capote....

 

...Et rêver à Holly Golightly.

 

dimanche, 12 octobre 2014

Après Zola déboulonné Voltaire déshabillé

voltaire-nu.jpgAprès Zola, icône de la littérature n'engagée, et Sartre avec Beauvoir, je m'attaque à une autre grande figure inattaquable selon les arbitres des élégances culturelles, un auteur qui fut pourtant un précurseur des z-intellectuels modernes par bien des points.

 

A ce lien sur Mauvaise Nouvelle

vendredi, 10 octobre 2014

Modiano -toujours- comme dans un dessin de Pierre le Tan

littérature, patrick modiano, amaury watremez, société, époque, nostalgieillustration par l'auteur de l'article

 

J'ai parlé de Pierre le Tan, illustrateur des couvertures « Folio » des romans de l'auteur maintenant « nobélisé », en espérant qu'il n'ait pas été « chaptalisé » par ce prix. Pierre le Tan était un parfait complément de l'écriture de l'écrivain, ses dessins reflétant parfaitement l'atmosphère des livres de Modiano, leur âme. Oser parler d'âme à notre époque est une sorte de provocation, j'en ai conscience, mais je n'ai pas peur, et tant pis pour les cuistres qui croiront y déceler quelque chose d'inavouable. Que Modiano ait reçu le prix Nobel de Littérature est une heureuse surprise, un pied de nez moral de ces messieurs aux convenances littéraires, de celles qui couronnent un auteur qui défend des « causes » importantes, qui ne fait pas, lui, de littérature.

 

Tu ne m'en voudras pas fidèle lecteur, je crois que j'ai déjà employé ce titre, mais je ne fais pas de recyclage, je suis un citoyen soucieux de développement durable. Ce texte d'ailleurs consomme très peu d'équivalent carbone. Je connais Modiano depuis l'enfance, ma mère le lisait toujours avec attention dans le train de banlieue que nous prenions régulièrement, et lorsque l'on le voyait à la télévision, ce qui arrivait souvent dans les années 70 et 80, il nous était intimé nous ses enfants d'être attentifs à cet homme dont les mots se bousculaient un peu mais ce qu'il disait finalement dépassait toujours la cime des immeubles des grands boulevards. Modiano était un peu de la famille, il est né dans le IXème arrondissement comme ma mère, ainsi que d'autres auteurs, Marcel Aymé par exemple, l'auteur de « Clérambard » étant un genre de grand oncle, de fantôme familier, avec Antoine Blondin et d'autres.

 

Je ne sais pas si tu as remarqué ami lecteur mais les écrivains de talent sont tous pour la plupart des infatigables piétons de Paris, en plus d'être marqués par leur enfance et les blessures qu'ils ont vécues lors de cette période. Patrick Modiano est de ceux-là, ainsi que Bernard Frank ou Marcel Aymé, et d'autres. Alors, certes, il écrit toujours le même livre, où il cherche son père, ou un père, mais l'on aime sa petite musique, sa manière bien à lui de s'exprimer. Quand le Nobel de Littérature avait couronné Le Clézio, cet auteur pour jeunes filles de gauches romanesques, cela ne m'avait pas surpris, Le Clézio est un écrivain pour cours d'éducation civique, sur la diversité et la richesse des cultures exotiques, excepté son remarquable texte sur le désert. Modiano a des soucis de petit bourgeois hédoniste réactionnaire, pour reprendre la formule « ad hoc », il aime la beauté des avenues bourgeoises, des immeubles en pierre de taille et de leurs cariatides toujours silencieuses sous le ciel parfois un peu gris.

