mardi, 21 mai 2013
Les haines anti-catholiques

Cet article naît d'un constat personnel et d'un ras le bol face à cette haine...
Je n'aime pas le terme de cathophobie, qui fait des catholiques une race à part, en dehors du monde, et participe au fond du même discours à la mode parmi les belles âmes dans la société. Je trouve par contre que l'on peut évoquer plus précisément, et plus pertinemment la haine tenace, à divers degrés, plus ou moins bien camouflée, pour différents motifs qui sévit contre les catholiques en particulier et toute personne en général croyant dans la nécessité de valeurs élevées collectives et individuelles, et dans les vertus de l'éducation.
Personnellement, j'ai longtemps cru que faire le « grand écart » avec des personnes ayant des opinions à l'inverse de ma foi était possible, que l'on pouvait malgré tout se côtoyer sans trop de heurts. Je sais que d'aucuns sur Internet et ailleurs y croient encore plus ou moins, tels Jacques de Guillebon, ou Bernard Rackam, qui sont peut-être plus confiants que moi en l'être humain.
Mais il y aura toujours un « butoir », et ce « butoir » ce n'est pas les catholiques qui l'installent. Ou bien ils sont forcés de faire des compromis sur leur foi et les valeurs qu'elle implique, et d'y perdre tout ou partie de leur identité.
Il y a la haine toute bête, la haine imbécile, issue d'un complexe social, "les cathos c'est rien que des bourgeois", face auquel on se sent impuissant, même si on se dit que « ce n'est que ça », une forme de jalousie et d'envie d'esclaves bien nourris du consumérisme qui ne supportent pas les personnes qui ont encore quelque idéal, autre que la satisfaction de leurs pulsions immédiates, et le désir de s'élever, non par prétention mais parce qu'ils croient que l'être humain vaut mieux que cela, mieux que ce comportement de porc cherchant inlassablement les baies dans sa bauge pour calmer son appétit.
Il y a la haine condescendante, la haine à la « bouche en cul de poule », la haine bien élevée, fielleuse, toutes en suppositions et allégations, qui se veut progressiste et éduquée, cultivée, alors que bien souvent, elle ne procède que de lieux communs et préjugés sans aucun rapport avec la réalité. Cette haine là prétend argumenter, prétend justifier son existence. Si elle existe, c'est de la faute de l'objet de sa haine qui la mérite bien, appliquant également une loi du talion non dite et non inscrite qui veut que les descendants des catholiques qui ont certes commis des erreurs parfois tragiques au cours des âges continuent à payer « ad vitam eternam »...
Cette haine prétend que les catholiques croient en des « contes d'enfants », des superstitions, mais n'a de cesse de les poursuivre de sa vindicte, contrairement à des extrémismes largement plus dangereux pour lequel il y a une tolérance presque complice. Cela provient aussi de la terreur absolue de stigmatiser ou risquer de stigmatiser des populations « issues de la diversité » (TM°). On la retrouve parfois hélas également parmi des "cathos de progrès" qui ne veulent surtout pas que l'Évangile puisse contredire le monde....
C'est cette haine qui motive la présence de monsieur Schmidt, le père d'Anne-Lorainne, sur l'abject "Mur des cons", doublé ces derniers jours d'un "Mur des homophobes" tout aussi méprisable, et rien d'autres...
Et enfin il y a la haine idéologique, la haine due à l'embrigadement, à l'obéissance totale et aveugle à une doctrine qui prône l'anéantissement des croyances et des idéaux des catholiques pour mettre les siens à la place, pour bien entendu le plus grand bonheur de l'être humain, selon ce que cette haine prétend du moins. Cette haine idéologique ne comprend pas l'entêtement des catholiques quant à leur foi, leurs croyances et leur morale, car cette haine a la vérité, elle sait ce qui est bon pour l'être humain.
Catholiques dits « tradis » et catholiques dits « progressistes » n'ont pas encore tous compris que de toutes façons d'où qu'ils viennent, ils subiront le même rejet, la même violence verbale, voire parfois physique, sans omettre d'évoquer les profanations de cimetières chrétiens de plus en plus nombreuses. Et ils sont tous mis dans le même sac par les tenants de la société libérale libertaire, communautaristes et penseurs « sociétaux », qui fulmine de les entendre encore, qui fulmine devant le flot de la colère qui monte face à sa haine et qui ne s'arrêtera pas de monter...
07:55 Publié dans Art de vivre, Article, Foi, Histoire, Lu et vu sur le Net, Politique, Spiritualité, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, christianisme, religions, hypocrisie |
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vendredi, 17 mai 2013
Les imbéciles de droite - article dédié à Tibor Skardanelli
Après quelques échanges avec de ces contributeurs de droite, libéraux convaincus, je me suis dit encore hier soir qu'au fond à un imbécile de droite, droit dans ses bottes et son monétarisme, je préférerai toujours un type ou une femme de gauche même du genre bloqué sur ses certitudes absurdes concernant le catholicisme, même imbécile, du moins s'il est ou si elle est sincère, conservant encore quelques idéaux qui, même brouillons, procèdent au moins de son désir de générosité.
Notez que mener un imbécile de droite par le bout du nez n'est pas bien compliqué, car pour lui critiquer l'ultra-libéralisme, ou remettre en question la société d'hyper-consumérisme c'est être un suppôt du marxisme, un séide du stalinisme et un nostalgique de la Révolution prolétarienne.
Bien sûr, ainsi que le rappelait fort à propos Zemmour dans sa chronique de mardi dernier, évoquant les « larmes de crocodiles » sur les morts dans l'incendie d'un atelier textile au Bangladesh, critiquer le système implique aussi être lucide sur soi-même et sa propre consommation de produits à bas prix, fabriqués dans des usines lointaines dont les ouvriers sont des esclaves : ainsi l'ordinateur sur lequel j'écris, le polo que je porte...
Nonobstant cela, cet article est dédié chaleureusement à Tibor Skardanelli, commentateur émérite sur Tak.fr et contributeur brillant sur antidoxe.eu. Il vient d'écrire dernièrement une contribution étonnante, fruit on n'en doute pas de plusieurs années d'études de climatologie et de météorologie, afin de démontrer que le réchauffement climatique ne peut être le fruit de l'activité humaine, il le sait, il l'a vu, peut-être dans le marc de café, l'activité humaine n'a aucune incidence sur le climat.
Par la magie des nouvelles technologies les « spécialistes en tout » que l'on ne croisait auparavant qu'au zinc du « Café du commerce » peuvent maintenant essaimer leur expertise partout dans le monde. Et être applaudis voire félicités par d'autres « spécialistes en tout » qui semble-t-il ont toujours quelque chose à compenser : frustrations diverses, complexe culturel, jalousie quant à l'éducation etc...
Je m'étonne d'ailleurs toujours que l'imbécile de droite, si prompt à s'attaquer aux bobos prétentieux, épris de pseudo culture, soit si chatouilleux sur ce plan-là.
Comprendre que prétendre cela interdirait aux bêtes à cornes dociles de s'acheter qui un ou un simili « 4X4 » polluant, qui de s'installer l'air con-ditionné chez lui ou se payer un de ces objets que la pression de la société impose d'avoir chez soi, n'entretenant ainsi plus la dynamique des marchés, ce qui est une sorte de crime pire que n'importe quel blasphème aux yeux des thuriféraires enthousiastes des bienfaits selon eux de la manne libérale.
De plus cela reviendrait à contester les bienfaits du tout-économique chacun sachant très bien que si les pauvres sont pauvres et les plus faibles, faibles, c'est surtout de leur faute, qu'ils manquent d'esprit d'entreprise et d'initiative, que le darwinisme social à l'œuvre dans notre monde sert surtout à les motiver, qu'il n'y a pas à les aider, ou les protéger, ce serait les encourager à la paresse tout le monde sachant que le pauvre, le faible, est un gros fainéant.
Enfin, l'imbécile de droite ne veut pas voir que la déliquescence sociale et nationale actuelle, bien loin d'être seulement le fruit du matraquage idéologique de professeurs, tous gauchistes; et de « soissantuitards » attardés, est aussi et d'abord la conséquence de l'idéologie libérale libertaire qui imprègne toute la société actuelle, de la gauche à la droite, la version actuelle, sociale libérale, revenant exactement au même. La société libérale libertaire (note personnelle pour Bertrand Redonnet, ou qui se prétend libertaire) a tout intérêt à ce que le consommateur pour plus de docilité soit coupé de tous les liens traditionnels le protégeant encore un petit peu dont la famille et la nation, ou sa foi religieuse. Elle a tout intérêt à une illusoire « libération » des mœurs, ou des pulsions, ce qui libérera de nouveaux marchés, entretenant donc le système avide.
07:52 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, droite, gauche, libéral libertaire |
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L'Art contemporain en folie en province

Folies bourgeoiseses et art con-temporain.
Ami lecteur, je te rassure tout de suite, j'aime bien les paysages de province, la campagne, les panoramas somptueux, mais ce que je ne supporte pas c'est l'ennui tout puissant que j'y ressens, et je suis loin d'être le seul, dans une province vidée de son âme, de sa substance, de son identité, le tout au nom de la diversité (TM°) du progrès (TM°) du développement durable et autres gadgets cosmétiques cachant bien mal les vanités culturelles toutes petites de la petite et grosse bourgeoisie.
Par petite et grosse bourgeoisie, j'entends bien la réalité concrète de tous ces privilégiés petits, moyens et grands qui bénéficient de réseaux, copinages et clientélismes divers selon eux bien légitimes, des acquis que l'on ne peut remettre en question sous peine de passer pour un nostalgique des « z-heures les plus sombres de notre histoire », un fâchiiste, un poujadiste !
Et ce n'est pas l'art contemporain en lui-même que je raille mais les pseudo-artistes et escrocs plus ou moins conscients qui affirment en relever.
En 2013, la province reste donc confite dans la contemplation de son nombril, se repliant sur elle-même, se rassurant, et toutes les villes ont des airs des sous-préfecture anonyme, de non-lieux sans âme, le tout agrémenté de politiques urbaines ineptes.
Les créateurs d'art contemporain de province, d'"installations" (on ne doit plus parler d'oeuv res) jouent là-dessus pour écouler leur production, et ainsi vivre de subventions diverses et variées, de mécénats souvent publics, au nom de l'art, pardon, de l'Aââârt, faire marcher l'épate-bourgeois, les « bovarysateurs » et « bovarysatrices » ruraux se sentant alors aussi audacieux (et aussi conformistes) que leurs équivalents parisiens dont ils partagent les mêmes prétentions et la même vacuité intellectuelle, car tout ce motive leur prétendue passion de l'Art moderne c'est le désir de se mettre en valeur, eux, et leur peur panique de passer pour des béotiens.
Les créateurs de « happening » provinciaux (comme cette jeune femme qui tout en dansant sur du Strindberg colle des lanières de scotch par terre traçant ainsi des « chemins spirituels »), les « plasticiens » (tel celui-ci qui « crée » des ronds-points tellement audââcieux pour un conseil général qui a de l'argent à jeter par les fenêtres), les « théâtreux » (ainsi ce metteur en scène, pardon, en espace, qui fait jouer Molière comme Ibsen, « parce que Molière en fait c'est tragique, t'vois », retardant en cela d'une trentaine d'années sur les modes prétentieuses), bénéficient donc de la manne institutionnelle et sont assurés d'un public quasiment captif, dont les jeunes, qu'il convient d'ouvrir à cette pseudo-modernité d'un grotesque « prudhommesque » car depuis monsieur Prudhomme, Bouvard et Pécuchet, les bourgeois n'ont pas changé, ils aiment toujours passionnément les lieux communs qui les font rougir d'orgueil.
Les exemples que je viens de donner sont tous réels.
