dimanche, 08 novembre 2009

Conversation littéraire

 

le_gout_des_autres_1.jpgJ'aime bien quand les gens parlent de livres, qu'ils s'imaginent cultivés, c'est toujours, comment dire, intéressant. J'ai entendu cette conversation dans un café à une table dont les trois occupants, une brune à coupe « pratique », un quadra à louque encore ado, une grosse blonde devaient travailler dans le culturel ou l'éducatif. Une dame vitupérait contre le niveau très bas des enfants quant à l'orthographe, elle rajoute à la fin de sa diatribe :

- Et en plus, ils ne savent même plus de textes par cœur.

Quelqu'un lui demande :

- Et toi qu'est-ce que tu réciterais encore maintenant ? Je suis sûr que tu connais bien un poème d'Hugo ou de Baudelaire.

L'autre répond, elle est logique :

- Non je veux dire, à leur âge, je les savais, maintenant, comme je travaille (tout ça) j'ai oublié.(ben voyons)

Cela n'a pas l'air de choquer les deux autres qui repartent de plus belle :

- Tu leur parles de livres, ah ben dis donc, moi je lis tout le temps et ben eux, ils lisent plus du tout.

- Qu'est-ce que tu lis ? » demande l'homme du groupe, l'insolent.

- Je suis en train de lire un gros livre de 600 pages qui a eu tout un tas de prix, tu verrais, c'est génial, répond celle qui semble la plus lettrée (elle a des lunettes)

- Je ne sais pas, j'oublie les titres répond-elle en mentant effrontément car elle ne l'a même pas commencé.

La pauvrette cherche une diversion en regardant dans toutes les directions, y compris dans la mienne, puis finit par s'arrêter sur les jouets déjà en vitrine d'un magasin tout proche.

- Moi, pour Noël, je vais offrir une console de jeux XP super 4000 (TM) (là c'est moi qui invente pour ne pas faire de pub aux marchands de rêve cyberautiste) à mon fils. Il paraît qu'on peut mettre aussi des jeux éducatifs drôlement bien dessus (pipeau quand tu nous tiens).

Les autres disent qu'ils ne savent pas, qu'ils vont y réfléchir mais il semble que la fille de l'un ait déjà en tête de commander au Père Noël consumériste le dernier modèle de portable.

En effet, on reste dans le littéraire et la culture...

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samedi, 07 novembre 2009

Rostropovitch à la chute du Mur de Berlin

Le mur de Berlin était une saloperie contre la liberté de millions de personnes, nul besoin d'en dire beaucoup plus. Alors, oui, tout n'est ni rose ni parfait depuis, le libéralisme étant également une autre horreur tout comme le consumérisme. Mais quand la liberté est victorieuse, rien d'autres ne prévaut ou ne devrait prévaloir et quant à moi je refuse qu'un idéologue, un bureaucrate, un politique, m'impose sa conception du bonheur, même avec les meilleures intentions du monde...


retrouver ce média sur www.ina.fr

Petit hommage à Jacno qui vient de mourir

A entendre de ci de là, les années 80 c'était terrible, la bof génération, des gosses perdus entre "Soissantuite" et la génération suivante, plus droite dans ses baskets. Maintenant ce sont les quadras coincés entre bobos et bobeaufs, retraités des pavés et idéologues nostalgiques des murs de toute sorte.

Il y avait Elli et Jacno pour la bande son, après les "Stinky Toys" et avant les chansons pour Lio quant au deuxième et les musiques plus carribéennes pour la seconde. A l'époque, les chanteurs populaires chantaient chez Rohmer...

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vendredi, 06 novembre 2009

Un "sous-chien" aboie...

Houria Bouteldja et les « sous-chiens »

France-Bouteldja.jpgJ’ai eu la grande faiblesse hier de regarder l’émission de Frédéric Taddéi où étaient invités Alain-Gérard Slama, au discours mille fois entendu, on croirait les intentions de prière d’une paroisse ultra-progressiste, Houria Bouteldja, comment la qualifier sobrement sans être blessant ?, Éric Besson, cynique et intelligent, Michel Onfray, calme et brillant, et Daniel Lefeuvre, « hussard noir » à l’ancienne mode, pour débattre sur l’identité nationale, grande faiblesse car finalement je suis resté devant le poste pour voir jusqu’où pouvait aller Houria Bouteldja pour qui la France de 2009 est encore un pays « colonialiste » et sa politique étrangère « impérialiste », quant à ses habitants dits de souche ce sont des « souchiens » (ou sous-chiens), notons le jeu de mots subtil et d’une kolossale finesse (parce que comme la France est un pays nationaliste, impérialiste et colonialiste, ses citoyens sont des « sous êtres » dont on peut tourner en dérision l’identité commune et le passé), vous dîtes que c’est une conception raciste ? Non, pour Houria, du fait du passé terrible de la France, où tout est à jeter, tout n’y est qu’oppression et rejet de la différence, on a le droit (partant du même raisonnement, certains mettent en balance la Shoah et l’esclavage, et considérant que l’on a trop parlé de la première la remettent en cause). Il s’agit de toutes façons d’une haine de la France telle que des historiens aussi différents que Marc Bloch, Jacques Bainville et Braudel l’ont défini. Entre deux on nous fait subir une chanson de « Diams », « ma France à moi », qui suit la même logique que « l’indigène de la République » qu’est Houria. Et on comprend que le parcours de la chanteuse, doublé quant à lui d’une aliénation personnelle, est logique somme toute. Car, quoi que l’on en dise, quoi que l’on en pense, le voile est un signe d’aliénation (je ne dis pas que c’est le seul).