 

Notre époque préfère les cieux toujours bleus, ripolinés, des cieux couleur piscine comme dans une publicité pour détergent ou un film crétin censé faire rêver le brouteur de « pop-corn » (TM°). Les « modernes » se font des villes et de la ville un peu plus ville que les autres qu'est Paris, la même idée que les inspirateurs de la « Révolution Nationale » de Vichy, la ville est corruptrice pour les purs esprits et les petits garçons bien élevés par leur maman, dans la nature l'homme est meilleur, sa nature est moins vile alors que les Tropiques aussi peuvent être bien tristes également. Exposer sans honte son amour de Paris, de ses artères, de sa vie nocturne, de sa population c'est encore maintenant risquer l'excommunication immédiate, l'anathème sans autre forme de procès, l'on se doit de ne louer que l'état de nature, le vert, le naturel, la ville ne pouvant être qu'artificielle. Les « modernes » ne peuvent donc comprendre Modiano et ses personnages qui aiment à se perdre « rue des boutiques obscures » ou feuilleter des heures durant des livres dans des librairies ouvertes toute la nuit ainsi qu'il l'évoque dans « dans le café de la jeunesse perdue ».

 

 

Adulte, j'ai un peu perdu de vue Modiano quelques temps, comme on perd de vue quand on mûrit un oncle que l'on chérissait pendant son enfance. Sans doute n'étais-je pas assez mût pour goûter ses errances et celles de ses créations de papier dans les rues parisiennes. Je l'ai redécouvert quand il a écrit son livre sur Maurice Sachs, son « père » fantasmé, ce type complexe, homosexuel futile et fêtard, auteur de faux journaux des « années folles » (« Au temps du bœuf sur le toit » a longtemps été pris pour une autobiographie ce qu'il n'est pas), écrivain dilettante néanmoins brillant et au style ciselé, mari d'une épouse trop riche, trafiquant louche avec les nazis qui finiront par l'assassiner après l'avoir martyrisé au sens strict du terme. Sachs rappelle si on l'avait oublié que l'être humain n'a l'âme ni noire ni blanche, on y perçoit plutôt une infinité de nuances de gris (et je ne fais pas allusion ici à « l'histoire d'O » « light » pour ménagères dépressives qui vient de remporter un succès de librairie énorme, hélas...). Je me suis alors replongé dans les courts romans de Modiano, il m'est apparu comme un proche, un de ceux que l'on peut ne pas voir pendant des années et retrouver un jour en ayant l'impression de s'être quittés la veille, de ceux avec qui l'on s'est fâchés « pour la vie » et à qui l'on a juste envie de faire l'accolade lorsqu'on les revoit.

jeudi, 09 octobre 2014

Je suis un sale petit bourgeois hédoniste et réactionnaire

...Et je n'ai même pas honte te dirais-je ami lecteur, mon semblable mon frère en matière d'introduction liminaire, introdulittérature, écriture, société, amaury watremezction liminaire étant avouons le un pléonasme c'est vrai. Étant un réactionnaire sans remords, un « anar de droite » indécrottable et sans regrets, j'ai encore quelques restes sur le langage et la syntaxe et ce malgré quelques mirifiques réformes de l'enseignement des Lettres et de l'ortograffe (oretografe ? ortografent?) qui ont commencé dans mon enfance. Je suis de droite, amoureux de l'art de vivre de mon pays, de son histoire, de sa littérature.

 

Salauds de pauvres !

 

Ces jours-ci je l'avoue je ne suis pas trop dans mon assiette, j'ai réalisé combien j'étais un mauvais citoyen peu responsable et si peu civique qui râle, récrimine et revendique sans répit sur ses droits alors qu'il y a des chtits n'enfants n'africains qui meurent de l'Ebola alors qu'il n'est en plus qu'un représentant de tous ces pays d'hommes blancs qui ont fait vivre aux peuples africains et asiatiques l'esclavage et la colonisation ce qui implique qu'ils méritent la loi du talion hygiéniquement pensante. Il est bien connu que seuls ses semblables ont des instincts vils, tu sais bien ami lecteur qu'il n'y a pas de races, pas d'ethnies, mais une seule humanité même si dans celle-ci il y a des êtres humains plus égaux que d'autres, certains étant condamnés à l’auto-flagellation éternelle.