J'allais omettre dedans le plus beau, si j'ose dire, la « mise en espace » de la pièce en deux actes d'un poète grec, pour le « jeune public » c'était agrémenté d'un échange-discussion avec les acteurs et le « metteur en espace ». Un bateau à voiles par exemple était symbolisé par une figurante en grande robe blanche qui tenait les deux pans de son habit pendant qu'un autre comparse soufflait derrière pour figurer le vent, le voyage étant symbolisé derrière les acteurs par la projection de rails de chemins de fer en mouvement pris du dernier wagon d'un train.
Bien sûr, pour figurer la solitude du voyageur, et aussi pour respecter les traditions non écrites du théâtre moderne, un des acteurs se déshabillait en scène jusqu'à la nudité frontale ce qui va de soi pour bien montrer qu'on lutte contre les tabous sexuels de notre société « d'inspiration judéo-chrétienne totalitaire » (TM°), « t'vois », déshabillage qui avait mis en joie des gosses de "cités" "bons sauvages" et alibis "socio-cul" présents ce soir-là.
Cette imposture continuera malheureusement encore longtemps, car les prétentions et les folies des vanités bourgeoises sont sans fond, car aux prétentions sociales les privilégiés finissent toujours par ajouter des prétentions culturelles, voire un rôle de fanaux progressistes du peuple. C'est dans la nature des choses mais il est parfois bon d'évoquer leurs ridicules...
Rond-point des Godelles pris sur le site du syndicat d'initiative de Commercy à ce lien
07:33 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Arts, Lu et vu sur le Net, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, ââârt, hypocrisie, politique, société, bourgeois |
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jeudi, 16 mai 2013
Fragments d'un journal en Palestine 13 – L'envers du décor à Tel Aviv et ailleurs
Au début de mon séjour à Jérusalem, quand les taxis collectifs (« Sheirout » en hébreu, ce qui veut dire « chiottes », ou « Servis » en arabe)) arrivaient à Tel Aviv, ils se garaient encore parfois dans l'ancienne gare routière qui montrait l'envers du décor d'Israël et de cette ville cosmopolite et des plus vivante qui avait des côtés des plus séduisants par ailleurs, comme un décor attirant pour l'œil, un paravent coloré et charmant cachant des réalités plus sombres et plus dramatiques, loin du sable blanc et du ciel si bleu au dessus de la Méditerranée, loin de la sensualité des crépuscules face à la mer.
De nombreux immigrants ayant fait leur « Aliyah » ayant perdus leurs illusions de richesse et de réussite sociale se retrouvaient échoués là, les uns vendant de tout et de rien aux touristes et aux militaires en goguette, d'une paire de lunettes de soleil à de « l'herbe », les autres, moins chanceux, ou moins chanceuses n'avaient plus à vendre qu'eux-mêmes, à savoir leur corps aux michetons émoustillés en mal d'exotisme ou leur force de travail aux patrons peu scrupuleux, quand la manne officielle se tarit, les migrants percevant un temps de confortables revenus, les colons, en particulier les colons intégristes étant favorisés quant à l'octroi de ces pensions, ce qui est un scandale national israélien dont il est peu question en Occident.
L'ancienne gare routière était un rectangle d'une centaine de mètres et tout autour l'on trouvait des petites maisons frustres disposées en « U » qui abritaient au mieux les marchands de babioles pour touristes, au pire les maisons de passe et d'abattage miteuses où se retrouvent des jeunes immigrées éthiopiennes ou russes. Le soir à ces filles se joignaient des prostitués masculins, racolant plus discrètement, derrière les grands immeubles autour de l'ancienne gare, bien souvent entre les poubelles et les excréments animaux et humains.
Allant reprendre à la tombée de la nuit notre « sheirout » pour Jérusalem, nous eûmes la surprise de voir sortir d'un de ces lieux quatre juifs ultra-orthodoxes en grande tenue dont l'un avec un « shtreimel », mais peut-être étaient-ils là pour des controverses théologiques majeures ?
Qui sait ?
Cherchant un loueur de vélos à Tibériade, le tenancier de la maison close louant aussi des vélos (sic), nous assistâmes au même genre de scène cocasse. Celui-ci nous précisa qu'il faisait signer un certificat de mariage express à l'entrée, et un autre de divorce à la sortie aux clients, tous ultra-religieux, pour sauver les apparence, Dieu étant alors fantasmé comme une sorte de super-bureaucrate en quelque sorte.
La prostitution masculine se pratiquait également côté palestinien malgré les dénégations des dignitaires religieux ou politiques quant à l'existence de l'homosexualité en Palestine. Elle était considérée comme une sorte de travail d'intérêt général, une œuvre d'hygiène publique afin de satisfaire au moins un temps les besoins sexuels des jeunes hommes qui souffraient de l'interdiction de fréquenter les femmes alors que non marié.
Les jeunes hommes les plus défavorisés, s'ils n'étaient pas d'un physique trop viril, sombraient dans ce commerce pour eux seule planche de survie, les enfants de « fille mère » en particulier, les bâtards, les gosses rejetés par les préjugés et la sottise communes.
Entre les cahutes circulait constamment une foule hétéroclite et bruyante, des jeunes appelés de « Tsahal » en tenus de « surfers », avec la chemise hawaïenne « ad hoc » et quand même le « M16 » dans le dos, des filles à leur bras, toujours un peu arrogantes et se donnant le genre inaccessible, des palestiniens en recherche de travail, des vieilles dames bédouines vendant leur ballot d'herbes aromatiques, des millénaristes vantant les mérites de leur messie personnel etc....
Parfois l'un ou l'autre religieux juif croyait bon d'aller sermonner, en plein jour, les prostituées, ne récoltant d'elles que leurs ricanements, certaines leur rappelant qu'ils étaient de leurs clients réguliers. Les moralistes en herbe tentaient alors leur chance devant les débits de boissons ne suscitant guère que l'indifférence des clients ou leur mépris.
En Israël, les nouveaux arrivants originaires de Russie ou d'Éthiopie sont automatiquement soupçonnés d'être des demi-juifs ou des faux représentants de la diaspora, qui viennent surtout en Israël pour échapper à la pauvreté dans leur ancien pays.
Et ils sont également de la « chair à canon » non négligeable pour tous ceux qui en Occident considère le « Choc des Civilisations » avec l'Islam comme inévitable, voire souhaitable, et Israël comme une sorte de super-porte-avions au milieu des pays musulmans.
On ne les considère pas vraiment comme des véritables israéliens mais c'est en l'occurrence un échange de bons procédés aux yeux des théoriciens du pan-sionisme moderne....
Il faut avouer que ce n'est pas entièrement faux et que c'est compréhensible. Les futurs immigrés signaient en URSS ou en Éthiopie un pseudo certificat d'appartenance au judaïsme et le tour était joué ainsi que le rappelle Emmanuel Carrère dans son livre sur Édouard Limonov qui fût tenté un temps par le voyage. Les candidats de l'ex-URSS au voyage désignés comme juifs par l'administration soviétique étaient bien souvent des individus considérés comme « asociaux » ou « bourgeois ».
Dans le Nord de la Terre dite Sainte où la communauté russophone est la plus nombreuse, le visiteur, hormis le climat, peut s'imaginer être à Novossibirsk ou dans une banlieue de Moscou. Il peut trouver des produits qui ne sont pas du tout « casher » dont de l'alcool, et de la charcuterie, la seule contrainte étant demandée aux éleveurs de porcs étant que le sang de l'animal « impur » ne touche pas le sol de « Eretz Israël », le rabbin ayant décidé cela ayant certainement touché en espèces sonnantes et trébuchantes de quoi donner à ses « œuvres », les expatriés comme nous l'étions ne pouvions lui il est vrai lui en tenir rigueur. Nous nous fournissions parfois chez eux.
Cette communauté travaille entre elle, fait affaire entre elle, participant à l'effort démographique du pays, la grande peur des dirigeants étant que les populations arabophones les dépassent un jour sur ce plan, certains colonies « en dur » comme Afula étant conçues comme des places-fortes futures, prévues pour résister à de longs sièges. Les immeubles modernes disposaient tous d'une pièce spéciale réservée aux soldats et volontaires chargés de les défendre plus tard, et chaque locataire ou propriétaire disposaient de volets métalliques blindés en cas d'attaque surprise.
Les migrants éthiopiens avaient pour créneau de réussite autorisé le basket ou le football, les autres possibilités d'intégration leur étant plus ou moins fermées.
Pas au grand jour, pas officiellement, le tout étant de l'ordre du « non-dit » ou du silence éloquent.
Ce qui n'empêchait pas des incidents à caractère raciste à avoir lieu quasiment chaque mois à l'encontre des joueurs de ces origines africaines, y compris quand ils remportaient les matchs.
Parfois l'occidental tenté s'approchait quand même « pour voir » du bordel minable, la gorge sèche, un désir trouble au ventre, puis parfois malgré tout renonçait à franchir les rideaux de perles de couleur signalant l'entrée de ces lieux de plaisir supposés. Le regard infiniment triste des filles vendant leurs charmes, leur épuisement visible d'être sur terre, leur désespoir tangible suffisaient à tuer instantanément en lui toute envie de profiter d'une étreinte rapide même crapuleuse à peu de frais.
Le côté pittoresque de l'ancienne gare routière perdait assez vite de attrait pittoresque pour touriste en mal de sensations fortes, la misère, la pauvreté y étant les mêmes qu'ailleurs. Si le voyageur croyait y voir au départ les couleurs et les parfums de l'Orient millénaire, il se trompait, il n'y avait là que des naufragés....
image du haut prise ici, immigrants à la gare routière de Tel Aviv
image du bas, entrée d'une maison de passe de Tel Aviv, prise ici sur le site d'une ONG israélienne aidant les prostituées
07:54 Publié dans Art de vivre, Article, Écriture, Mon journal en Terre Sainte, Politique, Sociologie, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal terre sainte, palestine, israèl, société, littérature, voyages |
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mercredi, 15 mai 2013
L'avènement de la civilisation numérique en question - réponse à un article de Serge Tisseron
Serge Tisseron, dans un entretien sur culturemobile, voit dans l'avènement de la culture numérique, la multiplication des écrans dans notre vie quotidienne, un changement de civilisation, qui s'oppose d'abord à la culture du livre, désignée par le psychologue comme arbitraire, et dogmatique, pyramidale, croyant bon d'égratigner au passage la foi catholique forcément répressive à ses yeux quant à la culture, percevant les rapports de celle-ci avec les arts et la littérature comme dans « le Nom de la Rose », le film d'Annaud, le livre d'Umberto Eco étant plus subtil sur la question..
La plupart du temps, les personnes se référant au « Nom de la Rose » comme la référence ultime sur le rôle délicat et criminel selon eux de la religion au Moyen Age n'ont évidemment jamais lu le livre.
Quant à Serge Tisseron, peut-être ne connaît-il pas les œuvres de Raphaël, Michel-Ange, le Caravage, Georges Rouault, Léonard de Vinci, Giotto et bien d'autres créations majeures d'une liberté artistique et d'une audace que beaucoup ont essayé d'imiter sans y arriver jamais inspirées par cette religion ?
Peut-être n'a-t-il pas lu les livres de saint Thomas d'Aquin inspirés par Aristote et quantité de philosophes antiques, de saint Augustin, de Barbey d'Aurevilly, Bernanos, Bloy, Huysmans, Edith Stein, Simone Weil (la philosophe pas la sainte patronne de l'UMP) ? Peut-être ignore-t-il que les lettres de saint Paul sont inspirées par le stoïcisme et donc par Épicure ?
Des mauvais esprits lui répondraient qu'il redécouvre somme toute l'eau chaude car c'est en soi évident, tellement évident hélas, et extrêmement préoccupant car ce qui domine chez les plus jeunes en particulier, c'est la crédulité, le premier degré de la réflexion et de l'analyse, le rejet de toute hiérarchisation des savoirs alors que tous les goûts ne se valent pas, même si on retrouve tous les goûts sur les rayons des grands supermarchés de la culture qu'ils soient virtuels ou pas..