nm_eric_besson_090205_mn.jpgEt finalement, comme l’a souligné Onfray, qui se fait traiter de « paternaliste », pour moi le plus juste de la discussion, (certes, ce n’était pas difficile, mais contre toute attente, moi, un onaniste de sacristie, j’aime bien ce philosophe pourtant pourfendeur acharné de ma foi), il s’agit finalement de préconiser un communautarisme, de faire de la nation un empilement de communautés où chacun vit selon ses règles, même absurdes, sans se soucier de celui qui est différent où qui ne souscrit pas à ces règles, et le tout au nom de la liberté de conscience. La définition de Renan reste d’actualité, les français vivent ensemble par un consentement mutuel et le désir de vivre d’après le même socle de valeurs puisées dans la très riche histoire de France. Bien sûr, et cela annihile toute discussion sérieuse, comme tous les idéologues, Houria B. assimile tout contradicteur à un fasciste, ce qui est d’une grande richesse rhétorique comme on le constate. Et au bout du compte, elle fait le jeu de Besson...

 

mercredi, 04 novembre 2009

Mesurons la difficulté du métier d'enseignant en 2009 avec le Père Fouettard

Le sketch est très, très pertinent, sur tout, voire en-deça de la vérité, en fait c'est pire je pense mais tout aussi drôle. Il manque le portable allumé constamment à la main. Ci-dessous, réactions d'ados que j'imagine lisant ce blog ! (pardon d'avance les djeuns qui lisent ce blog, mais je sais que ça vous fait rire aussi).

Note personnelle : Suite à ma note sur le keffieh (sa signification profonde qui n'en fait pas un vêtement anodin) qu'avait lu des djeuns d'un établissement où j'officiais, à la fin de l'année j'avais eu une révolte des keffiehs, toutes les filles de la classe avaient choisi d'en mettre un pass que ce que les profs il a écrit, ça se fait trop pas !

- Ouah, ça se fait trop pas !

- C'est un vieux qui se fout de nous; il se prend la tetê !

- Tu vas voir, il va critiquer le portable, quand c'était les années 60, il aurait pas voulu du téléphone !

- Ouais, il est trop dard ce vieux !

Rires post-pubères (voir sketch)

- Ouais, il est sur fessebouc aussi, ça se fait trop pas pour un gars de son âge !

- C'est comme moi, j'suis allé sur MSN , hé ben y'avait un vieux qui voulait sortir avec moi, mais je lui ai dit, moi je ne mange pas de ce pain là !

- ???????

- Enfin, j'veux dire, je couche pas avec les vioques, merde, quoi ! Je choisis ma life, et c'est pas mes remps (mes parents ou mes darons) qui décident. Et puis il avait un polo trop moche, c'était même pas un Lacoste.

Le Père Fouettard

mardi, 03 novembre 2009

D'où vais-je, où viens-je, dans quel état j'erre ?

« Peut-être serait-ce un bienfait, pour un vieux peuple, de savoir plus facilement oublier : car le souvenir brouille parfois l'image du présent et l'homme, avant tout, a besoin de s'adapter au neuf. »

— Marc Bloch, L'Étrange Défaite

« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »

— Marc Bloch, L'Étrange Défaite

Sinon il y a aussi la réponse de Pierre Dac à Monsieur Besson :

A l'éternelle triple question : «Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ?», je réponds : «Je suis moi, je viens de chez moi, et j'y retourne.»

valmy1792.jpgSi on se pose la question de définir l'identité nationale, c'est qu'elle n'existe plus dans les esprits après des decennies de sado-masochisme national, d'autoflagellation à outrance et de remords d'à peu près tout quant à notre histoire. On a oublié que l'histoire de France est un tout qui commence en 498, que même les plus monarchistes de l'Action Française reconnaissaient que la Révolution participe de la construction de la Nation, dont la prise de conscience éclate quand un anonyme crie "Vive la Nation !" à Valmy et que cela galvanise les troupes car ce cri implique une idée commune de la liberté.

Monsieur Besson est peut-être un "petit mufle réaliste" comme aurait dit Bernanos, un homme qui fait carrière sur le dos de la Nation et en profitant des méfaits de la pauvreté.

Je retiens la définition de Renan :

III partie de sa conférence sur la Nation

Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis

la suite du texte

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lundi, 02 novembre 2009

Le Goncourt à Marie N'Dyaye, le Renaudot à Beigbeider, étonnant, non ?