 

Les français, selon « l'Express » ne font pas assez d'efforts pour les réformes indispensables et obligatoires contre la Crise sinon ce sera des pleurs et des grincements de dents partout dans le pays, enfin une crise, c'est juste que le pouvoir financier est en train de changer de mains et de passer de l'Occident à l'Asie. Un ancien président en fauteuil Voltaire nous l'a pourtant dit, il faut absolument arriver à l'unité politique de l'Europe, abolir enfin les nations, ces vieux trucs du passé, poussiéreux et qui freine l'avènement de l'humanité nouvelle où les individus seront dieu merci neutres et ne se laissant pas aller à de bêtes pulsions individualistes au nom de la Liberté comme d'aucuns, comme moi (« Mea Culpa, mea maxima culpa... ») et quelques autres.

 

Les français sont des ingrats, des enfants gâtés qui ne connaissent pas leur bonheur, de sales petits bourgeois hédonistes et certainement réactionnaires, comme moi je l'avoue bien volontiers qui rêve d'une douceur de vivre qui n'est plus à l'ordre du jour enfin soyons sérieux s'il vous plaît je vous en prie. Heureusement que des gouvernements de gôche réalisent enfin les rêves humides des monétaristes et autres séides de la Finance mondiale qui songent surtout à leurs intérêts.

 

Les français se rêvent encore comme un grand peuple avec une histoire inoubliable, un peuple avec une culture brillante, un art de vivre incomparable, une identité que paradoxalement ces beaux esprits et petits marquis actuels dédaignent et méprisent, considèrent comme « franchouillards » et « ploucs », rêvant d'exotisme et aussi d'Amérique, les bobos parisiens, ces péquenots montés en graine qui singent ce qu'ils croient être l'élégance, qui se verraient plus à New York finalement que dans la ville célébrée par Modiano dans la plupart de ses livres, prix Nobel de littérature qui me plaît plus que celui accordé à Le Clézio, cet auteur pour jeunes filles de gauche rêveuses et bien élevées.

 

La diversité, les communautés bariolées dans chaque quartier, les mafieux russes et les émirs pétroliers et théocrates à Manhattan comme aux Champs Elysées, les mafieux russes à Brooklyn comme sur les Champs aussi, les escrocs de la finance à Wall Street et les putes de haut vol un peu partout, il faut bien qu'elles vivent confortablement ses braves femmes, toussa, toussa et le reste, ce sont les vacances « Nouvelles Frontières » tous les jours sans avoir besoin de poser des « erretété ».

 

Et c'est ainsi qu'ils vont tous vers l'abîme...

mercredi, 08 octobre 2014

Chroniques culinaires - « Encore des nouilles » Pierre Desproges aux éditions « les échappés »

Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremezCertains de ces textes ont été utilisés par Desproges pour « Cyclopède » ou les « Chroniques de la Haine Ordinaire », ou encore les réquisitoires des « Flagrants Délires », d'autres sont totalement inédits. Ils ont été rédigés pour la revue « Cuisine et vins de France ». Rien que le fait d'écrire sur la cuisine à notre époque sans moraliser le lecteur, déplorer ceci ou cela, se contenter de dire combien le plaisir de manger et boire de bonnes choses avec ceux que l'on aime est grand. Desproges se foutait complètement de manger « équitable » ou « bio », de manger hygiénique, il aimait les bons produits, cela suffit. Il n'intellectualise pas sur le sujet comme il est d'usage même si bien sûr le plus important lorsqu'on boit par exemple un Cognac ou un excellent Bourgogne c'est aussi ce que l'on en dit après...

 

Les imbéciles n'aiment pas -bien- manger, ils n'aiment pas le bon vin, ils confondent les plaisirs de la table avec la goinfrerie et assimilent ceux du vin à de l'ivrognerie on ne se méfiera jamais assez des buveurs d'eau, ils ont du mal à apprécier les joies et les plaisirs que la vie peut leur donner. Et ils voudraient que le monde entier autour d'eux soient aussi purotins, aussi incapables de simplement apprécier la beauté des choses et des êtres, leurs parfums, leurs saveurs. Ces sots obtiennent parfois ce qu'ils veulent hélas...

 

...Ils n'ont même pas l'excuse d'être d'anciens parpaillots.