Bien entendu, comme toute « belle conscience » lisant la « bonne presse » et croyant dans les bienfaits des progrès offerts par la société libérale libertaire, il affirme que c'est d'abord un progrès de la diversité, et que cette multiplication des références est éminemment positive, spécifiant quand même en fin d'entretien que certes cela nécessite quand même une éducation à l'image et à la compréhension des écrans, et qu'il s'agit aussi de préserver les livres et la culture livresque.
Ce qui est contradictoire.
Car Serge Tisseron paraît oublier que lorsqu'une nouvelle forme de culture humaine apparaît elle commence d'abord par rejeter et détruire la précédente, comportement déplorable dans la nature même du pitoyable primate humain. Et il semble être aveugle à ces nouveaux autodafés au nom du développement durable (TM°) parfois que les promoteurs de cette nouvelle culture réclament au nom de la liberté, ce qui est le plus ironique.
Autre contradiction flagrante, Serge Tisseron ne veut surtout pas juger ce changement de civilisation mais moralise et condamne dans le même mouvement l'ancienne culture du livre sans trop de questionnement, mais il faut dire que les théoriciens enthousiastes du nouveau monde inquiétant issu de la société de consommation effrénée en train de naître en 2013 n'en sont pas à une contradiction près.
Il ne veut pas voir le « zapping mental » que la culture numérique provoque que ce soit à cause des pratiques informatiques que de la télévision, la progression constante de la difficulté pour les plus jeunes, et les adultes, à se concentrer durablement sur un travail ou une tâche, dont la lecture d'un livre qui en plus oblige à se couper du collectif, à sortir du confort du groupe vu comme un cocon protecteur.
Il ne veut pas voir également la paresse de raisonnement induite par la culture numérique, qui par l'accessibilité même de certains outils, comme les traducteurs automatiques, les correcteurs d'orthographe en ligne, entraine un refus de tout effort mental personnel, ou de recherche de renseignements.
Pourquoi se fatiguer puisque tout est en ligne sur le Réseau ? Le décervelage à l'oeuvre en notre temps se fait avec l'assentiment encore une fois enthousiaste de ceux-là même qui en sont victimes.
Il refuse de voir enfin que ce qui s'impose sur le net en particulier et dans la culture numérique, ce n'est pas du tout l'acceptation de la diversité des opinions mais l'arbitraire du plus grand nombre, et de la norme, une norme et des standards physiques, comportementaux et sociaux de plus en plus contraignants.
Gare à celui ou celle qui ne veut pas s'y conformer !
En fait c'est à se demander si Serge Tisseron n'aime pas « Big Brother » à l'instar du pauvre Winston Smith à la fin de « 1984 » ?
image issue de "Farenheit 451", l'adaptation du roman de Bradbury par Truffaut, prise ici
Un extrait du film qui est, à peine, de la Science-Fiction
07:32 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Cinéma, Livre, Lu et vu sur le Net, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, littérature, culture, nostalgie |
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mardi, 14 mai 2013
Les grands hommes sont des pauvres types comme les autres
J'ai toujours eu en horreur cette lubie qu'ont les militants, les midinettes, les fanatiques -le militant est une midinette romanesque au fond et a souvent une intelligence qui normalement devrait le pousser à manger du foin- de vouer un culte grotesquement grandiloquent à un grand homme ou une grande femme qui, à les entendre, serait supérieur au reste de l'espèce humaine, ne dirait jamais de conneries, n'en ferait jamais, le tout parce que c'est : Un homme ou une femme politique charismatique, un rebelle vrai ou faux dont l'image met en valeur, un joueur de « foutebôle » doué qui met souvent la « baballe » dans les cages, un chanteur qui fait pleurer Margot dans les chaumières ou encore qui a le coup de rein évocateur, une participante de télé-réalité narcissique et décérébrée, etc....
Le militant-midinette-fanatique s'identifie rarement, est-ce étrange, à un scientifique génial, à un écrivain de talent ; à deux exceptions près, l'auteur à mèche « parce qu'il le vaut bien » que l'on voit dans les magazines « pipeaules », et le « bon client » qui dit des « gros mots » dans le poste. Le « bon client » qui se comporte comme un gougnafier console son admirateur qui aimerait bien se conduire aussi mal au travail mais qui se contient, parce que soumis aux conventions sociales même si c'est seulement en façade
Se moquer, railler, ne serait-ce qu'un petit peu le grand homme, la grande femme qu'ils ont en poster chez eux comme des adolescents pré-pubères, et dont ils ont les œuvres complètes : pensées profondes, journal intime lénifiant, témoignage « tire-larmes », névroses distinguées de pauvre petite fille riche, c'est mal, c'est affreux, c'est pire qu'un blasphème.
C'est s'exposer à la vindicte immédiate de ses admirateurs. Notons que quand un grand homme dit une banalité, cela lui donne tout de suite un autre cachet aux yeux de ses suiveurs, même si cela reste une banalité à pleurer.
C'est un peu comme si le dogme religieux en notre époque qui prétend ne plus croire ni à dieu ni à diable avait été transféré en ces domaines, car le militant-midinette n'est rien d'autres qu'un croyant, un zélote de son église. Les réseaux dits sociaux donnent à cette étalage de banalités prononcées par des célébrités un relief hors-norme, car maintenant, en plus de lire ou d'entendre la platitude ou le lieu commun, il est souvent illustré d'une photo qui appuie un peu plus sur son absence d'intelligence, d'originalité ou de pertinence.
C'est toujours le même genre d'évidence qui reviennent à affirmer que « la mort c'est triste », « la guerre c'est pas beau », « la violence c'est laid » etc...
Remettre en cause leur grand personnage c'est les remettre en cause eux, car le militant-midinette s'identifie à celui-ci, de temps à autre jusqu'à la démence, pour se consoler de sa propre vie et de sa propre personnalité qu'il estime sans intérêt. Il oublie, le militant-midinette que son grand personnage a été, est ou sera à un moment de sa vie un pauvre type, une pauvre femme. Le militant-midinette ne recherche pas un modèle, ce qui serait légitime, il a peur de vivre sa propre vie.
plaque prise sur le blog "Rhizomes"
Ci-dessous un exemple de chanteur "engagé"
07:46 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Lu et vu sur le Net, Revue de presse, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, télévision, société, littérature |
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lundi, 13 mai 2013
"Le bordel au Trocadéro, c'est toujours du spectacle, Coco"
On ne peut pas dire que je sois vraiment un amateur de foot. Que la baballe soit dans les cages, peu me chaut, je n'en ai pas grand chose à fiche.
Soyons honnête cependant, quand mon pays gagne, je suis content, quand même c'est déjà ça. J'ai la fibre chauvine, ce doit être ça. J'ai d'ailleurs enragé cette fois où un crétin a cru bon de donner un coup de boule à un autre joueur tout ça car il croyait qu'il avait mal parlé de sa soeur, alors qu'il y avait des choses plus grandes en jeu, plus grandes que lui en tout cas...
Et puis une victoire de la France c'est toujours une occasion de plus d'une bonne tablée avec des amis, tout en sachant très bien que la plupart des joueurs de l'équipe nationale s'en foutent un peu de la Nation, autant que leur premier chèque de pub au fond...
Cependant, les rares fois où j'ai tenté de regarder un match quand j'étais plus jeune, cela m'a convaincu de ne pas recommencer la tentative, après avoir entendu un commentateur se demander avec anxiété si les joueurs allaient pouvoir s'en donner à coeur joie pour déraciner la pelsouse au Heysel, alors qu'il y avait déjà 36 morts, se posant la même question après l'effondrement d'une tribune à Furiani.
Ce n'est pas que je n'aime pas le foûte, j'ai même joué en UNSS (et non en URSS on appréciera le mot d'esprit), l'exaltation du sport, la montée d'adrénaline que certaines petites équipes donnent encore, rarement, ce n'était pas si mal cet esprit du "beau jeu", ce bon esprit dont la plupart des gosses qui jouent au foûte n'ont rien à faire en 2013, ils rêvent de gagner le fric que gagnent leurs idoles...
Ce soir, quelques multimilliardaires pour la plupart décérébrés, esclaves dociles du spectacle, ont défilé eà Paris, et se sont arrêtés au Trocadéro pour avoir la Tour Eiffel en fond derrière, "pour faire une belle image, coco, la France, coco, les baguettes, les franchouillards derrière en béret, et la ville "so romannntic" à vendre au américains coco !"...
"Tu vois ce que je veux dire, coco !"
Des petits mâles "alphas", qui ont un besoin constant d'être rassuré dans leur masculinité, des brutes sans cervelle et des gamins perdus y ont vu une bonne occasion de se défouler de leur colère, et de leurs frustrations, de leur haine, et puis surtout parce qu'on ne leur a laissé que leur violence. S'ils sont la lie, ce n'est pas seulement de leur faute...
"Et pas de stigmatisation coco, qui te dit que c'est pas les CRS qui ont commencé ?"
On pourrait lancer un sujet d'étude sur l'homosexualité latente chez les groupes de supporters, leur passion pour les étreintes brutales, leur appétence pour les cris et chants de guerre entre hommes. Les néà-barbares vus à la télévision ne sont pas loin des chars de la "Gay Pride" et c'est presque le même genre de festivisme.
Au lieu de leur belle image, les propriétaires du club et les multimilliardaires de la baballe ont eu une belle émeute urbaine, c'est pas grave ça coco, ça fait quand même le spectacle. Et puis leur donner de temps en temps un ou deux gendarmes pour se bagarrer, ça coûte toujours moins cher que d'essayer de les éduquer, Coco, ou de leur donner de la culture.
Ci-dessous la tirade de Desproges contre le foot, que je partage
21:41 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, En passant..., Politique, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, foutebôle, société, littérature |
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Fragments d'un journal en Palestine 12 – « c'était dur à Jérusalem ? »
Quand j'évoque ma vie à Jérusalem, entre Israël et la Palestine, la première réaction quasiment systématique qui vient est de me demander si « c'était dur là-bas », hochant la tête avec commisération songeant souvent qu'il fallait bien que je sois d'une inconscience totale pour partir ainsi à Jérusalem.
Bien entendu, ils n'attendent pas vraiment de réponse....

Bien sûr, il conviendrait que je réponde comme la plupart des anciens volontaires et coopérants que c'était vraiment très très dur, tellement inconfortable, mais que j'ai tenu bon deux ans sans faiblir parce que je suis tellement courageux et fort, réponse suscitant immédiatement l'admiration et l'approbation des interlocuteurs toute expérience sortant des normes en France se devant d'être forcément difficile, une expérience quasiment insurmontable, ce qui conforte les « braves gens » dans leur conformisme moral et social, réponse me permettant de rester cadré sagement dans le rôle du trublion inadapté qui n'a été capable de supporter l'expérience que par son inadaptation au monde moderne.
C'est un peu comme pour l'artiste et l'écrivain, ou le cinéaste, ils se doivent de forcément souffrir, de ne pas aimer ce qu'ils font, de vivre cela comme un calvaire, cette souffrance étant considérée en somme comme une consolation de la part des médiocres qui ne veulent surtout pas se distinguer du reste du troupeau, et qui ne supporte pas ceux qui y arrivent, qui contredisent leur confort intellectuel, leurs certitudes faciles.
Au début, juste après mon retour en septembre 2000, je répondais en disant à chaque fois la vérité, à savoir que c'était une expérience extrêmement facile pour moi et des plus agréables, malgré la haine, la violence et la bêtise pourtant largement présentes en Terre dite Sainte, malgré les coupures de courant ou d'eau, les petites mesquineries quotidiennes à Sainte Anne qui ne revêtaient déjà quand je m'y trouvais qu'une importance très modérée, ou les jugements à l'emporte-pièce me concernant dans cette maison, d'aucuns parmi les Pères Blancs ayant décidé que j'étais un électron libre absolument insupportable, incontrôlable et parfaitement irresponsable.
J'y appris au moins que personne n'est réellement irremplaçable la vanité dût-elle en souffrir.