696340_photo-1257139403641-1-0_150x113.jpgAu départ, le Goncourt était un prix littéraire destiné à récompenser de jeunes auteurs chez qui l'on pensait distinguer les prémices d'un talent futur. Petit à petit, surtout depuis quarante ans, c'est devenu un truc, un machin quelconque boursouflé, destiné à récompenser quelqu'un bien dans la note de la bien-pensance, on récompensera par exemple un perdreau de l'année comme la septuagénaire Marguerite D. pour "l'Amant", et de toutes façons les convives de chez Drouant sont souvent passés à côté des plus grands tel Proust.

Cela s'accélère depuis quelques temps, ainsi l'an dernier le prix donné à Atiq Rahimi, durassien afghan et bon sauvage de service, (moi ce n'est pas tellement son afghanité qui me gêne, plutôt sa « durassianité »). Cette année, on décerne la récompense, qui ne veut plus dire grand-chose à une écrivaine parce qu'elle est noire, et parce que c'est une femme, finalement, là-dedans je me demande la part de la littérature. Et c'est tout aussi raciste que de ne pas lui donner pour ces deux raisons au fond. Quant à Beigbeider, un perdreau de l'année, le fils cadet d'une famille pas trop mal née, on lui file le prix Renaudot, mais ce n'est pas parce qu'il a des amis partout, ce serait déplacé de le prétendre, là aussi, il est bien entendu que l'on parle peu de littérature. Frédéric est un rebelle, il s'est fait une ligne de coke, a passé une nuit en cellule de dégrisement, il se voit déjà en rebelle numéro 1 de la Sarkozie et futur Victor Hugo, post-moderne du régime. On imagine la Beigbeder.jpgconversation mondaine : « Merde quoi, on peut plus se faire une ligne en paix, coco, ça va pas, faut réagir ». Comme d'autres, le petit milieu littéraire s'est tenu à carreaux pendant l'affaire du fils Sarkozy, car c'est un milieu extrêmement consanguin aussi, comme la politique, ou alors pour hurler au lepènisme. Il faut y apprendre la lèche rapidement quitte à s'y faire griller : ainsi on déplait à un petit artisan de la littérature, un minable à sexualité frustre de VRP de province, puant de misère sexuelle et de complexes divers, frustré de succès, un peut mytho sur les bords, il enragera et fera tout pour empêcher votre publication possible en ragotant auprès des éditeurs ou des autres, en interdisant à ses enfants de choeur d'intervenir sur tel ou tel blog, le pire étant qu'on l'écoute...

Dans les deux cas, il s'agit plutôt d'écrivains qui ne sont certes pas du genre à pisser de la copie un peu partout quitte à se renier, mais il n'empêche que l'on peut se poser des questions, non ? Ce qui relativise les choses est que le public décérébré de « Star Académie » ou « Con Lanta » s'en fout comme l'an 40 du Goncourt, il ne lit plus.

dimanche, 01 novembre 2009

Séguéla, Madame Irma de la Sarkozie

Jacques Séguéla, qui trouve normal que Jean S. soit aidé par son papa, qui trouve normal le fait du prince (une douche à 245000 Euros), est-il ou n'est-il pas un oracle acceptable en politique ? Desproges en parle encore très justement, vingt-sept ans après.

samedi, 31 octobre 2009

La raison d'État et la morale – Chirac en prison ?

Les infortunes de la vertu

fragonard_le_verrou.jpgEn ce moment, on s'émeut du scandale absolument faramineux que chaque semaine révèle, en ce moment c'est Chirac qui est sur le banc des accusés avec Pasqua, qui est toujours une sorte de « Don Camillo über alles » ainsi que le caractérisait Desproges. Pour Polanski, pour Frédo Mitterrand, les belles voix des grandes consciences de notre beau pays ont dit : « attendez, c'était il y a longtemps, il faut pardonner, tout peut s'oublier ». Ils l'ont dit aussi pour une terroriste allemande ainsi que pour Battisti il y a quelques années. Pour Chirac, ils sont bien emmerdés, les mêmes disent : « il faut que la justice suive son cours », ils le sont encore plus pour Tonton Charlie. Quand c'était Papon alors, ils auraient fait quoi ? On devine. On a surtout l'impression d'un bon tas de fausses pucelles pseudo ingénues criant à l'infortune de leur vertu alors qu'elles s'en foutent finalement car ils ont perdu leur pucelage il y a quelques années. C'est toujours, cette indignation à géométrie variable, une manière de rejeter celle, réelle, du peuple, considéré comme un ramassis de « pue la sueur » que l'on méprise copieusement, que l'on traite de facho, que l'on rejette chez le Pen dés que l'on peut. Et l'on feint de ne pas voir une chose importante, ces affaires comme « l'angolagate », ou « Clearstream » c'est le genre de boue dans laquelle le coq gaulois est obligé de rester les deux pieds bien plantés pour garder un minimum d'influence et de prospérité, et que le pays conserve un minimum d'insouciance pour s'offrir le luxe de chamailleries futiles.