 

Une des meilleurs séquences du « Petit Rapporteur » est celle où il va faire ses courses au marché de la rue Lepic, un dimanche, en alexandrins déclamés gentiment par les commerçants dont le célèbre Peppone, marchand de quatre saisons et bien entendu on se souvient de la bataille de boudin blanc avec Prévost vue et revue dans les émissions de zapping.

 

« Un cassoulet sans vin rouge, c'est aussi consternant et incongru qu'un curé sans latin. » écrit Desproges dans ce livre qui aimait la gastronomie en particulier, la bouffe en général et le bon vin aussi. Le livre porte ce titre car lorsqu'il emmenait ses filles à venir au restaurant avec sa femme, celles-ci demandaient gentiment et très poliment aux restaurateurs raffinés chez qui « l'écriveur » les emmenait de pouvoir avoir un plat de nouilles si rien ne leur convenait sur la carte. Plus tard, lorsqu'elles devaient aller au restaurant avec leurs parents, leur première réaction était :

 

« Encore des nouilles ! ».

 

Desproges raconte principalement des repas, son plaisir à les partager avec des amis et sa famille. Il évoque les consternants restaurants à la mode où le champagne peut être vert et ressembler au produit vaisselle à récurer les casseroles. Il décrit son plaisir à bâfrer comme un barbare des mets peu élégants pour se réjouir le ventre. Il raconte la bouleversante histoire de l'inventeur du pain à saucer qui devrait être enseignée dans toutes les écoles. Et même il nous donne des fragments de sa vie amoureuse lorsqu'il narre sa passion pour une femme merveilleuse qui aime goûter les chairs tendres de viandes savoureuses, les desserts délicats de refuges gastronomiques qu'il connaissait, jusqu'à que cette conne mette de l'eau dans un cru rare, un « Figeac » d'une très bonne année, ce qui est, avouons le scandaleux et impardonnable.

Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremez

En passant il rappelle que bien manger et apprécier les plaisirs de la bonne chère, ou du bon vin, indique généralement que l'on a des prédispositions de bon niveau pour les choses de l'amour. Desproges conseille même de faire l'amour à table et manger au lit ce qui est beaucoup plus simple il est vrai.

 

Enfin, en bon cuisinier qu'il était, il propose quelques recettes, des recettes disons difficiles comme « le cheval Melba », en cas d'impossibilité de trouver un cheval on peut le faire avec un chihuahua, la « Marie croquette », et sa manière particulière d’accommoder sa fille aînée, plat unique entre tous, des recettes plus accessibles comme le « pâté à la desprogienne » qui semble savoureux bien que consistant (on met dedans deux paquets de beurre quand même).

 

 

Ami lecteur, si tu es un hygiéniste de la bouffe passe ton chemin ce livre n'est pas pour toi et va manger tes cinq fruits et légumes quotidiens.

 

Image et couverture prises sur le site du "Huffington Post"

Un précaire peut-il être de droite ?

Dédié à Pierre Chaboche, mon aimable correspondant de "Touitteure"

 

Sur la photo on le voit j'essaie de donner des gages de bonne volonté...

 

politique, société, privilèges, amaury watremezHier soir sur « Touitteur », sur le fil de l'émission « le Téléphone sonne », j'ai eu un échange intéressant avec un prof de gauche (pléonasme ? Pas toujours). Pour lui, un type, une femme, de droite était forcément un suppôt du MEDEF et de Pierre Gattaz, le bossu du libéralisme. Et forcément, être de droite impliquait d'être riche à millions et non précaire vivant en foyer à 1000 kilomètres de chez soi. Bien entendu, il m'a accusé ensuite de ne parler que d'argent, la chose n'étant pas très importante selon lui quand on fait un métier nécessitant une vocation comme celui d'enseignant.

 

En concluant ainsi qu'il le disait lui-même qu'il se fichait d'être payé ou pas, je lui proposais donc de partager son salaire en plusieurs parts avec les nécessiteux et ses confrères et consœurs précaires mais curieusement il refusa arguant qu'il redistribuait déjà par les impôts et puis « on ne peut pas être partout n'est-ce pas ? ». Par contre il nous conseilla d'écrire à la ministre de l’Éducation pour solliciter sa pitié en gros comme le faisait les paysans auparavant sous l'Ancien Régime pour demander la clémence du Roy ou de leur « bon mait' » quand un impôt leur semblait trop lourd ou une situation trop difficile.