Maintenant, je m'empresse bien sûr de souligner combien de difficultés il y avait sur mon chemin, combien de pierres d'achoppement j'ai eu à contourner, combien on vit mieux en France, mais que cela reste néanmoins une « expérience inoubliable », ce qui est certes le cas.
Je raconte les alertes à la bombe dans les cars « Egged Bus » rouge et blanc, dans la gare routière de Haïfa, les cendres vives et rougeoyantes des violences qui ne demandaient qu'à se rallumer, ce moment au début de mon séjour où j'ai été entouré dans la rue par une douzaine de jeunes palestiniens persuadés que j'étais un colon installé dans une maison de leur quartier, ne devant mon salut qu'à mon accent anglais déplorable et à ma proposition de leur prouver que je n'étais pas juif de manière franche et directe.
Je pourrais décrire le bruit que firent les deux coups de feu tirés au-dessus de notre voiture par un soldat avec son « M16 » un jour où nous décidâmes de passer un « check point » israélien sans nous arrêter, croyant bénéficier en être exemptés de par notre plaque consulaire, juste après avoir décrété solennellement que les chargeurs des militaires israéliens étaient toujours vides. Le moment où j'ai eu le plus peur n'était pas dû à la guerre, à la religion, au fanatisme, à une quelconque injustice. Je le vécus en nageant devant la plage de Tel Aviv, pris dans des courants marins très difficiles à remonter alors que je m'étais éloigné imprudemment vers le large.
Je préfère rassurer.
C'est aussi une manière d'éviter de blesser, car mes proches, mes amis ont pu se sentir offensés de m'entendre dire que pendant deux ans je m'étais passé de leur compagnie somme toute avec une grande facilité, et que j'en avais nul besoin.
Je le répète ici, mes amis, mes proches, mes relations étaient toujours avec moi à Jérusalem, ils ne m'ont jamais vraiment quitté, j'ai toujours été avec eux, je n'ai jamais rompu les liens d'affection que j'avais pour eux.
Cette expérience inoubliable je l'ai vécu avec eux chaque instant, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, avec le profond désir de la partager, ce qui est un des motifs de l'écriture de ce journal. Écrire ce petit journal n'est pas un acte égoïste, même si d'aucuns prétendront que c'est totalement égocentrique. Ce sont souvent les mêmes qui ne voient pas la contradiction qu'il y a à se dire modeste, à affirmer qu'eux au moins sont d'une grande humilité et ont beaucoup moins de prétentions.
C'est une manière de communiquer les joies, les peines, les colères, les douleurs vécues là-bas et non de thésauriser ces sentiments pour moi tout seul, dans une démarche que j'assume comme pleinement orgueilleuse.
Et alors ?
D'autres se sont enhardis à me dire qu'il ne voyait pas l'utilité de partir ainsi en coopération à l'étranger, tant de choses étant à faire en France, que c'était un luxe de petit bourgeois en somme, sortant des rails parce qu'il en avait les moyens, et non par désir de s'éloigner du commun, ou d'une vie banale. Ruminant leurs frustrations, ils interdisent aux autres de les vaincre, refusant de s'y atteler eux-mêmes, refusant de remettre en question leurs carences, et leurs manques.
Cette vie facile n'avait qu'un seul inconvénient et de taille, décrit par la plupart des correspondants de guerre et des grands reporters. A force d'avoir eu toujours beaucoup de chance dans nos déplacements constants en Israël et Palestine, ayant souvent tenté le diable sans en subir aucunes conséquences, nous avions fini par nous croire invulnérables.
La plupart d'entre nous au bout des deux ans ne voyaient plus l'utilité d'avoir toujours son passeport en poche, y compris lors des jours plus tendu, nous moquant des plantons chargés des contrôlés d'identité. L'un de nous passait les « check points » de Ramallah chaque jour à vélo sans même prendre la peine de freiner, insouciants des avertissements lancés par les militaires. Un autre encore ne respectait plus le code de la route et se garait n'importe où.
C'était une sensation des plus grisantes.
Nous sachant écoutés et nos mails lus, un jour nous en eûmes la confirmation absolue, nous trouvions formidablement amusants de « charger la mule » en rajoutant à chaque fois les « mots-clés » qui feraient que notre conversation serait analysée, espérant ainsi faire perdre du temps à ces cyber-balances et se moquer d'eux par la même occasion.
L'une d'entre nous entendit un jour, attendant que son correspondant décroche enfin, l'attente durant un peu, un des types chargés de nous écouter râler contre le fait que l'autre ne décroche pas, anecdote qui nous mit en joie. Ces petites taquineries nous ont valu quelques heures de fouille et d'interrogatoire soutenu au retour, voire pour l'un de nous d'être enfermé en celulle deux jours. Tout cela n'était rien, car ce que nous avons vécu méritait bien de faire preuve d'un peu de patience.
Mais cette liberté, c'est surtout en France qu'on nous l'a fait payée cher....
image du haut prise ici sur le site "créations mosaiques"*
image du bas empruntée là
08:11 Publié dans Art de vivre, Article, feuilleton, Foi, Histoire, Histoire du conflit, Mon journal en Terre Sainte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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dimanche, 12 mai 2013
Chrétiens enterrés vivants
Marie de Varney a écrit « Chrétiens d'Orient – Voyage au bout de l'oubli », paru chez François Bourin en mars 2013. Il n'a pas été du tout question de ce livre dans les médias officiels, bien que ce qu'il décrit ne peut que susciter l'indignation légitime de toute personne juste un peu honnête. Cela n'est guère surprenant, ces minorités ne font pas des victimes acceptables selon les critères habituels de la bien-pensance.
Cet ouvrage décrit pourtant la situation tragique de ces chrétiens en terre d'Islam actuellement et l'indifférence abjecte quasiment totale des occidentaux face aux persécutions qu'ils subissent et ce particulièrement depuis ce que certains ont perçu comme un peu trop rapidement comme un « printemps arabe » des pays du Maghreb et du Machrek dont l’Égypte.
Ainsi que le montre Marie de Varney, ce « printemps » a pour l'instant surtout permis la mise en place de régimes théocratiques et islamiques durs qui voient dans les chrétiens des boucs émissaires bien utiles pour affirmer leur pouvoir et garder sous le coude un dérivatif des éventuelles déceptions des peuples arabes. Les anciens maîtres de ces pays les ayant protégés, aussi pour s'offrir une vitrine présentable, ces chrétiens orientaux sont doublement suspects : suspects d'être des suppôts de l'Occident, de par leur foi, et donc des anciens colonisateurs, suspects d'être des valets des dictateurs.
Ils oublient ou feignent d'oublier que ces minorités sont des parties intégrantes de leur peuple loin d'être négligeables, et qu'elles ont protégé pendant des siècles des traditions, des langages parfois, des œuvres d'art exceptionnelles qui remontent à l'origine de l'histoire des nations qu'ils conduisent maintenant.
Ces chrétiens le sont pourtant depuis plus longtemps que ceux d'Occident, car le christianisme n'est pas né à Rome, mais au Proche Orient. Et ceci les catholiques « romains » l'ignorent complètement, méconnaissant totalement leur propre histoire et les origines de leur foi. L'auteur de ce texte a pu le constater à de nombreuses reprises alors qu'il animait des stands de « l'Oeuvre d'Orient » en différents lieux de rassemblement de croyants ou à Jérusalem même où les diverses confessions chrétiennes arabes sont tout au plus considérées comme des survivances folkloriques sans importance par les pèlerins européens.
Les chrétiens d'Orient sont par la force des choses obligés de fuir leurs pays alors que leur médiation avec l'Europe pourrait s'avérer indispensable afin de jeter des ponts avec l'Islam et d'éviter avant qu'il ne soit trop tard le fameux « choc des civilisations » qui menace pourtant un peu plus chaque jour. Ils fuient car les occidentaux ne les aident pas, en restant uniquement au stade des bonnes intentions et rien d'autres, soutenant jusqu'à l'absurde des militants islamistes jusque dans leurs propres pays, se conciliant leurs bonnes grâces par de multiples reculs et compromis envers une « saine laïcité ».
image de la couverture prise ici
05:46 Publié dans A boulets rouges..., Article, Foi, Histoire, Livre, Lu et vu sur le Net, Mon journal en Terre Sainte, Revue de presse, Sociologie, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chrétiens d'orient, christianisme, société, indifférence, terre sainte |
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vendredi, 10 mai 2013
Fragments d'un journal en Palestine 11 – le monde au bout de la rue
Ais-je souffert du « syndrome de Jérusalem » ?
Dans Jérusalem, que ce soit près du Saint Sépulcre ou dans toute la Vieille Ville, il n'était pas rare de croiser des fous mystiques atteints du « syndrome de Jérusalem », une folie douce qui est une affection psychologique réelle, diagnostiquée et étudiée dans les hôpitaux israéliens consistant à sombrer dans un millénarisme délirant, voire un messianisme farfelu, et à se conduire en illuminé extrêmement extraverti :
Ainsi cet ancien pasteur américain qui passait ses journées à lire la Bible à haute voix sur le mont des Oliviers, ainsi ses vieilles femmes en extase embrassant, étreignant farouchement et passionnément les piliers et colonnes des monuments religieux de la ville, ainsi ces étudiants étrangers se mettant à voir dieu en rêve, leur intimant l'ordre de prier pour telle ou telle cause (les ordres reçus semblant tous être dirigés dans un seul but, mettre en valeur celui qui était censé les appliquer en le consolant de ses frustrations) etc...
Précisons que le « syndrome de Jérusalem » ne concerne pas le mysticisme réel ni la foi assimilée parfois par la psychanalyse à une hystérie, ce qui serait réducteur, l'art devenant par conséquent une simple sublimation et rien d'autres. Certains pèlerins et touristes étaient atteints selon moi d'une version plus calme de cette affection, moins démonstrative, mais aux conséquences humaines beaucoup plus dangereuses. A la rigueur, je préférais les vieilles dames folles d'amour pour Jésus Christ au Saint Sépulcre que ces malades atteints d'une version beaucoup plus ennuyeuse du « syndrome de Jérusalem » et visiblement contagieuse.
Ces vieilles folles ainsi que les autres fous rencontrés là-bas font partie de la même « Cour des Miracles » des croyants que moi, pauvres hères, êtres humains certes pitoyables mais capables d'aimer encore, quand même, un tout petit peu....
Généralement totalement ignorants de l'histoire de la Terre dite Sainte, y compris de celle de leur propre foi, mais remplis de certitudes absolues sur le sujet, ils blessaient plus ou moins inconsciemment mais toujours gravement les palestiniens chrétiens ou musulmans, les israéliens par des considérations surtout marquées au coin par leur bêtise affichée sans complexes, légitimée par un pseudo-mysticisme ou la présence de ceux les prononçant sur la terre même des Écritures.
A chaque fois ou presque, cela provoquait des violences, psychologiques et physiques, qui pouvaient être des plus graves. J'ai même en mémoire l'une d'elles qui a conduit à la mort d'une enfant du fait de l'entêtement sans fondement d'un de ces idiots criminels sans même s'en rendre compte alors que la guérison de cette petite aurait pu être un signe d'espoir éclatant.
Des membres du « Chemin néo catéchunénal », « nouvelle communauté » chrétienne vivant selon des règles de vie à la limite du sectarisme comme la plupart des « nouvelles communautés », avaient par exemple décidé de traverser toute la Vieille Ville musulmane et chrétienne en chantant des psaumes hébreux à pleins poumons dont certains sont devenus des chants nationalistes israéliens chantés par les soldats de Tsahal quand ceux-ci sont entrés dans Jérusalem Est en 1967, ou quand ils ont envahi la Cisjordanie.
C'est un peu comme si l'on demandait en quelque sorte à un alsacien d'écouter sans émotions quelqu'un chanter « Deutschland überlalles » à côté de lui sans réagir....