vendredi, 30 octobre 2009

Succubes et puritains

« Jennifer's Body » – à propos des films d'horreur pour ados

megan-fox-jennifers-body.jpgDepuis quelques années, « Scream » pour être précis, il y a une mode des films d'horreur pour ados, en particulier des méta-films d'horreur qui consistent à se moquer du genre tout en l'utilisant, parfois cyniquement comme ici dans ce film, au milieu d'une tonne ou deux de clichés. Ici, l'on nous dit que la scénariste du film, Diablo Cody, ancienne danseuse de lap top et webcam girl (à savoir une fille qui se déloque devant son écran pour du fric non virtuel par contre afin de satisfaire la libido de tous les gogos se laissant prendre), est « féministe », en quoi ? Pourquoi ? On n'en sait rien mais c'est pas grave, elle est féministe. Je crois finalement avoir compris la raison de cette étiquette, elle l'est parce que les filles parlent comme dans la vie dans ses scénarios, à savoir mal, et souvent de cul, et que dans celui-là il y a une scène de baiser lesbien et pleins de scènes où Megan Fox se balade en petite tenue, mais pas à poil quand même, il ne faut pas déconner. Dans ce film, à cause d'un groupe de rock crétin, elle est possédée par une succube qui en fait concrètement une croqueuse d'hommes (rires), comme quoi ce n'est pas très féministe car une belle fille en mini-jupe est donc forcément une salope et forcément une succube dans l'esprit de la scénariste, tout comme dans celui des bouffeurs de pop corn qui vont voir ce truc et l'héroïne est forcément la puritaine du lot, une intello moche qui arrivera à embellir après avoir épousé le « quaterback » local. La nouvelle démone s'oppose à son ancienne meilleure amie qu'elle finit par combattre après s'être roulé un palot, parce que en fait, tu vois, en fait, elles sont amoureuses l'une de l'autre. Bien sûr, comme dans tout bon film pour tinadjeur, le sexe est puni dans le sang, comme dans « Halloween ». On est loin des films d'horreur pour ados des années 80 qu'invoque la réalisatrice, tout aussi commerciaux, mais moins contrôlés : dans « Fright Night » par exemple, Roddy MacDowall, cette grande folle qui a joué dans un bon paquet d'excellents films de genre à commencer par "la planètes des singes", chasseur de vampires miteux et grandiloquent mais nul du genre Van Helsing, sort un crucifix pour éloigner le vampire qui lui répond alors de manière amusée qu'il faut y croire pour que cela marche, le jeune héros du film étant fasciné par le méchant, qui est comme une allégorie du passage difficile à l'âge adulte et de la perte des illusions sur le monde, l'amour et soi-même. Le jeune héros ne s'en sort qu'à partir de cette perte. Et le premier « Nightmare on Elm Street » fait plus peur par son exploration de l'inconscient adolescent, et adulte, et des peurs qu'il engendre, que par les scènes d'horreur. Au bout du compte, les films comme « Jennifer's Body » témoigne surtout d'un mépris du genre, et du public qui est pour pris pour un troupeau de crétins, qui d'ailleurs aiment ça, être méprisés.

Ci-dessous trois extraits de "Fright Night"

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jeudi, 29 octobre 2009

Buzz pétainiste en 2009 ?

petain.1173434518.gifJe viens de lire un remarquable article sur Pétain sur ce blog, mis à toutes les sauces et dont pourtant les idées n'ont jamais été aussi répandues à droite mais aussi à gauche. Un écolo qui parle de la terre qui « ne ment pas » est tout aussi empreint de l'esprit de la « Révolution Nationale » qu'un sarkozyste béat devant le discours cloné de son patron sur l'agriculture. J'ai pour ma part toujours eu horreur de ces discours grandiloquents, il cache surtout beaucoup d'étroitesse d'esprit, mais rien ne semble y faire, en province on est persuadé d'être aussi « simples » qu'avant même si cette « simplicité »semble toute droite dictée par les fantasmes d'un créatif de pub pour réclames charcutières (celle où l'on voit un chtit n'enfant en culottes courtes faire un moulin à eau avec du pain et du jambon, le p'tit con, c'est du gâchis). Les écolos du week-end ont les mêmes idioties dans le crâne faut-il dire. On oublie que la nature humaine est tout aussi décevante à la campagne qu'en ville, relison « le Soleil de Satan » de Bernanos où le diable y est un maquignon madré dans les paysages d'Artois, ou « Monsieur Ouine » du même auteur, le personnage titre du livre aime beaucoup le désert mental rural, à ses yeux il est l'allégorie du néant de son âme. La complexité de ce monde fait peur, ça donne l'impression de tout aplanir, des épiciers collectivistes de Tarnac aux nostalgiques de « Goupi mains rouges » ou des romans de René Bazin, auteur de « la Terre qui meurt ». Cela n'empêche pas de continuer à détruire la Nature, de ne rien faire, de projeter des grands soirs qui ne viennent jamais, et ne viendront pas, de se dire « après nous le Déluge », ce sera le boulot de nos descendants de s'occuper du problème.