 

Mais il ne me semblait pas qu'entre-deux ait eu lieu une Révolution qui avait abattu tous les privilèges une certaine nuit du 4 Août ainsi que ce genre de rapport entre les « petits » et les « puissants » ? Combien étrange !

 

Quand je lui rappelai que le délit d'opinion n'existe pas en France, il me rappela que la connerie non plus, car pour lui comme pour ses semblables être de droite c'est être un imbécile. Ce n'est pas possible autrement, moi qui n'ai voté pourtant ni le Pen ni Sarkozy aux dernières présidentielles, ni Hollande d'ailleurs...

 

Ainsi sont les bourgeois de « gôche », libéraux-libertaires, donneurs de leçons de morale, non seulement ils sont objectivement matériellement privilégiés mais en plus ils se donnent un rôle de guides du peuple, cet ingrat, qui parfois même s'en fout réclamant de simplement pouvoir vivre décemment. Ils rajoutent à leurs prétentions matérielles des prétentions politiques, très dogmatiques, ou le sociétal remplace le social, car « on ne peut pas être partout » n'est-ce pas ?

 

Et puis le sociétal ça ne « mange pas de pain », ça n'engage pas à grand-chose quant à une redistribution réellement équitable et ça fait plaisir aux copains, aux copines homos que l'on se doit d'avoir sous la main quand on est un sociétal-libéral de bonne facture pour montrer que l'on est super-modernes, super-tolérants. Bien entendu, quand l'on a soi-même un fils ou une fille qui veut faire son « coming out » c'est tout autre chose. Je pense que tous les jeunes homosexuels qui se retrouvent à la rue dans Paris ou ailleurs, obligés parfois de se prostituer pour survivre, ne viennent pas tous d'atroces-abominables familles catholiques « tradis » ?

 

Un précaire ne peut pas être de droite, ou alors s'il est de droite, il n'a pas le droit de se plaindre. Un précaire se doit de suivre en tout le bourgeois « de gôche », de ne pas regimber à son autorité morale, de voter comme lui. Il est préférable il est vrai pour ces bourgeois « de gôche » qu'un précaire soit « issu de la diversité » (TM°) selon l'expression très hypocrite en vigueur pour être considéré, croire en une foi religieuse de pays lointains, et en plus cela aura le mérite de mettre en valeur la vanité des bourgeois libéraux libertaires avec une petite touche d'exotisme qui prouvera combien il est ouvert au monde. Et au fond, comme ses ancêtres positivistes il a « ses pauvres »...

 

 

Le bourgeois de « gôche » est un genre de dame patronnesse au fond de lui...

mardi, 07 octobre 2014

L'Odyssée revisitée en manière d'autofiction

Ulysse ne venait pas d'Ithaque, cette seigneurie minuscule, rurale, provinciale, il était de la cité des achéens sur le continent, la grande cité turbulente qui faisait peur aux paysans de l'Olympe. Ils avaient peur d'y être pervertis. Il ne se sentait bien qu'à cet endroit, il était chez lui dans chacune de ses rues, de ses ruelles, il était familier de chacun de ses monuments, mais l'ancien roi d'Ithaque son père en était parti avec son épouse, la reine, c'était la première fois qu'il s'était senti déraciné.

 

image de Circé prise ici

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Ulysse n'avait aucune envie de rentrer à Ithaque, son royaume, après avoir combattu à Troie, il se perdit volontairement dans un archipel d'îles inconnues et réputées dangereuses, dont celle de Circé, une enchanteresse qui ressemblait beaucoup à son épouse, Pénélope. Elle transformait les hommes en porcs baveux pour se rassurer sur ses capacités de séduction, et la plupart des hommes, pour la plupart des métrosexuels, étaient ravis de la métamorphose qui était pour eux une forme de régression confortable. Plus rien d'autres à faire que de se rouler dans la fange avec délices sans se sentir redevables de quelque morale ou devoirs envers les autres...