Des touristes religieux du même acabit, ce sont souvent des charismatiques, avaient fait un grand cercle à Jéricho, se donnant la main, se laissant aller à une sur-affectivité mièvre que j'ai personnellement en horreur quand il s'agit de foi, et ceci juste devant une « colonie » israélienne, ce qui avait été pris comme une provocation par les palestiniens, ce qui avait provoqué des émeutes en ville après le départ protégé par l'armée des imbéciles à l'origine de cette poussée de haine qui ne comprirent s ans doute jamais les conséquences de leurs bons sentiments complaisamment étalés.
Je me souviens aussi de la présence de la « Communauté des Béatitudes » à Bethléem non loin de la fausse « Tombe de Rachel », tenant la véracité de ce lieu comme absolue, ne comprenant pas le mal que cela causait à suivre aveuglément les promoteurs de ce lieu historiquement totalement faux.
La sottise de ces gens les poussaient généralement à soutenir une politique israélienne très agressive et à considérer les palestiniens comme des intrus en Terre Sainte, des « immigrés » tout juste bon à servir de manœuvres ou de maçons, à avoir une peur bleue et injustifiée de s'aventurer dans les « Territoires », tout surpris quand ils y parvenaient enfin, surmontant leur préjugés, que personne ne leur tranche la gorge.
A leur décharge, la sottise de certains européens côté palestinien, refusant absolument tout échange, toute possibilité de dialogues avec les israéliens était tout autant problématique. Beaucoup d'occidentaux considéraient la Palestine comme un terrain de jeux politique et spirituel, une sorte d'immense possibilité de jouer aux « gendarmes et aux voleurs » sans remettre en question son propre confort matériel ni intellectuel, et une occasion de se mettre en avant, et de trouver une forme de reconnaissance longtemps recherchée en France, mais jamais atteinte, en jouant les sauveurs des palestiniens.
Je me souviens de deux d'entre eux, tous deux comme d'autres, en tenue fantaisiste, et à leur idée, selon leurs fantasmes, de « fiers nomades du désert », que j'accompagnai avec un autre coopérant dans la « Vieille Ville », nous étions devenus en somme des « fixers » pour les occidentaux désirant un « cicerone », nous sortant au bout de quelques instants, et ce malgré leurs discours grandiloquents sur la fraternité et leur « citoyenneté du monde » le refrain sur « le bruit et l'odeur » des quartiers arabes, et leur inconfort de petits occidentaux sur-nourris et confits dans leurs certitudes arrogantes à supporter cela.
A Jérusalem, point de songe mystique pour moi, point d'apparition divine pendant mes nuits, je faisais par contre souvent le même rêve, la « Via Dolorosa », qui était ma rue remontait jusqu'à celle que j'habitais en France, qui était alors toute proche de celles où habitaient mes amis les plus chers.
Dans mon sommeil, j'étais un peu surpris mais trouvait cela très pratique au fond. Je l'interprète du fait que mes proches, ma famille, mes amis, mes amours aussi, ont toujours été avec moi en cœur ou en esprit, je partais avec tous ces sentiments d'affection filiale, fraternelle, et aussi amicale, qui ne m'ont jamais quittés une seconde. Mes amis, mes parents, mon frère, mes sœurs, mes amours ne m'ont jamais quitté une seconde
D'où la joie que j'ai pu ressentir quand j'ai pu partager mon bonheur d'avoir enfin trouvé ma « terre sainte » sur place, partageant tout cela, malgré la violence et la haine toujours fortement prégnantes. La légèreté et la futilité superficielles aux yeux des cuistres et des personnes atteintes du « syndrome de Jérusalem » deviennent alors une obligation pour montrer que force reste à la vie, à l'humanité, qui se traduisait là-bas par un sens de l'accueil toujours remarquable et des attentions aux autres toujours d'une grande délicatesse pour peu que l'on sache les accueillir.
A « Sainte Anne - Salahyeh » où j'habitais, il m'arrivait souvent de sortir le soir dans les ruines de la piscine antique de Bethesda et de contempler, appuyé sur un reste de mur byzantin, les étoiles innombrables au dessus de la ville, dans le ciel clair. De par la topographie des lieux, l'esprit s'en exhalant aussi, derrière la ligne d'horizon, derrière la courbure de la terre, j'avais vraiment le sentiment profond que le monde entier était juste là derrière et orgueilleusement, ou romantiquement, je ne sais pas, je voyais vraiment Jérusalem au centre non pas de tout l'univers mais de mon monde intérieur.
Je n'entendais plus alors les bruits incessants de la ville : les plaintes douloureuses et nostalgiques des « muezzins », les sirènes de police des policiers israéliens, les chants des croyants au loin, les cloches de la paroisse franciscaine. L'air était empli des parfums des épices, des herbes aromatiques, du café à la cardamone, des agrumes, des oliviers millénaires, selon la légende, du jardin de Gethsémani, lieu qui n'était qu'à cinquante mètres de chez moi. Lors des tentations de me laisser aller au cafard, aux lamentations, il me suffisait pour me ressaisir de faire quelques pas dehors et goûter la douceur paradoxale de l'air, douceur qui était une idée du bonheur.
Car cette Terre dite Sainte contre toute attente est aussi et surtout une terre très charnelle, les collines de Judée ayant des formes de corps féminins languissamment étendus, en sensualité, sensualité niée par tout les fanatiques, sensualité nous rapprochant de notre humanité car elle incitait à aimer la beauté des choses et des êtres. C'était, il faut dire, une sensualité d'avant le péché originel, sans aucune perversité, une idée de la Vie en somme....
image du haut, personnes atteintes du syndrome de Jérusalem prise ici
image du bas, paysage de Judée, image prise ici
17:12 Publié dans Art de vivre, Article, Lu et vu sur le Net, Mon journal en Terre Sainte, Personnel et confidentiel, Politique, Spiritualité, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jérusalem, palestine, israèl, société, journal en terre sainte |
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mercredi, 08 mai 2013
Le monde appartient aux brutes et aux imbéciles
Une des nouvelles que je préfère de Marcel Aymé est « les bottes de Sept lieues », dans le recueil "le Passe Murailles", adaptée en 1990 par Hervé Baslé dans un téléfilm très réussi.
Je préférerai toujours, même si c'est moins chic, Marcel Aymé pour ses récits et « contes » à Céline. Marcel Aymé n'a jamais de haine pour ses personnages et autres frères et sœurs en humanité, ce qui ne l'empêche pas d'être lucides, et de pointer les travers de ses congénères avec finesse et pertinence sans pour autant les envoyer en enfer ou au paradis, les condamner, les rédimer selon son bon vouloir. Ainsi de nombreux auteurs, tout comme des commentateurs politiques, des journalistes, des pékins moyens, apprécient-ils de se prendre pour le diable ou le bon dieu, ce qui est paradoxal dans une époque où les métastases libérales libertaires ont gangrené quasiment toute la société.
Dans ses contes, les assassins peuvent redevenir des enfants (ce qui n'empêchera pas les juges de les condamner à mort), les saints peuvent pêcher, par devoir, sans risques, les fonctionnaires qui s'ennuient au bureau traversent les murs, les huissiers protègent les veuves des propriétaires, les gosses sont plus humains que les grandes personnes, les donneurs de leçons sont ridiculisés et les petits bourgeois moqués dans tout le grotesque de leurs certitudes absconses.
C'est aussi un timide, un émotif qui écrit pour se protéger, ne pas être blessé.
Dans cette histoire, des gamins de Montmartre se retrouvent tous à l’hôpital après une bagarre homérique entre eux pour savoir qui aurait le droit d'aller acheter des bottes réputées être celle du conte de Perrault qu'ils ont entre-aperçues dans la vitrine d'un antiquaire excentrique de « la Butte », rue Drevet. Ils finissent par se réconcilier, rêvant du moment où ils pourront chausser les bottes légendaires, s'étant accordés pour en partager l'usager avec équité et justice.
Ils en parlent tous à leurs parents qui, tenant à faire plaisir à leur progéniture, et avoir la paix ensuite à la maison, essaient de les acheter, mais qui échouent lamentablement à le faire l'antiquaire demandant à chaque fois un prix ridiculement exorbitant pour les bottes, ou alors le surprenant apparemment dans des situations abracadabrantes qui les scandalisent : jouant aux échecs avec un oiseau empaillé, se battant en duel avec un mannequin de couture etc....
Seule la mère célibataire d'un garçon sage parmi eux y arrivera, pour quelques pièces.
Je me reconnais, moi enfant, dans ce garçon sage, qui reste à l'écart mais refuse d'être le « premier de la classe », qui préfère les chahuteurs et les mauvais élèves aux enfants dociles et obéissants. Comme lui, j'avais très peu de confiance en moi tout en étant révoltés par le pouvoir que les imbéciles et les brutes ont et conservent sur ce monde dés l'enfance ; car le monde leur appartient et continuera à leur appartenir encore quelques temps malgré les bonnes intentions des uns ou des autres, qui ne se traduisent jamais.
C'est à cela que celles-ci sont destinées il est vrai, rester des bonnes intentions.
C'est le propre des enfants un peu trop sensibles au monde. Percevant avec acuité les sentiments de ceux qui les entourent, ils sont bien souvent beaucoup plus blessés que les autres. Ils en retirent une confiance très modérée dans l'espèce humaine, mais aussi en eux-mêmes. Je suis convaincu par contre que les imbéciles ont toujours une absolue confiance dans leur jugement, ne le remettant jamais en question, n'étant pas blessés ou alors dans leur orgueil, ce qui les amène à emmagasiner divers complexes et frustrations qui seront compensées, ils le pensent, par la possession d'objets réputés indispensables dans la société spectaculaire.
Les brutes et les imbéciles estiment que la violence dont ils sont capables de faire preuve, collectivement ou individuellement, justifie à elle seule leur ascendant sur le monde. « Bienheureux les doux » disait un homme il y a près de 2000 ans sur une colline de Galilée, et d'autres béatitudes que les chrétiens tout comme les incroyants apprécient de prononcer, mais ne se sentant pas vraiment concernés, à de rares exceptions....
17:13 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Blog, Écriture, En passant..., Foi, Personnel et confidentiel, Sociologie, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, société, politique, hypocrites, spectaculaire, lucidité, caustique |
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lundi, 06 mai 2013
Happy Birthday François !
'Happy Beursday touyou " Moi-Président et Lui-Premier Ministre !
Post Scriptum : Une chose m'effare, ce qui domine chez les électeurs qui avouent encore avoir voté Hollande, c'est surtout pour une question d'image, et contre une autre image en somme, et non pour ou contre des idées, tout en sachant très bien les conséquences possibles pour le pays.
22:07 Publié dans Art de vivre, Article, Cinéma, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, hollande, ayrault, société |
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Fragments d'un journal en Palestine 10 – La rue appartient aux gosses
Ce qui frappe le plus en Terre dite Sainte, que ce soit côté palestinien ou israélien, ce sont les gosses, à qui la rue appartient. Certains quartiers de Jérusalem ont quand l'école est finie des allures de jardin du géant égoïste, rempli d'enfants courant dans tous les sens.
La jeunesse de ces peuples turbulents saute aux yeux, jeunesse que les fanatiques et autres imbéciles sinistres veulent embrigader dans leurs délires mortifères, pousser à la violence, ou dont ils essaient de museler les élans au bonheur le plus possible, du jardin d'enfants à l'université, dont celle de Bir-Zeit où hélas de nombreux étudiants se laissaient séduire par les thèses assassines du Hamas et autres imbéciles pontifiants et meurtriers en puissance.
Parmi ces gosses, il y avait les petits garçons et les petites filles en uniforme, en blouses bleues et blouses vertes, car il est obligatoire à l'école, ne rentrant chez eux le soir que pour aller ensuite aider leurs parents, travaillant parfois jusqu'à des heures indues.
La plupart, contrairement aux petits français, qui ont du mal à parler et écrire leur propre langue à cause des effets conjugués de multiples réformes pédagogiques et de vision de spectacles de télé-réalité, parle quatre ou cinq langues de manière -presque- parfaite : l'arabe, l'hébreu, l'anglais, l'italien, la fréquentation de cette langue s'expliquant par la présence des franciscains et de la Custodie dite romaine depuis le XIVème siècle, et le français.