Quelqu'un m'avait il y a quelques années fait une réflexion très pertinente concernant les reportages et documentaires très nombreux concernant le nazisme, et parfois le stalinisme, sur Arte en particulier. Il suffit de couper le son pour comprendre que notre époque est fascinée par ces périodes grégaires où l'instinct du troupeau, le conditionnement des foules et la standardisation des corps et des âmes étaient poussés à leur paroxysme. Notre époque rêve de normes rigides, de cadres stricts, car là encore réfléchir sur la complexité du monde oblige à se servir de son cerveau, à aller plus loin que le manichéisme, la sottise de se croire obligatoirement du camp des « gentils », et celui qui contredit est ou pétainiste, ou réac, ou vichyste, cela permet de ne pas réfléchir et ainsi que le souligne l'auteur de l'article cité plus haut de ne même pas essayer de comprendre la période certes dure de l'Occupation.

L'Évangile de dimanche dernier montrait que pour les chrétiens en particulier, chaque personne sarkopetain.1200782115.jpgest unique aux yeux du créateur, et précieuse, le Pape le rappelle aussi dans son dernier livre, mais pourtant, les catholiques, les protestants et les évangéliques paraissent apprécier de plus en plus les grands rassemblements sur-affectifs et hyper-ostentatoires où la singularité de chaque personne est noyée dans le grand tout du moment. De même en Islam, somme toute, on chercherait vainement les motivations de la plupart des jeunes filles qui mettent le voile, la plupart du temps, elles sont juste dans la ligne, suivant docilement le mouvement. De même parmi les croyants juifs dont beaucoup s'enflamment collectivement et sans y réfléchir, jusqu'à l'autisme quant à certains, lorsque d'aucuns remettent un rien en cause la politique israélienne, mettant dans le même sac ceux qui critiquent mais aiment Israèl (c'est mon cas, j'aime passionnément ce pays complexe et fascinant, à fleur de peau, violent, intellectuel et multiple) et les judéophobes avoués ou pas.

Dans le même ordre d'idées, on pourrait parler de la Guerre d'Algérie, chacun restant en fait sur ses propres clichés sans se poser plus de questions, sans chercher à apréhender, cela n'a rien d'impossible, la complexité de ces évènements et les hypocrisies qu'ils ont impliqué, à commencer par le sort des harkis, traités aussi mal que les migrants de la "jungle" de Calais, ce sont après tout ces deux questions les deux faces de la même dérive.

mercredi, 28 octobre 2009

Halloween de retour avec son cortège d'âneries

Haloween.jpg

Le Père Fouettard s'en prend à Halloween...

Ci-contre des propositions de masques à faire peur pour la soirée de fête, (c'est qui celle en bas à droite ? Je n'ai pas réussi à l'identifier)...

Dans quelques jours, Haloween (il n'y avait rien avant Noèl, un truc américain fera l'affaire se sont dit les VRP des grands groupes) est de retour avec son cortège d'âneries, à Paris mais finalement encore plus en province où  ce genre de stupidité grégaire prend mieux (note d'Amaury : il faut excuser le Père Fouettard, il est un peu aigri), les peigneculs se précipitent dans les rayons des supermarchés pour écouler des les stocks de cochoncetés innomables vendues en cette période par les commerçants de tout poil. On décore tout façon Haloween, il y a des coquetèles Haloween, des grandes veillées païennes ou pas (là on ne parle d'Haloween surtout si on est de gôche et que l'on veut rester dans le cultivé), culturelles ou non, pour un peu bientôt on refêtera les Saturnales voire les Bacchanales. Les animateurs pour djeuns trimballent les gamins, dociles d'une effrayante manière, grimés qui en morts vivants, qui en fantômes, de porte en porte ou de commerce en commerce pour réclamer des sucreries. Gare à celui qui refuse ! C'est un vieux con à qui l'on objecte : "Mais enfin c'est pour les jeûûnes". Surtout, il ne faut pas remettre en cause les diktats consommateurs, quand on leur dira d'acheter du crottin en branches pour avoir l'air dans la note, je me demande combien iront. Je viens quant à moi de faire l'expérience d'un semblant de ce qui est pour moi le purgatoire, à savoir une file d'attente dans un magasin de gros bled rural, perdu entre les gosses qui pleurnichent parce qu'ils n'ont pas le dernier masque de zombie qu'il faut, les mères et les pères qui racontent leur pauvre vie de mortes-vivantes au téléphone. Et j'ai une déception, dans tous les films d'horreur qui parlent d'Haloween il y a toujours un serial-killer qui traîne pour flinguer une dizaine de tinadjeurs décérébrés, là rien, macache bono, nib, zobi...