 

La magicienne cherchait quelqu'un qui soit pour elle à la fois un amant et un père. Circé ne sait ce qu'elle veut, c'est une chieuse, ils se disputent, Ulysse qui ne s'était pas transformé, il voulait que Circé l'aime pour lui, décide de rompre et ce qui arrange les porcs qui nombreux dans l'île soutiennent leur maîtresse défaillante sans faillir quant à eux.

 

Ulysse sur son bateau a une nostalgie infinie de Circé, elle lui manque, il la voit dans toutes les femmes. Il essaie d'aller vivre chez les lotophages mais cela ne change rien, il n'oublie rien, pire encore le guerrier fringuant qu'il était perd de sa superbe, il grossit démesurément de par la culpabilité qu'il ressent, il porte tous les malheurs du mondes, il se met hors de la vie. Il finit par aborder au hasard sur une plage de sable très blanc sous un soleil radieux de Méditerranée.

 

Il y trouve Calypso, une nymphe très brune, aux yeux tout noirs, qui se prélassait là, un peu ronde avec des boucles brunes, des « accroche-cœurs » désuets. Elle l'aime de tendres sentiments, elle est beaucoup moins compliquée que Circé dont elle mime les manières pour continuer à plaire à Ulysse qui ne voit qu'elle l'aime vraiment. Calypso regardera le vaisseau s'éloigner, elle se dira qu'il vaut mieux qu'elle se marie avec un brave berger des montagnes, il lui fera un enfant, mais elle finira par rester seule. Ulysse avait retrouvé son Ithaque et une Pénélope, mais il ne le savait pas.

 

Ulysse a peur d'abuser de la situation alors qu'il aurait simplement pu la vivre, Calypso est une nymphe fragile. Il repart très loin au Sud, il veut se perdre chez les perses, il est persuadé que quelqu'un l'attendra toujours à Ithaque. Il est persuadé que tout le monde pense à lui, qu'il est au centre des attentions. Il aime sa tristesse et son malheur, il ne veut pas en sortir. Elles lui sont confortables, il s'y laisse aller comme les suidés de Circé dans leur bauge.

 

Quand il retourne finalement chez lui, contraint et forcé, il sait qu'il n'est pas le bienvenu, que la vie de ses vassaux, de sa cour, de ses proches a continué sans lui. Il se sent encore coupable de tous les maux arrivés durant son absence. Il devient le jouet de son palais, n'ose plus prendre aucune décision mais il finit par vouloir repartir, il va sur l'île de Circé mais elle n'est plus là depuis longtemps même si chaque paysage évoque pour lui un souvenir amoureux. Il retrouve la plage de Calypso, mais il ne la voit qu'au loin alors qu'elle est dans son palais avec son enfant. Elle le regarde et il voit comme elle est triste mais elle détourne malgré tout les yeux car elle sait qu'il ne saurait pas l'aimer...

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image de Calypso prise là

Égaré dans un quartier de la grande cité de son enfance qu'il ne reconnaît plus alors qu'il y a pourtant vécu, il rencontre une femme qui a les mêmes tourments que Circé, qui veut lui ressembler, mais qui n'est qu'une fille de Roi qui aime à se faire passer pour libéral envers son peuple parce qu'il se désintéresse d'elle et qui ne songerait pas à partager son trésor royal. Elle ne transforme pas les hommes en porcs, mais les pousse à se haïr pour se sentir exister, et le pire est qu'ils se laissent avoir, qu'ils ont l'impression de compter, d'être des princes charmants alors qu'ils n'étaient que des prétextes pour son égoïsme.