Quant au français, il n'était pas rare d'entendre soudain, côté israélien, un juif à l'apparence traditionnelle se mettre subitement à jurer avec l'accent parisien voire bien parigot du fait d'une contrariété ou d'une autre.
Ces gosses sont cosmopolites de naissance. Jérusalem semble alors réellement au carrefour de tous les peuples, mais pas du tout au sens millénariste du terme, pour cautionner les appétits de pouvoir de tel ou tel dignitaire. C'est bien toute l'humanité qui se retrouve alors dans cette ville, de ces aspects les plus nobles aux plus pitoyables.
Ils n'ont pas peur des prétentieux, des vaniteux, des grands esprits, et se moquent des hypocrites qui confondent leur terre avec un parc d'attractions biblique, pseudo-humanitaire ou politique. Comme leurs parents, et grands parents, ils ont vu défiler nombre de ces bons apôtres qui une fois repartis chez eux, douillettement confits dans leur confort intellectuel et matériel, oublient complètement toutes leurs belles promesses balancées surtout pour se donner bonne conscience, bonne image ou se faire plaisir.
Ces gosses des rues méprisent cordialement les grandes personnes qui ne les voient pas, qui ne voient pas qu'ils manquent de tout, à commencer par un logement décent et de la simple liberté d'être des enfants comme les autres n'ayant que des soucis d'enfants, et non à devoir vendre des cigarettes de contrebande libanaise, contrefaçons de diverses marques, ou des paquets de « Viceroy », la marque locale, toutes ces cigarettes ayant le même parfum marqué que les « gitanes maïs » ou que le « troupe » gris que l'on donnait autrefois aux soldats en France, ou des lunettes de soleil tombées des camions de livraison.
Les petits voleurs battaient le pavé le soir (battre le pavé peut se dire littéralement à Jérusalem dans la Vieille Ville) et le petit matin, utilisant toujours plus ou moins les mêmes techniques, exerçaient leurs coupables activités : l'un d'eux présente au touriste en « tongs » et « sac banane » qu'il croit prudent, et seyant, de porter autour de la taille, un chapelet de cartes postales, pendant que l'autre détache précautionneusement le dit sac pendant que son propriétaire regarde ailleurs.
Je les ai souvent vus opérer. Au début, silencieusement, ils me demandaient de ne pas alerter leurs victimes, puis voyant que je ne les dénonçais pas ne s'en sont plus donnés la peine par la suite.
Parfois une des victimes se réveillait et avertissait les policiers israéliens qui réagissaient très mollement la plupart du temps, ayant parfaitement constaté que les voleurs étaient en train de dépouiller un hollandais ou un allemand virant à l'écarlate façon homard à la nage, mais laissant faire car le pourrissement du quartier musulman arrangeait les affaires d'Israël qui pouvait ensuite se poser en sauveur de la sécurité des braves gens dans cet endroit de la Vieille Ville, et légitimer ainsi la colonisation progressive des quartiers progressivement désertés.
Je buvais même le thé à la menthe avec eux le soir quand il faisait un tout petit peu plus frais, ce qui je sais suscitera la réprobation par l'immoralité de la situation, il aurait certainement mieux valu que je moralise leur comportement amoral tellement intolérable, à ces pauvres gosses vivant généralement avec leurs parents, grands parents et arrière grands parents dans des cahutes même pas salubres, dans la peur constante d'être expulsés le lendemain par un colon américain ou européen brandissant comme justificatif un titre de propriété datant parfois du XVème siècle.
Il est d'ailleurs étrange et paradoxal, très ironique, de constater que les colons justifient l'expulsion des familles arabes par des papiers portant le sceau de l'empereur ottoman, musulman, pourtant largement raillé, moqué, détesté par toute la tradition talmudique..
Il arrivait de temps à autres que la police veuille faire un exemple et qu'elle en poursuive un pris sur le fait, avec forces bruits de sirènes, comme dans les films américains, et interjections diverses dans les hauts parleurs. Il arrivait que le gosse poursuivi qui croyait jusque là pouvoir poursuivre ses larcins en toute impunité se réfugiait à Sainte Anne, terre française, à statut d'ambassade et donc interdite à la police israélienne que cela faisait enrager, intimant aux "Pères Blancs" de leur livrer les gosses chapardeurs en avançant diverses menaces, ce que les "Pères Blancs" ne firent jamais.
Ce sont ces petits voleurs qui m'appelaient « Bumba », surnom s'appuyant sur les rondeurs confortables de ma silhouette, je n'ai donc pas besoin de le traduire. Bien entendu, d'un accord tacite, mes amis ou relations qui venaient me voir à Sainte Anne, rue du Mouhadjedin, n'étaient jamais dépouillés de leurs biens.
Quand j'étais là-bas, les jeunes palestiniens voulaient simplement pouvoir circuler librement, aller draguer rue Ben Yehouda, avoir un travail, pouvoir fonder une famille sans avoir à amasser une dot énorme, selon la coutume, ainsi que doit faire le marié, ce qui encourage les mariages forcés de jeunes filles, voire très jeunes filles, avec de gros porcs largement plus âgés qui monnaient le silence des parents en les couvrant de cadeaux, coutume et dérive existant aussi du côté israélien dans les quartiers ultra-orthodoxes, des séides du parti "Shas", où l'hypocrisie morale ou sexuelle est rigoureusement la même qu'au "Hamas".
Je songe aussi à ces jeunes qui étaient mes élèves et étudiants en Français Langue Étrangère au CCF de Jérusalem, qui avaient soif de savoir, de culture, de lectures, de tout ce qui nous semble acquis et donc tellement futile. Ils n'avaient jamais assez de travail à faire, jamais assez de devoirs et tous parlaient déjà français couramment mais désiraient toujours et encore se perfectionner. A cause de la première « Intifadah » et du blocus des territoires, ils n'avaient pu avoir une scolarité normale.
Parmi eux, je me souviens de cette jeune fille voilée, de par la volonté de ses frères, contrairement aux jeunes filles voilées que l'on croise en France qui s'infligent cela pour se démarquer, qui « séchait » une fois ou l'autre mes cours pour retrouver un garçon qu'elle aimait mais que sa famille lui avait interdit de fréquenter. Je me souviens de ces espoirs, de son désir de partir étudier en France, ou au Québec.
Je me souviens de son nom entendu à la radio et à la télévision lors d'un attentat suicide dont elle fut l'auteure après le début de la deuxième Intifadah, quand monsieur Sharon a cru bon d'aller se promener sur l'esplanade des mosquées en septembre 2000 attisant de nouveau la haine, provoquant un nouveau blocus, éteignant tout espoir chez ces jeunes qui avaient cru qu'enfin la paix s'installait, haine attisée également par tous ces pseudo « anti-sionistes » qui ne font que jouer le jeu de ceux qu'ils entendent combattre, par bêtise.
Je ne sais quels abîmes de désespoir ont pu pousser cette jeune femme à se laisser embrigader par des terroristes et à commettre cet acte irréparable, terrible et définitif. La seule chose que je trouve à dire à ceux qui défendent le geste de Sharon ou qui se posant en antisionistes purs et durs ne comprennent en rien le désespoir de ces jeunes est de les traiter de « bande de cons ». Je ne vois pas beaucoup d'autre discours à leur opposer.
photo du haut prise ici
photo du bas prise là
07:40 Publié dans Article, feuilleton, Foi, Histoire, Histoire du conflit, Lu et vu sur le Net, Mon journal en Terre Sainte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, société, politique, israèl, palestine |
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dimanche, 05 mai 2013
Une femme solaire comme Marilyn
Sur un des murs de ma chambre, j'ai un calendrier avec chaque mois une photo de Marilyn Monroe, c'est somme toute logique pour une femme solaire de permettre à un de ses admirateurs de mesurer le temps.
En parcourant le livre remarquable de Simon Libérati sur Jayne Mansfield j'y ai retrouvé les mêmes sentiments que je ressens pour Marilyn, la même compulsion dévorante à essayer de saisir le mystère, l'énigme cachée derrière la vie flamboyante, la « légende dorée » comme « la légende noire ».
En outre, J'ai toujours eu du mal à comprendre l'insistance des médiocres à chercher avec acharnement la noirceur et les fautes chez les personnes hors du commun, ne comprenant visiblement pas que ces personnes comme tous êtres humains n'ont l'âme ni toute noire ou toute blanche, mais que l'on y trouve que du gris. Il y a certainement une part de jalousie de la part de ces imbéciles pour qui l'intelligence ou la beauté, la séduction ou la culture, sont autant d'injures personnelles, surtout quand ils en sont dépourvus.
Les anciens petits garçons timides, qui se laissaient mener par le bout du nez par les filles, pensant que celles-ci n'utilisent jamais les lieux d'aisance, parce qu'ils les prennent pour des princesses de contes de fées gardent le même genre de fascination plus tard même si moins timide c'est volontairement qu'ils se laissent mener.
Il n'y a pas de légendes noires, il n'y a que des êtres humains complexes.
La personnalité tourmentée de l'interprète de films de Billy Wilder, Howard Haks, ciseleur de dialogues, ou Otto Preminger ne peut se résumer en quelques lignes, quelques clichés ou lieux communs parfaitement inintéressants.
Elle est à la fois la petite fille qui met les habits et les chaussures à talons hauts de sa grande sœur, en espérant plaire aux garçons, qui éveille ainsi chez les hommes le besoin de la protéger, de la prendre dans ses bras pour la consoler, cette femme perpétuellement insatisfaite, qui ne sait plus trop où se situe sa vraie personnalité, qui n'a aucune confiance en elle et qui est quand même une « enfant radieuse » telle que la décrit Truman Capote, qu'elle entraîne fumer dans les toilettes après un enterrement comme une collégienne qui voudrait échapper aux « pions ». Elle est exhibitionniste et pudique, extravertie à l'outrance et timide.
Elle est aussi parfois une femme d'esprit, sûre d'elle et de son jugement, capable de dire les pires vacheries sur ses consœurs et confrères d'une formule tranchante, caustique et toujours juste qui ridiculise instantanément ceux qui ne la prenaient que pour une blonde idiote ou une potiche des studios, dont elle même qui s'est soumise aux diktats plus ou moins grotesques d'intellectuels théâtreux la forçant à des disciplines de jeu de scène complètement absconses, intellectuels faisant payer en espèces sonnantes et trébuchantes leurs conseils sans intérêt, car Marilyn était une comédienne instinctive qui n'avais pas besoin d'intellectualiser les rôles pour les jouer admirablement, étant talentueuse naturellement.
Les deux films avec elle d'ailleurs révérés par la critique qui se veut intelligente, « Bus Stop » et « The Mistfits », sont des pensums où elle est mauvaise à se forcer à adopter les « tics » insupportables de « l'Actor's studio » de Lee Strasberg, qui comme sa femme Paula, avait le complexe du gourou. Je me réjouis assez de savoir que Joe Di Maggio, un des maris de l'actrice, a viré « manu militari » tous ces hypocrites prétentieux, sentencieux et hypocrites lors de son enterrement après son suicide, ou crime politique, en 1962.
Et dans « The mistfits », qui est un meilleur film que le précédent, les ratages de John Huston étant toujours plus intéressants que n'importe quel long métrage réalisé par un tâcheron actuel fût-il honnête.
Arthur Miller réécrit chaque jour ses dialogues pour en faire une emmerdeuse de concours que l'on a surtout envie de gifler quand elle joue la célèbre scène de sa crise de nerfs. Miller se venge de son mariage raté sur écran géant et se console du dépit qu'il a dû ressentir à ne pas avoir un peu plus sur lui et son œuvre les fanaux de la gloire .
La critique qui pense n'allait tout de même pas reconnaître que son meilleur film est une comédie « Some like it hot », joyeusement caustique et encore aimablement transgressive quant à l'histoire qu'elle raconte et la manière dont celle-ci est racontée.