mardi, 27 octobre 2009

A wop bop a loop bop, alop bam boom

« Rock Strips » (direction éditoriale : Vincent Brunner, bandes de Berbérian, Sattouf, Catel, Serge Clerc...etc

rock+strips878.jpgJe me suis acheté ce recueil de BD collectif qui parle du rock car je trouve que les livres qui parle de cette musique sont par la bande des sortes de traités sociologiques qui en disent long sur notre époque, plus long que des pavés bien plus mal écrits et largement plus prétentieux. Tous les quadragénaires et quelques trentenaires, à moins qu'ils n'aient été sourds, aveugles ou bien très sages, ont tous dans les oreilles un peu de « Rolling Stones » (contrairement à ce que l'on dit, on peut être autant « Stones » que « Beatles », indépassables quant à l'originalité de leurs créations), voire des « Clash » (pour moi ce sera « Rock the Casbah »), un zeste d'Iggy Pop, des volutes de Janis Joplin (le segment sur elle est assez convenu : Oulala, Janis était drogué, et alcoolique, quel scoop !), et quelques fragments de David Bowie, peut-être même une ou deux chansons d'Elton John avant qu'il ne tourne DJ pour pompes funèbres et grandiloquentes, « Blondie » (la bande qui en parle oublie que c'était un groupe punk qui s'est mis à bien se fringuer par dérision, pour se moquer de l'engouement des bourgeois pour la révolte de pacotille de certains de leurs congénères) ou les « Pixies ». On est loin des chanteurs formatés, des groupes montés pour le fric, même quand il s'agit d'imposture on s'aperçoit combien l'époque a changé : ainsi quand le livre parle des « Sex pistols » et de l'arnaque de ce groupe pseudo-punk monté de toutes pièces, arnaque dada ou surréaliste car il en sortit quand même beaucoup de créativité.

Parler de Rock est hyper-subjectif, il y en a qui s'arrêtent à Elvis, qui a tout piqué aux chanteurs de blues, il faut quand même le reconnaître, d'autres qui ne jurent que par la New Wave, l'électro et l'industriel, bon, et alors ? Cela montre la vivacité encore maintenant de cette musique que l'on croit agonisante. De plus, c'est la musique des rêves et des premières désillusions, en l'occurrence pour les quadragénaires quand ils se sont aperçus que leurs ancêtres « baby boomers » ne voulaient vraiment pas que le monde change après les sixties, étant maintenant arrivés à l'âge où ils songent surtout à ce que la génération suivante leur paye la retraite. On croise d'ailleurs beaucoup de rockeurs sexagénaires, et pas seulement à Gstaad, à queue de cheval grise sur calvitie, ou en bottes orthopédiques de motard bientôt sénile, qui râle sur la mollesse des jeunes et leur absence de révolte tout en serrant les fesses quand la crise menace leur magot à la banque. C'était toute l'ambiguïté du Rock, à la fois sincère et drôlement commercial quand même. C'était déjà une industrie à l'époque des « Stooges » et des New York Dolls. C'est comme ce livre il est vrai, très bien marqueté, ultra-cadré et référencé, mais on n'ira pas plus loin, on restera bien sage, on est loin d'Hunter Thompson ou Lester Bangs, ou Nik Cohn. En le lisant, j'ai pensé au livre d'Alain Dister sur les années 60, on reste sur les rails...

Ci-dessous retour aux fondamentaux qui n'ont rien perdu de leur force...

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dimanche, 25 octobre 2009

La Genèse par Robert Crumb

Crumb remonte aux sources de la Création

autoportrait_Robert_Crumb-bed2c.jpgJ'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions. Il écrit depuis une quarantaine d'années son autobiographie, comme Harvey Pekar, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70. Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans. Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »). Ils en sont un peu pour leur argent les pauvres à part un excellent papier de la dessinatrice Catherine dans « Charlie Hebdo » (ce n'est pas qu'ils le lisent le livre d'ailleurs, les grands esprits, mais un ouvrage réputé provocateur bien en vue dans une bibliothèque permet de passer pour un esprit fin et cultivé). Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des croyants ou pas, et ce à mon sens depuis le développement des communautés « nouvelles » catholiques ou protestantes : une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée. Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche. Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob. Les prophètes sont entre Prospero et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu. C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante. Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

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Un pur moment de connivence – Isabelle Balkany et Michel Boujenah

Le Père Fouettard a regardé "On n'est pas couché", il n'aurait pas dû...

m:1252179170Je ne regarde jamais « On n'est pas couché » d'habitude, c'est trop tard pour moi qui suis devenu une sorte de bonnet de nuit bien obligé de se coucher tôt même le week-end, excepté hier soir au début des vacances. Je tombe sur Isabelle Balkany, épouse de celui dont certains malfaisants, c'est sûr, nous disent que c'est le parrain des Hauts de Seine, les gens sont tellement mauvaises langues, quand on pense qu'ils ont tous les deux retrouvé leurs charges, c'est sûr, ils sont innocents, à moins que les électeurs de Levallois n'aient pas compris grand-chose. La ville est en coupe réglée, et en plus Isabelle Balkany se permet de venir donner des leçons de morale quant aux adversaires de Jean Sarkozy, des jaloux selon elle (entre parenthèses le fait que ce petit jouvenceau se choisisse Ma Barker en plus BCBG comme marraine veut tout dire, ce n'est pas la moitié d'un con). Comme on dit de toutes façons certaines grandes consciences de gôche, contester la pureté des intentions du prince héritier c'est être ou poujadiste ou pire, lepéniste...