 

Il voit bien qu'elle ne l'aime pas. Il la désire et se sent au bord de l'abîme. Il est persuadé qu'il est déjà mort, et qu'il est dans un Hadès intermédiaire, un Hadès personnel. Il croit qu'il est déjà dans le gouffre, dans une des gueules de l'Hydre. Il n'est jamais vraiment revenu à Ithaque, il s'est perdu quelque part sur le chemin de retour et souffre, il veut revivre mais il est trop tard pour s'autoriser à être heureux ne serait-ce qu'un moment. Les Parques ont déjà tissé leurs fils, il ne peut défaire leur ouvrage où est-ce Zeus qui lui refuse le bonheur, ou plus simplement lui-même qui se l'interdit, il ne sait...

samedi, 04 octobre 2014

« Les chiens aboient » - Truman Capote « L'imaginaire - Gallimard »

portrait pris ici

 

Quand on on est un monomaniaque de la littérature comme moi, on aime lire le plus possible des livres d'un auteur en particulier, s'ouvrir aux univers qu'il expose dans ses ouvrages. Truman Capote est de ceux-là. La postérité a tendance un peu rapidement à le catégoriser comme une sorte de ludion un peu superficiel, un charmant auteur dans le genre d'un Cocteau américain, en un peu plus futile, ce serait le rabaisser voire le mépriser à ce qu'il n'est pas, certains allant même à le percevoir comme un Jacques Chazot new-yorkais, un chroniqueur mondain et rien de plus. D'où le titre, « les chiens aboient...

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...la caravane passe ».

 

Capote, prononcé Ké-po-ti, nom qu'il adopte quand sa mère se remarie avec son deuxième époux, le premier étant un escroc irresponsable et léger qui s'est désintéressé de son enfant duquel il demandait cependant parfois des nouvelles sur ses vieux jours ce qui permet à l'écrivain de lui pardonner à la fin.

 

C'est un orfèvre du style permettant au lecteur voulant bien se laisser saisir de partager son horreur de la mort des deux assassins de « De Sang Froid » ou de tomber amoureux de Holly Golightly dans « Petit Déjeuner chez Tiffany », « novella » qui prend son sens lorsque l'on sait que le personnage est en fait une jeune allemande qui avait des ambitions de « cover girl », à défaut elle raccompagnait les messieurs aux toilettes, dont il a été passionnément amoureux, jeune « wunderkid », lors de son installation à Brooklyn pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Il est passionné depuis son enfance, comme tous les enfants qui ne sont pas très doués pour la vie sociale, par la littérature qui est toute sa vie, Harper Lee, son amie d'enfance, sa sœur, en témoignant partiellement dans « To kill a mockingbird », Capote qui vivait chez ses vieilles tantes vieilles filles non loin étant pour elle un « Merlin de poche » d'une imagination sans bornes, lui-même racontant ses moments en particulier dans sa correspondance et dans « la Harpe d'herbes » ou « Les domaines hantés », version abordant le pendant plus sombre de cette période de son existence dont la découverte de son homosexualité dans des conditions troubles alors qu'il avait une quinzaine d'années. Il ne faudrait cependant pas faire du délicat Truman un militant comme il en est qui le font de Proust, il n'en parle pas comme d'une « cause » à défendre.

 

Ce recueil rassemble quelques portraits de célébrités (déjà parus chez Gallimard dans l'édition « Folio » de « Musiques pour Caméléons »), dont Colette qui lui offre un « bibelot » qu'il gardera toute sa vie, Gide portraituré en vieux sage indien, et Cecil Beaton, et d'anonymes et des impressions de voyages de l'auteur en Italie en particulier qui notait tout, et écrivait sur tout. Il se comporte avec les « petites » gens de la même manière qu'avec les privilégiés, n'ayant pas plus d'obséquiosité ou de respect pour les « grands » de ce monde ou les élites auto-proclamées.

 

Le lecteur de ce livre, enfin surtout moi ami lecteur de ce texte, songe aussi au portrait de Proust par Léon Daudet dans ses « souvenirs littéraires » décrivant un être humain complexe à la fois un petit garçon inconsolable, une commère, un cynique désespéré, un auteur modeste, un auteur à l'ambition démesurée, écrivant « De sang froid » aussi pour que l'histoire retienne son nom. Ironie du sort, son œuvre majeure suivante qui devait s'appeler « Prières exaucées » aurait bien dû lu rappeler que c'est sur les prières exaucées que l'on verse le plus de larmes. Il a été mondialement consacré et il a ensuite connu une lente et longue déchéance jusqu'à sa mort, n'écrivant plus grand chose, ne terminant pas ce qui devait être son dernier « grand œuvre » se contentant de préfacer des recueils de textes et d'articles parus dans le « New Yorker » ou « Vanity Fair ».