La critique qui pense est persuadé qu'admettre qu'elle ne serait-ce que que souri à une œuvre est une forme de dégénérescence car au fond ceux qui en font partie restent des petits bourgeois moralisateurs apeurés, terrorisés par le plaisir qu'ils pourraient prendre à rire sachant très bien que Billy Wilder les amènerait tranquillement à rire d'eux mêmes.
J'ai toujours la même fascination quand je tombe amoureux d'une femme, le même désir de me laisser aller au vertige, même si celui-ci est dangereux, et je suis d'une certaine manière amoureux de Marilyn, comme je le suis de toutes les femmes solaires, qui irradient quelque chose qui n'appartient qu'à elles, qui ne fonctionne par l'application d'onguents et de crèmes de beauté, qui ne tient pas aux miracles de la chirurgie esthétique, ni de l'artifice des correcteurs électroniques d'images.
Marilyn ne correspond absolument pas au type de beauté féminine actuellement porté aux nues, à savoir une éternelle ado anorexique qui fait constamment la moue, elle a des rondeurs, se fiche de paraître tellement naturelle ou simple, faussement lassée des projecteurs que Marilyn aimait passionnément....
22:13 Publié dans Art de vivre, Article, Blog, chieuses, Cinéma, Lu et vu sur le Net, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, femmes, politique, société, littérature |
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jeudi, 02 mai 2013
Le pouvoir corromprait ?...
« La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. »
Édouard Herriot
La petite phrase d'Herriot, ce bon père laïcard de la IIIème République, notable positiviste roublard et aussi humain, qui ne croyait ni à Dieu, ni à Diable, mais qui aimait son pays passionnément devrait être remise en mémoire de tous ceux qui prétendent assainir la vie politique une bonne fois pour toutes. A leur décharge, reconnaissons qu'actuellement la politique fait plus que sentir un peu la merde, elle embaume carrément la fosse d'aisance, ce qui est dû également à l'atmosphère délétère de simplification à l'extrême du débat politique réduit à un manichéisme simplet.
Avec l'histoire du fils Fabius, chômeur, non imposable, et propriétaire d'un appartement à 7 millions d'Euros dans Paris (ce qui lui assure des revenus fonciers conséquents), les médias redécouvrent en somme la poudre, et avec eux le public. Le pouvoir, ou la proximité du pouvoir, corromprait les cœurs et les âmes en encourageant l'avidité et l'appât du gain, favorisant une amoralité généralisée quant à l'argent, la seule chose qu'au fond notre société respecte.
Je suis également stupéfait de voir que des gens sont encore étonnés par des histoires dans ce genre là.
Voilà qui n'est pas neuf dans notre système libéral libertaire, et auparavant il est vrai, cela a certes toujours existé, depuis que l'être humain foule cette terre en fait.
Vouloir moraliser la politique, sur la base d'une bien vague « Vertu », romantique mais illusoire, ou de la « déesse Raison » est donc parfaitement illogique, puisque la politique ne sera jamais morale, ne peut l'être, de par la nature humaine, que trop de moralisation conduit surtout au totalitarisme par excès de bonnes intentions, et les bonnes intentions ne font pas de la bonne politique.
C'est l'ambition de quelques cœurs purs utopiques et aussi l'alibi d'autres personnes, parfois des dirigeants, plus hypocrites certainement car pour eux la morale c'est pour les autres surtout, cela ne les concerne pas.
A la différence peut-être que sous l'Ancien Régime ou dans les temps héroïques des débuts du régime actuel, les politiques, même s'ils s'enrichissaient pour eux, gardaient constamment en tête l'intérêt supérieur du pays, et non simplement le leur propre ou celui de leur milieu social, qu'ils hésitaient jamais à sacrifier. Le chancelier Séguier, Richelieu ou Colbert avaient profité des mânes du pouvoir pour eux-mêmes mais ils avaient aussi largement travaillé pour la nation française, le fait qu'ils ne soient pas complètement des anges étant largement compensé par leur génie politique hors du commun.
Je ne suis pas certain de toutes façons que le public veuille vraiment la moralisation de la politique ou connaître la vérité des affaires louches liées à la politique, dont on n'aperçoit à mon sens que la pointe émergée de l'iceberg, toute petite...
Une "perle" de Najat Vallaud-Belkacem sur cette affaire à ce lien
image de Thomas Fabius prise ici
18:22 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Politique, Revue de presse, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, fabius, moraliser, morale, hollande |
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mardi, 30 avril 2013
Copinage et clientélisme sont les deux mamelles de l'emploi en France
Après le « mariage pour tous », première « grande cause nationale » du quinquennat, le président Hollande vient de décréter le chômage endémique qui sévit dans notre pays deuxième problème d'importance donc, ce qui en dit long sur ses priorités, le « mariage pour tous » étant un souci beacoup plus fondamental pour son électorat bourgeois bohème il faut dire.
Il promet, fort imprudemment, sa résorption progressive, certainement en créant plus d'emplois publics ainsi que l'ont fait la plupart des dirigeants réputés de gauche auparavant, un saupoudrage d'emplois « gadgets » qui dureront le temps d'endormir le peuple, comme ces « ouvreurs de portes » que l'on pouvait trouver dans certaines postes du Nord de la France dans les années 2000, ainsi à Roubaix.
Il oublie la question cruciale quant au recrutement du copinage, ou du clientélisme, de la cooptation, devenus souverains dans ce pays bien loin devant le mérite et le travail dont tout le monde sait qu'ils ne servent plus à grand chose, et ce malgré les tirades amphigouriques sur la méritocratie républicaine morte de sa belle mort il y a déjà quelques temps.
Pour le prouver, rien de plus simple, nul besoin d'aller bien loin, il suffit de se promener dans les couloirs de quelques institutions publiques locales françaises, en particulier celles de certaines villes de province dont la ville de X... coincée en Normandie entre deux métropoles régionales plus importantes, une petit ville souffrant de multiples complexes d'infériorité.
Suivez le guide ….
A la Médiathèque locale, la personne chargée des bandes dessinées est le fils d'une des adjointes au maire, placé là non pas car plus compétent qu'une autre mais « parce qu'il aimait bien lire les BD petit ». Au rayon CD on trouve un fils de directrice de collège qui a fait jouer ses relations car sa progéniture ne savait pas trop quoi faire avec une licence de sociologie. A l'accueil, une petite amie d'un des adjoints du maire, une nièce de l'ancien édile municipal, et une de ses cousines reçoivent les doléances des usagers.
Coïncidences, me direz-vous, mais là cela en fait beaucoup.
Au conseil général, car la ville de X... est une préfecture, on trouve de deux à trois personnes par bureau, et qui ont, lorsqu'on leur rend visite du temps à consacrer aux citoyens venant leur demander quelque renseignement comme on peut le constater à chaque fois. Au recrutement on trouve surtout des « jeunes » issus de la diversité, selon le terme consacré, venant des « cités » sensibles des alentours et servant d'alibis aux responsables de l'endroit. De plus cela permet de créer un électorat « captif » et redevable ce qui est toujours bon à prendre.
Il est question de construire bientôt, pour y délocaliser les activités du théâtre municipal, pourtant sous-employé, une SMAC (ou Scène de Musiques Actuelles), celle-ci sera dirigée par un des copains du maire féru de musique et d'art moderne.
Ainsi vont réellement la France et son emploi en 2013....
15:20 Publié dans A boulets rouges..., Art de vivre, Article, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, népotisme, clientélisme |
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lundi, 29 avril 2013
HG Wells, barbe bleue aimable de la Science Fiction
« Un homme de tempérament » de David Lodge
David Lodge évoque dans ce livre l'écrivain et ses créations, son processus de travail, ses sources d'inspiration, et il parle aussi de l'homme privé, de sa vie sensuelle. Dans les premières pages, le lecteur a d'ailleurs un peu peur, car les attributs naturels de Wells qui était un séducteur compulsif semble une obsession pour le biographe, puis ensuite, pris par la vie chaotique, tourmentée, pleine de paradoxes de « HG », comme l'appelait familièrement ses proches, on tourne les pages presque sans pouvoir s'arrêter.
Wells est né dans une famille pauvre des environs de Londres, à la fin de l'ère victorienne. C'est à la faveur d'une fracture du genou alors qu'adolescent qu'il commença à s'intéresser à la littérature, son père lui amenant pour le distraire des romans d'aventures, des illustrés humoristiques et progressivement des livres plus sérieux. Le jeune homme de frêle constitution, persuadé qu'il n'en pas pour longtemps, sent alors grandir en lui sa soif d'instruction, obtenant de ses parents de commencer des études, financé en partie par un travail d'aide aux plus jeunes élèves.
Dans le même temps, grandit en lui une autre soif, car Wells a des appétits sexuels tout aussi importants que ceux concernant le savoir. Il théorisera sur ceux-ci plus tard en théorisant sur l'Amour Libre dont il devient un des promoteurs au sein de la société dite « fabienne », ce qui n'évitera pas chez lui les contradictions, car il est aussi un amant jaloux et possessif, et un mari somme toute autoritaire imposant à sa première femme des arrangements dont elle ne veut pas, et qui lui conviennent surtout à lui pour se donner bonne conscience. Enfin, il ne conçoit l'Amour libre que réservé bien entendu aux hommes.
Les « fabiens » sont des socialistes à la mode victorienne, à savoir, dans les déclarations d'intentions de leur société, le socialisme n'est qu'une idée vague, éloigné de la théorie marxiste, et ils évitent soigneusement de spécifier les modalités par lesquelles ils souhaitent y parvenir, les « fabiens » étant aussi des propriétaires aisés qui ne souhaitent pas renoncer aussi rapidement que cela à leurs biens et à leur personnel de maison.
Wells est un ogre, qui a de multiples compulsions, qui étouffe vite pris dans le carcan des habitudes ménagères, qui pour satisfaire ses élans a toujours besoin de beaucoup plus qu'un petit peu de satisfactions, raisonnables pour le commun des mortels, largement insuffisantes pour lui. Comme beaucoup d'autres, cela se comprend par le fait qu'il voudrait en somme faire tenir le monde entier dans ses rêves et sur les pages qu'il noircit chaque jour car le besoin d'écrire est chez lui existentiel.
C'est un « Barbe bleue » aimable qui consomme quelques épouses et maîtresses dont les deux filles d'une de ses amies proches, écrivain elle aussi, Edith Nesbith, célèbre auteur pour enfants. Il n'en conçoit guère de scrupules et prétend faire leur éducation littéraire et social, ce qui compenserait à ses yeux de donner libre cours à ses désirs d'amoureux non pas romantique mais un peu brutal, Wells n'est pas exactement un cérébral. « Il a des besoins » ainsi qu'il l'avoue évasivement à sa première femme le soir de leur nuit de noces catastrophique.
On peut préférer quant au titre de cette biographie romancée de Herbert Georges Wells le titre anglais « A man of parts », à la fois très fin et trivial en même temps. Je te laisse, ami lecteur, le soin de traduire, « parts » ayant une autre signification que celle indiquée dans ton dictionnaire.
Comme tout gosse peu doué pour la vie sociale, j'ai grandi en lisant beaucoup, et évidemment, j'ai lu les classiques de Wells que sont « la Guerre des Mondes », « la Machine à voyager dans le temps », et « l'Homme invisible », après avoir dévoré une bonne partie des romans de Jules Verne. Dans ces livres, Wells offre un point de vue sur le progrès et l'être humain beaucoup moins optimiste que celui de l'auteur du « Tour du monde en 80 jours », moins marqué par le positivisme de la bourgeoisie industrielle, Verne qui cependant en dira toute la désillusion qu'il en concevra à la fin de sa vie dans « le Nouvel Adam ».
Et Wells évite les descriptions instructives qui sont parfois chez son confrère français un peu longues. Il a un sens littéraire parfois plus aigu.