Zemmour lui répond assez correctement, Naulleau y va encore plus franco, et Thomas Dutronc lui oppose un point de vue excellent de pertinence, lui étant pourtant un « fils de » (que la grâce du tout puissant soient sur eux trois). Bon , quand Isabelle Balakany apparaissait à l'image j'avais comme des remontées acides, des envies de vomir, et voilà que Boujenah qui n'avait rien dit jusque là intervient pour défendre Isabelle, pauvre dame en détresse, celle-ci nous apprend qu'un des parents de Michel était son « oncle de coeur », sourire attendri de Michou et de la bonne dame, pendant deux secondes c'est la nurserie, et pur moment de connivence révélateur pour ceux qui n'étaient pas encore au parfum. Nous ne dirons pas comme les mauvaises langues (ouh, ouh), la honte du très haut soit sur eux, qu'Isabelle est pourrie jusqu'à la moelle, à l'instar de Desproges parlant de Michel Droit, nous dirons que c'est un sapin de Noèl. Tout comme Patrick Balkany qui lui est un sapin de Noèl de compétition, avec les boules ad-hoc.

Je pense qu'il faut absolument regarder le documentaire ci-dessous, il dit tout de l'état actuel de la République, car Balkany est revenu, et a un rôle de tout premier plan auprès de Sarkozy, et Pierre Carles est mort.

samedi, 24 octobre 2009

Je me souviens de Lou Reed

Pour oublier la dureté de l'époque rien de tel que d'écouter ce genre de morceau, une petite promenade dans les marges, "on the wild side"...

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vendredi, 23 octobre 2009

La démocratie c'est pas pour les chiens ou Péché de poujadisme

ab870395fc2e5a08ae0100029dccf2a0-grande.jpgJe suis surpris, mais au fond pas tant que ça, des réactions de beaux esprits se prétendant qui « de gôche », qui politiquement incorrects, qui encore révolutionnaires (si ils ne se retenaient, ce serait le Grand soir cet après-midi mais là ils ne peuvent pas ils ont piscine), face aux divers scandales qui ont éclaté l'un après l'autre sous nos cieux parfois plus cléments depuis trois semaines. Le népotisme, dans le cas de Jean Sarkozy, était évident, de qui se moquait-on ? Le cas Roman Polanski, quelle que soit la valeur de ses oeuvres, n'entraînait pas tant de discussions, en plus il réveille chez la victime des souvenirs qu'elle aurait voulu enfouir. Sans oublier Frédéric Mitterrand, qui nous prend visiblement pour des cons en parlant de boxeurs. (Et j'ai parcouru son livre). Pour les beaux esprits soit-disants libres, les critiques contre un pouvoir qui manifestement s'est coupé du peuple, l'indignation populaire, sont comparables au poujadisme, voire pire, à Le Pen et ses électeurs, l'épouvantail utile de ses vingt-cinq dernières années.

Quand on ne veut pas discuter avec un interlocuteur, on le traite de « lepéniste ». C'est tellement plus simple, et surtout on ne veut pas chercher à comprendre pourquoi il engrange des votes. On nous refait le coup également du retour à l'Ordre Moral, du retour des z-heures les plus sombres-euh de notre histoire de manière totalement irresponsable. Et Jean Sarkozy, comme les copains de son pôpa, lui-même suggère que si on ne veut pas qu'il soit président de l'EPAD c'est au fond de l'antisémitisme. On s'en amuserait presque de cette hypocrisie sans fond et sans fin, de cette langue de bois qui ne cache en fait qu'une chose, habituelle, les bourgeois, qui sont au pouvoir depuis déjà près de deux siècles, veulent continuer à jouir de leur fric, de leurs privilèges et de leur mode de vie, se muscler le périné ou les abdos, se payer un gourou à la con qui consulte en couples, et ceci sans avoir à s'en justifier, fûssent-ils progressistes ou réactionnaires. Pendant ce temps là, on ne parle surtout pas de la précarité, du déni de démocratie du deuxième référendum irlandais (là on nous a remis un couvert sur le thème de l'Europe bloquée si ils avaient voté « non »).

jeudi, 22 octobre 2009

Les cinquante ans de la "Dolce Vita"