Pas besoin d'humanité nouvelle ! - LMPT du 5 octobre

Dédié aux cyber-flics, aux bons petits soldats de Najat Vallaud-Belkacem même pas vénaux, aux séides zélés, aux boutures d'indics qui me lisent et qui ne manqueront pas de relayer ce que j'écris ici

 

politique, amaury watremez, LMPT, Taubira, Najat Vallaud Belkacemphoto du haut : « Paris Normandie 27 mai 2013

photo du bas : Amaury Watremez (TM°)

 

Demain dans les rues défileront des familles et des personnes soucieuses des conséquences des lois de madame Taubira et aussi madame Vallaud-Belkacem (celle-ci est très soucieuse des "ABC de l'égalité" mais ne voit aucun problème à envoyer un travailleur handicapé ou une jeune mère à 1000 kilomètres de chez eux). Ces manifestants se feront, se font déjà, traiter de tous les noms, et la plupart des commentateurs dont le jovial Karim Rissouli dans « le Grande Journal » d'hier insistent bien sur le fait qu'il y aura des groupuscules « d'esstrème droite » qui défileront avec eux, ce qui revient à dire que ce sont tous des « fâââchiiistes », ce qui veut tour dire.

 

Cette fois-ci je ne pourrai pas en être sur place, mais je serai avec eux au moins en intention pour les raisons ci-dessous...

 

Il n'est pas question une seule seconde pour ses manifestants de dénier aux homosexuels leurs aspirations à la paternité ou la maternité, la question étant surtout l'idéologie qu'il y a derrière ces lois sociétales et qui participe d'un tout. Il s'agit de créer un homme nouveau, ou plutôt un être humain nouveau, neutre, « libéré » de tous les liens du passé, traditionnels, ce qui fera de lui un individu d'autant plus docile pour que s'entretienne encore quelques temps, avant l'abîme, la dynamique du système tout économique libéral-libertaire, quitte à marchandiser le corps des femmes et des enfants en autorisant « de facto » la GPA et ce contrairement au déclarations mensongères de Valls.

 

Ces lois sont liées à celles sur l'euthanasie bientôt partout en France non pour soulager les souffrances mais pour se débarrasser des éléments humains qui ne sont plus performants.

 

politique, amaury watremez, LMPT, Taubira, Najat Vallaud BelkacemMadame Taubira l'a d'ailleurs exprimé clairement ce but. Il s'agit d'aller vers une « nouvelle civilisation », sans oublier les propos de Jacques Attali sur la naissance prochaine de tous les bébés en éprouvettes, selon une ingénierie de laboratoire, ou de Jean d'Ormession hier soir également qui trouve cela très bien. Ce n'est pas que Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem ne soient pas sincères à mon avis, je suis persuadé qu'elles croient vraiment œuvrer pour le bien universel, elles sont finalement ce que Lénine appelaient des « idiotes utiles », des pions, à la différence d'Emmanuel Macron ou Rebsamen qui sont parfaitement conscients d'être des courroies de transmission de l'hyper-libéralisme...

 

Je ne comprends pas d'ailleurs que des militants de gauche sincères, il en est encore, et non de gôche sociétale, il en est de trop, ne soutiennent pas ce mouvement qui même s'il est parfois brouillon, même s'il est parfois insuffisant quant aux suites réelles dans la vie de chaque jour, est un mouvement de refus de l'avènement de cet individu « fonctionnel », rêve humide de tous les libéraux-libertaires, dont leur « penseur » Attali cité plus haut, sans aucun lien ni attaches, ni histoire, ni valeurs, parfaitement soumis, ne s'emportant et ne se passionnant que pour acheter la dernière babiole électronique à la noix qu'on lui intime d'acheter sans se poser de questions. 

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