Si les trois romans classiques que j'ai cité conservent encore un aspect passionnant de par les fables qu'ils sont aussi, plus que des récits d'anticipation purs, ou de science-fiction explicite, il est permis d'apprécier également les nouvelles fantastiques de Wells dont la plus intéressante est sans doute « la porte dans le mur ». Dans cette histoire, un homme maintenant d'âge mûr se souvient d'une porte cochère qu'il a ouverte étant enfant un jour qu'il s'était perdu, donnant sur un jardin extraordinaire, où il se retrouve entouré de bêtes sauvages d'une douceur singulière et de jeunes filles diaphanes.
A chaque fois que sa vie prend un tournant d'importance, il retrouvera la porte, mais à chaque fois il choisira le confort de la vie quotidienne. Il regrettera toute sa vie ce jardin étrange et n'aura de cesse de le retrouver.
Une autre des nouvelles intéressantes de Wells raconte le don par un aventurier de la pomme de l'arbre de la connaissance à un jeune étudiant plein d'avenir et de promesses qui l'abandonnera sur un siège de train par peur du « qu'en dira-t-on » et aussi car il n'y croit guère. Après un cauchemar qu'il fera la nuit suivante, il comprendra ce qu'il avait laissé derrière lui et en perd le sommeil à jamais.

Wells n'est par contre pas très intéressant quand ses livres ne servent qu'à vendre un discours lénifiant un rien « prêchi-prêcha », se traduisant par exemple par son roman « Au temps de la Comète » qui inspirera cependant le très beau classique de cinéma britannique, « Things to come », décrivant une utopie concrète, poétique et grandiose tout à la fois. Il s'oppose plusieurs fois à Orwell dont on est en droit de penser que la vision politique a plus d'acuité.
Quand il meurt, il ne croit pas que l'être humain atteindra jamais l'âge des Elois et des Morlocks de l'an 800 002 que son explorateur du temps découvre, étant persuadé que les pitoyables primates que nous sommes se seront détruits d'une manière ou d'une autre bien avant. Il est dans l'état d'esprit d'un de ses personnages qui rêve la nuit d'un autre temps, une guerre future encore plus meurtrière que celle que l'Angleterre vivait en 1944, dans la terreur des « V2 », tout en subissant le « Blitz » le jour.
Il meurt insatisfait également de sa vie amoureuse car la dernière femme qu'il aima refusa toujours de se marier avec lui, suprême ironie pour un chantre de l'amour libéré des contingences.
image du haut emprunté ici
image du bas, de Loustal, empruntée là
ci-dessous l'intégralité de "Things to come" et la bande annonce de "The Time Machine" de Georges Pal beaucoup plus intéressant que le "remake" pâlot de 2005
17:14 Publié dans Art de vivre, Article, Cinéma, Histoire, Livre, Lu et vu sur le Net | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, sf, écriture, roman, wells, amour libre, hypocrisie |
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samedi, 27 avril 2013
L'enfance et la nostalgie ont un parfum de vanille
L'enfance, mon enfance, a pour moi le parfum de la vanille. Celle-ci a la goût de ce paradis à jamais disparu de l'enfance dans les années 70, avant le téléphone cellulaire, quand les programmes de la télévision ne commençaient que le soir, que l'on pouvait voir des films maintenant relégués en deuxième ou troisième partie de soirée, réservés aux intellectuels, ou aux abonnés au câble ou au satellite, passaient à 20h30.
Les enfants lisaient des « illustrés » quand ils avaient bien travaillé à l'école et que leurs mères leur achetaient après la classe. Il y avait les familles où l'on achetait « Pif » aux enfants, et celles où c'était « le Journal de Mickey », selon la couleur politique des parents, et, ou leur milieu d'origine. Aux plus grands on achetait « Spirou », plus humoristique, ou « le Journal de Tintin », spécialisé dans la grande aventure.
Rentrés à la maison il arrivait souvent que ma mère prépare un dessert, et particulièrement à la vanille. Je me souviens de la gousse de vanille trempée dans le lait bouillant après que ma mère l'ai fendue en deux avec un couteau effilé, sur le feu bleuté de la cuisinière, les petits grains se mélangeant peu à peu au liquide, lui donnant une belle couleur petit à petit, et le parfum un peu douceâtre, mais tellement agréable, montant dans toute la cuisine.
Ma mère rajoutait le sucre, puis les œufs au mélange, et le tout cuisait lentement dans le four au bain-marie. En attendant que la crème soit prête, elle mettait une dizaine de carreaux de sucre blanc avec un verre d'eau et un petit zeste de citron dans un moule pour préparer le caramel qui surplomberait le tout.
A travers la vitre, je regardais l'eau autour du récipient frémir doucement, et le dessus de la crème renversée foncer progressivement. J'approchais ma main pour en éprouver la chaleur, mais pas trop, juste ce qu'il fallait, en attendant de pouvoir la déguster avec mon petit frère tout neuf.
Dehors, la nuit commençait à tomber, c'était en hiver, tout le monde allumait déjà ses lumières chez soi, et le ciel avait une belle teinte orangée de crépuscule douillet et tranquille, maternel. Les nuages étaient de la ouate tendre et duveteuse.
D'aucuns auraient trouvé affreux les immeubles où nous habitions, un quartier neuf ainsi que l'on disait, mais pour nous ils abritaient une certaine forme de bonheur, et encore maintenant, je me sens instantanément chez moi dans ces quartiers, malgré leur laideur, laideur que je trouve relative car il y a aussi une poésie du béton et de la ville.
C'était en banlieue, les cinémas s'appelaient « Cosmos » ou « CinéPalace », ils avaient encore des ouvreuses, qui guidaient les spectateurs à bon port, vers les places désirées, à « l'orchestre » ou au « balcon », et à l'entracte on servait des « eskimos » « Gervais » sur l'emballage rose ou bleu desquels souriait un inuit de fantaisie devant son igloo tout blanc sur un ciel azuréen. Devant l'écran, il y avait un rideau rouge, cramoisie, comme au théâtre, et des images fixes de publicité, en couleurs vives, qui présentaient des boutiques et commerçants du quartier.
Ma mère nous emmenait parfois au « Rex » à Paris, où le cinéma devint pour moi un voyage vers d'autres mondes, plus grands, plus beaux que celui où je vivrai plus tard. Mon père m'emmena voir un jour « Vingt-Mille lieues sous les mers » et je m'identifiais au capitaine Nemo, auquel j'aurais voulu cependant dire du haut de mes huit ans d'être moins amer, moins pessimiste envers ses semblables, la fin du film m'apprenant que la sottise l'emporte le plus souvent sur l'intelligence et la générosité de cœur, même si il reste au capitaine du « Nautilus » un minuscule espoir de refaire littéralement surface...
Ce paradis perdu, c'est aussi celui de l'innocence, quand l'enfant croit que la justice, la vérité, la paix veulent réellement dire quelque chose pour les grandes personnes qui l'entourent, qu'elles y croient réellement, tout comme en Dieu ou en l'amour en général. Ce n'est plus tard que l'enfant comprend que la plupart des adultes si raisonnables ne s'intéressent qu'à leurs propres petites personnes et rien d'autres.
J'ai sans doute commencé à perdre cette innocence le jour de ma première communion, quand j'ai vu des adultes ricaner du sérieux du petit garçon qu'ils avaient devant eux ce jour là, cet enfant si solennel alors qu'ils ne songeaient quant à eux qu'au gueuleton qu'ils feraient après, eux qui ne croyaient plus guère à ce sacrement. Je compris plus tard que ce n'était au fond que leur sottise qui les poussait à se moquer, le rappel vivant que j'étais de leur inappétence pour s'élever spirituellement, ou intellectuellement, leur jalousie, leur culpabilité inavouée d'avoir renoncé à sortir de leur confort intellectuel et moral.
Et cette bêtise tellement envahissante, le goût de la vanille ne le console malheureusement pas, n'apaise pas la colère ressentie et le dégoût que procurent la bassesse des sentiments...
22:52 Publié dans Art de vivre, Article, Blog, Foi, Lu et vu sur le Net, Personnel et confidentiel, Politique, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, littérature, politique, nostalgie, vanille, enfance |
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vendredi, 26 avril 2013
Faire Nabila dans la vie
Depuis quelques semaines déjà, sur Internet, réseaux sociaux, forums et blogs, dans les émissions de télévision censées êtres drôles et ironiques, Nabila, candidate dans une « télé-réalité » scénarisée de NRJ12 est devenue la conne ultime offerte en pâture à ceux qui s'estimant sans doute plus intelligents passent leurs journées à la moquer. Elle est devenue célèbre pour sa réplique concernant l'obligation selon elle pour les filles d'avoir toujours du shampoing dans leurs sacs.
Pas si bête Nabila a fait de cette sortie une marque déposée, ce qui lui rapporte des sous à chaque fois qu'on la prononce, que ce soit pour se ficher d'elle ou pas, car elle a parfaitement saisi ce qui meut cette société, à savoir l'argent et rien que ça, la préservation des intérêts financiers. Elle a très bien saisi que tout peut se marchandiser, y compris son corps, dont sa plastique refaite (« le plastique c'est fantastique » comme le prouve sa poitrine d'ailleurs), quitte à y perdre ce que l'on appelait dans l'ancien monde sa dignité, et son intimité, deux trucs largement monnayables, et à prix d'or faut-il le dire, donc pourquoi se serait-elle gêné ?
La dynamique de ces émissions se base bien entendu sur le spectateur-voyeur qui attend que les bêtes à cornes siliconées et bodybuildées qu'on lui met devant les mirettes se tapent dessus ou qu'elles fassent des choses dans la piscine et aussi sur les spectateurs affirmant regarder tout cela au second degré pour s'en moquer, mais qui ne ratent pas une seule émission, fascinés par le spectacle non seulement de la sottise des participants de ces « zoos humains » mais aussi de leur propre bêtise et inappétence à tout effort de réflexion individuelle.
Ces émissions fonctionnent sur l'identification, d'où leur énorme et effarant succès, mettant en lumière des médiocres sans talent particulier dans lesquels le pékin moyen, jeune ou moins jeune, peut se reconnaître, espérant comme eux être un jour entrer de même manière dans la lumière sans montrer quoi que ce soit d'intellectuellement satisfaisant ou intéressant.
La célébrité de Nabila, tout comme le succès de la télé-réalité, ne sont que des symptômes de la démission malheureusement enthousiaste de la société libérale libertaire pour l'éducation, l'encouragement à la culture, à la transmission de valeurs morales et sociales collectives et individuelles élevées, toutes choses bloquant la consommation, donc nuisibles quant à la dynamique du système.
Je suis d'ailleurs surpris que les belles âmes s'en désolent, en effet, ces pompiers pyromanes ont tenu toutes ces années à détruire et conchier méthodiquement, continuant à s'y employer, tout ce qui maintenant la cohérence sociale, un semblant de cohésion entre les personnes. Nabila est de leurs enfants.
Qu'est-ce qui reste donc comme but possible dans la vie aux gosses de ce monde ? Comme idéal indépassable ?
La célébrité « kleenex », et le fric que l'on peut en retirer.
Faire Nabila ou Kevin, maître-nageur « chti » émigré à Las Vegas, dans la vie...
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jeudi, 25 avril 2013
Théâtre et littérature d'idées selon Jules Renard
Un extrait du "Journal" d'actualité concernant les littérateurs dits "engagés",
Avant ces propos, Renard constate que s'il avait serré la main des domestiques présents à ce dîner qui lui inspire ces phrases, les esprits de progrès présents lui auraient ri au nez.
26 Janvier 1897
"Sommes nous des artistes ou des professeurs d'économie politique ? [...] Mais celui qui a faim il souffre, vole et tue, mais ne fait pas de phrases.[...| Vous vous foutez bien des ouvriers ! Les députés ne nous donnent que des paroles et nous, si vous demandez du pain et l'argent, nous vous donnons des articles, mais c'est vous qui en touchez le prix".
12:39 Publié dans Art de vivre, Article, Blog, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, société, politique, jules renard |
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