Fellini, il y a bien longtemps…

0000-5973-4~Federico-Fellini-Roma-Posters.jpgFellini, c’est comme beaucoup d’autres artistes, acteurs ou créateurs, beaucoup ont de lui une image faussée, la « Dolce Vita », c'est pour eux seulement le glamour toc, les pipôles menant la grande vie, belles voitures décapotables de grande marque, belles femmes, de l’argent par les fenêtres, de l’hédonisme hyper-matérialiste, et seulement ça. Aucun ne voit la critique de la vacuité de ce demi-monde des « pipôles » justement, l’imbécillité de leurs aspirations, être célèbre pour être célèbre, sans avoir forcément de talent particulier, pour le fric et l’ostentation, tout ce que n’est pas Fellini. Celui-ci, qui était un grand raconteur d’histoires, inventait beaucoup d’anecdotes, quand il était interrogé par les journalistes, par pudeur, pour ne pas avoir à étaler sa vie privée au vu et au su de tout le monde ce qui est à notre époque la grande mode, en ajoutant plusieurs couches de pseudo-affectivité pleurnicharde et envahissante. Fellini s’en moquait déjà dans « la Dolce Vita » mais aussi dans « Il Bidone » et dans « le Sheikh blanc ». Dans « Fellini Roma » il y a une scène qui résume bien ce qu’est pour lui le cinéma, partager son amour des gens, malgré leurs défauts, et de la vie, malgré la grisaille du monde, et la bêtise : il va voir Anne Magnani avec sa caméra, et une petite équipe de tournage, il veut lui parler de Rosselini encore un peu, de Rome, de l’Italie et aussi de sa vie, lasse, les yeux cernés, elle lui dit gentiment : « Vai a dormire Federico », comme à un enfant curieux, un peu trop, qui ne comprendrait pas que le monde des adultes est déjà une sorte de purgatoire, que ce n’est pas drôle, que ça ne sert à rien d’en parler autant. Et le cauchemar de Fellini c’est maintenant, en ce moment, en nos temps de présent perpétuel morne et consumériste, la vulgarité, l’ignorance crasse et la sottise grégaire ont rarement été aussi puissantes. 

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mercredi, 21 octobre 2009

Comment parler avec tact à un SDF

lecanardenchainen449520pu0.jpgDans un hebdo de chrétiens de gauche, qui si ils ne se retenaient pas rogneraient sur l'argent de l'achat du Break familial dernier modèle ou des vacances à Pornichet, bref le modèle catho sirupeux, on ne parle ici pas de "Télérama" mais de "Péle...tût, censuré" (zut je l'ai dit un peu), on nous donne des conseils de savoir-vivre doucereux pour parler à un mendiant, pardon un SDF, avec politesse et savoir-vivre. Il arrive que les braves personnes qui pondent ce genre de papier soient d'une grande crédulité ou d'une grande bêtise, mais je trouve que celui-là bat tous les records dans le mielleux gluant. Il faut demander son nom au mendiant, je préconiserai quant à moi d'exiger qu'il présente ses papiers avant de lui faire un don, pour, je cite "entrer en communication avec lui", des fois qu'il ne serait pas tout à fait humain, ou d'une autre espèce. Ensuite, il faut l'inviter à "parler de sa situation", comme si il ne la connaissait pas, et comme si il n'avait pas envie à tout prix de l'oublier en se payant un coup à boire avec l'argent qu'il retire de "la manche". Si il manifeste justement son besoin de jus de raisin fermenté, ou de malt brassé, il faut lui expliquer combien c'est dangereux pour sa santé, de même s'il veut en griller une, une clope je précise. Je me demande, pourquoi ne pas lui suggérer de bien manger "cinq fruits et légumes" dans sa journée, bien sûr ne pas oublier de lui demander pour qui il vote (si le vote n'est pas correct, c'est de sa faute s'il est dans la mouise en gros). Il faut dire que ça ne me dérange pas qu'un SDF boive l'argent qu'il reçoit des paroissiens, ça lui fait du bien en attendant un très hypothétique "Grand soir" ou une très hypothétique "moralisation" (rires) de la Bourse (oh, oh, oh). On me dira, la France n'a pas le monopole des crétins sucrés, ou des démagogues qui n'aime pas les pauvres qui ne sont pas assez glamour, voir ici une interview d'Eric Stauffer, un suisse qui n'est pas la moitié d'un con.

Orange avant les suicides...

Orange avant les suicides…

…ou « Les précaires escamotés »

france_telecom_1481468c.jpgBien sûr, j’ai beaucoup de compassion pour les suicidés d’Orange, et de toutes les entreprises qu’on oublie de citer dans lesquels des salariés mettent fin à leurs jours mais on omet quand même des éléments importants de réflexion. Dans tous les établissements privatisés, on a commencé par virer les salariés précaires, ainsi à Orange, ou comme on commence à le voir à la Poste, voire dans l’Éducation Nationale. Ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, beaucoup de statutaires et de titulaires n’ont pas été vigilants sur les changements d’orientation de leur travail, persuadés qu’ils étaient que le départ des salariés vacataires, des stagiaires sous-payés, allaient dégager des moyens pour augmenter leurs salaires, certains étant sûrs que cela allait multiplier les heures supplémentaires, ne comprenant pas qu’ils allaient faire aussi, en plus, le travail des soutiers de l’économie que sont les « précaires ». Ils ne se sont donc pas inquiétés du sort des salariés économiquement fragiles, endormis par de belles promesses et ne se sont pas inquiétés une seconde de méthodes de management uniquement quantitatives. Le réveil fut ensuite rapide et des plus brutal, on ne peut que le déplorer mais peut-être eût-il fallu se soucier plus tôt des personnels précaires et d'une privatisation inutile ? On aurait évité cette vague de suicides. C'est bel et bien beau de faire dans le compassionnel mais il aurait mieux valu prévenir que guérir.

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